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Accueil du site > Actualités > Politique > François Hollande : « Oignez vilain, il vous poindra ! ». Le (...)

François Hollande : « Oignez vilain, il vous poindra ! ». Le piège

François Hollande, qui a pris tout le temps de la réflexion avant de faire connaître sa position sur l'affaire Leonarda qui a occupé toute la fin de semaine, aurait dû mettre à profit ce délai pour relire Gargantua (XXXII ,1546) pour y retrouver le dicton fameux qu'il connaît certainement : "Oignez vilain, il vous poindra ; poignez vilain, il vous oindra ! ". Cet adage est plus convenable qu'un autre, bien plus ancien et donc bien plus rude dans sa forme : "Oigniez a mastin le cul, il vous chiera en la paume ".

Ces deux proverbes se sont avérés tout à fait adaptés dans le cas de Monsieur Resat Dibrani qui, devant la proposition de notre Président de la République, non seulement a regimbé mais formulé des menaces à l'égard de François Hollande et de la France, en affirmant si le retour "n'est pas possible gentiment, alors il se fera de force". Voilà un homme qui sait parler et je m'étonne qu'il n'ait pas demandé la jouissance de la Lanterne et quelques millions d'euros au titre du préjudice moral voire une mobilisation générale au Kosovo !

Il faut reconnaître que, pour diverses raisons qui, généralement, ne sont guère avouées, les positions des intervenants sur cette affaire sont extrêmement curieuses, en particulier par la dissimulation systématique des faits, tout particulièrement pour ce qui touche ce redoutable Monsieur Resat. Ses antécédents, soigneusement gazés dans la presse de gauche (et en particulier comme on le verra dans Mediapart, si sourcilleux sur la morale de tous ses adversaires), le sont jusqu'au ridicule dans l'article de Carine Fouteau du 19 octobre 2013. Par manque de chance ces "informations" (j'hésite ici à user de ce terme) sont réfutées aujourd'hui même par celle de la presse italienne. Elle a fini par donner son point de vue sur l'affaire, puisque la famille Dibrani a vécu en Italie durant longtemps et est en réalité italienne, ce qui lui interdit évidemment tout recours au droit d'asile en France.

Si les accusations portées contre le père en matière de falsification de documents d'identité et de violences familiales ne sont pas très nouvelles, puisque on les a signalées également en France, on apprend que ses deux grandes filles, dans leur enfance, ont été contraintes à la mendicité, délit qui manquait jusqu'à présent au palmarès de Monsieur Dibrani qui ne comprenait guère que la destruction de ses pèces d'identité, les fausses déclarations, la production de faux documents achetés sur place, les violences familiales, et, on l'apprend désormais aussi, une implication dans une affaire de cambriolage. Tout cela est donc un peu loin de l'image idyllique qu'on a voulu et que certains cherchent toujours à en donner, comme on va le voir.

L'article de Carine Fouteau, à la une de MDP, est une merveille de présentation fallacieuse des données fâcheuses sur le personnage qu'il faut bien citer, en passant bien sûr et surtout tout en tentant de les minorer systématiquement par une rhétorique de la litote qu'on juge habile et propre à tromper les lecteurs de MDP dont elle semble avoir une piètre opinion !

Je n'en citerai que deux ou trois brefs exemples, car il faudrait tout citer en un tel texte : toute la présentation des faits y est biaisée, ce qui me conduit à reprendre pour un instant mon ancien métier pour en faire une explication de texte très partielle mais significative. Je cite en numérotant les points que concernent mes remarques :

« L'éclairage médiatique a été ainsi placé sur Resat Dibrani [1]. Ses « mensonges » et autres contradictions [2] ont eu tôt fait de le discréditer, alors que les arrangements avec la vérité [3] sont relativement fréquents [4] dans ce type de procédure qui représente une question de survie pour les personnes qui les engagent. [...] .Ce père de 47 ans a été présenté comme peu fiable, violent et irascible [5] . Il aurait [6] commis « quelques larcins » [7] et frappé sa femme et deux de ses filles [8] ».

On devrait, dans les classes, faire étudier un tel texte pour y voir un exemple parfait et systématique de mauvaise foi et de présentation fallacieuse de données.

N° 1. Les guillemets qui encadrent "mensonges" tendent à donner à penser que ces prétendus "mensonges" n'en sont pas et que les "autres contradictions" n'en sont pas davantage. Innocent Resat. qui a même été assez sot pour préciser le prix d'achat de ses faux documents d'identité.

N° 2 et 3. Ces "prétendus" mensonges ne sont, modestement, que des « arrangements avec la vérité ». On passe de la litote à la comédie. Monsieur Resat Jourdain dans le Kosovar gentilhomme ! . Ces "arrangements", "relativement fréquents dans ce type de procédure" » sont des "outrages à magistrats". Pour C. Fouteau ce ne sont là qu'espiègleries !

N°4. Pourquoi M. Dibrani aurait-il un traitement spécial alors qu'il accumule les motifs légitimes et fondés de refus à ses demandes répétées d'asile politique (bien entendu mensonger aussi) ? Est-ce que le nombre des mensonges comme la fréquence des accusations diverses sont des justification à ses actes ?

N°5 "Ce père de 47 ans a été présenté comme violent " . Faut-il insister sur l'usage de ce verbe "présenter" qui donne à penser qu'il s'agit simplement d'une présentation mensongère alors qu'il a été l'objet de plainte pour violences familiales sur sa femme et ses filles de la part de son épouse, et que confirment ces violences familiales tous les témoignages recueillis !

N°6. "Il aurait commis" ; je ne commente même pas l'usage suspicieux du conditionnel

N° 7."Quelques larcins". Je ne sais pas comment Carine Fouteau qui aime tant les clichés a pu éviter ici l'adjonction de l'épithète "menus" qui est habituelle en pareils cas ?

Le portrait du père est achevé et il se trouve désormais confirmé par d'autres témoignages, dont les plus récents qui viennent d'Italie et le confortent en tous points.

La présentation des circonstances de l'interception de la jeune fille est un point essentiel. L'article de C. Fouteau précise et je cite 

"La jeune fille a été appelée sur son téléphone portable alors qu’elle se rendait avec sa classe à l’usine Peugeot de Sochaux pour une sortie scolaire. Si la décision d’éloigner la famille est « justifiée en droit » car « aucun des recours (…) n’a été jugé recevable par la justice administrative ni par la justice judiciaire », en revanche, les forces de police, en allant chercher Leonarda dans le bus, « n’ont pas fait preuve du discernement nécessaire », indique l'IGA.

« Essentiellement focalisée sur l’objectif de parvenir à regrouper la famille et de ramener la jeune fille auprès de sa mère, l’attention des forces de l’ordre n’a pas été éveillée par le fait que Leonarda Dibrani se trouve dans un bus dans le cadre d’une sortie scolaire. Elles n’ont pas pris la mesure des enjeux que représenterait une intervention pour interrompre cette sortie. Elles n’ont pas considéré être dans le cadre des instructions interdisant toute interpellation dans des établissements scolaires ou à proximité de ceux-ci », regrettent les deux inspecteurs, qui tentent d’expliquer le geste des agents de police en affirmant que des personnes soutenant la famille avaient donné leur accord." C. Fouteau, 19/10/2013

J'ai mis en gras le point essentiel, naturellement, quasi omis. Je n'insiste pas sur la sottise de ces "deux inspecteurs" qui "tentent d'expliquer le geste des agents de police" ; en vain bien entendu car il est inexplicable et injustifiable ! Se pose néanmoins la vraie et seule question qu'on essaye d'éviter. Qui a bien pu pu donner le numéro de téléphone portable de Leonarda à la police ?

C'est là qu'interviennent "les personnes soutenant la famille", c'est à dire en fait les "associations de soutien" qui, depuis près de cinq ans, ont organisé les recours successifs contre un refus d'asile politique tout a fait fondé. Ce sont ces PERSONNES elles-mêmes qui ont adressé ou permis cet appel téléphonique à la jeune fille pour lui apprendre que le reste de la famille allait partir. Ce sont ces seules "PERSONNES" et non les policiers qui pouvaient connaître le numéro de téléphone portable de Leonarda qui n'avait pas dormi chez elle la nuit d'avant, par hasard bien entendu !

Tout cela est évidemment caché ou mentionné volontairement de façon si lointaine qu'on peut se demander s'il n'y a pas eu là une organisation d'un piège tendu à la police qui est tombée dans le panneau ! Peut-on, en tout cas, montrer plus de mauvaise foi dans la description d'une situation, quelle que soit l'opinion qu'on ait de la chose, quand on se prétend "journaliste" et surtout dans un organe de presse où l'on ne cesse d'invoquer le droit à l'information et la déontologie de cette profession.

Cerise sur un gâteau déjà bien chargé, un commentaire de cet article, au ton décalé par rapport à la ligne de MDP et qui a miraculeusement échappé à la censure (à cause du week-end sans doute :) :

"La description de Leonarda comme une lycéenne modèle, studieuse a l'école, relève également de la fable. "Selon les données recueillies par la mission, les absences de Leonarda au collège sont de 66 demi-journées en 6e, 31 en 5e, 78 en 4e et 21 1/2 depuis le début de l'année scolaire actuelle." Il est aussi précisé que "la jeune fille découchait régulièrement" (page 9), souvent pour aller chez son copain à Pontarlier."


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9 réactions à cet article    


  • Kern Kern 21 octobre 2013 11:12

    Cette histoire démontre la faiblesse de l’Etat qui actuellement qui ne contrôle plus rien

    Ce dans tous les domaines

    Imagine-ton une telle affaire sous De Gaulle , même sous Mitterrand ?

    Il serait bien de connaitre qui est le « copain » de Pontarlier et son âge sachant que la gamine n’a que 15 ans

    Je doute que les services de Valls voudront le faire car ce serait par trop mesquin

    Ce gouvernement étant déjà la risée de la planète , avec cette affaire , il va devenir proverbial et cité en exemple de ce que ne doit pas être un président et son gouvernement

    A entendre dans tous les Pays : « Vous voulez hollandiser le Pays ? »

    Argument mortifère pour le gouvernement en place

    Il parait que Hollande à déjà les yeux fixés sur 2017 : il parait même qu’il croit encore au Père Noèl ; ( ce qui est moins ridicule) : on croit rêver


    • Kookaburra Kookaburra 21 octobre 2013 12:29

      Bonjour Usbek. Entièrement d’accord avec vous. Hollande s’abaisse jusqu’à s’adresser avec déférence à une gamine de 15 ans dont on a voulu nous faire croire un temps qu’elle préparait le concours d’entrée à Polytechnique et qui lui repond comme un charretier. Nous n’avons plus un capitaine de pédalo , nous découvrons un naufragé dans sa bouée ! Avec sa décision il se ridiculise et affaiblit l’autorité de l’Etat. Que le gouvernement se mette dans un tel état de crise pour un dossier aussi secondaire montre un manque gravissime d’autorité et de clarté dans l’action de l’Etat.


      • ZenZoe ZenZoe 21 octobre 2013 14:08

        J’aurais bien aimé savoir quel était l’objectif de la manoeuvre pour le RESF. Maintenant presque tous les Français sont encore plus exaspérés contre l’ensemble des Roms et les assoces qui les soutiennent, maintenant la méfiance va régner entre RESF et l’administration, maintenant en haut lieu on les aura à l’oeil - c’était ça l’idée géniale ?
        Personne dans leur QG n’a pensé qu’on allait creuser pour en savoir plus sur la famille ? C’aurait pas été mieux de focaliser l’attention sur une famille plus présentable ? Fiasco total chez RESF, du grabuge en vue aussi chez eux - et tant mieux, ça leur fera les pieds !


        • fredleborgne fredleborgne 21 octobre 2013 16:01

          Prompt à défendre la veuve, et l’orphelin, je me sens moi aussi trahi par la famille Dibrani. Comment défendre l’intégration, la liberté de déplacement, le droit à une vie décente, quand le scandale arrivé par des gens d’aussi mauvaise foi.
          Le message envoyé par tous les défenseurs de cette famille compromet la crédibilité de combats futurs. Et certains ont marché, d’autres ont couru, et notre président, malgré tous les renseignements qu’il devait avoir ne trouve rien de mieux qu’une réponse qui, non seulement ne pouvait satisfaire personne, mais le discrédite totalement
          S’il n’y avait bien d’autres sujets plus brulant à camoufler en ce moment, la mauvaise foi des socialistes ne pouvait trouver meilleure solution pour éclater au grand jour.
          Ecoeuré !


          • usbek 21 octobre 2013 16:50

            Post scriptum en forme de commentaire ; je ne pensais pas avoir raison à ce point . Derniers détail du Réseau RESF local qui est en crise : qui trompe qui ? :

            « Pour Guinot, cette famille n’avait d’autre solution que de repartir »

            Jean-Jacques Boy, membre de RESF 25 (Doubs)

            Le chercheur utilise d’ailleurs le terme de « capture ». « Pour Guinot, cette famille n’avait d’autre solution que de repartir », confie au Figaro Jean-Jacques Boy. Selon RESF, c’est Gérard Guinot et l’ancien maire de Levier où résidait la famille de Leonarda qui ont téléphoné à la jeune fille alors qu’elle se trouvait dans l’autobus pour une sortie scolaire avant de passer le combiné à la police aux frontières (PAF). Ce sont encore eux qui ont accompagné les forces de police pour récupérer Leonarda.

            Un compte-rendu interne, figurant dans les fichiers de travail de la PAF, rédigé avant que la polémique n’éclate, stipule d’ailleurs : « Le professeur encadrant la sortie scolaire et un membre de RSEF sollicitent une prise en charge discrète de la jeune fille par les policiers. » Ce télex atteste, pour les syndicats de policiers, de la « bonne foi » de leurs collègues impliqués dans cette affaire. « Cette famille kosovare ne plaisait pas à Gérard Guinot, elle ne remplissait pas ses conditions, poursuit Jean-Jacques Boy. Il aurait préféré s’occuper d’une famille qui s’intègre, qui apprenne le français. Mais les familles sont ce qu’elles sont. »


            • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 21 octobre 2013 18:42

              Si cette famille est italienne (sauf le père), alors elle a vocation a se déplacer librement dans l’espace Schengen, et à prendre domicile où bon lui semble (sauf le père).
              Ensuite il y a le regroupement familial, et donc, bon gré - mal gré, veut - veut pas, cette famille sera réunie.
              Les beaux principes, c’est bien.
              La réalité concrète, dans toute sa complexité, et un peu d’humanisme, c’est mieux.


              • usbek 21 octobre 2013 18:53

                OK mais s’ils sont italiens, que vient faire cette demande de droit d’asile ? Ils ont vécu 17 ans en Italie et le charmant Resat n’a pas fait mystère du fait qu’il venait en France pour le fric et il a refusé tous les emplois proposés, mettant à sac en plus l’appartement prêté.


              • volpa volpa 22 octobre 2013 10:44

                On devient italien par le droit du sang et non par le droit du sol.


              • rocla+ rocla+ 21 octobre 2013 19:28

                Cette affaire démontre tout simplement la débilité mentale de 

                ceux qui  encouragent et promeuvent l’ acceptation de gens qui forcent 
                l’ entrée dans notre pays , vivent aux crochet de tous , saccagent les biens
                 qu’ ils occupent et trouvent toujours et encore des gens qui les 
                défendent malgré incivilité et mépris à l’ endroit de notre pays . 


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