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Francomot : Alain Joyandet récidive dans le gaspillage des deniers publics

Décidément, le ministre de la coopération et de la francophonie se creuse les méninges pour gaspiller l’argent des contribuables. Exemple avec Francomot et ses propositions... surréalistes.

Déjà critiqué de toute part pour ses frais de déplacement qui, pour un aller retour en Martinique, permettraient de payer une centaine de mois de SMIC, Alain Joyandet en rajoute une couche dans le gaspillage de l’argent des contribuables.

En janvier 2010, sous son égide, le ministère de la coopération et de la francophonie lance un concours « francomot » pour trouver des équivalents « bien français » à des termes anglophones : « chat », « buzz », « tuning », « newsletter » et « talk ». C’est hier, lors d’une réception sur fonds publics évidemment, on est toujours plus généreux avec l’argent des autres, que le ministre a dévoilé les propositions retenues.

Sans surprise, c’est l’hilarité qui a accueilli ces propositions. Le « e-blabla » retenu pour remplacer le « chat » arrive à faire plus bête que le « dialogue » retenu par l’Académie, de même que le « bolidage », équivalent de « tuning », là où l’Académie a entériné « personnalisation ». Certains sites écrivent par exemple : « la transposition de « tuning » en « bolidage » ne manque pas de sel, tant le terme retenu par le jury semble en inadéquation totale avec l’esprit démonstratif et « show-off » de la préparation automobile. »

Surtout, à vouloir absolument « franciser » les termes dans une démarche franchouillarde, on se ridiculise : parmi les mots retenus, figure « ramdam » pour remplacer buzz. Ce mot, d’origine arabe, est un pied-de-nez envers tous ceux qui défendent aveuglément une version éthérée de la langue française, éternellement figée et fermée aux apports extérieurs. Et d’aucuns d’écrire : « les apports étrangers, loin de mettre en danger la langue française, lui offrent nuances et renouvellement ». Tant pour l’anglais que pour les autres langues. Le protectionnisme culturel est marqué par la même bêtise que le protectionnisme économique...

Reprenons plutôt les mots de Mario Vargas Llosa [1] :

« La chose la plus importante que j’ai apprise est que les cultures n’ont pas besoin d’être protégées par les bureaucrates et les forces de police, ou placées derrière des barreaux, ou isolées du reste du monde par des barrières douanières pour survivre et rester vigoureuses. Elles doivent vivre à l’air libre, être exposées aux comparaisons constantes avec d’autres cultures qui les renouvellent et les enrichissent, leur permettant de se développer et de s’adapter au flot constant de la vie. La menace qui pèse sur Flaubert et Debussy ne vient pas des dinosaures de Jurassic Park mais de la bande de petits démagogues et chauvinistes qui parlent de la culture française comme s’il s’agissait d’une momie qui ne peut être retirée de sa chambre parce que l’exposition à l’air frais la ferait se désintégrer. »

[1] Mario Vargas Llosa, Konstnärliga verk är ocksa varor, entretien au journal danois Dagens Nyheter, relaté par Johan Norberg dans Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste


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2 réactions à cet article    


  • paul 3 avril 2010 15:03

    La « gaffe » de Joyandet n’est pas si étonnante que ça quand on voit son parcours jusqu’ en
    sarkozie , et puis il y a des précédents comme le cas Dati à qui on vient seulement d’enlever
    voiture avec chauffeur et gardes du corps : trop voyant en ces temps de rigueur budgétaire .
    Ce que je relève surtout , ce sont les dernières lignes de l’ article :
    «  protectionnisme culturel marqué par la même bêtise que le protectionnisme économique »

    Le lien est donc fait avec ce troisième article depuis hier -c’est une campagne ? - le premier sur
    « l’explosion inquiétante de la dette publique française » , le second sur « le succès politique et
    économique de la Pologne » .Et en conclusion une citation de Mario Vargas Llosa , apôtre de
    l’ultra -libéralisme . On voit où sont les bonnes solutions ....


    • Elisa 4 avril 2010 16:53

      D’accord pour dire qu’une langue gagne à évoluer et s’enrichir de tous les apports externes. Encore faut-il distinguer l’évolution naturelle et progressive de la langue et les diktats institutionnels souvent malencontreux car résultant d’une autorité qui n’a aucune raison d’être du point de vue sémantique.

      Après tout, il est des domaines où la francisation n’est plus contestée car elle est entrée dans les moeurs. A titre d’exemples, le foot et l’informatique se sont parfaitement accommodés des gardiens de buts, tirs au but et autres logiciels.

      En revanche l’inventivité du concours laisse un peu songeur, Pourquoi nous proposer ramdam alors que le mot bruit en français est bien plus proche du buzz et pas seulement à Landerneau.

      Quant au e-bla bla autant interroger des élèves de maternelles et on aurait des propositions plus pertinentes. Et cela aurait épargné les deniers publics.

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