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Accueil du site > Actualités > Politique > Fracture sociale, rupture tranquille ? Cassure nette avec le pays (...)

Fracture sociale, rupture tranquille ? Cassure nette avec le pays !

« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », disait Paul Nizan en 1931. Soixante-quinze années plus tard, son petit-fils, l’anthropologue Emmanuel Todd, est tout aussi clair et sans détour pour porter le message d’une France qui se dit désabusée, souffrante, voire orpheline. Venu à la demande de Villepin exposer ses thèses, hier jeudi 14 décembre, en ouverture de la conférence sur l’emploi, il a troussé quelques phrases chocs pour alerter de nouveau sur la situation de la société française : « Une part importante des Français refuse les choix économiques des dirigeants parce que le libre-échange fout en l’air la vie de la moitié de la population ». On se souvient que dans son discours fondateur de la campagne présidentielle de 1995, Jacques Chirac avait repris la formule de « fracture sociale » attribuée alors à Emmanuel Todd.

La fracture sociale

L’expression fracture sociale a en réalité été forgée par le philosophe français Marcel Gauchet qui, parlant de la lutte des classes écrivit ceci : « Il est devenu indécent d’en parler, mais ce n’est pas moins elle qui resurgit là où on ne l’attendait pas pour alimenter la poussée électorale continue de l’extrême droite (...) Un mur s’est dressé entre les élites et les populations, entre une France officielle, avouable, qui se pique de ses nobles sentiments, et un pays des marges, renvoyé dans l’ignoble, qui puise dans le déni opposé à ses difficultés d’existence l’aliment de sa rancœur. »

Le candidat Jacques Chirac en 1995 utilise cette notion nouvelle dans sa campagne : « La France fut longtemps considérée comme un modèle de mobilité sociale. Certes, tout n’y était pas parfait. Mais elle connaissait un mouvement continu qui allait dans le bon sens. Or, la sécurité économique et la certitude du lendemain sont désormais des privilèges. La jeunesse française exprime son désarroi. Une fracture sociale se creuse dont l’ensemble de la nation supporte la charge. La machine France ne fonctionne plus. Elle ne fonctionne plus pour tous les Français. »

Chirac présente la fracture sociale comme porteuse de risques de troubles dans les banlieues. Il avance même des chiffres qui « en eux-mêmes, n’expriment pas la gravité de la fracture sociale qui menace - je pèse mes mots - l’unité nationale ».

Et de poursuivre : « Dans les banlieues déshéritées règne une terreur molle. Quand trop de jeunes ne voient poindre que le chômage ou des petits stages au terme d’études incertaines, ils finissent par se révolter. Pour l’heure, l’État s’efforce de maintenir l’ordre et le traitement social du chômage évite le pire. Mais jusqu’à quand ? »
Entonnée avec conviction et une certaine sincérité, la formule devenue promesse dans la bouche de Chirac n’a pas accouché de grand-chose. Le silence du chef de l’Etat lors des crises de banlieues de novembre 2005 est à ce titre révélateur de son échec sur cette question.

La rupture tranquille

Avant d’être "tranquille", la rupture fut prônée par Nicolas Sarkozy sans qualificatif ni complexe. Au Figaro qui l’interrogeait le 1er septembre, Sarkozy répondait : "Le mot rupture, non seulement je le maintiens, mais je le revendique". Il ajoutait : "Je veux la rupture avec des comportements, des méthodes et des politiques qui font qu’un Français sur deux ne vote plus et que 25 % de ceux qui votent le font pour des extrêmes. Je veux que la vie politique tire les débats vers le haut et que l’on en finisse avec l’égalitarisme, le nivellement et l’uniformité." Ce n’est que très récemment qu’il s’est résolu à apaiser ses interventions publiques. Afin, suppose-t-on, de limiter la casse de son clan politique et de corriger son image de diviseur (on lui reprocha de se mettre à dos les jeunes "racailles", les juges, etc.) Il s’est agi aussi de rendre positif son concept de « rupture » en l’employant à l’encontre de la pensée unique déclarée, « la pensée unique qui dit toujours que ce qui est nécessaire est impossible ». Mais on sait le peu de sens que recouvre la rupture à la méthode Sarkozy : il s’agit de jouer sa carte personnelle contre les vieux barons du gaullisme et de libéraliser la politique de droite.

Une franche cassure avec le pays

Aujourd’hui, ces slogans n’ont plus de prise ni de sens pour les Français que l’on dit d’en-bas. La fracture sociale s’est encore creusée. Chômage, précarité, temps partiel, se sont répandus davantage dans la jeunesse et chez les salariés en général. La population dans son ensemble connaît une érosion de son pouvoir d’achat, baisse dissimulée derrière une manière obsolète de l’Insee de mesurer cette variable économique. Les électeurs ne croient plus aux appareils politiques ni à la classe de leurs dirigeants cumulards, qui font de la succession de leurs nombreux mandats une véritable carrière à vie. Ils leur prêtent peu de crédit tant sur leurs promesses que sur leurs réelles capacités à faire bouger les choses. Le gagnant risque d’être une fois de plus le Front national, que les candidats Sarkozy et Royal ("candidats du vide", dit Todd) auront bien du mal à contrer. Et en cas d’élection de l’un ou de l’autre, il faut s’attendre à une inertie semblable à celle que l’on a connue lors des deux derniers mandats présidentiels, car ce seront les mêmes partis, les mêmes personnels politiques qui tiendront les rênes. Ne nous faut-il pas admettre aujourd’hui que la seule stratégie possible, la voie la mieux appropriée pour lutter contre cette crise durable et tenace est celle d’un gouvernement d’Union nationale qui sache saisir à bras-le-corps les problèmes vitaux et ne recule pas derrière la difficulté de l’entreprise ?

Pour un gouvernement d’Union nationale

Ce gouvernement d’Union nationale serait associé à une participation active et réelle, auprès des élus, de représentants de la société civile. Encore faut-il que le citoyen se révèle au-dessus de son statut de simple électeur et qu’en tant qu’électeur, il ne se laisse pas enfermer dans le choix binaire et restreint entre une "France d’avant" (Le Pen ou de Villiers aux idées rétrogrades) et une "France d’après" de Sarkozy ou de Royal (formule quasi éponyme : "désirs d’avenir"). Encore faut-il aussi que ce citoyen s’engage sur un projet et y prenne part, y apporte sa pierre, plutôt que de se tourner vers un vote de rejet, de sanction, ou de se réfugier dans une stérile abstention. Le véritable citoyen doit savoir refuser ce simulacre de démocratie où règnent la gérontocratie, les sondages d’opinions, les slogans vides.
Ce qu’il lui faut regarder, ce n’est pas une "France d’avant" ni une fausse "France d’après". Ce qu’il lui faut regarder, c’est où est la France, si elle est devant ou derrière les autres nations, selon quels critères (pas à l’aune du seul PIB) et comment se rassembler pour oeuvrer à la réussite, pour qu’elle y gagne la meilleure place. C’est là la seule mission qui nous appelle et qui nous engage aux yeux des générations présentes et futures.


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60 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 décembre 2006 11:11

    Cher Poète,

    Votre article est bien rédigé, on sent du travail mais hélas, le résultat s’avère décevant. Vos constats et solutions semblent épouser la superficialité des discours politiques. Les slogans creux sont à l’image des discours sans contenu. Entre complainte critiques et propositions incantatoires, ainsi vois-je votre propos.

    La crise a besoin d’une vision forte des problèmes et des solution. Ce n’est pas au centre et avec l’union que la voie sera tracée. Il faut un cap déterminé. A gauche, oui, à gauche mais on n’a pas de parti de gauche conciliant pragmatisme, éthique, morale, intelligence.


    • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 11:39

      Cher Bernard,

      Je ne pense pas que le fait de rejeter le clivage archaïque Droite-Gauche et l’opposition entre France d’avant et France d’après, soit une position superficielle. Cela me semble au contraire la meilleure posture pour faire avancer le pays. Par une stratégie au centre, mais un centre renforcé par des apports de personnalités de gauche. C’est une question d’équilibre. Or,à gauche tous préfèrent se ranger derrière une « candidate du vide » (pour reprendre l’expression de Todd).

      Cet article n’a pas pour but de livrer des solutions (c’est aux politiques de le faire) mais d’indiquer une voie possible.


    • ZEN zen 18 décembre 2006 11:50

      @ L’auteur, bonjour

      Je ne crois pas possible un gouvernement d’union nationale. Comment concilier la carpe Ségolène et le lapin Sarko ? Même si certains considèrent que peu de choses les séparent, je pense tout de même qu’il y a plus qu’une petite différence,et, à l’heure du choix final, je saurai qui éliminer. N’en déplaise à E.T., dont j’ai apprécié le prémonitoire « Après l’empire »...


    • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 12:14

      Cher Zen,

      Il ne s’agirait pas de « concilier la carpe Ségolène et le lapin Sarko » mais d’écarter ces deux-là !

       smiley


    • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2006 14:52

      Je partage l’opinion de Bernard Dugué et de Zen. Tu rêves, Taverne, ce qui après tout est normal pour un poète. Au 2e tour de la présidentielle, tu feras comme la plupart de ceux qui ne s’abstiennent pas ou ne votent pas blanc : tu voteras contre celui dont tu ne veux pas du programme (ni de l’inquiétante et hypernerveuse personnalité qui le disqualifie en tant qu’homme d’Etat, suivez mon regard) plus que pour celui ou celle qui ne t’enthousiasme pas du tout.


    • DEALBATA (---.---.166.140) 18 décembre 2006 11:58

      Pour une union nationale ... Encore faudrait-il qu’il y ait une nation, et c’est dans ce cas assez plaisant de voir tous ces tueurs à gaz de la nation, la revendiquer quand il est question d’échafauder un concept brumeux nous cachant les récifs de la réalité. Un peu comme le Françouais Déroute qui se propose à la présidentielle de son pays mais qui cache derrière son dos le poignard européen pour l’achever de sang froid. Tous ces chercheurs en solutions médiocres sont les contributeurs directs à l’euthanasie de la nation Française dont ils utilisent la terminologie en laquelle ils ne croient plus mais qui leur sert à mieux tromper les gogos « voteurs ».


      • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 12:52

        DEABALTA :

        C’est drôle que vous disiez cela : mon tout premier article sur Agoravox disait justement que la nation doit renaître...

        Voir ici (page 5) :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11794


      • DEALBATA (---.---.166.140) 18 décembre 2006 14:11

        Ce n’est pas si drôle que ça, quand dans cet article, vous prônez une nation bigarrée ou bi égarée dont un tsunami d’immigrés quotidien ravale son profil historique. Dans le fond, vous pourriez voter Sarkosy pour qui, une nation n’est faite que des gens qui la peuplent quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. La Nation n’est pas une auberge espagnole, contrairement à ce que votre vision égalitariste aveugle vous suggère, c’est un creuset ou l’esprit,la langue, le peuple à pu se trouver en symbiose mais ce n’est pas cette espèce de ZEP (zone d’éducation des peuples), à laquelle vous aspirez, où une faune sans attache (si ce n’est économique) et sans racine erre en quémandant l’humanité financière contre sa Tradition séculaire. Et encore cette Nation n’est que l’ombre de l’esprit Féodal dont l’inspiration et l’origine dépasse de loin les préoccupations matérialistes et souvent dégradantes de nos concitoyens.


      • DEALBATA (---.---.166.140) 18 décembre 2006 14:17

        Ce n’est pas si drôle que ça, quand dans cet article, vous prônez une nation bigarrée ou bi égarée dont un tsunami d’immigrés quotidien ravale son profil historique. Dans le fond, vous pourriez voter Sarkosy pour qui, une nation n’est faite que des gens qui la peuplent quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. La Nation n’est pas une auberge espagnole, contrairement à ce que votre vision égalitariste aveugle vous suggère, c’est un creuset ou l’esprit,la langue, le peuple à pu se trouver en symbiose mais ce n’est pas cette espèce de ZEP (zone d’éducation des peuples), à laquelle vous aspirez, où une faune sans attache (si ce n’est économique) et sans racine erre en quémandant l’humanité financière contre sa Tradition séculaire. Et encore cette Nation n’est que l’ombre de l’esprit Féodal dont l’inspiration et l’origine dépasse de loin les préoccupations matérialistes et souvent dégradantes de nos concitoyens.


      • www.jean-brice.fr (---.---.26.205) 18 décembre 2006 16:58

        BIEN DIT : ce ne sont pas les centristes qui vont refaire la NATION !!! et certainement pas un PARTI POLITIQUE quelqu’il soit ...


      • www.jean-brice.fr (---.---.26.205) 18 décembre 2006 17:05

        LES PARTIS ONT OU CROIENT AVOIR ENTERRE LE GAULLISME, mais les Français se rendent compte que lui seul peut refaire la NATION, n’en déplaise à tous les centristes de la terre ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


      • www.jean-brice.fr (---.---.26.205) 18 décembre 2006 17:10

        LES PARTIS ONT OU CROIENT AVOIR ENTERRE LE GAULLISME, mais les Français savent que c’est le Gaullisme qui a fait la NATION, n’en déplaise à tous les centristes de la terre ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


      • vienne (---.---.12.242) 18 décembre 2006 12:05

        Nous avons besoin d’un gouvernement fort, courageux, pugnace, tenace qui applique sans hésitations un programme pragmatique de redressement national. Croyez-vous vraiment qu’un gouvernement qui passera son temps à essayer de concilier deux camps, souvent d’accord sur les causes du mal mais diamétralement opposés sur les remèdes à appliquer, puisse produire autre chose que ce que nous avons vécu depuis la première cohabitation et les dernières années avec un Chirac dont la politique consiste à faire un pas en avant et en pas en arrière ?


        • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 12:16

          à vienne :

          « Un pas en avant et en pas en arrière » : ce n’est pas la valse de Vienne !


        • (---.---.227.38) 18 décembre 2006 12:31

          « érosion de son pouvoir d’achat » on s’en fiche du pouvoir d’achat. Ce qu’on veut c’est avoir le droit d’être pauvre. Avoir le droit d’aller planter notre tente place de la Concorde si ça nous chante.


          • sweetsmoke (---.---.241.2) 18 décembre 2006 12:35

            Difficile de choisir entre naboléon et une hotesse de l’air avec leur partis, qui, depuis 20 ans se succèdent pour servir, magouilles, connivences, réseaux, clientélisme et amnisties.

            Fracture sociale, rupture tranquille ? Cassure nette avec le pays !

            Tout ça doit mener à la Révolution plutôt,et vite, et tant pis pour les petits laches qui ne veulent pas renoncer à leur petit privilèges, qu’ils crèvent.


            • josé (---.---.53.193) 18 décembre 2006 14:15

              @ sweetsmoke (IP:xxx.x99.241.2) le 18 décembre 2006 à 12H35.. Mais le plus important est que cette révolution ne sera point ni de gauche ni de droite. Pour les français celà est totalement incompréensible. C’est même contre-nature. Voilà le gros problême.


            • josé (---.---.53.193) 18 décembre 2006 14:23

              @ La Taverne des Poètes (IP:xxx.x34.117.178) le 18 décembre 2006 à 14H08 « Je ne pense que les valeurs soient à créer, mais plutôt à identifier, à rappeler, à consolider, à rénover parfois... »... Je suis desolé mais... vous êtes un « ancien ». Nous sommes à un moment où tout sera à refaire et sans regarder en arrière car celà fera très mais très mal.


            • allah (---.---.226.40) 18 décembre 2006 12:43

              il n y a pas de vision archaique gauche droite : il n y a tout simplement plus de gauche en europe depuis le triomphe ( oh combien temporaire vu les horreurs qui nous attendent ) du liberalisme et du mondialisme smiley


              • aquad69 (---.---.33.228) 18 décembre 2006 12:58

                Bla, Bla, Bla, il faut, nyaca ...

                Et qui le formera, le gouvt d’union nationale ?

                La situation actuelle n’est pas due à la seule usure des partis et gouvernants, mais également à celle de toute notre société.

                Considérez la situation : tout le monde est à la recherche des « valeurs », mot magique signifiant ce sur quoi on pourrait fonder une société digne de ce nom, solidaire, humaine, joyeuse, etc..

                Mais ces valeurs ne s’inventent pas (ça se saurait), elles se transmettent ; or, on ne peut les rechercher dans notre passé, c’est interdit puisque le passé ça y en a pas bon, ça y en a France d’avant, réac pas beau.

                En vérité, tous le spectacle politique que l’on nous a présenté depuis deux siècles se résume en un vaudeville à trois personnages : le progressiste, le conservateur et le réactionnaire, concours de bêtise permanent entre trois imbéciles. Le premier jette le bébé avec l’eau du bain, le second garde le tout aveuglément, mais l’eau croupit et tue le bébé, quand au troisième, c’est le meilleur, il se jette par terre pour récupérer l’eau après qu’elle ait été jetée en s’imaginant y retrouver le bébé...

                Personne aujourd’hui n’est capable de légitimer une réflexion sensée sur ce qu’est une société, à quoi elle sert, et ce dont auraient besoins ses membres. Un petit exemple de contresens : tout le monde vous parlera de « construire une nouvelle société » ; mais le mot « construire » ne s’applique- t-il pas à l’ordre minéral ? Est-ce que ce ne sont pas des maisons ou des ponts que l’on construit ? Les gens et les rapports qu’ils ont entre eux ne sont-ils pas des choses vivantes ? Tout les cultivateurs et gens de la campagne vous le diront : on ne construit pas un champs de blé, on le fait pousser ; ne devrait-on pas faire pousser une société, la cultiver, plutôt que lancer des chantiers de constructions humanistes tous azimuths ? Mais on confond toujours la maison et ses habitants, comme si l’on pouvait soigner une famille dans laquelle régnerait la violence en changeant les meubles de la chambre des enfants...

                Il n’y a plus dans ce pays de personne avec un horizon culturel suffisant pour résoudre ces questions ; mais s’il y en avait une, elle n’aurait aucune chance d’être plebiscitée ou élue, et d’ailleurs aucun gouvernement n’a le pouvoir de changer réellement les choses et d’aller contre les tabous et superstitions ambiantes : la particularité de dirigeant élus est précisément de ne jamais contrer les dérives de ceux qui les ont élu, mais au contraire de les précéder, et de savoir "surfer sur la mode" !

                Cordialement Thierry


                • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 14:08

                  à Thierry (aquad69)

                  Bien parlé ! Je vote pour votre commentaire.

                  Commentaires de commentaire :

                  Je ne pense que les valeurs soient à créer, mais plutôt à identifier, à rappeler, à consolider, à rénover parfois... Effectivement, en disant « la France d’avant » je fustige certaines valeurs passéistes qui ont besoin d’être dépoussiérées voire reléguées. Mais je ne considère pas que tout ce qui est ancien est à jeter, pas plus que je ne me jette frénétiquement sur ce qui est neuf (ou supposé tel). Lorsque j’ai écrit mon premier papier sur Agoravox sur la Nation (valeur ringardisée s’il en est), on m’a qualifié de nationaliste. Après, Sarkozy et Royal ont repris cette valeur. Ne trouvez-vous pas que cela montre que les Français tous ensemble (sans exclusion) ont besoin de se retrouver au sein d’une nation ? Pour constr...heu pardon ! pour faire pousser ! smiley


                • degueuloir (---.---.171.75) 18 décembre 2006 13:30

                  Ségo sera présidente.......(présage) comment aborderez vous la question à ce moment là ?


                  • FYI (---.---.100.34) 18 décembre 2006 13:36

                    @ l’Auteur

                    Est-ce que vous pensez que Villepin à compris la même chose que votre énoncé plus haut concernant l’intervention de E.T. ? smiley

                    Mon sentiment : tant que les français ne se mobiliseront pas plus fréquemment, rien ne bougera smiley


                    • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 14:11

                      à Thierry (aquad69)

                      Bien parlé ! Je vote pour votre commentaire.

                      Commentaires de commentaire :

                      Je ne pense que les valeurs soient à créer, mais plutôt à identifier, à rappeler, à consolider, à rénover parfois... Effectivement, en disant « la France d’avant » je fustige certaines valeurs passéistes qui ont besoin d’être dépoussiérées voire reléguées. Mais je ne considère pas que tout ce qui est ancien est à jeter, pas plus que je ne me jette frénétiquement sur ce qui est neuf (ou supposé tel). Lorsque j’ai écrit mon premier papier sur Agoravox sur la Nation (valeur ringardisée s’il en est), on m’a qualifié de nationaliste. Après, Sarkozy et Royal ont repris cette valeur. Ne trouvez-vous pas que cela montre que les Français tous ensemble (sans exclusion) ont besoin de se retrouver au sein d’une nation ? Pour constr...heu pardon ! pour faire pousser ! smiley


                      • pingouin perplexe (---.---.145.88) 18 décembre 2006 14:26

                        Cette idée d’un centre qui aurait, mais alors résolument le coeur à gauche pourrait bien être toute autre chose qu’une absurdité. Idéal régulateur, plus que volonté politique effective ? C’est là une question qu’il est bien peu aisé de cerner. Il est pourtant fort à propos de reformuler les questions essentielles. A savoir, jusqu’où aurait-on laissé le marché estomper les frontières entre les personnes et les produits ? ... Et comment inverser la tendance, en faveur de la notion de la personne comprise comme porteuse de droit et de dignité.Quelle attitude adopter, aussi, par rapport aux enjeux de la technique, en sachant que si celle-ci se trouve davantage arrimée à des intérêts privés qu’à des finalités d’intérêt commun, on ne peut alors que rapidement se trouver en présence d’aberrations scientistes diverses et variées. Les problématiques ne manquent pas. De ce fait, je n’en citerais qu’une à titre d’illustration. On nous parle beaucoup, ici et là, de l’avènement d’une technosphère qui en arriverait prochainement au niveau de la « déduction cognitive ». Késako ? Quelle serait donc cette absurdité qui voudrait, pour simplifier, en arriver à produire une technologie qui passerait plus aisément le test de Türing que ne le ferait le consommateur moyen, qui se trouverait alors comme arrimé à une sorte de chaîne d’élevage ? De quoi la technique serait-elle l’externalisation ? De cette volonté de puissance sans scrupules qui anime le marché, ou bien de notre capacité à réinventer la solidarité ? En somme, avoir à coeur la notion d’un contrat social réélaboré, qui serait alternatif à la reconduction sous d’autres formes des violences historiques, et des rancoeurs qui vont avec. Il serait bien d’essayer de faire vivre une notion de l’interdépendance, respectueuse de chacun, et orientée vers le souci de transmettre un certain bien vivre à ceux qui nous succéderont dans un environnement aux ressources limitées, et à répartir plus équitablement. Que l’on ne dise plus « après nous le déluge » !


                        • josé (---.---.53.193) 18 décembre 2006 14:33

                          @ pingouin perplexe (IP:xxx.x3.145.88) le 18 décembre 2006 à 14H26 . . Bref les idées universelees françaises sont à réinventer. Vous autres ont été pris de court. et surtout vous ne voulez rien changer.


                        • pingouin perplexe (---.---.145.88) 18 décembre 2006 14:42

                          A José. Non, ce sont à mon avis les humanismes qui sont à réinventer, sans exclusive, et il me semble avoir par ailleurs eu recours à des références culturelles et littéraires d’horizons suffisamment divers pour que l’idée ne soit pas taxée de « franchouillardise ». Les livres nous apportent l’esprit, outre la lettre, et autant de libertés d’interprétation fécondes... C’est comme ça que je vois le truc.


                        • Citoyen ordinaire 18 décembre 2006 18:35

                          Mais le problème est que l’alliance de la caque et du hareng fait que le poisson, même une fois disparu, imprime toujours de son odeur le tonneau récipient. De ce fait, la caque devient elle même impropre à une autre alliance qui ne serait d’avec un hareng saur dont le sort fut qu’il soit consommé, ou d’avec encore un plus puissant parfum. Pauvre caque, dès lors condamnée à la vacuité de son accueillante entraille...ou pis encore, à l’acceuil d’un poisson bien plus odorant qui alors se chargerait d’y imprimer sa propre empreinte. Les alliances idiosyncratiques, parfois, produisent des relents qui font le lit de la nauséabonce


                        • Citoyen ordinaire 18 décembre 2006 18:37

                          Mais le problème est que l’alliance de la caque et du hareng fait que le poisson, même une fois disparu, imprime toujours de son odeur le tonneau récipient. De ce fait, la caque devient elle même impropre à une autre alliance qui ne serait d’avec un hareng saur dont le sort fut qu’il soit consommé, ou d’avec encore un plus puissant parfum. Pauvre caque, dès lors condamnée à la vacuité de son accueillante entraille...ou pire à l’acceuil d’un poisson encore plus odorant qui alors se chargerait d’y imprimer sa propre empreinte. Les alliances idiosyncratiques, parfois, produisent des relents qui font le lit de la nauséabonce


                        • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 19:48

                          Demian,

                          Les artistes et les poètes ont aussi « l’intuition des affects et des sentiments ». Il n’y a pas que les femmes. Croyez-vous que la femme soit l’avenir du citoyen ?

                          En tout cas, mon intuition de poète me déconseille celle à laquelle vous pensez pour conduire le destin du pays, s’il s’agit bien de celle-là... smiley

                          Pour le reste, nous sommes plutôt d’accord : « Un pour tous, tous pour un ! » pour faire oublier la formule de Coluche. Et D’Artagnan c’est le Citoyen.


                        • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 20:46

                          Demian, je vous reconnais bien là smiley. Mais la belle est mariée et mère de deux enfants. smiley

                          Delmas n’est pas loin de « Demian » qui n’est pas éloigné de « Demain ». Et Demain n’appartient à personne disait Hugo... Et puis Delmas, cela sonne un appel à la Résistance ! Chaban et la « Nouvelle société » ; Aujourd’hui, je dirai : la « Nouvelle Résistance » où nous entrons comme vous le sentez aussi...


                        • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 20:52

                          Et mon prochain acte de résistance sera l’envoi dès demain matin du formulaire d’adhésion au parti de Quitterie. Car je préfère Quitterie à coteries.


                        • Citoyen ordinaire 18 décembre 2006 21:58

                          Spiritualité, sensualité, enthousiasme ! fraicheur et innocence de l’âme et de l’esprit, réjouissant les habitants du monde artistique et les nouveaux nés de ce monde bercés de tendres illusions qu’ils veulent faire partager... Las ! la naïveté sensuelle de la divine vestale n’est pas de mise dans ce monde de brutes...qui savent se faire aussi si spirituelles, sensuelles et enthousiastes


                        • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 15:49

                          D’après Le monde du 15 décembre, la relance du thème de la fracture sociale par Villepin serait une tactique de ce dernier pour marquer sa différence avec Sarkozy :

                          - Extrait : « Plusieurs personnalités de droite tentent encore de faire entendre des voix dissonantes par rapport à la ligne politique et économique défendue par Nicolas Sarkozy. Dominique de Villepin ne rate pas une occasion de faire entendre sa différence avec Nicolas Sarkozy. Ce n’est donc pas un hasard s’il a choisi de donner la parole à Emmanuel Todd, jeudi 14 décembre, à l’ouverture de la conférence pour l’emploi et les revenus. Devant l’ensemble des partenaires sociaux, le premier ministre fait une nouvelle tentative pour déplacer le centre de gravité du débat présidentiel en dehors de l’affrontement entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. »

                          - Le problème est que cette manoeuvre tactique semble prendre le dessus sur la sincérité des intentions de réduire cette fracture...


                          • LESCAUDRON Didier LESCAUDRON Didier 18 décembre 2006 16:05

                            ... que les candidats Sarkozy et Royal (« candidats du vide », dit Todd) ... Dixit La taverne des poètes dans son article

                            On peut entendre de façon directe cette qualification de ces deux candidats (dominants pour le moment).

                            Je me trompe peut-être mais Sarkozy propose certaines réformes qui ne sont pas dénuées de conséquences importantes pour l’avenir. Sans discuter du bien fondé de ces mesures, on peut citer : la réforme du droit des successions, la privatisation de l’ANPE, la libéralisation du système universitaire, la généralisation de la vidéosurveillance, le contrôle expéditif des immigration, la remise en cause de la carte scolaire, etc.. Bref, je ne vois pas où est le vide sauf dans la baignoire d’Aquad69 qui aime faire jeter le bébé avec l’eau de son bain !!!

                            Par contre, concernant Ségolène Royal, on attend un peu plus d’explications sur ses propositions Quelques infos, via le PS, ont été données concernant le logement social, la santé des enfants et le lutte contre l’exclusion. On peut ajouter ce commentaire de La Provence du 18/12 : « Ses explications sur le monde du travail, sur la remise en cause de la carte scolaire ou des 35 heures n’auront guère convaincu ses contradicteurs, ni peut-être les futurs électeurs. Finalement, il en va d’elle comme de M.Sarkozy. La forme séduit. Mais on attend toujours davantage de fond. » Cependant, devrions-nous pas nous interroger sur sa stratégie car elle dit vouloir écouter les Français puis décider des mesures fortes qui seront prises ? Les discours des prochaines semaines devraient nous éclairer ?!?!

                            En attendant, méfions-nous de l’eau qui dort ! Elle est suffisamment formée en science politique pour adopter pour une stratégie qui lui est propre et qui, pour le moment, ne lui a pas si mal réussi, en particulier face aux éléphants du PS. La vidéo tournée en cachette, qui la montre analysant le nombre d’heures de travail et la mission des enseignants, prouve qu’elle a des idées précises sur plus de sujets qu’on ne le croit.

                            Alors, nous parler de « candidats du vide », c’est bien trompeur et relayer ce type d’analyse, c’est un peu embêtant. Les français et les autres, concernés par les propositions déjà énoncées par les candidats, ne voient sûrement pas du vide. Mais peut-être n’ai-je rien compris !!!

                            Didier LESCAUDRON


                            • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 18:47

                              à Didier Lescaudron,

                              Il fut un temps où nous avions des candidats du verbe. Aujourd’hui, les candidats du vide ont les poches pleines de (mauvaises) surprises. Bref, le peuple se fait toujours avoir : après les beaux discours, les slogans vides.


                            • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2006 19:20

                              @ Didier Lescaudron

                              Excellent commentaire. Sarkozy n’est pas du tout un « candidat du vide » mais celui d’un trop-plein ultra-libéral. J’en parlais hier avec un de mes meilleurs potes qui est médécin urgentiste dans un SAMU. C’est un mec plutôt de droite mais vu qu’il est sans cesse confronté à l’état de la médecine publique en France, il est totalement effrayé par le programme de l’UMP. Il est aussi sidéré par l’absence de vision des socialos dans le même domaine.

                              Avec Sarko, c’est la médecine à deux vitesses garantie.

                              On est tombés d’accord au moins sur un truc : ni Ségo ni Sarko au premier tour.


                            • La Taverne des Poètes 18 décembre 2006 19:34

                              Marsupilami,

                              Il n’y a pas que le corps des médecins et psychiatres qui comprennent désormais le danger Sarkozy. Celui des magistrats, celui des maires de France (par son représentant pourtant UMP), et mêmes celui des policiers (dernières élections syndicales défavorables à Sarkozy).

                              A l’UMP de plus en plus de leaders se détachent du Nabo : Alliot-Marie, Villepin bien sûr. Mais même Borloo (un peu sans trop l’oser) ce matin aux Quatre vérités sur la 2), Jean-François Coppé hier soir dans France Europe express. Et enfin Johnny, à sa façon, montre sa défiance dans les promessses du candidat de réforme fiscale avantageuse...


                            • pinpin (---.---.49.145) 18 décembre 2006 16:08

                              Pourquoi ne pas admettre que c’est la fin ? Les sociétés naissent vivent et meurent, et bien nous sommes en fin de vie : tous les indices sont la (lire la Raison dans l’Histoire de Schopenhauer).

                              Une nation vivante et forte est soutenue par sa population, dont le bagage culturel commun et l’idéal guide l’existence, et dans le cas des nations émergentes, les rend plus forts, plus intelligents, plus heureux. Tout ceci est dead en France, il n’y a même plus d’illusion. Notre nation vieillissante, dont les quelques jeunes sont pour la plupart abrutis et pas plus français que des chiens, (pour moi l’idéal français se réfère à la Révolution de 1789 et aux vertus de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Sarko (ce fou ambitieux) le constate, sic un extrait de l’article : « Je veux que la vie politique tire les débats vers le haut et que l’on en finisse avec l’égalitarisme, le nivellement et l’uniformité »)se meurent.

                              Les vertus francaise ne sont peut être plus applicables via la mondialisation. Comment parler d’égalité quand des millions d’individus crèvent réellement la dalle ? Quand des peuples entiers vivent avec moins d’1 euro par jour ? Quand des taux d’illétrismes astronomiques subsitent ? Dans le passé, on pouvait fermer les yeux hors de nos frontières et vivre en autarcie. Et bien c’est fini !

                              Seul échappatoir à mes yeux, l’Europe, qui recèle justement de nouveaux rêves, enrichissements culturels avec nos voisins, nouveaux échanges dont peuvent naitre la créativité... mais on est assez cons pour cracher sur l’Europe, quel candidat à la présidentiel d’ailleurs parle d’un futur européen pour la France ?


                              • ZEN zen 18 décembre 2006 17:17

                                @Pinpin

                                Vous lisez trop Schopenhauer. A consommer avec modération, si on ne veut pas désespérer de tout et abandonner tout espoir...

                                Je suis un assez vieux routier et j’ai connu la France en plus triste état qu’aujourd’hui : en 1945, après la guerre d’Algérie...Mais je suis d’accord avec votre appel à un vrai projet européen.

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