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Européennes 2009 : La représentativité en crise

Européennes 2009 : Les élections sont l’occasion pour les votants d’exprimer leur choix. Sondage grandeur nature, il nous faut regarder à la loupe ce qu’ils nous disent. Ils se dégagent des faits marquants de ces élections :

-  La percée écologiste

-  La déconvenue du Modem et du PS

 L’abstention, bien que notable, n’est que légèrement plus importante (+2%) que les fois précédentes pour ce type d’élection. La mécanique est la même et clairement identifiée depuis longtemps.

Il y a le système de vote en premier lieu : Découpage des régions qui ne correspond à rien et qui conduit à se positionner en fonction des leaders nationaux. La participation est influencée donc par la politique gouvernementale et selon que l’on approuve ou non, la mobilisation est plus grande. L’opposition se mobilise et la majorité en place réagit. Cette fois-ci, les français continuent, malgré leurs difficultés quotidiennes, à être persuadés que ce président là reste le « moins mauvais » pour eux. Et donc légère hausse de l’abstention.

Alors on peut aussi leur rétorquer qu’ils sont « hors sujet », que l’Europe c’est important, que l’avenir se joue là-bas. Avant cela nous pourrions par souci d’honnêteté leur expliquer que la démocratie indirecte n’est pas la Démocratie. Que les processus de décisions de la mécanique communautaire passe par des méandres complexes où l’expression de leur vote n’a qu’une influence relative alors qu’elle devrait être première.

 La percée Ecologique s’apparente à un raz de marée. On sait que cela va arriver. On peut rarement en prédire les proportions et la date. Les résultats sont tombés, lourds et ravageurs. L’erreur consisterait à ne pas détailler cette expression là et à la reléguer au rang de simple « tendance » ou effet de mode. Dans certains départements, le score approche les 20% si on additionne les voix des autres écologistes.

Sur le sujet, le parti qui a su le mieux éviter l’érosion est…l’UMP. La « Démarche Grenelle » est en route et s’enrichie. Un sondage montrera prochainement que JL.Borloo est en tête des personnalités gouvernementales. Est-ce un hasard ?

 Europe Ecologie est le grand vainqueur de ces élections. Les dirigeants ont trouvé la bonne formule. Actons-le et analysons-le. Mais sachons aussi entendre leurs craintes. Ce n’est pas un parti structuré. Leur vocation n’est pas nationale. Les responsables veulent continuer la route ensemble mais recherchent immédiatement des alliances pour les régionales au second tour. Le PS a l’avantage, mais…l’électorat EE suivra t’il ?

 Le PS, depuis quelques années maintenant, peine à se réorganiser. Il souffre d’une abondance de leaders. Le système de primaire est en place en son sein, les militants l’ont accepté. Tentative de démocratie interne saluée mais pas salutaire. Les Français s’en détournent comme on se garderait de donner des responsabilités à une personne en phase dépressive longue.

Mais la structure résiste tant elle est ancrée depuis longtemps dans le paysage politique français. Le PS reste la première organisation d’opposition. Son emprise régionale est massive et incontournable. Lorsqu’elle aura réglé ses problèmes de personnes, nul doute qu’elle sera tirer pleinement avantage des ses techniques stratégiques et de la puissance de son réseau.

 Le Modem, lui, n’a pas la même marge de manœuvre. Son électorat « dur » n’est pas aussi étoffé. Sa structure est jeune et peine à mobiliser. Elle est encore dans les jupes de son père fondateur François Bayrou. Ce dernier a porté en 2007 des valeurs humanistes qui parlent encore aujourd’hui aux français. Dans les prochains jours, malgré l’échec des élections européennes, nous verrons qu’il reste dans le trio de tête pour les présidentielles. Mais d’ici à 2012 s’il veut se retrouver au deuxième tour, le Modem doit faire un travail d’émancipation. Laisser plus d’autonomie aux initiatives locales. Retrouver sa dynamique de « mouvement » en l’organisant plutôt que de chercher à la canaliser.

 Le plus étonnant est qu’il suffit de puiser dans ses textes fondateurs, la charte du Modem et son règlement intérieur national, pour trouver les orientations à mettre en place dans les départements.

 

 La culture politique française est riche d’enseignement. Elle montre que les partis à structures rigides sont indispensables pour amener un leader vers le pouvoir. 

 Elle nous dit que chaque organisation politique dispose d’une base électorale composée d’un électorat dur et d’un électorat « flottant ». Ce dernier est le plus délicat à capter dans la durée. C’est-à-dire que tout l’enjeu est de respecter sa nature volatile tout en le retrouvant aux échéances électorales.

 Le dosage est d’autant plus délicat que cette catégorie d’électeurs tant à s’organiser en dehors des partis politiques et de plus en plus efficacement. D’autre part lorsqu’ils s’engagent pour une cause, c’est avec un déterminisme puissant à faire pâlir d’envie n’importe quel organisation politique de militants.

 On observe aussi un phénomène de « zapping » redouté par les partis qui constatent amèrement une accélération de changements brutaux à leurs avantages ou pas. Les instituts de sondages n’arrivent pas à prévoir ces reports plusieurs semaines à l’avance. Elles réussissent tout juste à les capter dans les dernières heures avant le scrutin lorsque ce n’est pas à posteriori.

 

Alors que faire ?

Europe Ecologie aujourd’hui, comme le Modem en 2007 ont trouvé la bonne formule.

Amis de « l’approche systémique » et de « la pensée complexe » si vous m’entendez…
 


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5 réactions à cet article    


  • bernard29 bernard29 25 juin 2009 16:37

    La seule leçon à tirer de ces européennes est le fiasco personnel de Bayrou. C’est le vrai perdant de ces élections car il a remis en cause et pénalisé fortement son seul objectif , sa présence aux présidentielles.. Pour ma part, je ne crois pas qu’il puisse s’en relever.

    l’élément essentiel de ces élections est l’abstention ( plus de 60 %)

    Pour le reste , vous vous leurrez complétement quand vous dites que c’est le raz de marée et la percée de l’écologie. D’abord, face au rejet de cette élection par les citoyens, il est normal que ceux qui se déplacent acceptent de voter pour l’idée climatique qui a le vent médiatique en poupe et sur un sujet , (le seul peut être) qui est clairement européen voire planétaire (l’environnement).

    Ensuite ; En 1992, lors des élections régionales , les écologistes avaient réuni près de 15 % des électeurs avec une participation électorale de plus de 65 % . Ce qui fait près de 3, 6 millions de votants pour l’écologie politique . Aux européennes de 2009, seulement 2,5 millions. 

     1992 était la grande époque de l’écologie politique ; Génération Ecologie (7, 3 %), des Verts (6,9 %) et du MEI et autres (1 %) ; Quand je vois Yann Arthus Bertrand et l’autre « pagayeuse sarkosiste », se pavaner aujourd’hui comme s’ils découvraient les problèmes, on peut demander aux élus écologistes ce qu’ils ont fait de l’Ecologie Politique ???


    • arturh 26 juin 2009 08:41

      L’auteur « démocrate pur jus » ?

      Et pas capable de conclure que la seule leçon à tirer de cette élection européenne, c’est que l’UE est tout sauf une Démocratie !


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 juin 2009 09:13

        Ouais enfin on peut avoir une autre lecture de cette élection, « sondage en grandeur nature ». L’UMP a eu un (très relatif) bon score parce que son électorat est majoritairement constitué de retraités, qui ont été voter parce que ça leur fait une balade et un espace de discussion au bistrot en face de la mairie, ça leur a permis d eparler des derniers enterrements. Les écolo ont fait « du » score parce que tout le monde est d’accord pour dire que polluer c’est mal, alors voter écolo c’est encore ce qu’on a trouvé de moins cher pour s’impliquer en façade. Les léecteurs socialistes ne savent plus ce que fait leur parti préféré, alors il sont été à la pêche. Les électeurs Modem ne voient pas bien à quoi ressemble leur parti, alors ils ont été se promener.

        Et lla majorité (60%) des électeurs trouvent que le Parlement européen ne sert à rien, puisque même si ils votent contre quelque chose, ce quelque chose passe quand même (TCE, directive Bolkestein), alors ils ont fait autre chose.


        • savouret 1er juillet 2009 10:00

          l ’abstention considérable pour ces élections européennes , traduit certes la désaffection des citoyens pour une entité qui leur parait trop lointaine et technocratique, mais plus globalement elle traduit bien la défiance croissante de la population vis a vis des représentants politiques.

          l’historien pierre rosanvallon a mis en exergue ce phenomène, qui s ’apparente à une crise de la démocratie représentative.celle ci résulte de l’impéritie des dirigeants à satisfaire les aspirations du peuple,ainsi que des mutations sociétales qui se sont produites depuis une quarantaine d ’annee et qui pour schématiser ont engendré une remise en cause de la verticalité des rapports sociaux au profit de l’horizontalité, ce qui se manifeste notamment par l ’émergence du concept de démocratie participative.

          le sursaut de participation aux élections présidentielles a amené certains à tirer des conclusions hatives sur la résurgence d’une légitimité de la démocratie représentative,or cette forte mobilisation électorale n ’etait que ponctuelle et due au caractère exceptionnel de cette élection, percue comme la fin d ’une ère amorcée par la présidence de mitterand et achevée par celle de chirac.les forts taux d ’abstention constatés lors des scrutins suivants ont au contraire confirmé l’essor structurel de l’abstentionnisme et la défiance croissante vis à vis de nos gouvernants.

          des lors se pose la question des moyens à mettre en oeuvre pour réhabiliter la démocratie représentative, qui malgré ses dysfonctionnements est une necessité , car nous avons tout de meme besoin de verticalité pour le fonctionnement de la société.il est indispensable pour celle ci d ’etre dirigée par des gouvernants éclairés, aptes à prendre des décisions pertinentes sur le lonterme, capable de se projetter dans l’avenir, soucieux du bien commun.nos dirigeants politiques, à tous les échelons , doivent etre pourvus de ces vertus et de ces aptitudes afin d’enrayer la défiance populaire vis à vis de leurs actions et afin de réhabiliter le vote, qui demeure un privilége aux yeux des miliard s d’individus qui sont partiellement ou totalement dépourvus de l’exercice effectif de cette pratique fondamentalement démocratique.


          • bélistan 1er juillet 2009 19:39

            Je partage avec vous M. Savouret cette idée sur la nécessaire évolution de la Démocratie représentative.

            En fait il semble que la prise de conscience s’effectue peu à peu au niveau institutionnel.

            Les travaux effectués en préalable à la Loi Grenelle 1 ont été multiples et variés. Des comités opérationnels s’étant constitués pour s’emparer de plusieurs sujets de réflexion, les travaux du ComOp n°24 doivent retenir notre attention. Nous retrouvons en partie ses conclusions sur la Stratégie Nationale du Développement Durable (SNDD) en son défi n°9. Les notions de « Gouvernance Partagée » et de « Collège 5 » y reviennent assez souvent.

            L’idée est de faire participer des associations représentatives de la société civile ou du sujet abordé, au niveau des collectivités locales : Conseils Généraux, EPCI et Région. Cela afin d’impliquer en amont et dans les organes de décision, les citoyens voulant s’investir. Il est question d’améliorer fortement le système actuel de concertation publique.

            Je tiens à préciser ici que cela ne se fera pas sans résistance des élus en place. Invité régulièrement à me prononcer sur des sujets touchant à l’urbanisme de la ville de Nice, les mentalités évoluent certes, mais lentement.

            Ceci n’est qu’un exemple qui va dans le sens que nous recherchons mais nul doute qu’il faudra être plus ambitieux pour sauver une démocratie en danger.

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