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Envisager la polarité Gauche-Droite à l’aide de la Spirale Dynamique

Aussi loin que je m'en souvienne dans ma propre vie, la politique a toujours été séparée entre la gauche et la droite. Et tout nouveau mouvement qui apparaît est immédiatement placé dans l'une de ces case. Par qui ? Les médias ? Les politiques ? Ou nous tous qui manquons de modèle pour inventer d'autres cases ? L'approche de la Spirale Dynamique de Clares W. Graves apporte un modèle moins polarisé qui offre des cases pour des mouvements émergeant et qui ne peuvent pas être réduits de gauche ou de droite.

Pourquoi l'univers politique est-il séparé par une gauche qui prône un état social et une droite qui met en avant l'ambition individuelle ? Pourquoi n'y a-t-il pas de place pour ce mouvement dont on entend de plus en plus parler, à savoir les créatifs culturels, et qui ne se situent ni à gauche ni à droite car sensible autant à la justice sociale qu'à la responsabilité individuelle ?

Dans les années 1950, le professeur de psychologie Clares W. Graves a mis en avant une théorie basée sur l'étude statistique de milliers de cas et nommé tardivement la Spirale Dynamique par ceux qui ont repris son travail : Don Beck et Christopher Cowan. A travers cette approche, il identifie différents stade de développement que nous parcourons en tant qu'individu de la naissance jusqu'à la mort. Les premiers stades se situent dans l'enfance et rejoignent les observations d'autres psychologues, Piaget entre autre. C'est notre environnement (famille, société,...) qui nous pousse à franchir ces différentes étapes, mettant en avant notre incroyable capacité à nous adapter aux défis qui nous sont posés.

Trop souvent, on s'imagine qu'une fois atteint la maturité, notre personnalité est définitive. Et pourtant les étapes sont nombreuses encore, les exemples d'individus ayant radicalement changer leur façon de voir le monde suite à un événement majeur de leur vie l'illustrant parfaitement. Dans notre société, se côtoient donc des gens situés à différents niveaux de la Spirale Dynamique avec des visions du monde différentes et pour le plus grand nombre d'entre eux, des partis politiques pour les représenter.

Dans la Spirale Dynamique, les niveaux s'alternent entre des expressions individuelles et des expressions sociales ou communautaires. Et c'est bien ce à quoi on assiste aujourd'hui : le glissement de notre société vers plus d'individualisme, avec l'émergence de nouveaux courants qui s'articulent autour du "vivre ensemble" sans se reconnaître entièrement dans le socialisme. Quand à l'extrême-droite, elle n'est finalement pas tellement libérale mais ego-centrique, puisque l'individu y est formaté selon des critères de couleur, race, orientation sexuelle.

L'échelle de couleurs de la Spirale Dynamique peut permettre de replacer les partis dans un contexte permettant une meilleure compréhension des peurs et attentes des électeurs qui y adhèrent, et déceler de nouveaux potentiels. La représentation qui suit est tout d'abord une interprétation personnelle de ce lien, et surtout une simplification de la théorie plus complète que je vous invite à découvrir de façon plus approfondie en lisant l'article de Don Beck cité dans les références.

Les deux premiers niveaux, beige et violet, ne sont pas représentés politiquement dans nos sociétés occidentales.

Le niveau rouge, basé sur l'exploitation et l' autoritarisme égoïste trouve son expression actuelle dans l'extrême-droite. Ces mouvements sont la plupart du temps caractérisés par des leaders charismatiques et combatifs. D'une nature paresseuse, les individus doivent être forcés à travailler et seront exploités s'ils ne savent pas se défendre.

Le niveau bleu, caractérisé par la notion d'autorité sociale est représentatif du socialisme. La discipline est stricte, mais généralement juste et basée sur des lois équitables. L'individu qui ne suit pas la norme est alors culpabilisé.

Le niveau orange, caractérisé par l'esprit d'entreprise correspond au libéralisme et aux mouvements de droite. Tout y est orienté vers le succès personnel, basé sur l'initiative. Le contrôle y joue un rôle important : chaque individu doit avoir le contrôle de sa vie, mais en même temps chaque individu doit contrôler les autres pour parvenir à ses fins.

Le niveau vert, communautaire et égalitaire, s'intéresse à comment vivre ensemble à une échelle qui dépasse celle d'une communauté ou d'un pays pour une vision plus globale. On y retrouve la base des mouvements écologistes lorsqu'ils s'intéressent à défendre un équilibre planétaire, ainsi que les créatifs culturels. La différence de l'autre devient source d'enrichissement.

Et finalement les niveaux suivants, jaune et turquoise, ne sont que très peu représentés au niveau de la population, mais disposent de moyens politique émergeant entre autre dans les pays nordiques ou en Suisse, à travers le parti de Politique Intégrale. Ils ont à coeur de tenir compte de cette complexité pour formuler des réponses complexes qui tiennent compte du plus grand nombre d'individus. 

L'objectif ici n'est ni d'établir un classement ni de condamner certains modes de pensée, mais de se rendre compte de la complexité de la pensée humaine, qui appelle à faire des choix en tenant compte des attentes de tous et prendre des décisions qui ne peuvent en aucun cas être simplistes. Et surtout qu'il est temps de dépasser le modèle réducteur de la gauche et de la droite dans la façon d'aborder la société.

 

Références :

Description succincte des différents niveaux de la Spirale sur ressources.be :
http://www.ressources.be/livres/la_spirale_dynamique

Une présentation détaillée par Don Beck :
http://www.coachingavenue.com/2/view_news.php?id_news=247

Un parti politique Suisse émergeant, Politique Integrale :
http://www.politique-integrale.ch


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4 réactions à cet article    


  • eric 4 novembre 2011 15:55

    A vu de nez, c’est débile plus exactement c’est tautologique : on prend une typologie manichéenne de gauche et on on l’applique bêtement sans l’analyser.

    Manque de bol le « social » a d’abord été inventé dans des sociétés de droite libérales et autoritaire ( Bismarck et la sec soc) Tous les progrès « sociétaux » ont été initiés dans une des société les plus libérale et les moins à gauche au sens français de terme, les EUA. La sociologie des verts et on ne peut plus proche de celle du PS, et il reste à prouver que nos intermittent du spectacle sont créatifs.

    Comme ils sont financés sur fonds collectif et pas par la « demande » des « bénéficiaires », le bon critère est la balance commerciale. Notre « balance culturelle » est très déficitaire. Ceux qui ont le choix, les étrangers, ne l’achètent pas. Ce qui tendrait à prouver au minimum qu’ils ne s’intéressent pas vraiment aux goûts de la « communauté plus élargie... »

    La bonne nouvelle c’est que l’excédent des exportations de fromage couvre ce déficit. Donc, dans votre catégorie verte, il devrait en fait y avoir les industriels du fromage qui ont fait un réel effort pour s’intéresser aux goûts et aux attentes des autres, des étrangers dans un but d’enrichissement mutuel....

    Le plus révélateur dans votre truc, c’est une gauche qui ne sait plus ce qu’elle est mais veut persévérer dans l’être malgré tout et surtout conserver l’illusion qu’elle représente le bien. Surtout d’une « nouvelle gauche » qui cherche à se dédouaner du passé de la gauche qui en définitive s’est toujours avérée parvenir exactement à l’inverse de ce qu’elle avait annoncé.


    • David Mc Adams 6 novembre 2011 22:51

      En approfondissant la biographie de Bismarck et la sécurité sociale au sens de l’état providence telle qu’elle est résumée dans Wikipedia, je constate que le contexte politique dans lequel se place son action est celui d’une monarchie, ou tout au moins d’une société basée sur une noblesse et tous les titres qui s’y rattachent.
      Au sens de la spirale dynamique, il ne s’agit pas là d’une société libérale mais d’une société basé sur l’exploitation et l’ autoritarisme égoïste (rouge).

      Quand à l’adjectif « manichéen », il me semble fort mal choisi puisqu’il ne s’agit à aucun moment de savoir qui a tord ou a raison, mais simplement ce qui motive des individus. La spirale dynamique se pose non pas comme une hiérarchie (basée sur la domination), mais comme une holarchie, un terme légèrement différent qui propose que chaque niveau s’appuie sur les niveaux précédents : ces derniers ne peuvent donc pas être niés ou supprimés, puisqu’ils font partie de l’histoire.

      En alternant les phases individualistes et les phases sociales, cette théorie donne de la place à tous les mouvements de pensée, et si l’endroit où elle semble se diriger est un modèle où les individualistes ont une conscience des autres et que les sociétés ont une conscience des individualités, c’est pour ma part ce que je qualifie d’équilibre ou de juste milieu.


    •  C BARRATIER C BARRATIER 4 novembre 2011 18:10

      Cette spirale peut être vue aussi comme une grignotage périphérique, très politique, misant sur le fait qu’il n’est pas très difficile de manipuler les gens.


      C’est un grignotage manipulatoire mondial, 

      Voir « OCDE vade mécum mondial de la privatisation rampante »

      http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=202


      En France, les nostalgiques du temps des seigneurs et de leurs « divins » rois sont plus expéditifs, et ils espèrent bien profiter de la crise qu’ils ont mise en place pour chasser la République

      Voir « République : Résister à la pieuvre libérale et intégriste »     

       http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=204




      • David Mc Adams 6 novembre 2011 23:09

        La manipulation a ceci pour elle qu’elle n’a pas attendu des théories psychologiques pour exister. Tout au plus ces dernières peuvent donner plus de pouvoirs à ceux qui savent les pervertir, tout comme chaque avancée scientifique a été pervertie dans un sens guerrier.

        Chacun dans notre vision du monde, nous sommes manipulés d’une façon ou d’une autre, que ce soit par la force, par des promesses de pouvoir, d’un avenir radieux ou d’une belle retraite, par une publicité ventant le bonheur, et bien d’autres.
        Comment lutter contre la manipulation mieux qu’en s’attachant moins à ses croyances et en gardant le coeur ouvert à toute vision divergeante.

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