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Accueil du site > Actualités > Politique > Francophonie : l’occasion ratée... encore

Francophonie : l’occasion ratée... encore

La Francophonie fait la fête le 20 mars, sans tambour ni trompette : une occasion d’en faire un thème de campagne est donc ratée. Alors que ce thème a une portée tant internationale que nationale.

Une campagne présidentielle est l’occasion très attendue de faire la promotion d’une cause. Les partisans de la francophonie, y compris institutionnelle, devraient en faire autant, puisque la journée internationale de la Francophonie, le 20 mars, ne suffit pas, loin s’en faut, à faire parler d’elle. Cette fête souffre en France d’une absence de célébration d’envergure couplée à une inexistence dans le débat actuel. Aucun écho d’un grand discours, d’une large conférence, ou mieux, d’un festival musical et dansant à Paris, pour faire découvrir la diversité des cultures des pays francophones.

Certes, ce thème n’a jamais été un enjeu de première taille. Et pourtant, c’est un sujet englobant qui mérite qu’on y porte une attention plus particulière.

La communauté de ceux qui ont « le français en partage » est d’ampleur internationale. Pour les pays adhérents d’abord, qui se reconnaissent dans ce vaste ensemble.

Cependant, une véritable cohésion lui fait défaut. Que signifie la francophonie, lorsque un pays comme le Ghana, anglophone, y adhère ? Ou encore la Géorgie ?

Paradoxalement, des entités véritablement francophones n’en font pas partie, à l’instar de l’état américain de Louisiane, du Val d’Aoste italien, de l’Algérie, ou encore d’Israël. Les minorités francophones, qui ont survécu difficilement à leur environnement, comme en Louisiane, sont en droit d’attendre une voix forte de la communauté francophone dans le monde. Quel est par ailleurs le sens de cette organisation, d’abord culturelle, mais aussi politique, si elle n’investit par fortement dans l’instruction ? Outre l’outil de développement qu’il représente, l’investissement dans le domaine éducatif est le meilleur moyen de renforcer notre communauté.

L’implication de son membre le plus éminent, la France, est à ce titre déterminante. La force de sa voix dans le monde repose également sur sa capacité à parler au nom des « sans-voix », pour le compte de ses partenaires francophones, notamment africains. C’est ce rôle qui rend sa place légitime au sein de la communauté internationale, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU.

Or, on ne constate nul message de la part des candidats à l’élection présidentielle sur ce thème. Seuls leurs programmes respectifs « parlent », discrètement. Ségolène Royal prône une coopération euro-méditerranéenne, mais nul mot sur la francophonie, voire l’Afrique... terre où elle est née. François Bayrou l’évoque une fois... en la traitant avec les questions de l’Outre-Mer français. Enfin Nicolas Sarkozy est le seul à développer ses idées en la matière, bien qu’il les limite aux aspects linguistiques. L’absence de messages et de positions claires est très décevante, car c’est oublier que la plupart des immigrants arrivant en France sont originaires du continent africain, ou d’Europe de l’Est... Ils seront même les citoyens français de demain !

La francophonie trouve un déclinaison parallèle sur le plan intérieur. En effet, la langue n’est-elle pas le plus petit dénominateur commun dans notre pays toujours marqué par la fracture sociale ? La religion peut rassembler mais aussi diviser. L’ethnie est également un vecteur de séparation. Sans compter les inégalités sociales ou encore urbaines, entre centre-ville et banlieue. La langue, en revanche, dépasse ces différences, permet la dialogue, et surtout, la reconnaissance de l’autre. Quand on parle la même langue, l’autre devient moins « étranger ».

Il nous faut sortir la francophonie de sa ringardise, de sa poussière et surtout de son anonymat. Elle représente un levier dont notre société et nos partenaires dans le monde pourraient avoir grandement besoin.

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12 réactions à cet article    


  • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 19 mars 2007 10:13

    Il faudrait déjà cesser de mettre des mots anglais partout... A la télé, lorsqu’on regarde des émissions comme « LA NOUVELLE STAR », « LA FERME »..., il est souvent question de « prime time » au lieu de « première partie de soirée » : il serait bon que l’audio visuel donne d’abord l’exemple !


    • Gasty Gasty 19 mars 2007 11:17

      Ca donne le sentiment aux téléspectateurs d’assister à une émission culturelle.


    • Bill Bill 19 mars 2007 11:58

      En réalité certains oays adhèrent à cette organisation pour des raisons culturelles et politiques, la Roumanie, par exemple. La Francophonie n’a pas encore suffisament d’ambition, et se bride seule. La France n’y met peut-être pas non plus les moyens humains et financiers qu’il conviendrait.

      La raison en est toute simple : nos politiciens voient rarement plus loin que le bout leur nez, et la France n’étant plus indépendante, et contrainte bientôt peut-être d’adopter une autre langue européenne borne là ses ambitions.

      Pourtant la Francophonie est un formidable atout pour notre pays, et pour les autres pays, pays Africains par exemple, dans le domaine culturel et politique, mais pas seulement ! La Francophonie est un grand vecteur de langue.

      Bill


      • Charles Bwele Charles 19 mars 2007 12:01

        Remarquable article. Très pertinent.

        Dominique et Gasty, suis d’acc avec vous. Mais c ultra-réducteur de restreindre le facteur francophone a qq dérives lexicales télévisuelles.

        Le pseudo-problème de la francophonie, notamment aux yeux de la classe dirigeante française, c que sa population est très majoritairement africaine.Et dans la France d’hier et d’aujourd’hui, les termes « Afrique », « africain » ont très rarement bonne presse. Disons les choses qui fâchent tout haut.

        L’Espagne, par contre, a su nouer de solides et étroites relations géoéconomiques, culturelles et humaines avec l’Amérique latine et l’Afrique hispanophone...Sans condescendance, sans dédain, et ce malgré une déferlante « d’afroboat-people ».

        Une intelligence géoéconomique digne de ce nom aurait pourtant permis à l’Hexagone tant de redorer son blason auprès de la Françafrique, qui aura dans 15 ans du souci à se faire à cause de la Chinafrique. Les centres culturels français d’Afrique ferment à tour de bras...aussitôt remplacés par les centres culturels chinois,indiens, américains et même brésiliens ! Pire:bon nombre de cadres et commerçants chinois viennent apprendre le français...en Afrique !

        Qd aux étudiants, touristes et businessmen africains, leurs destinations préférées sont : Shangaï,Calcutta,Boston,Montréal, Vancouver,Sao Paulo,Séoul,Johannesburg...ou même Kiev !Faut les comprendre : Bruxelles et Paris ne leur donnent plus de visas. Pas étonnant que les voitures fr et les autres manufactures frenchie aient complètement disparu des villes afros.

        Vive la Francophonie !? smiley Amicalement


        • faxtronic (---.---.127.45) 19 mars 2007 13:02

          Tu resume bien malgres toi ce que je pense. Il y a confusion entre :

          - Francophonie
          - France
          - Francafrique

          Cette confusion est fatale


        • Krokodilo Krokodilo 19 mars 2007 16:19

          Nos deux principaux candidats n’ont aucune conscience des problèmes linguistiques : SR a proposé de commencer l’anglais en maternelle... et NS est très anglophile. Leurs programmes électoraux sont établis par leurs équipes, avec leur accord sur les grandes lignes évidemment, mais heureusement, ça n’a souvent que peu de rapport avec ce qui sera réellement fait ou pas fait ! Arrêtons France 24, la chaine d’infos en anglais payée par les français, ce serait déjà ça...


          • blastm (---.---.149.166) 19 mars 2007 20:42

            Sarkozy étant légèrement anglophile et très peu anglophone ; et Ségolène Royale à peine meilleure, ca relative l’ambition et la portée qu’on peut donner à leurs programmes, et la « menace » qu’ils font peser sur la francophonie, en même temps.


          • Charles Bwele Charles Bwele 19 mars 2007 17:38

            @ Faxtronic

            Non, Faxtronic, je n’ai pas confondu Françafrique et Francophonie. J’ai évoqué cet enjeu françafricain, car c en Afrique que résident la très grande majorité des francophones. Or, cet aire géoéconomique et linguistisque est délaissée (voire méprisée) par le pays de Molière et d’Astérix.

            A titre d’exemple, les jeux du Commonwealth ont bcp plus d’impact médiatique que les jeux de la Francophonie.En outre, les africains anglophones ou les Indiens sont bcp mieux reçus par les consulats britanniques que les « Afro-francophones » par les consulats fr.

            La francophonie avancera-t-elle ainsi ? Après, on s’étonne que l’anglo-saxonisation et la sinisation avancent à pas de géants, et pas seulement en Afrique...


            • Asp Explorer Asp Explorer 20 mars 2007 07:27

              D’un autre côté, il est peu probable que la francophonie progresse énormément si même ses défenseurs remplacent « c’est » par « c ».


            • krokodilo (---.---.210.246) 19 mars 2007 19:04

              Oublié d’indiquer le site en anglais de N.Sarkozy :

              http://www.support-sarkozy-france.com/


              • criket (---.---.50.240) 19 mars 2007 19:24

                Historique I Politiquement, je pense que la majeur des candidats ne veulent pas s avancer sur la francophonie car peur de la confusion entre France, centrafrique ...Et cette confusion pourrait etre dommageable pour leur image. Je suis aux states et, il y a trois francophones : une francais (moi) une algerienne et un senagalais. Nos discussions m ont montres que les francophones attendent plus de la france que que de proposer des etudes alors qu aux states, il semble que le cote economique suffit. France 24 est une bonne idee mais la majorite des francophone ont connaissance de la 5 : donc il aurait peut etre ete plus efficace de renforcer la 5. L espagne comme le portugal ont perdu leur colonies bien avant la france et l angleterre. La postion economique de du portugal et de l espagne jusqu au annes 80-90 a ete plutot catastrophique : l espagne et le portugal ont par consequent jamais eut la meme image de que la F et GB, base plus sur un partenariat.

                Historique II : L image de l anglais comme langue technique et facile a apprendre (faux) alors que le francsais est la langue de moliere (et par consequent ne peut etre technique ) et difficile a apprendre (vraiment ?) perdure et c est un handicap . C est uniquement apres jeanne d ARc que l anglais a ete impose dans la cour anglais avant c etait le francais : seul le peuple parlait l anglais. L histoire des deux languies durant les 4 derniers siecle explique aussi cette position.

                Economique le probleme est plus complexe : les lobbies qui sont engages pour imposer la langue anglaise sont enormes : voir le deal qu a essayer de passer Bush avec l algerie pour imposer la langue anglaise a la place du francais. les EU sponsorisent bcps de bourse alors que l europe va construire une ecole ; strategie individuelle et ca marche. A bruxelle, la position de l anglais est renforce depuis l arrivee des nouveaux mais ca fait plus de 15 ans que les US et la GB les caresse dans le dos ...La Francophonie n a pas les moyens de lutter contre cela. De plus les Anglophones auront tjs la bonne excuse d imposer l anglais pour des raisons professionnels alors que lorsqu on defend le francais ou la diversite des langues, ca ne passe pas. Le fait que pour travailler en France, il faut parler un anglais courant avec un francais non obligatoire m inquiete.Certains MBA en France sont a plus de 50% en anglais ( excuse mais le LSE supplante la London et HES et l INSEAD sont super bien classe d apres le financial time !). la politique des visas est scandaleuse :le but est de seduire les anglosaxons et l Asie.

                De nombreux passionnnant ont ete ecrit sur les langues en particulier par une anglaise Henriette walter (Honni soit qui mal y pense), Marina Yaguello (Catalogue des idées reçues sur la langue, Vraiment surprenant) et claude hagege


                • Asp Explorer Asp Explorer 19 mars 2007 19:57

                  Francophonie-ci, francophonie-là... Pendant que dans leur bubulle microcosmique, les ministres francophones de la culture discutent de problèmes qui n’en sont pas à grand renfors d’amphigourismes et de circonlocutions champignaciennes, les ministres de l’économie de moult républicules bananières se frottent les mains des quelques millions dont vont les abreuver les caisses inépuisables et généreuses de l’Etat Français, tandis qu’au Quai d’Orsay, on se réjouit de pouvoir justifier une année de plus le siège permanent d’une certaine ex-puissance au Conseil de Sécurité de l’ONU.

                  Et nos braves journaux de braire leur exultation caprine devant ces chiffres aussi impressionnants que les lèvres d’Emmanuelle Béart : deux-cent millions de francophones ! Cinq-cent millions de Français ! Douze milliards de Berrichons ! Réjouis-toi, contribuable, ton impôt n’est point dilapidé en pure perte dans ces réunions pompeuses, c’est le Rayonnement de la France, lumière du monde, phare de la raison, étalon des arts et des sciences, que tu entretiens par ta modeste obole !

                  Et pendant ce temps-là, en Chine...

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