Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Est-ce la fin de la recherche ?

Est-ce la fin de la recherche ?

Le Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) a publié un communiqué dont voici la teneur :

«  Selon des fuites, d’origine ministérielle de haut niveau, le gouvernement aurait décidé de transférer la totalité des chercheurs du CNRS vers les universités. Cette mesure revient à décapiter le CNRS qui deviendrait, comme l’a annoncé Sarkozy dans son programme, une agence de moyens sans personnel chercheur. »

«  C’est un coup bas donné à la recherche française dont une grande partie s’est, depuis 60 ans, structurée et développée autour de cet établissement largement reconnu au niveau national et international », ajoute le SNCS.

Effectivement. Mais c’est aussi le produit d’une vision politique qui veut que la recherche se trouve dans les universités et que le mode de financement des projets de recherche se fasse entièrement par soumission à des appels d’offre. Le modèle de référence est ce qu’on nomme « universités de recherche » aux Etats-Unis et la prégnance des financements de la National Science Foundation.

Cette vision semble confirmée par les récentes décisions à l’IRD où une Agence IRD a été créée et où la direction générale pousse à la création rapide d’unités mixtes IRD-universités. Ces unités mixtes de recherche (UMR) existent déjà très largement au CNRS. Ainsi, à terme, une dilution des chercheurs dans les universités semble un objectif possible, même s’il n’est pas avoué.

Symptôme supplémentaire, lors du dernier concours de passage au grade de directeur de recherche de l’IRD dans la commission des sciences sociales, n’ont été retenus que les candidats avec une HDR (habilitation à diriger des recherches). L’HDR n’est pas un diplôme, mais autorise une personne non professeur à diriger une thèse de doctorat. Traditionnellement et statutairement, les directeurs de recherche sont censés pouvoir diriger des thèses. Leur demander de passer une HDR pour devenir directeur, c’est donc subordonner la position des DR des instituts de recherche à celle des professeurs des universités.

Dans les sciences de la nature, les chercheurs des organismes de recherche passent cette HDR assez vite après la thèse afin de se préparer à diriger des thèses de futurs chercheurs sans avoir eux-mêmes à obtenir le titre de directeur de recherche. Cela leur permettra de diriger des travaux d’étudiants sans être directeurs de recherche. C’est moins courant dans les sciences sociales où l’HDR est plutôt conçu comme un aboutissement de travaux (un peu comme autrefois la thèse d’Etat).

Ce qui se joue donc est une transformation en profondeur des structures de recherche face à laquelle les divisions parmi les chercheurs quant à la « bonne solution » à adopter sont patentes. La proposition de réintégrer la recherche au sein des universités est un cache-sexe à la réforme des universités.

Faire cadeau aux universités des chercheurs des « établissements publics à caractère scientifique » (statut officiel des CNRS, INRA, ISERM, IRD, INNRIA) est largement illusoire. En effet, les universités n’ont ni les moyens ni les structures pour garantir que la recherche se déroule dans de bonnes conditions. En revanche, elles disposent de l’autorisation de délivrer des diplômes et donc pour les chercheurs il est essentiel d’en être proche afin d’alimenter le flux de futurs chercheurs. Illusion aussi de prétendre que c’est là une transformation majeure. La recherche française se déroule avant tout dans les unités mixtes de recherche. Le CNER en 2003 disait déjà que « ces laboratoires mixtes (plus de 1 900 alors qu’il n’y a que 200 labos propres aux EPST) installés dans des locaux universitaires, objets de contrats multiples, entre 1’(ou les) université(s) et un (ou des) EPST (ou même avec des EPIC) deviennent les unités fondamentales de la politique de recherche française. Ce fut une adaptation majeure à la structure émiettée d’établissements de recherche, d’universités et d’écoles. » C’est donc bien les difficultés d’organisation et de moyens des universités qui ont porté la création pragmatique des unités mixtes, tout en maintenant les organismes de recherche avec leurs structures de décisions et leur grilles salariales propres.

Illusion aussi de croire que l’on va transformer les universités en France (ou quelques-unes d’entre elles) en « universités de recherche » sur le modèle américain. Car le modèle américain est fondé sur le fait que les universités sont privées. C’est pour cette raison que l’Etat délivre des crédits pour la recherche par voie compétitive à ces universités. La raison d’être de l’université américaine se trouve dans les fondations privées qui les financent. Rien de tel en France ni même en Europe. Certaines universités américaines ont même créé des labos de recherche après les labos de recherche privés. L’histoire est très différente en Europe où le public a précédé très largement le privé, et pour ne parler que des deux plus grands pays européens, c’est vrai aussi bien en Allemagne qu’en France.

Illusion enfin de penser que la recherche française peut fonctionner à la marge de la recherche européenne. Renforcer la recherche n’est certainement plus possible sans passer par cet « espace européen de recherche » très largement construit par les six derniers programmes cadres et en voie de consolidation. Si la recherche française semble très différente dans son organisation des autres systèmes de recherche européens, elle n’en est pas moins dépendante que les autres des financements européens. Ces financements sont largement distribués par appel d’offre compétitif, comme la National Science Foundation. Rien ne dit qu’en remettant les chercheurs et la gestion du personnel aux mains des universités, plutôt que des EPST, les chercheurs français auront plus accès à ces financements. Les signes que donne le gouvernement actuel ne laissent pas penser cela : en créant l’Agence nationale de recherche (ANR) et en distribuant sous forme compétitive des financements additionnels, les laboratoires français se sont détournés des appels d’offre européens. Mais voilà : l’ANR permet de détourner les financements des EPST vers une source externe, indépendante des budgets de fonctionnement des organismes de recherche et des universités.

Il y a donc une sorte de croyance idéologique forte qui se structure autour de deux figures : remplacer les instituts par des universités et financer essentiellement par agences. C’est là une sorte de libéralisme sceintifique qui est défendue, à l’encontre d’une vision plus étatique fondée sur l’existence des organsimes de recherche autonomes. Il n’existe pourtant pas d’évaluations sérieuses qui aboutiraient à cette conclusion. Au contraire, l’anomalie structurelle que représente la France est loin d’être inefficace comme le confirment les travaux du Conseil national d’évaluation de la recherche (CNER). Le gouvernement s’acharne à effectuer des réformes de structures là où des évaluations en bonne et due forme des programmes seraient nécessaires.

Cette rhétorique qui consiste à dire que tout ira mieux quand les EPST seront rendus à l’université est donc illusoire et dangereuse et veut avant tout cacher le fait que les financements publics ont baissé depuis que la droite est au pouvoir. Même la très impartiale revue Nature l’a montré en publiant un graphique ravageur. Ce graphique montre que depuis la présidence de Jacques Chirac la recherche a perdu 20 % de financements publics. Le fait de mettre la recherche dans l’université ne fera qu’accentuer les dégâts.


Moyenne des avis sur cet article :  3.34/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

54 réactions à cet article    


  • yoda yoda 25 juin 2007 12:43

    Excellent article !

    Le modele de la recherche americaine ne me semble pas adapté pour la france. Chaque pays a ses specificites culturelles et historiques.

    Mais bien sur je concois que l’ultra-liberalisme scientifique qu’ils veulent mettre en place a ses qualites... dans un monde ultra-liberal soumis a une logique ultra-liberal et a des modes de pensees ultra-liberaux (ultraliberal=liberte de faire du profit (materiel ou psychologique) via la competition est la valeur supreme).

    Encore merci ! smiley


    • La mouche du coche La mouche du coche 25 juin 2007 16:52

      Article nullissime et corporatiste et conservateur. smiley

      Je fréquente les chercheurs ; Ils passent leur temps à se plaindre qu’il faut tout changer, et dès que quelqu’un le fait, ils râlent smiley


    • lmorel 26 juin 2007 12:41

      A la mouche du coche : Oui, peut-etre cet article est-il corporatiste. Et oui, l’université est une machine lourde a faire évoluer (mais vu sa fonction et sa taille, je ne vois pas comment ca peut etre autrement).

      Par contre, dire que les chercheurs se plaignent tout le temps et refusent toute réforme, on l’entend tous les jours en ce moment et c’est assez insupportable. Pour information, ce sont les universitaires eux-memes qui ont proposés (depuis 2001, je crois) de mettre en place l’autonomie des universités. Seulement, voila, on a l’impression de parler dans le vent. Et puis un beau jour un nouveau ministre arrive avec une nouvelle loi, et essaye de faire croire a tout le monde que celle-ci sort de ces « discussions ».

      Bref, pour voir que les universitaires se bougent (en plus de leurs 200 heures de cours par an et de leurs projets de recherche), vous pouvez tous aller voir http://recherche-en-danger.apinc.org/

      Voyez qu’on se bouge, bon sang. Et arrêtons tous la mauvaise foi. Ca ne fait pas avancer les choses comme ca.


    • Ronny Ronny 25 juin 2007 13:25

      @ auteur

      Intéressant papier. Lire aussi ce que le Monde a publié voila peu sur le sujet :

      http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-927276@51-927356,0.html

      Le projet pose à mon avis deux problèmes essentiels.

      Le premier est - comme vous l’indiquez - de fournir à l’université des personnels qu’elle n’est pas capable de gérer. Voir la façon dont les maitres de conf. et les profs. sont recrutés, avec de façon non exceptionnelle des pressions et intrigues locales fortes. Voir les promotions, pas toujours fonction de la qualité scientifique des personnels. Ce point risque d’ailleurs d’être aggravé par le projet Pecresse, sarko-compatible. Les commissions de spécialistes (chargés de recrtuer) seront remplacées par 8 enseignants, incapables de couvrir toutes les disciplines. En sociologie (et cela est probablement vrai dans d’autres domaines), avec même un élu compétent, on peut craindre le pire en matière de pluralisme idéologique des sous-disciplines. Enfin last but not least, « the » droit de veto du president. Monarchie absolue donc en matière de recrutement si je comprends bien ! Bravo ! Enfin dernier point pour lequel l’universtié n’a pas la capacité de gérer - et à mon avis le plsu important - le manque de stratégie et de structure d’évaluation, chose que le CNRS, premier visé, menait tant bien que mal avec un système certes surement perfectible mais ouvert sur d’autres organismes, impliquant des représentants des personnels élus, et des procédures contradictoires.

      Deuxième problème sérieux : celui ci est lié à l’autonomie financière accrue que le gouvernement se propose de donner aux universités. Quid alors à nouveau des pressions locales pour travailler sur tel sujet plutôt qu’un autre (farie plaisir à un généreux industriels donnateur ?), ou pire pour ne pas travailler sur tel sujet qui pourrait faire de l’ombre à un des membres du conseil d’administration. On peut penser à des problèmes de sites pollués sur lequel des expérimentations pourraient ne plus être effectuées sous pression d’un membre du CA représentant des industries polluantes concernées... Toujousr au capitre autonomie financière, qui payera les chercheurs. Si le chercheur devient employé de l’université de Trifoully II, quid de la nature nationale de l’emploi ? Comment passerez vous de l’université A à l’université B, si vous êtes personnel de l’université A ?

      Enfin, dernier point en forme de question. Pourquoi vouloir se débarasser du CNRS, organisme phare de la recherche publique et qui a produit et continue à produire de la connaissance sans avoir à rougir de ses résultats, comparables à ceux des très bonnes institutions internationales, et souvent pour des coûts par articles inférieur à ces concurrents. Il faut avoir le courage de reconnaitre que c’est en fait le CNRS, et pour la recherche médicale l’iNSERM, qui par le biais des unités de recherches mixtes, a tenu la recherche universitaire à bout de bras. Curieux de voir les présidents d’universités, dont le rôle dans cette histoire est plus que trouble, vouloir casser ce bras qui les a aidé à marcher pendant tant d’années !


      • mat 25 juin 2007 23:26

        N’est ce pas un peu contradictoire de dire que le CNRS tient à bout de bras la recherche via les UMR, alors qu’elles sont elles même constituées au 3/4 (9/10e ?) de personnels issus de l’Université ? Quelle est la part des maîtres de conférence dans le poids scientifique du CNRS ? Autrement dit, que serait le CNRS sans les enseignants chercheurs ?

        Il me semble que cette volonté de rester à l’écart de l’université est un faux problème. Les autres propositions comme le pilotage par projet, (déjà en partie le cas avec l’ANR) me semblent bien plus problématiques.

        Précision à l’auteur : l’HDR est bien un diplôme...« directeur de recherche » n’en est pas un.


      • rigas rigas 26 juin 2007 15:08

        Je vous remercie de ces précisions qui complètent mon analyse de la situation. Je crois aussi que vous pointez un délicat problème : une certaine opposition qui risque de se cristalliser entre chercheurs des EPST d’un côté et universitaires de l’autre.


      • rigas rigas 26 juin 2007 15:11

        Il me semble que l’HDR est un « diplôme » uniquement à cause du fait que les universités ne peuvent que délivrer des diplômes. Le poste de Directeur de recherche est un concours, pas une promotion interne d’un institut. Dans les fait, des petits instituts comme l’IRD par exemple, donnent une sorte de prime à leurs propres chercheurs. Mais il y a tout de même des candidatures externes et des recrutements niveau DR qui ont bien lieu pour ces candidats externes.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 juin 2007 13:41

        Bonjour,

        La situation de la recherche et des universités est effectivement préoccupante. Est-ce le signe d’un changement de société ? Une chose semble certaine, le gouvernement cherche à faire des économies.


        • rigas rigas 3 juillet 2007 19:00

          Si j’en juge par mon organisme, les économies (d’argent) ne me semblent pas un moteur de l’action du gouvernement en matière de recherche. Je pencherais plutôt à croire que ce que le gouvernement veut c’est de se conformer à une sorte d’idéologie du succès. Un peu plus bas dans les commentaires, on me fait le reproche d’être confus à ce sujet et on me soutient que la mise en concurrence des organismes de recherche avec les universités serait une solution qui dynamiserait la recherche. Je prétends que ce n’est pas le cas. Il ne me semble pas que l’intégration des EPST dans les universités améliorerait la recherche. Il ne me semble pas non plus que se serait une façon efficace de rendre plus efficientes les structures de recherche. De plus, le fait d’avoir plus d’argent de fonctionnement distribué par une Agence comme l’ANR ne me semble pas une solution idéale. Le taux de réussite est de 20% environ. Si cet argent est celui retiré des budgets de fonctionnement des EPST on n’a fait que recycler les sous avec un énorme coût de « transaction » (comme disent les économistes institutionnalistes). Ce coût est généré par l’effort requis pour rédiger les réponses aux appels d’offre. Non pas que se soit mal de répondre aux appels d’offre (je l’ai fait avec succès suffisamment de fois pour penser que c’est une méthode intéressante), mais parce que de toutes façons cet argent allait atterir là où il se trouve, ANR ou pas. ce n’est absolument pas le cas des fonds européens qui eux sont une véritable compétition pour de l’argent « frais ».


        • Forest Ent Forest Ent 25 juin 2007 14:44

          Le CNRS a été créé pour échapper aux rigidités de l’Université. Avec le temps, il n’y a pas échappé non plus. Mais le supprimer n’est pas en soi une solution.

          Mon impression est que, malgré ses incantations sur la « société de la connaissance », la droite se fout globalement de la recherche, et a juste une approche idéologique néolibérale du sujet : il n’y a de bonne recherche que privée. Mais si les entreprises privées font si peu de recherche en France, ce n’est quand même pas la faute de l’Université !

          Et puis les chercheurs ne votent presque pas UMP.


          • bozz bozz 25 juin 2007 18:03

            tiens as-tu le détail du vote à l’université ?


          • Forest Ent Forest Ent 25 juin 2007 22:52

            Arf non désolé, je ne le retrouve pas. J’avais lu dans « le monde » une analyse du vote par catégories socio-professionnelles. Il y était évalué une incidence CS privés, enseignants, chercheurs sur un ensemble de communes-types de l’Ile de France. Je crois me souvenir que pour les chercheurs c’était le plateau de Saclay : Palaiseau, Orsay, ...


          • bozz bozz 25 juin 2007 22:57

            sinon tu as aussi les représentations syndicales mais bon, on va encore me dire que l’université n’est pas un bastion trotkyste... c’était juste pour avoir des données chiffrées


          • Voltaire Voltaire 25 juin 2007 14:52

            S’il faut encore attendre un peu avant de voir tout à fait clair dans le projet actuel, il est vrai que l’idée de transformer le CNRS en agence de moyen, à l’heure actuelle, n’est pas la plus brillante. Certes, ce dernier a besoin d’une refonte, qui est d’autant plus difficile que l’organisme est lourd. Mais avant de transférer son personnel aux universités, il serait logique d’attendre que la réforme de celles-ci porte ses fruits. Détruire ce qui demeure l’organisme de recherche phare de la France au profit d’universités en plein chambardement semble en effet mettre la charrue avant les boeufs.

            Je ne partage pas certaines de vos analyses sur notre système actuel, que je ne détaillerai pas ici faute de temps, mais il semble bien nécessaire de réorganiser et de clarifier les fonctions des différentes strates de notre système de recherche. La réforme des universités était necessaire, plusieurs des propositions contenues dans le projet de loi actuel sont positives, mais d’autres nécessitent un dialogue approfondi (et notamment la nécesité de mettre en place un système unique et non à deux vitesses).

            Le principal défaut du CNRS provient de sa lourdeur administrative, et non du fait qu’il emploie des chercheurs. Le CEA est un bon contre-exemple qui démontre que des organismes de recherche peuvent fonctionner correctement. Laissons donc d’abord du temps aux universités pour progresser, et réformons les EPST pour que le système ait un peu plus de souplesse, plutôt que d’entreprendre des réformes plus idéologiques que fonctionnelles.


            • Hume Hume 25 juin 2007 17:43

              Tout a fait d’accord avec Voltaire,

              Le probleme, c’est qu’a force de ne pas vouloir se reformer et de faire du corporatisme, ca nous pendait un peu au nez.


            • rigas rigas 3 juillet 2007 19:06

              Merci à Voltaire (quel honneur smiley de me donner l’occasion de préciser que la réforme des universités ne me semble pas être une solution pour la recherche. Je suis d’accord pour dire que les lourdeurs administratives du CNRS ne sont dues à son organisation et non pas au fait qu’il emploie des chercheurs. Mais là aussi je demande à voir : les lourdeurs des labos universitaires ne sont-elles pas supérieures à celles des organismes de recherche ? Le CNRS est-il l’organisme inefficace que le gouvernement veut nous faire croire ?


            • jd 25 juin 2007 17:25

              Pour la pétition contre le démantèlement du CNRS : http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=923


              • arturh 30 juin 2007 11:14

                Ah ça y est ! La « pétition contre » est prête. Au moins on peut être sur d’une chose en France avec la recherche : pour la « pétition contre », on n’a pas besoin de chercher longtemps !


              • Atlantis Atlantis 25 juin 2007 20:16

                La recherche j’ai donné, et comme beaucoup de jeunes docteurs, je veux plus en entendre parler. C’est même pas une réforme qu’il faudrait faire, c’est un changement de valeurs et ça, jamais les vieux ou ceux qui sont en place ne l’accepteront (s’ils y sont c’est parce qu’ils ont été dument choisis pour perpétuer la fossilisation du système).

                Le plus rigolo dans tout ça, c’est que même les analyses de « biens pensants », d’« experts » et d’« analystes » ne le comprennent jamais, mais que qd vous demandez l’avis à des jeunes docteurs internautes sur les « conclusions » d’un organisme lambda sur l’état de la recherche, l’avis est sans ambigüité et tjrs le même. Sarkozy ne fera d’ailleurs pas mieux.

                Le problème c’est pas le malade, c’est le médecin. pas la maladie mais le diagnostique.


                • Foudebassan Foudebassan 25 juin 2007 20:46

                  A mon avis, il faut que le SNCS confie à l’IRD la gestion du CNRS à l’EPIC (ou même à des EPST) sauf si l’UMR et l’EPST, notamment ses DR, pensent que l’INRA peut devenir une ANR avec des grilles de salaires compatibles avec celle de l’INNRIA.

                  Y a du boulot !!!


                  • rigas rigas 3 juillet 2007 19:08

                    LOL ! (comme disent les plus jeunes) smiley


                  • Thierry136 25 juin 2007 21:49

                    Dans cette histoire d’autonomie des universités, il est bon de rappeler qu’il y a énormément d’intérêts divergents et partisans. Cela fait des années que des réformes auraient dû être faites et comme aucun gouvernement n’a eu le courage politique de s’y attaquer, les positions de chaque belligérant se sont fossilisées à un point tel qu’il faudrait plutôt dynamiter le système que d’espérer pouvoir le réformer en douceur.

                    Dans cet article, on a l’intérêt partisan des chercheurs qui bénéficient de larges avantages à faire leur recherche au sein du CNRS aux dépens parfois de leur enseignement universitaire (pourquoi ne pas parler par ex. de la question des détachements où l’enseignant-chercheur part chercher avec son poste sous le bras et trouve, pour certains d’entre eux, le meilleur moyen de faire prolonger cette recherche alors que l’université doit le remplacer avec des non-titulaires pendant un temps indéfini ?). On comprend très bien pourquoi ils ne veulent pas se mettre sous la coupe d’une université qui risque de leur demander entre autre de se consacrer d’abord à leurs missions d’enseignant.

                    Mais ailleurs, on a les intérêts partisans des syndicats d’étudiants (qui n’ont pas grand chose à voir avec la défense des intérêts réels des étudiants) et encore ailleurs les intérêts partisans des enseignants (la liste de leurs avantages ne sera jamais publiée dans les journaux car le risque est trop grand de susciter une réaction hostile du public) et enfin les intérêts partisans des personnels administratifs qui ont au moins le mérite de profiter discrètement de leurs privilèges sans les crier sur les toits.

                    J’oubliais les intérêts partisans des présidents d’université qui sont les bénéficiaires heureux de cette réforme car elle leur donne plus de pouvoir. C’est d’ailleurs logique : face à une telle pétaudière, le gouvernement préfère laisser les présidents gérer tous ces intérêts divergents au niveau local.

                    Les grands oubliés dans l’affaire sont l’enseignement supérieur et la recherche. Mais à qui cela importe-t-il vraiment ?


                    • mat 25 juin 2007 23:06

                      Mais quelle est cette liste d’avantage qui va déchainer le public ? A part le statut de fonctionnaire, non vraiment je ne vois pas... C’est un peu facile de lacher des phrases comme ça. Détaillez !


                    • bozz bozz 26 juin 2007 10:50

                      voyons, voyons, nous savons TOUS que nous bénéficions d’avantages réels dans la vie quotidienne, il est difficile de le nier tout de même !

                      en premier lieu nous avons la liberté de nous organiser comme nous le voulons (en dehors de nos heures de CM ou de TD !), le fait de n’avoir pas d’horaires précis (personne ne nous retirera d’argent si on part à 16h une journée !), le fait de bénéficier de vacances énormes (que l’on ne déclare pas la pluspart du temps : allez faire un tour à l’administration pour poser vos congés ! dans de nombreuses université ils rigolent rien qu’à cette question)

                      toute cette souplesse simplifie la vie ! on peut aller chercher les gosses à l’école et finir de bosser sur une publi. à la maison, quand il y a grève des enseignants, on se débrouille pour ne pas aller au boulot pour garder les gamins (pas besoin de RTT comptées scrupuleusement etc...)

                      POur moi ce sont des avantages non négligeables, l’inconvénient découle évidemment de ces avantages : le fait de pouvoir bosser 70h/semaine sans reconnaissance, le salaire qui est trop maigre par rapport aux études recquises ...


                    • mat 26 juin 2007 12:38

                      @bozz : Avoir la liberté de partir une journée à 16h quand on bosse 70h par semaine, je ne suis pas certain que ce soit un vrai avantage (ca s’appelle un statut cadre ?), mais bon, c’est vrai que le travail bénéficie d’une certaine liberté.

                      Alors allons y, mettons une pointeuse à l’entrée des labos et payons les heures sup : c’est la fin du budget de la recherche.

                      J’ai pas mal de collègue qui bossent beaucoup plus que 35h, sans forcément faire 70h, mais 10-12 h par jour. Ils ne sont pas masochistes, c’est simplement qui aiment ce qu’ils font...Je sais que ce genre de remarque horripile certaines personnes, qui pensent que dans un « vrai » travail, on doit forcément trainer les pieds pour y aller le matin.


                    • bozz bozz 26 juin 2007 13:51

                      mat, nous n’avons pas besoin non plus de nier ces réalités ! il y a des chercheurs qui bossent comme des damnés et d’autres qui ne sont là qu’en touriste, certains ne font que de l’administratif d’autres préfèrent passer leur vie à publier tout et n’importe quoi !

                      il faut cesser de dire que le labo est le bagne (c’est tout de même le cas pour certains jeunes chercheurs)

                      la grande différence avec un cadre sup. c’est que lui est directement enchainé à sa productivité, et son salaire témoigne de cela, un chercheur, lui, n’a pas cette notion de rentabilité à tous prix, il peut aussi passer du temps à causer autour d’un café sans que cela lui soit reproché !

                      bref si on devait réellement décompter les moments de travail intense et les moments de relachement, je ne suis pas sûr du résultat final ; la recherche est, disons, saltatoire ! il y a des moments où on carbure à plein et d’autres où on est moins productif ! un cadre lui doit être sur les nerfs tous les jours, pas nous !


                    • rigas rigas 3 juillet 2007 19:28

                      Pour ce qui me concerne je ne parlais pas des universités mais bien de la recherche. Vous m’excuserez de penser que pour faire de la recherche, les labos univsersitaires sont rarement bien calibrés. Cela pose des difficultés aux universités, je l’avoue. Les enseignants détachés dans les organismes de recherche (EPST ou EPIC) doivent être remplacés. Cela vient de ce que les universités françaises n’acceptent pas la fonction de la recherche. Les enseignants sont là pour ensigner contrairement à leur titre officiel d’enseigants-chercheurs ils ne cherchent pas (ou alors s’agit-il d’une toute petite élite au sein de quelques universités dans quelques rares facultés et départements). Exemple entre mille, la demande de c’ration d’« années sabbatiques » est considérée le fait de glandus et doux rêveurs !

                      Vous dites que les intérêts partisans des chercheurs, des syndicats d’étudiants et des présidents d’université s’annulent en quelque sorte.... et selon vos mots « Les grands oubliés dans l’affaire sont l’enseignement supérieur et la recherche. Mais à qui cela importe-t-il vraiment ? ». Et bien : à moi, justement ! Aux chercheurs, justement. Trop facile de mettre tout le monde dos à dos.

                      Effectivement les chercheurs ne veulent pas lâcher le bout ! ILS ONT RAISON !!! Enseignant n’est pas le même métier que chercheur. Certains chercheurs adorent enseigner, d’autres détestent celà. Mais ce n’est pas leur métier. Si leur fonction de recherche a été approuvée par leur institution et au-delà de leur recrutement par l’évaluation de leur travail, on ne peut pas s’amuser à les remettre en cause en permanence.

                      Au juste quelle est la question ? Il faudrait plus d’enseignants ? Et pourquoi cela devrait-il relever du pool de chercheurs ? Pourquoi ne pas exiger des universités de recruter plus d’enseignants sans leur exiger des preuves de recherche (notamment des doctorats). Le système actuel qui fait que seul le doctorat soit considéré comme le bon diplôme est absurde. Le doctorat devrait être une preuve de recherche, pas un mode de présélection des enseignants

                      Résoudre la question de l’enseignement supérieur en utilisant les organismes de recherche est —me semble-t-il— absurde, car à terme c’est la recherche qui en fera les frais puisque la demande sociale pour l’enseignement est évidemment plus forte que pour la recherche. Je signale pour tous ceux qui vont me tomber dessus à bras raccourcis en me donnat des exemples américains, qu’aux états-unis, dans les universités de recherche (pas partout) les enseignants ne sont pas obligés de faire de la recherche et vice-versa. Il y a des chercheurs qui enseignent, des enseignants qui font des parcours de recherche temporaires, mais ce n’est absolument pas un mandat obligé ; plus exactement, il existe des postes de recherche où l’enseignement n’est pas une obligation.


                    • rigas rigas 3 juillet 2007 19:32

                      mat, vous avez raison. Mais il y a aussi des chefs de labos qui sont dans des situations de pénurie et où le manque de recrutement pèse lourd. Une des grandes difficultés est que les chercheurs qui dirigent des équipes réalisent de plus en plus de tâches adminsitratives, y compris de la comptabilité de base. Je gère moi même un projet qui a la taille d’une PME. J’emploie en CDD une seule personne, pour faire travailler environ 80 personnes dans 9 pays. La plus grosse difficulté n’est pas la recherche : c’est la gestion.


                    • rigas rigas 3 juillet 2007 19:38

                      @ bozz ---- saltatoire .... joli.

                      C’est le cas. La question en termes d’intensité de travail ne me semble pas se poser aujourd’hui. On ne me reproche pas d’arriver à 10heures au boulot ni de partir à 20h du boulot (je travaille plus pour ne pas gagner plus smiley ). Ce que je fais est évalué assez systématiquement par mes pairs et mes supérieurs. Si on considère que cette évaluation est nulle et non avenue alors allons-y pour lier salire et performances en termes de ... chiffre d’affaires. Mais dans ce dernier cas, je demande à relaxer la contrainte de l’évaluation par les pairs.


                    • sithi 25 juin 2007 22:46

                      Il est 22h 45 je suis encore dans mon labo.

                      Un laboratoire est à l’image de son patron : il est dynamique si son patron l’est et ce n’est pas qu’une question de moyens financiers. Deux labos représentant 40 personnes font 60% du chiffre d’affaire contractuel d’une université de 3000 enseignants-chercheurs. (contrats qui ne nous empêchent pas de publier et de déposer plusieurs brevets par an).

                      Avec toute réforme, il est urgent de mettre en place une évaluation de la recherche (tant fondamentale qu’appliquée), et surtout considérer la qualité de la recherche appliquée (reconnue comme étant celle qui mène au plus grand nombre de publications).

                      Revoir le mode d’attribution des postes (mettre fin aux coteries).

                      Revoir les structures de décision des universités : à quoi cela sert-il d’avoir la moitié des membres du CA enseigants, un quart du CA étudiants ? Comme si à l’AG d’une entreprise on se retrouvait avec 80% des présents employés de la société ?

                      A mon avis la réforme de l’université doit être faite urgemment, le travail est tellement énorme, malgré des syndicats qui ne défendent que leur dialectique.


                      • Atlantis Atlantis 26 juin 2007 00:57

                        « A mon avis la réforme de l’université doit être faite urgemment, le travail est tellement énorme, malgré des syndicats qui ne défendent que leur dialectique. »

                        Urgemment ? dans l’urgence ? à quoi ça sert de travailler dans l’urgence alors que ça fait des années que le système tourne (plutôt mal que bien) ?

                        Ce qui est bien commode avec l’urgence c’est que ça dispense de réfléchir. Les films d’actions et les séries télé ont abondamment usé du filon. Maintenant Sarkozy manipule tout le monde par pensée unique (euh, par télévision, excusez moi ...) interposée : faut faire vite vite vite ! sinon on est foutu, la mort assurée, l’apocalypse, la fin des temps !

                        Pour l’instant il y a *aucun* diagnostique sur la recherche qui tienne un tant soit peu la route. Volontairement ou pas d’ailleurs j’en sais rien, mais toujours est-il que cette nouvelle université qu’on est en train de nous dessiner ne sera pas meilleure que la précédente. Pire je sais pas, même si ça entraine de plus en plus une convergence écoles-univ, qui n’est jamais bonne (« disparition de la biodiversité culturelle »). Alors à quoi bon faire vite pour changer un truc si dans le fond ça résout pas le problème ? à échapper à l’apocalypse ? (gare au déluge alors !)


                      • rigas rigas 3 juillet 2007 19:48

                        @ sithi...

                        « Un laboratoire est à l’image de son patron »

                        Exact. C’est vrai dans les labos universitaires et dans les labos des instituts. C’est vrai de la recherche tout court. D’aucuns diraient de tout projet dynamique.

                        « Deux labos représentant 40 personnes font 60% du chiffre d’affaire contractuel d’une université de 3000 enseignants-chercheurs. (contrats qui ne nous empêchent pas de publier et de déposer plusieurs brevets par an). »

                        Exact encore. Ce n’est pas la question. Je suis depuis trois ans à la tête d’un projet de recherche « appliquée » : il ya là des gens qui font du fondamental, d’autres qui recyclent des rapports anciens sous forme d’expertise et des stagiaires qui apprenent ; mon budget représente un des plus gros budgets de l’IRD (me dit-on, pas de chiffres officiels car l’IRD devient une boîte assez opaque). Je n’aurait pas monté le projet en dehors de l’IRD qui a les épaules financières pour préfinancer mes opérations en attendant que mon bailleur de fonds se réveille !!! Je ne crois pas que l’université m’aurait donné ce choix. Me trompais-je ?


                      • Albert E. 26 juin 2007 08:09

                        J’apporte ma pierre à l’édifice de cette discussion en vous faisant part d’un petit mot reçu par l’ensemble des chercheurs de mon labo (et d’autres je suppose), sans commentaires :

                        Paris, le 25 juin 2007

                        Message de la Présidente et du Directeur général aux personnels du CNRS

                        La Présidente et le Directeur général du CNRS, alertés par les communiqués des organisations syndicales et les récents articles de presse, ont contacté le ministère de la recherche au plus haut niveau. Ils ont eu confirmation que les chercheurs des EPST resteront les employés de leur organisme sous la pleine autorité du Directeur général de l’organisme.

                        En ce qui concerne les références aux chercheurs des EPST dans le texte du projet de loi portant sur la nouvelle organisation des universités, ces références sont présentes uniquement pour permettre aux chercheurs affectés aux laboratoires contractualisés de participer dans les instances universitaires avec les mêmes droits que leurs collègues enseignants-chercheurs.

                        Catherine Bréchignac, Présidente du CNRS

                        Arnold Migus, Directeur général du CNRS


                        • rigas rigas 3 juillet 2007 19:51

                          Merci à Albert E.

                          Cette lettre est éclairante.


                        • fafou0 26 juin 2007 08:31

                          Bonjour, je suis tous les jours étonnée de constater que les journalistes ou les médias libres s’emparent de sujets d’actualité politique sur les réformes du gouvernement avant même que le ou les textes définitifs aient été déposés pour examen à l’Assemblée Nationale : j’ai bien entendu hier sur une chaîne TV, Valérie Pécresse dire « que les chercheurs du CNRS, même s’ils étaient appelés à être partenaires des universités autonomes, seraient toujours considérés comme chercheurs du CNRS à part entière avec tout ce que cela a impliqué pour eux comme parcours pour devenir ces chercheurs d’excellence... » Il serait bien pour tous les lecteurs ou auditeurs que les sujets ou articles soient mis, en ligne ou en débât télévisé, quand ceux-ci seront définitifs : sinon quel est l’intérêt pour nous de lire ou écouter des supputations entâchées de parti pris si ce n’est à nous dégoûter soit d’aller sur votre site, par exemple, ou encore d’ouvrir la télé !!! Je ne suis pas la seule à constater que l’approche des sujets traités par les animateurs de débâts ou les articles traités sur le web, n’ont pas la rigueur intellectuelle qui s’impose, bien souvent par manque de compétences....


                          • jako jako 26 juin 2007 08:46

                            Bonjour fafou, oui mais on peut penser que le fait de le mettre dans le débat publique aide peut être a modifier le contenu d’une mesure alors que si celle-ci est totalement invisible on peut faire passer n’importe quoi.


                          • fafou0 26 juin 2007 10:07

                            D’accord avec vous « jako » : je regrette simplement qu’il se dise, bien souvent, tout et n’importe quoi sur tel ou tel sujet, avec pour certains aucune impartialité, ce qui au bout du compte rend le sujet complètement illisible...Sur le sujet de l’autonomie des universités, il a été mis en ligne sur le site gouvernemental un projet de travail qui a été sur le champ « traité » comme un projet définitif, preuve d’un manque totale de réflexion de personnes censées être intellectuellement mieux formées que moi même, par exemple...


                            • stephanemot stephanemot 26 juin 2007 11:44

                              A ce stade, la fin de la recherche serait de ne rien faire ou de continuer à agir avec la même méthode.

                              1) Le Syndicat National des Chercheurs Scientifiques est membre de la FSU, dont le soutien inconditionnel à Sarkozy n’est pas encore précisément au stade de la recherche fondamentale.

                              2) La France produit d’excellents chercheurs mais ne parvient ni à en profiter ni à les garder. Le pays souffre d’une carence chronique en R&D, qui explique en partie son retard pris sur le plan économique.

                              3) C’est une question de moyens, mais aussi de méthode. Il convient de dépenser plus, mais aussi de dépenser mieux.

                              La recherche publique doit à l’image de l’enseignement s’adapter à un monde ouvert et en réseau, se renforcer en son coeur et tisser des liens pertinents avec son environnement, qui intègre naturellement l’économie réelle au sens large et les entreprises en particulier. Sans perdre son âme mais sans se laisser mourir par conservatisme.

                              Ce repli dogmatique est contradictoire avec l’esprit même de la recherche. Laissons le négationnisme aux promoteurs de l’Intelligent Design.


                              • rigas rigas 3 juillet 2007 20:03

                                1) je ne défend pas le SNCS auquel je n’appartiens pas (et je ne sais pas ce qu’il prône non plus, ignare que je suis). Il a eu le mérite de nous alerter sur une état d’esprit. Il se trouve que je n’approuve pas cette idée qui consiste à dire « intégrons la recherche à l’université et cela ira mieux ».

                                2) je pense que le statu quo aujourd’hui ne serait pas la fin de la recherche ; à l’opposé la dilution des organismes de recherche publics serait la fin des haricots (pour la recherche, mais après tout la France n’a pas besoin de recherche....).

                                3) si la France produit de bons chercheurs c’est que quelqu part la recherche n’est pas si mauvaise que cela. On va me dire que je suis corporatiste. Mais, et contrairement à ce qui se laisse penser ici dans de nombreux commentaires (ceux m’accusant de corporatisme, notamment), la situation de la recherche n’est pas un problème d’inefficacité des organismes de recherche. C’est ce que je pense.

                                la question fondamentale de la recherche française qui n’a pas été résolue est celle des jeunes chercheurs.

                                Quant à la recherche appliquée je me suis laissé dire (mais j’ai pas le temps de vérifier) que le CNRS produit plus de brevets que le MIT avec un budget moindre. (vous parliez de R&D c’est pour cela que je mentionne les brevets)

                                Et le déficit de R&D n’est pas un problème des EPST, mais des entreprises. Lire l’excellent bouquin de Philippon à ce sujet. Il explique peut-être aussi une part de la faiblesse de la R&D dans les entreprises de ce pays.


                              • Shrub Soley 26 juin 2007 13:06

                                L’organisation globale de la recherche en France est plutôt bien. Dans tous les organismes de recherche, que ce soit à l’Université, au CNRS ou ailleurs, on trouve toujours des labos qui fonctionnent très bien grâce à un chef de labo compétent. Le problème est que ces labos sont rares, les autres étant dirigés par des incompétents dont l’ingérance gangrène l’ensemble du labo, voir aussi les autres labos. Ces incompétents sont arrivés à leur poste par un autre incompétent qui les a mis là. Je ne pense pas que l’on devrait virer les incompétents, je suis contre, mais plutôt les recadrer. Un directeur de recherche ayant le niveau scientifique d’adjoint technique doit être rétrogradé au moins en tant que technicien. Un enseignant-chercheur ne sachant faire que des enseignements ne doit plus exercer son métier de chercheur en remplaçant cette part en tant que technicien ou adjoint technique. C’est radical mais au moins personne perd son emploi et les compétences des uns et des autres sont réévaluées pour être optimisées. Pendant ce temps là, ceux qui ne pouvaient auparavent pas devenir chercheur ou directeur faute de place alors qu’ils sont très compétents le pourront.

                                Mais tout ça comme pourrait le dire Atlantis, c’est ni les beaux (ou mauvais) discours ni les incompétents (très nombreux et en poste) qui vont aller dans ce sens. Personne n’écoute ceux qui font réellement la recherche, c’est à dire les doctorants et les postdocs.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès