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Accueil du site > Actualités > Politique > Front de Gauche : La défaite a dépassé toutes les espérances

Front de Gauche : La défaite a dépassé toutes les espérances

Le site de l'ARSIN regroupe des blogueurs souverainistes, principalement dans la gauche républicaine, dont nous publions les articles. Nous présentons ici une tribune de notre partenaire Descartes (http://descartes.over-blog.fr).

Ecrit avant le second tour des législatives, cet article a été confirmé par cette débâcle du Front de Gauche qui ne totalise plus que 10 députés, alors que le PCF seul en avait 15 en 2007, auxquels on pouvait ajouter 1 apparenté et 3 députés du Parti de Gauche. On passe de 19 députés dans le périmètre du Front de Gauche de 2011 à moitié moins. Ainsi s'achève le bilan électoral de l'équipée mélenchonienne pour 2012 : une présidentielle où le tribun en chef n'a fait que réunir les voix de la gauche radicale, écrasant LO et le NPA, mais rien de plus, et un premier tour des législatives où le résultat est ... le même (le PCF totalisait 4.3% des suffrages exprimés en 2007, et 3.41% pour LO-NPA ; en 2012, avec une participation plus basse, l'ensemble FDG+LO+NPA fait 7.9%...). En bref, en 2012, la gauche radicale n'a pas perdu ses voix, mais elle n'en a pas gagné, et a vu sa représentation politique laminée. Les grands meetings de la Bastille ou du Prado le valaient-ils ?

 

Je l'avoue, je ne suis pas par nature un optimiste. Peut-être parce que comme disait mon grand père "l'optimiste et le pessimiste arrivent au même endroit, mais le pessimiste arrive content". Mais après les résultats du premier tour des élections législatives, je vois un petit rayon de soleil pointer dans le ciel obscur.

Bien entendu, il faut attendre les résultats du deuxième tour pour faire un bilan complet. Mais d'ores et déjà on peut, à partir des résultats du premier tout tirer un bilan de la stratégie du Front de Gauche. Je dirais même qu'il le faut, ne serait-ce que pour ne pas laisser le terrain libre aux habituels sycophantes qui ne manqueront pas d'attribuer le désastre - car il s'agit bien d'un désastre - à la presse, au méchant PS, à la météo, à la stupidité des français, bref, à n'importe quelle cause à l'exception bien entendu celles sur lesquelles on a un quelconque contrôle, à savoir, sa propre tactique et stratégie. C'est pour les dirigeants une question de survie : si la défaite du Front de Gauche est due à la conjonction des planètes, alors personne n'est responsable. Par contre, si elle est la conséquence de mauvais choix tactiques et stratégique, alors on a le droit de se demander pourquoi - et par qui - ces choix ont été faits.

Et des erreurs, il y en a eu. La principale étant une absence totale de réflexion électorale - ce qui n'est pas la même chose qu'une réflexion électoraliste. Le Front de Gauche a construit un discours qui cherchait à faire plaisir à ses militants d'abord, à un électorat "gauchiste" ensuite, sans se demander comment ce discours pouvait être reçu par les différents électorats. Cela est net lorsqu'on examine les travaux de préparation du "programme populaire partagé" devenu "l'humain d'abord" (1). C'est encore plus net lorsqu'on examine la campagne présidentielle du candidat Mélenchon. J'avais commenté dans ces colonnes combien le "débat" entre Mélenchon et Marine Le Pen à l'émission "des paroles et des actes" avait été mal abordé par le candidat du Front de Gauche : ayant une opportunité de s'adresser à l'électorat de Le Pen, Mélenchon a pris un ton que cet électorat ne pouvait accepter. Du coup, son intervention était inutile - voire contreproductive - puisqu'elle n'était audible que pour ses propres militants, c'est à dire précisément par ceux qui n'ont pas besoin d'être convaincus.

 La première question qu'une organisation politique de masse doit se poser est celle de savoir où elle ira chercher ses "masses". La campagne du Front de Gauche visait dans les faits l'électorat traditionnel de l'extrême gauche, le seul pour qui le discours mélenchonien était audible. Et si la mesure du succès est la conquête de cet électorat, alors on peut dire que Mélenchon a réussi à 99%. Seulement voilà, cet électorat est très étroit. Il ne pouvait pas amener Mélenchon à la présidentielle au dessus de 10-13% et 7-9% aux législatives (2). Pour aller au delà, il aurait fallu viser un autre électorat, répondre à ses interrogations et parler son langage. Et cela, les dirigeants du Front de Gauche ne l'ont même pas débattu. Avec l'arrogance intellectuelle qui caractérise l'extrême gauche, on a excommunié par avance tous ceux qui ont voulu sortir du langage bobo-fémino-libertaire-europhile (comme André Gérin, pour ne donner qu'un exemple). Ceux qui voulaient sortir de l'Euro sont des "maréchalistes", ceux qui admettent que l'immigration pose des problèmes sont des vendus au FN. Avec un tel positionnement, difficile d'élargir son électorat.

 Plus fondamentalement, les candidats du Front de Gauche se présentent devant les électeurs sans véritable projet. Et "l'humain d'abord", me direz-vous ? Et bien, qui peut croire qu'avec une dizaine de députés il y a une chance, aussi minime soit-elle, d'appliquer ce programme ? Lorsqu'on va à une élection législative, il faut porter devant les électeurs une posture qui soit moyennement réaliste. Répéter comme un disque rayé qu'il faut "de nombreux députés Front de Gauche" ne fait saliver personne. Que feront-ils, ces députés, une fois élus ? A quoi serviront-ils ? Voilà ce qu'il faut expliquer aux électeurs.

 Mais l'erreur la plus grave, c'est certainement l'incapacité à se positionner rationnellement par rapport au PS. On arrive aujourd'hui à la situation ridicule dans laquelle les électeurs qui voteront pour un député Front de Gauche ne savent pas si celui-ci soutiendra le gouvernement - et éventuellement y participera - ou pas, puisque la principale organisation du Front de Gauche ne prendra cette décision qu'après le deuxième tour de l'élection législative.

 Comme disait le Général, on ne fait de la politique qu'avec les réalités. Et la réalité, c'est que le PS est aujourd'hui devenu hégémonique à gauche. De son côté, le PCF n'a plus ce qui faisait sa force, un électorat discipliné, fortement marqué sociologiquement, qui lui permettait, alors même qu'il était affaibli en moyenne, de conserver des "bastions" où il pouvait passer devant le parti socialiste au premier tour. Aujourd'hui, la logique du scrutin majoritaire fait que les autres partis de gauche ne peuvent avoir des élus qu'en s'entendant avec le PS, la seule exception étant constitué par les "notables" qui se font élire "intuito personae" et qui ne doivent rien ou si peu à leur parti. Depuis qu'il s'est engagé dans le Front de Gauche, le PCF perd à chaque élection entre le tiers et la moitié de ses élus, et au fur et à mesure que ses "notables" partent à la retraite il risque de devenir totalement marginal. De ce point de vue, la stratégie du Front de Gauche est un véritable échec : si elle a permis globalement de gagner des voix, la distribution géographique de ces voix, qui suit celle de l'électorat socialiste, fait qu'elle n'enraye pas - au contraire - la perte de sièges.

 Ces erreurs de programme et de positionnement ont été encore accentuées par la logique de médiatisation à outrance choisie par Mélenchon et son entourage. L'aventure de Hénin-Beaumont était à mon avis une grave erreur au niveau local. Mais en plus, en polarisant la campagne du Front de Gauche sur cette circonscription et sur la seule problématique du Front National, ce parachutage a rendu inaudible la campagne locale des autres candidats du Front de Gauche, particulièrement en région parisienne.

 Et c'est là qu'apparaît le petit rayon de soleil dont je parlais en introduction. Si Mélenchon avait fait un excellent résultat à la présidentielle, s'il avait réussi à se faire élire à Hénin-Beaumont, la stratégie "gauchiste" du Front de Gauche aurait été validée. Personne n'aurait osé la contester, tant il est vrai que la victoire justifie tout. La médiocre performance du Petit Timonier ouvre la porte à une remise en cause profonde de la stratégie suivie. Il n'est pas évident que l'opportunité soit saisie, parce que les "forces vives" du PCF capables de s'embarquer dans une véritable élaboration politique sont maintenant quasi-inexistantes. Mais qui sait...

 Descartes

 

(1) Le changement de nom est terriblement significatif. Un "programme populaire partagé" est un objet déterminé : c'est d'abord un objet précis, un programme. Il s'adresse ensuite à un public précis, puisqu'il est populaire. Et enfin, il représente un accord entre plusieurs organisations, puisqu'il est partagé. Mais que veut dire exactement le titre "l'humain d'abord" ?

 (2) D'ailleurs, la déception des militants qui ont fait la campagne est un effet de l'auto-intoxication habituelle de l'extrême gauche : parce qu'on a réussi un meeting, on s'imagine qu'on a "amorcé une dynamique". Mais aux meetings on voit d'autres militants, des gens déjà mobilisés. Ce ne sont pas eux qui font l'élection. Ce sont les électeurs, dont les militants ne représentent qu'une infime proportion.


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82 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 19 juin 2012 14:53

    L’illusion médiatique sur la personne de Mélenchon avant la présidentielle avait commencé à retomber le soir du 22 avril. Le 10 juin, malgré l’implantation des élus locaux communistes, le Front de gauche avait déjà perdu plus de la moitié des voix qui s’étaient portées sur lui et subit de lourdes pertes en particulier dans les secteurs traditionnels du vote communiste.Le Front de gauche est depuis sa constitution en 2008 avant tout électorale, et le résultat est loin d’être concluant.................
    http://2ccr.unblog.fr/2012/06/17/legislatives-l%E2%80%99echec-du-front-de-gauche/


    • Cigogne67 19 juin 2012 17:08

      mélanchon finit le travail de son maitre : mitterrant, qui voulait en finir avec le pcf.
      une page se tourne.


    • marcopolo30 20 juin 2012 10:50

      L’éloge du Parti communiste (PC) par Pierre Moscovici est proprement incroyable. Le « parti des fusillés », dit-il ! Il n’a pas osé reprendre le mensonge énorme des 75 000 fusillés, mais l’esprit y était.

      Pierre Moscovici, un ancien trotskiste, a quand même bien appris jadis, à la Ligue communiste de Krivine, qu’un pacte d’amitié germano-soviétique a été signé en 1939 et que le PC, parce qu’il l’approuvait, a été interdit par un gouvernement de centre gauche. Il doit savoir qu’en 1940, le même PC a essayé de refaire paraître légalement L’Humanité et que celle-ci, restée clandestine dénonçait le général de Gaulle comme un agent de la haute finance britannique. Il doit savoir que la Résistance anti-nazie est venue après que l’URSS ait été agressée par Hitler.

      On pourrait rappeler aussi le soutien au procès des « blouses blanches », ces médecins juifs accusés par Staline d’avoir voulu l’assassiner, la négation du goulag soviétique et les applaudissements communistes à l’écrasement de la révolution hongroise en 1956. On nous répondra que nous sommes « hors-sujet ». Revenons donc à la Résistance : de gauche, le grand résistant Henri Frénay ? De gauche, Madeleine Fourcade ? De gauche le général Leclerc ? De gauche, d’Estienne d’Orves ? Et le général de Gaulle lui-même était, me semble-t-il peu porté sur la révolution socialiste ! Pierre Moscovici devrait aussi balayer devant sa porte avant de donner des leçons sur la Résistance : un certain nombre de socialistes ont hélas choisi le régime du maréchal Pétain en 1940. Et une majorité des parlementaires de gauche présents, votèrent en 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal.

      On avait déjà assisté à quelques dérapages du même type à la fin de la campagne de François Hollande. Il y a de quoi s’inquiéter ! Et si les projets économiques de Pierre Moscovici sont de la même qualité que ses jugements historiques, cela promet !


    • Pablito Waal Pablito Waal 20 juin 2012 13:55

      @marcopolo30 :

      quel est l’intérêt de votre message, qui ne répond pas à cet article ni au commentaire de Robert Gil ?

      Ah si : faire de l’anti-PCF en carton.

      Les commentaires sur la négation du goulag, ou l’approbation de la répression de la Hongrie, on les connait. Ces actes du PCF sont impardonnables. Mais il n’a pas lui-même commis ces crimes. Et si vous avez du mal à comprendre comment un parti comme le PCF put être toléré et même avoir des millions d’électeurs en France pendant tant d’années, intéressez-vous juste au bilan des autres formations politiques, et les conclusions que le militant socialiste (au sens originel du terme, pas le PS actuel) pouvait en tirer : la SFIO a eu pour elle le refus de la grève générale paneuropéenne contre la guerre en 1914, comme leurs homologues allemands, choisissant l’Union Sacrée, permettant la boucherie de 14-18 (10 à 20 M de morts) ; puis approbation voire participation directe aux guerres coloniales d’après-guerre (Indochine, Algérie) ; puis reprise de la Françafrique (avec la conséquence atroce du Rwanda alors que Mitterrand était président et chef des armées en France). Et les autres familles politiques (démocrates-chrétiens, radicaux, gaullistes) ont également participé, en leurs temps, à tout ou partie de ces aventures. Et là, le bilan n’est pas la négation de crimes commis dans un autre pays, mais des centaines de milliers de morts directement commis par l’Etat français ou avec sa complicité.
      Il ne s’agit pas de faire du « deux torts font un vrai », les fautes du PCF depuis 1920 jusqu’à 1991 sont énormes, mais, franchement, je ne vois pas en quoi un représentant du PS devrait se boucher le nez en regardant le PCF. La SFIO-PS a bien plus de cadavres dans son placard que la SFIC-PCF.

      Quant aux ritournelles sur le pacte-germano-soviétique (dont certains points sont indéfendables, d’autres compréhensibles), ou l’attitude du PCF en 1940-1941, rappelez-vous juste une chose : le PCF était membre d’une internationale, et ne devait agir qu’en coordination avec elle, pas isolément. Commencer à attaquer les allemands dès juin 1940 aurait risqué de provoquer prématurément la guerre germano-soviétique, dans des conditions pas forcément plus favorable à l’URSS qu’en juin 1941. Et avec une défaite de l’URSS, les nazis auraient définitivement gagné.


    • Robert GIL ROBERT GIL 20 juin 2012 14:24

      marcopolo30,
      le pacte germano sovietique, ce n’est pas aussi simple que l’on nous le dit a la tele, voir :

      http://2ccr.unblog.fr/2011/06/27/pacte-germano-sovietique/


    • Pablito Waal Pablito Waal 20 juin 2012 14:39

      @Robert Gil :

      Globalement d’accord avec l’article que vous venez de mettre en lien sur le pacte germano-soviétique. Il manque cependant de préciser d’autres points bien plus glauques de la collaboration germano-sovétique : livraison de civils (dont des juifs) aux allemands par les soviétiques, livraison de ressources par l’URSS (pour retarder la rupture du pacte), massacres comme Katyn, déportation de plus d’un million de civils polonais, baltes, roumains vers la Sibérie...
      Mais sur le plan géopolitique et purement militaire, je suis d’accord avec vous, c’est une histoire plus complexe que le dit la thèse de « l’alliance naturelle des totalitarismes ’communiste’ et nazi »...


    • _Ulysse_ _Ulysse_ 19 juin 2012 15:02

      Ce qui a coûté cher au FdG c’est le ralliement sans condition de Mélanchon à Hollande 38 minutes après les résultats officiels du premier tour de la présidentielle. smiley
      Beaucoup de militants du FdG croyaient dur comme fer que Mélenchon allait s’opposer au PS, ils ont vu, beaucoup ont du rester chez eux pour les législatives à cause de cela.


      • lemouton lemouton 22 juin 2012 08:45

        l’objectif du front de gauche n’était pas d’élire Hollande en président, mais de 
        Virer Sarkozy.. !!!

        je ne vois pas ce qu’il y a de difficile à comprendre.. smiley
         mais bon...il n’y a pas plus âne ....etc

        Sarko viré ; maintenant il faut attendre le grand clash, car c’est sûr Hollande n’explosera jamais la finance parasite..


      • LE CHAT LE CHAT 19 juin 2012 15:13

        on ne savait pas avant Melenchon ce que c’était un extrémiste haineux , maintenant , on sait ................


        • lsga lsga 19 juin 2012 20:51

          lol,


          si il y a bien un truc que je reproche à Méluche, c’est de ne pas être un extrémiste violent. 

        • alain_àààé 19 juin 2012 15:22

          c est vraiment dommageable de voir que des gens ouvriers ou pas on cru a MELENCHON s est espion du parti socialiste comme je l ai déja écri il roule pour eux et de plus il a réussi ou MITTERAND et JOSPIN se sont planté d avoir éliminé les communistes ces gens que j ai eu location de cottoyer 40 ans se retrouvé aujourdhui orphelin et surtout seul dans la vie sans aide des autres.


          • ctadirke 19 juin 2012 15:30

            Finalement il y a

             

            - combien de dépités PCF

            - combien de dépités non PCF

            au Front de gauche


            • Cigogne67 19 juin 2012 16:38

              le fdg n’est tout simplement pas crédible, qui plus est avec à sa tête un révolutionnaire en peau de lapin. Mélenchon c’était le messie, le prophète et les apôtres réunis. la gauche radicale a tout misé sur lui, son égo, sa haine, son dogmatisme. 
              le fdg trahit les classes populaires en prônant l’immigration pour servir le MEDEF plutôt que de servir les Français.
              le fdg va maintenant rentrer dans le rang contre quelques places ici et là dans les régions, départements, aglos...
              les salariés savent aujourd’hui qu’ils devront se mobiliser autour du RASSEMBLEMENT 


              • Le chien qui danse 19 juin 2012 17:09

                La drouate à pris sa claque , MLP n’est pas à l’assemblée, c’est déjà le minimum de victoire que voulait le FdG. Après que Mélenchon ne soit pas député c’est une défaite, s’il y avait réussi c’eut été un coup de maître, les forces opposées en présence ne lui on pas fait de cadeau.

                (Je vais être grossier, mais c’est le genre d’article qui pue l’obséquiosité d’un déçu qui s’en remet pas)
                Déjà qu’il faut jouer de son cul avec le PS pour arriver, vous, vous réclamez qu’on se le fasse défoncer, vous ne comprenez pas sa position par rapport au PS, vous avez du chemin a faire et en revanche un timonier pour vous sera absolument nécessaire vu que vous ne voyez pas ou vous allez.

                Les baltringues du FNeu-neu, plus rien à leur dire la campagne est finie, enfin l’infanterie de marine va pouvoir rentrer au port en attendant le programme pour les 5 ans à venir.

                Nous aussi.


                • Cigogne67 19 juin 2012 17:20

                  mélenchon est une illusion. il lui fallait de la lumière pour exister d’où hénin-beaumont.
                  le RASSEMBLEMENT explose ses chiffres et place deux député(e)s
                  les adhésions se multiplient et nous attendons les prochaines élections sereinement.

                  mélenchon avait promis la rue contre le gouvernement. Parions qu’il va, encore, se dégonfler smiley 


                  • bernard29 bernard29 19 juin 2012 17:28

                    globalement d’accord avec l’article.
                    ce qui est vraiment dommage et assez désespérant pour le Parti de gauche et Mélenchon, c’est de rassembler tant de monde dans des manifestations électorales pour ne rien en faire ni ne rien proposer de sérieux hormis des slogans piqués ici ou là.

                    On peut se demander si les « indignés français » sans grande réussiste en France jusqu’a maintenant, n’ont pas profité des manifs de mélanchon pour juste montrer qu’ils existaient aussi à l’instar des indignados d’Espagne.. Un petit tour et à plus. Le rendez électoral de la Présidentielle est vraiment quelque chose en France !!! 


                    • lsga lsga 19 juin 2012 17:32
                      « Le communisme, pour nous, n’est pas un état qu’il faut créer, ni un idéal vers lequel la réalité doit s’orienter. Nous nommons communisme le mouvement réel qui abolit l’ordre établi [...]
                      Pour créer cette conscience communiste parmi les masses comme pour faire triompher la cause elle-même, il faut une transformation en masse des hommes, qui ne peut se produite QUE dans un mouvement pratique : la Révolution [...]
                      Dans l’activité révolutionnaire, l’homme se transforme lui-même en transformant les conditions sociales. »*
                      Karl Marx, Idéologie allemande, 1846. MEW, III,P.35,69,195

                      Bref : voilà l’erreur de l’extrême gauche française : Si vous adhérez uniquement au jacobinisme et à la démocratie bourgeoise, la conscience de classe ne se développera pas, et l’Extrême Droite l’emportera. 

                      En effet, l’Extrême Droite en Europe est toujours celle qui remporte la mise en cas de grave crise économique. C’est ainsi que Hitler a été élu démocratiquement quand Lénine s’est appuyé sur une minorité armée et violente pour prendre le pouvoir. 

                      Il faut matériellement pratiquer la Lutte des Classes pour éveiller la conscience de classe. Il ne suffit pas de faire des meetings ni de chercher à convaincre qui que se soit de quoi que ce soit. Au diable les arguments, au diable le porte à porte : il faut désormais proposer à la population de Henin Beaumont de passer à des actions violentes et contestataires. Voilà comment naît la conscience de classe, il n’y a aucune autre voie. 

                      Qui se disait Jacobin déjà ? Bref, la vérité c’est que je ne tire pas sur Mélenchon. je l’ai apprécié et j’ai un respect sincère pour lui malgré son adhésion à la Franc Maçonnerie. Il a été capable de lever des masses et de faire des meetings, c’est déjà un bon commencement. 


                      • lsga lsga 19 juin 2012 20:43

                        Non du tout... les électeurs de Marine Lepen seront très heureux de participer à des saccages de banques, aux dynamitages des villas des oligarques locaux qui se sont enrichis en délocalisant, aux manifestations hebdomadaire contre tout et rien, aux enlèvements et à la séquestration des élus socialistes corrompus, à la levé de l’impôt révolutionnaire pour financer tout ces activité anti-système, etc. etc.


                        Ce serait sympa au passage de s’appuyer sur leur patriotisme pour tenter de ressusciter la culture, les traditions et le patois local ; et ainsi bien marquer leur différence avec les parisiens jacobins (fait chié méluche quand même smiley

                        Il y a tellement à faire, qu’ils seront heureux d’avoir des arabes pour les aider. 

                        C’est comme ça qu’à Gipuzkoa, les nationalistes sont devenus communistes révolutionnaires.

                        Cela n’a rien d’étonnant quand on a lu et compris Marx. C’est dans la lutte concrète et matérielle que naît la conscience de classe. 


                        Comme dit Sean dans ’Il était une fois la Révolution’ :


                        L’Extrême Gauche, c’est ça. 
                        L’Extrême Gauche est la seule à pouvoir faire barrage au Fascisme. 


                      • Le péripate Le péripate 19 juin 2012 21:07

                        C’est vrai que l’extrême gauche est la seule à pouvoir faire face au fascisme. Elle en est la source. Plus, c’est sa nature profonde. Mieux, il y a une relation d’identité, un mimétisme entre ces deux faces d’une même pièce.

                        Doit-on rappeler que dans national-socialisme il n’y a pas libéralisme ? Que Mussolini fut exclu des socialistes que sur un point de doctrine sur le sexe des anges ?

                        Et que sur le drapeau rouge on met indifféremment faucille et marteau ou croix gammée.

                        C’est bien l’extrême-gauche qui a la clef du fascisme.


                      • Cigogne67 19 juin 2012 21:18

                        tout à fait péripate. le fascisme est d’origine socialiste.

                        mélenchon s’inscrit dans cette histoire.

                         

                         


                      • lsga lsga 19 juin 2012 21:28

                        avec des bobos comme vous en défenseur de la Conscience de Classe, Hénin Beaumon n’est qu’un triste aperçu de ce que deviendra la France après 10 ans de crises.


                        Hitler a été élu démocratiquement. 
                        Voilà ce qui vous attends si vous vous contentez de débattre dans le cadre de la démocratie bourgeoise. 

                        Vous ne comprenez pas la pensée Révolutionnaire.
                        Vous êtes des petits bourgeois perdus dans les discours et les débats d’idées. 

                        Même les salafistes égyptiens sont plus communistes que vous.

                        Si nous sommes capables de dresser un mouvement révolutionnaire indépendantiste inspiré de Euskadi ta Askatasuna et de Batusana, ne doutez pas que nous arriverons massivement à convertir les jeunesses identitaires et les militants FN à la pratique révolutionnaire. 


                        Les basques ont fait face au Fascisme, ils savent comment éveiller la conscience de classe. 

                      • Cigogne67 19 juin 2012 21:51

                        Même les salafistes égyptiens sont plus communistes que vous.

                        justement nous ne voulons pas de l’islamisation de la FRANCE. Quand on voit ce qu’est devenue l’une des plus grandes civilisations...non, merci !


                      • lsga lsga 19 juin 2012 22:48

                        Et au fait, c’est pas quand même un chouilla nationaliste l’ETA ?

                        si, bien entendu. la lutte des classes est la seule methode permettant de convertir les nationalistes au communisme.

                        voila ce que ne comprennent pas nos idealistes de gauche.
                        voila pourquoi les militants FdG seront directement responsables de l arrive au pouvoir de l extreme droite

                        tant qu au barbus egyptiens, je n adhere pas a leur ideologie, mais l idologie : OSEF
                        ce qui compte, c est la lutte, le renversement du pouvoir en place, quitte a avoir un pouvoir encore pire ensuite qui sera a nouveau renverse.


                      • alinea Alinea 20 juin 2012 00:15

                        Isga ; je suis d’accord avec vous même si, à cette heure tardive, l’idée de faire la révolution me fait bailler. Mais demain est un autre jour et, de toutes façons, il n’y a pas d’autres solutions.
                        Ce petit réveil des gauches a été très utile je crois car les gens étaient trop dépolitisés. Comme c’est toujours une minorité qui a fait avancer les choses, ce n’est évidemment par les urnes que cela passera. En attendant, veillons à s’instruire politiquement et philosophiquement, à instruire les autres autant que faire se peut. Car il ne faut pas se faire voler sa révolution comme CELA A TOUJOURS ÉTÉ LE CAS !


                      • papi 20 juin 2012 00:46

                        @ isga

                        Oui ils savent ! par le meurtre, les bombes et les attentats, et surtout en levant l’impôt obligatoire ( ha les rouges vifs aiment aussi le fric ) !! 
                         Non monsieur, pas pour nous, nous sommes pacifiques, tolérants, et respectueux des lois de la République..
                        Vous appelez à la rébellion armée, non à la révolution pacifique ! vous êtes un dangereux fasciste rouge ..comme l’étaient les brigades rouges sang criminelles en Italie , berceau du vrai faschisme, votre inclinaison apparente ..


                      • lsga lsga 20 juin 2012 01:03

                        @alinea

                        waoooo ! enfin ! quelqu’un de gauche !
                        je n’y croyais plus.... vous avez tout à fait raison, les débats d’idées ne servent qu’à éviter de se faire voler la Révolution (ce qui est en train d’arriver dans les pays arabes). Pour le reste, c’est la lutte concrète sur le terrain qui permet d’éveiller la conscience de classe.

                        Si au lieu de débattre, les ptits gars du FdG avaient brûler une ou deux banques (enfin, à travers un bras armé illégal et soutenu à demi-mot), nul doute qu’ils auraient fait un beaucoup plus gros score à l’élection, et que de nombreux électeurs à la recherche d’un mouvement anti-système les auraient rejoint.

                        @papi
                        ’ Non monsieur, pas pour nous, nous sommes pacifiques, tolérants, et respectueux des lois de la République..’

                        Heil Hitler ! 
                        Voilà à quoi tout cela va vous mener : à l’élection démocratique et respectueuse de lois de la république de l’Extrême Droite.

                        A refuser de faire la Révolution, on récolte les guerres mondiales

                        Il y a 11 millions de pauvres dans ce pays, eux veulent en découdre.
                        Pour l’instant, ils ne trouvent que le Front National comme parti qui semble récolter les inimitiés du système.

                        Quand le FdG aura enfin quelques un de leurs cadres emprisonnés pour terrorisme, soyez sûr que nous ferons le plein des voix.

                        Malheureusement, pour l’instant, les cadres du FdG sont des petits bourgeois qui veulent s’en sortir dans la vie et qui font figure de ’gendre idéal’.


                      • Guy Liguili Guy Liguili 20 juin 2012 07:50

                        Après la Commune, Thiers
                        Après Mai 68, Juin 69 et Pompidou
                        L’extrême gauche a toujours fait le lit de la réaction


                      • lsga lsga 20 juin 2012 12:28

                        Les Révolutions aboutissent en effet systématiquement à la mise en place d’un pouvoir réactionnaire. C’est ce qui se passe en ce moment dans les pays Arabes.

                        Ceci dit, on peut espérer que le niveau de compétence atteint aujourd’hui par le salariat (niveau d’étude moyen très élevé) leur permettra de véritablement instaurer un système de démocratie direct et ainsi de s’approprier le pouvoir.

                        En tant que Communiste, en tant que Matérialiste, la seule chose qui m’intéresse : c’est que les peuples apprennent à renverser les pouvoirs en place.

                        Peut-être que cette fois-ci encore le pouvoir suivant sera réactionnaire. Peu importe. L’important est que l’Histoire avance. L’Histoire avance à chaque fois que les peuples renversent les systèmes en place.


                      • Descartes 20 juin 2012 17:20

                        C’est ainsi que Hitler a été élu démocratiquement quand Lénine s’est appuyé sur une minorité armée et violente pour prendre le pouvoir.

                        Révisez vos classiques. Hitler n’a pas été « démocratiquement élu », et c’est précisément parce qu’il n’avait pas obtenu la majorité nécessaire pour changer les institutions de Weimar qu’il a été obligé de faire incendier le Reichtag pour pouvoir mettre hors la loi les députés qui s’opposaient à lui et modifier la constitution. Lénine, quant à lui, ne s’est nullement appuyé sur une « minorité armée et violente » : il a au contraire combattu toutes les déviations « avant-gardistes » pour chercher à faire du parti bolchévique une organisation de masse. C’est Hitler, et non Lénine, qui s’est lancé à l’assaut du pouvoir « appuyé sur une minorité armée et violente » (celle des chemises brunes, puis des SS), et non Lénine.

                        Au diable les arguments, au diable le porte à porte : il faut désormais proposer à la population de Henin Beaumont de passer à des actions violentes et contestataires.

                        Que proposez-vous, de recommencer l’aventure d’Action Directe ? Et vous croyez vraiment que les gens vont vous suivre ?


                      • Elisa 19 juin 2012 17:36

                        Je suis plutôt d’accord avec cet article.
                        Un programme flou mais surtout une stratégie désespérante.
                        Que signifie cette révolution dans les urnes ?
                        Quel rapport entre la mobilisation des manifestations meetings, le slogan de campagne « prenez le pouvoir » et la seule perspective de servir de renfort pour le PS ?
                        Que signifie ce « pacte républicain » accordé à priori et sans aucune condition programmatique ?
                        A ce jeu-là la gauche qui se veut radicale restera indéfiniment le supplétif du PS et le soutien du libéralisme.
                        Que signifie une campagne sans aucun projet international fort, même pas capable de s’opposer à la soumission du PS à la politique états-unienne au Moyen-Orient ?
                        Que signifie prétendre se battre pour une nouvelle constitution et jouer jusqu’au bout le jeu de l’actuelle ?

                        Enfin quelles perspectives de lutte autre que la routine parlementaire et les protestations dans l’hémicycle ?


                        • lsga lsga 19 juin 2012 17:50

                          ah !


                          ça fait plaisir d’entendre les choses énoncés si clairement. 

                          maintenant : il va être grand temps d’organiser un mouvement de contestation et de lutte qui soit authentiquement révolutionnaire (ça ne veut pas dire sanguinaire)

                          Je pense que les syndicats de ’Solidaires’ et et les trotskystes du NPA et de LO (bwaaaa, désolé, j’ai vomi) forment le meilleur socle possible en France pour relancer la lutte matérielle et concrète. 

                          En Gipuzkoa, chez nos amis basques, il n’y a pas une semaine qui s’écoule sans grève et manifestation d’ampleur. Les banques sont toutes obligées de baisser leur rideau de fer, même quand elles sont ouvertes, car sinon dans la journée des jeunes anonymes en scooter repeignent la façade à base de cocktail molotov. Grève, manifestation, vandalisme, enlèvement, séquestration, parfois même assassinat : le mouvement Révolutionnaire Basque entretient la conscience de classe de ses membres au travers d’une lutte matérielle et quotidienne nommé Kale Boroka.

                          En Gipuzkoa, la police et l’armée est présente partout, rappelant à chacun qu’il s’agit authentiquement d’une guerre de Classes. L’extrême droite est inexistante, car ceux qui seraient susceptibles de former ses rangs (nos militants FN, nos jeunesses identitaires, etc.) sont impliqués quotidiennement dans une lutte matérielle et physique au côté des Marxistes révolutionnaires. 

                          Bon Sang : Il est grand temps de faire peur à l’oligarchie, physiquement. 

                          C’est la meilleure manière de faire reculer l’Extrême Droite, c’est la meilleure manière de redonner corps à l’Extrême Gauche !

                        • Arafel Arafel 20 juin 2012 02:26

                          « .....révolution dans les urnes..... »

                          A mourir de rire...depuis quand on fait une révolution dans les urnes ?


                        • captain beefheart 20 juin 2012 12:47

                          @Isga

                          Pour faire peur à l’oligarchie et comme vous me semblez ne pas avoir peur de faire dans la violence ,je vous pose ouvertement la question :

                          Est-ce que vous seriez partisan de constitution de cellules armées qui tueront des journalistes sbires d’oligarchie ,des patrons de banques,des hommes politiques pourris ,qui feront des enlèvements pour certains revendications etc. ?

                          Si votre réponse est oui ,expliquez-moi par quel raisonnement vous arrivez à prendre la vie à une personne ,un humain comme vous. C’est quoi exactement qui donne le droit de tuer en bonne conscience ?


                        • captain beefheart 20 juin 2012 12:59

                          En plus par les machinations PS on a perdu deux vraies communistes à l’Assemblée Nationale ,je nomme Roland Muzeau ,et Jean-Pierre Brard ,tous les deux bons orateurs ,qui se sont opposés à l’intervention en Libye ,et qui sont contre l’ingérence dans les affaires syriennes.


                        • lsga lsga 20 juin 2012 13:04
                          Non, je ne considère pas qu’il soit nécessaire de tuer. Par contre, enlever et séquestrer me semble absolument indispensable aujourd’hui. Que faire face au cynisme des grands patrons qui délocalisent ? Une cave, une camera, un bereta ; et de la dynamite pour leurs villas. 

                          Cela permettra-t-il d’empêcher les délocalisations ? Non, mais cela générera un grand enthousiasme populaire, cela favorisera la conscience de classe, et vous verrez que ceux qui se tournent aujourd’hui vers le FN se tourneront vers nous. C’est ainsi en Euskadi que les nationalistes sont devenus Marxistes Révolutionnaires. 

                          Pour ce qui est de la ’bonne’ conscience, désolé, je ne comprends pas. Avez vous une définition ? Pour moi, la ’bonne’ conscience est le problème des curés et des bourgeois idéalistes. Ma ’bonne’ conscience à moi, c’est la conscience de classe, la conscience que mon devoir est de renverser la bourgeoisie. 

                          Bref : je suis d’Extrême Gauche, je suis Communiste. 

                        • ffi ffi 24 juin 2012 19:29

                          Tu es aveuglé par tes lubies.
                          Tout ton discours est axé sur l’appartenance à une patrie idéologique.
                          Cela fait de toi un fasciste idéologique.
                           
                          Ouvre les yeux et voit les gens tels qu’ils sont, non pas comme tu voudrais qu’ils soient.


                        • wesson wesson 19 juin 2012 17:44

                          Bonjour l’auteur, 


                          en fait c’est très simple : pour se positionner par rapport au PS, il fallait tout simplement accepter son programme, tel quel. Et c’est à peu près ce qui a été dit mot pour mot par les dirigeants socialistes avant les présidentielles et les législatives. 

                          ce que le FgG paie, c’est son positionnement réellement radical. Son programme est à peu près inconciliable avec celui du PS : Sortie de l’Otan, remise en question des traités européens, renégociations de tous les pactes y afférant, refus de l’austérité, etc etc. On est aux antipodes du programme PS, et complètement à contre courant des médias, bien plus que ne l’est le FN.

                          Les gens n’y ont pas cru, car la situation particulièrement en France n’est pas encore assez dégradée pour délégitimer le discours Européen-compatible, et je suis convaincu que quelque soit la personne que on mettrait comme porte parole du FdG pour expliquer notre programme, il ne sera de toute manière jamais pris au sérieux. Et ça durera tant qu’il n’y aura pas en France une austérité et un effondrement institutionnel à la Grecque.

                          La question est alors simple : soit on abandonne ce programme pour avoir quelques députés, et dans ce cas il ne faudra pas pleurer la vaseline, soit on se le garde dans un coin, pour être prêt à le ressortir lorsque tout ira mal.

                          Le cas de la Grèce valide hélas ce point de vue : Parti de 5% il y a 2 ans, le voici maintenant à 27%, et dans 6 mois lorsque de nouvelles élections législatives devront se dérouler, il fera probablement une majorité absolue. Il faut visiblement en passer par ça pour que les gens désaoulent un peu de la propagande Européiste.

                          • Descartes 20 juin 2012 17:41

                            en fait c’est très simple : pour se positionner par rapport au PS, il fallait tout simplement accepter son programme, tel quel. Et c’est à peu près ce qui a été dit mot pour mot par les dirigeants socialistes avant les présidentielles et les législatives.

                            Pas vraiment. Regarde la situation d’EELV : ils ont signé un accord tactique avec le PS sans renier en rien leurs convictions. Dans leur accord, ils ont acté les convergences et les divergences. Et ils ont 18 députés là ou le FdG a 10, et avec la moitié des voix.

                            Je le redis : je pense qu’on ne fait de la politique qu’avec les réalités, et la réalité est que le PS est la force dominante de la gauche. Le système électoral tel qu’il est - là encore, je ne dis qu’il est bon ni qu’il est mauvais, mais qu’il est là et par conséquent il faut faire avec - pénalise ceux qui n’arrivent pas à faire des compromis. Je ne crois pas qu’il soit possible pour le FdG de faire un compromis stratégique avec le PS, puisque leurs objectifs sont trop différents. Mais un compromis tactique aurait permis au Front de Gauche d’avoir plus d’élus à un coût minimum, celui de froisser les égos des gens pour qui cracher sur le PS est plus important que peser politiquement sur les réalités. Etant donné le poids que ces derniers ont sur le discours du FdG, il n’est pas étonnant que les gens se détournent de ses candidats...

                            Les gens n’y ont pas cru, car la situation particulièrement en France n’est pas encore assez dégradée pour délégitimer le discours Européen-compatible,

                            Etant donné que le discours du FdG - notamment sur l’Euro - est on ne peut plus « européen compatible », je me demande ce que la « délégitimation » lui aurait apporté.

                            et je suis convaincu que quelque soit la personne que on mettrait comme porte parole du FdG pour expliquer notre programme, il ne sera de toute manière jamais pris au sérieux.

                            Pour être pris au sérieux, il lui faudrait un hypnotiseur... désolé, mais le programme du FdG n’est qu’une liste au père Noël, sans cohérence, sans hiérarchisation et pire que tout sans chiffrage. Comment voulez-vous prendre au sérieux quelqu’un qui vous explique qu’il s’affranchit des contraintes européennes tout en conservant l’Euro et l’UE ?

                            La question est alors simple : soit on abandonne ce programme pour avoir quelques députés, et dans ce cas il ne faudra pas pleurer la vaseline, soit on se le garde dans un coin, pour être prêt à le ressortir lorsque tout ira mal.

                            Il y a une troisième solution : le FdG conserve son programme, et fait un accord tactique avec le PS qui soit mutuellement avantageux (ils gagneront quelques députés de plus, le FdG aussi). Pourquoi poser le choix en termes d’une alternative noir ou blanc ? Il faut un minimum de pragmatisme : un accord tactique ne nécessite pas qu’on s’embrasse sur la bouche, qu’on déclare être d’accord sur tout. Il suffit que les deux parties y gagnent quelque chose. Et les électeurs sont suffisamment adultes pour pouvoir le comprendre. Aussi longtemps que la « gauche radicale » refusera tout accord tactique, elle s’enfermera dans un ghetto.

                            Le cas de la Grèce valide hélas ce point de vue : Parti de 5% il y a 2 ans, le voici maintenant à 27%, et dans 6 mois lorsque de nouvelles élections législatives devront se dérouler, il fera probablement une majorité absolue.

                            Attendons alors... cela étant dit, ceux qui ont pratiqué la politique du pire se sont généralement plantés. Le jour - qui à mon avis n’arrivera jamais, mais passons - ou les électeurs français seront prêts à prendre le risque de « casser » l’Euro, c’est vers le FN qu’ils se tourneront, pas vers le FdG.


                          • kiouty 19 juin 2012 18:26

                            J’avais commenté dans ces colonnes combien le « débat » entre Mélenchon et Marine Le Pen à l’émission « des paroles et des actes » avait été mal abordé par le candidat du Front de Gauche : ayant une opportunité de s’adresser à l’électorat de Le Pen, Mélenchon a pris un ton que cet électorat ne pouvait accepter. Du coup, son intervention était inutile - voire contreproductive - puisqu’elle n’était audible que pour ses propres militants, c’est à dire précisément par ceux qui n’ont pas besoin d’être convaincus.

                            Bah en même temps ça reflète, je crois, la conviction profonde de Mélenchon qui est de ne pas pactiser avec ce qu’il considère être le diable. Il ne comprend pas et ne comprendra jamais le vote FN, je crois que c’est clair. C’est un choix, qui certes, lui a porté préjudice. M’enfin j’en connais une qui a fait le choix inverse (Morano) et qui s’en mord les doigts aussi...

                            Avec l’arrogance intellectuelle qui caractérise l’extrême gauche, on a excommunié par avance tous ceux qui ont voulu sortir du langage bobo-fémino-libertaire-europhile

                            On sent chez vous tout le mépris que vous portez aux droit-de-l’hommistes utopistes bobos etc etc etc, c’estv ouis, en réalité, le disque rayé.

                            Ceux qui voulaient sortir de l’Euro sont des « maréchalistes », ceux qui admettent que l’immigration pose des problèmes sont des vendus au FN. Avec un tel positionnement, difficile d’élargir son électorat.

                            En même temps,, je crois qu’il est absolument limpide sauf pour vous que Mélenchon visait des électeurs PS, et non pas FN et que c’est plutôt sur cet échec du dialogue avec les sensibilités modérées de gauche que devrait porter le débat, comme vous le faites dans la deuxième moitié de l’article dont la première ne sert à RIEN.

                            L’aventure de Hénin-Beaumont était à mon avis une grave erreur au niveau local.

                            L’aventure anti-FN était THE erreur fondamentale : s’attaquer aux causes et pas aux effets est proprement désastreux. Ce qui montre que Mélenchon est un brave homme, mais bel et bien aux ordres du système européiste de libre-échange.

                            Mais en plus, en polarisant la campagne du Front de Gauche sur cette circonscription et sur la seule problématique du Front National, ce parachutage a rendu inaudible la campagne locale des autres candidats du Front de Gauche, particulièrement en région parisienne.

                            Ah certes... Mais bon, les députés pas connus ont généralement bénéficié de 0 exposition médiatique, ce n’est pas spécifique au FG.


                            • Pablito Waal Pablito Waal 20 juin 2012 14:02

                              « Bah en même temps ça reflète, je crois, la conviction profonde de Mélenchon qui est de ne pas pactiser avec ce qu’il considère être le diable. »

                              Et bien justement : diaboliser son adversaire n’est pas une stratégie politique. Surtout quand des millions d’électeurs s’identifient à la démarche ou le discours d’une candidate (pas son programme précis qu’ils connaissent plus ou moins), et qu’ils se sentent donc diabolisés eux-mêmes.

                              « M’enfin j’en connais une qui a fait le choix inverse (Morano) et qui s’en mord les doigts aussi... »
                              Personne n’a dit que Mélenchon aurait dû s’allier avec le FN…ne passons pas d’un extrême à l’autre.

                              « En même temps,, je crois qu’il est absolument limpide sauf pour vous que Mélenchon visait des électeurs PS, et non pas FN »
                              Mélenchon a maintes fois répété qu’il voulait sortir le FN de la scène, donc réduire son électorat, si possible pour en faire des mélenchoniens. C’est donc bien l’électeur FN qu’il visait, en s’y prenant très mal.

                              « Ce qui montre que Mélenchon est un brave homme, »
                              La qualité morale de l’homme Jean-Luc Mélenchon n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la démarche politique.

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Pablito Waal

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