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Accueil du site > Actualités > Politique > François, Nicolas, Jacques et les autres…

François, Nicolas, Jacques et les autres…

 François Hollande est écouté, 8 millions de téléspectateurs ont suivi sur TF1 son allocution de mi-mandat, mais il n’est plus entendu.

Des dizaines de milliers de tweets moqueurs et rigolards ont été publiés pendant l’émission, 92 % des français crient leur défiance à l’égard des partis politiques, 82% désapprouvent l'action de François Hollande comme président de la République, 67% des français ne souhaitent pas le retour de Sarkozy, sept Français sur dix ne font pas confiance aux responsables politiques.

Prenez n’importe quel sondage tous vont dans le même sens et clament le désamour des français pour la classe politique dans son ensemble ainsi que leur ressentiment devant l’incapacité des politiques à régler leurs problèmes et ceux de la France : « cause toujours, je ne te crois pas » !

La question posée par la dame de Pôle Emploi à une députée européenne au chômage est lourde de signification : « Vous avez fait quoi en tant que députée européenne ? ».

La parole politique est dévaluée pour ne pas dire nécrosée et nous aurions tort de nous en réjouir car en démocratie nous pouvons aimer ou détester tel ou tel homme ou femme politique mais nos institutions ne peuvent fonctionner sans un minimum de crédibilité accordé aux personnes qui en occupent les différents postes qu’ils soient Président de la République, 1er ministre ou députés.

Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi un tel décalage entre les annonces faites et l’application des décisions ? Pourquoi une telle paralysie devant des réformes urgentes à réaliser connues de tous et confirmées par la multitude de travaux d’experts réalisés ces dernières années ?

Il serait trop facile et intellectuellement malhonnête d’en attribuer toute la faute à François Hollande et d’en faire le bouc émissaire de tous nos maux.

Depuis 20 ans tous nos politiques au pouvoir ont dirigé et géré notre pays à la marge, à la petite semaine, sans vision en se contentant de réagir aux évènements sans jamais prendre les mesures structurelles et effectuer les réformes d’ampleur qui s’imposaient pour construire et laisser à nos descendants une France économiquement forte.

Vingt ans de mesurettes et d’énergie dépensée à contourner savamment les obstacles préférant ralentir notre course infernale contre le mur plutôt que tout faire pour l’éviter.

Il faut certes admettre que, contrairement à d’autre pays conscients des effets dévastateurs que pouvait avoir la mondialisation faute de réformes massives, la France a un grave penchant naturel pour le conservatisme, le tout état et le refus à se voir enlever toute once d’avantage acquis

La situation actuelle est préoccupante car elle ouvre la voie à tous les débordements : populisme, bonnets rouges, pigeons, casseurs, renfermements corporatistes, voire prise de pouvoir par une administration toute puissance paralysant par sa bureaucratie toute décision gouvernementale qui lui déplait.

Il reste deux et demi à François Hollande pour rendre force et crédibilité à une puissance publique qu’il a fortement contribué à dévaloriser par 30 mois de pouvoir et autant de bourdes, de couacs et de promesses non suivies d’effets.

« A partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôts supplémentaires sur qui que ce soit » (TF1 le 6 novembre 2014).

 Il joue sur les mots ainsi qu’avec nos nerfs quand on pense notamment à l'augmentation de la taxe sur le diesel, au projet de surtaxe de certaines résidences secondaires et à l’inéluctable augmentation des impôts que devront adopter les collectivités locales face à la réduction de la dotation de l'Etat.

Mais la grosse erreur qui a dévalué la parole et la crédibilité présidentielle a été de toucher aux familles : baisse des allocations familiales, fiscalisation d'une partie des retraites, tripatouillage du quotient familial, soit 4 milliards d'euros pris dans les poches des familles depuis 2012.

Les français ont atteint aujourd’hui le point de rupture et ce ras le bol, toutes classes sociales confondues, limite fortement les marges de manœuvre pour la deuxième partie du quinquennat.

Il serait cependant dommageable pour la France que François Hollande continuât à gouverner au fil de l’eau attendant que son insoutenable crédo de la baisse du chômage se réalise.

Et là est bien l’ironie de la situation, la baisse durable de l’euro et du pétrole pourrait amorcer cette reprise économique tant attendue sans que les initiatives du gouvernement y soient pour quelque chose.

La tentation du « ne rien faire » est diaboliquement forte, la baisse mécanique du chômage qui devrait résulter d’un retour à la croissance offrirait alors à François Hollande une solide chance de se faire réélire, ne nous avait-il pas dit et promis dès son arrivée au pouvoir qu’il ferait baisser le chômage !

Photo Reuters


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7 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 10 novembre 2014 10:14

    marrant ton avatar, on dirait le frère de xenozoid
     smiley


    • Michel bougydeval Michel bougydeval 19 novembre 2014 16:33

      merci, je voulais un penseur « grognon » correspondant à mes articles !


    • mac 10 novembre 2014 10:24

      Si les hommes politiques sont impuissants c’est que les oligarques le veulent ainsi et ne tiennent surtout pas à avoir des de Gaulle avec de vrais leviers de commandes entre les mains. C’est probablement pour cela que Poutine est l’homme à abattre dans les grands médias qui sont justement possédés, pour la plupart, par des oligarques.

      Donc la politique politicienne à laquelle on assiste depuis plus de 30 ans n’est pas un hasard, pas plus que la décrédibilisation du monde politique.
      Quand cela pourrait-il changer ? Quand les peuples en auront vraiment marre, qu’ils arrêteront de dormir et qu’ils cesseront de déléguer le pouvoir démocratique en refusant de s’impliquer dans la politique par pure paresse...





      • diogène diogène 10 novembre 2014 12:16

        « La situation actuelle est préoccupante car elle ouvre la voie à tous les débordements : populisme, bonnets rouges, pigeons, casseurs, renfermements corporatistes, voire prise de pouvoir par une administration toute puissance paralysant par sa bureaucratie toute décision gouvernementale qui lui déplait. »


        Et pourquoi pas la révolution ?

        • zygzornifle zygzornifle 10 novembre 2014 12:56

          Gang de requins, mettez tous les politiques au SMIG et ils s’enfuiront piller les entreprises du privé .....


          • zygzornifle zygzornifle 10 novembre 2014 13:09

            Pour arriver dans les sphères d’un parti il faut avoir su manier le mensonge, la langue de bois, la corruption, être de toutes les magouilles et opportunités, ne pas hésiter à écraser ceux qui peuvent vous faire de l’ombre, n’avoir absolument aucunes scrupules à utiliser ceux qui vous entourent et qui peuvent vous êtres utiles et ne pas hésiter à les jeter comme du papier de chiotte bien chargé.....Ce sont des professionnels qui agissent comme des mercenaires et qui n’ont aucune pitié ....


            • christian pène 11 novembre 2014 10:20

              on dirait qu’il n’y a aucun conseiller en communication pour dire tant à Hollande qu’à Sarkozy qu’ils devraient se taire......et tant de ministres également : pour ma part, je ne les écoute plus :ils ne s’occupent que de leur « DÉSIR D’AVENIR » , pas du peuple......

              Sarkozy en campagne presque deux ans avant le premier tour de l’élection : gageons qu’il s’épuisera vite.....il ne suffit pas de dire qu’il veut sauver la République chancelante : le peuple a d’autres sujets de préoccupations.......

              .....et donc rien que du mépris envers eux !

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