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Accueil du site > Actualités > Politique > François Fillon : de Séguin à Bush

François Fillon : de Séguin à Bush

Dimanche, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, actuellement troisième de la course aux primaires des Républicains, était l’invité d’Europe 1, où il a développé ses propositions. Mais l’ancien séguiniste continue à se tourner de plus en plus vers les idées des néo-conservateurs étasuniens.

 
Néolibéralisme et interventionnisme
 
Le nom « Les Républicains » avait plus que jamais un sens dimanche matin, tant le discours de François Fillon se rapproche des Républicains d’outre-Atlantique. Sur l’économie, nous avons eu droit au cocktail ultra-libéral et austéritaire : passage de 35 à 39 heures hebdomadaires, passage de l’âge de la retraite à 65 ans. L’ancien Premier ministre suit le courant néolibéral dominant en cherchant à dépasser Nicolas Sarkozy par sa droite économiquement. Il développe un discours où il place l’ancien Président de la République comme trop conservateur et pas assez réformateur, qui aurait bridé les volontés réformatrices de Matignon pendant son mandat. Là où Nicolas Sarkozy semble parier sur les questions de société et l’immigration pour battre Alain Juppé, François Fillon parie sur l’économie.
 
Mais l’ancien Premier ministre a également longuement développé les questions internationales, sans doute le moyen de se donner une crédibilité sur une question où il apparaît en retrait par rapport à ses concurrents qui sont davantage capés sur la question. Pour lui, « la priorité, c’est d’éliminer le totalitarisme islamique  ». Il a aussi estimé qu’il « fallait s’appuyer sur la Russie mais aussi reprendre le dialogue avec le régime syrien  ». Même s’il a souligné avec raison que les interventions occidentales peuvent sans doute finir par être contre-productives, et qu’il faudrait que les pays de la région soient en première ligne, comment ne pas voir qu’une alliance avec la Russie et les chiites pour faire tomber les extrémistes sunnites est un pari sans filet ? Car le précédent Libyen démontre les limites de ces raisonnements.
 
Des moutons au bord d’un précipice
 
Il y a quelque chose d’effarant à voir des politiques persister à ce point dans des directions qui ont pourtant montré leur nocivité depuis des années. Cela est vrai pour les interventions au Moyen-Orient ou en Afrique, qui, à l’exception du Mali peut-être, ont mal finies, au point que l’on peut même se demander si les morts qui ont éventuellement été évités temporairement, ne sont pas largement dépassés par les morts provoqués par des interventions mal conçues et souvent arbitraires. Et l’on peut se demander si les opérations occidentales ne contribuent pas à renforcer le camp des terroristes en poussant une partie de la population à les soutenir, placés entre la peste islamistes et le choléra venu de l’étranger. Pourtant, François Fillon ne semble pas tirer la moindre leçon des interventions des 15 dernières années.
 
Et que dire de son discours économique néolibéral-austéritaire. Certes, il surfe sur les vents du moment, qui ont même poussé un gouvernement théoriquement de gauche radicale a accepté une potion thatchérienne en Grèce. Mais comment croire une seconde que davantage d’austérité et de recul des droits sociaux aurait un quelconque effet positif pour le pays ? Ce sont ces politiques qui ont replongé le continent européen dans une crise économique. Et la quête de compétitivité est totalement suicidaire alors qu’à quelques milliers de kilomètre, le prix du travail est cinq fois plus bas. Mais cette erreur est tout autant celle de l’actuelle majorité, François Fillon ne tenant pas un discours très différent de celui du ministre de l’économie actuel, Emmanuel Macron, Hollande réalisant une synthèse façon grand écart.
 

L’ancien Premier ministre a réussi à trouver un positionnement politique, surfant sur l’air du temps tout en réussissant à se démarquer du président sortant sans non plus trop s’éloigner de sa famille politique. Mais, encore une fois, difficile de ne pas y voir qu’un positionnement, sans véritable réflexion.

 


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9 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 22 septembre 2015 11:30

    casse toi pau’v con ......


    • zygzornifle zygzornifle 22 septembre 2015 11:31

      il va finir plus a droite qu’Hollande ....


      • flourens flourens 22 septembre 2015 12:23

        @zygzornifle
        c’est possible ça ?


      • Ouallonsnous ? 23 septembre 2015 09:26

        @flourens

        Dans notre société, oui !

        La déferlante « beauf ».

        Le « bobo-beauf », « ami » facebook, irresponsable moderne, utilise les réseaux dits « sociaux » pour dialoguer avec les autres beaufs…

        Rejet de l’autre, recherche de boucs émissaires, appels à la haine, la « bobo-beaufitude » est aujourd’hui un phénomène en pleine expansion.

        Or, pays des droits de l’homme et des lumières, la France ne peut raisonnablement pas accepter toute cette médiocrité intellectuelle.

        Certes, on peut essayer de compatir envers ceux qui fuient l’instruction parce que c’est fatigant et que ca interpelle, dont le « temps de cerveau disponible » alterne entre la télé-réalité, les clips vidéo, « toute une histoire », « plus belle la vie » et les jeux sur smartphones ; mais il faut être lucide : avec leurs théories décorellées du réel, leur racisme insane décomplexé et ses opinions binaires, les bobo-beaufs n’ont pas vocation à faire avancer la société.

        Comme le beauf vote et consomme, ses « élites » ont bien compris le parti qu’elles pouvaient en tirer.

        Ainsi, du « pain au chocolat » de Copé aux « affiches de flingues » de Ménard en passant par le « top des civilisations » de Guéant, la gamelle politico-médiatique est régulièrement alimentée d’arguments choc et d’opinions clash.

        Comme l’explique Sarkozy à propos du débat sur l’identité nationale, ce qu’il faut, c’est « du gros rouge qui tâche ».

        Et ça tâche même au PS ( dit à gauche ) apparemment puisque Hollande et Valls commencent à récupérer à leur compte les théories des néo-conservateurs Etasuniens (« le bien et le mal », « la guerre au terrorisme », « la guerre de civilisation », etc…).

        Pas de doute, la beaufitude est devenue mainstream !!!!!


      • BA 22 septembre 2015 11:44

        Mardi 22 septembre 2015 :


        Les Républicains. Baisse du nombre des adhérents, pas d’effet Sarkozy.


        Les Républicains comptent 175 900 encartés au 15 septembre, soit 3 100 de moins qu’il y a douze mois. Le retour de Nicolas Sarkozy, voici un an, n’a pas dopé les chiffres.


        C’est un signe – et un mauvais signal. Un an après le retour de Nicolas Sarkozy et dix mois après son élection à la tête de son parti l’UMP, devenu les Républicains, le nombre d’adhérents a diminué.


        Selon France Info, les Républicains comptent en effet 175 900 encartés au 15 septembre, soit 3 100 de moins qu’il y a un an.


        Il n’y aurait donc pas eu d’« effet Sarkozy », contrairement à ce qu’espéraient ses proches qui, les premiers mois, assuraient recevoir de nombreux formulaires d’adhésions remplis.


        http://www.ouest-france.fr/les-republicains-baisse-du-nombre-des-adherents-pas-deffet-sarkozy-3706589



        • devphil30 devphil30 22 septembre 2015 11:52

          Ca va être une pléthore de surenchère pour celui qui sera le plus dans tel domaine.


          Je suis constamment sidéré que les Français ne comprennent pas le sens de réforme dans la bouche de ces politiciens assistés.
          Une réforme , toujours faire des réformes cela signifie revenir constamment en arrière sur des acquis sociaux.

          On réforme le code du travail pour le simplifié cela signifie moins de protection des salariés et pourtant il faut reformer ça fait bien , ça fait moderne , ça fait dynamique , énergique. 

          Continuons à voter pour des reformes et bientôt la dernière réforme sera celle du droit de vote qui sera supprimé pour les femmes ( droit acquis en 1945 n ça fait déjà 70 ans faudrait réformer ça rapidement.
          Ensuite viendra la réforme du suffrage universel , remarquez pour les guignols qui se présentent pas besoin d’être plusieurs millions a se déranger autant rétablir , non réformer le droit de vote afin qu’un collège de grands électeur puissent adouber leur meilleur représentant.

          Bonne réforme 

          Philippe 

          • Gabriel Gabriel 22 septembre 2015 11:58

            Y va faire le trou Fillon ?




            • flourens flourens 22 septembre 2015 12:24

              on s’en tamponne de Fillon, il a été le laquais de sarko, et laquais un jour, laquais toujours


              • chantecler chantecler 23 septembre 2015 11:12

                J’ai du mal à penser qu’ il y aurait de véritables concurrents à NS .
                Tout cela me semble bidon .

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