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Accueil du site > Actualités > Politique > François Bayrou, le caillou dans la chaussure des centristes

François Bayrou, le caillou dans la chaussure des centristes

Le centre est entré en ébullition. L’organisation mardi, à l’initiative de Jean Arthuis, d’Assises de la refondation du centre au Sénat suivie ce week-end du congrès du Nouveau Centre à Tours témoigne d’une volonté existentielle de nombreux centristes en deuil de l’UDF. Lassés du ni-ni de François Bayrou, encouragés par la chute dans les sondages de Nicolas Sarkozy, les centristes se trouvent paradoxalement remis au centre de l’échiquier politique par une crise économique qui renvoie dos à dos, à travers la question des déficits publics, droite libérale et gauche keynesienne. Conscients de cette fenêtre de tir inespérée, ils rêvent de faire le coup de VGE en 1974 et de coiffer sur le poteau en 2012 PS et UMP. Reste toutefois à régler, préalablement, le cas Bayrou.

Le candidat naturel ne l’est plus vraiment. François Bayrou se voit concurrencé par l’émergence de nouvelles ambitions personnelles . Morin, Borloo, Arthuis et de Robien y pensent aussi en se rasant. Si les candidats potentiels ne manquent pas, un seul gêne vraiment : le député du Béarn.

Le président du Modem continuer à ne pas vouloir choisir officiellement entre la droite et la gauche, préférant donner des coups de godille selon les intérêts du moment. François Bayrou le rappelait cette semaine encore dans les colonnes de La Croix  : “Le centre ne peut être qu’indépendant. Chaque fois que quelqu’un éprouve le besoin d’ajouter l’adjectif (droit ou gauche) au nom (centre), c’est qu’il ne croit pas à la force du centre. Le centre, ce n’est pas un sous-produit de la droite et de la gauche, ce n’est pas « entre » la droite et la gauche, mais « autre » que la droite et la gauche“.

Pour tous les autres, il n’y a pas d’ambiguïté, leur chemin passe par la droite. Jean-Louis Bourlanges , ancien compagnon de route du président du Modem, se voit propulsé sur proposition de Jean Arthuis, président d’un nouveau think tank dont l’objectif est d’offrir une plateforme programmatique commune à une famille centriste rassemblée.

Bien joué. Les amis déçus ont des prédispositions pour jouer les Brutus.”Je crois que l’heure de Bayrou est passée même si Sarkozy essaye de le ressusciter” a ainsi lâché l’ancien député européen au micro de France Inter ce mercredi.

Pour Jean-Louis Bourlanges, la bipolarisation de la Véme république impose au centre soit de devenir une force d’appoint soit de disparaître. Une vision à l’opposé de la doctrine Bayrou qui prône un rôle d’interface et la capacité de picorer à droite et à gauche des propositions quand elles sont jugées bonnes.

Si les centristes se rangent à droite, reste à savoir si l’UMP est disposée à leur laisser un peu de place. La stratégie de Nicolas Sarkozy qui a constitué à faire émerger une UMP monolithique ratissant le plus large possible atteint aujourd’hui ses limites avec notamment l’absence de réservoir de voix pour le second tour des présidentielles. La culture du commandement héritée du RPR ressentie comme pesante, la personnalité de Nicolas Sarkozy au comportement souvent jugé choquant, l’échec de la rupture promise et la droitisation de l’UMP poussent les centristes historiques à reprendre leur liberté.

Critique, Jean-Louis Bourlanges estime Nicolas Sarkozy a raté la première des ruptures qui aurait du consister à rompre avec le laxisme financier. Il reproche également au Chef de l’Etat de ne pas avoir donné de finalité sociale à la rupture. Pire, du fait d’une méthode de travail les réformes ont été rendues incompréhensibles et impopulaires en donnant le sentiment qu’elles sont favorables aux riches.

Le centre doit reposer les problèmes avec une autre méthode, avec l’équité comme fil conducteur et la relance institutionnelle de l’Europe comme objectif avance Jean-Louis Bourlanges. A contretemps, le rapprochement aussi soudain qu’ambigu de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou vient troubler cette feuille de route. Un pas de deux qui ne grandit ni l’un ni l’autre juge l’ancien député européen.

De son côté, le sénateur Jean Arthuis, fondateur de l’Alliance centriste qui devrait fusionner avec le Nouveau Centre d’Hervé Morin à l’automne, propose pour départager le trop plein d’aspirants candidats à la présidentielle de 2012 l’organisation de primaires à l’intérieur de la famille centriste. Une façon intelligente de se placer dans la course et de neutraliser François Bayrou.


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6 réactions à cet article    


  • morice morice 12 juin 2010 13:54

    un petit caillou, alors... de ceux qui rentrent dans les espadrilles !


    • 65beve 12 juin 2010 19:00

      Bonsoir Morice,

      Les espadrilles sont basques.
      La sauce est béarnaise comme notre Bayrou.
      Celà suffira-t-il pour faire de la bonne cuisine (électorale) ,

      cdlt.
      bv


    • oncle archibald 12 juin 2010 15:22

      Ce qui les ennuie tous beaucoup c’est qu’il existe des électeurs centristes qui ne veulent ni de la droite de Sarkozy ni de la gauche de Martnie Aubry & Co ... Et leur problème n’est pas Bayrou, ils sont arrivés assez facilement à le déstabiliser .. Leur problème ce sont les électeurs du centre ... qui précisement comme Bayrou ne veulent ni de l’UMP ni du PS ... et qui finalement restent nombreux bien qu’ils aient réussi à « saper » Bayrou, cet imbécile qui se permit finalement de choisir pour le second tour de la présidentielle détruisant lui même la légitimité qu’il avait acquise en se positionnant « ni-ni » ...


      • Marianne Marianne 12 juin 2010 16:40

        Qu’est-ce qu’ils me gonflent, mais qu’est-ce qu’ils me gonflent !
        C’est insupportable, ces élus centristes qui disent vouloir refonder le centre et rassembler leur famille autour de leurs belles valeurs etc, etc, etc et qui en même temps sont les premiers à se déchirer. Bayrou lui n’a jamais fait toutes ces critiques à l’égard de ses anciens « amis ». Eux ne font que lui jeter la pierre, dire que son temps est passé etc. C’est affligeant ! Ils ont été à la soupe pour préserver leurs postes, c’est tout. Une fois dans le majorité, ils n’ont pas pu se faire entendre, comme l’avait prédit F.Bayrou, ils ont voté le budget, ils ont approuvé une politique inégalitaire, injuste, aveugle avec la suppression indifférenciée de 1 poste sur 2 de fonctionnaire partant en retraite ...

        Je suis très déçue par Jean-Louis Bourlanges, que j’appréciais, un peu par Jean Arthuis que je respecte néanmoins, j’espère encore que certain qui ont plus de tripes que les autres, comme Charles de Courson, reviendront à ce centre indépendant, car F.Bayrou a raison, la seule solution pour ne pas être inféodé à ces deux appareils rouleaux compresseurs que sont l’UMP et le PS, c’est l’indépendance, et il faut faire grandir ce pôle indépendant.

        De toutes façon le dernier mot sera aux électeurs, qui en jugeront.
        - Qui a dit la vérité sur la dette et les retraites, sur les dangers de la financiarisation de l’économie et de la mondialisation dérégulée, sur les inégalités croissantes,... ?
        - qui est le plus crédible, le plus courageux et le plus honnête de tous ces présidentiables ?
        - qui nous parle des vrais graves sujets de la France plutôt que de ces futiles querelles politiciennes ?
        - qui sillonne la France pour aller au devant de tous les Français, agriculteurs, artisans, professeurs, PME, chômeurs, banlieues, jeunes,... ?

        Moi je sais qui ...


        • 65beve 12 juin 2010 19:19

          Bonsoir,
          Article interessant
          je vote pour, cependant....

          "Chaque fois que quelqu’un éprouve le besoin d’ajouter l’adjectif (droit ou gauche) au nom (centre), c’est qu’il ne croit pas à la force du centre"

          A vouloir centripeter plus haut que leur cul, les centristes vont disparaitre dans l’extrême centre.
          Dans le 80’s les verts aussi n’étaient ni à droite ni à gauche et cependant ils ont depuis (un peu) dérivé à gauche.
          Aujourd’hui, le problème est facile.
           Le centre reste à droite dans l’UMP et il n’existe plus.
           Le centre revient avec Bayrou et il est fini.

          Bof, qui s’en souciera ?

          cdlt


          • misol misol 13 juin 2010 11:57

            tous ces « faux centristes » ne font que le jeu de Sarkozy et de l’UMP, ils n’ont rien d’indépendants au contraire, il est dommage que des personnes comme Bourlanges et Arthuis se compromettent ainsi.. ils valent mieux que cela. Ils sont en deuil de l’ex UDF et c’est cela qui les rapprochent, pour moi ils sont de droite, et ne sont là que pour aider Sarko à se faire réélire. Se rapprocher d’un Morin ? je ne peux pas y croire..
            Quant à moi je sais où sont les valeurs du Centre, ce vrai centre démocrate et indépendant que les français appellent de leur voeux même si la pe’rsonnalité de Bayrou est parfois contestable, il est le seul présidentiable. Qui vivra verra, je pense que Bayrou a encore ses chances et tant mieux pour le pays.

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