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François Hollande ou la parole mal à droite (retour sur l’émission « Des paroles et des actes »)

Lors de sa prestation du 26 janvier 2012 dans l'émission politique de France 2, les déclarations - et les non-dit - du candidat interrogent son positionnement politique : usant d'un vocabulaire prompt à séduire l'électorat de gauche, il convoque un programme qui ne saurait réellement déplaire à la droite. Un grand écart impossible ?

Après avoir occupé le premier plan médiatique à l'occasion des "primaires" qui ont consacré François Hollande comme représentant du Parti Socialiste à l'élection présidentielle, la parole du candidat était particulièrement attendue. Et ce pour au moins trois raisons.

Clarification nécessaire

D'une part, parce que cette fin janvier constitue, avec l'émission "Des paroles et des actes" - qui suit de très près le premier grand meeting, au Bourget -, la réelle entrée en campagne politique du candidat : si les sondages et les média imposent depuis plusieurs semaines la présence de François Hollande, celui-ci n'a, en effet, pas encore réellement développé le fond de son programme, jusqu'à ces fameuses "60 propositions" qui ont tout juste précédé l'émission. Un non-discours inquiétant, tant la situation économique exige d'autres réponses que des déclarations générales dont les applications concrètes échappent largement aux électeurs... et à la plupart des experts. 

D'autre part, parce qu'un certain nombre de propos, d'hésitations, de déclarations - souvent suivies de rectifications - de la part du candidat Hollande lui-même ou de ses lieutenants ont prêté le flanc à la critique : le positionnement du Parti Socialiste sur des sujets aussi divers que la réforme des retraites, les plans d'austérité du gouvernement Fillon, les sommets et mini-traités franco-allemands, le barême des allocations familiales, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, etc. semblait flou, non tranché, et nécessitait donc un discours de clarté.

Enfin, parce que François Hollande s'avère condamné à se démarquer, sur la scène politique, d'une concurrence essentiellement constituée, d'un côté, par la droite néolibérale incarnée par l'UMP (et, sous l'habillage du centrisme, par le MoDem) poussée dans ses retranchements par un Front National virulent et, de l'autre côté, par un Front de Gauche qui le presse à se positionner... à gauche, précisément.

La dynamique Mélenchon

Avec son candidat, Jean-Luc Mélenchon, le Front de Gauche est l'aiguille dans le pied de François Hollande : sur le fond, il apparaît, en effet, comme la seule formation susceptible de contester le monopole de la gauche au PS. Tandis que les sondages lui infligent un score, certes en progrès, mais qui peine à franchir le seuil symbolique des 10%, le Front de Gauche vient, justement en ce mois de janvier 2012, d'être crédité par l'institut BVA d'un potentiel électoral de 23%. De quoi commencer à inquiéter.

Invité de la précédente édition de l'émission "Des paroles et des actes", dont le taux d'audience a alors créé la surprise, Jean-Luc Mélenchon mène une campagne qui mèle trois caractéristiques : 1) un discours agressif contre la finance et l'extrêmisme de droite, propre à séduire le monde du travail et l'électorat classique de la gauche radicale ; 2) une composante environnementale (la planification écologique) imbriquée au programme économique, qui attire l'attention d'un électorat écologiste voire "bobo" ; 3) un positionnement politique constant depuis sa désignation en tant que candidat du Front de Gauche : la sortie du traité de Lisbonne comme condition à la sortie de l'économie néolibérale et la revendication d'un nouvel ordre institutionnel en France - la VIe République - sans abandon de la monnaie européenne.

L'engouement suscité par le Front de Gauche, dont la manifestation la plus claire s'exprime lors de meetings rassemblant jusqu'à six mille personnes, pousse donc François Hollande à infléchir son discours vers la gauche après avoir courtisé, pour un résultat incertain, François Bayrou. La crédibilité - et donc la menace - de la dynamique Mélenchon se précise d'autant plus que son discours économique trouve également un écho favorable auprès de classes moyennes inquiètes par la crise, mais aussi d'un électorat plus cultivé et d'intellectuels - rien d'étonnant lorsqu'on sait qu'il s'appuie sur un corpus théorique cohérent développé, en particulier, par un universitaire : l'économiste Jacques Généreux.

Des paroles...

Tout comme lors de son premier grand meeting, au Bourget, François Hollande a employé, dans l'émission de France 2, un lexique caractéristique aux sonorités évocatrices : la gauche, la lutte contre la finance, les classes moyennes ou populaires face aux riches, les inégalités, le rassemblement, le changement... Tandis que les élus de droite ont, sans surprise, critiqué les propos du candidat, certains observateurs ont salué son inflexion vers les préoccupations traditionnelles de la gauche. Qu'en est-il réellement ?

Invité par David Pujadas, dès le début de l'émission, à s'exprimer sur la présidence de Nicolas Sarkozy, François Hollande a affirmé qu'il ne voulait pas "se situer comme un opposant, être sans cesse en train de rappeler le bilan du président sortant". Il réaffirmera plusieurs fois, au fil des débats, qu'il n'est "pas contre le président sortant". Passé apparemment inaperçu, ce positionnement pour le moins complaisant face au représentant d'une droite aux postures contestées dans le pays, trouvera, face à la journaliste Nathalie St Cricq, un étrange reflet : "le rôle du président de la République, dira Hollande, c'est d'en finir avec une méthode, que je récuse, qui est de penser qu'il y aurait un adversaire au sein de la société française, qu'il faudrait stigmatiser ou qu'il faudrait juger". Ces propos sonnent comme un aveu.

Comment un prétendant à la fonction présidentielle, dont le slogan appelle "le changement" peut-il faire l'économie d'un bilan critique de son prédécesseur ? Comment un candidat qui se revendique de gauche et, tout particulièrement, d'une gauche contre la finance, peut-il affirmer qu'il ne voit aucun adversaire dans la société qu'il entend changer ? Il n'y aurait ainsi aucune logique au sein des politiques des acteurs financiers ? Aucune cohérence ni organisation dans les dérèglements économiques liés aux jeux spéculatifs ? Aucun projet derrière l'Europe néolibérale à l'oeuvre ?

Bref, pour utiliser les termes analytiques de la gauche qu'il revendique, François Hollande avoue ne plus voir ni classes sociales ni intérêts contradictoires dans la société capitaliste occidentale. Il ne s'agirait donc que d'un problème "technique", d'un ajustement qui n'aurait rien à voir avec le principe même d'organisation sociale et économique. D'emblée, Hollande s'annonce bien en réformiste plutôt qu'en transformateur de la société. Le rapport antagonique des classes sociales n'existe pas. Il n'y a pas "d'adversaire". Un comble pour qui se pose en adversaire de la finance !

... aux actes

Tant dans le récent meeting du Bourget qu'au cours du rendez-vous de France 2, François Hollande se revendiquera comme le candidat du rassemblement de la gauche, mais aussi comme celui du rassemblement "au-delà de la gauche" ...C'est-à-dire ? Serait-on mal intentionné de comprendre, en creux, qu'au-delà de la gauche, on commence à s'aventurer sur les terres de la droite ? François Hollande va répondre de trois manières à cette question.

Tout d'abord, interrogé en début d'émission à se prononcer sur quatre lois issues du gouvernement sortant, François Hollande va prendre un soin tellement particulier à maîtriser ses réponses qu'il ne s'apercevra qu'au moment du bilan effectué par le journaliste de sa convergence avec les lois présentées : il a décerné un "vert" à trois d'entre elles (sur quatre !) et demandera in extremis un "rouge" correctif pour rééquilibrer un peu les choses et minimiser les points communs qu'il vient inconsciemment de reconnaître avec la droite !

Puis, questionné sur sa stratégie de deuxième tour vis-à-vis du Front de Gauche (Jean-Luc Mélenchon réclame cette clarification depuis plus d'un an, notamment depuis le plateau de "Mots croisés" de Yves Calvi, face à Michel Sapin), François Hollande va entretenir une ambiguïté qu'il convient de lever. Déclarant tout d'abord "je ne doute pas de ce que fera le Front de Gauche au deuxième tour, il est clair qu'il soutiendra le candidat de gauche le lieux placé", François Hollande coupera cours à toute polémique en précisant, quant à lui, si celà venait à se présenter : "je me désiste toujours pour le candidat de gauche le mieux placé". Il parle donc, dans un cas, de "soutien" et dans l'autre de "désistement".

Sur le soutien à M. Hollande, rappelons que le Front de Gauche n'a confirmé aucun raliement éventuel de second tour. Quant au désistement en faveur du Front de Gauche, soulignons que M. Hollande ne dit pas qu'il pourrait appeler à voter... Et pour cause ! Dans l'hypothèse d'un succès de Jean-Luc Mélenchon, François Hollande n'aurait aucun autre choix que le désistement ! Le règlement de l'élection est ainsi fait que seuls les deux premiers candidats restent au second tour. Les autres sont purement et simplement é-li-mi-nés, qu'ils le veuillent ou non. Aucun désistement ne saurait donc intervenir. Et, un certain soir d'avril 2012, François Hollande pourra toujours dire qu'il n'a jamais appelé au vote Front de Gauche. Effectivement : contrairement aux apparences, il ne l'a pas fait.

Enfin, face à Franz-Olivier Gisbert, au terme de l'émission, M. Hollande émettra cette prévision sur les mesures qu'il mettra en oeuvre au cours de sa présidence : "chacun sait que ça va être dur mais ça doit être juste". Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on est loin des lendemains qui chantent ! Après les mesures libérales du gourverment Fillon-Sarkozy et les récents plans d'austérité, ne pouvait-on espérer autre chose ? Ne serait-ce que parce que François Hollande ne cesse de nous l'assurer : "le changement, c'est maintenant" ! N'y aura-t-il donc, même à gauche que la seule perspective du sang et des larmes ? Nous sommes donc prévenus : il est juste que cela soit dur. Le changement auquel nous devons nous attendre pourrait donc bien se limiter aux seuls nom et visage du président, le prétendant ayant d'ailleurs désormais abandonné toute référence à son parti politique : ni rose, ni poing n'ornent meetings et affiches ; le bleu vif des candidats de droite étant dressé en toile de fond des meetings de François Hollande.

Un second tour tout seul !

François Hollande déclare volontiers qu'il se concentre sur le premier tour de l'élection, seul garant d'une présence au second. Soit. Pourtant, il développe avec clarté sa conception du jeu d'alliances et de compromis indispensables pour emporter la victoire au second tour de l'élection présidentielle.

A la question d'Hélène Jouan sur les négociations d'entre deux tours, François Hollande déclare tout d'abord qu'il accueillera naturellement tous ceux qui appelleront à voter pour lui (notons, au passage, qu'il n'est pas question de désistement mais, dans ce sens, une fois encore, de soutien) avant de préciser les conditions sur lesquelles ces raliements pourraient avoir lieu : sur ses propres propositions uniquement ! Et de conclure : "une élection présidentielle, ce n'est pas une négociation, ce n'est pas un partage, ce n'est pas une concession que je donne à l'un ou à l'autre, c'est une dynamique autour du projet de celui qui peut être, demain, président de la République".

Dont acte. Fermez le ban ! Les différentes formations politiques, ainsi que les électeurs, sont prévenus : il n'y aura rien à attendre en contrepartie d'un soutien à M. Hollande.

Les écologistes seraient bien inspirés de relire les termes de leur accord avec le PS. Le Front de Gauche de peser soigneusement ses déclarations de possible union des forces de gauche. Quant aux électeurs tentés par le "vote utile", ils savent désormais à quelle utilité s'en tenir !

Les abonnés absents

Dans l'émission du 24 janvier, il y a ce qui fut dit. Et ce qui ne le fut pas.

Parmi les thèmes qui n'ont cesser de hurler leur absence au cours des deux heures d'entretien, l'environnement figure en une place d'autant plus stupéfiante que François Hollande s'est engagé par un accord - qui fit polémique - avec Europe Ecologie-Les Verts. Pas un seul mot ni une seule allusion à l'écologie n'ont été prononcés ! De même, et tandis que ces deux thèmes constituent une partie du coeur de l'argumentaire du rival Mélenchon, François Hollande n'a guère consacré de temps aux dangers que pourrait représenter l'extrême droite de Mme Le Pen pour la démocratie, la protection sociale, les services publiques, l'économie et la monnaie, etc.

Outre qu'il révèle les préoccupations du candidat Hollande et sa vision politique, ce silence sera sans doute apprécié des responsables et sympathisants de ces deux formations politiques - pour des raisons différentes, évidemment. Avec François Hollande, on le voit, la gauche ne se préoccupe plus de l'écosystème, tout comme elle n'est plus vraiment l'adversaire de la droite ni, de façon viscérale, des partis xénophobes et nationalistes.

Et les services publiques ? En expliquant son intention de redéployer des fonctionnaires essentiellement au niveau de l'Education Nationale, de la Justice et des forces de police, François Hollande a lancé un message d'espoir à tous les autres corps de la fonction publique ! Oyez, électeurs fonctionnaires et usagers des services publiques : ne comptez pas sur M. Hollande pour réaliser l'ambitieuse politique de renforcement de la puissance publique dont le pays a besoin.

Si les mesures annoncées constituent le "minimum syndical" de ce qu'on pourrait attendre d'un programme de gauche, le secteur de la santé appréciera tout particulièrement. En n'évoquant même pas la fonction publique hospitalière, François Hollande a tout simplement ignoré l'un des trois rôles fondamentaux de l'Etat (protéger, éduquer et soigner) en même temps qu'il a ignoré les conditions de travail de ces personnels fragilisés : aides soignantes, médecins et infirmières des hôpitaux.

L'inaction, moteur de l'économie

Connaissez-vous l'histoire du sportif qui attend une amélioration de ses performances pour s'entraîner ? Et celle de l'enseignant qui surveille les progrès de ses élèves avant de leur dispenser son enseignement ? Non ? Celle du jardinier qui compte sur la pousse spontanée des légumes pour semer et planter, peut-être ?

Pourtant, c'est ainsi que François Hollande conçoit son programme économique. Il le répétera plusieurs fois : "sans croissance, on ne peut rien faire". Et si celle-ci se fait attendre ? Désolé. Vous pensiez qu'un gouvernement, surtout un gouvernement de gauche, et surtout lorsqu'il s'oppose à la finance devait donner une impulsion ? Proposer une méthode de résolution des problèmes ? Avancer des mesures concrètes qui forcent le cours des choses, qui créent un effet d'entraînement, une dynamique ? Raté. Le programme de l'équipe Hollande attend la croissance et compte sur elle pour, dans le meilleur des cas, en démultiplier ses effets.

Cette tièdeur à l'action, ce manque d'audace s'expriment à tous les niveaux. Citons deux exemples parmi ces demi-mesures. Afin de lutter contre la finance, on séparera les activités de spéculation des banques de leur activité de financement de l'économie réelle... c'est bien connu, autoriser une activité spéculative et le développement d'opérations financières sur les marchés boursiers est le plus sûr moyen de lutter contre ! Pour rétablir un peu de justice entre les catégories de contribuables et lutter contre l'évasion fiscale, on créera une tranche d'imposition plus forte pour les hauts revenus... oui, mais à un taux inférieur à celui que proposait, par exemple, le gouvernement de droite de Jean-Pierre Raffarin : c'est bien connu, c'est en pratiquant une politique fiscale plus favorable aux plus fortunés qu'on lutte contre l'évasion fiscale et que l'on veille à mieux répartir les richesses !

A droite de la gauche

Quel bilan devons-nous tirer de l'émission "Des paroles et des actes" ? 

Celui d'un homme qui mène une campagne mais une campagne d'opinion : le vocabulaire de la gauche et les déclarations d'intentions du même bord dévoilent en fait un programme d'essence libérale. François Hollande n'a dit qu'un mot d'une visite d'entreprise, il n'est pas le candidat du salariat, de la France qui travaille. Il promet les mesures difficiles de l'austérité que les Français devinent parce qu'ils les voient à l'oeuvre en Grèce et qu'ils en vivent déjà les prémices. Sur le plateau de David Pujadas, il ne dit rien sur l'environnement, ne propose aucun débat sur les énergies tandis que les conséquences de Fukushima poursuivent leur voyage dans notre atmosphère. Il est à ce point soucieux de la démocratie qu'il n'envisage aucune négociation ni infléchissement de ses propositions dans le cadre d'alliances de second tour. La question des hausses de salaires et des minima sociaux n'est même pas abordée par François Hollande. Et, alors que ses affiches appellent "le changement" pour "maintenant", il n'évoque ni contrôle de secteurs clés ni développement d'une économie sociale. Il ne parle pas de règlementer le tarif des énergies ni des transports. Il n'envisage pas de sortir des traités européens qui entravent durablement l'action publique au bénéfice des banques et des agences de notation. Il ne pense pas à interroger le pouvoir du chef de l'Etat ni le fonctionnement des institutions.

François Hollande est le candidat du sur-place. Certes, il a changé de lunettes, de compagne et, s'aprête sans doute à changer de vie. Mais, s'il a maigri, s'il a teint ses cheveux et se rêve désormais en président plutôt que d'afficher la bonhommie joyeuse qui semblait naguère le caractériser, c'est pour mieux correspondre à l'étrange chorégraphie dont ses conseillers en communication ont affublé sa campagne : les bras repliés vers la droite et vers la gauche en un mouvement contradictoire qui ne dit rien.


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65 réactions à cet article    


  • lisée 28 janvier 2012 11:30

    Pourquoi Hollande « la parole mal à droite ?
    Moi je trouve que sa parole est »bien à droite" !
    Lisée.


    • Herbert H. Hebert 28 janvier 2012 12:52

      Effectivement, elle l’est ! C’est ce qu’analyse l’article. Doit-on penser, pour autant, que c’est bien ? C’est cette duperie qui est ici dénoncée : la parole (de gauche) et le programme (de droite) de Hollande ne sont pas convergents, pas aux bonnes places. C’est ça, le grand écart impossible. 


    • Fergus Fergus 28 janvier 2012 22:44

      Bonsoir à tous.

      Problème : si la parole de Hollande est à droite, et compte tenu de son électorat probable, cela veut dire que la gauche ne représente plus grand chose dans le pays, sans doute moins de... 20 % (FdG, NPA, LO, Frange gauche du PS). Le pire est que Hollande contribue à entretenir la dérive du PS vers les idées de droite. Mais il est le seul véritable recours contre un pouvoir encore plus libéral et antisocial.

      Evidemment, ça laisse la gueule de bois, mais comment faire autrement en 2012 dans un pays qui est majoritairement à droite sur le plan sociologique ? Certes, on peut, comme le font certains, espérer un 2e mandat sarkozyste pour provoquer dess émeutes, mais il s’agit là d’un jeu éminemment dangfereux dont ne pmeut dire ce qui en sortirait !


    • Herbert H. Hebert 28 janvier 2012 23:56

      Hollande n’est pas le « seul recours » : la social-démocratie participe complètement au fonctionnement de la société néolibérale, elle ne la remet absolument pas en cause. L’erreur serait d’assimiler ce réformisme mou à la gauche. Or, cette confusion étant à l’oeuvre, le mandat de Hollande décevra nécessairement. Ce qui est à craindre c’est : que choisiront ensuite les Français qui ne voudront plus de la droite (ils ont déjà donné et ça devient invivable) et qui auront été trompés par cette (fausse) gauche ? 


    • bluerage 28 janvier 2012 13:39

      Après la catastrophe des 5 dernières années, les français se recherchent un nouveau messie, ils sont près à croire n’importe quelle promesse pourvu qu’on leur dise que tout va changer. Ils sont à la recherche d’un homme providentiel qui n’existe pas, d’où la popularité de FH.

      Et puis dans 5 ans ça repartira à droite...Quand donc fondera t’on une 6 ème république qui nous sorte du bipartisme bonnet blanc, balnc bonnet ?


      • Herbert H. Hebert 28 janvier 2012 13:50

        Si François Hollande était élu, il ne mènerait pas seulement une politique très voisine de celle qui prévaut actuellement, il ferait du même coup la preuve que « la gauche » est incompétente. C’est ça qui est le plus grave. Or, cinq ans plus tard, après cet échec (et afin de ne pas retrouver la même droite qui a sévi sous Chirac et sous Sarkozy), je crains que les électeurs n’en viennent à se tourner vers d’autres aventures, bien plus dangereuses... Voilà le double risque du vote Hollande. 


      • modesto modesto 28 janvier 2012 14:50

        le « parti de gauche » : combien de divisions ? 

        le 26 avril, mélenchon ira à la soupe : un ou deux postes de ministres d’État pour prix de leur ralliement ! alors à quoi bon ce feu d’artifice anti-hollande ? quand on en est réduit à conclure un (long) papier sur les changements (de lunettes, de régime, etc) du seul candidat capable de battre sarko, c’est qu’on commence à sentir venir le réalisme : l’extrême-gauche ne fera cette fois-ci encore, que de la figuration !
        en ait, le capitaine de pédalo, c’est Flambynator ! smiley 

        • Herbert H. Hebert 28 janvier 2012 15:14

          Aucune division au Parti de Gauche, qui ne constitue qu’un seul parti, indivisible. Vous pouvez ne pas vouloir sortir de la crise. Vous avez le droit de refuser le débat sur le nucléaire, sur les services publiques, sur la maîtrise des tarifs de l’énergie, etc. Vous pouvez continuer à vouloir un président-monarque omnipotent. Vous pouvez refuser les mesures réellement contre la finance. C’est votre liberté. Entendez que d’autres pensent que la France mérite autre chose.

          Aller à la soupe ? Et pourquoi croyez-vous que PS, MoDem et d’autres reprennent le langage du Front de Gauche, s’il ne représente rien ?

          Par ailleurs, personne ne vous oblige à lire cette analyse trop longue pour vous. Si vous n’avez pas compris que la distortion entre l’apparence et le fond constitue le coeur de cet article, j’en suis désolé, je n’ai peut-être pas été assez clair.

          Quant au « feu d’artifice », ce n’est pas moi qui consacre autant de temps de parole à Hollande ! Le feu d’artifice est ailleurs (allez jeter un oeil sur le temps de parole octroyé aux différents partis, sur le site du CSA).

          Enfin, « battre Sarko » ? Ce n’est pas l’enjeu ! Ce qui compte c’est de changer sa politique, et ça, Hollande ne le propose pas, je crois l’avoir démontré.


        • Fergus Fergus 28 janvier 2012 22:52

          @ Herbert.

          « Changer de politique », oui, entièrement d’accord avec vous sur ce point. Mais il ne faut pas se leurrer : il n’y a pas l’ombre d’une majorité possible pour cela en 2012. Si cela doit se faire, ce ne sera pas avant 2017, et à condition que les forces de progrès fassent (ce que je souhaite ardemment) un énorme travail de pédagogie sur le terrain, peut-être en s’appuyant sur des comités citoyens. En attendant, la seule question qui vaille pour ceux qui souffrent le plus est : voulons-nous, avec Sarkozy, rempiler pour 5 nouvelles années de casse sociale cynique et quasiment sans retenue ?

          Bonne nuit.


        • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 00:01

          Cette élection n’est qu’un moment de la « révolution citoyenne » appelée par le Front de Gauche. Elle peut en être un temps fort, mais l’élection présidentielle et l’avènement inéluctable d’un autre modèle de société peuvent ne pas du tout coïncider. En tout cas, vous avez raison : la pédagogie est indispensable. Et j’ajouterais : la prise de conscience politique.


        • 59jeannot 28 janvier 2012 18:18

          belle et juste analyse ; puissiez-vous la divulguer dans les médias pour la partager avec un max de français ; j’aime bien Agoravox, mais son audience est assez limitée. Cela mérite une place dans la rubrique « Rebonds » de Libé si les journaux papiers pouvaient faire honneur au métier de journaliste.


          • Herbert H. Hebert 28 janvier 2012 18:55

            Merci. Je ne suis pas certain que Libé en voudrait... Mais vous pouvez diffuser le lien jusqu’ici !


          • jeanclaude 28 janvier 2012 21:38

            Admettons que la politique du candidat ne serait pas très différente de l’actuelle.

            Cela suffit à beaucoup de français, qui ne croient pas à une autre politique radicale possible.

            S’il l’emporte, il y a l’immense résultat de changer l’équipe à la tête de l’exécutif. Cela est déjà d’une grande importance démocratique, puisque sont ainsi évitées les main-mises progressives sur les rouages de l’état d’un même clan, forcément solidaire et qui en profitera.

            Moi ce type d’alternance me suffit et je dis qu’elle est nécessaire.

            Tout le reste est utopie de la part de la gauche de la gauche ; chez tous les candidats, de toute tendance, comme en chaque période électorale, il faut faire dans le discours symbolique, pour croire à une évolution héroïque spécifiquement française, phare pour le reste du monde, bref « salvatrice ».

            La majorité du peuple qui n’accepte pas la dure réalité du temps ordinaire, entre les élections, a besoin de cette « liturgie », qui est aussi « catharsis ». Mais après, tout rentrera dans l’ordre. Il faudra bien continuer à tirer la charette à côté des autres chevaux européens, fatalement attelés au même attelage, celui de l’Europe, pays les mieux lotis du monde, quoiqu’on dise ces jours-ci, pour survivre dans un monde où les rapports de puissance sont la règle.

            Perspective peu encourageante, sacrilège pour la gauche de la gauche ; mais stoïque et réaliste.

            Post scriptum : votre constat du décalage entre le corpus des mots de la gauche et la (triste) réalité, c’est peut-être tout simplement que, comme le dirait un hégélien non marxiste désabusé, la réalité a dépassé la période historique de l’utopie socialiste, moment de l’Histoire achevé. Pas de fin de l’Histoire, mais saut en-deçà de toute la partie utopique générée par la pensée révolutionnaire française - reprise par le marxisme -. Fin d’une idéologie, voire fin des idéologies crédibles, aptes à l’efficacité un jour. Dans ce cas triste Europe, pas seulement Tristes Tropiques.

            L’Histoire continue, avec Hollande les pieds dans la réalité, et ses critiqueurs de gauches largués...


            • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 00:10

              Hollande a surtout les pieds englués dans le conformisme. L’ordre auquel il participe n’a rien à voir avec une « dure réalité » : tandis qu’on exige des efforts des peuples, les plus fortunés réalisent des profits records. On peut être convaincu que c’est dans la nature des choses. Je ne crois pas que les populations accepteront éternellement cette situation. Nous avons la chance, en France, de pouvoir changer celà par les urnes. Il se pourrait que, le moment venu, le soulèvement prenne une forme plus violente. En républicain et en démocrate, je le déplore.

              Quant aux autres pays européens, ils suivraient un à un, immanquablement, l’exemple de la France si cette dernière faisait le choix courageux d’un autre modèle économique.


            • NOJ71 28 janvier 2012 21:57

              Article d’un irréaliste ou d’un salarié de l’UMP.

              Vous oubliez l’essentiel : une majorité de votes à droite dans le pays.
              Pour être élu, Hollande a besoin de toutes les voix de gauche + une partie des voix du centre. Hollande est membre de la gauche réformiste, la seule qui puisse arriver au pouvoir par les urnes.
              Les caisses sont vides, toutes les réformes bénéfiques ne peuvent pas être décidées immédiatement.
              Ou bien, payé par l’UMP, votre seul but est de nuire à Hollande pour permettre la réélection du calamiteux. D’ailleurs, ce résultat conviendrait parfaitement à Mélenchon qui pourrait ainsi devenir un nouveau Marchais, chef de l’opposition au pouvoir de droite.

              • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 00:23

                Ne m’insultez pas. Passez votre chemin si l’étroitesse de votre esprit vous rend perméable à la propagande néolibérale : non, mille fois non, les caisses ne sont pas vides ! Elles débordent, tant la France produit de richesse. Vous vous trompez de perspective : c’est la répartition de cette richesse qui est problématique pas son existence. 

                Lorsque vous parlez de majorité de votes, faites-vous allusion à cette France du « non » au projet de constitution européenne ? Cette majorité n’était pas spécialement de droite.

                De plus, mon but n’est pas de nuire à Hollande : ce n’est quand même pas moi qui lui ai mis dans la bouche les mots que je cite ! Je ne procède qu’à une tentative d’analyse de son discours et je ne peux que conclure à l’imposture d’un discours libéral habillé des mots de la gauche. Croyez-vous qu’un tel enfumage me plaise ? Si vous estimez que mon texte déraisonne, reprenez mes citations et produisez votre argumentaire.


              • John_John 29 janvier 2012 14:28

                "  non, mille fois non, les caisses ne sont pas vides ! Elles débordent, tant la France produit de richesse. Vous vous trompez de perspective : c’est la répartition de cette richesse qui est problématique pas son existence. " 

                —> Comme c’est mignon de naiveté et d’idéologie bien pensante... Encore un gauchiste qui confond le portefeuille du voisin avec le sien... Non mon cher, la richesse des autres ne vous appartient pas, et si vous essayez de la taxer à outrance vous n’en verrez même pas la couleur. Le communisme c’est terminé, les français se foutent bien de vos délires collectivistes. Si vous voulez de l’argent, proposez quelque chose en échange. C’est la même règle pour tout le monde et vous n’y ferez pas exception.

              • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 20:22

                Vous êtes grossier. Je laisse donc Courteline vous répondre : « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet ».


              • John_John 29 janvier 2012 21:28

                C’est grossier que de faire redescendre un illuminé sur Terre ? C’est grossier que de rappeler à un acharné du vol de l’argent des autres que l’individu a des droits antérieurs à toute décision politique ? 


                Non je sais, ça ne fait que rappeler l’évidence : le socialisme rend radin, intolérant et peu généréux, voire même raciste ! 

                Continuez donc de déblatérer votre haine des libertés, de l’humain et de ses droits, et de proférer vos liturgies collectivistes, vous ne faites que rappeler à tous les gens saint d’esprit le bois dont vous êtes fait : la jalousie et l’autoritarisme.

              • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 22:04

                Ce dernier intervenant ne comprenant ni ce que signifie « hors sujet » ni ce que lui dit Courteline, je m’adresserai aux autres internautes

                Avez-vous remarqué qu’il m’a suffit de commenter les propos de François Hollande pour déchaîner les foudres d’éxhaltés du libéralisme ? Que des sympathisants du PS me tombent dessus, je pouvais m’y attendre (même si je sais que beaucoup ne sont pas dupes et partagent mon analyse) mais le fait de convoquer les droits de l’Homme, la propriété de l’argent, la liberté, etc. dans un propos visiblement imbibé de l’idéologie dominante, alors que c’est seulement la dérive libérale du PS qui est visée, c’est intéressant ! Je ne peux qu’y voir une manifestation de la proximité croissante du néolibéralisme et de la social-démocratie : l’un venant défendre l’autre.


              • JL JL1 29 janvier 2012 23:40

                « l’individu a des droits antérieurs à toute décision politique ? » (jj)

                Demandez donc à votre main invisible de protéger vos droits antérieurs ! pfff !

                Vous êtes ridicule de réclamer aux autres de protéger des droits dont vous vous servez pour les exploiter : parce que l’argent des riches résulte de l’exploitation des pauvres, et est utilisé pour faire perdurer cette exploitation, au nom des droits que l’argent confère. Mais ces droits ne sont rien sans une société qui reconnait ces droits.

                La société dans son ensemble respecte la propriété privée dans la limite où cette propriété privée ne devient pas un danger pour ses membres. Et cela seul justifie l’impôt progressif qui doit devenir confiscatoire. Si quelqu’un n’est pas content, qu’il aille se faire voir ailleurs.

                Ce n’est pas la peur qui change de camp avec le renforcement du Front de Gauche : c’est la raison ! Parce qu nous refuserons désormais la pensée unique et la novlangue néolibérale mortifère. Le néolibéralisme est une idéologie à l’agonie.


              • John_John 30 janvier 2012 12:30

                « l’argent des riches résulte de l’exploitation des pauvres » LOLOLOLOL Merci JL pour cette nouvelle tranche de rire ! Décidément tous les jours vous montez un niveau dans les poncifs communistes, je n’en demandais pas tant ! Keep going ! ;)


              • JL JL1 30 janvier 2012 13:29

                Mettez trois personnes sur une île déserte : depuis que le monde est monde, il s’en trouvera toujours deux pour s’entendre sur le dos du troisième.

                L’argent est au mérite ce que la violence est à la puissance. Ou pour le dire autrement, si l’argent était la récompense de la vertu, il n’y aurait pas de riches.

                A bon entendeur.


              • John_John 30 janvier 2012 14:00

                Exactement, il y en aura toujours 2 (les moins productifs) qui s’entendront sous la forme d’un Etat pour voler le fruit du travail du 3 ème (le plus productif) en utilisant la force, et en osant appeler ça la « justice sociale » de l’impôt. Seul un Etat est capable d’utiliser la coercition, alors qu’un individu et une entreprise ne peut utiliser que la publicité et la persuation.


                 Comme quoi des fois il y a de l’espoir pour votre santé mentale, sacré JL !

              • JL JL1 30 janvier 2012 14:53

                Si je comprends bien, les riches milliardaires sont les malheureux productifs dont la force de travail est exploitée par les pauvres ?

                Sacré John-john ! Il n’y a pas d’espoir pour votre santé mentale.

                Les gens comme vous font une erreur rédhibitoire qui pervertit la totalité de leur raisonnements ultérieurs : contrairement à ce qu’ils professent, l’individu n’est pas antérieur à la société, mais c’est la société qui est antérieure à l’individu. Le libéral fonctionne comme s’il s’était créé lui-même, tout seul !

                Pour ceux qui veulent en savoir plus, François Flahaut a magistralement exposé cela dans un petit livre à la portée de toutes les bourses : "Le paradoxe de Robinson, capitalisme et société", aux éditions Les petits libraires.

                Robinson fonde son être sur le rapport aux choses et non sur le rapport aux autres. Vendredi est chosifié dans le regard de Robinson. Je n’ai pas besoin de préciser pour ceux qui sont initiés aux choses de la santé mentale, que ce type de croyance et de comportement est typiquement pervers : ces individus n’éprouvent aucune reconnaissance d’aucune sorte envers autrui, a fortiori envers la société.

                Citation : « La justice ne se fonde pas uniquement sur la logique des droits individuels. La justice ne se borne pas à attribuer à chacun selon son dû. Elle est inséparable de l’exigence d’égalité, sans laquelle les relations de coexistence s’effondrent ».

                Les écarts de revenu ou de patrimoine extravagants sont doublement condamnables : nul c’est capable de mériter par son travail personnel plusieurs centaines de fois ce que mérite l’individu moyen par son travail. Pourtant le salaire médian étant de 20 000 euros, les revenus de plus de 2000 000 se comptent à la pelle. La fortune de l’homme le plus riche du monde dépasse le PIB de dizaines de pays comptant des millions d’habitants.

                Les écarts extravagants sont condamnables par le fait qu’ils donnent à leurs propriétaires le pouvoir de corrompre les organisations sociales, et d’y détruire les relations de coexistence.

                C’est pourquoi une démocratie qui ne limite pas les écarts de revenus est une démocratie mutilée.


              • John_John 30 janvier 2012 15:46
                Comme tous les antilibéraux, JL, vous êtes inculte et borné. Non seulement vous ne connaissez rien au libéralisme, mais en plus vous lui associez tous les maux de la terre, ce qui vraiment risible et puéril. Le libéralisme se concentre sur le droit des individus : là où le dictateur considère l’individu comme un élément remplaçable dans son plan sociétal, le libéralisme rappelle que l’Homme a des droits en tant que tel, et que donc aucune politique ne peut ni ne doit passer outre les droits des individus. Il y a là une énorme différence entre l’humanisme libéral et la simplification infantile que vous tentez d’imposer, mais bon si vous étiez moins limité par vos oeillères idéologiques vous ne seriez pas extrême gauchiste et je n’aurait pas à ré-expliquer ces bases, vous les auriez comprises tout seul, comme un grand.

                Déjà « la société » est un concept flou qu’il serait important de définir, mais les gauchistes entretiennent cette ambiguïté pour pouvoir y fourrer un peu tout et n’importe quoi, pour ajuster les choses selon leur idéologie mortifère. Nous retiendrons juste que « la société » ne se confond pas avec les habitants d’un pays délimité par ses frontières, que l’Etat n’ a donc aucune légitimité à représenter « la société », et que si on veut étudier les relations entre l’individu et son environnement social, il faut se concentrer sur ses relations sociales, fortes et faibles (famille, amis, médias, etc.). Mais ce n’est pas le sujet, passons.

                La « société » n’est pas antérieure à l’individu au sens ou vous l’entendez, ni même l’inverse : les deux sont interconnectés. L’environnement social influence l’individu, et ce dernier influence son environnement social via son libre-arbitre. C’est la raison pour laquelle les choses évoluent : l’individu est actif, il analyse et agit en conséquence pour modifier son environnement et ses propres principes moraux. L’individu n’est pas un organisme passif, une partie d’un « grand tout » qu’une approche holiste peut appréhender. Les excès holistiques bourdieusiens ont d’ailleurs été très bien démontés par les travaux de Boudon et de Nozick, entre autres.

                Voilà donc pour l’interlude socio du jour. 

                Je terminerai juste par ceci : la valeur marchande d’une production est une notion entièrement subjective, qui n’a de limite que l’appréciation du marché de ses clients, c’est à dire qu’elle n’a pas de borne supérieure. Seul le pouvoir d’achat peut limiter un prix. La différence de production entre deux individus est donc potentiellement infinie, ou du moins tellement élevée qu’on ne peut pas la majorer. Le revenu des individus étant proportionnel à cette production, librement évaluée par le marché des clients, la différence de revenus entre 2 individus n’a pas de limites : un gouvernement n’a et n’aura jamais aucune légitimité à tenter de limiter les revenus des individus, la production de valeur et l’estimation de cette valeur par un marché relevant des libertés individuelle inaliénables. 
                Ainsi donc, toute mesure de limitation de revenus est aberrante, contraire aux droits de l’homme et ne saurait être motivée par autre chose que la jalousie envers son prochain, ce vil sentiment à la base de toutes les politiques collectivistes et clientélistes. 

                D’ailleurs, les études scientifiques corroborent cette analyse : les socialistes sont les individus les plus radins, intolérants, jaloux et peu généreux. Sources ici et ici.

              • Herbert H. Hebert 30 janvier 2012 16:57

                Quelqu’un parviendrait-il à faire comprendre à l’épais John John qu’il poursuit un hors sujet entêté ? L’intitulé de cette zone de commentaires précise clairement « réagir à cet article ». Or, cet article est une étude des propos de Hollande à l’émission « Des paroles et des actes ». En quoi les considérations économico-philosophiques de cet exhalté et ses diatribes contre les communistes qui vont lui prendre son bas de laine, son jardinet et l’héritage de ses enfants nous intéressent-elles ? Qu’il nous gratifie d’un article sur la thématique de son choix et nous irons joyeusement commenter sa misère ! Qu’est-ce qu’un défenseur aussi acharné du libéralisme a besoin de venir vitupérer tandis que nous réfléchissons seulement à la dérive socio-libérale d’un parti dit de gauche ?


              • John_John 30 janvier 2012 17:13

                La gauche est historiquement libérale... Ce n’est que récemment que les gauchistes se sont rendus compte que la jalousie des riches leur rapportait plus de voix...


                Sinon, on a le droit de s’écarter du débat des fois, surtout quand certains énergumènes veulent nous expliquer que l’avenir c’est le travail forcé pour l’Etat...

              • JL JL1 30 janvier 2012 19:12

                L’Etat c’est nous, le peuple, mais les libéraux le considèrent commme une entreprise lambda ! Voilà pourquoi ils disent ne pas supporter sa suprématie.

                Cela s’appelle « se prévaloir de ses propres turpitudes ».

                Le libéralisme a fait illusion trop longtemps. La raison n’est plus dans son camp.

                Les john-john dont la pensée s’arrête au bout du nez de leurs gourous démasqués, se croient modernes et sont en phase de ringardisation. L’idéologie libérale et les Chicago-boys ont vécu. Trop vécu ! Leur temps est fini, comme est fini leur président complice en France, Nicolas Sarkozy, et comme sera bientôt fini le PS s’il ne va pas au devant du FDG.


              • John_John 30 janvier 2012 19:45

                L’Etat est censé représenter le peuple, pas l’opprimer et certainement pas lui spolier sa propriété privée. Vu que le système dans le quel nous vivons n’est absolument pas libéral (56% du PIB de dépense publique, ça s’appelle du socialisme), c’est bien l’effondrement de l’étatisme dont nous sommes les témoins aujourd’hui, et les jours des derniers adorateurs du Dieu Etat sont comptés.


              • JL JL1 30 janvier 2012 20:13

                - Le socialisme c’est plus de 80% du PIB sous contrôle démocratique.
                - 80% du PIB c’est la société de marché : tout se vend tout s’achète, dans le plus grand foutoir.

                50% pour le contrôle démocratique, 50% pour le privé, c’est un objectif raisonnable : mais ce que nous connaissons aujourd’hui, si on peut dire qu’on est au fifty-fifty fifty, il y a perversion du système : ce n’est pas la démocratie qui gère les ressources de l’État, mais l’oligarchie pour plus de la moitié.

                Ici encore, le libéralisme et l’oligarchie se prévalent de leur turpitude, puisque les oligarques et les ultra-libéraux sont des alliés objectifs pour réduire la part de contrôle démocratique à néant.


              • John_John 30 janvier 2012 20:53

                Les oligarchies sont par définition anti-libérales, vous continuez donc à raconter n’importe quoi en bon extrémiste que vous êtes


              • JL JL1 30 janvier 2012 23:08

                Mais non JJ,

                les oligarchies ne sont pas anti-libérales, pas plus que le néolibéralisme n’est l’ennemi des oligarques ; ce discours que vous tenez c’est pour les anars bisounours qui croient encore qu’ils vont refaire le monde avec leurs théories ineptes de main invisible ! Regardez l’UE : il n’y a pas d’oligarques, il n’ y a que des lobbyistes ou des dirigeants qui se présentent comme libéraux, au profit de la grande finance et des grandes multinationales. DSK, C. Lagarde et compagnie sont-ils pour vous des oligarques, ou des libéraux ?

                Vous vous croyez libéral, vous n’êtes qu’anarchiste, preuve que j’avais vu juste pour ce qui vous concerne. Le point commun entre vous et ces gens-là, c’est votre haine de la démocratie. Et c’est ce qui fait de vous des alliés objectifs.

                C’est vous qui racontez n’importe quoi.


              • JL JL1 30 janvier 2012 23:25

                john-john :

                Vous dites que les oligarques sont anti-libéraux  ? Je vous ai déjà posé la question : que pensez vous de cet article :

                Six révélations-chocs sur le “gouvernement secret” de Wall Street Une puissante oligarchie financière dirige les États-Unis, et par là-même, le monde occidental.

                Est-ce que pour vous l’ennemi c’est la démocratie, ou bien cette puissante oligarchie ?

                Est-ce que selon vous, pour les oligarques, l’ennemi c’est le libéralisme ? Ou bien la démocratie ?

                pfff !


              • Fergus Fergus 28 janvier 2012 22:35

                Bonjour, Herbert.

                Ne vous emballez pas sur « l’électorat potentiel » de Mélenchon : Marine Le Pen est, sur les mêmes bases, à... 35 %, et Hollande sans doute à 40 %. Seules comptent les intentions de vote, le reste n’est que poudre aux yeux !


                • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 00:35

                  Je n’apporte aucun crédit aux sondages. Les instituts de sondage sont la propriété de groupes de presse ou d’investisseurs acquis à la cause néolibérale : ils feront tout pour habiller les résultats à leur sauce. Je me contentais, dans cet article, de rappeler l’information admise par les médias, même si je m’en désolidarise résolument. Pour ma part donc, les « intentions de vote » ne comptent pas : elles annonçaient la victoire de Balladur, puis celle de Jospin, elles prévoyaient le « oui » au référendum européen, n’ont pas vu arriver Besancenot ni le récent score de Montebourg aux primaires... Ce que je compterai, moi, ce sera le nombre de bulletins effectifs.


                • arobase 28 janvier 2012 22:51

                  salut fergus.


                  je suis déçu par l’attitude de mélenchon. le voilà qui concentre ses attaques sur hollande en prétendant en plus ne pas vouloir participer à une gouvernement de gauche.

                  sachant qu’il ne peut lui même être élu, on va voter pour lui pour quoi faire ? au risque de disperser les voix et retrouver sarko-lepen au 2° tour !

                  de plus , les allemands merkel en tête s’en mêlent car les forces de la finance ne vont pas se laisser faire. idem pour les anglais dont les banquiers commencent à donner de la voix.

                  ces nuisibles vont unir leur forces dans toute l’Europe car ils craignent une contagion à gauche toute partout. !

                  cette fois il faut que tout le pays soit derrière hollande car la bataille c’est entre le peuple et les requins, et ils sont très forts !
                  ton sentiment ?



                  • Fergus Fergus 28 janvier 2012 23:00

                    Bonsoir, Arobase.

                    Je reste encore sur un vote Mélenchon au 1er tour, mais je ne supporte pas que, pour gagner 1 ou 2 points, il cible Hollande. Ceux qu’il doit avant tout pilonner sont Sarkozy et Le Pen. Mettre en avant ses idées de progrès sans dénigrer le PS car cela risque d’être dangereux et contreproductif pour tous ceux qui veulent la fin du sarkozysme. Je déteste les petites phrases du genre « capitaine de pédalo » ou « pistolet à bouchon » pour combattre la finance. Dans ces moments-l :à, je baferais Mélenchon, moi qui ai toujours très majoritairement voté au 1er tour pour des candidats du PC.


                  • Herbert H. Hebert 29 janvier 2012 00:53

                    Vous vous méprenez : Mélenchon est totalement pour participer à un gouvernement de gauche ! Ou bien je n’ai pas été clair, ou vous m’avez mal lu : la social-démocratie sauce hollandaise n’a rien à voir avec la gauche. C’est avec un gouvernement qui prône l’austérité et les mesures économiques néolibérales que le Front de Gauche refuse de se compromettre. De plus, votre question « voter Mélenchon pour quoi faire ? » trahit votre ignorance de son programme. Je crains, par ailleurs, que vous n’ayez pas compris qu’un score élevé du Front de Gauche est LA SEULE raison qui pourrait faire revenir le PS vers son aspiration historique de gauche. Or, en France comme partout en Europe, c’est précisément lorsque le PS oublie son camp qu’il perd !

                    Quant à votre ultimatum « sarko-lepen », je conclue deux choses : 1) à quoi bon changer Sarkozy si c’est pour avoir une politique à peu près équivalente ? c’est juste (comme je l’écris dans mon article) le nom et le visage du président que vous souhaitez changer ou bien son action ? 2) l’exemple grec nous prouve que les socio-démocrates (Papandreou et Papademos sont les homologues de Hollande) ne répugnent pas à gouverner avec la droite et même, j’en suis le premier atterré, avec l’extrême droite : c’est ce qui se produit en Grèce et, comme moi, vous n’avez entendu AUCUNE protestation du PS là-dessus.


                  • LE CHAT LE CHAT 28 janvier 2012 23:00

                    une alternance sans alternative , voici tout ce que propose Flamby , avec en bonus trac deux gadgets communautaristes ( mariage gay et vote des étrangers non européens aux élections locales ) , dont il vaut mieux qu’il agite pas trop le second s’il veut être au second tour ....

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