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Euthanasie : Une question qui les dérange …

Quelques heures de Printemps

Vidéo BA :

Quelques instants et l'éternité.

Ils n'ont pas de mots, ils sont enfermés dans leur silence, le fils qui a pris un mauvais virage, la mère qui est dans son dernier voyage. La prison, la solitude, la maladie, la détresse sont autant de murs contre lesquels ils ne font que se cogner. Seul le chien a droit à ce peu de tendresse qu'ils s'interdisent mutuellement. Une chape de silence, un bloc d'angoisse qui habite une relation impossible, un indicible de plomb !

Comment dire en quelques mots la puissance d'un film sans dialogue ou presque ? Comment rendre compte d'une oppression magnifique qui cloue le spectateur à ce quotidien poisseux ? Il faut prendre ce film à bras le corps, il faut aller jusqu'au bout de ce parcours silencieux qui conduit au dernier voyage, celui où tout sera dit pour l'éternité !

Car derrière ce face à face, dos à dos, va s'achever sur une question de société, un choix personnel si important, refusé en France par lâcheté des élus devant les oukases de quelques groupes de pression. La liberté individuelle n'est rien quand les intérêts électoraux sont en jeu, notre démocratie est malade des lobbies, de son système de clientélisme absurde qui interdit toute décision courageuse.

La toile de fond du film « Quelques instants de printemps ! » c'est le droit de mourir dans la dignité, la possibilité de choisir sa mort. On peut parler d'euthanasie, d'assistance au départ, d'accompagnement final, mais il vaut mieux ne pas le faire en France. La fin de vie est sujet tabou, les groupes de pression sont vent debout contre toute évolution.

J'ai bien quelques explications. Notre société libérale est si mal en point qu'elle cherche partout des gisements de ressources. La vieillesse et ses dépendances multiples sont une mine à bénéfices pour des organismes sans scrupules, de bien peu de foi mais défendue bec et ongles par la loi. Car en France, le parlement est aux mains des détrousseurs d'honnêtes gens.

Combien de médecins sous les lambris de notre république de notables ? Ils défendent une corporation qui fait commerce de l'agonie et a si peu à gagner sur la mort anticipée ? Une perte sèche insupportable à nos détrousseurs de fin de vie. Les structures ne cessent de se monter pour faire du fric sur la dépendance, sur la souffrance, sur les soins palliatifs. Faire durer pour presser un peu plus le citron de la sécurité sociale et faire rendre gorge et pognon aux mourants qu'on prolonge.

Voilà la véritable raison qui permet de repousser sans cesse ce débat indispensable. A cela s'ajoute encore quelques bonnes consciences catholiques et le tour est joué. L'euthanasie ne se fera pas dans l'hexagone. Ceux qui peuvent se payer le dernier voyage, iront en Suisse, comme dans ce film, pour ne pas connaître le risque d'une dénonciation au royaume de l'hypocrisie.

Car, n'en doutons pas, des braves gens font le geste nécessaire quand la douleur est trop forte, quand l'insupportable est dépassé depuis trop longtemps. Mais il suffit alors d'une jalousie, d'un mot de trop, d'une délation qui tombe à point nommé, d'un besoin d'exemple pour qu'une infirmière ou plus rarement un médecin, soient offerts en pâture à notre justice sélective.

Comment faire avancer vraiment tous ces sujets de société bloqués par des conflits d'intérêts, des groupes de pression, des hypocrisies honteuses qui verrouillent notre pays ? Il semble de plus en plus clair que notre pseudo démocratie représentative est incapable de répondre aux besoins réels de réflexion et de législation.

Le bipartisme encourage cette main mise des lobbies sur les instances de la nation. La République est à reconstruire, la démocratie ne s'exprime plus au travers de votes qui vont toujours vers les représentants de la bourgeoisie, qu'elle soit d'une gauche trop raisonnable ou d'une droite pas toujours supportable. Euthanasions au plus vite cette cinquième constitution à l'agonie. Que le peuple cesse enfin d'être privé de voix !

Piqurement leur.




par C’est Nabum (son site) jeudi 27 septembre 2012 - 18 réactions
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  • Par CHIMERE (---.---.---.164) 27 septembre 2012 12:22

    @ l’auteur,


    Votre compassion est touchante et je n’en doute pas,également sincère.

    Seulement,vous réagissez à un film,et à la lecture de votre article,je devine une profonde méconnaissance du sujet en dehors du pâle reflet que vous en retirez du traitement médiatique.

    Laissez moi vous expliquer :

    Je suis infirmier diplômé d’état depuis 1985 .

    Je suis d’éducation catholique mais athée « de naissance ».

    Dans les années 80/90,avant la création des unités de soins palliatifs et la loi Léonetti, nous,les « soignants » (j’y inclue également les médecins) étions dépourvus face à la fin de vie.

    Je travaillais alors pour un service d’oncologie médicale qui était en fait une grande salle d’embarquement pour l’au delà.

    Ces services étaient rares à cette époque,et complètement illégaux tout comme précurseurs.

    Ne vous leurrez pas,l’euthanasie a toujours existé et existe encore dans les institutions de soins.

    J’ai,moi même,à de (trop) nombreuses reprises,administré ce que l’on appelait alors des « cocktails lytiques » (les connaisseurs se reconnaîtront dans ce terme et mon expérience).

    Je peux me permettre de l’affirmer aujourd’hui,il y a prescription,et je suis (relativement) protégé par le (très relatif) anonymat de l’internet.

    C’est un geste que je me suis alors juré de ne plus jamais reproduire.

    Ce sont les choses les plus difficiles que je n’ai jamais faites de ma vie.

    Je ne vous conseille pas d’en faire l’expérience par vous même,mais tuer quelqu’un n’est pas chose facile.

    Aujourd’hui,il existe un cadre réglementaire qui permet d’assurer la dignité dans la fin de la vie,à condition que l’on donne les moyens aux soignants et aux centres investis de cette très lourde mission ( les équipes des « soins palliatifs ») de faire correctement leur travail.

    Ce cadre n’est peut être pas parfait,mais il a le mérite d’assurer la protection des gens en fin de vie contre des abus familiaux ou institutionnels qui ne manqueraient pas de se manifester dans une loi sur l’euthanasie.

    Lorsque vous écrivez :

    « Les structures ne cessent de se monter pour faire du fric sur la dépendance, sur la souffrance, sur les soins palliatifs. Faire durer pour presser un peu plus le citron de la sécurité sociale et faire rendre gorge et pognon aux mourants qu’on prolonge »

    non seulement vous affichez votre propre ignorance,mais vous insultez tous ces professionnels qui s’investissent dans cette pratique de soins.

    Je ne vous reproche pas votre méconnaissance sur ce sujet si douloureux.

    Je vous conseillerais simplement,avant d’écrire ce que l’on peut qualifier de n’importe quoi,d’aller proposer vos services en tant que bénévole auprès d’associations de visiteurs de malades et d’approcher la mort,non pas au travers du cinéma,ni des « médias »,mais en vrai.

    De la toucher avec vos mains.

    Et je prends le pari ce jour que vous en revendrez,vous aussi,bouleversé.

    Nous pourrons alors en parler plus sereinement.



     

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