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ETA contre Etats

Les obsèques du commandant de police Jean-Serge Nérin, tué dans une fusillade avec des membres présumés de l’ETA, ont eu lieu mardi à la préfecture de Melun. A cette occasion, Jose Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement espagnol, a pu écouter avec attention le discours virulent de Nicolas Sarkozy. Les mots du président français ont été très sévères pour condamner ce meurtre, le premier supposément commis par l’ETA sur un représentant des forces de l’ordre, et il a confirmé son intention de durcir les peines encourues pour les assassinats de policiers ou gendarmes. Pas un mot sur les pompiers catalans accusés à tort, où sur l’affaire Jon Anza.
 
Euskadi ta Askatasuna
 
ETA (sigle pour « Pays Basque et liberté ») a été créé en 1959 dans une Espagne sous le joug du général Franco, dans une optique de résistance au despotisme qui lui vaut une large popularité, tant au sein de la population basque que dans le reste du pays. Symbolisée par le serpent et la hache (la sagesse et la force), l’organisation indépendantiste et de défense de la culture basque change rapidement et profondément le nationalisme basque. Il y a véritablement un avant et un après Guerre Civile : les questions comme l’origine ou la religion sont jetées aux oubliettes alors que la défense de l’environnement et la justice sociale prennent une importance déterminante.
 
Révolutionnaires marxistes
 
Trois ans plus tard, lors de la première assemblée, l’organisation définit ses différents champs d’action : politique, culturel, ouvrier et militaire. Sont aussi déterminées les bases idéologiques du mouvement, et les revendications qui seront les siennes comme la démocratie sans centralisme pour Euskal Herria (le pays basque), l’union fédérale des nations en Europe, la condamnation du militarisme ou l’Etat laïc. Les assemblées suivantes voient arriver de nouveaux membres qui confirment la voie révolutionnaire marxiste empruntée par l’ETA et incluent la classe ouvrière immigrée.
 
Trêves et rêves
 
Tout au long des années 70, l’ETA s’organise, les actions militaires se multiplient, des armes sont achetées en masse, de nombreux etarras sont arrêtés, torturés, tués par les sbires du Caudillo. L’impôt révolutionnaire est régulièrement prélevé sur les chefs d’entreprises et commerçants et alimente un réseau grandissant. La transition démocratique espagnole, et la fin du franquisme n’offrent pas aux euskadis l’indépendance tant espérée. Depuis, il y a eu des trêves, des négociations qui n’aboutissent pas, de nouvelles victimes... Après 50 ans d’existence, et plus de 825 morts au compteur, les soutiens d’ETA sont à présent bien loin des 150 000 personnes du temps de Franco. En fait, seul 1% des basques espagnols approuverait encore les actions de l’organisation.
 
ETA en France
 
Traditionnellement, l’ETA se mobilise plutôt pour pays basque espagnol, ou Hegoalde. La partie française appelée Iparralde est souvent utilisée comme base arrière, d’organisation des actions, de repos ou de ravitaillement. Ce qui explique d’ailleurs que les arrestations d’etarras ont été relativement nombreuses (33 en 2009, dont celle d’Aitor Elizaran, chef de l’appareil politique), culminant en février 2010 par l’interception d’Ibon Gogeascoechea Arronategui, considéré comme le numéro un de l’organisation. Régulièrement, des évènements relient Espagne et France autour de l’ETA, ou d’autres indépendantistes basques, comme Iparretarrak ou Batasuna.
 
Le mystère Jon Anza
 
Il y a deux semaines, le corps de Jon Anza Ortunez, membre d’ETA mystérieusement disparu depuis avril 2009 a été identifié à Toulouse. Il y séjournait depuis près d’un an à la morgue, son cadavre ayant été découvert sans papiers. Mais de nombreuses zones d’ombre entourent cette mort, d’autant qu’ETA, à l’annonce de la découverte a déclaré que l’intéressé transportait, eu moment de sa disparition une importante somme d’argent appartenant à l’organisation. ETA a par ailleurs laissé entendre qu’il pourrait s’agir d’un interrogatoire illégal de la police espagnole qui aurait mal tourné. L’enquête, aux mains de la juge d’instruction Myriam Viargues, est en cours.
Le pays basque vit et existe avant tout par son unité linguistique. Euskal Herria, c’est aussi trois millions de personnes vivant sur plus de 20 000 km², et une culture multimillénaire faite de chistera, et d’axoa bien sûr, mais aussi, et surtout des ikastola où les nouvelles générations apprennent l’euskara (langue basque). La question de l’indépendance est-elle, comme beaucoup le pensent, obsolète ? Dans l’ère du tout mondialisé, les bretons, corses, basques et autres catalans ont-ils encore une légitimité à réclamer l’autodétermination ? Est-il possible d’imaginer une régionalisation aujourd’hui, et serait-elle bénéfique ? Autant d’interrogations qui restent, pour le moment, en suspens.
 
 

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4 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 26 mars 2010 11:50

    bonjour Diane

    merci pour ce condensé historicité.
    la mort de ce policier est un incident, et fait partie des risque de leur métier. ce n’est pas irrévérencieux que de le rappeler, ceci ne signifie pas banaliser leur mort, c’est en d’autre terme un accident de travail. la vie d’un maçon qui chute d’un échafaudage vaut autant que celle d’un policier tuer dans l’exercice de sont métier, ou qu’un d’un militaire mort au combat. seule l’exploitation politique fait la différence, et notre président est passé mettre dans cet art. il l’a encore démontré a cette occasion.

    nous sommes toujours incapable de pouvoir dissocier , la lutte meurtrière de groupes politiques de la criminalité. pourtant la différence est notable et a toujours posé des problèmes aux états, car un criminel peu s’amender, pas un combattant de conviction, l’Irlande en a fait la démonstration après plus de 70 ans de conflit terroriste.
    le problème demeure toujours le même, la crainte d’inciter a légaliser l’appel à la lutte armé intérieure pour défendre des convictions politiques dans une organisation démocratique.

    je ne pense pas qu’il y ait des solutions seulement des cadavres, en attendant que le temps décide.

    cordialement.


    • joletaxi 26 mars 2010 17:48

      Je pensais trouver dans cet article et les commentaires une réponse ou au moins un début de réponse:quel peut bien être la finalité de ce mouvement ? j’avoue que cela m’échappe.

      Pour les chantres des particularismes et de l’attachement à la langue de la « terre »,permettez-moi de vous mettre en garde,en tant que belge.Fort heureusement,la « dispute » belgo-belge est restée dans le domaine de l’invective et des bravades, mais l’on voit très nettement ce genre de mouvement dériver vers le racisme ordinaire.Aujourdhui, un belge francophone n’a plus le droit d’habiter en Flandre,sauf à prouver son indéfectible adhésion à la culture et la langue de vondel.

      • Phil Phil 27 mars 2010 08:44

        La bétise de l’extremisme à l’état pur ;certes« ils ont lutter contre franco » bien c’est terminé.
        La région basque à plus d’autonomie que n’importe qu’elle autre region.
        Que veulent ces ados ? dans quel trip sont-ils ?qui les y mets ?
        Personne ne leur dit qu’ils sont plus fascho que ceux qu’ils assasinent ?
        Ils veulent l’indépendance du peuple basque des deux cotés des pyrenées !c’est xénophobe
        comme réaction ça ! et les autres peuples qui y vivent maintenant on en fait quoi ? on les expulsent ?on leur met une balle dans la tete ?une bombe ?!
        Ou c’est, simplement,que personne, chez les nationalistes, ne sait comment mettre fin à cette déviance de peur de passer pour des cons ; mais non les enfants,allez, lachez l’affaire !
        il y a un combat bien plus important ,et non des moindres,aimer les autres comme l’on voudrait que l’on nous aime.
        Sans mots, sans déclarations, sans rien, rentrer chez vous et dites à vos parents que vous les aimez.


        • chuppa 27 mars 2010 17:21

          Pour rappel : « présumé » membre de l’ETA ....et en avant les suppositions.
          Certains d’entre nous devraient postuler comme scénaristes dans les séries américaines : NCIS et autres

          En ce qui concerne la pays basque espagnol, je vous suggère de passer 2 ou 3 jours à Bilbao et la région viticole qui l’entoure. Vous sentirez battre le coeur d’une VRAIE région tournée vers le modernisme et l’avenir.

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