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Accueil du site > Actualités > Politique > Feu l’enseignement artistique !?

Feu l’enseignement artistique !?

Le rapport issu de la consultation sur « l'éducation artistique et culturelle » qui devait sortir initialement en décembre 2012 vient juste d'être publié

L'éducation musicale et les arts plastiques seraient -ils appelés à disparaître du programme ?

Poser la question c'est y répondre, d'autant plus que ce passage du rapport en dit long sur les intentions des rédacteurs et de leur commanditaire :

"En outre, et suite aux préconisations du rapport de la concertation, le ministère de l’Éducation nationale a confirmé son souhait, de repenser l’organisation hebdomadaire des enseignements obligatoires de musique et arts plastiques au collège. Par exemple, une offre d’assouplissement de l’actuelle organisation offrirait des opportunités comme celle de regroupements d’heures afin que ces enseignements puissent se développer dans un environnement culturel plus riche"

Le projet de loi de refondation de l'école et notamment l'article 40 ne peut que donner raison à celles et à ceux qui pensent que le gouvernement veut dé scolariser certaines disciplines et poursuivre dans la voie de la décentralisation et du démantèlement de l'école publique nationale.

Les cours d'enseignement artistique seront remplacées par des « parcours d'éducation artistique et culturelle » dans le second degré.

Décryptons quelque peu ce message :

C'est la fin de l'égalité républicaine et la confusion

L'égalité oubliée

Jusqu'à maintenant il s'agissait de disciplines enseignées partout, à tous les élèves ,quelque soit le lieu d'implantation de l'établissement, par des personnels qualifiés

Dorénavant, Il faudra s'appuyer sur les possibilités locales, en fonction de l'existence de musées et d'espaces culturels et de mettre en place un partenariat « pédagogique » et financier avec les collectivités territoriales et les associations agréées.

La confusion des genres

C'est l'entrée dans les établissements d'associations péri scolaires pour intervenir durant le temps scolaire .

Déjà des associations commencent à se positionner et comme on sait que les agréments toujours en vigueur aujourd'hui à des associations non laïques, on peut s'attendre au pire.

Personne n'a à gagner à l'adaptation de certaines disciplines au territoire et il est juste d'affirmer haut et fort :

Chacun doit garder son corps de métier : l'éducation nationale, l'enseignement et les associations d'éducation populaire le temps péri et post scolaire !?

Les syndicats et organisations qui expliquent que le projet de loi porte atteinte au système national exagéreraient...C'est du moins ce que prétendent certains commentateurs.

Il faut lire les textes avant de jeter des anathèmes aux enseignants.

Le renforcement de la place des collectivités territoriales ne peut que craindre la mise en place d'une autre tutelle que celle de l'Etat avec toutes les dérives possibles.

L'article 38 du projet de loi est explicite, le Conseil d'administration

« se prononce sur le contrat d'objectifs conclu entre l'établissement, l'autorité académique et, le cas échéant, la collectivité territoriale de rattachement »

Les plus pessimistes des enseignants parlent du risque d'un éclatement territorialisé des programmes, on n'en est pas là mais on s'y approche !

Jean-François Chalot

 


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13 réactions à cet article    


  • mbdx33 mbdx33 5 février 2013 12:29

    Il n’y a pas de culture sans éducation et inversement.

    Cependant nous sommes entrés dans une culture du résultat, de la productivité et de la rentabilité. L’école forme de plus en plus de moutons, c’est indéniable, elle arrive même à former des moutons analphabètes. Ce qui pose beaucoup de problème d’intégration dans le monde professionnel. Le rôle régalien de l’Etat dans l’éducation est donc régulièrement critiqué.

    Loin de moi l’idée que les enseignants ne font pas leur boulot, La plupart le font avec cœur, compétence et conviction.

    Mais qui’ n’a pas vu un jeune employé incapable de rendre la monnaie derrière un comptoir sans prendre sa calculatrice pour faire la soustraction ? Qui n’a pas lu un rapport bourré de fautes d’orthographe et de conjugaison ? Force est de constater la dégradation du niveau. Je ne suis pas expert pour en analyser les causes, je laisse cela à d’autres. Je constate.

    Après avoir dit ceci, on sent bien que dans un système qui est incapable d’enseigner les outils de base, le calcul, l’écriture, la lecture, etc. Former des jeunes à la connaissance et la pratique artistique devient un luxe. Pourtant celle-ci est fondamentale. Qui n’a pas entendu des commentaires du genre : « c’est nul, c’est moche, … » en visitant un musée. Alors que les œuvres qui y sont présentées sont universellement reconnues. L’art n’est pas là pour plaire seulement, il peut déranger, témoigner de son époque, … mais tout cela suppose que le spectateur maitrise un minimum le décodage des œuvres.

    C’est un enjeu majeur, n’oublions pas que pour maitriser les esprits certains n’ont pas hésité à bruler des œuvres et des livres, et à baptiser art dégénéré tout production artistique qui n’avait pas grâce à leurs yeux.


    • bakerstreet bakerstreet 5 février 2013 13:33

      Bha, les causes, inutile d’aller chercher bien loin : Il n’y a pas que les cancres qui ne maitrisent pas l’orthographe et le français. Voilà que dans mon boulot, mes jeunes collègues me demandent souvent de les aider à rédiger. C’était pourtant la plupart de bons élèves, pas des cancres, mais la carence est évidente. La même que j’ai observée chez mes enfants maintenant jeunes adultes.

      Je n’ai qu’un regret, mais c’est de ne pas leur avoir appris moi même la lecture et l’écriture, à l’ancienne si l’on veut, selon la méthode syllabique. Un grand bravo pour les enseignants qui ont réussi à protester contre ce système, mais que faire, quand la hiérarchie, c’est vrai, vous l’impose ?
      On a réussi a culpabiliser des familles et à faire fructifier le pactole des spécialistes, avec la profusion du nombre d’enfants soi disant dyslexiques, là où il n’y avait que dysorthographie, lié au système d’apprentissage.

      Leur nombre serait maintenant de dix pour cent, une aberration quand on sait que le pourcentage n’est normalement que de deux à trois pour cent.
      C’est évidemment ce système, dit de lecture globale, qui est en cause.

      Les spécialistes des neurosciences savent d’ailleurs depuis peu, que le cerveau d’un enfant n’a pas la maturité requise pour s’approprier les concepts de la méthode globale.

      Par contre, ils se sont aperçu, que la vieille méthode syllabique, était merveilleusement adaptée.
      Intuition, quand tu nous tiens !
      Ces soit disant spécialistes de l’éducation nationale se seraient ils pas des inquisiteurs ? Bon, pour le moment, le cirque continue, la caravane passe, les enfants souffrent.

      L’avantage de l’apprentissage de la musique est indiscutable, mais je doute qu’un instituteur soit capable de l’offrir à trente élèves, si ce n’est de façon si fragmentaire, qu’elle en devient totalement anecdotique.
      Le sport.....La plupart des gamins adhèrent maintenant à une activité extra scolaire....

      Au vu des carences liées maintenant au temps passé en classe, qui est comme je l’ai lu dans un article du monde, de maintenant 133 jours, contre 177 pour la moyenne de l’europe, a t’on encore la possibilité d’enseigner les matières annexes, enseignées souvent à l’extérieur maintenant : Mille façon de faire de la musique, de l’art, et les écoles de musique ont fleuri, et c’est bien, un peu partout.

      Le problème est tout de même là !
      Difficile d’être étonné devant le fait que l’école ayant abandonné d’immenses plages de temps, celui ci soit occupé maintenant par les autres.
      Et pas forcément plus mal. Car l’essentiel est de donner envie, pas de remplir la tête aux élèves ni de noter, comme l’école a si souvent le réflexe de faire, fidèle à sa vocation de créer des hiérarchies à la française.


      • ZenZoe ZenZoe 5 février 2013 15:44

        Car l’essentiel est de donner envie, pas de remplir la tête aux élèves ni de noter, comme l’école a si souvent le réflexe de faire, fidèle à sa vocation de créer des hiérarchies à la française.

        Belle phrase !


      • mbdx33 mbdx33 5 février 2013 15:09

        @Bakerstreet
        Sur la lecture et l’écriture, même constat.

        En revanche, vous pointez du doigt trois choses :
        - Le problème du temps de carence auquel je ne vois que peu de solutions pour le moment.
        - Si l’enseignement de matières artistiques est possible en activité extrascolaire, ceci suppose que l’on fasse la démarche. Or l’enseignement de ces matières à l’école est gratuit et permet de faire de l’éveil ou de la découverte. J’ai eu le privilège d’avoir des institutrices « hussardes de la République » convaincues que l’enseignement de l’art était primordial. J’ai donc grâce à elles fréquenté les musées, et été initié aux peintres classiques, aux impressionistes, ... J’étais « doué » en dessin, j’ai continué mon aprentisssage au collège avec un professeur de dessin classique, respect des proportions, choix des matières et des couleurs, règles de composition, etc. Par la suite je suis devenu photographe professionnel. Je considère que l’école publique et mon environnement famillial m’ont permis de révéler et cultiver ses aptitudes.
        Et ceci est aussi valable pour le sport, ou des « sous » matières que la géologie, l’architecture locale ou régionale, les langues locales, ...
        - L’enseignement des matières artistiques ou sportives en milieu scolaire peut être assuré par un enseignant spécialisé qui tourne classe en classe et/ou d’école en école. Celui ci peut d’ailleurs se révéler le pilote/chef d’orchestre d’un projet pédagogique pluridisciplinaire inter-classes ou inter-écoles. Exemple : Découverte du patrimoine local ( histoire, géographie, relation géologie/architecture, visites, dessin, écriture, expression orale et musicale, spectacle vivant, ...).


        • bakerstreet bakerstreet 5 février 2013 16:48

          mbdx 33

          Heureux que vous ayez pu faire ce profit.
          Qui n’a pas trouvé un prof ou deux résilient, capable de vous convaincre que vous pouvez vous intéresser à une matière honnie.
          Par contre, pour mon compte, je n’ai pas eu la chance d’avoir eu ce genre d’expériences, qui vous a fait tellement de profit.
          Tout n’est pas lié à l’école, bien sûr. Et point besoin d’être un professionnel pour apprendre, pourvu que vous y mettiez du cœur, et que vous donniez envie de persévérer, en prenant plaisir dans l’erreur, et à la corriger, à votre rythme.
          Un prof de musique ( de l’école de musique) a réussi à dégouter mon gamin comme tant d’autres de la clarinette en lui criant dessus, en lui comprimant les joues.

          Pourtant un premier prix de conservatoire !...

          Il semble bien que Louis Armstrong n’avait pas lui non plus le bon style. Heureusement qu’il n’était pas passé par ce prof !

          Dans les années soixante, la gymnastique était enseignée de façon fastidieuse : Il fallait préparer une série de mouvements, genre « pays socialistes » habillés tous en blanc.
          Les profs de gym avaient l’habitude de se moquer des plus faibles, des lourdeaux qui se prenaient dans le fil, qui « courraient comme des bourrins ».
          J’ai malheureusement ouïe dire que ce genre de comportements, à travers le témoignage de mes enfants, n’était pas tout à fait terminé....

          L’enseignement des arts....Je crois l’avoir plus appris dans les bandes dessinées, et en griffonnant dans les marges de mon cahier qu’à l’école, et aux bons soins de la femme du sous directeur qui nous imposait de recopier un vase, installé sur le bord de son bureau.

          Bon, j’espère n’avoir pas été trop négatif.
          A quoi tient donc l’intérêt, ou le désamour d’un gamin. Une identification, deux notes écoutées et qui vous saisissent, un dessin sur lequel on vous félicite.
          Quelque chose de très léger, comme une jeune pousse, qu’on peut briser ou arroser. Il faut avoir la main verte.
          Une réussite, dans notre pays : L’école maternelle.
          Mais quel dommage de voir que tout cette appétence au dessin et à la création, qui nous émerveille par son ton et sa liberté, se recroqueville si rapidement, et n’est remplacé ensuite que par le doute des enfants, qui ne croient plus en leur pouvoir.
          Comme s’ils étaient chassé du jardin d’Eden


        • lulupipistrelle 5 février 2013 15:14

          Et bien s’ils disparaissent c’est qu’ils l’ont bien mérité... parce que je n’ai jamais vu de programme plus nuls...

          L’Art officiel dans toute sa splendeur : prétentieux, pompier et blablateur. Au point que les parents d’enfants intéressés devaient trouver d’urgence des ateliers ou école d’art plastique pour combler les attentes de leur progéniture. 

          ET l’aspect idéologique : rap et métissage obligatoire...en musicologie. Mais enfin on paye pas des impôts pour que cette sous-culture de merde soit institutionnalisée, ni pour que le gouffre entre les enfants qui naissent avec un piano dans le salon, et les autres deviennent définitif. 

          • lulupipistrelle 5 février 2013 15:32

            ... devienne...


          • ZenZoe ZenZoe 5 février 2013 15:35

            Pour en revenir à l’enseignement des arts plastiques :
            Je me souviens des classes de dessin au lycée, une vraie foire ! Pas de pratique donc à mon avis. Il y a d’autres structures pour ça.
            Par contre, il ne serait pas idiot de donner aux élèves des notions d’histoire de l’art, et de l’histoire de la musique aussi. L’ignorance des gens globalement est assez importante sur ces sujets. Tout le monde connait le nom de Picasso, mais pas sûr qu’ils pourraient nommer trois de ses peintures. Tout le monde connait Mozart, pas sûr qu’ils pourraient reconnaître la petite musique de nuit etc. etc.
            La culture (ou son absence) est un marqueur social pourtant. C’est peut-être pour ça que l’enseignement artistique est négligé dans le cadre de l’EN ? C’est comme si les élites auto-proclamées voulaient se réserver la culture pour elles seules, c’est leur territoire, pas question d’y mêler les ploucs, allez savoir ! C’est peut-être ce qui fera la différence plus tard pourtant, quand le jeune cherchera du boulot. Alors oui, il faut garder un semblant d’éducation artistique. Donner le même bagage à tous.


            • lulupipistrelle 5 février 2013 15:50

              Non, ce ne sont pas les élites qui empêchent la démocratisation de la culture... c’est juste le contraire : les incultes qui ne veulent pas que cette culture se diffuse dans toute la société. Et pour se faire, on institutionnalise les pratiques des rues, sans jamais permettre aux enfants de rues d’accéder à autre chose. 


            • lulupipistrelle 5 février 2013 15:52

              Les incultes sont à l’Education Nationale. 


              • LE CHAT LE CHAT 5 février 2013 15:54

                c’est la crise , ce n’est politiquement plus correct de faire faire aux enfants des colliers avec les coquillettes ! smiley


                • CHALOT CHALOT 5 février 2013 16:01

                  La discussion autour de la culture, de son accessibilité, de la nécessité de ne pas se cantonner au goût du jour est intéressante et j’ai apprécié mais mon propos c’est d’alerter sur le risque de voir la fin des enseignements artistiques enseignés par des enseignants et leur remplacement en fonction du territoire d’implantation :
                  - en apports culturels de qualité dans des villes bien dotées
                  - et pour le reste de la garderie, collage de nouilles !


                  • lulupipistrelle 5 février 2013 16:13

                    Je suis pour une fois totalement d’accord avec vous. 


                    Mais j’attire votre attention sur le fait que cette fin des enseignements artistiques étaient sans doute programmée, vu le contenu des programmes dont je dispose.

                    Et je suis très en colère avec vous, parce que toutes les villes ne disposent pas de musées organisant des ateliers avec un personnel compétent (à titre d’exemple, il y a 7-8 ans 1,80 euros les 2h hebdomadaires) ou d’Ecole d’Arts Plastiques (65 euros à l’ année, pour 3 h le samedi matin, en période scolaire). 
                    Pour l’enseignement musical ce doit être pire... Même si les conseils généraux organisent parfois des écoles départementales de musique, avec des profs itinérants... 

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