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Accueil du site > Actualités > Politique > Fisc and chipe : le menu des salariés

Fisc and chipe : le menu des salariés

On se souvient peut-être que c’est en 1991 et sous l’ère Rocard qu’a été inventée la CSG, mi impôt, mi cotisation sociale -, si décriée alors par la Droite qui s’en est pourtant beaucoup servie depuis pour accroître les prélèvements tant sur les salaires que sur les revenus de l’épargne.

A l’époque, les logiciels de salaires ont dû être revus dans l’urgence tant car la mesure avait été annoncée tardivement que par la création absurde d’une CSG non déductible ; en gros, l’Etat prélève directement sur les salaires une part de CSG – que le salarié ne perçoit jamais – qu’il faut néanmoins réintroduire dans le revenu fiscal ! Une double peine donc… et pas la dernière.

En 2013, sous gouvernance socialiste à nouveau, a été mise en œuvre la rétroactivité des prélèvements sociaux (déjà portés à 15,5% au 01 07 2012), - un assemblage de CSG, de CRDS, de prélèvement social, de contribution additionnelle à la Sécurité Sociale et de prélèvement de solidarité, ces contributions étant officiellement destinées au financement de la protection sociale -, sur les revenus liés aux PEE.

En bref, cela revient à pénaliser les salariés qui ont conservé des actions ou des placements de leur entreprise DEPUIS L’ORIGINE alors même que les transactions et les manipulations financières au jour le jour qui devaient faire l’objet de taxations fiscales accrues depuis de nombreuses années ne le sont toujours pas. Prime est ainsi toujours donnée aux traders et autres spéculateurs à l’encontre même des salariés des entreprises sur lesquelles ces financiers spéculent !

En janvier 2014, le taux normal de TVA est passé de 19,6 à 20%. Cette augmentation, liée à celle des autres taux de TVA, a été très largement relayée par les média ; elle aura forcément un impact sur le pouvoir d’achat, notamment quand les achats d’un faible montant vont voir leur prix « arrondi ». Les français ont déjà vu, lors du passage à l’euro, comment les prix, sous couvert de ces fameux « arrondis », avaient connu une subite envolée. N’en déplaise à l’INSEE dont le calcul du taux d’inflation est tellement imparfait qu’on ne voit pas bien à quoi il sert, sauf à recalculer d’année en année à la baisse le taux d’intérêt de la Caisse d’Epargne !

D’autres mesures, pourtant très pénalisantes pour les salariés, n’ont pas eu droit à la même publicité. Comme chaque année !, la part salariale des cotisations vieillesse et retraites complémentaires augmente mais en 2014 plus fortement que les années passées.

Il est vrai que dans une société qui fabrique des chômeurs et des retraités sans offrir d’emploi à ses plus jeunes, la retraite par répartition risque de devenir très rapidement plus une gageure qu’une réalité, à terme peut-être même une illusion au même titre que les fameuses « 35 heures » qui ne sont plus 35 pour de nombreux salariés, voire pour tous depuis la mise en place de la fameuse journée de solidarité de Monsieur Raffarin, premier coup de canif sur les RTT. 

Le 11 janvier 2013 a été signé l’ANI (Accord National Interprofessionnel) qui prévoit notamment que tous les salariés, quelle que soit la taille de leur entreprise, bénéficieront d’une complémentaire santé au plus tard le 1er janvier 2016. Toutes les entreprises devront ainsi avoir souscrit auprès d’assureurs privés un contrat collectif obligatoire pour l’ensemble des salariés, contrat qui sera financé à hauteur de 50% minimum par l’entreprise.

En apparence, une mesure de justice sociale. Sauf que, compte-tenu du désengagement progressif et constant de la protection santé de la Sécurité Sociale et de la protection sociale de l’Etat, il ne s’agit ici que d’une énième mesure de plus de bascule de la protection sociale du public vers le privé. 

Et pour que la coupe des salariés se vide encore plus vite, le régime fiscal de ces cotisations de Frais de santé a été modifié par la loi de finances 2014, publié au Journal Officiel le 30 décembre 2013, avec effet rétroactif sur les salaires de 2013.

 

Ce texte instaure, à la veille du Nouvel An !, la fiscalisation des cotisations patronales « frais de santé », cotisations qui seront réintégrées dans la déclaration de revenus pour 2013 et dans le calcul du net imposable, net imposable qui inclut déjà depuis plus de 20 ans une part de CSG/CRDS à hauteur de près de 4% du salaire annuel net. Concrètement, pour l‘imposition des revenus de 2013, outre l’incidence du blocage du barème de l’impôt sur les revenus de 2011 et 2012 qui a causé, de facto, une hausse de l’impôt à payer, et une revalorisation très limitée de 0,8% (évolution de l‘Indice des Prix à la Consommation, pâle reflet de l’évolution réelle des prix, impôts, taxes… imposée à tous) pour le calcul des impôts en 2014, va se rajouter une part de cotisations patronales dont le salarié connaît à peine l’existence, voire le mode de calcul et qu’on lui présente depuis des années dans les grandes entreprises comme un avantage social qui justifie qu’on n’augmente pas ou qu’on limite l’augmentation de son salaire…

D’ores et déjà, on est également en droit de se demander si, compte-tenu de ces nouvelles contraintes fiscales, la souscription obligatoire d’une complémentaire santé via son employeur sera demain toujours plus intéressante, à couverture égale, que celle d’un contrat souscrit à titre individuel. Rien n’est moins sûr, sauf que c’est une liberté qu’aucun salarié n’aura bientôt plus.

 

En conclusion, le gouvernement « socialiste » tape donc toujours plus et toujours plus fort dans la poche des salariés dont les revenus nets, les avantages sociaux et la protection sociale s’amenuisent d’année en année.

Et les salariés sont souvent ces classes moyennes qui ont le tort de n’être ni assez riches ni assez pauvres, cette majorité silencieuse qui ne descend pas dans la rue pour crier sa colère mais qui se fatigue de ne jamais être mise qu’à contribution et ni écoutée ni entendue. Et dont le pouvoir d’achat, insidieusement, décroît d’année en année, quelle que soit la couleur de ses « gouvernants »…

 


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3 réactions à cet article    


  • HELIOS HELIOS 31 janvier 2014 21:44

    Tant que personne ne dit rien et vote toujours pour les mêmes, pourquoi cela changerait-il ?

    Vous-ai-je lu dans des commentaires où vous proposeriez une autre alternative politique ?...ah, c’est votre premiere intervention... Nous suivrons vos commentaires.

    Merci quand même pour votre texte, au demeurant interressant.


    • oncle archibald 1er février 2014 10:08

      La CSG est une honte absolue. Elle permet aux plus riches de voir le produit de leur épargne moins taxé que s’il était intégré dans leurs revenus, et elle taxe doublement les plus pauvres sur leur maigres salaires.


      • zygzornifle zygzornifle 3 février 2014 18:43

        Quand un pays fait payer de l’impôt sur des taxes prélevées, argent que l’on ne touche même pas, on ne peut s’attendre à rien de bon et cela se vérifie tout les jours que le gouvernement soit de droite ou de gauche....

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Auteur de l'article

philaimon


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