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Et si Marine le Pen nous débarrassait des écolos !

Certains l’adulent, d’autres la haïssent ! Marine le Pen, c’est sûr, ne laissent personne indifférent, nouvelle Jeanne d’Arc pour les uns, Hitler en jupon pour d’autres, elle a au moins un mérite, recentrer le débat de société sur la politique et l’économie et renvoyer ainsi les préoccupations écologiques à un niveau subalterne. Car ceux qui s’opposent fermement aux thèses du FN sont obligés de se positionner sur l’immigration, l’islam, l’euro, l’Europe, la fiscalité, la mondialisation et le protectionnisme. Bref, l’opinion publique est à nouveau focalisée sur des sujets qui font débat et où il faut prendre clairement parti. Quelle politique d’immigration choisir, faut-il ou non revenir au Franc, doit-on ou non orienter les choix économiques vers plus de libéralisme ou de protectionnisme ? Autant de questions qui mettent au second plan la France vue du ciel, Home et le Grenelle de l’environnement. Et même Mélenchon y va sur le même registre, en combattant le FN il met de côté le pacte écolo consensuel. Enfin, l’ennemi n’est plus celui qui ne trie pas ses poubelles ou laisse la lumière allumée ! Sarkozy aux abois a complètement oublié le pacte écologique et ce n’est pas en y revenant que le PS arrivera à faire un score au premier tour des présidentielles. La politique est de retour, l’écologie aux oubliettes !

Avec les derniers sondages, Marine le Pen a totalement balayé Nicolas Hulot ! Le politique est de retour et bien malin serait celui qui pourrait dire si Sarkozy est définitivement foutu ou s’il va rebondir. Il est encore prématuré de prédire une victoire socialiste ou un rebond de Dominique de Villepin ou de François Bayrou. Une chose est certaine, pour être au second tour, il faudra parler économie, social et immigration et non OGM ou loi anti-tabac. Lors de la campagne électorale 2007, tout le monde avait la fibre verte. Il fallait obligatoirement déblatérer sainement sur la protection de la planète. Pour être audible, le discours se devait écolo-vertueux au risque de passer inaperçu, au pire réactionnaire, has been ou ennemi de l’humanité. Et puis est arrivée la crise économique qui a balayé comme un ouragan Xinthia toute velléité verte. La chute du pouvoir d’achat, la peur du chômage, la crainte de voir sa retraite s’écrouler se sont imposées dans l’opinion et ont remplacé les vieilles lunes écolos. Avec une dette publique abyssale, une situation politique internationale instable en évolution permanente, une reprise trop timide de l’économie et un chômage qui stagne, il faut être un véritable fanatique de la pensée écolo pour encore penser aujourd’hui au tri sélectif.

Le retour à un débat politique sérieux « à l’ancienne » est souhaitable, non pollué par des considérations métaphysiques sur les ondes des téléphones mobiles ou sur les craintes apocalyptiques d’un nouveau Tchernobyl. L’écologie politique était un luxe de riches dans un pays riche, un luxe de bobos qui s’abonnaient à Vélib et faisaient leurs courses dans un magasin Naturalia.

Les publicitaires sont avant tout des pragmatiques et des commerciaux. Ils sont jusqu’à présent dans la mouvance écolo car le créneau est porteur, il rapporte gros. Avec des slogans simplistes ils arrivent à faire vendre des frigos, des bagnoles, des lessives qui respectent l’environnement, la couche d’ozone, les ours blancs et les scarabées pique-prunes. Chacun doit faire en consommant un petit geste pour la planète, on nous le serine tous les jours. Ca marche encore auprès d’une clientèle inculte intoxiquée par la publicité consensuelle et les mots d’ordre écolos, mais pour combien de temps ? Cela fait encore un carton dans l’éducation nationale dont les enseignants rassis dans l’angélisme gnangnan organisent toujours tant bien que mal des sorties scolaires de sensibilisation à la nature et à la pollution auprès de gamins qui répètent comme des perroquets les slogans entendus à la télé. Le mal absolu n’était plus le nazisme, ceux qui se plaignent des propos avinés de Galliano sont presque dans une démarche d’arrière-garde, c’est Zemmour qui est à la mode et il est loin d’être écolo. Jusqu’à présent, le mal absolu, c’était la pollution, mais cela va-t-il durer ?

Si la vague Marine continue, les publicitaires, les journalistes, les éditorialistes, les politiques vont la récupérer pour la dénoncer, la combattre, la stigmatiser, l’assimiler tout en s’en démarquant. Si Marine le Pen permet de gagner plus en notoriété, en part de marché, en dividendes que n’arrivent à le faire les gaz à effet de serre, et bien, tout ce beau petit monde déclinera du le Pen sous tous les registres et produits dérivés.

Seul avantage à cette confrontation, utilisation, récupération, on ne nous bassinera plus pour un bon moment avec le credo vert, ses poncifs, ses mots d’ordre et ses oukases. Les craintes créées par les flux migratoires, une situation économique et sociale pas prête de s’améliorer à court terme, la montée en puissance des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), vont ravaler l’écologie à un archaïsme du même acabit que le boulangisme ou la « nouvelle société » de Jacques Chaban-Delmas.

On pourrait alors retourner le sens de la fameuse phrase incantatoire de Jacques Chirac : « La maison brûle et nous regardons ailleurs ! ». Oui la maison France est en train de brûler et nous avons trop longtemps regardé, écouté et approuvé les sirènes de l’apocalypse et du millénarisme écolo, au lieu de penser production, productivité, économie(s) et compétitivité. Marine le Pen sera peut-être au second tour en 2012, mais elle ne sera certainement pas élue présidente. Mais si elle arrive, même à son corps défendant, à intéresser de nouveau les Français au débat politique et à débarrasser celui-ci de son versant écologiste, et bien cela sera déjà ça de gagné.

PS  : Heureusement, il n’y a pas que Marine le Pen dans la vie ! Si vous avez le temps, lisez « l’écologie en bas de chez moi  » d’Iegor Gran, un émigré bien intégré chez nous au point d’écrire en français. C’est totalement anti-écolo et à la fois très drôle.




par Georges Yang mercredi 9 mars 2011 - 175 réactions
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  • Par alberto (---.---.---.199) 9 mars 2011 11:12
    alberto

    Pauvre Monsieur Yang…

    Vous êtes la preuve vivante du mec à côté de ses pompes qui n’a encore rien compris et  dont la cécité l’entraîne lui et ceux qui l’approuvent droit dans le mur !

    La situation est la suivante : après deux siècles d’industrialisation croissante, la finance internationale a peu ou prou pris le contrôle de tout ce qui est produit et qui se consomme sur cette planète.

    Ceux qui sont aux commandes de cette gigantesque main mise sur la production industrielle et agricole n’ont d’autre intérêt que ceux de leurs investisseurs.

    Et quel est l’intérêt de leurs « investisseurs » (appelez-les spéculateurs, fonds de pensions, hedge funds, boursicoteurs…) : du fric, du pognon, de l’oseille et rien à foutre du reste.

    Vous avez bien lu : rien à foutre du reste !

    Dans cette option, la planète et la vie qui y habite, ne sont qu’un immense réservoir de profits qu’il faut se hâter d’exploiter avant que les copains ne le fassent avant !

    D’où les ravages que l’on peut constater tant sur le plan de la disparition des espèces végétales et animales que sur celui de la santé humaine !

    Des intellectuels, des savants, des humanistes, de toutes origines et de tous pays sont intervenus pour dénoncer ces dérives qui menaient de plus en plus rapidement au suicide de l’humanité.

    A l’évidence, ces gens ( appelez-les « écolos » si ça vous fait plaisir) dénonçant les profits et la croissance à tout crin, ne pouvait qu’être considérés que comme des empêcheurs de s’enrichir entre copains par ceux qui profitaient (et profitent encore) du système.

    Ainsi que vous pouvez le constater, ce problème dit d’écologie est avant tout un problème économique !

    Et voilà l’idiot utile qui s’amène pour annoncer qu’une politique se concentrant sur les aspects économiques de la société fera disparaître les écolos du champ de ladite politique.

    En fait, monsieur Yang, soit vous n’avez rien compris, soit vous roulez pour les profiteurs et souhaitez en partager les gains ! Mais attention, et, svp, dites le à vos enfants : l’argent ne se mange pas !

    Bien à vous.

  • Par alberto (---.---.---.199) 9 mars 2011 11:35
    alberto

    M. Yang,

    Votre réponse à mon commentaire me confirme que vous n’avez pas saisi le périmètre du problème : le drame que vit la Nature sur l’ensemble de la Planète ne se résume pas aux malheurs de l’Ours Blanc ou du Macareux Moine, vous et moi et l’ensemble de l’Humanité sont concernés !

    Bien à vous.

  • Par illuminato (---.---.---.147) 9 mars 2011 09:09

    penser que les préocupations qui concerne la conservation de bonnes conditions de vie sur terre, sont des problemes subalternes n’engage que vous .

  • Par SATURNE (---.---.---.194) 9 mars 2011 15:03
    SATURNE


    Alex Metayer disait :
    « il y a trois choses qui ne peuvent se regarder en face :
    la mort, le soleil et le dentiste ».

    J’ajouterais bien l’écologie.
    Un truc pour dans 2 ou 300 ans, quand nous seront morts, nos enfants aussi.
    Un truc de riches, faudrait passer devant et faire les jolis coeurs, alors que les pays pauvres continuent de cracher la mort et les pauvres de ces pays d’en mourir. Mais mêmes ces derniers veulent le bifteack et la bagnole pour tout de suite, pas dans 300 ans.
    Insoluble, y compris dans le CO2.

    PS : le Père Yang, on aime ou pas ses idées, mais j’observe qu’il ne replie pas tous ceux qui le brocardent , contrairement à la mère bobo en rose fluo et le prof ronchon, qui nous pondent leurs sucreries tous les jours, cherchent le buzz mais appellent la police du net et descendent à la cave dès qu’il y a incendie...

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