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Accueil du site > Actualités > Politique > Européennes : les vrais vainqueurs

Européennes : les vrais vainqueurs

Il y a bel et bien un raz de marée en France et dans toute l'Europe mais pas forcément celui auquel on pense. Nous assistons à la montée en puissance des croyants vouant une adoration inconditionnelle au culte de la planification centrale. Ces derniers ont enregistré un score proche de 100% aux dernières élections Européennes.

Introduction

L'extrême droite Française est morte et Marine Le Pen a bien raison de ne plus vouloir entendre ces mots qualifier son parti. Cette faction politique a pris un virage à 180° que peu de journaux ont analysé sérieusement. Tentez de découvrir ce qui a changé au FN au travers des médias traditionnels, vous y découvrirez que malgré un virage à gauche sur le plan économique, ce parti a de toute façon des racines "nauséabondes", que "la nouvelle patronne du Front national a un seul objectif : dédiaboliser son parti". Ou encore que "la vraie rupture réside dans le style". Il ne faut pas s'étonner que les auteurs de ce genre d'âneries reçoivent de moins en moins d'échos auprès du plublique. Certes, la politique migratoire et le discours patriotique n'ont pas changé dans le fond. Mais l'âme du parti a radicalement changé de couleur, et cela va bien plus loin qu'un simple "virage à gauche". Dans cet article, nous mettons de côté toute la rhétorique de préférence nationale pour porter un regard nouveau sur les véritables vainqueurs des dernières élections.

 

Jean Marie VS Marine

Qu'est-ce qui a changé entre le FN de 2002 et celui d'aujourd'hui ?

Tous d'abord, parlons d'un sujet qui intéresse tous les contribuables : la fiscalité (à qui prend-on de l'argent ? combien en prend-on ? comment le redistribue-t-on ?).

Le programme fiscal du FN de 2002 est assez simple. Il prévoit de supprimer un certain nombre d'impôts, de taxes et prélèvements obligatoires (ISF, droit de succession etc.), réduire la fiscalité des entreprises, imposer une limite haute sur les prélèvements en s'alignant sur les moyennes européennes, annuler en grande partie les crédits publiques, et enfin, laisser le peuple se débrouiller par referendum lorsque un déséquilibre apparaît dans les budgets, que ce soit au niveau nationale ou locale.

Pour résumer, on prend moins, on redistribue moins, et démerdez-vous.

Qu'en est-il du programme d'aujourd'hui ? Je me suis permis de citer un petit passage du programme qui résume bien l'ensemble :

"La fiscalité doit devenir un outil au service de notre projet économique de redressement.

Elle sera mobilisée au bénéfice de la croissance économique, de l’emploi et de la justice, pour résorber les inégalités injustifiées. [...] Le principe de la progressivité de l’impôt, aujourd’hui totalement négligé dans les réformes fiscales, gouvernera l’ensemble des réformes entreprises."

Ainsi, l'impôt doit être simple, progressif et pour tout le monde. Ce qui aura pour conséquence que "les classes moyennes paieront moins l’impôt sur le revenu, mais les foyers très aisés le paieront davantage". De plus, la TVA servira de paramètre d'ajustement pour réduire les inégalités. Que ce soit pour les entreprises ou les particuliers, il y a une volonté affichée de réduire le nombre de prélèvements (en les fusinant, pas en les supprimant) et de les rendre tous progressifs. De plus, la gestion budgétaire des entreprises est directement soumise à l'influence de l'état par le biais de ces mêmes prélèvements progressifs au niveau du revenu du capital ainsi que des rémunérations élevées. En simplifiant le système fiscale au maximum et en ajustant les paramètres de cette fameuse "progressivité", l'état pilote d'une main forte le flux de redistribution de richesse de la nation entière. Il affiche également sans ambigüité la volonté d'orienter la consommation des ménages en créant des distordions importantes dans le calcul de la TVA. Tout cela est présenté clairement dans le programme, il ne s'agit pas d'extrapolation.

Pour résumer, on va prendre plus ou moins, redistribuer plus (au seul français bien entendu), et tout sera décidé au plus haut niveau de l'état.

Sur le point de la fiscalité, un virage à gauche a bel et bien eu lieu, mais est-ce bien le plus important ? Intéressons nous au rôle que doit jouer l'état dans la vie publique.

En 2002, le FN prévoit de recentrer l'état sur ses fonctions régaliennes. On trouve dans le programme des idées récurrentes telles que la "désétatisation du système français" ou encore la "décentralisation des compétences". Le parti propose "d'étendre le champ d’application du référendum sur toutes les grandes questions dites de société" et le droit à l'initiative du référendum suisse est présenté comme un exemple à suivre. Le parti souhaite clairement se déresponsabiliser sur un grand nombre de décisions.

Le FN d'aujourd'hui souhaite un état "fort" qui impose un encadrement strict et homogène sur l'ensemble du territoire. Un "état fort qui impose son autorité aux féodalités locales". Un état qui planifie stratégiquement la réindustrialisation sous la supervision direct du premier ministre. Un état fort qui encadre les taux d'intérêts et qui contrôle les prix de l'énergie et du transport. La notion d'était fort revient constamment. Soyons sportifs, le mot referendum intervient dans la partie "Refondation républicaine" du programme :

"Seul le référendum pourrait, à l’avenir, permettre de réformer la Constitution"

"Le référendum d’initiative populaire serait inscrit dans la Constitution et les conditions de son organisation seraient allégées..."

Toujours est-il que cette dernière proposition est en contradiction totale avec tout le reste du champs lexical.

Qu'en est-il du pouvoir attribué aux régions ?

En 2002 :

" Mettre en œuvre la vraie décentralisation : La France sera divisée en une trentaine de provinces, Elles [...] reprendront, pour l’essentiel, les compétences dévolues aux conseils généraux et régionaux actuels."

En 2014 :

" L’Etat fort qui impose son autorité aux féodalités locales : Transfert progressif à l’Etat des compétences relatives aux transports régionaux et à l’action économique".

 

Qu'en est-il du secteur de l'emploi ?

Le FN de 2002 souhaite que patrons et salariés négocient directement leur façon de travailler ensemble. Ils déterrent notamment ce bon vieux principe du "salaire direct". Dans le nouveau programme, on explique sans ambigüité que l'impôt et sa fameuse progressivité servira a influencer les politiques internes des entreprises. L'encadrement des taux et la notion "d'état stratège" sont des indices édifiants.

Concernant les retraites, le FN de 2002 souhaite que le citoyen Français ait le choix entre le régime général et un régime par capitalisation. Le choix également de l'âge de départ sans contraintes. Le FN d'aujourd'hui prévoit de conserver le système actuel et rééquilibrer le budget en taxant les revenus du capital.

 

Concernant l'euro, la position du nouveau FN est bien connue : il prévoir d'organiser avec les autres états nations d'Europe une sortie de l'euro pour un retour à un système exclusivement national. L'émission de monnaie doit être entièrement attribuée à la banque de France. Jean Marie était plus prudent sur le sujet. Il souhaitait également une sortie organisée de l'euro pour un retour à la monnaie nationale. "Ensuite, la monnaie nationale serait liée à un étalon monétaire constitué d'un panier or et autres métaux précieux", selon ses propos datant de 2009. L'ancien FN préconisait une monnaie basée sur des actifs tangibles qu'il est donc impossible d'émettre arbitrairement. Voila encore une différence fondamentale qui en dit long sur le changement de philosophie du parti.

 

La vraie différence

Qu'on se le dise une bonne fois pour toute, l'extrême droite est morte en France. Bien entendu ce changement de personnalité totale du patient a été diagnostiqué depuis longtemps par de nombreuses personnes mais il convient de remettre les choses au clair pour ceux qui voient un raz de marée d'extrême droite fascisante à l'horizon. De plus le véritable problème ne réside pas dans ce qui sépare la droite de la gauche. Pour mieux cerner les enjeux, prenons un peu de recul et dépassons le clivage traditionnel droite/gauche. Tentons de découvrir ce qui oppose réellement le père de sa fille au travers d'une proposition tout à fait symbolique du programme de 2002. Dans le chapitre 3 intitulé " institutions : restaurer l'état", section " Libérer les Français de toutes les oligarchies", on découvre la proposition 13 :

"Supprimer l’E.N.A".

Il est amusant de constater que l'ancien patron du FN déteste une école au point d'en proposer la disparition dans son programme. Ce qui est encore plus drôle, c'est de constater l'indiscutable vérité : celui qui a inspiré le nouveau FN et en a reformulé entièrement le programme est un énarque chevronné. Je parle bien entendu de F. Philippot.

Pourquoi J.M déteste-t-il tant l'ENA au risque de paraitre ridicule ? Que représente l'ENA ?

Comme son nom l'indique, il s'agit d'une école financée et administrée (indirectement) par l'état, qui forme de jeunes français a administrer le peuple (qui finance l'état). Autrement dit, le corps politique français se forme de lui même, il fonctionne en boucle fermée sur les bases d'une croyance vielle comme l'humanité : le culte de la planification centrale. Ce culte entretient la croyance qu'une population doit être administrée par un pouvoir central si l'on souhaite vivre pour le mieux dans le meilleur des monde possible. Ce culte fait fi de l'intelligence et de la raison, il endoctrine les plus brillants d'entre nous aussi facilement que les plus idiots. Il n'a pas vraiment de couleur politique, il touche les hommes de droite comme de gauche, les plus radins et égoïstes de la planète, au même titre que les esprits les plus ouverts, les plus généreux et les plus "bien pensants".

Or, malgré tous ses défauts, Jean-Marie n'était pas adepte de ce culte, et il déteste l'ENA pour ce qu'elle représente. Mais au fait, le nouveau programme du FN fait-il mention de l'ENA ? Et bien figurez vous que oui ! Dans le chapitre 1 : "Autorité de l'état", section 4 : "Fonction publique", on y trouve la proposition remarquable :

"L’Ecole Nationale d’Administration (ENA) veillera en particulier à recruter des hauts fonctionnaires patriotes."

A-t-on réellement besoin d'aller plus loin ?

 

Une religion très ancienne

Est-il pertinent de mettre des idées politiques au même niveau qu'une religion ?

Malgré tous les exemples d'horreur que l'histoire nous fourni, ces gens continuent de penser que le pouvoir doit être centralisé, les peuples administrés, les lois et les normes démultipliées à l'infini. Ce ne sont pas des idées politiques car celles-ci peuvent variées considérablement. Ce sont simplement des croyances parfaitement arbitraires qui échappent à tout raisonnement logique fondé sur l'étude de l'histoire et de la nature. Au même titre que les créationnistes continuent de croire que la terre a été créée il y a 10000 ans, les planificateurs centraux continuent de croire qu'ils savent mieux que vous ce qui est bon pour vous, et ce en dépit de toutes les preuves accumulées jusqu'à maintenant. Ces croyances transcendes de loin les clivages habituels droite/gauche. Ces croyants sont tellement nombreux qu'on ne peut pas parler de secte. Lorsqu'ils arrivent au pouvoir, les choses filent en sens unique : plus d'état, plus de lois, plus d'administrations, bref, plus de religion, pour tous.

l'ENA est le parfait séminaire pour les jeunes prêtres de cette religion en France. Un étudiant sortant de cette institution, aussi brillant soit-il, envisagera les solutions aux problèmes posés uniquement à travers le prisme de la réglementation et de la normalisation. Il est ancré dans ses croyances et prêche sont savoir faire dans la planification de la vie des autres. Qu'il soit de gauche ou de droite, radin ou généreux, cela importe peu.

Comme dans toute religion, on distingue différentes églises. Il y a le "front républicain" qui forme une seule et même méga-entité constituée de différents diocèses comme le PS, l'UMP, ou encore les verts. Ceux là vont volontairement léguer le contrôle de la monnaie et des institutions aux archevêques privées de la planification internationale. Cette église là est si puissante qu'elle a le pouvoir d'excommunier médiatiquement ses adversaires. Il vaut donc mieux être de son côté si l'on souhaite conserver le contrôle d'un diocèse.

Marine a fondé son église sur les cendres de l'extrême droite française. Personne ne peut nier que son programme ne laisse aucune ambigüité quant à son adoration pour le culte de la planification centrale. Il aura suffit d'un seul prêcheur sorti de l'ENA, le talentueux F. Philippot, pour convertir tout un parti de l'intérieur. C'est dire si l'ENA est une organisation efficace ! Et que doit penser notre bon vieux JM national ? Lui qui a déclaré au moment de la succession : "Politiquement, à quelques nuances près, elle a les mêmes opinions que moi". A quelques nuances près !! Ben voyons. Remarquez, le diable réside souvent dans les détails. Lui voulait faire interdire cette organisation tandis que Marine veut la renforcer. l'ENA est bien trop précieuse pour être interdite. Marine, c'est surtout les institutions européennes qu'elle ne peut pas voir en peinture, à telle point qu'elle propose dans son programme l'interdiction du drapeau européen sur les bâtiments publiques en France. Dans toute religion qui se respecte, les différentes factions mènent une guerre sans pitié en ignorant délibérément le fait qu'ils vénèrent le même dieu.

On entend souvent parler de la religion de l'euro. Le concept de religion me semble approprié mais son champs d'application dépasse de loin la monnaie unique.

 

Les véritables vainqueurs

Que faut-il voir dans la progression du FN et qui sont les véritables vainqueurs des dernières élections ?

Jean Marie était indiscutablement d'extrême droite, avec toutes les dérives que cela implique. Entre autre, il refuse de donner un penny aux étrangers et il est beaucoup moins partageur avec les plus pauvres. Ses positions sont de droites, extrêmes sur certains sujets et discutables. Néanmoins, il n'était pas un adepte au culte et le FN constituait en cela un réel parti d'opposition. Il existe bien sûr des partis non adepte au culte qui ont des idées plus progressistes que celles du FN. Et je constate qu'ils sont royalement ignorés par l'électorat français.

Ce message s'adresse donc à tous ceux qui votent FN (ou qui sont tenté de le faire) en réponse à la montée en puissance d'une Europe non souhaitée (ceux qui continuent à voter PS ou UMP sont probablement irrécupérables). Le FN, le PS, l'UMP, les verts, le front de gauche et l'union européenne ont tous le même culte, celui de la planification centrale. Ce que propose le FN est en substance la même chose que propose l'union Européenne sur une plus petite échelle et avec des rites différents.

Depuis le début de la crise, on assiste à un véritable raz de marée des fidèles au culte de la planification centrale qui sont les véritables vainqueurs de ces dernières élections. Il est grand temps que les hérétiques de gauche comme de droite fassent front commun contre ce fléau qui transpire les heures les plus sombres de toute l'histoire enseignée.

 

Conclusion

Quelles conclusions faut-il tirer de tout cela ?

Méfions nous !

Méfions nous des débats sur l'immigration, la théorie du genre et le mariage pour tous. Ils croient tous en une population homogène, le reste n'est qu'une question de gout.

Méfions nous des débats sur la souveraineté nationale et l'union européenne. Ils croient tous en un pouvoir centrale et fort, le reste n'est qu'une question d'échelle.

Méfions nous des débats sur l'euro et le retour au franc. Ils croient tous au contrôle de la monnaie. Il n'est pas réellement question du reste.

 

Sources :

http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/

http://programmepolitique.free.fr/fn_2002.html


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Réagissez à l'article

34 réactions à cet article    


  • scylax 31 mai 2014 15:21

    Enfin un article qui va à l’encontre de la bien pensance. Dire que l’UE est ultra-libérale est une farce. Un acteur économique, l’UE, qui en est à délivrer 25000 normes et directives à respecter par les entreprises est tout sauf ultra-libéral. Réglementer la hauteur de la première marche des escabeaux (je vous jure que c’est vrai) ressemble plutôt à l’économie administrée prônée de de Gaulle à Brejnev.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 31 mai 2014 16:49

      scylax,
      Il est peut-être utile de dire que les normes adoptées par l’ UE, sont celles qui facilitent le profit des multinationales au détriment de l’ intérêt général..

       Ce billet est sans objet, analyser le programme du FN n’a aucun intérêt, 80 % des Français n’en veulent pas à la tête du pays.


      • cerise cerise 31 mai 2014 19:10

        Fifi brin d’acier, ce n’est pas parce que 80% n’en veulent pas qu’il n’est pas inintéressant d’analyser, de connaitre ce que propose ce parti . les partis étant dans une telle déliquescence que certains ne savent plus vers qui se tourner (est on obligé de se tourner vers un parti ? )  et peuvent donc tenter rejoindre le fn ... au moins ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas . 


      • Martha 1er juin 2014 10:41

         @ Cerise,

         Comme le dit F.Asselineau : quand il y a un flou, il y a un loup !

         Ce parti, le FN, ne m’inspire aucune confiance. Qu’il commence par s’exprimer clairement et qu’il efface toutes les ambiguïtés. Ce n’est pas compliqué de faire des conférences de fond sur tous les points importants et de les publient par internet. Que tout le monde puisse les écouter. Qu’ils fassent connaître aussi par le même média leur « profession de foi », celle qu’ils ont inscrit au journal officiel.

         Le PS et l’UMP me paraissent anéantis. Le FN ferait bien de réfléchir à son avenir.


      • Martha 1er juin 2014 10:53

         PS. lire svp : ....et de les publier par internet.


      • Comte Vert 1er juin 2014 18:00

        Merci de prendre le temps de considérer mes positions en postant un commentaire. 


         « les normes adoptées par l’ UE, sont celles qui facilitent le profit des multinationales au détriment de l’ intérêt général »

        ça se discute !

         « Ce billet est sans objet, analyser le programme du FN n’a aucun intérêt, 80 % des Français n’en veulent pas à la tête du pays.  »

        Vous êtes sérieux ? Et les 20% restant vous en faites quoi exactement ?

      • scylax 1er juin 2014 18:24

        @fifi Brind...

        Relisez Friedmann et Hayek. L’ultra-libéralisme est contre toute norme, puisque selon eux (laissez faire, laissez aller) les normes s’imposent d’elles même sans accord ni intervention des Etats.

      • Ector Erlioz Ector Erlioz 2 juin 2014 13:00

        En fait Fifi a raison car 28 normes différentes ramenées à une seule labellisée « UE » ,c’est faciliter le travail des multinationales qui n’ont plus qu’à faire de lobbies que dans un parlement unique d’une part, puis écouler une marchandise standardisée pour 28.
        C’est pas trop dur à comprendre tout de même.
        L’ultra-libéralisme prend des formes souvent inattendues, toujours des formes appropriées à ses intérêts prioritaires.


      • Pere Plexe Pere Plexe 31 mai 2014 21:00

        Le Fn était ultralibéral ; il est devenu étatiste
        Le Fn était anti sémite ; il est devenu islamophobe
        Le Fn était anti système ; Il fait maintenant parti du système.
        Le Fn était anti élite ; il s’enorgueillit de recruter énarque haut diplomés et star médiatique.
        Le FN était machiste il est dirigé par une femme.

        Et certains prétendent sans rire « JMLP avait raison avant tout le monde »
         


        • Martha 1er juin 2014 10:50


           @ P.P.P.

           « Le FN était anti-système ; il fait maintenant parti du système »

           C’est bien là que se situe la première trahison à prévoir.
           Les médias ont fait focaliser les regards sur eux. Il doit bien y avoir une raison.

           Beaucoup ont utilisé le vote FN pour dire STOP, on ne veut plus de cette Europe-là ! Mais savaient-il de quoi est porteur le projet FN ?
           Ils ne vont pas tarder à le savoir.


        • scylax 1er juin 2014 20:17

          Très judicieux, à un détail près : Le FN n’est pas anti-musulman ? Il a des liens avec le Baath syrien notamment. Et le père Le Pen avait soutenu Saddam Hussein en 1991 à Bagdad, trahissant de ce fait la France et son armée. Jadis, on aurait collé contre un mur ce genre de salopard.


        • CASS. CASS. 2 juin 2014 12:36

          si être anti genre islamophobie wahhabites takfiristes de la saoudite/ de création english saxons winsordiens, qatar , bref émirats madin sionards , fournisseurs de terroristes etc etc , je trouve que c’est une bonne chose. Terroristes possédants des armes qui leurs sont fournis par un certain dit isra el par ex. parlons donc d’une certaine extréme droite la plus raciste qui soit dont la knesset est régie par la même loi que celle des nazis nazisme mis en place par les rothschilds and co , n’est - cepas


        • Remi 3 juin 2014 14:46

          CASS, prenez patience, tout va bien se passer. Déculottez-vous gentiment, la piqûre arrive.


        • Roule Raoul Roule Raoul 31 mai 2014 22:15

          Papier finement réalisé, fouillé et précis.

          Il y a en effet une sorte de culte au « centralisme (féodal ou étatique, peu importe) ».

          Je partage globalement vos méfiances, le FN n’étant plus le pire des soucis, c’est dire !

           


          • Remi 31 mai 2014 23:30

            Le FN est prêt à dire tout et son contraire. Ca n’a en tant que tel que peu d’intérêt.
            Ca s’appelle de la démagogie, il n’y a pas lieu d’en faire une analyse plus poussée que cela, mais de démonter les raisons pour lesquelles, comme dans l’entre-deux guerres, le Capital peut parfaitement choisir de promouvoir ce type de partis pour casse le « coût du travail ».


            • Spartacus Spartacus 1er juin 2014 10:06

              Le programme du FN était écrit par Gérard Longuet il y a 30 ans. Un libéral. 

              Aujourd’hui il est écrit par Phillippot un Enarque. Un Keynésien.

              Le FN est passé de nationaliste libéral a nationaliste socialiste. Il se distingue des partis socialistes par l’opposition à l’internationalisme des socialistes ou communistes, mais sur le fond ce n’est qu’un parti socialiste de plus.


              • Remi 1er juin 2014 18:29

                Les Nazis se disaient socialistes. Mussolini, comme Déat, furent socialistes.
                On a vu que, financés par Krupp, Thyssen, IG Farben, et tant d’autres, les Nazis et les fascistes, financés, eux, par la Cofindustria, et les grandes propriétaires fonciers, n’ont ni nationalisé, ni même mené une politique visant à écorner les profits du Capital. Ca s’appelle, au mieux, renvoi d’ascenseur. Devant la réalité historique, c’est une entreprise de mandat donné au fascisme par le Capital pour faire baisser le « coût du travail », comme disent les experts en économie qui causent dans le poste.

                Le FN, contrairement aux Nazis ne s’affirme pas socialiste.
                Il est parfaitement capable de le faire si ses maîtres lui en donnent la consigne. Mais il n’est pas sûr du tout que cela soit opportun pour plaire à la populace qui le soutient, et dont une partie constituera ses milices. La plupart des exploités ne comprennent en effet même pas qu’il se mène plus que jamais une lutte des classes, que le capital est « en train de gagner », selon W. Buffet lui-même. Ce n’était pas le cas au lendemain de la Révolution d’Octobre, et dans les années 1930.

                Je pense très franchement que

                1. Vous auriez intérêt, Spartacus, à vérifier le sens du mot « socialisme » .
                2. A ne pas prendre un Philippot ou un Le Pen pour des gens qui croient ce qu’il disent.


              • Spartacus Spartacus 1er juin 2014 19:02

                @remi

                Il y a des socialismes de natures différentes, mais cela reste du socialisme, même si les buts affichés sont officiellement différents.
                Le socialisme est une idéologie qui prétend en intervenant sur le marché libre réparer des « injustices » ou « œuvrer pour le bien commun ». 
                Cela revient a créer des droits différenciés, et une inégalité de traitement entre les individus, à l’inverse du capitalisme qui souhaite des droits identiques pour tous.
                Marine Le Pen affirme même tous les jours être anti-libérale. 
                La majorité des idées économiques de Le Pen répondent à cette définition de socialisme.

              • Remi 1er juin 2014 19:26

                Le capitalisme qui souhaite donner des droits identiques à tous, dites-vous.
                Mais vous êtes en forme olympique, ce soir !


              • Comte Vert 1er juin 2014 19:45

                Bonsoir Spartacus,


                Je vois que nous partageons les mêmes idées, merci pour vos commentaires. Vous l’avez sûrement constaté, le mot « socialiste » n’apparaît pas dans l’article et j’ai préféré le remplacer par l’expression « planificateur central » pour éviter toute confusion entre les socialistes qui font du social et les socialistes que vous et moi nous détestons, les fameux planificateurs (qui peuvent très bien être de droite). Personnellement, j’ai décidé de ne plus utiliser le mot « socialiste » pour ne pas vexer les gens qui partagent volontiers leur richesse (et qui se disent donc socialistes) mais qui n’aurait jamais l’idée farfelue d’imposer leur vision du vivre ensemble à tous le monde. 

                Des fois je me dis que c’est peine perdue d’argumenter sur le fait que l’europe qui nous construisons est tout sauf libérale, comme vous l’avez si bien dit. Ça fait vraiment plaisir de croiser des gens qui partage mes opinions sur ce média parce que nous ne sommes pas en majorité, loin de là.

                L’exemple de l’escabot est pas mal comme norme débile, moi je connaissais le rayon de courbure des courgettes, il faudrait faire une liste.

              • Comte Vert 1er juin 2014 19:55

                Rémi,


                Vous avez une dent contre le capitalisme. Vous confirmez ? Quand vous parlez des vrais maîtres du FN, pourriez vous être un peu plus précis ?
                Merci


              • Spartacus Spartacus 2 juin 2014 08:30

                @remi

                Ce qui est grave c’est que vous ignoriez cette information.
                Le capitalisme prône « la concurrence libre et non faussée » Tout le monde les sait.
                Non faussée cela entraîne obligatoirement les droits identiques pour tous.

              • Remi 2 juin 2014 10:32

                C’est vrai. Le renard libre dans le poulailler a les mêmes droits que la volaille libre.
                On voit bien que vous ; vous êtes instruit, Spartacus.


              • Spartacus Spartacus 3 juin 2014 08:57

                Oui mais dans ce monde on sait ce qu’est la dynamique du capital et les analyses de Schumpeter fonctionnent à fond.

                On a appris le ruissellement, que la richesse des uns amène la richesse pour les autres.
                 Qu’une inégalité partagée dans la liberté est préférable à la coercition directive et la pauvreté partagée.

              • Slavedelest 1er juin 2014 10:37
                Sondage : Êtes-vous d’accord avec la politique de Poutine ?

                http://www.pixule.com/233960530653_Etesvous-daccord-avec-politique-poutine.html

                • zygzornifle zygzornifle 1er juin 2014 17:30

                  le jambon beurre FN a gagné devant le Casher UMP suivi du Halal PS ......


                  • lsga lsga 1er juin 2014 17:37

                    un commentaire à la fois raciste et stupide, bravo !


                  • Remi 1er juin 2014 20:00

                    Stupide, assurément.
                    Raciste, non.


                  • zygzornifle zygzornifle 2 juin 2014 08:19

                    Désolé mon commentaire est réaliste.....


                  • zygzornifle zygzornifle 2 juin 2014 08:32

                    certains disent que je suis raciste ?

                    je ne déteste pas les étranger alors je ne suis pas raciste mais je ne les aimes pas non plus alors je suis raciste ? .....

                  • Remi 1er juin 2014 20:06

                    Je n’ai pas « une dent » contre le capitalisme.
                    Je combats le capitalisme.
                    L’histoire prouve que les fascismes sont arrivés au pouvoir par la volonté du Capital. Cette volonté s’exprime en particulier par son financement, qui est notoire dans les cas italien et allemand, mais pas seulement.

                    Je pense que nous sommes en phase de transition. Le Capital conçooit la carte lepéniste comme une alternative, afin de garantir ses profits, de manière autoritaire, sinon de type franchement fasciste. Mais le Capital n’exclut rien. Et la genèse de la boutique Le Pen démontre que tout est envisageable, surtout si les pays voisins suivent des voies analogues, ce qui se dessine tout de même de plus en plus clairement. 


                    • Comte Vert 2 juin 2014 11:33

                      Remi,


                      Je vous encourage fortement à publier un article précis et développé sur ce que vous appelez la volonté du Capital. N’y voyez rien d’ironique là dedans, c’est juste que j’aimerais mieux comprendre votre point de vue qui est à l’opposé du mien.


                    • Remi 3 juin 2014 14:17

                      Il faudrait pour cela que la « modération » cesse de censurer mes articles, Comte.


                    • Remi 3 juin 2014 14:39

                      « Oui mais dans ce monde on sait ce qu’est la dynamique du capital »

                      Non. Dans ce monde, bien des larbins et des exploités ne le savent pas, et prennent la défense de leurs maîtres.

                      "et les analyses de Schumpeter fonctionnent à fond.

                      On a appris le ruissellement, que la richesse des uns amène la richesse pour les autres« .

                      Allons, le catéchisme libéral et patronal, ça va un moment, il y a les médias du Capital pour ça.

                      Je m’autorise une petite mise en perspective.

                      Deux hypothèses éventuellement complémentaires peuvent peut-être justifier votre liturgie :

                      1) Vous êtes rentier ET moraliste (la plupart le sont, souvent de manière extrêmement virulente ) . Il est alors indispensable pour justifier l’aisance que vous procure l’exploitation d’autrui d’expliquer que l’exploité bénéficie de la bonté de l’exploiteur.

                      2) Vous êtes ou fûtes un salarié, peut-être bien un petit chef qui a monté. Vous avez goulûment bu le ruissellement que vos maîtres ont eu la bonté de laisser s’épancher. En remerciement, vous épousez la cause de vos maîtres, dont vous ne mesurez probablement l’intensité de leur mépris à votre endroit. Vous voyez le monde à travers votre petit bout de la lorgnette, celui de votre relative réussite, et n’êtes probablement pas loin de vilipender ceux qui n’auront pas eu votre propension à

                      se soumettre à vos maîtres, et dont le chômage intervient comme une juste sanction de leur mauvais esprit rétif à Schumpeter. 

                        »Qu’une inégalité partagée dans la liberté est préférable à la coercition directive et la pauvreté partagée".

                      Libre, vous, Spartacus ?!

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