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François Hollande et l’épreuve initiatique du pouvoir

Qui a dit qu’une initiation était une épreuve facile ? « Tu en veux, tu en auras ! ». C’est la parole d’un proche au soir de son investiture aux primaires citoyennes. Cette parole amicale n’avait rien d’innocent. La route du pouvoir est longue, sinueuse, obscure… minée parfois par nos propres éclaireurs, à l’image de plaques tectoniques qui se bouffent le nez depuis des millénaires.

Qui a dit qu’une initiation était une épreuve facile ? « Tu en veux, tu en auras ! ». C’est la parole d’un proche au soir de son investiture aux primaires citoyennes. Cette parole amicale n’avait rien d’innocent. La route du pouvoir est longue, sinueuse, obscure… minée parfois par nos propres éclaireurs, à l’image de plaques tectoniques qui se bouffent le nez depuis des millénaires. Mais que voulait dire au juste le « Tu en veux, tu en auras ? ». Est-ce la parole prophétique d’un ami qui vous veut du bien. Le bien est ici une valeur par défaut, à défaut d’être à votre place. Cette parole visionnaire serait-ce l’aveu des emmerdes à répétition ? Des embuches qui en cachent d’autres ? Des peaux de bananes déguisées en bouquets de fleurs ? Des détracteurs mercantiles ? Des partenaires glissant vers le populisme contestataire ?

Non, rien de tout ca en fait. Il s’agit juste de l’épreuve initiatique du pouvoir. Un exercice où chacun est ensemble tout en jouant sa carte personnelle sur l’échelle rocailleuse de l’ascension politique. Car ici, le collectif est une façon particulière de placer le « MOA » personnel de chaque protagoniste. Le « MOA » étant le centre névralgique de la gravité individuel comme objectif suprême. Le « MOA » n’existe que dans l’opposition, la contradiction, la contestation. Pour se faire entendre, donc exister, je me dois de me démarquer, de prendre la parole, d’exprimer ma façon de penser. Le fait de me démarquer attire inévitablement les médias toujours friands de répercuter une tension entre un président et celles et ceux à qui il a donné mandat. Les médias savent que les « MOA » aiment la lumière. Le chat et la souris, pas facile de savoir qui chasse l’autre.

L’épreuve passe par l’affrontement. Prendre le peuple à témoin pour montrer que je ne suis pas un mouton stupide. Il faut jouer le rôle du contestataire (constructif diraient certains) et brandir le glaive de la scission comme arme de destruction de la majorité. Il en va de ma crédibilité. Il en va aussi de mon leadership au sein de mon propre camp. Être proche du bon dieu pour la lumière et proche du peuple pour défendre l’inaccessible idéal, c’est l’équilibre indispensable, l’instinct de survie en politique. Manœuvrer la chèvre et le chou en quelque sorte, avec comme carotte « exister » à tout prix.

Pour Hollande, le parcours initiatique du pouvoir est à l’épreuve du feu, le feu qui purifie. Mais rassurez-vous, tout ici est symbole bien sûr. Mais le risque est lui bien réel. Le risque serait de mettre le feu partout. Le risque serait d’installer un sentiment d’incompatibilité réciproque voire d’irréversibilité dans l’approche idéologique entre les partenaires. Mais ça, c’est une autre histoire… quoi que.

Je me rassure en sachant d’avance que la lumière finira bien par sortir par le petit trou de l’intérêt du « MOA ». C’est comme cela partout. Comment ? Par le simple exercice calendaire. Les échéances électorales devraient permettre de rappeler à certains que, pour beaucoup d’entre eux, certains bastions politiques, sont dus à des accords d’appareil politique beaucoup plus qu’à un réel ancrage électoral. Cette réalité est importante à rappeler. Car, faire de la politique, c’est aussi initier les autres aux lois de la réciprocité.

Je suis confiant. Une fois les intérêts de chacun réexpliqués, la communion fraternelle devrait opérer. Une sorte d’harmonie retrouvée… car il n’y a rien de pire que de ne pas s’aimer.

Si comme moi, le déclin n’est pas ton destin… aime-toi, aime moi, aimons nous… et œuvrons pour 2013 et les autres années qui suivront.

Bonne année !

 

Nicolas GEORGES


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