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Accueil du site > Actualités > Politique > Existe-t-il un plan « anti-vieux » ?

Existe-t-il un plan « anti-vieux » ?

Entre fantasmes (sondage récent SOFRES déclarant que les Français ont une mauvaise image des maisons de retraite) et réalité (officielle), quelle est la part de vérité ? Un livre intitulé « On tue les vieux » est paru en novembre 2006. Un autre, « On achève bien les vieux » l’a suivi de peu. Et, à présent, ce sondage inquiétant. Qu’en est-il réellement ?

Rappelons les enjeux :

Un "tsunami démographique" nous menace tous. Le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans est appelé à doubler entre 2005 et 2020. D’ici à 2019, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait croître de 20 %. Vous me direz : "Oui, mais c’est prévu, nos politiques s’en occupent !" Pas si sûr... Lors de la campagne présidentielle, un collectif d’associations et d’organismes a posé douze questions à tous les candidats et demandé une rencontre en direct. Aucun candidat n’a donné suite à cette dernière demande et seulement six candidats ont donné une réponse suffisamment étoffée et acceptable : Bayrou, Besancenot, Buffet, Royal. (Sarkozy a bâclé une réponse en toute dernière minute). Claude Evin, député socialiste et président de la Fédération hospitalière de France critique le "plan solidarité grand âge" créé en juin 2006 : selon lui, les moyens sont largement insuffisants et devraient être doublés.

Quels sont les reproches formulés ?

Le livre "On tue les vieux" est sorti fin 2006. Ses auteurs sont des professionnels de renom, dont Jacques Soubeyrand, professeur de gériatrie à Marseille et Christophe Fernandez, président de l’AFPAP (association française de protection et d’assistance aux personnes âgées). Que dit-il ? On tue les vieux mais pas uniquement en France, on les tue partout, ce serait international. L’Internationale du crime de vieux en somme. Un documentaire de 90 minutes paru sur Canal Plus le 15 septembre 2003, "Le Business des mouroirs", montrait des scènes qui avaient de quoi épouvanter tout téléspectateur : un résident presque nu abandonné sur un fauteuil, sonnettes d’urgence inaccessibles, malades d’Alzheimer pataugeant dans l’urine des couloirs, etc. Le livre cite une enquête de la revue "Sciences et Avenir" (numéro spécial février 2003) qui montre que plus on est vieux et plus on attend longtemps dans les salles d’attente des services d’urgence. Comptez sur un délai de 8 à 10 heures si vous avez plus de 65 ans ! Une autre enquête, celle d’un organisme officiel cette fois - la DREES - le confirme (Etudes et Résultats n° 212 janvier 2003). La prise en charge de la douleur chez nos vieux en maison de retraite est très négligée. C’est un rapport officiel qui l’affirme ("L’évaluation et la prise en charge de la douleur chez les personnes âgées ayant des troubles de la communication verbale", Assemblée nationale, rapport d’information n°1708 du 30 juin 2004).

Les Français ayant répondu au sondage SOFRES ont confirmé en partie ces griefs, ajoutant le coût à leur sens trop élevé des séjours, le manque de places, la maltraitance. Voyons ce qu’il en est...

Les griefs sont-ils vraiment fondés ?

Des efforts immenses ont été réalisés ces dernières années : transformation des hospices, mise aux normes de toutes les catégories d’établissements, création de la prestation dépendance (PSD puis APA)... Les PUV (petites unités de vie), particulièrement adaptées au milieu rural, ont vu leur nombre augmenter considérablement. Il s’agit d’une formule intermédiaire entre le maintien à domicile et l’hébergement en établissement. La loi du 2 janvier 2002 a rénové l’action sociale et médico-sociale en garantissant les droits des usagers des maisons de retraite : respect de la dignité, confidentialité (etc), le tout assorti d’instruments permettant d’assurer l’effectivité de la mise en oeuvre de ces droits, dont le "livret d’accueil" et une série de recommandations officielles dans la charte des établissements signataires de la "convention tripartite". Tout établissement est désormais soumis à l’obligation de se doter d’un médecin coordonnateur qui a pour mission, entre autres, de veiller à l’application des bonnes pratiques gériatriques et d’évaluer la qualité de soins.

Mais le sondage est sévère. Il est vrai que l’hécatombe due à l’absence de dispositif anti-canicule a marqué les esprits. Il est exact aussi que si les maisons de retraite comptent aujourd’hui 610 000 pensionnaires, il faudra deux fois plus de places dans quinze ans ! A condition que les moyens suivent, ou plus exactement anticipent, précèdent le phénomène de vieillissement et de dépendance de la population. Car le constat pour le moment est dur : le taux d’équipement des établissements d’accueil des personnes âgées était estimé en 2005 à 140 pour 1000 personnes âgées de plus de 75 ans, soit une diminution de 26 points par rapport à 1996. (DREES Etude et Résultats, n° 379, février 2005). Si nous sommes déjà en déficit de places, comment donc pouvons-nous prétendre satisfaire une demande toujours croissante ?

Deux plans ont été établis :

Le plan "Solidarité grand âge" (2007 - 2012) :

On remarquera la concordance des dates avec les présidentielles. Souhaitons que cela incitera les prochains candidats à se montrer plus sérieux dans leurs propositions et programmes. Le ministre Philippe Bas qui a détaillé ce plan l’a présenté comme "très ambitieux". Ce n’est pas ce que dit Claude Evin (voir plus haut). Le ministre dit "inventer la maison de retraite de demain" par une ouverture plus large sur l’environnement, en transformant les maisons de retraite en plates-formes d’offres de services diversifiés orientés vers le domicile. Il promet une augmentation progressive du taux d’encadrement médical, la baisse du prix grâce à des subventions lourdes. Il annonce aussi la création d’une filière gériatrique dans les hôpitaux pour que les vieux n’aient plus à passer par les services d’urgences.

Le plan contre la maltraitance :

Le même ministre a annoncé en mars son plan de lutte et de prévention contre la maltraitance et de promotion de la "bientraitance" (terme à la mode appliqué aussi dans le domaine de la protection de l’enfance). Une agence nationale d’évaluation des établissements a été créée à cette fin. Les Français ont-ils alors raison de s’inquiéter de maltraitance de leurs aînés placés ? Pas vraiment. En janvier 2002, un rapport du professeur Michel Debout, membre du Conseil économique et social, alertait le ministère qui d’ailleurs prescrit aussitôt des mesures aux DDASS. Et par arrêté du 16 novembre 2002 était institué le Comité national de vigilance et de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. L’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) fit un rapport sur le dispositif de lutte contre la maltraitance des personnes âgées et des handicapés et mit en avant un certain nombre d’obstacles dans le traitement des plaintes ainsi que la confusion des compétences entre l’Etat et les départements, l’absence de coordination entre la justice et les affaires sociales.

Je conclurai là-dessus. Il y a urgence de clarifier les rôles des collectivités et organismes et de discuter de la question des maisons de retaite et de la dépendance sous forme d’une conférence nationale (puisque le sujet a été escamoté lors des rares débats de cette présidentielle-spectacle). D’autre part, une chose est d’élaborer des plans, une autre est de s’assurer qu’il seront financés et qu’ils sont efficaces. Faute de moyens suffisants, tous les plans risquent de n’en faire plus qu’un seul : un plan anti-vieux !

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45 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 16 mai 2007 11:17

    « Seul un pays authentiquement moderne était capable de traiter les vieillards comme de purs déchets. » (Michel Houellebecq, La possibilité d’une île), citation reprise en exergue dans le livre « On tue les vieux »


    • nessoux 16 mai 2007 11:33

      @L’auteur

      Vous appuyez votre article sur des sondages, des déclarations d’intentions de personnalités, livres ou reportages télés... c’est bien mais à mon sens insuffisant.

      Pour bien capter la réalité des choses, allez vous même dans un des ces « hospices » qui sont rarement hospitaliers... vous en sortirez changé et cela donnerais une dimension humaine qui fait défaut à votre article. Vous vous surprendriez à prier, même si vous n’êtes pas croyant, pour ne jamais vous retrouver dans un de ces mourroirs.


      • jak 16 mai 2007 12:43

        Les électeurs de miss Ségolène veulent les supprimés, car non seulement ils gênent, mais votent a 75% Sarkosy, reste a trier le bon grain de l’ivraie, a savoir les 25% dont il serait bon de s’occuper.


        • Forest Ent Forest Ent 17 mai 2007 04:43

          Plus que 74% à identifier. smiley


        • La Taverne des Poètes 16 mai 2007 13:27

          A l’occasion de la parution du numéro 100 de la revue « le mensuel de la maison de retraite » (revue professionnelle), je reprends quelques propos intéressants consignés dans ce numéro :

          - Philippe Coste, un des pionners de la réforme de la tarification (commencée en 1994), et directeur de la DDASS de Paris, fait remarquer que « ceux qui se souviennent de ce qu’était la prise en charge des personnes âgées avant la réforme ne peuvent que mesurer l’ampleur du chemin parcouru. »

          - L’AGGIR (grille d’évaluation employée pour mesurer la dépendance de façon détaillée) et le logiciel PATHOS pour les maisons de retraite (qui en est le pendant en quelque sorte) ont permis de prendre en compte la dépendance.

          - L’émergence des goupes privés sur le marché des maisons de retraite (des maisons de retraites sont cotées en Bourse), peut être vue soit comme un gage de qualité soit comme une marchandisation de l’action sociale.

          - Il y a eu en France un « avant » et un « après » canicule.

          - La création de la CNSA : il s’agit de la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, créée suite à la canicule et financée par le lundi de Pentecôte.

          Pour le reste, la revue relève les points déjà signalés dans mon artcile : le médecin coordonnateur...


          • LE CHAT LE CHAT 16 mai 2007 15:03

            franchement , le geste de Raffarin tendant un verre d’eau a renforcé l’adhésion du 4eme âge au sarkozisme ...... Si il fait installer des fontaines dans tous les hospices , la gauche est foutue smiley


            • La Taverne des Poètes 16 mai 2007 15:28

              Le chat, votre humour est ici limite mauvais goût : pensez aux nombreuses vies sauvées, enfin prolongées, grâce à cette mesure.


            • LE CHAT LE CHAT 16 mai 2007 15:36

              salut mon pouet , est ce le sacre de pipole 1er qui te rend si morose .J’espère que tu vas pas te mettre aussi à seconder D.W dans la traque des lèse majesté smiley


            • prgrokrouk 16 mai 2007 15:15

              Je rappelle « pour mémoire » un récent article publié sur AgoraVox « Sarkozy » : l’idole des vieux«  ». Sans y toucher, on y cherchait la disqualification des « vieux »... sous prétexte de leur recherche de sécurité.

              Je rapporte une de mes interventions sur le fil de cette discussion, le 1er mai 2007 à 22H03 car on finissait par affirmer la légitimité de votes Ségolénistes de la part de travailleurs, artisans. Je répondais :

              « Léon Blum et le Front Populaire avaient ton électorat légitimement et ont crée les congés payés. Mais c’était à une époque différente avec des problèmes différents. Ici, la seule mention positive des »vieux« attire des »moins« ... et je ne sais quels amalgames. C’est tout dire, vu un certain été, pas si loin que ça... »

              Permettez donc que je doute quelquefois de l’inspiration des émetteurs de posts. Un coup ils suivent ici... un coup par là... (et des « notes »... etc !)

              Et donc, j’aborde fe fond : il faut surtout EVITER de développer tout ce qui discrédite la personne âgée : tout particulièrement l’autorité qui s’est développée contre l’autonomie par les abus des CCAS et autres institutions médico-sociales truffées de payés-à-rien-foutre administratifs cherchant à s’imposer à tout prix... incapables de ramasser une crotte (de chat) ni de vider une corbeille dans les Palais administratifs...

              En tout cas, le statut de l’entourage familial et amical d’une personne dépendante DOIT être REVALORISE face aux abus.

              Les « intervenants » n’ont AUCUN BESOIN D’ENCADREMENT administratif : il faut juste un dispatching, et pondéré : de sorte que CEUX QUI TRAVAILLENT SOIENT CEUX QUI SONT PAYES !!!

              Tout ce qui transforme un être humain en bétail... ne vaut RIEN !


                • prgrokrouk 16 mai 2007 16:08

                  C’est toujours ça, des circulaires...

                  On a téléphoné depuis la Mairie, chez une amie pour lui demander, l’été dernier, si elle avait besoin de quelque chose...

                  ... elle a eu la présence d’esprit de dire qu’elle aimerait bien avoir un vaporisateur...

                   !!!

                  ... Notez donc « moins » ce post !!!


                  • L'enfoiré L’enfoiré 16 mai 2007 16:19

                    @L’auteur,

                    Sujet que j’aime pour remettre les pendules à l’heure. La question de 2007 : « Qu’est-ce qu’un vieux ». J’avais eu ici même l’occasion de prouver le besoin commun (URL).

                    J’ai donné mon avis à un ami sous cette forme :

                    Il y a les dinosaures en bas d’échelle qu’il faut éliminer. Il y a les dinosaures du middle ware, pardon, middle world qu’il faut déplacer. Il y a les dinosaures du haut du pavé qui n’ont jamais vu que vers le haut dans l’espoir, mais sans espérance, de voir leur société grandir, qu’il faut gratifier.

                    Tous les groupes de ces gentilles bestioles restent des « dinosaures » à part entière aux yeux de certains qui manquent de lunettes.

                    Dans les temps préhistoriques, les hommes laissaient leurs vieux derrière eux, il fallait progresser dans la transhumance pour assurer la pitance du groupe des plus vivants.

                    Les cimetières d’éléphant cela n’existe pas. Même, eux restent très longtemps auprès de leurs mourants, intincitvement. smiley


                    • Battement d’elle 16 mai 2007 17:58

                      ’’Les Français ont-ils alors raison de s’inquiéter de maltraitance de leurs aînés placés ? ’’

                      Ce genre de question m’horripile !

                      Moi, j’ai envie de poser une autre question : pourquoi certains français se débarrassent-ils de leurs parents ou grand-parents en les ’’plaçant" dans des maisons de retraite ?


                      • L'enfoiré L’enfoiré 16 mai 2007 18:13

                        Comment veux-tu faire autrement. IL faut faire des heures sup. C’est dit. Pas d’alternatives si tu veux manger un peu mieux que la masse. Voilà une des grandes contradictions sarkoziennes. Travailler plus et s’occuper de tout en m^me temps. Etre puni si les enfants tournent mal.... !

                        Je ne sais si les homes sont des mouroirs en France, mais ici, ce n’est plus le cas. Il y en a des 5 étoiles où la personne âgée peut sortir et faire autre chose que de regarder la télé.


                      • IP115 17 mai 2007 00:48

                        Et dire que ce sont des modérateurs comme ce « enfoiré » (qui porte bien son nom) qui décident de la publication ou pas d’un article. Pas étonnant que la UNE ait été longtemps couverte d’article anti-sarko !

                        En attendant si les plus de 60 ans ont voté massivement pour sarko c’est qu’ils faisaient un peu plus confiance à sarko qu’à madame « on verra après les élection » (version Royaliste du célèbre « demain on rase gratis ») pour protéger leurs intérêts (je ne sais pourquoi mais je sens qu’on va encore me parler de manipulation) !

                        A moins que tu ne considères aussi que les + de 60 ans soient assez débiles pour voter contre leur intérêt !

                        PS : je vais me l’enregistrer ce post parce que je ne sais pas pourquoi mais je sens qu’il risque d’être censuré ... smiley


                      • prgrokrouk 17 mai 2007 14:32

                        @IP115 Eh oui... et bientôt, il faudra changer les couches. A l’oeil.


                      • ka 17 mai 2007 15:45

                        « pourquoi certains français se débarrassent-ils de leurs parents ou grand-parents en les ’’plaçant » dans des maisons de retraite ?"

                        Bonne question.

                        Peut-être parce qu’ils ont tendance à oublier qu’ils étaient tout aussi dépendants que leurs aînés depuis leur naissance jusqu’à un âge avancé pour certains. Quand on voit son gosse pleurer parce qu’il a faim, froid, chaud, qu’il n’est pas confortablement installé, qu’il a mal ou qu’il a besoin d’être changé on ne peut pas résister on s’exécute, mais quand il s’agit d’un vieux ya comme un malaise même quand il s’agit de nos propres parents. Peut-être que la société moderne est une société du tout confort et du « j’me débarasse de ce qui m’ennuie » où l’individualisme est roi. Peut-être qu’il faudrait un peu plus s’inspirer des sociétés où l’on respecte ses aînés et où ceux-ci sont considérés comme une richesse et pas comme un boulet, des sociétés où l’on se souvient que l’on est redevable à nos parents et grands-parents, où on est moins ingrat.

                        Certaines personnes ont un pincement au coeur quand ils mettent leurs parents en maison de retraite, c’est normal parce qu’ils se doutent que leurs parents seront malheureux et donc quelque part ils se sentent coupables de les abandonner. Mais en même temps ils ne les entendront pas se plaindre et de toute façon leur présence à leurs côtés n’est qu’un rappel constant qu’un jour se sera leur tour, dans 10, 20, 30 ou 40 ans ? Peu importe c’est bientôt, et c’est insupportable.

                        On a peur de vieillir parce qu’on a peur de mourir et tout ce qui peut nous rapeller cette fin : les rides, les cheveux blancs et les vieux on ne veut pas les voir, on se ment jusqu’à ce que notre mensonge nous rattrappe un jour parce que le corps lui ne suit plus. Si l’on acceptait les règles du jeu de la vie on vivrait peut-être plus en harmonie avec les différentes générations.


                      • moebius 16 mai 2007 20:36

                        Les français ont une trés mauvaise image du cimetierre. Le lobby des croques mort est triste


                        • moebius 16 mai 2007 20:36

                          Les français ont une trés mauvaise image du cimetierre. Le lobby des croques mort est triste


                          • calamity 16 mai 2007 21:58

                            Où va le fric du lundi de Pentecôte ?

                            OU ?

                            Je vois pas de transparence ni de discours là-dessus.

                            Je veux bien bosser un jour de plus (quoique je préfèrerais payer un IMPOT*), mais il faut que l’on nous rende des comptes.

                            * Gros mot qui n’a plus plus cours à compter d’aujourd’hui. Pardon pour ce langage tout à fait outrageant. Désolée Johnny..


                            • JL JL 17 mai 2007 13:47

                              Impôts ne sera peut-être qu’un mauvais souvenir, mais Taxes, ça a de l’avenir ! Et comme ces taxes serviront de plus en plus à nous entuber, on pourra appeler ça du racket.

                              PS : j’entends que les heures sup vont être, non seulement exonérées de charges (c’était prévu), mais défiscalisées ! La suppression des impôts ça commence comme ça : il n’y a pas de raison de ne pas « noircir » tous les revenus. Comme ça on règlera du même coup le pb du travail au noir. C’est pas beau ça ?

                              nb. C’est toujours difficile d’attaquer les baisse d’impôts, coincés qu’on est par les accusations des sarkobéats entre d’une part d’être des nécessiteux et d’autre part de ne pas s’aimer soi-même. Les cons !

                              nb. Les impôts sur la fortune, pour quelqu’un de riche par rapport au celui qui perçoit un revenu médian et qui possède une fortune médiane, ne représentent même pas le montant des impôts locaux moyens payés par ce même individu de base !


                            • Forest Ent Forest Ent 17 mai 2007 04:50

                              Voui. Enfin d’un autre côté, les revenus et patrimoines des retraités sont historiquement exceptionnellement élevés (en moyenne) aujourd’hui. Ils sont même supérieurs à ceux des actifs, alors que c’était l’inverse il n’y a pas si longtemps (20 ans ?). Avec les progrès (et les dépenses collectives) de santé publique, ils vivent par ailleurs plus longtemps en meilleure santé.

                              Toute l’ambigüité de la « réforme Fillon » a été de ne pas choisir comment on allait financer tout ça : sur les revenus du capital, du travail ou bien en diminuant les prestations ?

                              En tout cas, une certitude : on meurt toujours un jour.


                              • Boileau419 Boileau419 17 mai 2007 05:05

                                Ce que dit « l’enfoiré » sur les contradictions de Sarko est parfaitement juste.

                                Tout ça n’arriverait pas si l’individualisme ne nous poussait pas à tout isoler et diviser. Les personnes âgées doivent être accueillies par leurs enfants.

                                Enfin, c’est la responsabilité de tout jeune et adulte de veiller à sa santé mentale et physique pour ne pas devenir « débile » au soir de sa vie. Il y a dans notre société trop d’irresponsables qui mènent une vie malsaine.


                                • prgrokrouk 17 mai 2007 14:34

                                  Bien sûr ! Mais si tu associes ton propos et son accueil, tu comprendras où tu es tombé...


                                • JL JL 17 mai 2007 13:31

                                  àIP115 : les contradictions de Sarko ? ou celles de ses électeurs, dont le malin a su jouer ?

                                  En effet, si l’on « travaille plus » on n’a pas le temps de s’occuper des gosses, alors les vieux ...

                                  Si l’on ne travaille pas, on n’a pas d’argent pour le faire !

                                  Mais c’est Sarko qui sait, hein ! On lui fait confiance.


                                  • JL JL 17 mai 2007 13:33

                                    Ce commentaire s’adressait à Boileau


                                  • JL JL 17 mai 2007 13:57

                                    Pardon pour l’auteur, de troller ainsi son article.

                                    Article sur lequel je n’ai pas beaucoup accroché, du reste. A part ça je puis y apporter mon témoignage : Les socialistes avaient complètement déconné sur l’APA (ou la PSD, je mélange) qui était versée aux familles. Je dois reconnaître que la droite a bien rétabli les choses en modulant le tarif en proportion du handicap, et ceci en définitive pour le plus grand bien des pensionnaires dépendants.


                                  • JL JL 17 mai 2007 14:07

                                    Le tarif de l’hébergement j’entends. Précisons : le système PS consistait à verser l’aide au handicap, directement aux établissements. Mais comme le tarif d’hébergement était le même quelque fut le handicap, les pensionnaires handicapés payaient moins de leurs deniers, bien que représentant une charge plus lourde pour le personnel.

                                    Le système actuel, beaucoup plus juste, consiste à verser l’aide due au titre du handicap, au pensionnaire, et celui-ci paie un surcoût égal à l’aide qu’il a perçu. Ainsi, il y a équité et transparence.


                                  • La Taverne des Poètes 17 mai 2007 15:29

                                    Personnellemet je ne jetterai pas plus la pierre à la gauche qu’à la droite car celle-ci avait créé l’allocation compensatrice pour tierce personne en 1975-76 et on sait les considérables abus que cette allocation a créés : les bénéficiaires âgés la demandaient comme supplément de revenus et l’utilisaient très souvent à des fins totatement étrangères au but défini (payer un tierce personne). Un gaspillage gigantesque aux frais des contribuables, un détournement même avec la complicité des élus locaux qui par clientélisme électoral conseillaient aux personnes âgées de demander cette allocation... Ce fut le mérite de la PSD de mettre de l’ordre en établissant un plan d’aide chiffré et détaillé et en contrôlant l’utilisation des sommes versées.


                                  • calamity 17 mai 2007 15:06

                                    A Battement d’elle,

                                    « Moi, j’ai envie de poser une autre question : pourquoi certains français se débarrassent-ils de leurs parents ou grand-parents en les ’’plaçant » dans des maisons de retraite ? "

                                    Quelques suggestions :

                                    - Ils n’habitent pas forcément près les uns des autres.Les personnes âgées ont rarement envie de se « déraciner ».

                                    - Les logements ne sont pas adaptés.Manque de place , salle de bain mal foutue ...

                                    - Peut-être pas si simple la cohabitation : ados bruyants, papy ronchon ....

                                    - Il faut avoir du temps pour s’en occuper (toilette, repas...) ou alors il faut embaucher une personne pour cela.

                                    - Comment fait-on pendant les week-ends et les vacances ?Quand on reçoit des gens ?

                                    - comment le conjoint accepte-t-il cette situation ?

                                    etc, etc..

                                    La liste est longue. Je ne dis pas cela pour justifier qu’on ne s’occupe pas des personnes âgées, mais tout n’est pas si simple. Il ne suffit pas de bons sentiments, il faut aussi des moyens:du temps,de la place,de l’argent .

                                    la solution : des maisons de retraite bien équipées, bien encadrées par du personnel qualifié ,pas d’horribles mouroirs.des places disponibles,des aides pour financer...

                                    On peut toujours espérer. smiley


                                    • JL JL 17 mai 2007 19:16

                                      à Calamity : «  »la solution : des maisons de retraite bien équipées, bien encadrées par du personnel qualifié ,pas d’horribles mouroirs. des places disponibles, des aides pour financer...«  »

                                      Et aussi, la vue sur la vie, sur les jeunes ! Ce qui manque surtout aux vieux c’est ça : qu’ils ne soient pas ’confinés’ entre eux. Il n’y a rien qui fasse plus horreur à un vieux qu’un vieux. Eh oui, c’est ça les maisons de retraite ! Osons le dire.

                                      Comment faire ? Les progrès de la médecine, de la gérontologie ont été si importants que, aujourd’hui, on nous ’vole’ notre mort. Ne vaudrait-il pas mieux mourir de sa belle mort, encore en relative bonne santé, plutôt que de déchoir ainsi, dans ces établissements ?


                                    • LardonCru 17 mai 2007 19:31

                                      Je crois que vous avez mis le doigt sur quelque chose de très pertinent : certes, l’Etat ne consacre pas assez d’argent pour le 3e âge... Mais on pourrait en dire autant à propos de l’éducation, de la recherche, de la santé en général. En fait, personne ne dispose de suffisamment d’argent ! smiley

                                      Cependant, comme vous le soulignez, ici, on ne parle pas de quelque chose qui recquiert d’énormes compétences. On ne demande pas aux gens d’enseigner la physique subatomique ou d’opérer leurs parents. Mais simplement de s’en occuper, de les héberger, de leur accorder du temps. Pour, en quelque sorte, leur rendre ce qu’ils nous ont donné quand nous étions gosses.

                                      Et finalement, c’est là que le bât blesse. Notre société est arrivée à un point de déliquescence qui fait peur à voir. Les liens familiaux ont littéralement explosé !

                                      Le rapport avec l’éducation est criant. Aujourd’hui, comme on envoie ses gosses à l’école, puis à l’étude, avant de les bazarder dans les bras d’une baby-sitter, on envoie ses parents au mouroir. Et après, évidemment, les esprits chagrins viendront dire que les enfants ne sont pas suivis, qu’ils ne savent pas lire, ni écrire parce que l’enseignant ne leur accorde pas assez de temps, et que les personnes âgées sont mal encadrées parce que le personnel est débordé... Mais aider son enfant dans son apprentissage (lire, écrire, compter), ou accueillir ses parents et s’en occuper, c’est à la portée de tout un chacun !

                                      Encore faut-il être volontaire pour « sacrifier » de son temps. Et arrêter de se comporter en égoïste. smiley


                                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 17 mai 2007 15:53

                                      BONJOUR TAVERNEUX

                                      Excellent article ou il est plus facile et c’est heureux , que dans d’autres de faire abstraction de ses tropismes politiques .

                                      Ayant exercé pendant dix ans les fonctions de gérant de tutelle , métier bien décrié , à tort selon moi, j’ai une expérience certaine des maisons de retraite et je crie haut et fort que je préfère crever que d’y finir mes jours .

                                      Ceci n’a rien à voir avec la qualité de ces maisons ni le dévouement des personnels ni le montant de l’aide sociale qui sont des réalités et qui ont été profondèment améliorés depuis quelques années .

                                      Vivre hors de son cadre naturel sans ses repères , loin des siens , avec des vieux alors qu’on ne se veut pas vieux , c’est terrible .

                                      Aucun système social n’y pourra rien .

                                      Un fait est qu’on vit de plus en plus vieux et que par conséquent on entre de plus en plus en plus âgé dans ces maisons . Mais on y finit quand même ses jours le cap des quatre vingt quatre vingt cinq ans atteint .

                                      On a reculé l’échéance mais elle demeure et que faire des personnes agées dépendantes ?

                                      La meilleure solution est sans aucun doute de rester chez soi auprès des siens . Certains y arrivent et j’espère que quand l’heure viendra je ferai partie de ceux là . Pour d’autres , Alzheimer et abandon moral aidant la seule solution est la maison de retraite .

                                      Je n’ai jamais vu et pourtant en dix ans j’ai beaucoup fréquenté ces établissements , de personnes maltraitées , mais j’ai rarement vu des « vieux »heureux en maison de retraite .

                                      Je pense malheureusement que ce problème de la fin de vie n’a pas de solution tranchée et qu’il faudrait revoir notre socièté dans ses fondamentaux .

                                      Pour conclure , merci d’en avoir parlé car c’est un vrai problème dans un pays qui vieillit .

                                      Salut et fraternité .


                                      • L'enfoiré L’enfoiré 18 mai 2007 10:29

                                        @Salut Cambronne,

                                        Je suis d’accord à 100% sur ta théorie. La pratique ? Les maisons de repos fleurissent de plus en plus de partout.

                                        Il y a une raison de façade et 2 autres encore plus vraies et qui vont de pair, à cela :

                                        - l’augmentation de la population âgée.
                                        - les gens en fin de vie ont plus de moyens.
                                        - une maison de repos est rentable pour son exploitation.

                                        Pour faire comprendre qu’il faut y passer un jour, il y a évidemment :

                                        - incapacité de vivre seul et oui, « mourir cela n’est rien, mais vieillir » (Jacques Brel).

                                        - le travail des enfants qui devient de plus en plus prenant. La mobilité dans le temps et l’espace est devenue un « must ». C’est dans les contrats d’emplois. Voiture et acceptation de shift y sont requises.

                                        - comme tu dis, le personnel essaye de faire de son mieux. Les tenanciers, eux, pensent à arrondir les fins de mois et pensent surtout à prendre le personnel le moins cher. J’ai personnellement reconnu cet état d’esprit dans la famille. Dès qu’un membre soignant qualifié demandait une augmentation, on ne le voyait plus le lendemain. Résultat : aucune attache n’est plus possible entre le vieux et son soignant, alors que parfois c’est la seule chose qui lui restait.

                                        - vivre seul entre ses 4 murs, abandonné dans sa maison n’est pas mieux, non plus.

                                        Non, c’est vrai : on ne sait plus assumer son poste d’homme responsable. Et tout le monde s’en fout, malheureusement. smiley


                                      • La Taverne des Poètes 18 mai 2007 11:23

                                        Le maintien permanent à domicile pose des problèmes : celui de l’aménagement de l’habitat en cas de dépendance lourde, celui de l’équipement sanitaire pour certaines pathologies, celui de la présence importante de jour comme de nuit de personnels soignants. Quand la famille est absente ou peu présente et le voisinage peu disponible, quel est l’intérêt du maintien à domicile sachant qu’en plus il coûte très cher ?

                                        Ce n’est pas seulement la famille qui manque de temps ou d’envie de s’occuper des aînés, c’est aussi parfois les vieux qui ne veulent pas être une charge pour leurs proches et souhaitent vivre avec leur génération pour les soulager. S’ils se sentent trop une charge, s’ils se sentent inutiles, ils peuvent se suicider. En maison de retaite, ils peuvent retrouver un rôle (ainsi dans les « cantous ») Le suicide chez les personnes âgées est un sujet dont on parle peu mais qui mérite considération.

                                        Enfin, on peut comprendre que les enfants des personnes âgées qui, par exemple ont assumé leurs enfants chacun jusqu’à l’âge de 18-25 ans, - soit au moins 30 ans de prise en charge s’ils ont eu plusieurs enfants- et qui sont face à la dépendance de leur père ou mère : une charge pour quelques dizaines d’années supplémentaires, soit toute une vie de sacrifice ! Les retraités encore valides préfèrent voyager et découvrir le monde. Leurs visites à la maison de retraite ne s’en passent que mieux et c’est bon pour le moral des résidents qui voient que la vie continue autour d’eux. Cela crée des emplois dans le tourisme et dans les maisons de retraite...

                                        J’enjolive peut-être un peu mais c’est pour compenser la vision négative de Cambronne.


                                      • calamity 17 mai 2007 19:51

                                        A JL

                                        « aujourd’hui, on nous ’vole’ notre mort. Ne vaudrait-il pas mieux mourir de sa belle mort, encore en relative bonne santé, plutôt que de déchoir ainsi, dans ces établissements ? »

                                        Oui, mon cher JL, mais avons-nous réellement le choix ?


                                        • La Taverne des Poètes 17 mai 2007 20:18

                                          L’idée de « mourir de sa belle mort chez soi » est un préjugé tenace. Cela ne se passe pas comme on se l’imagine, c’est-à-dire un arrêt cardiaque pendant le sommeil sans que le mourant ait le temps de sans rendre compte. Non cela se passe la plupart du temps autrement. Exemples : la personne âgée fait une chute et agonise jusqu’à ce qu’on la découvre morte sur le sol ou bien le dément sénile se met en grand danger en fuguant et en s’égarant à l’extérieur et finit sa vie dans de mauvaises conditions. L’isolement social à domicile, le manque d’équipement, font que les établissements spécialisés restent nécessaires. D’autre part, il semblerait que les cas de mauvais traitements (y compris psychologique) soient plus nombreux en fait au domicile...

                                          François Bayrou préconisait dans son programme le développement des formules intermédiaires entre maintien à domicile et hébergement. Cela me semblait une bonne chose de tenter de concilier, tant que cela est possible, les meilleurs aspects des deux solutions. On voit aussi de plus en plus de maisons de retraite faire venir des gens de l’extérieur pour animations et pour conserver le lien social. On a même le cas de quelques établissements où les vieux et les enfants se cotôient tous les jours (maisons de retraite + garderie !). Il y a comme cela des expérimentations qui redonnent de l’espoir...


                                        • L'enfoiré L’enfoiré 18 mai 2007 10:37

                                          Salut Taverne,

                                          La proposition que tu soumets de Bayrou est ce que l’on préconise le plus ici. Cela coûte moins cher. Et, oui, pognon... C’est plus démocratique. Plus accessible à tous, même ceux qui n’ont pas une pension suffisante. L’aide sociale qui vient voir les vieux chez eux, ne sont pas surveiller par une comptable et ne s’intéresse pas à la situation de fortune de l’intéressé. Mieux, il ne l’a connaît pas. Mais cela reste valable s’il subsiste la capacité de rester seul. Les allumettes sont des engins très dangereux dans les mains de ceux qui n’en connaissent plus les effets. Pour eux et... pour les autres. smiley


                                        • La Taverne des Poètes 18 mai 2007 10:22

                                          Prévenir les chutes des personnes âgées : il existe un site européenn d’information. Lien :

                                          http://protec-chute.com/

                                          Le site est destiné à sensibiliser les soignants et les particuliers sur les risques de chute.


                                          • L'enfoiré L’enfoiré 18 mai 2007 10:43

                                            @Taverne, Je reviens aussi sec. Oui, cela existe aussi chez nous. Un d’entre eux est « Tele Secours ». Appareil pour le vieux au cou ou au poignet qui permet d’avertir « qui de droit » d’un problème.

                                            Ce n’est pas la solution complète.

                                            - il s’agit d’avoir des noms à mettre pour les « qui de droit ». L’organisme ne se dérange pas. En queue de liste on met le médecin, mais, lui...

                                            - cet appareil à une efficacité de 30 mètres à partir du téléphone de l’usager. Quand il a encore la chance de faire ses courses ... ???

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