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Accueil du site > Actualités > Politique > Faciliter les réformes, la paix sociale et les libertés individuelles par (...)

Faciliter les réformes, la paix sociale et les libertés individuelles par un principe de coopération (Partie 2/2)

Cet article fait suite à celui-ci :
Première partie

On y a vu quelques problématiques liés au groupes sociaux qui sont un frein à la mise en place d’un principe de coopération et les désavantages que cela pouvait entraîner pour les besoins de réforme, de paix sociale et de liberté individuelle. Continuons et voyons ensuite quelques pistes pour tenter de régler cette problématique.

Donc la mise en place de ce principe entraîne à remettre en question d’autre notions tel que l’opposition des groupes dominants sur les groupes dominés dans le but de maintenir leur domination.
Mais le coût du maintien de cette domination « à tout prix » n’est-elle pas chère payée à l’ensemble du corps sociale ? Car elle est un des facteurs qui empêche la seule solution possible pour réduire les tensions entre groupe sociaux qui est de se baser sur ce principe de coopération. Elle empêche de réduire les moyens de coercition nécessaires au maintien du mécontentement qui surviendra de cette logique d’opposition et réduit de fait les libertés individuelles mais aussi la facilité de mettre en place certaines réformes.

Certains diront que cela relève du marxisme cette histoire de classe dominante et dominé. Pas du tout, c’est même le contraire. Le marxisme tend vers une lutte des classes. Ici on parle de coopération entre groupe sociaux. De tendre vers une unité dans notre lieu de vie commun.

La problématique qui vise à maintenir une domination dans le but de ne pas la perdre est réelle au sein de nos sociétés, elle a été mainte fois démontré par les sciences sociales. Mais si ce sentiment peut paraître légitime, et dans un sens naturel car lié aux phénomènes de groupe, c’est aussi un frein à la mise en place de cette coopération. Car pour préserver cette domination nous sommes (et l’avons été depuis des milliers d’années) dans une logique d’opposition. Logique d’opposition en rapport avec nos instincts comme l’ont démontré les expériences liées à la psychologie sociale.

Ici on parle de l’arrêt d’une volonté de domination excessive qui empêche cette coopération, pas de prendre aux riches pour donner aux pauvres, ou encore d’une abolition des classes dominantes (qui serait illusoire de toute façon). Un système basé sur une lutte serait tout le contraire d’une philosophie de coopération.
Cela ne vise pas non plus à mettre en place une société égalitaire (illusoire là aussi ne serait-ce que parce que nous sommes tous différents), mais tendre en revanche vers une égalité de droit. Rien n’est simple mais force est de constater que nous sommes dans une mauvaise direction.

D’autres rétorqueront encore qu’un principe de coopération n’est pas toujours forcé de résoudre les tensions inter groupe. C’est vrai, mais un principe d’opposition est de toute manière voué à l’échec à moyen ou long terme. Pourquoi le retenir ?
A moins qu’il y ait une volonté de maintenir/augmenter les tensions, donc les moyens de coercition, donc de tendre à réduire les libertés individuelles au sein du corps sociale ?

La bourgeoisie et les groupes dominants semble apprécier la paix sociale. N’est-ce pas là une contradiction entre son besoin de paix sociale et son besoin de maintenir une forme de domination en restant sur un principe d’opposition qui ne favorise pas cette paix sociale ?
Un principe de coopération est donc la seule voie qui puisse permettre de dépasser cette logique d’opposition sans avoir recours à des procédés coercitifs pour gérer les tensions issues de cette logique d’opposition. Donc de conserver des libertés individuelles et une bonne entente entre les différents groupes sociaux en présence.

Ou bien encore on pourra répondre qu’il existe déjà des « partenaires sociaux » ou encore que la mise en place de négociations entre groupe existe déjà, rien de neuf là dedans.
Oui et non, car dans quel état d’esprit se déroulent les négociations ? Dans une logique d’affrontement ou de coopération ? Chacun ne voit-il pas l’autre comme un ennemi qui l’empêche de penser à lui ? Chacun ne va-t-il pas essayer de faire payer à l’autre ce qu’il lui a été empêcher de faire par la force dans le passé (gréve, manifestation, refus de dialogue, …) ?
N’est-ce pas la faute à notre environnement qui ne propage pas une pression sociale dans le but de faciliter une logique de coopération mais vise plus à diviser ces groupes ?

Des spécialistes pourraient aussi plancher sur la meilleur façon de coopérer en fonction des groupes sociaux en présence. Ce serait aussi un moyen de mettre en place des lois qui tendraient à être jugés légitimes et pertinente par tous, donc des lois naturellement suivies sans besoin de contraintes.
Ces groupes pourraient se former de manière spontanée ou existent peut-être déjà. Ils devront mélanger les groupes sociaux en présence, et surtout ne pas arriver le couteau entre les dents ou en regardant l’autre de haut comme c’est souvent le cas actuellement.

D’autres avantages peuvent être trouvés à passer à un principe de coopération. Comme de penser les rapports entre groupes sociaux sur un long terme sans avoir peur d’un phénomène de « revanche » ou encore de tensions qui pourraient être facilement évités.
Ou encore de penser à une société réactive et moderne qui pourrait mettre en place des réformes lorsqu’il y en a besoin en suivant un principe itératif. Surtout qu’avec le temps il y a des chances que cela se fasse de plus en plus naturellement, les différents groupes sociaux ayant appris à se connaître. Dans tous les cas cela ne pourra pas être pire que maintenant.

Donc un des rôles de l’Etat ne serait-il pas de faciliter la mise en place d’un pont entre les différents groupes sociaux ? De faire en sorte que chacun puisse se mettre à la place de l’autre dans le but d’en faire ressortir une proposition commune ? De propager cette logique de coopération qui est le seul moyen de faciliter la résolution des conflits entre groupe ? De ne pas entretenir de fausses visions sur l’autre ?

On va voir ici un autre frein à cette mise en place.
Déjà il faut savoir que les politiques sont des modèles pour beaucoup, et ce malgré les critiques qui peuvent leur être faites. Ils ont donc un fort pouvoir d’influence sur les mentalités via leur attitude et les idées qu’ils propagent.
Ensuite chaque partis politique courtise un groupe sociale en particulier, donc tend à maintenir une logique d’opposition et non de coopération. Contribue dans un sens à maintenir les stéréotypes négatifs que chaque groupe sociale a sur l’autre. Il flatte ces stéréotypes dans le but de récolter des voix (« les riches sont des salauds », « les pauvres sont des incapables, tout le monde a ses chances », etc).

On voit donc que par l’accentuation des croyances négatives que chacun a sur l’autre groupe nous ne favorisons pas une pression sociale qui irait dans le sens d’une logique de coopération, tout le contraire de ce qu’il faudrait faire. Nous avons aussi tendance à faire des amalgames sur les autres groupes en mettant tout le monde dans le même sac. Là aussi quelque chose de naturel lié au fonctionnement de notre cerveau mais qui ne nous aide pas à dégager des solutions communes.

Dans un sens on est toujours dans une logique de « diviser pour mieux régner », de calculs électoraux et de maintient d’une position dominante par la coercition. C’est aussi cette peur de chuter qui force à maintenir cette logique d’opposition au sein de la société. La raison nous dit pourtant que sur le long terme c’est tout le contraire qu’il faudrait faire. Mais la peur semble l’avoir emporter. Et s’il existe de nombreux exemples qui pourrait légitimer cette peur, ne serait-ce pas dû à ce principe d’opposition qui ne favorise pas l’entente et entraîne des envie de revanche ? Ne confondons nous pas la cause et l’effet ?

Bien sûr cela ne veut pas dire qu’il faut être laxiste, mais avec des lois légitimes que chacun suivra naturellement il y aura déjà moins de mécontentement, donc moins d’agressivité à rejeter vers un groupe ou un autre (principe de « frustration-agression »). Donc moins d’opposition entre les groupes. Donc tendra à faciliter un principe de coopération.

Mais ne favoriser qu’un groupe entraînera du mécontentement et des envies de revanche. Certains, aussi, ne feraient-ils pas mieux d’être un peu moins gourmand, donc de favoriser un esprit de partage (cette gourmandise pouvant se retrouver dans tous les groupes).
Ne devrions-nous pas plutôt appliquer un pouvoir de coercition envers ceux qui cherchent à nous diviser, envers ceux qui favorisent l’augmentation des tensions entre groupe sociaux ? N’était-ce pas le cas dans l’antiquité où les mauvaises langues qui montaient les individus les uns contre les autres devaient traverser la place commune une lourde pierre au cou. Une fois de plus, ne confondons-nous pas la cause et l’effet ?

On entend depuis quelques années un thème sur l’union nationale ou encore en ce moment la droite et la gauche qui veulent afficher une image d’union pour des raisons différentes. Alors ne serait-ce pas le moment de mettre en place ce type de principes ? Ne serait-ce pas aux politiques de donner l’exemple en sortant eux même d’une logique d’opposition droite/gauche, classes dominantes/peuple. Ne serait-ce pas aussi un ensemble d’arguments qui permettrait aux politiques qui les présentent de se démarquer de la concurrence qui ne propose rien de neuf ?

D’autant plus qu’il n’y a pas besoin de changer la constitution pour cela, juste d’orienter la pression sociale dans un sens de coopération entre groupes sociaux dans le but de faciliter les réformes, la paix sociale et la liberté individuelle. D’orienter cette pression sociale par des valeurs de partage et de tolérance dans le but de faciliter cette coopération. De casser les idées reçus de chaque groupe au lieu des les propager tendra aussi à faciliter ce type de changement. Là encore des spécialistes des sciences humaines pourront dégager les meilleurs solutions à cette mise en place.

Et bien sûr cela demandera du temps pour que cela porte ses fruits, pour que les mentalités commencent à changer et que cette logique puisse chasser l’ancien paradigme d’opposition. Pour que la raison puisse prendre le pas sur certains de nos instincts qui ne favorisent pas la coopération dans le but d’y trouver un avantage sur le long terme. Car avons nous le choix de faire autrement si l’on y réfléchit bien ?

Cet article s’est basé sur le livre de psychologie sociale « Stéréotypes préjugés et discriminations » pour ce qui est des relations entre groupes :
Stéréotypes, préjugés et discriminations


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14 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 8 février 12:48

    "Ne serait-ce pas aux politiques de donner l’exemple en sortant eux même d’une logique d’opposition droite/gauche, classes dominantes/peuple."
    faire un parti unique est très démocratique.


    • Joseph Joseph 8 février 15:34

      @foufouille
       
      Je ne vois pas la définition d’un principe démocratique par une pluralité de partis ou encore un système électif qui nous donne une illusion de choix. Je ne crois pas non plus à une pensée unique.
       
      A mon sens un principe démocratique dépend du degré d’échange entre le gouvernement et son peuple ainsi qu’un principe d’éducation qui vise à tirer les gens vers le haut.
      Actuellement il n’y a pas de véritable échange franc mais plutôt un principe d’opacité entre peuple et gouvernement. De même que l’éducation ne nous tire pas vers le haut mais vise à nous formater en fonction des vues en cours sans nous rendre réellement responsable.
       
      Pour aller plus loin je vous invite à lire les leçons de sociologie 5 à 9 de Durkheim qui parlent de ce principe. A l’occasion je ferais un article sur le sujet.
      http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/lecons_de_sociologie/le cons_de_sociologie.html


    • foufouille foufouille 8 février 15:38

      @Joseph
      si tes deux partis font le même discours, autant en avoir un seul. ce qui ne changera pas grand chose par rapport à maintenant.
      un ploutocrate veut gagner les élections. c’est tout.


    • foufouille foufouille 8 février 16:11

      @Joseph
      ton lien est trop vieux. 116 ans.


    • Joseph Joseph 8 février 16:14

      @foufouille

      « un ploutocrate veut gagner les élections. c’est tout. »
      Oui, mais rien ne l’empêche d’aller dans le bon sens, en plus d’accéder au pouvoir il pourrait même le conserver plus longtemps si c’est ça qui l’intéresse.


    • Joseph Joseph 8 février 16:17

      @foufouille

      « ton lien est trop vieux. 116 ans. »
      Mais il est toujours d’actualité. La preuve, Durkheim avait prédit les problèmes que l’on rencontre actuellement. Vous voulez en venir où au juste ?


    • foufouille foufouille 8 février 16:32

      @Joseph
      non il ne peut pas car les autres veulent le pouvoir et une rente à vie.
      ton bouquin est dépassé et beaucoup trop bisounours. et inutile vu le temps qui a passé.
      la caste des ploutocrates existent depuis le début de la république.
      j’ai déjà lu ce livre.


    • foufouille foufouille 8 février 18:03

      exemple concret : comment tu vas faire pour ne pas que le groupe musulman puisse vouloir imposer la charia ?


      • foufouille foufouille 8 février 18:39

        autre exemple avec le groupe LGBT et sa GPA. groupe « identitaire ».


        • Hervé Hum Hervé Hum 9 février 01:30

          Vous vous étonnez que, deux groupes antagonistes par principe, s’opposent l’un l’autre au lieu de coopérer selon le principe d’union alors qu’ils n’existent préalablement que sur le principe de la division ?

          Dès l’instant où vous posez la question du niveau de richesse légitime, vous ouvrez la boite de pandore, car cette légitimité n’existe pas, il n’y a que la légalité, celle de l’usage de la force. Il n’y a aucune légitimité à posséder l’espace commun et le temps de vie d’autrui, simplement l’imposition du plus fort sur le plus faible et sans cette violence permanente, sans l’état d’urgence permanent crée, tant au niveau économique que militaire et social pour maintenir la pression sur les classes salariales, la classe dominante perdrait son pouvoir de coercition par le fait de cette paix sociale où la justification de la domination s’étiole.

          S’il est difficile de supprimer le principe de hiérarchisation, cette dernière peut être basé sur d’autres critères que celui du chef de guerre, mais celui de la sagesse ou de la compétence ou/et du mérite qui ne donne pas forcément lieu à domination des êtres, mais à la seule maîtrise de son art. La nécessité de chef n’est vrai que dans l’état d’urgence et uniquement dans ce cas précis, car elle ne permet pas le temps de la réflexion et de la décision collective. L’histoire est riche de ces généraux ayant pris le pouvoir par se biais là.

          Encore faut t-il que les principes soient placés au dessus de tout être humain quel qu’il soit, car dès lors que ce sont quelques humains qui font les lois, ils les font pour eux même avant toute chose.

          Les seuls cas où l’on peut voir un semblant de coopération, c’est lorsque les gens se laissent abuser par le patriotisme où comme le résume Anatole France « on croit mourir pour sa patrie, on meurt pour les industriels ».

          Bossuet disait « Dieu se rit de ceux qui vénèrent les causes dont ils déplorent les conséquences »’ ;

          Ici, il se rit de vous voir dire à un lion de devenir végétarien, tout en lui présentant de la viande fraiche à coté du bol de riz.

          Vous dites qu’il ne faut pas inverser la cause et l’effet eh bien, c’est ce que vous faites.

          Les groupes se sont divisés et crées sur la base de la possession de l’espace-temps, qu’elle soit spirituelle (religion), souveraine (noblesse) ou propriétaire (bourgeoisie) sur tous les autres êtres vivants (prolétaires économiques) Bref, les groupes se sont crées en raison de l’opposition crée par la volonté de domination. Ce qui signifie que la cause est la propriété et la conséquence la division en groupes antagonistes et impossible à faire coopérer sans usage de moyens coercitifs. Que ce soit, la menace, la violence ou la manipulation.

          Le capitalisme et le groupe, social qui le domine, applique à l’humain le système de prédation de l’animal sur les autres animaux, mais avec une amplitude et une force prédatrice multiplié par 1 000 ! Car dans le monde animal, la propriété n’existe pas, chaque animal est limité à ses propres capacités de prédations, par nature très limité. Alors que chez l’humain, cette prédation est sans limite. Or, il ne s’agit plus de fixer de telles limites, mais de changer la nature des groupes de manière qu’effectivement, ils ne soient plus antagonistes l’un l’autre, mais complémentaire. Sauf que cela ne peut se faire en conservant les groupes actuels, car ils sont par nature antagonistes.
           


          • Joseph Joseph 9 février 02:40

            @Hervé Hum
             
            « Vous vous étonnez que, deux groupes antagonistes par principe, s’opposent l’un l’autre au lieu de coopérer selon le principe d’union »
            Non et déjà répondu.
             
            « Dès l’instant où vous posez la question du niveau de richesse légitime »
            Je ne me pose pas cette question non plus, n’inventez pas svp.
             
            « Les seuls cas où l’on peut voir un semblant de coopération, c’est lorsque les gens se laissent abuser par le patriotisme »
            Les expériences ont surtout montré que c’était par un but commun plus qu’autre chose. Le patriotisme pouvant en être un.
             
            « Ici, il se rit de vous voir dire à un lion de devenir végétarien, tout en lui présentant de la viande fraiche à coté du bol de riz. »
            Là encore ce n’est pas ce que je dis. Pour l’instant c’est moi qui rit de vous voir répondre à côté de la plaque.
             
            « Les groupes se sont divisés et crées sur la base de la possession de l’espace-temps, »
            Rebelote, vous ne prenez pas en compte ma réponse précédente lors du premier article sans toutefois la réfuter.
             
            « Alors que chez l’humain, cette prédation est sans limite »
            Volonté de domination et prédation ont des réponses dans l’article que vous esquivez.
             
            « Sauf que cela ne peut se faire en conservant les groupes actuels, car ils sont par nature antagonistes. »
            Belle conclusion mais je vous ai déjà dit lors de la première partie que les expériences ont montré que l’antagonisme n’était pas le problème.
             
            Donc est ce que vous trollez ou est-ce que vous voulez échanger ? En d’autres termes, vous êtes sérieux ou un petit rigolo (histoire de savoir et de ne pas perdre de temps à vous répondre la prochaine fois que je vous croise) ?


          • Hervé Hum Hervé Hum 9 février 09:59

            @Joseph

            Vous prenez vos désirs pour la réalité, dès lors, en effet, pour vous, je trolle.

            La question que je vous pose sur la légitimité de la richesse par exemple, ne peut être écartée du rapport entre ces groupes, puisque elle est au coeur du conflit. Si vous croyez pouvoir régler un conflit sans parler de ce qui fait le conflit, c’est absurde.

             Votre façon de penser consiste à minorer voir écarter tout ce qui vous gène dans votre raisonnement, les interlocuteurs aussi.

            Ce que je ne cesse de vous dire et que vous éludez sans cesse, c’est que la question de coopération est absurde, car le groupe dominant, capitaliste, ne songe pas à coopérer et ne le veut pas parce que cela signifie sa chute. Lui le sait par expérience. La seule chose qu’il exige, c’est la soumission à sa dictature. Tout le reste n’est que du sophisme, consistant à faire croire l’inverse de la réalité.

            Faire croire qu’on vit en démocratie, alors qu’elle n’a jamais été mise en oeuvre.

            Faire croire qu’il existe un choix politique, alors que seuls les partis soumis aux intérêts du capital accèdent au pouvoir politique.

            Faire croire que la propriété économique c’est la même propriété que celle d’usage

            faire croire que l’épargne d’un petit pécule, c’est la même chose que celle du grand capital

            faire croire que le travail est un droit, alors que c’est un devoir.

            faire croire aux gens qu’ils ont un pouvoir de consommation, alors qu’il dépend de celui du grand capital.

            Faire croire aux retraités qu’ils sont des rentiers, alors que cette rente se fait sur le dos de leurs propres enfants et petits enfants, sans pour autant être certain que demain leu retraite sera toujours assuré.

            Faire croire aux fonctionnaires qu’ils défendent la république et la loi, alors qu’ils ne défendent que les intérêts de cette classe dominante et leurs lois.

            Faire croire en la solidarité entre les peuples, alors que tout est fait pour les mettre en concurrences perpétuelles et faire passer la pitié pour un acte de coopération.

            La domination politique, sociale et économique se fonde sur l’agressivité qui donne l’avantage du temps de l’action, face à une population grégaire et pacifiste par nature qui par nature agit par réaction, etd’ dont on sait attiser la haine de l’autre quand on voit sa propre domination menacé.

            Faire croire qu’on défend l’humanitaire en Afrique, alors qu’il ne s’agit que de pillage au profit de quelques gros rentiers

            Etc...

            Votre théorie est absurde, parce qu’elle prétend faire d’un prédateur assoiffé de sang, un végétarien inoffensif.

            Ce que vous ne pouvez pas voir pour vouloir croire le contraire, c’est que les expériences de groupes que vous donnez dans votre première partie ne s’appliquent pas ici, car la différence inconciliable avec le groupe dominant la réalité économique, politique et sociale, c’est qu’il ne se retrouve pas à réagir face à un différence qu’on leur présente comme « vrai », mais parce que c’est lui même qui veut et agit pour créer cette différence afin de justifier et pouvoir imposer sa domination.

            C’est ce petit détail que vous ne comprenez pas et ne voulez pas considérer dans sa conséquence. Le fait que c’est eux qui ne veulent pas renoncer à leur domination économique et qui manipulent pour cela la politique et les relations sociales. Que toute forme de coopération signifie, à terme et même court terme, leur propre fin en tant que classe dominante, parce qu’alors, seuls dominent la compétence et le mérite des personnes, c’est à dire, leur capacité à être utile à la société et non à l’exploiter, car le sens de l’exploitation est de tirer profit du travail d’autrui à son usage exclusif et non réciproque, parce que dans ce dernier cas, on est dans la logique de coopération.

            Comprendre qu’on ne peut pas faire cohabiter, exploitation et coopération, c’est antinomique, impossible sauf à faire passer des vessies pour des lanternes, bref, de la manipulation comme de dire que la richesse ruisselle, alors qu’il n’y a que la misère qui ruisselle de la richesse. Etc...

            Je vous repose la question, comment persuader un prédateur de renoncer à sa proie ?

            En caricaturant votre idée, c’ est de dire à la proie d’accepter d’être une proie et au prédateur, de rester prédateur mais de ne manger qu’une partie de sa proie pour la laisser en vie.


          • gogoRat gogoRat 9 février 14:46

             Des groupes ? Des classes ? identifiés, reconnus, clairement consensuels et ’conscientisés’ par tous ? ou plus ou moins phantasmés, avec des contours flous, des superpositions illimitées d’appartenances ambiguës, diverses et variées, au gré infini des idéologies et pétitions de principes d’initiatives individuelles ?
             
             Christophe Dejours disait dans ’Souffrance en France’ :
             ... ’’ Notre hypothèse consiste en ceci que, depuis 1980, ce n’est pas seulement le taux de chômage qui a changé, ce serait toute la société qui se serait transformée qualitativement, au point de ne plus avoir les mêmes réactions que naguère. [..]évolution des réactions sociales à la souffrance, au malheur, à l’injustice [..] qui se caractériserait par l’atténuation des réactions d’indignation, de colère et de mobilisation collective pour l’action en faveur de la solidarité et de la justice, cependant que se développeraient des réactions de réserve, d’hésitation et de perplexité, voire de franche indifférence, ainsi que de tolérance collective à l’inaction et de résignation face à l’injustice et à la souffrance d’autrui. Cette évolution, aucun analyste ne la conteste ....’

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