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Accueil du site > Actualités > Politique > François Hollande en Algérie : une faute morale et politique

François Hollande en Algérie : une faute morale et politique

Le discours contesté d’un président.

Annoncée depuis plusieurs semaines par les media de France et de Navarre, la visite du président français en Algérie, pour le cinquantenaire de l’indépendance du pays était attendue. Accusé de vouloir pratiquer la repentance systématique, Hollande avait prévenu par avance qu’il n’allait pas à Alger pour présenter des excuses ou pour faire acte de contrition.

Cependant, Hollande n’a pas pu et n’a pas su rompre avec la Françafrique, tout comme son prédecesseur Nicolas Sarkozy. Là où ce dernier évoquait « une Afrique qui n’est pas encore rentrée dans l’histoire », François Hollande parle de la nécessité de maintenir le lien entre la France et l’Algérie, ne prenant pas acte du fait que justement ce pays est devenu indépendant et que ce lien était cette colonisation de 132 ans qu’il fustige par ailleurs comme une période d’insupportable oppression subie par le peuple algérien.

Pour dénoncer cette colonisation, il a recours à la figure de Clémenceau, qu’il n’a pas comprise, puisque ce dernier refusait la colonisation non seulement au nom du droit des peuples à la liberté mais surtout au nom des intérêts français, car il avait compris que l’Algérie française deviendrait rapidement un boulet financier et qu’il y avait mieux à faire avec l’argent des contribuables, par exemple reprendre les provinces perdues et construire des routes et des hôpitaux en France. Il évoque aussi la France libre, présentant Alger comme la capitale d’une France résistante alors que c’était Londres avec Charles De Gaulle. La France de Giraud ce n’était pourtant pas la France de De Gaulle.

Par ailleurs, François Hollande a légitimé par sa présence un gouvernement algérien que beaucoup d’Algériens, et en premier lieu le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, considèrent comme illégitime. Il est ainsi intervenu dans les affaires d’un pays souverain pour soutenir implicitement le régime de Bouteflika en place. Et il l’a fait au nom des intérêts économiques du mondialisme financier, agissant en VIP d’une oligarchie planétaire qui tient la France et l’Europe sous coupe réglée.

Enfin, alors que l’assimilation est un échec de plusieurs décennies, il encourage la jeunesse algérienne à rejoindre la France et lance des signaux lourds envers les Algériens et descendants d’Algériens déjà présents en France en grand nombre, une façon de vouloir s’attacher à nouveau leur vote, alors que le « mariage pour tous » trouble les communautés musulmanes installées dans notre pays. Une fois de plus, le président n’est pas au service des intérêts de son peuple, qui essaie par tous les moyens de lui faire savoir que la France déborde et n’en peut plus.

En disciple de son ancien rival Sarkozy, Hollande nous ressort cette idée folle d’ « union méditerranéenne » qu’il met exactement sur le même plan que l’Union Européenne, trahissant ainsi un afrotropisme que je dénonçais déjà lorsqu’il était encore dans l’opposition. Ce faisant, il nie la pleine européanité du peuple français, réactive l’idée que notre avenir se jouerait en Méditerranée, négligeant l’échec retentissant de l’empire romain à vouloir réunir des gens issus de civilisations différentes.

Comment s’étonner de toute façon du néo-colonialisme de François Hollande quand on sait que son mentor en ce domaine est l’islamotrope Benjamin Stora, qui a osé déclarer récemment que «  ce n’est pas un déplacement classique, l’Algérie, c’est une question de politique intérieure  » ? Pourtant, le général De Gaulle avait œuvré pour bien faire comprendre aux Français que l’Algérie n’était pas et n’avait jamais été la France.

Une opposition qui n’a rien compris.

Suite à ce discours où le président en exercice condamne la colonisation tout en pratiquant implicitement un néo-colonialisme insupportable, la droite et surtout l’extrême-droite ont eu à cœur de le dénoncer, mais en reproduisant la même mythologie contre-nature que leur adversaire. Il ne faut pas oublier que le propre père de François Hollande était un partisan déclaré de l’Algérie française, tout comme celui de Ségolène Royal.

Louis Aliot et Marine Le Pen ne retiennent du discours présidentiel qu’une forme de repentance, de reconnaissance du FLN, et l’oubli volontaire du sort des pieds noirs et des harkis. Ils perpétuent ainsi la ligne néo-colonialiste de Jean-Marie Le Pen, combattant pour que l’Algérie reste française, même s’il fallait faire contre tout bon sens de neuf millions d’algériens, qui sont aujourd’hui trente millions, des français.

Gérard Longuet (UMP) vante le bilan colonial prétendûment positif de la France en Algérie. Pourtant Daniel Lefeuvre a démontré que le bilan économique de la colonisation fut calamiteux pour la France. Ce n’est pas pour rien que Bismarck avait encouragé le gouvernement français à coloniser l’Afrique. Il explique par ailleurs qu’il n’est pas bon pour la jeunesse française d’origine immigrée d’avoir en tête une France qui se serait mal comportée vis-à-vis de leur pays d’origine.

Aucun ne semble pourtant avoir conscience que le bilan réel de la colonisation n’a jamais été réellement tiré et surtout assumé complètement. Nous savons aujourd’hui qu’en matière économique, la colonisation a ruiné la France et que le décollage de notre pays n’a été possible qu’une fois le boulet lourdé. Nous savons en outre que ce n’est pas par manque d’universalisme que la France a colonisé, mais bien par un universalisme maladif et perverti, avec cette idée nauséabonde selon laquelle la France devait « civiliser les barbares ». La France a agi en Algérie comme les Romains ont agi en Gaule, à la différence près que Gaulois et Romains étaient issus de deux civilisations très proches. Elle a cru sérieusement pouvoir transformer en européens une population arabo-musulmane qui souhaitait simplement demeurer elle-même et être respectée dans son identité. Elle s’est trompée.

Ni le PS ni le FN n’ont compris l’erreur de base qui était de vouloir s’imposer chez autrui et de vouloir imposer à autrui ce qu’on croit bon pour lui. La colonisation était illégitime dès le point de départ et indéfendable quel que soit le bilan comptable, et encore davantage lorsqu’on constate que même économiquement elle ne se justifiait pas.

C’est Bernard Lugan qui tire le bon constat de cette affaire coloniale, à savoir que la colonisation « est devenue une véritable tunique de Nessus, qui fait peser sur les générations européennes à venir une hypothèque d’autant plus lourde qu’elles ne l’ont pas signée et dont elles demanderont un jour pourquoi elles sont condamnées à en honorer les traites. » Et il ajoute, non sans lucidité, que « les populations originaires de notre ancien empire et vivant en France, comptent plus de six millions de personnes, naturalisés compris, soit quatre fois plus qu’il n’y eut de colons ». Pour lui, ce simple fait doit être considéré comme le bilan colonial véritable.

Pour une décolonisation accomplie et assumée.

Finir la décolonisation, c’est restaurer la situation d’avant que le colonisateur ne se soit implanté dans ces colonies désormais émancipées. C’est prendre acte qu’il n’y avait aucun destin commun entre la France, et par l’extension l’Europe, avec l’Algérie, et par extension l’Afrique. La France est un pays européen et doit le rester. Il est en ce sens totalement scandaleux que François Hollande ait osé mettre la relation franco-algérienne sur le même plan que la relation franco-allemande. Allemands et Français ont un destin commun, celui de faire partie d’une Europe politique. Allemands et Français ont un héritage civilisationnel commun immense, que nous n’avons pas avec l’Afrique du nord, arabo-berbère et musulmane.

Mais pour finir cette décolonisation, pour rompre définitivement avec la Françafrique, qui nous rattache à un continent qui a repris à juste titre sa liberté mais à qui nous ne devons rien et qui ne nous doit rien non plus, il existe aujourd’hui des obstacles que nous n’avions pas après 1962, du temps du général De Gaulle au pouvoir.

Le premier obstacle c’est cette oligarchie mondialiste dont la branche française veut absolument nous rattacher systématiquement à l’Algérie. Les intérêts économiques dont Hollande a été le promoteur ne sont pas ceux des Français ni des Européens, bien au contraire. Développer l’Algérie au détriment d’une France qui a cinq millions de chômeurs n’est pas la politique que devrait mener un président de la république. Aliéner les intérêts du peuple à ceux d’autres pays ou de lobbies économiques n’est pas acceptable.

Le second obstacle, ce liant entre la France et l’Algérie qui n’existait guère en 1962, c’est l’immigration algérienne, passée et présente, en France. C’est cette immigration que Valéry Giscard d’Estaing voulait réduire au minimum en 1978, mais que François Mitterrand s’est empressé de vouloir régulariser et naturaliser dès 1981. De la sorte, a été réintroduit le boulet colonial dont De Gaulle nous avait libérés.

Décoloniser, c’est redonner à la France son destin européen, son identité européenne. Notre avenir est sur le continent européen et certainement pas en Afrique. Le PSUNE entend donc mettre fin à ce lien colonial que les dirigeants français n’ont pas pu ou pas voulu rompre. Cela signifie qu’il va falloir écarter du jeu ces acteurs de liaison que sont l’oligarchie financière d’une part et le communautarisme nord-africain d’autre part. Tout ce qui peut freiner l’union de l’Europe dans laquelle la France a toute sa part doit être mis de côté.

Respecter le peuple algérien, c’est cesser de vouloir lui imposer de cohabiter avec la France. Respecter le peuple français, c’est cesser de vouloir lui imposer de cohabiter au prix fort avec une ancienne colonie qui a souhaité avec raison s’émanciper de son joug. Nous n’avons pas de destin commun, nous n’avons pas non plus d’amitié privilégiée avec ce pays. L’Europe demain traitera l’Algérie comme un pays comme les autres, sans inimitié particulière mais sans traitement de faveur non plus. Avec respect certes.

Coupons le cordon colonial. Libérons nous de nos anciennes colonies une bonne fois pour toutes et cessons de vouloir nous lier à eux, que ce soit en allant chez eux ou en les faisant venir chez nous. Et bâtissons enfin l’Europe politique !

Gelezinis Vilkas

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11 réactions à cet article    


  • Yvance77 31 décembre 2012 10:49

    Salut,

    Je vais vous la faire courte. Nos politiques n’en ont rien à cirer de votre laïus, de la bien pensance, du « nous sommes tous frères » etc...

    Ils sont dans le business... gaz, pétrole, ingénierie etc... le reste compte pour la galerie et pour l’ambiance bobo rive gauche. Protéger les intérêts de la France à Fric est à ce prix, et si c’est pas nous et bien ce sera Usrael, La Chine, les Japonais... à vous de choisir quels intérêts il convient de privilégier !


    • MARMOR 31 décembre 2012 10:55

      François hollande a fait cocu tous les français, sauf les arabes !


      • OMAR 31 décembre 2012 21:20

        Omar 33

        Dis-moi Marmor, alors pourquoi Calmos me regarde de travers quand il parle de son rejeton ?


      • BlackDjai BlackDjai 31 décembre 2012 14:09

        Vous avez entièrement raison !!!!

        Et le pire, c’est que le citoyen algérien n’en a strictement rien à faire de la repentance de la France...Cela ne changera en rien ce qu’il a vécu pendant la guerre ou ce qu’il vit actuellement dans ce pays gérer par une mafia à plusieurs branches (militaire et civile).

        La repentance est une corde nationaliste que les vautours aux pouvoirs brandissent lorsqu’ils sont acculées au mur par leur incapacité à gérer un pays aussi beau que l’Algérie.

        « .......sans compter une responsabilité, au moins indirecte, dans les massacres qui ont ensanglantés l’Algérie dans les années 90 ! »

        Leur responsabilité est DIRECTE contrairement à ce que vous écrivez(lisez par ex : la mafia des généraux de Abou Hichem), les généraux Nezzar, Belkheir, Lamari & Co ont planifié et fait éxécuter ces massacres afin de terroriser la population locale, qui à cet endroit avait majoritairement voté pour le FIS.

        Tant que les algériens n’auront pas le courage de faire tomber leur gouvernement corrompu, ils ne verront pas le bout de tunnel.


      • OMAR 31 décembre 2012 21:27

        Omar 33

        Mais Fatale, vous êtes aussi tombé dans le panneau...

        Les algériens, dans leur majorité, n’ont rien à foutre de la repentance...

        Ce à quoi ils aspirent, c’est accéder au même rêve que les autres peuples de la terre : un boulot, un toit et une famille, de préférence en Algérie...

        Faites un tour en Algérie pour vous convaincre de cette réalité..

        Les griefs ?C’est le fonds de commerce des gouvernements d’Algérie et de...France.


      • Pyrathome Pyrathome 31 décembre 2012 15:23

        wotan

        National socialiste...

        http://www.agoravox.fr/auteur/wotan-84791

        No comment.....


      • MARMOR 31 décembre 2012 12:17

        Wotan, sacré diable , un âne sait au moins reconnaître sa droite de sa gauche : hue et dia.


        • Izno 31 décembre 2012 14:27

          C’est assez drôle, l’arnaqueur qui se sent arnaqué !

          Cette visite a permis à la France de renforcer ses intérêts, le pouvoir illégitime d’Alger lui a assuré un monopole et des subventions (exclusivité, 50% d’investissement, foncier gratuit...etc) et certains crient au scandale !

          Pour rappel, la moitié des banques privées en Algérie est moyen-orientale, l’autre moitié est.... française. Un algérien ne peut plus créer de banque privée depuis 2003.

          Essayer d’importer un produit concurrent à un produit Français relève du sacrilège ! même les allemands ne s’y risquent pas.

          Et la liste est longue.... La vérité est que la France garde son niveau de vie grâce à la Françafrique, je ne dis pas que c’est de sa faute, (c’est principalement la faute aux régimes en places). Mais de grâce, ne criez pas au viol quand c’est la France qui se fait plaisir.


          • Izno 31 décembre 2012 14:31

            L’article analyse la forme au lieu d’analyser le fond. Cette visite a été un coup de maître de Hollande : caresser dans le sens du poil pour se faire un max de pognon.


            • ovni 31 décembre 2012 15:47

              et pas que du pognon !!!


            • OMAR 31 décembre 2012 21:17

              Omar 33

              Gemezinis :« Nous n’avons pas de destin commun, nous n’avons pas non plus d’amitié privilégiée avec ce pays.... »...

              Ça, les algériens en particulier le savent depuis fort longtemps...

              Ce n’est pas demain la veille que la France fournira à l’Algérie toute sa technologie et son savoir faire pour, par exemple, lui permettre de constituer son arsenal nucléaire..

              Ni de promulguer des lois type « Gayssot » pour protéger sa communauté...

              Quant à la repentance, oui, un jour, mais un 30 février...

              @Vilkas, c’est un socialiste comme vous qui envoyait les moudjahidine à la guillotine...

              Un certain Mitterrand..

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