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Accueil du site > Actualités > Politique > « Faut-il brûler le modèle social français ? »

« Faut-il brûler le modèle social français ? »

Au moment où le pays se rapproche du degré zéro du débat démocratique et de la réflexion collective, il est réconfortant de prendre connaissance des cent cinquante-six pages, brèves, mais décisives, où Alain Lefebvre et Dominique Méda se sont efforcés de répondre à la question :"Faut-il brûler le modèle social français ?".
C’est à un commentaire que Paul Ronka a posté le 4 mars 2006, à une note déjà ancienne que je consacrais le 18 octobre 2005 à un "Retour sur le modèle social" , que je dois cette satisfaction.

« M. Bilger, écrivait-il, avez-vous lu le livre "Faut-il brûler le modèle social français ?". Je crois qu’il y a dans ce livre, que j’ai lu ce week-end, du grain à moudre pour nous, pour ces changements que nous voulons. Et c’est bien d’avoir une vue différente, nordique, qui peut être l’objet d’un consensus français. C’est pragmatique, pas idéologique, et comme vous dites cela montre la vanité des prises de position idéologiques...  »
On ne saurait mieux dire. La double compétence des deux auteurs leur permet en effet de donner en connaissance de cause un avis éclairé sur les contenus comparés du modèle social nordique et du modèle social français, et sur les leçons que l’on peut en tirer pour la politique à mener dans notre pays. Dominique Méda est inspecteur des affaires sociales et auteur d’un livre fondateur sur "Le Travail, une valeur en voie de disparition" et Alain Lefebvre est le conseiller pour les affaires sociales à l’Ambassade de France à Stockholm.
Dans les trente-deux pages de l’avant-dernier chapitre, sous le titre « Le temps des réformes : quel modèle pour la France ?  », c’est une véritable «  feuille de route  » qui est proposée à l’intention d’un gouvernement qui entendrait s’attaquer sérieusement à ce mal sournois et pervers qui mine notre société, le chômage de masse.

 

Pour une fois, je ne cèderai pas à ma manie habituelle des citations, car c’est tout le livre que je devrais citer, tant son contenu, basé sur une connaissance approfondie et concrète des mécanismes sociaux nordiques et français, est intégralement éclairant et convaincant.
Le raisonnement des auteurs suit la démarche naturelle de la pensée. En s’appuyant notamment sur la réflexion théorique d’un chercheur danois, Gosta Esping-Andersen, exposée dans un livre publié en français sous le titre "Les trois mondes de l’Etat providence" , sont d’abord analysées de manière équilibrée et nuancée les causes et les conséquences de la crise du modèle français, qui ne répond plus à ses objectifs d’origine, efficacité et équité.
Puis vient une réflexion sur « l’utilisation rationnelle des comparaisons  » avec la conclusion « Osons transposer, copier, transférer  ».

Avant quoi, il faut comprendre et expliquer « la réussite nordique », ce qui permet de relever que « les aspirations des Finlandais, des Suédois, des Norvégiens ou des Danois (...) ressemblent beaucoup à celles des Français, qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans la liberté et la promotion du risque, chères au modèle anglo-saxon  ». Cette réussite s’exprime dans des taux de chômage significativement inférieurs à la moyenne européenne, sauf en Finlande, où néanmoins la tendance est encourageante, mais surtout, plus qu’ailleurs en Europe, il y a d’excellentes performances pour les jeunes, les seniors et les chômeurs de longue durée.
Les caractéristiques des modèles nordiques qui sont analysées avec précision et nuance, notamment en ce qui concerne l’étendue du champ des politiques sociales publiques, l’importance des dépenses sociales dans le PIB avec une forte redistribution, le rôle crucial des collectivités locales, la recherche systématique de l’égalité entre hommes et femmes, peuvent constituer un élément d’explication.
La démographie n’en est pas vraiment un. La croissance, davantage, sauf au Danemark qui ne fait pas mieux que la France. Il faut dire que plus que chez nous, l’accent est mis sur la recherche-développement (les cinq pays nordiques avec vingt-cinq millions d’habitants, déposent plus de brevets que la France ou la Grande-Bretagne). Ces pays dépensent aussi plus que nous pour l’éducation. Le temps partiel choisi joue également un grand rôle.
Tout ceci étant réalisé avec des comptes publics excédentaires, financés principalement par l’impôt sur le revenu (représentant entre 30 et 50% des recettes fiscales, contre 17% en France ou 30% au Royaume-Uni) et des taux « normaux » de TVA élevés (22 à 25%).
Reste le concept de flexicurité. Les auteurs n’en minimisent pas l’importance, mais soulignent qu’il ne se réduit pas à la vision réductrice que nous en avons généralement. Certes, il favorise la mobilité sur le marché du travail en combinant la liberté d’embauche et de licenciement, une bonne protection sociale des chômeurs et « l’activation » des chômeurs. Mais la flexicurité nordique, c’est aussi la flexibilité fonctionnelle en effaçant les frontières entre unités fonctionnelles, c’est aussi « un concept réciproque, partagé entre l’employeur et l’employé ».

L’expérience nordique montre ainsi qu’il peut y avoir corrélation entre un niveau élevé de dépenses sociales, des comptes publics excédentaires, une croissance significative et un chômage réduit. Ce « carré magique » pourrait-il être transposé dans notre pays ? C’est la quatrième étape du raisonnement des auteurs, qui abordent de front les arguments qui pourraient conduire à conclure à « l’impossible transposition ».
Les différences de culture ? Mais une analyse fouillée montre qu’elles sont plus apparentes que réelles, comme le confirment l’histoire et des enquêtes psycho-sociologiques récentes. Par exemple, sait-on que les hommes se suicident plus en France qu’en Suède, au Danemark ou en Norvège, bien que moins qu’en Finlande ? Plus réelles sont les différences dans le domaine des relations sociales avec, dans les pays nordiques, une culture du consensus, une gestion civilisée des conflits et l’absence des manifestations de rues en raison essentiellement de l’unicité et de la force des syndicats opposées à l’émiettement et à la faiblesse des nôtres. Les différences de taille et de structures économiques ne sont pas un élément pertinent. En revanche, le « souci d’une amélioration permanente de l’organisation du pays, de ses institutions et de son administration pour les rendre plus performants » l’est. Aurions-nous enfin le courage de supprimer les comtés, l’équivalent de nos départements, comme vient de le faire le Danemark, au profit principalement de communes agrandies ?
A la question de la transposition, les auteurs répondent donc qu’elle est possible. A condition de rechercher un véritable consensus par le dialogue social et de revoir l’organisation politique du pays (et j’ajouterais volontiers, ses méthodes politiques). Et aussi, soulignent les auteurs, à condition « de vaincre deux obstacles majeurs qui nous paralysent » : le « pessimisme » (notre pays est vingt-quatrième sur vingt-cinq dans l’Union européenne en ce qui concerne l’optimisme concernant le futur), l’ « idéologie » (« nous aimons théoriser, ou plus exactement placer nos réformes dans des cadres de référence idéologiques, qui ont été souvent d’origine marxiste ou antimarxiste, quand la manière de travailler des nordiques est essentiellement pragmatique », « les réformes à faire ne sont ni de droite ni de gauche »).

C’est en s’affranchissant de ces deux obstacles que les auteurs détaillent, dans leur dernier chapitre, la « feuille de route » dont je parlais. Je vous renvoie à la lecture du livre pour en prendre connaissance, car je craindrais de favoriser des procès d’intention en en faisant un résumé forcément simplificateur.
Ces propositions s’ordonnent en trois rubriques : « la nécessité d’une politique active de l’emploi », « concilier flexibilité et sécurité » et « une protection sociale rénovée ». S’y ajoute aussi une réflexion sur les conditions de mise en œuvre, question toujours négligée en France. Ainsi les auteurs militent-ils pour la promotion d’un « syndicalisme de service », s’interrogent-ils sur la « fiction encombrante » de la gestion paritaire, proposent-ils un réexamen radical des structures sociales et administratives.
Ailleurs, ils avaient mis en avant un point tactique qui, à la lumière des évènements récents, prend toute son importance et qui conditionne, à mon avis, dans une large mesure, la recherche du consensus indispensable et la restauration d’un minimum de confiance entre partenaires sociaux, et entre ces derniers et l’Etat. S’il leur paraît évident « qu’il n’est pas efficace, d’un point de vue général, de retarder les ajustements auxquels les entreprises doivent procéder, tant les conséquences peuvent ensuite être douloureuses », il leur semble tout aussi clair que « ce surcroît de flexibilité ne peut être accepté qu’à l’absolue condition que des processus de prévention et de réparation extrêmement exigeants soient auparavant mis en place [...] ».

Pour Alain Lefebvre et Dominique Méda, ce modèle nordique, ce nouveau modèle français qu’ils appellent de leurs vœux, a vocation à devenir le modèle social européen, susceptible de recueillir l’adhésion d’une grande majorité de nations, beaucoup plus que le modèle britannique. A la condition que notre pays sache le faire sien, et s’en faire le porte-parole, plutôt que de s’enfermer dans la nostalgie de celui que l’histoire nous a légué, qui est condamné par notre chômage de masse et qui prend eau de toutes parts.


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68 réactions à cet article    


  • Fred (---.---.155.75) 23 mars 2006 12:31

    Je pense qu’il serait difficile en France de dire aux gens que l’impot sur le revenu va augmenter et que les charges patronales vont quasiment disparaitre même si on leut dit qu’il y aura une meilleure protection sociale. De suite, ils verraient une aide au patronat et diraient que les baisses de charges patronales ne font pas baisser le chomage.

    Les gens veulent la protection sociale Scandinave sans la flexibilite du travail, sans les baisses de charges patronales et sans l’augmentation de l’impot sur le revenu.


    • PJ-BR (---.---.220.140) 23 mars 2006 13:28

      Les dernières baisses d’impôt sur le revenu ont été assez impopulaires en France. On peut donc espérer qu’une hausse serait facilement acceptée.

      Et assoir le financement des prestations sociales sur autre chose que la masse salariale est une bonne idée. Par contre, il est normal que les entreprises participent au financement d’infrastructure qu’elles utilisent (routes, réseau telecom... mais aussi personnel formé et en bonne santé sans oublier des clients en nombre suffisant).

      Le principal problème de la flexibilité « à la française » reste le manque d’accompagnement des personnes entre deux emplois, la quasi inexistence de la formation continue et le syndrome Grandes Ecoles qui fait que le parcours professionnel est fortement déterminé par le niveau d’étude AVANT l’entrée dans la vie professionnelle.


    • Fred (---.---.155.75) 23 mars 2006 13:54

      Ce qui a ete impopulaire est la baisse d’impot pour les classes les plus aisees, je suis sur que les classes pauvres et moyennes ne sont pas pour une rehausse de leur impot ; personnellement je suis contre une hausse.

      C’est bien ce que je disais, deja l’idee d’eliminer les charges patronales n’est plus satisfaisante.

      Je suis d’accord pour l’accompagnement des chomeurs.

      Donc en resume, vous etez pour le modele Scandinave mais sans baisser les charges patronales, malheureusement je pense que ca fait aussi parti du succes de leur modele le patron ne payant beaucoup d’impot qu’a travers son salaire donc une boite qui a du mal ne croule pas sous les charges patronales.


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 mars 2006 13:54

      En même temps, cela ne me paraît pas illogique. Déjà, l’impôt le plus illogique de France, la TVA doit être rabaissé. Car quand on achète un produit, on paye 19,6% de TVA au distributeur, et autant aux sous-traitant s’ils sont en France. Faites le calcul, il reste des miettes comme marge en bas de l’échelle de production !

      Votre article me fait plaisir, M. Bliger, nous ne sommes pas d’accord sur le CPE, mais nous sommes d’accord sur la solution à adapter... et avec Villepin, et aussi certains leaders de gauche nostalgiques, nous en sommes loin !


    • j.jay (---.---.82.128) 23 mars 2006 13:35

      Excellent article qui sort avec pertinence des passions de l’actualité. Un jour peut-être le notable acceptera que la formule magique n’existe pas, mais que seules des formules évolutives hors de tout prosélitisme idéologique peuvent conduire à des solutions intéressantes pour chacun. A quoi doit se mesurer une démocratie : A sa capacité de faire défiler des personnes aux motivations multiples dans la rue ou à la capacité de ceux-ci à se déplacer vers les urnes ?


      • Jojo (---.---.158.64) 23 mars 2006 14:12

        Les pays nordiques sont de petits pays de structure homogène, avec une immigration pas très importante.

        Ce qui manque en France, faute au politiquement correct, c’est une véritable évaluation statistique. Ou peut-être existe-t-elle et n’est pas rendue publique pour ne pas augmenter les tensions. Qui sont les chomeurs, quelle est leur origine, quelle formation ont-ils, quelle est leur maitrise des éléments de base que sont le français et l’arithmétique.

        Quand on saura celà de façon précise, on saura mieux où doit porter l’effort en matière de formation.

        Quand à la recherche en France, c’est le parent pauvre, plus encore au niveau du privé que du public. Sans recherche dynamique, pas de salut.


        • Caroline (---.---.202.248) 23 mars 2006 23:28

          OUI OUI OUI....Ayant habite aux USA, j’ai ete recensee....A l’epoque j’ai ete tres choquee par les questions de recensement, par exemple on me demande de quelle race j’etais qui vivait chez moi... Ben , blanche j’ai dit....Le type a ecrit OK caucasienne !!! C’est comme ca qu’ils nous appellent les blancs...apres il me demande : Est-ce que mon fils etait blanc....de quelle souche europeenne...pour moi ca coulait de source... ben blanc aussi...Bon cet employe de l’administration est passe chez moi au moins 3 fois, je ne repondais pas ... Je lui expliquais ok mon statut ici c’est un peu a part quoi, j’ai pas besoin d’etre recensee...oui mais vous vivez sur notre sol...silence dans le salon...bref , j’etais sideree mais maintenant je comprends que les questions de flux migratoires et de demographie doivent etre abordees de facon pragmatique et que la encore les USA sont en avance... C’est paradoxalement un exercice de democratie....Bon un des grand pays a avoir utlise le recensement, tres tot . c’est la Chine... No comment....A Chacun de juger....


        • RAMSAY (---.---.143.53) 24 mars 2006 07:33

          En ce qui concerne votre approche des recensements ethniques, je pense que votre a-priori favorable est surtout motivé par le fait que vous soyez classée, comme caucasienne, dans la catégorie majoritaire.

          Et, pour continuer dans cette logique, pourquoi ne pas inscrire l’appartenance ethnique sur les pièces d’identité où même, mieux encore, sur les vêtements, par le port d’un signe distinctif approprié ?

          RAMSAY


        • RAMSAY (---.---.202.160) 25 mars 2006 13:08

          MESSAGE à CAROLINE

          Il existait en France un fichier des Juifs, qui fut fort efficace en son temps et fut exhumé il ya quelques années, miraculeusement intact. A cette époque eut lieu un débat sur sa destruction ou sa conservation pour les générations futures..

          Un consensus se forma pour sa destruction. Selon vous qu’aurait-il fallu en faire ? Aurait-il fallu, par pragmatisme, le conserver ?

          Il m’arrive effectivement de voir parfois le mal partout, comme tout un chacun.. En ce qui concerne la Hollande, j’ai ainsi du mal à oublier que ce pays fut le seul d’Europe à perdre plus de ses ressortissants sous l’uniforme allemand que sous son propre uniforme.

          Quand à combattre l’extrème droite en utilisant ses procédés, je reste sceptique sur une telle stratégie.

          RAMSAY


        • (---.---.30.190) 27 mars 2006 21:43

          Il est hasardeux de dire que recensement et démocratie vont de pair.

          L’histoire aurait même tendance à nous enseigner le contraire.


        • PJ-BR (---.---.220.140) 23 mars 2006 15:01

          @Fred
          Les impôts sur le revenu sont faibles en France. J’ai travaillé au Brésil et j’y payait nettement plus d’IR qu’en France. Je suis donc pour une hausse de l’IR. Par contre au Brésil c’était indolore car, l’IR étant prélevé à la source, ça n’arrivait pas sur mon compte. Si un pays sensément moins développé que la France réussi à le faire on devrait y arriver.

          Je suis effectivement pour que les entreprises payent des impôts. Surtout quand on voit les patrons les mieux payés faire de l’optimisation fiscale, et donc payent leurs impôts à l’étranger et surtout diminuent ce qu’ils payent. Assoir les impôts des entreprises sur leur masse salariale est une erreur. Il vaudrait mieux prendre le Chiffre d’Affaire. Ce que Mme Parisot semble refuser. Mais le fait qu’elle soit à à la tête d’une entreprise (IPSOS) avec un fort CA et une faible masse salariale y est peut-être pour quelque chose.

          Quant aux entreprises en difficulté, la règle du jeu est la même pour tous. Si une entreprise n’est pas viable alors que ses concurrents le sont, diminuer ses charges revient à lui donner un avantage concurrentiel. C’est anormal.

          @Ludovic Charpentier
          La TVA n’impacte que le client final. Pour les intermédiaires la TVA qu’ils payent viens en déduction de la TVA qu’ils récoltent et ils ne payent que le solde. En fait c’est comme s’ils achetaient Hors Taxe.

          @Jojo
          En France il est interdit de faire des statistiques en fonction de critères raciaux ou d’origine ethnique. Et vu de l’utilisation qui a été faite de ce genre d’information (Fichier des Juifs de France pendant la 2e Guerre Mondiale) ce n’est pas prêt d’évoluer.
          Des critères comme le niveau d’étude suffisent amplement à expliquer nos problèmes. Surtout qu’en France, et c’est un sérieux handicap, le niveau d’étude n’évolue quasiment pas après la sortie de l’école.


          • Fred (---.---.155.75) 23 mars 2006 15:20

            Je ne vois pas en quoi augmenter l’imposition sur les revenus tout en maintenant celle sur les entreprises va relancer la consommation. Je ne trouve pas que le Bresil soit forcemment un modele de reussite economique ou social. Le fait que l’IR soit preleve a la source ne va pas changer le montant net percu par les employes ; si demain vous diminuez le montant net percu par une augmentation de l’impot les francais depenseront moins dans l’economie et quand on voit ce que l’etat fait avec notre argent je ne suis vraiment pas pour lui confier plus de mon argent.

            Sur la concurrence, il est possible qu’un marche ne soit pas viable de facon temporaire donc toutes les entreprises de ce secteur se trouvent affectees. Dans ce sens, une imposition sur les profits serait effectivement une bonne chose. De plus je ne parlais pas de diminuer les charges selectivement mais plutot sur l’ensemble des entreprises.


          • PJ-BR (---.---.220.140) 23 mars 2006 16:14

            @Fred
            Le Brésil n’est pas forcément un modèle de réussite sociale. Mais tout n’est pas à jeter. * L’IR prélevé à la source est plus facilement acceptable. * Il existe déjà un impôt sur les transactions financières (le CPMF), prouvant ainsi que c’est possible à mettre en oeuvre.

            Les baisses d’IR ont visé surtout des milieux qui n’en avaient pas besoin. En baissant un peu l’IR des classes moyennes on a baissé beaucoup celui des ménages les plus aisés. Or leur capacité à consommer plus est limitée. Donc ça a diminué les ressources de l’état sans augmenter la consommation.

            Quant à ce que fait l’état avec notre argent ce n’est peut-être pas génial mais c’est largement mieux que ce qu’ont pu faire les argentins dans les années 90. Globalement en France nous ne sommes pas trop mal lotis. Même si ce que je vois ces dernières années m’inquiète pas mal (baisse des subventions pour la formation continue en 1996, baisse des crédits pour la recherche). Bref la France n’investi plus et ça c’est grave.


          • Fred (---.---.155.75) 23 mars 2006 17:48

            Je n’ai pas dis que tout etait a jeter mais quitte a adopter un nouveau systeme, autant en prendre un qui a du succes. L’IR preleve a la source ne change finalement rien meme s’il est vrai que ca peut changer les mentalites par rapport aux ponctions de l’etat.

            Les baisses d’IR ont affecte tout le monde ; effectivement en masse monetaire elles ont plus affecte la classe aisee qui etait celle qui payait le plus d’impot. Je peux aussi dire qu’il faudrait que cette classe paye plus mais je trouve que en terme de pourcentage finalement, elle paye deja pas mal. Je pense qu’il vaut mieux revoir les depenses de l’etat plutot que de chercher a imposer plus.


          • Al-Capone (---.---.50.134) 24 mars 2006 13:33

            Surtout qu’aujourd’hui, la quasi totalité de l’IR sert a payer les interets de la dettes !

            Qui s’en mets plein les poches de nos IR ? C’est aussi cela le modele social francais ?

            mdele socialo-capitaliste français ?


          • Al-Capone (---.---.50.134) 24 mars 2006 13:41

            A travers « la crise du CPE », y aurait il pas une envie des jeunes de prendre la place qui est la leur et necessaire a la societe ?

            En gros, les 68ars, dehors, place aux jeunes, vous devriez vous estimer heureux, on vas vous payer vos retraites. Et pour nous, on vas deja trainer les boulets créer depuis plus de 25 ans

            Rappel :

            1100milliard € de dette, soit plus de 66% du PIB 235millards€ de budget annuel pour l’etat français

            Quand je lis ça, je me dis que je n’ai pas encore fini de travailler, et avant de penser a mes enfants, faudrait penser a regler la note de papa, maman.

            Vous etes sur de pas vouloir travailler un peu plus longtemps, mais sans rien dire, on vous deja assez entendu !


          • parkway (---.---.18.161) 23 mars 2006 15:29

            1) si il y eu un modèle français, il n’existe plus !

            2) Avec des politiques intègres, on pourrait évoluer effectivement : ceux qui nous dirigent depuis 40 ans sont trop « pollués » pour être honnêtes (et je suis poli !) : donc, d’abord avant toute chose, un coup de pied au cul en 2007. Il faut donc voter pour d’autres mêmes, a priori, moins doués, mais plus honnêtes. Après, tout ira forcément mieux...


            • Nicolas le vrai (---.---.232.177) 23 mars 2006 15:35

              A l’allumette ou au chalumeau mais Brulons le !

              Ce système est en fin de vie, pire raccourcie la vie. La vie de qui me direz vous ? celle de la France. Chaque jour un peu plus nous creusons la tombe de notre chère France, en y enterrant nos souvenirs de gloires nos aspirations.

              Il faut arreter d’idéaliser le futur, de croire que le futur sera plus paisible, moins compétitif et que le social existera pour chacun. Non, des pays émergents désormais se battent sur l’echiquier mondial pour avancer leurs pions, leurs entreprises. Si la France paresse, qu’elle se blinde derriere des protections sociales couteuses elle ne fera que retarder l’inéluctable : sa chute, son enterrement.

              Elle doit réagir en brulant son modele social en s’inspirant des nouveaux pays (chine, inde) mais aussi des modeles mondiaux (Usa, Japon, Royaume-uni, Allemagne).


              • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 mars 2006 17:28

                S’inspirer de la Chine et de l’Inde ??? C’est une blague ???? Vous avez une idée des conditions de travail dans les usines chinoises et indiennes pour sortir une telle connerie ????


              • zoï (---.---.58.60) 23 mars 2006 18:53

                Je ne crois pas que l’Inde et la Chine aient pour ambition de rester éternellement des pays de miséreux.Ces deux pays ont,à mon sens,la volonté d’élever peu à peu le niveau de vie de leur peuple et,se faisant, le raprocher des standarts occidentaux. Quant à ce que vous dites sur les « protections sociales coûteuses »,il faut aussi considérer que ce « coût »présente quelques avantages.Difficile, en effet, d’imaginer une main d’oeuvre qualifiée et des chercheurs « à la pointe » - deux éléments clefs de la compétitivité - qui se satisfassent d’un bol de riz !C’est là le talon d’Achille de ces deux pays qui ont bien du mal à retenir leurs meilleurs cervaux.Et si parfois ils y parviennent, c’est en donnant à ces mêmes cervaux certains des avantages que,bien injustement,vous dénigrez. Enfin et pour conclure ce petit billet,disons que si je partage votre vision d’un avenir de compétition,je ne crois pas,à la différence de vous, que le nivellement par le bas soit la meilleure stratégie pour y faire face...


              • Roland (---.---.70.32) 23 mars 2006 21:22

                Non, il faut s’inspirer du Vénézuéla, le seul pays qui actuellemeent présente un espoir civilisé pour la société.


              • D.A. (---.---.63.206) 24 mars 2006 07:29

                Bonjour, ce que Nicolas veut dire (je pense), c’est que l’environnement international et la compétition qui en découle n’a rien à voir avec ce qui a pu exister ne serait-ce qu’il y 30 ans. « Raffraichir » des modeles à partir de vieux schemas de reflexion ne nous mènera sans doute pas bien loin. Que la Chine ou l’Inde (et leur populations) veuillent s’enrichir et progresser socialement, ca ne fait aucun doute. Mais en l’état actuel des choses, leur modèle social nous pousse au moins disant, qu’on le veuille ou non. Leur poids économique devient incontournable du fait 1) de leur capacités de production 2) de leurs capacités de consommation. A moins d’un crack financier type Argentine, leur voie est bien tracée pour les 20 a 30 ans avenir. Je vis moi même en Asie et je peux déjà observer l’effet de syphon que peut avoir la Chine sur les pays qui l’entoure. Aujourd’hui, même dans certain pays en développement de la zone, les entrprises se délocalisent ou sous-traitent en Chine. La plupart des produits sont importés. Alors, bien sur, l’emploi local est affecté et pourtant, ces pays ont un niveau social « compétitif » par rapport a l’Europe.

                Donc, refuser de prendre les données exterieures pour élaborer un nouveau modèle est une erreur majeure. La solution existe peut-être. Je ne la connais pas, mais jouer les Scherlok Holmes dans les pays sacandinaves à la recherche du paradis perdu ne sera sans doute pas suffisant pour se prémunir de la déferlante économique et intellectuelle des pays en développement.


              • Nicolas le vrai (---.---.11.179) 13 avril 2006 19:54

                Oui c’est ce que je voulais dire, j’ai pas dit qu’il faut s’inspirer du modele social de l’Inde ou de a Chine actuelle, mais de constater que leur modele economique est beaucoup plus dynamique que le notre et qu’il faudrait changer notre modèle social, pas simplement le modifier,si l’on ne veut pas plus tard laisser passer la Chine, l’Inde et bientôt le Brésil et l’Afrique du sud devant nous au rang des nations les plus riches. Je pense en effet qu’il faudrait regresser socialement, les 35h, le 13ème mois, la couverture sociale à 100%, les pensions de retraites, etc etc c’est trop c’est a revoir. En amérique, en Angleterre, les gens n’ont pas tout ca, l’important c’est un salaire elevée, voilà ce qui attire. Car chez nous les acquis sociaux + le salaire minimum + les charges patronales + les impots locaux et les impots sur les sociétés sont un frein qui stoppe carrément la compétivité française. Alors peut etre faudrait-il diminuer ou supprimer nos aquis sociaux, ainsi ont pourrait devenir plus compétitifs et re-créer de l’emploi en France. En sacrifiant nos acquis on gagnerait en pouvoir d’achat et les salaires et l’emplois suivront.

                pour moi le modèle social français actuel n’était possible que quand les richesses du monde se distribué entre les 7 grands pays capaitalistes, aujourd’hui ils sont plus nombreux et tres offensif. Alors si on veut encore capter des capitaux pour investir en France et assurer nos emplois, on a pas le choix on doit réagir. Quitte à faire un pas en arriere pour pouvoir continuer d’exister


              • eb (---.---.197.251) 23 mars 2006 18:44

                Le plus intéressant dans cet article, c’est bien qu’il tord le cou à ces fossoyeurs de réflexions qui brandissent le thème du déclin, au profit du seul modèle anglosaxon. Cet article est une fenêtre ouverte sur une possibilité d’avenir. Les choix restent à faire, à débattre, dans le peuple et par le biais de ces représentants politiques et syndicaux. Il s’agit bien d’une méthode nécessaire car obtenir le consensus c’est faire adhérer le maximum (pas la majorité, c’est mieux encore) de gens. Stop à ces choix politiques entre quatre yeux ; l’exemple du vote au DADVSI de décembre a semble-t-il mis en lumière des pratiques inquiètantes vis-à-vis de nos chers députés.


                • éric (---.---.217.91) 23 mars 2006 20:47

                  Le problème est que la culture française n’est pas au dialogue. Elle est, je le regrette, fondée sur le rapport de force. Les jeux sont binaires, je gagne ou je perds mais ne sont pas au compromis. Les derniers évènements concernant le C.P.E nous le prouvent. L’article est en effet fort intéressant, mais copier des méthodes venant d’autres cultures venues de pays à la géographie et à l’histoire différente de la notre ne peut se faire si simplement. Ceci étant, l’élément essentiel à retenir est que le modèle anglo-saxon n’est pas le seul comme beaucoup souhaiteraient nous le faire croire.


                  • www.jean-brice.fr (---.---.168.225) 23 mars 2006 20:50

                    Si nous voulons garder l’ESSENTIEL du modèle social de l’Europe de l’ouest, c’est à dire l’économie sociale de marché, il faut faire une autre POLITIQUE, qui consiste d’abord à résister au modèle anglo-saxon, ce que notre classe dirigeante est incapable de faire depuis bientôt trente ans...


                    • Roland (---.---.70.32) 23 mars 2006 21:20

                      « Le modèle nordique » tant vanté ! ...... vous voulez savoir ce que c’est que l’ambiance de la vie dans ce paradis de la modernité ? allez voir simplement le film « l’homme sans passé » de Aki Kaurismaki ; Après on en reparlera.


                      • (---.---.43.89) 24 mars 2006 09:36

                        Leningrad Cowboys ?


                      • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 24 mars 2006 14:41

                        Ou mieux, allez y travailler, y étudier, ou ayez des amis sur place... J’aime beaucoup Kaurismaki, mais pour être sincère, je persiste à l’écrire : la qualité de vie dans les pays nordiques est bien meilleur que celle ici...


                      • marc p (---.---.215.83) 23 mars 2006 21:23

                        Bonjour, en effet, un article essayant avec succès, d’ apporter une pierre pour construire l’avenir...

                        D’abord en hommage à D Meda, juste un extrait d’une interview pour indiquer sur qoi s’étaie sa réflexion... ce à quoi elle croit....

                        « Au moins quatre grands types d’activité sont nécessaires à une « bonne » société et aux individus qui la composent : des activités productives permettant l’inscription dans l’échange économique (c’est le travail) ; des activités politiques permettant à chacun de participer à la détermination des conditions de vie en commun ; des activités amicales, familiales, amoureuses, avec les proches ; des activités culturelles au sens hégélien d’approfondissement de soi. Que chacun puisse accéder à la gamme diversifiée de ces activités me semble être l’idéal régulateur susceptible de pouvoir guider nos politiques ».

                        (http://www.diplomatie.gouv.fr/label_france/FRANCE/DOSSIER/2000/06travail.ht ml)

                        Ensuite juste quelques mots pour exprimer un léger désaccord (comme jojo du reste) sur le fait que la dimension et la composition démographique du pays ne compte pas....

                        En effet, la dimension géographique surtout démographique, restreinte de ces pays les rend beaucoup plus tournés vers « l’étranger », leur culture ne peut les contenter au point qu’ils puissent comme les français vivre en autarcie culturelle ; ne jamais étudier un auteur étranger avant le supérieur ; ainsi nous rendons nous compte que dans tous ces pays, toutes les fictions et documentaires « étrangers » à la télévision sont diffusés en v.o. et sous-titrés.... Autrement dit sommes nous conscients à quel point ils sont en prise avec en particulier bien sûr la culture anglo saxonne, mais, n’oublions pas, également tout le monde germanique ou germanisant... Peut être fantasmnt t ils moins sur ces repoussoirs que constituent les modèles anglo- saxons, ce qui leur permet de produire leurs propres modèles... sans s’accrocher à une idéologie paralysante...

                        Qui plus est le protestantisme leur permet de mieux comprendre les américains et les britanniques...

                        En d’autres termes, les gens grandissent avec un sens de l’altérité culturelle, une connaissance de l’autre et de l’autrement, du différent, et de l’ailleurs (y compris d’un autre très ressemblant et voisin au point qu’ils en comprennent la langue), qui nous est encore à nous français bien étranger voire étrange...

                        Ensuite la population de ces pays ne dépasse pas ou presque celle de la région ile de france, la plus riche d’europe dit on.... C’est pourquoi n’est il pas possible qu’un système à la française appliqué à une population de 10 millions de personnes obtiendrait des résultats comparables (éducation, performance économique...). (Je ne dis pas qu’une partie de la richesse de l ile de france n’est pas due à l ensemble du pays).

                        L’histoire de l’Europe ne l’a pas voulu ainsi...

                        Nous autres français vivons en autarcie culturelle avec de brefs écarts-incursions à travers les fictions américaines par exemple, (ou des voyages ou des "expériences aux US), mais justement du fait de leur étrangeté ou leur étrangèreté, ce sont doublement des fictions pour nous. Leur exotisme subtil mais immense nous fascine et accédons nous vraiment à la réalité et l’imaginaire que nous contemplons sans nécessairement l’admirer ?

                        Car la culture Française « se suffit à elle même » ; on peut vivre toute sa vie dans ce pays sans épuiser la somme de production culturelle qu’on lui doit depuis la préhistoire et sans jeter un oeil sur aucune culture étrangère (un peu comme en cuisine). On peut encore facilement dans certaines régions, ne jamais croiser et surtout faire la connaissance d’un étranger ou presque. Même la langue par sa spécificité, sa singularité et une certaine forme de richesse nous isole du reste du monde... De plus on nous fait percevoir nos valeurs comme universelles ou universalisantes ce qui n’est pas toujours faux, mais le plus souvent est assez inexacte...

                        En somme j’essaie d’expliquer certaines causes disons psycho-sociologiques de l’inertie de nous autres Français, repliés sur nos valeurs, le jabot gonflé... les ergots sortis... enferré dans notre élitisme, (l’élite n’a pas besoin de changement puisque tout ou presque valide sa situation et donc son parcours- d’ailleurs n’est il pas significatif qu’en france on puisse être payé pendant les études, cela est il possible ailleurs-), n’apprenant pas à nous écouter , si ce n’est au sein de coteries. Réticents à se remettre en question ou même admettre que l’on s’est trompé ou qu’on ne comprend pas. En accédant à la réalité de ces pays nordiques, on comprend qu’un autrement est possible où l’autre est pris en considération pas seulement pour son salaire, la qualité chatiée de la langue qu’il pratique, ou encore sa profession selon qu’elle est manuelle ou pas... bref et j’y joindrait les anglo saxons, une moindre défiance règne vis à vis les uns des autres ainsi qu’envers l’avenir... On ne compte pas sur l’Etat Républicain pour veiller sur l’autre et pourquoi pas si possible encore plus sur soi... alors ce que l’etat republicain ne fait pas pour l’autre nous devrons bien le faire nous.... l’expérience est possible, ce que M Bilger appelle le pragmatisme...

                        pardon si j’abrege et vous salue...

                        cordialement

                        marc p


                        • faxtronic (---.---.127.73) 24 mars 2006 09:47

                          Et voila, toujours la même rengaine, l’arrogance des français, l’exception culturelle. J’imagine que vous n’avez pas vecu dans d’autre pays que la France et que votre réflexion n’est que de l’éthnomasochisme pourri d’intellectuel bourgeois à la con. Prenons le cinema, si certes les films étrangers sont en VO, nous sommes beaucoup plus ouvert que la plupart des pays européens, que les US et le Japon (ayant vecu en UK, au Pays-Bas et au Japon, ayant un peu parcouru les US). Si certes en france le cinema US est restreint, ailleurs, il est tellement existant qu’il n’y a presque aucun film autre (ni national, ni exotique). Peut etre eut il fallu que nous aussi nous condamnions les films non US à la dégénerescence, comme ça on aura la même culture que les autres. Il faut hurler avec les loups dans ce monde pouuri pour survivre. J’espere que l’Iran detruira ce monde à coup de bombes nucleaires


                        • marc p (---.---.224.225) 24 mars 2006 12:00

                          Bonjour Faxtronic, et pardon si je vous ai offensé, j ai écrit mon laius tard, j etais fatigue et donc ne me suis sans doute pas exprimé très clairement. Car je soutiens avec ferveur l exception culturelle à la française... J’ai vécu à l’étranger dans les pays de l’est et ma culture maternelle est anglosaxonne... C’est pourquoi je vous donne tout à fait raison sur ce que vous dites des US et du UK. Cependant je ne résiste pas à la nécessité de « l’autocritique » puisque j’ai grandi en France et y vis... et des expérience encore récentes à l’étranger pour le moins stupéfiantes me pose vraiment question sur la singularité de notre bon peuple français... notre rapport à la politique, à nous mêmes, à la culture au débat... mais ne suffit il pas de lire les comm d’agoravox pour se rendre compte de l’agressivité débridée de nos comptariotes... ? Enfin je pense que notre culture , richesse immense s il en est contibue à une certaine paralysie ou inertie des politiques économiques et sociales n’oublions pas ces politiciens à vie...(et puisque vous avez vécu à l’étranger vous n ignorez pas la relation singulière des français avec le travail et disons le l’argent..)... J oubliais, j ai 50 ans... et comme vous dites, les plus jeunes ont une autre expérience et on l espère d autres projets... mais les anciens pesent lourds dans la politique de ce pays, même si au travail on s en débarasse le plus tôt possible Bien à vous et merci pour votre réaction Marc P

                          ps : je pense tout de même que l’ethnocentriseme à la Française fait penser en intensité celui de la Chine... ne m en voulez pas... -un petit cote empire du milieu-... (nostalgie quand tu nous tiens...


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 25 mars 2006 09:54

                          Excellente analyse phénoménologique et critique de la mythologie de « l’esprit français » qui n’est autre que celle de l’élite dont tout l’effort est de préserver son pré-carré auto-valorisant et le pouvoir d’influence, proprement clérical quand il n’est pas aussi hiérarchique et formel (sanctionnant les écarts), ce qu’il est presque toujours peu ou prou, qu’elle y exerce.

                          Son universalisme de façade lui interdit de se confronter, sur la question des services publics, avec les expériences des autres, dès lors qu’elle fait de ceux-ci la propriété exclusive de l’appareil d’état centralisé à la française dont ils sont les fonctionnaires appointés et qui leur confère leur pouvoir incontestable. Cet universalisme particulier prétend alors s’imposer en modèle valant pour tous les autres et voit dans les expériences étrangères autant de dévoiements aux principes de la République dont l’élite universaliste franco-française s’arroge de monopole de la juste définition. C’est très exactement une des raisons principale de la victoire du non au référendum sur le TCE qui d’abord été un non à la défonctionarisation des services publics.

                          Derrière cet universalisme républicain mythique singulier il faut voir la volonté impériale d’imposer aux autres nos propres codes juridiques et politiques. Derrière la République Française il faut toujours percevoir l’empire napoléonnien imposant à toute l’Europe le code du même nom (« la Raison à cheval » disait Hegel en parlant de Napoléon).

                          Le rasoir philosophique.


                        • marc p (---.---.236.130) 25 mars 2006 10:48

                          C’est tellement bien dit M Reboul que j’en reste bouche-bée...

                          Si on veut comprendre comment les étrangers « résistent » à et même tournent en dérision, notre façon de vouloir imposer nos valeurs sans recherche de compromis et réelle attention aux valeurs des autres, (c’est votre référence à Napoléon qui m’y fait penser), je vous fais part de l’anecdocte que m’a compté un ami hollandais...

                          Dans une région des Pays Bas(Frise ou Groningue ), je ne sais plus, l’administration Française de Napoléon était chargée de contraindre les gens de choisir un nom de famille (cela n’avait pas encore cours)...

                          On leur demandait quel est votre nom ?

                          Ils répondaient (je ne connais pas le mot hollandais) « MERDE »....

                          Jusqu’à aujourd hui ces personnes s’appellent « Merde » en souvenir de notre Empereur « préféré »....

                          Bien à vous. Marc P


                        • faxtronic (---.---.154.213) 25 mars 2006 20:37

                          Bonjour, vous êtes plus nuancé sur votre réponse et je vous en remercie. Je ne trouve pas que les français ont un rapport avec l’argent different des autres peuples. Certes la mentalité est différente, les français sont plus expressifs et plus explosifs dans les relations avec les autres. Personnellement je prefere cela. J’ai toujours eu du mal, et je continu à avoir du mal d’avoir des relations avec mes amis nippons. Par je n’ai jamais pensé, que le japon était meilleur intrinsequement à la france ou inversement. Moi je prefer la france, malgré tout, ce n’est pas un complexe de superiorité, c’est tout simplement parce que c’est mon pays, qui a les defauts de ces qualités et les qualités de ces defauts. Et je commence à en avoir raz la casquette des dénigreurs.« Viendez » au pays-bas, en flandre, au japon, franchement je trouve la france pas si mauvaise.


                        • faxtronic (---.---.154.213) 25 mars 2006 21:07

                          Votre anecdote, amusante, me faits pensez a des tas d’autre histoire du même acabit, sur les changements de nom imposé par l’occupant, je crois que que votre ancedote ne vient pas du fait que les autorités napoleonnienne voulait changer de nom, mais qu’ils ont pris les noms des gens qui répondaient de temps en temps pas une insulte. Moi-même j’ai un nom maltais, qui a changé completemnt de prononciation et d’orthographe quand les anglais ont pris Malte, en tresor de guerre pendant les guerres napoléonnienne. Et pourquoi ? pour être prononçable par un anglais


                        • marc p (---.---.207.244) 26 mars 2006 00:00

                          Bonjour Faxtronic et merci pour votre réaction,

                          M Reboul exprime beaucoup mieux que moi ce que j essayais de dire et donc encore une fois ne me tenez pas rigueur de ma maladresse mais je vous invite à vous reporter à son propos. Je pense qu’il n’est pas plus tendre que moi même si je ne doute pas de son affection pour notre pays...

                          L’anecdote sur les noms de famille (qui n’existaient pas jusqu’alors) enregistrés par les administrations napoleoniennes (il devait s agir de l armee tout de même), ne me sert que comme image pour faire capter la façon dont notre attitude peut être perçue à l’étranger... (des exemples analogues se sont produits avec d’autres impérialistes comme vous nous l expliquez). Il ne s’agit pas d’un exemple avec valeur de règle.... mais seulement d’une illustration, disons tout simplement édifiante ou parlante de mon argumentation.

                          Nous avons je pense, nous autres occidentaux une chance infinie par rapport à nos amis Nippons. Ils le reconnaissent souvent je crois.

                          Quant aux Flamands et aux Neerlandais ils peuvent nous envier, mais ils sont je pense plus en prise avec des cultures étrangères et donc mieux à même de les appréhender et ainsi de se connaître eux mêmes. (dis moi qui tu fréquentes....). N’oublions pas qui plus est l ampleur de leur activitée commerciale internationale traditionnelle.

                          Enfin s’agissant de l’argent les choses s’uniformisent à travers le monde, mais je me dis que la France fut le premier « grand » pays catholique à s’industrialiser ce qui s’ajoute aux causes des, et conditionne les, modalités du rapport que nous entretenons avec lui et avec l’économie ; je n’oublie pas la prégnance de l’église de Rome depuis le moyen âge... Certes la banque est une invention Italienne mais je pourrais même dire Vénitienne ce qui en fait le produit d’une Cité (un peu plus en superficie)République Commercante, moins soumise au poids de l’ensemble de ce qui deviendra plus tard l’Italie.

                          Cordialement

                          Marc P


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 24 mars 2006 09:25

                          Je suis tout à fait d’accord avec les analyses et la prise de position développées dans l’ouvrage que vous présentez (je vais m’empresser de le commander). Je vous signale les propositions de la CFDT qui vont dans ce sens sur la question de la sécurisation des parcours professionnels versus la sécurité des emplois, sur le modèle donc de la flextabilité. Je considère donc que les choses sont en train d’évoluer et que pour favoriser cette évolution il convient de faire le contraire que ce qui a conduit à la décision concernant le CPE qui n’est acceptable ni dans la méthode, à la hussarde (49.3) et sans négociation préalable ni dans le contenu ( en particulier sur le non motif de licenciement), car cela génère la méfiance réciproque qui rend impossible le désir des nécessaires réformes.

                          La sécurisation des parcours

                          Le CPE, un contrat d’indignité

                          Le rasoir philosophique


                          • jipi (---.---.172.205) 24 mars 2006 10:30

                            Le temps que l’on ne comprendra pas que la baisse des impots sur le revenu, c’est à dire de ceux qui travaillent et supportent tout un tas de prélèvements et ponctions allant de l’IR à la taxe sur le carburant qu ’ils doivent utiliser, est la clé de voute de la réforme. On ne peut pas plus longtemps ponctionner ceux qui travaillent à tous les niveaux, avec un Etat en faillite dont les dettes auraient mis en banqueroute n’importe quelle multi-méga-entreprise !! Il faudrait que tous les bien-pensants comprennent que l’argent public..vient en partie du privé et des forces du travail. Il faut du courage à ces forces pour qu’une partie de leurs revenus soit prélevée pour une puissance publique qui, elle, n’a aucun compte à rendre et qui gère les dépenses publiques de telle manière qu’elle est incapable de résorber un gouffre drastique ! Quant on voit de toutes façons - et le cpe en esy l’illustration - que toute réforme est impossible, sans la levée de boucliers des mêmes qui veulent toujours plus d’Etat, plus d’assistances, plus de droits, plus d’acquis, plus, plus,....et qui paie à la fin ?? Toujours les mêmes !


                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 24 mars 2006 11:00

                              Qui paie à la fin ?

                              La question est légitime, mais il faut dans un même temps se demandre si l’imposition est juste, c’est à dire égalitaire, ou non ; en particulier en ce qui concerne celle des revenus du capital et celle des revenus du travail et en ce qui concerne sa progressivité par rapport aux revenus.

                              De plus il est inexact de dire que les prélèvements obligatoires sont seulement un manque à gagner pour les contribuables : une partie important de ceux-ci sont des revenus indirects redistribués par l’état ou des annexes publiques à chacun : éducation, sécurité sociale, retraites etc.. . Il suffit de comparer les coûts, quasi obligatoires d’éducation et d’assurance maladie aux USA pour nous apercevoir que ce que chacun dépense « volontairement » (pour qui en a les moyens...) l’emportent largement sur ce que nous payons en prélèvement obligatoire pour des services équivalents.

                              Donc la question politique est bien celle-ci : qu’est ce que nous acceptons comme proportion entre revenus directs et revenus indirects compte tenu de l’idée que nous nous faisons de la solidarité sociale ainsi que la question de la l’usage qui est fait de nos impôts en vue de cette solidarité et des types et de la qualité des services publics que nous voulons.

                              Le rasoir philosophique

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