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Accueil du site > Actualités > Politique > François Darwin et Charles Hollande

François Darwin et Charles Hollande

La cabane est tombée sur le chien. Paulette m'a demandé si François Hollande était un disciple de Charles Darwin. Je me suis tâté avant de répondre, ce qui n'est pas toujours désagréable quand on vous pose des questions embarrassantes Mettez-vous à ma place : étudier le cas Hollande demande de l'attention. Est-ce que le Président normal pense que les espèces politiques sous son mandat évoluent en se transformant ?

La question peut donner le tournis. Car elle en amène d'autres. Déjà, est-ce que l'homme politique descend aussi du singe ? Et puis, le transformisme est-il bien le moteur de la politique ? Si oui, est-ce que c'est le milieu politique qui sélectionne en supprimant ou est-ce le milieu qui ne fait que supprimer ?
 
J'ai dit à Paulette que si on prend un exemple concret, EELV par exemple, ce parti politique a du souci à se faire si Hollande est darwiniste, vu que ce dernier est entrain de les déshabiller. Or, un parti politique cul nu dans un gouvernement où il fait froid se fait éliminer de la scène politique. C'est la sélection naturelle. Seule ne survivent que les plus forts. Dans cet exemple, c'est le P.S., qui est le plus habitué au milieu de la Vème République, dont même le rapport Jospin ne préconise pas l'abandon.
 
Bref, la mort politique sélectionne les gênes des mouvements d'idées les plus adaptées, pour une survie assurée. Pour autant que l'on sache en changer. 
 
Paulette, très futée, m'a fait remarquer qu'un singe peut évoluer mais ne peut devenir autre chose qu'un singe. Pareil pour le PS. J'ai répondu que c'est tout le problème de la Vème République : l'alternance en est la preuve. Chacun à tour de rôle fait sa sauce sans s'éloigner trop de la recette du précédent. Voyez le TSCG fait par les uns et adopté par les autres...
 
Dans Le Monde du 10 octobre, on pouvait lire un article qui évoquait « Le darwinisme politique de M. Hollande ». On y présentait la manière dont le premier ministre s'est fait déshabiller au fur et à mesure que se « dissipaient les contours de la présidence normale ». Ce qui est valable pour Ayrault est applicable aussi à EELV. 
 
Il nous est montré comment le Président s'empare des dossiers quand son intérêt politique l'exige, après qu'il ait observé, jaugé les rapports de force, évalué les risques et les bénéfices politiques qu'il peut tirer à s'emparer d'un évènement. Pour cela, il faut qu'il laisse « prospérer une émulation au sein de son équipe gouvernementale.  ». Puis, le temps fait son œuvre. 
Là, ce n'est pas la nature qui décide, mais le Président : "Avec Hollande, c'est le marché qui décide"... une forme de darwinisme politique, entre pragmatisme conjoncturel et habileté tactique, qui n'est pas sans rappeler le mode de pilotage des instances politiques du PS que, premier secrétaire, il affectionnait. ». « Un "laisser faire, laisser aller à peine tempéré par de très légères corrections destinées à préserver et consolider la position de celui qui est à la tête de l'édifice. ».
 
François Hollande ne fait rien d'autre quand il déclare dans "Mariane" qu'il juge possible le départ des écologistes du gouvernement mais "ne le souhaite pas", : "C'est possible. Je ne le souhaite pas (...) Enfin nous verrons bien... Dans tous les cas, pas de panique !". Pas de panique, c'est la sélection politique naturelle, quoi. Ne restera que le plus fort : lui.
 
En fait, François Hollande délimite son territoire. Il est en plein dans le darwinisme institutionnel né en 1959. Il s'adapte pour mieux contrôler ce qui peut mettre à mal le (son) système où il se sent si bien et, ce faisant, assure sa reproduction. Quitte à laisser naître les turbulences et l'expression des incertitudes des autres, qui «  rentrent dans le jeu des acteurs dont elles renforcent ou diminuent l'autonomie et par là le pouvoir ». 
François Hollande maîtrise cette zone d'incertitude, pour une reproduction linéaire du système, ce que fit fort bien son maître Mitterrand avant lui, pour son profit. Le PCF doit s'en souvenir encore.
 
« Mais alors, le chaînon manquant, là-dedans ? » a demandé Paulette.
 
J'ai répondu que François Hollande l'était à lui tout seul, qu'il se plaçait sans le vouloir dans une forme de transition politique entre la sienne, primitive, et l'autre, évoluée, contre laquelle il se protège.
 
Et qu'on ne savait pas pendant combien de temps encore le darwinisme politique transformerait les espèces d'élus et hybriderait les structures partisanes.

 
 

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2 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 13 novembre 2012 13:36

    Qu’un président qui se dit normal se satisfasse d’une situation anormale en s’accoquinant contre normalité avec les responsable du marasme sociale actuel, en dit long sur les limites de sa normalité darwinienne qui s’adapte à son propre confort personnel en faisant crever la majorité des espèces constituant la société qu’il est, dans sa grande et bienveillante normalité, sensé représenter et défendre. C’est à vous faire basculer dans l’hypothèse créationniste. Merci Léon & Paulette…


    • jef88 jef88 13 novembre 2012 14:05

      Normalité ? Quelle horreur !
      C’est normalitude .... normal attitude !

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