• jeudi 18 mars 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Francois Hollande : Que les gros salaires lèvent le doigt !
34%
Article intéressant ?
 
66%
(413 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Ecrire un commentaire
  • Marquer et partager

Francois Hollande : Que les gros salaires lèvent le doigt !

François Hollande s’est lâché. Il a annoncé, en cas de victoire du candidat du Parti socialiste à la présidentielle, une augmentation des impôts pour les revenus supérieurs à 4000 euros nets par mois. Bref, sus aux riches ! Un retour en fanfare de la lutte des classes ! Marx, le nouvel opium du Parti socialiste ?

Le’’camarade’’ François, ça le démangeait tellement, depuis quelque temps, qu’il ne pouvait plus se retenir ! Enfin, publiquement, il a pu crier sus aux riches ! On imagine sa jubilation ! Augmenter les impôts des classes "aisées", tel est son leitmotiv ! Un thème qu’il agite comme un enfant secoue, tout fier, son hochet ! A voir son obsession on soupçonne même un trouble compulsif de la personnalité. Ou trahit-il un besoin absolu d’exister face à la prééminence de Ségolène Royal qui a pris ses distances avec le Parti socialiste ?

Cependant, le premier secrétaire du Parti socialiste va devoir faire preuve encore de patience : l’élection à l’Elysée de sa compagne Ségolène Royal en mai prochain ? L’affaire n’est pas encore pliée. Pas plus que la victoire du PS aux élections législatives en juin. Toutefois, comment croire à une nouvelle cohabitation, définitivement ruineuse pour la France ?

Nous savons donc désormais, grâce à François Hollande, à quelle catégorie nous appartenons. Au-dessus de 4000 euros nets par mois, vous voilà taxé (fiscalement et socialement !) de riche. "Ce qui correspond, pour un salarié, à une rémunération de cadre, plus supérieur que moyen, mais ne constitue certes pas le seuil de la richesse", comme l’écrit le quotidien Le Monde dans son éditorial de ce week-end.

C’est le retour de la lutte des classes. Les riches contre les pauvres. Le capital contre le travail. A quand les anciens contre les modernes ? Marx revient par la grande porte au Parti socialiste, à en rendre jaloux le Parti communiste qui pensait être son seul héritier ! Cette posture politique divise inutilement les Français, les dresse même les uns contre les autres. Or on croyait cette époque révolue.

La preuve en est la fossilisation tragique du PS francais parmi les partis socialistes européens car tous (allemand, suédois, anglais, espagnol...) ont accompli leur aggiornamento, soit ont rompu avec une doctrine marxiste invalidée par la réalité. Mais cette "rupture" idéologique n’est pas encore au programme en France !

Au fait, que pense François Hollande des innombrables avantages acquis, privilèges accordés aux corps d’Etat et de fonctionnaires qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui ? Oeil pour œil, dent pour dent’ ? Absolument pas. Mais la crise requiert des efforts de tous, un effort collectif. Pas d’effort sélectif, par nature discriminant, donc contraire au principe d’égalité, auquel est pourtant censément attaché le Parti socialiste. Or sur ce terrain, les propositions se font (désespérément) attendre. En gardant le silence, sa posture s’apparente à un clientélisme.

Il est très difficile de savoir le nombre de contribuables affectés par ces nouvelles mesures fiscales, tant les chiffres selon les organismes diffèrent. Ainsi, selon le ministre du Budget Jean-François Copé, ce sont "1,2 million de foyers fiscaux qui seront concernés’’, tandis que le Syndicat national unifié des impôts situe le nombre de foyers fiscaux entre 300 000 et 450 000. La Commission des finances de l’Assemblée nationale avance, elle, le nombre de 305 000 foyers fiscaux.

Mais peu importe le nombre. C’est la décision en elle-même qui pose problème.

Si l’augmentation des impôts des foyers les plus aisés peut être une condition nécessaire à la résolution des problèmes sociaux de la France, il est loin de constituer une condition suffisante ! Si le niveau des prélèvements fiscaux était, en effet, un étalon de la performance économique d’un pays et du bien-être de son peuple, étant donné leur niveau dans notre pays, la France serait championne du monde. Mais ce n’est pas le cas ! Néanmoins, le "camarade" Hollande, droit dans ses bottes idéologiques, n’en n’a que faire. Sus aux riches, qu’il vous dit !

Un gouvernement dispose d’autres leviers pour redresser la situation, notamment des solutions structurelles, jusqu’à présent bien discrètes. Or, c’est pourtant en ce domaine que la France doit réaliser et concentrer même l’essentiel de son action ! Réduire le train de vie de l’Etat pourrait être une de ces pistes ! Et au-delà, réformer ses structures et ses missions. Cette action réformatrice pourrait aussi porter sur les collectivités locales et les acteurs du service public.

Ce qui ne veut pas dire, rappelons-le, moins, mais mieux dans la gestion de l’Etat, afin de parer à l’argument prêt à l’emploi que "nos impôts servent à payer nos écoles, nos routes, nos hôpitaux, etc.". C’est faux de nos jours, en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, mais c’est un autre débat.

Cependant, la question est de savoir si le Parti socialiste pourra tenir sa promesse dans un environnement marqué par une libre-circulation du capital, de la force du travail et donc d’une exacerbation de la concurrence fiscale entre les nations, sans opérer un virage à 180 degrés sous la pression des faits, comme en 1983 avec la mise en œuvre d’une politique de rigueur !

En effet, il faut y voir avant tout un engagement démagogique, autrement dit, une opération de séduction de grande ampleur à destination des classes sociales en difficulté et qui tournent le dos au Parti socialiste. Le but est de couper l’herbe sous le pied à l’extrême gauche et au front antilibéral, même si ce dernier bat de l’aile. Bref, il s’agit de rassembler le peuple de gauche derrière le Parti socialiste, qui a retenu la claque de 2002 (c’est l’effet positif), prêt à tout cette fois pour décrocher l’Elysée, comme en témoigne le ralliement étonnant-détonant de Jean-Pierre Chevènement, qui a perdu un peu de sa dignité dans ce pacte.


La manœuvre réussira-t-elle ? Probablement, dans un pays, comme l’avait remarqué en son temps Tocqueville, plus épris d’égalité (et de collectivisme ?) que de liberté (et d’invidualisme ?).

La chasse est donc ouverte ! C’est la réhabilitation du délit de gros portefeuille ! Quand vous sortez, faites attention, veillez à ne pas trop dépenser, à oublier les signes extérieurs de richesse, car le gendarme Hollande veille et contrôle ! Fiche de paie, s’il vous plaît !

Mots-clés

Fiscalité

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Obtenez votre badge pendant 6 mois.

Achat immédiat par SMS ou TEL
1
2
Envoyez CODE par SMS au 81038 3.00 € / SMS Appelez le 08 99 78 18 94 1.91 € / appel
3

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • vote :
    Par Rage (xxx.xxx.xxx.129) 15 janvier 2007 13:55
    Rage

    Même punition pour le même thème d’article !

    Bonjour,

    J’aurais pu parier qu’aujourd’hui on aurait des articles sur la fameuse déclaration "Copé-Hollande" à savoir : A plus de 4000€/net/mois ET par personne, suis-je parmis les riches ou la classe moyenne ?

    Et bien cela n’a pas manqué, et nous voilà avec un fameux duel au pognon entre "je suis riche mais pas trop et je suis modeste mais plutôt pas mal". Dans les deux cas, je trouve que le débat est stérile, surtout quand on en vient à fixer des "seuils" aussi peu fiables qu’incohérents.

    Outre le fait qu’il serait grand temps de simplifier la fiscalité et de l’asseoir sur des prélèvements CLAIRS et pour TOUS sur une progressivité de l’impôt en fonction des revenus (tous les revenus) on préfère se battre sur qui est riche et qui ne l’est pas.

    A ma droite, JF Coppé avec des modestes à 4000€/net/mois, à ma gauche, F.Hollande avec des riches à 4000€/net/mois. Et voilà que repart l’éternelle rivalité stérile, toujours outranciée dont rien ne sort. Et ce n’est pas avec Sarkozy-Niazow que l’on va détendre les esprits.

     Premièrement cette querelle est purement idéologique, démontrant l’évidente déconnexion de la droite au réel et l’idéologie non pragmatique de la gauche. Dans les deux cas, on se fiche de savoir si on est riche ou pas, on demande que l’impôt soit juste et payé par tous pour des résultats efficients (attention il y a des pièges !^^)

     Deuxièmement, à 4000€/net/mois, on est dans tous les cas aisés MAIS cela ne veut pas tout dire. 4000€ pour un célibataire, un Parisien, pour un couple marié, pour une famille de 5 enfants ou pour un seul travailleur, la femme étant sans emploi par exemple ? L’idéologie s’arrête malgré tout à certaines contraintes du réel. En l’occurence, JF Coppé raconte n’importe quoi, comme d’habitude, puisque l’on ne prend pas des salaires de fin de carrière comme exemple - surtout quand on les majore de 25% (cf salaire de l’instit ou du conducteur TGV à 3100€/max). Parallèlement la réaction de F.Hollande est disproportionnée et il aurait mieux valu indiquer que les repères de M.Copé sont erronés et qu’il serait temps d’homogénéiser la fiscalité pour créer des prélèvements progressifs suivant le niveau de revenu SANS abattements multiples et variés, niches et autres "feintes" qui changent tout.

     Troisièmement, gagner 4000€/net/mois (donc aisé) ne veut pas dire payer beaucoup d’impôts dans le système actuel. Pourquoi ? Parce qu’en France, afficher n’est pas jouer. En gagnant 4000€/mois, rien n’empêche que notre heureux candidat (qui pourrait d’ailleurs les toucher via l’ARE (aide de retour à l’emploi= assedic), ce qui est une blague) paye moins d’impôts que celui qui en touche 2000€ ! Entre les abattements calculés aux enfants, les niches, les frais réels, les charges d’entreprises, les abattements connexes... le vrai problème ce n’est pas le salaire, c’est la DEFINITION de l’impôt.

     Quatrièmement, ce débat est provocateur, voire défiant. Quand on sait que le salaire médian (et pas moyen), regroupant donc le plus de salires à ce niveau, est d’environ 2100€/net en France, on se dit que déjà, les 4000€, cela ne va pas parler à beaucoup de monde. Alors entre 200 000 et 450 000 (soit dit en passant, on rigole en voyant que même les impôts ne soient pas foutus de filer un chiffre CLAIR, ça montre le suivi...) personnes concernées, cela fait grosso modo quand même moins de 1% de la population active.

     Bilan : On parle d’une minorité de personnes, qui plus est bien lotie alors que la majorité, celle qui a des VRAIS problèmes, et bien on s’en cogne au PS comme à l’UMP. Et pour ma part, la classe moyenne, c’est à dire la classe la plus importante en France, c’est 1300€-3000€/net/mois, c’est entre 2600€ et 5000€/net/mois/foyer et c’est surtout un paquet de personnes qui, une fois le loyers et l’ensemble des frais payés conserve un pouvoir d’achat limité, le REVENU NET REEL A DISPOSITION après charges.

    La question au final, n’étant pas de toujours raisonner en % ou en taux, mais plutôt en valeur absolu en euros : car même après impôts, un mec qui gagne 50 000€/net/an, il lui restera bien plus que ce qui lui en faut pour vivre : c’est cela "l’aisance".

  • vote :
    Par Frédéric Mahé (xxx.xxx.xxx.249) 15 janvier 2007 15:03
    Frédéric Mahé

    Ce qui est dramatique dans cette histoire, c’est que c’est tout de suite une bataille de chiffres sur le nombre de personnes concernées... Vous dites "peu importe le chiffre" : non, justement, le chiffre importe énormément. Voilà des responsables politiques de droite et de gauche (dont c’est le boulot, après tout), des fonctionnaires directement concernés (la DGI) et un Ministre du Budget (sans langue de bois, juré) in-fou-tus de donner la même évaluation de la population concernée. Moi ça me consterne. Et ils veulent les clés de la maison ? Non, mais ils nous prennent pour des andouilles, ou quoi ?

  • vote :
    Par monteno (xxx.xxx.xxx.94) 15 janvier 2007 15:52

    @Frédéric

    Je partage ta consternation !

    J’ajouterai que Ségolène qui pense à l’Elysée depuis plus d’un an, ( a été aux affaires pendant plus de 5 ans) n’a aucune idée non plus sur la politique fiscale qu’elle précaunisera, puisqu’elle en est encore à nommer une commission d’experts pilotée par Strauss Kahn, alors que ces sujets de base devraient depuis longtemps avoir été étudiés en profondeur !

    Oui consternant !

  • vote :
    Par maxim (xxx.xxx.xxx.53) 15 janvier 2007 13:14
    maxim

    le Francois...il a du se faire engueuler par sa panthere !!!! parce qu’il est revenu sur ses declarations aux infos....

    c’est Segolene qui decidera... a t’il declaré aujourd’hui...on est bien barrés entre un culbuto et un emballage cadeau vide........

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Réclame

sondage

Que retenez-vous du premier tour des Régionales ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox. - Un site Infovox Network