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Accueil du site > Actualités > Politique > Entre polarisation et cristallisation, le défi de François Bayrou

Entre polarisation et cristallisation, le défi de François Bayrou

Il ne reste plus que quelques semaines au candidat le plus populaire de France pour réussir à traduire cet atout dans les urnes. Chose peu aisée tant les esprits sont conditionnés par la lutte stérile entre la droite et la gauche, par ce simplisme binaire de mettre les gens dans des cases. Analyse approfondie de quelques sondages.

La campagne présidentielle s’accélère. Depuis début mars 21012, la vitesse de croisière est prise même si le démarrage officiel n’aura lieu qu’une fois la validation acquise des candidatures et de leurs parrainages par le Conseil Constitutionnel. Il ne reste plus que cinq semaines avant le premier tour et la phase de cristallisation est en cours, c’est-à-dire, la phase où les électeurs commencent à avoir une idée de plus en plus précise sur ce qu’ils vont faire (ou ne pas faire).

Pour François Bayrou, cette période est donc cruciale. À la même époque en 2007, il surfait dans les sondages sur une vague entre 18 et 21% (qui a même atteint 24% dans un sondage CSA publié le 8 mars 2007), mais il n’avait pas su rebondir d’une marche supplémentaire qui lui aurait donné la clef du second tour. En 2012, la situation est plus faible même si sa percée a commencé un mois plus tôt (en décembre au lieu de janvier).

Durant ces deux dernières semaines (depuis début mars 2012), les intentions de vote pour François Bayrou connaissent un frémissement à la hausse (de quelques pourcents), dans au moins trois sondages (LH2 du 4 mars 2012, IPSOS du 6 mars 2012, CSA du 6 mars 2012). Le sondage de LH2 lui fait même atteindre 15%, au même niveau que Marine Le Pen mais loin derrière les deux premiers candidats. Toutes ces évolutions sont négligeables et il est clair que depuis fin janvier et la véritable entrée en campagne de François Hollande, François Bayrou reste sur un palier autour de 13%.

Cette stabilité (depuis six semaines) me permettra le cas échéant de reprendre des sondages un peu plus anciens (qui datent de février 2012).

Mon propos est de faire des analyses un peu plus fines des sondages. Pas pour un but prédictif (parfois, les sondages sont contradictoires, comme le dernier de TNS-Sofres publié le 13 mars 2012 qui creuse l’écart entre les deux premiers candidats) mais pour mieux comprendre comment réagit l’électorat de François Bayrou.


1. L’indécision des électeurs

Comme souvent, les sondages (qui apportent une photographie instantanée de l’opinion) extrapolent un peu trop les réponses des sondés sans tenir compte des indécis. Ceux qui n’ont pas encore d’opinion sur leur choix devraient être aussi comptabilisés.

Comme ce n’est pas le cas, j’ai retrouvé dans un sondage IFOP publié le 13 février 2012 des informations fort utiles pour mieux analyser les résultats (il y a un mois, donc, et j’ai complété avec un sondage très récent). En effet, cette étude apportait aussi l’éventail du deuxième choix pour les personnes hésitantes.

Par exemple, tel sondé pense voter pour Jean-Luc Mélenchon mais pourrait hésiter et se reporter sur François Hollande directement. Ce type d’information permet de donner une fenêtre des possibles indépendamment de l’incertitude liée à la méthode même de l’étude (incertitude qu’il faudrait donc rajouter), ce qui crée finalement des fenêtres très larges.

Dans les calculs, je me suis restreints aux trois candidats susceptibles de gagner le second tour de l’élection présidentielle (à condition bien sûr de franchir le premier tour). On pourra facilement faire le calcul sur les autres candidats en se reportant aux informations de l’étude intégrale.

Ainsi, François Hollande, dans ce sondage, est donné avec 30,0% d’intentions de votes. On peut donc calculer les limites basses et les limites hautes. Elles se calculent en considérant soit que les hésitants sur son vote renoncent à ce vote (pour la limite basse) soit que les hésitants sur d’autres votes décident tous de voter pour lui, donné en second choix (pour la limite haute).

Je fais ici le détail des calculs pour François Hollande et irai ensuite directement aux résultats pour les deux autres candidats.

Limite basse de François Hollande : 30,0% x 72% soit 21,6%.
Limite haute de François Hollande : 30,0% + 8,5% x 15% +3,0% x 29% + 12,2% x 14% + 25% x 3% + 17,5% x 5% soit 35,5%.

Donc, pour François Hollande, indépendamment de l’incertitude liée à la méthode de l’étude, pour comprendre l’instantané des sondés, quand on parle de 30,0% d’intentions de vote, il serait plus rigoureux de donner la fenêtre des possibles entre 21,6% et 35,5%.

Avec cette même méthode de prise en compte des indécis, Nicolas Sarkozy, qui a recueilli 25,0% d’intentions de vote, est situé entre 18,0% et 28,6%. On voit par exemple qu’un mois après, le fait que Nicolas Sarkozy ait recueilli 28,5% n’est donc pas une grande surprise (en sachant qu’il faudrait comparer avec le même institut, ce qui est le cas puisqu’il s’agit aussi de l’IFOP).

Quant à François Bayrou, donné à 12,5% d’intentions de vote dans cette étude, sa fenêtre des possibles est située entre 5,6% et 21,3%. Cette fenêtre est très large car ses électeurs sont plus hésitants que ceux des autres candidats. Dans l’hypothèse basse, on reviendrait à une candidature de type Jean-Pierre Chevènement en 2002 qui avait surfé jusqu’à 15% avant de redescendre autour de 5%. Dans l’hypothèse haute, une vingtaine de pourcents, on retrouve le niveau atteint par le candidat centriste dans les sondages en 2007 à la même époque.

Le (fameux) sondage où Nicolas Sarkozy dépasse François Hollande (IFOP du 13 mars 2012) apporte également les informations utiles (à savoir, le second choix pour les électeurs hésitants). J’ai donc refait les calculs avec ce nouveau cliché instantané de l’opinion.

Cela donne les nouvelles fenêtres des possibles suivantes :
François Hollande donné à 27,0% : entre 20,8% et 31,8%.
Nicolas Sarkozy donné à 28,5% : entre 22,5% et 33,7%.
François Bayrou donné à 13,0% : entre 6,4% et 20,1%.

On peut voir que la marge de manœuvre de François Bayrou est ténue pour lui permettre d’atteindre le second tour : en prenant en compte les erreurs des méthodes, il faudrait que tous les hésitants s’éloignent des deux grands candidats et qu’ils rejoignent d’une seule lancée François Bayrou.

On voit d’ailleurs qu’à ce stade, il serait plus aisé à François Bayrou de prendre la seconde place à François Hollande qu’à Nicolas Sarkozy. Évidemment, ce ne sont que des instantanés et cela va évoluer durant les prochaines semaines.

yartiBayrou2012030401


2. Polarisation droite/gauche

Un autre type de sondage est intéressant à analyser. Alors que pour les intentions de vote, François Bayrou a du mal à émerger, pour les sondages de popularité, d’opinion, de cote d’avenir ou de sympathie, il n’y a pas de doute, il cartonne ! Il est depuis janvier 2012 le candidat le plus populaire de France et certains y voient même une sorte d’incohérence.

Analysons plus finement les données. Je prends pour support le sondage CSA publié le 1er mars 2012. Il est dit que 58% (+8%) ont une image positive pour François Bayrou, 53% (+7%) pour François Hollande et que 28% (+3%) font confiance à Nicolas Sarkozy.

Ce qui est intéressant entre autres, c’est de voir vers qui vont les jugements favorables parmi les sympathisants de droite et de gauche. On pourra toujours réfuter le choix de cette terminologie (qui se revendiquent d’être "sympathisants de droite" et "sympathisants de gauche" ? et pourquoi n’y a-t-il pas de "sympathisants du centre" ?) mais les enseignements restent instructifs.

Je fais une comparaison avec les trois mêmes candidats.

Parmi les sympathisants de droite, 82% émettent une opinion positive pour Nicolas Sarkozy, 56% pour François Bayrou et 22% pour François Hollande.

Parmi les sympathisants de gauche, les scores s’inversent : 85% ont un jugement favorable à François Hollande, 52% à François Bayrou et 13% à Nicolas Sarkozy.

C’est assez compréhensible de rencontre un si grand écart (les sondagistes parlent d’élasticité) entre le candidat d’un camp et le concurrent déclaré de ce camp. À la limite, il serait même plus cohérent d’avoir 100% pour l’un et 0% pour l’autre.

Un autre sondage plus récent, IPSOS publié le 12 mars 2012, apporte le même genre de résultats brut, à savoir que François Bayrou continue à grimper dans la sympathie des Français jusqu’à 60% (+5%), bien au-dessus du favori, François Hollande, à 53% (+1%) et du sortant, Nicolas Sarkozy, à 38% (+2%).

En analysant la popularité à droite et à gauche, on a le même type de conclusion.

Parmi les sympathisants de l’UMP, 91% portent un jugement favorable à Nicolas Sarkozy, 58% à François Bayrou et 17% à François Hollande.

Parmi les sympathisants du PS, les scores s’inversent : 91% porte un jugement favorable à François Hollande, 64% à François Bayrou et 12% à Nicolas Sarkozy (11% pour les sympathisants de gauche).

Dans le sondage IPSOS, il est possible d’avoir une précision supplémentaire : parmi les sympathisants du MoDem, 38% ont confiance en Nicolas Sarkozy. 95% des électeurs de François Bayrou de 2007 ont un jugement favorable à François Bayrou (soit +6%), et le candidat centriste progresse aussi chez les sympathisants du FN (+14%).

Dans ce mouvement très récent (sondage IPSOS), il est d’ailleurs constaté une hausse de popularité de François Bayrou à gauche (+10%) et une baisse à droite (–5%).

Que signifient toutes ces données ? Que si François Bayrou tire son épingle du jeu en étant le plus populaire dans la population globale, ce n’est qu’un effet miroir de la moyenne, car il fait des scores relativement corrects dans tous les camps.

Or, l’élection présidentielle à deux tours polarisent ces camps. À savoir, les électeurs préfèrent voter pour le champion de leur camp revendiqué. Et à part son électorat centriste traditionnel (qui pèse autour de 10-15% en France depuis plusieurs décennies), il est loin d’être le meilleur candidat à gauche comme à droite. Il a juste le mérite de n’être détesté par aucun camp.

Cette difficulté n’avait pas échappé, dans le passé, à des personnalités très populaires comme Raymond Barre, Jacques Delors, Michel Rocard ou encore Simone Veil.

C’est le véritable défi de François Bayrou : casser cette bipolarisation qui lui rend très difficile l’accès au second tour pour cette raison de ne pas être le meilleur candidat à droite ni le meilleur à gauche (les scores des deux autres candidats sont staliniens au PS et à l’UMP). C’est aussi ce qu’explique Brice Teinturier dans "L’Hémicycle" n°437 du 7 mars 2012.


3. Les électeurs déçus de Bayrou

Un autre sondage est intéressant à analyser : OpinonWay pour "Lyon Capitale" publié le 12 février 2012 intitulé "Opinions et motivation des électeurs de François Bayrou : Les désabusés du clivage droite/gauche ?". Bien qu’un peu ancien, il donne quelques indications sur les électeurs de François Bayrou de 2007 qui ne veulent plus voter pour lui en 2012, autrement dit, sur les électeurs déçus par François Bayrou.

La première indication est que les déçus du bayrouisme souhaiteraient voter plus à gauche (pour 52% dont 37% pour François Hollande) qu’à droite ou à l’extrême droite (30% dont 12% pour Nicolas Sarkozy).

Les déçus qui ont confiance dans la gauche pour gouverner le pays sont 22% (les électeurs potentiels de François Bayrou sont 8% dans ce cas) et sont bien moins nombreux à s’éloigner de la bipolarité (seulement 67% n’ont confiance ni dans la droite ni dans la gauche au lieu de 84% des électeurs potentiels). Sur les alliances, les déçus sont plus nombreux (23%) que les électeurs potentiels (9%) à vouloir une alliance entre le centre et la gauche (l’alliance entre le centre et la droite recueille respectivement 10% et 8% des faveurs des déçus et des électeurs potentiels).

Les raisons de la non-réadhésion à la candidature de François Bayrou proviennent de son trop grand isolement et de l’ignorance de ce qu’il veut faire une fois élu (pour 37% des déçus). Par ailleurs, sa capacité à rassembler le pays, à rassurer en période de crise et à incarner le changement sont moins crédibles chez les déçus.

Par ailleurs, dans un certain nombre d’affirmations (sur les 35 heures, sur l’immigration, sur la TVA sociale etc.), il est clairement compréhensible que les déçus de François Bayrou sont positionnés plus à gauche que ses électeurs potentiels.

En résumé, les électeurs de François Bayrou de 2007 qui se sont détournés de lui seraient plutôt du centre gauche et préféreraient aujourd’hui choisir dès le premier tour le candidat François Hollande.


Le défi de la candidature Bayrou pour 2012

La situation électorale de 2012 est donc très différente de celle de 2007.

François Bayrou garde encore un très grand potentiel auprès des Français mais paraît victime de la polarisation de la vie politique qui s’accentue au fur et à mesure que les intentions de vote se cristallisent.

Ce qui semble clair, c’est que les électeurs positionnés au centre gauche lui font défaut au contraire de 2007. Ils pensent plus efficace de voter pour François Hollande qui est un candidat deloriste relativement crédible, en tout cas, nettement plus crédible que Ségolène Royal.

Par conséquent, si François Bayrou veut provoquer un sursaut dans sa campagne, il doit provenir d’une réserve des électeurs de centre droit qui, pour l’instant, préfèrent faire confiance à Nicolas Sarkozy.

Ce qui a fait dire au centriste Pierre Méhaignerie, recevant Nicolas Sarkozy à Fougères le 13 mars 2012, qu’il faudrait proposer un « contrat commun » entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou : « Il [François Bayrou] a plus de chance de gouverner avec la majorité présidentielle qu’avec le PS tel qu’il est. ».

Certes, en se droitisant légèrement, François Bayrou pourrait perdre en cohérence avec son positionnement politique adopté depuis le printemps 1999. Mais il se donnerait une petite chance de vaincre, en acceptant le principe de la réalité politique qui est que la population reste malgré tout polarisée entre la droite et la gauche, même si paradoxalement, 80% des Français le rejoignent dans sa volonté d’unité nationale (sondage IFOP du 14 mars 2012).

C’est sur cet électorat de centre droit que François Bayrou doit se focaliser avec un argument simple : le seul candidat capable de battre François Hollande au second tour, c’est François Bayrou. Nicolas Sarkozy a, à cinq semaines du premier tour, peu de chance de gagner un second tour face au candidat socialiste. Le vote utile, c’est donc, pour cet électorat, voter Bayrou !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 mars 2012)

http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le vote utile.
Refonder la démocratie.
L’État impartial.
Le programme présidentiel de Bayrou 2012 : la France solidaire.
Unité nationale.
Bayrou, ni diviseur, ni illusionniste.
La percée dans les sondages.
Les risques d’une élection Hollande.
La stigmatisation Sarkozy.
Coup de menton.
La vérité si je mens !

Sondages utilisés dans cet article (à télécharger) :
CSA du 8 mars 2007.
OpinionWay du 12 février 2012.
IFOP du 13 février 2012.
CSA du 1er mars 2012.
LH2 du 4 mars 2012.
IPSOS du 6 mars 2012.
CSA du 6 mars 2012.
IPSOS du 12 mars 2012.
IFOP du 13 mars 2012.
TNS-Sofres du 13 mars 2012.
IFOP du 14 mars 2012.
Brice Teinturier ("L’Hémicycle" n°437 du 7 mars 2012).
 
yartiBayrou2012030403

 


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22 réactions à cet article    


  • apopi apopi 15 mars 2012 09:47

     Quel dommage qu’un candidat aussi populaire se dirige tout droit vers la sortie, ces électeurs, tous des ingrats. Rendez-vous en 2017 ou en 2022 peut-être, l’important c’est de garder la foi.


    • Nanar M Nanar M 15 mars 2012 19:31

      Bayrou est homme de foi. Il est marrant et puis il fait de mal à personne.
      C’est un peu l’arlette laguiller des petits bourgeois.


    • Fergus Fergus 15 mars 2012 09:52

      Bonjour à tous.

      Bayrou a sans doute laissé passer sa chance. Son espoir, s’appuyer sur une fort baisse baisse de régime de Hollande ou Sarkozy, s’est presque définitivement évanoui. Et la confirmation devrait venir très vite car il me semble évident que l’on va tout droit vers un double vote utile : à droite par idéologie ou parce que l’électorat veut sauvegarder ses avantages fiscaux, à gauche parce que l’électorat veut avant toute chose mettre un terme définitif au sarkozysme.

      Qui plus est, les Français ne sont pas complètement sots, et malgré la sympathie que leur inspire Bayrou, ils se rendent parfaitement compte qu’il n’a ni appareil ni troupes et qu’au lendemain des législatives, il ne serait plus, en cas de victoire le 6 mai, qu’un président à l’allemande ou à l’italienne, écrasé par un Premier ministre sorti de législatives gagnées soit par l’UMP, soit plus probablement par le PS, le Modem ne pouvant compter que sur quelques dizaines de députés tout au plus.

      C’est en 2007 que Bayrou à eu sa chance, aujourd’hui c’est trop tard !


      • benbaker 15 mars 2012 10:31

        Ce qui est marrant, c’est que les commentaires sur Bayrou, c’est toujours « il a laisse passer sa chance ». alors qu a chaque election il part de tres bas pour arriver incroyablement haut (6 a 18% en 2007) c’est le gars qu’on enterre a chaque depart mais qui se rapproche de plus en plus de la premiere place et au sujet duquel on dit « il a laisse passer sa chance ».

        Faudrait savoir : Soit il n’a aucune chance, soit il ne laisse pas vraiment passer sa chance, mais ca ne peut en aucun cas etre les 2 !

        La campagne officielle demarre demain. Dire que « c’est trop tard » est anachronique.
        Nous verrons a la fin.


      • Michel DROUET Michel DROUET 16 mars 2012 08:44

        @ benbaker

        Il se rapproche...

        En 2017 ou en 2022 il sera sans doute au second tour...


      • benbaker 15 mars 2012 10:25

        Je reste pour ma part assez confiant. bizarrement bien plus qu’il y a un mois alors que rien n’a bouge a part la proximite de l’echeance.

        J’ai une remarque a ce sujet. Nous, les internautes, sommes souvent tres impliques dans la campagne et en ecoutant les autres internautes donner toujours des positions identiques, on a l’impression que rien ne bouge. Alors que ceux qui font l’election, ce sont les francais pas tres politises, qui suivent de loin et qui vont se pencher serieusement sur le sujet dans les semaines qui viennent.

        Je suis persuade (depuis plusieurs mois) que l’adversaire a battre au premier tour est F Hollande. N Sarkozy a toujours ete au dessus des 20% malgre un bilan qui aurait difficilement pu etre moins bon. Sachant que c’est un extraordinaire orateur et contradicteur et qu’il a garde sa base, sa presence au second tour me parait indiscutable.

        F Hollande n’enchante pas vraiment, il cristallise beaucoup le rejet de Sarkozy. Je pense que F Bayrou va tout donner dans les 5 semaines qui viennent, c’est d’ailleurs l’objectif au Modem depuis le debut. Etant donne le budget de campagne moins important, il n’y a pas eu particulierement de grand meeting contrairement aux 2 autres. Et pourtant F Bayrou se maintient. En decembre, je rappelle qu’il est passe en 3 semaines de 6% a 15%, on a rarement vu une progression pareille. Tout n’est pas joue, il y a une attente dans ce pays.

        Je pense aussu que le PS a besoin de se reformer et que la meilleure chose a faire c’est de travailler ensemble plutot que de les affronter dans un deuxieme tour qui amenerait de nouveaux les memes combats.


        • musashi 15 mars 2012 10:34

          Après être revenu en arrière sur la tranche à 75% (tranche temporaire...) le PS propose maintenant un bouclier fiscale à 85%....ils se foutent de nous en direct et il y en a qui en redemande....je parle même pas de Sarkozy....

          Je vote pour une Mélenchon-Bayour au 2e tour smiley


          • musashi 15 mars 2012 10:49

            Sondage CSA, BFMTV et RMC intéressant ce jour  :

            Report potentiel des électeurs :
            Mélenchon : 79% Hollande 65% Bayrou
            Hollande : 66% Bayrou 53% Mélenchon
            Sarkozy : 63% Bayrou 36% Le Pen
            Le Pen : 57 % Sarkozy 53% Bayrou
            Bayrou : 66% Hollande 52% Sarkozy

            Bayrou est quand même pas mal apprécié smiley


            • Voltaire Voltaire 15 mars 2012 12:02

              Effectivement, ce sondage très instructif confirme l’analyse intéressante de l’auteur, en indiquant à la fois le potentiel de progression très important de Bayrou lié à l’incertitude du vote des électeurs (Bayrou étant par défaut le « second choix » d’une grande majorité) mais aussi s difficulté à dépasser cette barre des 15%.

              Je partage l’avis de l’auteur sur sa marge de progression plus importante à droite qu’à gauche : F Hollande rassure le centre-gauche (raison pour laquelle Mélanchon progresse) tandis que dans le même temps, la stratégie de Sarkozy est de mordre sur le FN, ce qui dérange la droite modérée. IL est évident que l’argument « Bayrou ou sinon cesera Hollande » deviendra effectif si, dans les 15 jours, les tests de second tour maintiennent un écart supérieur à la marge d’erreur entre Hollande et Sarkozy.

              En conclusion, je dirai que cette élection n’est pas faite... Avec les rééquilibrage de temps d’antenne, la situation peut évoluer fortement car ni Sarkozy ni Hollande ne suscitent des votes d’adhésion massifs (on est un peu dans le vote par défaut pour son camp), ce qui laisse des marges de progression importantes pour les outsiders.


            • musashi 15 mars 2012 12:53

              @Voltaire
              Toujours un plaisir de vous lire. Vos commentaires sont souvent très constructifs, justes et bien argumentés.

              En effet Bayrou semble de loin celui qui pourrait rassembler le plus au deuxième tour...mais cet avantage est aussi son principale défaut pour le premier tour où les français recherchent souvent un clivage marqué.

              Le potentiel de Bayrou est effectivement important, j’espère personnellement qu’il s’exprimera à temps smiley


            • Nanar M Nanar M 15 mars 2012 19:27

              Hé les gars, ya que la foi qui sauve !


            • credohumanisme credohumanisme 15 mars 2012 10:52

              Il existe aussi un sondage IFOP sous forme de « duel » qui est assez parlant :

              Des deux personnalités suivantes, laquelle préférez-vous ?

              Ensemble des Français

              Rappel avril 2007 (%)

              Janvier 2012
              (%)

              Février 2012 (%)

              Sympathisants de gauche
              (%)

              Sympathisants de droite
              (%)

              François Bayrou

              55

              64

              61

              83

              24

              Nicolas Sarkozy

              43

              34

              37

              14

              76

              Ni l’une ni l’autre

              1

              2

              2

              3

              Ne se prononcent pas



              Des deux personnalités suivantes, laquelle préférez-vous ?

                                                         

              Ensemble des Français

              Février 2012
              (%)

              Sympathisants de gauche
              (%)

              Sympathisants de droite
              (%)

              François Bayrou

              51

              23

              76

              François Hollande

              48

              76

              22

              Ni l’une ni l’autre

              1

              1

              2

              Ne se prononcent pas

               

              http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Sondage-Paris-Match-Ifop.-Hollande-domine-toujours-378334/



              • Livadiotti 15 mars 2012 11:42

                « Ainsi 66% des électeurs de Hollande et 63% de ceux de Sarkozy « pourraient » voter pour le président du MoDem. »

                in : http://www.20minutes.fr/presidentielle/sondage/898203-presidentielle-bayrou-ecartele-pen-toujours-marginalisee


                    • Yvance77 15 mars 2012 13:12

                      Salut,

                      Pour moi ça s’est arrêté là : « Il ne reste plus que quelques semaines au candidat le plus populaire de France »

                      C’est à dire que je n’ai pas même fini la première phrase.

                      Sylvain est de la trempe de ces génies que furent les Da Vinci ou Tesla, il a inventé et gagné le concours Lépine avec son fabuleux appareil : « le populomètre bairou ». Sorte de compteur gégère qui peu importe ou tu le poses dira :

                      - Bayrou tu es le plus génial des génial candidat.

                      Tout un programme mon gars


                      • scorpion scorpion 15 mars 2012 16:25

                        Encore un article sur Bayrou, soporifique le mec... Un discours de Bayrou = 3 Lexomil ...


                        • lloreen 15 mars 2012 16:56

                          Quelle est la position OFFICIELLE de Mr Bayrou concernant cette gigantesque arnaque ?
                          http://mega-streaming.info/video/HU636RB9R8GH/Une-fraude-de-15-000-milliards-Lord-James-of-Blackheath-VOSTFR


                          • Benjamin Aim Benjamin Aim 15 mars 2012 17:28

                            Je fais partie des « indécis » qui a voté pour lui au premier tour, en 2007. Les électeurs qui se disent du centre sont par essence plus réalistes, pragmatiques, modérés et désidéologisés. Or, moi je dis qu’il y a beaucoup trop de Français qui ne veulent pas de juste milieu. Ils veulent du clivage et sont impressionnés par les effets d’annonce sans lendemain. Il y a un réflexe de repli sur soi d’un côté et un réflexe d’autruche de l’autre. 


                            Il y a d’abord un problème de perception. Bayrou est, dans ses propos, vindicatif et dans son non-verbal : réfléchis, hésitant et instable. Comme il pèse toujours chaque mot qu’il prononce, il donne l’image de quelqu’un d’hésitant, selon moi, à tort. Or le public est beaucoup plus imprégné par le non-verbal. Et les 4 autres candidats sont meilleurs sur ce point. Problème #1 le charisme et je ne sais pas si c’est en 4 semaines que ça va s’améliorer. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il a les qualités qu’il faut mais je sais que l’élection va se jouer sur des perceptions, des rumeurs et des fausses promesses.

                            Jouer une partie de Pocker Menteur quand on bluffe moins bien que les autres (Bayrou) et que la mise est l’électorat, ça me parait difficile voire perdu d’avance, même si c’est injuste.

                            Les Français préfèrent les sanguins, les ironiques, les cyniques, les qui défendent des idées auxquelles ils ne croient pas. Ils sont paranoïaques en partie pour de bonnes raisons, mais cela provoque des réactions impulsives.

                            Je pense que Sarkozy va nous faire le coup de Bush en 2004 car les Français vont se faire prendre au piège.
                             

                            • benbaker 15 mars 2012 17:59

                              Je partage beaucoup de points de l’analyse mais pas l’idee que le meilleur orateur triomphe toujours. F Bayrou a montre en 2007 et en 2002 que son elocution n’etait pas un probleme aux percees dont il a le secret. Ce cote hesitant est largement compense quand il met de la force dans ses discours. La campagne n’a pas vraiment demarre pour F Bayrou, les indecis vont bientot basculer dans un ras de maree qui va surprendre les observateurs. je me rejouis d’avance d’observer ces observateurs !


                            • Nanar M Nanar M 15 mars 2012 19:34

                              « Les Français préfèrent les sanguins, les ironiques, les cyniques... »
                              Et bah non, les français ont compris.
                              Peu importe le bonhomme pourvu qu’il soit autre chose qu’une marionnette au service de la finance.
                              Les français vont reprendre le pouvoir.


                            • Nanar M Nanar M 15 mars 2012 19:25

                              Ouarf ! Le candidat le plus populaire de France, le mec qui rassemble péniblement 2000 bourges dans ses meetings.
                              Sylvain vos articles sont toujours hilarants, soyez en remercié.

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