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Essais nucléaires : le mea culpa tardif et difficile de l’Etat sur les irradiés

 Dans un entretien publié sur le site Internet du “Figaro”, Hervé Morin a dévoilé les grandes lignes d’un projet de loi sur la réparation des conséquences sanitaires des essais nucléaires français. “Nous avons voulu bâtir un mécanisme d’indemnisation juste, mais rigoureux” précise le ministre de la défense. “Une première enveloppe de dix millions d’euros est déjà prévue pour la première année sur les crédits du ministère de la Défense”. Vendredi pourtant, l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) menés au Sahara et en Polynésie déplorait “un manque de concertation”. 

Entre 1960 et 1996, l’armée française a procédé à 210 essais nucléaires d’abord au Sahara (1960-1966), puis en Polynésie française (1966-1996). Au-delà du chiffre éloquent, les conditions des protections sanitaires qui les ont entourés ne sont pas à porter au crédit de l’armée française.

Le nombre de victimes n’a jamais été établi précisément. “Environ 150.000 travailleurs civils et militaires sont théoriquement concernés, sans compter les populations qui vivaient au Sahara et en Polynésie à l’époque des essais” selon Hervé Morin.

Jusqu’à présent, L’Etat refusait de reconnaître officiellement que ceux qui étaient chargés d’organiser la sécurité autour des tirs nucléaires, n’ont pas rempli leur devoir et leur mission, qu’il y a eu des fautes de négligence et d’imprudence. Des fautes aux conséquences lourdes.

Et pourtant atteintes dans leur chair, les victimes militaires se sont heurtées pendant des décennies aux cours régionales des pensions militaires et à la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions pénales (Civi) de Paris qui rejetaient leurs demandes au motif que le lien entre les maladies et les essais n’était pas établi, ou qui jugeaient l’indemnisation impossible au regard de l’ancienneté des faits.

Douze anciens militaires souffrant de maladies graves qu’ils attribuent aux essais nucléaires ont choisi de regrouper leur dossier et de porter l’affaire devant la cour d’appel de Paris. La décision doit être rendue le 22 mai. Les victimes jusqu’à présent sont contraintes de saisir la justice et de démontrer au cas par cas le lien entre leur maladie et leur exposition à des radiations pour tenter d’obtenir une indemnisation.

Une autre audience concernant des personnels civils polynésiens doit se tenir à Papeete au printemps prochain.

En novembre dernier, pour la première fois, l’Etat français a reconnu un lien entre les essais nucléaires réalisés au Sahara et en Polynésie française et les pathologies développées par certains membres du personnel. Dans le même temps pourtant, les députés ont rejeté une proposition de loi de Christiane Taubira qui proposait de créer un “fonds d’indemnisation des victimes des essais et des accidents nucléaires”, sur le modèle de celui qui existe pour l’amiante. Il établissait aussi le principe d’un lien de causalité entre les maladies dont souffrent les victimes (cancers principalement) et les essais. Les vétérans des essais nucléaires réclament depuis des années un fonds d’indemnisation sur le modèle de celui créé pour les victimes de l’amiante.

Dans une lettre ouverte au ministre de la défense rendue publique en fin de semaine dernière, le président de l’AVEN (3500 membres), demandait la communication de l’avant-projet de loi “plutôt que d’en prendre connaissance par la presse ou par d’autres voies”. Redoutant l’adoption d’une “loi en trompe-l’oeil”, il souhaitait notamment que la liste des maladies induites par les essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie soit similaire à celles retenues aux Etats-Unis ou par les Nations unies et qu’un suivi médical soit confié à une “commission nationale”. L’association réclame également un fonds d’indemnisation, quand le projet de loi prévoit la constitution d’une commission d’indemnisation qui ne serait consultée que pour émettre un avis.

“Les demandes d’indemnisations seront examinées “au cas par cas” par “une commission indépendante, constituée de médecins et présidée par un magistrat”, explique en effet M. Morin au Figaro. Cette commission “s’appuiera sur des données scientifiques et médicales de l’organisation des Nations unies”.”Contrairement à ce qui se passait jusqu’à présent, il n’appartiendra plus au demandeur de prouver le lien de causalité entre l’exposition à des radiations et sa maladie”. “Pour refuser une demande de réparation, l’Etat devra donc démontrer que la pathologie n’est pas radio-induite”. Elément important, le gouvernement a renoncé “à fixer un seuil d’exposition minimal”.

Reste le cas des populations locales contaminées totalement oubliées dans le projet de loi. L’Etat français estime avoir indemnisé la Polynésie, via les compensations versées aux autorités locales. L’Aven réclame pour sa part la sécurisation et la réhabilitation des anciens sites d’essais en Algérie et en Polynésie.

 

 Crédit photo : CEP

 Compléments :

 Le Figaro : Les vétérans n’avaient “aucune conscience du danger”

La Mouette : le prix de la course à la bombe nucléaire française

 


 

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6 réactions à cet article    


  • Ranjo 24 mars 2009 13:27

    L’etat va indemiser les personnes irradié avec l’argent des retraites qu’il a volé a certain d’entre eux ca ne va pas lui couter cher !


    • maharadh maharadh 24 mars 2009 22:07

      Je confirme le commentaire ci-dessus, j’y était aussi, heureusement pour moi je ne suis pas touché pour l’instant, nous avons éffectués des missions sur le site quelques mois après les essais sans aucune précaution ni aucun équipement de protection contre la radio-activité. J’avais 19 ans à l’époque , est-ce qu’à 19 ans en tant qu’appelé du contingent on est conscient d’un danger comme celui auquel on nous as exposé ? NON ! et aucune administration militaire ne nous as mis en garde, je pense aussi aux malheureux habitants des alentours de In Eker et Reggan qu’on à laissés sans protection et sans aucun suivi médical.

      Une pensée sincère à tous ceux qui ont perdus la vie , à ceux qui sont malades et qui souffrent.

      En effet, je ne suis pas fier d’être Français par moments , c’est tard beaucoup trop tard même si celà contre-dit le proverbe mieux vaut tard que jamais.

      Si vous voulez versé le sang , allez donc verser le vôtre messieurs les planqués et fils de planqués.


      groupedetransport3.ifrance.com/HistoriqueReggan.html


      • JONAS JONAS 25 mars 2009 09:09

        @ L’Auteur :

        Très bonne analyse !

        Excusez-moi, mais, je saisis au bond, l’occasion que me fournit votre article, pour pousser UN CRI d’ALARME ! Au sujet des antennes relais qui maillent le pays pour les portables.

        Elles diffusent des micro ondes, qui ne sont rien de moins que des neutrons,

        Bien que l’énergie de ces neutrons soit moindre que celle dégagé par la fission ou celle d’un four à micro ondes où elle est confinée, il n’en demeure pas moins, qu’à l’heure actuelle, nous sommes bombardés à longueur de journées, par ces flux de micro ondes ! ils sont utilisés dans les fours à micro ondes pour faire chauffer la nourriture ou de l’eau et dans les centrales nucléaires EPR, pour faire monter l’eau à l’état de vapeur, qui fait tourner les turbines.
         

        Pour faire de l’humour, nous cuisons à petit feu…Nous mijotons !

        Sans les capacités de réparation de nos cellules, nous serions déjà cuits à point. Le renouvellement accéléré de nos cellules peut induire des cancers, la duplication pouvant engendrer des mutations.

        Ne faisons pas comme pour le nucléaire civil et militaire, qui nous délivre et nous a déjà délivré des doses de radiations importantes.

        " Les erreurs ne se soustraient pas, elles s’additionnent ! "

        Les retombées sanitaires de l’exposition aux micro ondes, risquent d’être encore plus meurtrières, que celles des fuites des centrales nucléaires et des essais aériens des explosions expérimentales militaires réunis.

        Les portables risquent de faire plus de victimes, qu’ils ne sauvent de vies ! Car réalité, 90 % des communications brasse du vent !

        J’ai fait un amalgame, j’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur.

        Bien à vous Tous.


        • Pierrot Pierrot 28 mars 2009 10:51



          Vous semblez confondre neutrons et électrons qui génèrent des ondes électromagnétiques dont les micro ondes font partie.


        • maharadh maharadh 25 mars 2009 13:31

          Je viens de m’aperçevoir que le lien que j’ai mis sur mon commentaire ci-dessus ne fonctionne pas, je ne comprends pas bien car de mon Blog ce lien fonctionne

          voici donc le lien en question groupedetransport3.ifrance.com/HistoriqueReggan.html

          au cas il ne fonctionnerait pas à nouveau voir à partir de mon blog "sites en harmonie"

           life-in-the-dead.over-blog.com/




          • taupe13 8 avril 2009 23:20

            C’est quand même pas trop tôt les USA l’ont fait avant nous, je ne comprends pas bien encore comment les personnes qui voyaient des gens protégés et d’autres non protégés ne se sont pas posés de questions à l’époque, en tout cas les victimes devraient être surtout reconnues, certes indemnisées, mais reconnues comme ayant servies l’intérêt supérieur de la Nation.

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