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Accueil du site > Actualités > Politique > Gauche de progrès : un échec en trompe l’œil

Gauche de progrès : un échec en trompe l’œil

Inutile de le cacher, c’est un sentiment de profonde déception qu’ont éprouvé les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, et plus encore les militants du Front de Gauche, en découvrant le résultat de leur candidat. Avec un score de 11,11 %, le tribun du FdG est nettement en retrait d’un objectif qu’il avait lui-même revu à la hausse ces dernières semaines...

Pire, Jean-Luc Mélenchon est battu de près de 7 points par Marine Le Pen, celle qu’il s’était donné pour mission de devancer en ramenant dans les rangs de la gauche un électorat populaire égaré sur les terres frontistes. Faut-il voir dans ce résultat un échec de la stratégie de Mélenchon ? Oui et non, car si l’élan du Front de Gauche est retombé dans les derniers jours de la campagne de 1er tour, l’on peut quand même tirer des enseignements positifs de cette aventure électorale. Mais ne nous voilons pas la face, la gauche de progrès n’est qu’au tout début de sa reconquête, et elle devra manifestement beaucoup se dépenser pour parvenir à briser le mur d’indifférence, voire de rejet, qu’elle continue d’inspirer dans une opinion majoritairement conservatrice ou par trop sensible aux sirènes démagogiques du FN.

 Il y a plusieurs façons de lire les chiffres du 1er tour de la présidentielle pour la gauche non socialiste. Le plus éclairant est de les comparer aux trois scrutins précédents : 1995, 2002 et 2007. Encore faut-il savoir de quel électorat l’on parle. Deux grands ensembles peuvent être facilement comparés d’un scrutin à l’autre : 1) la gauche hors PS, composée de toutes les sensibilités communistes, trotskystes, révolutionnaires et écologistes ; 2) de manière plus limitée, la gauche communiste et radicale, autrement dit le PC, le NPA (LCR), LO, le PT et pour 2007 le vote anticapitaliste sur le nom de José Bové.

 Le 22 avril 2012, la gauche hors PS a totalisé 15,13 %. C’est nettement mieux qu’en 2007 (10,57 %), mais c’est moins bien qu’en 1995 (17,27 %) et surtout en 2002 (19,06 %), année où la mauvaise campagne d’un Lionel Jospin affirmant « ma candidature n’est pas socialiste » avait clairement favorisé le vote hors PS.

 Le 22 avril 2012, la gauche communiste et radicale a totalisé 12,82 %, principalement constitués des 11,11 % de Mélenchon. Là aussi, c’est mieux qu’en 2007 (9,00 %), mais c’est un point de moins qu’en 1995 (13,95 %) et en 2002 (13,81 %). Il n’y a donc pas lieu de pavoiser.

 La lecture de ces chiffres est éloquente : scrutin après scrutin, la gauche non socialiste ne parvient décidément pas à imposer ses idées dans l’électorat français, et cela quels que soient la configuration des candidatures et les soutiens dont disposent les candidats désignés. C’est évidemment déprimant pour tous ceux qui militent, parfois depuis fort longtemps et souvent avec une remarquable abnégation, pour faire progresser les idées de progrès dans notre pays.

 Mais les faits sont là, irréfutables et obstinés : présidentielle après présidentielle, nos concitoyens restent très largement insensibles dans les urnes aux discours tenus par cette catégorie de candidats. La faute à des engagements socioéconomiques pourtant crédibles, mais jugés la plupart du temps irréalistes, et cela jusque dans les milieux populaires, pourtant touchés de plein fouet par les agressions du libéralisme. Mélenchon n’a d’ailleurs dépassé la barre symbolique des 15 % que dans 4 départements, son meilleur résultat ayant été acquis en Seine-Saint-Denis où il obtient un score de 16,99 %.

 La flamme des meetings et le spectacle des auditoires galvanisés n’ont donc pas suffi à convaincre au-delà des communistes – ravis de retrouver leur fierté mise à mal par le score étique de 2002 et celui, désastreux, de 2007 – et des transfuges de LO et du NPA, séduits par la verve révolutionnaire de Mélenchon. Paradoxalement, on touche là le principal point positif de cette « épopée » aux accents souvent grisants mais porteurs d’un espoir sans doute excessif, eu égard aux réalités sociologiques de la France de 2012. En asséchant très largement les votes LO et NPA et en les amalgamant au sein du Front de Gauche avec ceux du PC, Mélenchon n’en a pas moins réussi à créer une dynamique en redonnant de facto des couleurs au vieux parti de la place du Colonel Fabien.

 Cela suffira-t-il à « prendre le pouvoir dans moins de 10 ans » comme continue de le clamer Mélenchon après les résultats du 1er tour ? On peut en douter, mais aucune histoire n’est jamais écrite d’avance, et il y a là un formidable challenge. C’est pourquoi il conviendra que tous les électeurs du Front de Gauche surmontent leur déception du 22 avril et continuent de se mobiliser dans les semaines à venir pour porter le plus haut possible les scores de la gauche de progrès lors des législatives à venir. Avec pour objectif de former un groupe conséquent à l’Assemblée Nationale afin que les élus de la « vraie gauche » puissent se faire entendre et, avec force et conviction, relayer les justes revendications des classes populaires. La reconquête des électeurs du Front National passe par cette mise en situation républicaine des tribuns du peuple, probablement emmenés par un Mélenchon député du Val-de-Marne.

 En attendant de livrer cette bataille législative, il en est une autre qui doit impérativement être gagnée : la bataille présidentielle. Un objectif unique : vaincre Nicolas Sarkozy et par conséquent débarrasser notre pays du pire ennemi des classes populaires qui ait accédé à la présidence de la République. Écoutons Pierre Laurent qui appelle à voter Hollande « sans ambiguïté ». Écoutons Jean-Luc Mélenchon : « Je vous demande de vous mobiliser comme s’il s’agissait de me faire gagner moi-même l’élection présidentielle ». Écoutons Clémentine Autain : « aucune voix ne doit manquer à Hollande » a-t-elle clamé avec force.

Ces trois là ont raison, mille fois raison : le 6 mai, il importera de « dégager » Sarkozy. Après quoi, il sera temps de placer le Président Hollande sous la surveillance du peuple. Et tant pis pour lui s’il redonne vie aux vieux démons libéraux du PS : son triomphe pourrait alors devenir un cauchemar !

 

Photo La Dépêche


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337 réactions à cet article    


  • Tall 25 avril 2012 08:34
    Oui, on peut d’ailleurs imaginer la stratégie sarkozyenne suivante :

    1 - stimuler l’engouement pour la gauche radicale ( sondages ), sachant qu’elle n’ira pas au 2e tour
    2 - exploiter ensuite sa déception pour encourager son abstention au 2e tour et faire réélire Sarkozy

    Bref, si on est de gauche, ou « noniste » pour l’UE, on se doit de voter Hollande, car on ne pourra pas changer l’UE si Sarkozy repasse.

    Ce serait une cata.

    A ce titre, le FN devrait même aussi voter Hollande. Il y en a qui le feront d’ailleurs.


    • Fergus Fergus 25 avril 2012 09:17

      Bonjour, Tall.

      En quelques mots, tu as parfaitement résumé la tactique sarkozyste de dernières semaines du 1er tour.

      D’accord également avec toi sur les deux autres points :

      1) S’il y a une chance de modifier le fonctionnement de l’UE, cela ne pourra se faire qu’avec un Hollande président qui, effet d’entraînement aidant, pourrait contribuer à la défaite de Merkel en 2103. Les données s’en trouveraient radicalement changées. Mais rien n’est gagné, et les Français devront continuer de peser sur Hollande (s’il est élu) afin qu’il prenne les bonnes décisions.

      2) Il est évident que l’intérêt du FN passe par une défaite de Sarkozy. D’une part, ce dernier a déjà roulé ses électeurs dans la farine depuis 2007. D’autre part, Le Pen pourrait espérer tirer les marrons du feu d’une implosion de l’UMP. Quoi qu’il en soit, Hollande a raison de rester sur sa ligne, contrairement à Sarkozy qui s’approprie chaque jour un peu plus les « valeurs » du FN, y compris les plus discutables, au point d’être maintenant en désaccord avec Guéant. Un comble !


    • Tall 25 avril 2012 09:38

      Tout-à-fait ...

      Autre source d’espoir, ce sont les élections grecques qui pourraient amener la victoire d’un parti radical qui suivrait alors le conseil de Mélenchon : déclarer la Grèce en faillite !

      Sans oublier les Hollandais où les nationalistes pourraient bien cartonner.

      Bref, autant d’éléments qui devraient pousser l’UE à revoir sa politique d’austérité suicidaire.

    • wesson wesson 25 avril 2012 10:14

      bonjour Tall,


      « Autre source d’espoir, ce sont les élections grecques qui pourraient amener la victoire d’un parti radical qui suivrait alors le conseil de Mélenchon : déclarer la Grèce en faillite ! »

      Je me méfierai,

      car en même temps que la gauche radicale monte en Grèce (majoritaire sur le papier mais pour l’instant divisé), l’extrême droite y fait son nid. Le parti le plus représentatif de cette extrême droite, le LAOS commence d’ailleurs à se lancer dans quelques actions violentes et coup d’éclat, bien entendu contre les étrangers (repliement sur une pureté nationale et xénophobie, c’est ce qui fédère toutes les formes d’extrême droite), et cela pratiquement impunément. Parallèlement, 2 membres du LAOS sont entrés au gouvernement d’union nationale, je crois d’ailleurs que depuis, ils en sont reparti.

      On voudrait favoriser la montée du LAOS que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Ce qui semble à l’oeuvre, c’est encore cette sacro-sainte alliance de la sociale démocratie et de la droite traditionnelle qui en Europe fait préférer l’extrême droite à la gauche radicale. Et bien entendu, tout cela va très mal se terminer.

    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 25 avril 2012 10:41

      @ Wesson.

      Exact. C’est le vieil adage des nantis et des puissances de l’argent : « Mieux vaut Hitler que le Front Populaire ».


    • Tall 25 avril 2012 11:01

      Salut !

      Cela ne m’étonnerait effectivement pas que la droite nationaliste l’emporte sur la gauche radicale, vu que la 1ère s’appuye sur l’identité communautaire, ce qui est toujours très efficace.

      C’est pour ça que je trouvais Mélenchon intéressant quand il évoquait les Lumières et 1789. C’était très bon ça.

      Et puis, Marseille ... patatras ....

      Bon alors, maintenant, si le nationalisme droitier de la Grèce l’emporte, ils vont quand jeter l’UE aussi, non ?
      Donc, si celle-ci veut éviter son implosion avec la montée de tous les nationalismes, elle va devoir revoir en urgence et illico presto sa politique d’austérité actuelle.
      Et pour moi, c’est ça qui est essentiel.

      Finalement le retour du nationalisme indique à l’UE qu’elle doit rouler pour les peuples, ou alors qu’elle aille se faire voir.



    • J-J-R 25 avril 2012 11:19

      Vous avez vu juste. Le vrai rôle confié au Front de Gauche commence à faire surface. Ce parti pantin du système établi est là pour stigmatiser le FN et affaiblir la base populaire. Sa mission partiellement accomplie, Mélenchon la grande gueule aux petits bras n’avez plus qu’à ordonner à ses moutons de rentrer à la bergerie sans poser de conditions, aucunes. Le noyau dur de ses électeurs se trouvant soumis à un lavage de cerveau intense, réitéreront le même « exploit » à chaque échéance. C’est un éternel recommancement pour ne pas perturber l’ordre politique établi. 


    • wesson wesson 25 avril 2012 12:00

      « Bon alors, maintenant, si le nationalisme droitier de la Grèce l’emporte, ils vont quand jeter l’UE aussi, non ? »


      et bien je ne le croit pas. Déjà parce que LAOS a bien accepté - au moins initialement - de participer à un gouvernement dont le seul but était d’appliquer l’austérité. Et également l’exemple Hongrois est bien significatif. Le gouvernement n’y va effectivement pas de main morte dans son discours anti-européen, mais donne tous les gages afin de rester dans cette Europe là. Je l’ai déjà évoqué ailleurs, le gouvernement Hongrois vient de facto de décider le déremboursement des traitements contre le diabète - et cela au nom des mesures d’austérité que l’Europe leur demande de prendre pour le paiement de leur dette. Comment ils tiennent ? principalement par la peur, et la stigmatisation des Roms, leur faisant porter le chapeau quasi exclusivement de la misère qui est en train de s’abattre sur le pays. 

      Ces anti-européanisme des extrêmes droite sont pour la plupart des postures. Que leur militants ou soutient y croient, c’est une autre chose. Mais lorsqu’ils sont aux affaires, on voit bien en définitive ce avec quoi ils sont d’accord. 
      Par contre, je reconnais que je ne sais pas ce que va faire exactement Geert Wilders et son PVV. Wait and see.

      « Donc, si celle-ci veut éviter son implosion avec la montée de tous les nationalismes, elle va devoir revoir en urgence et illico presto sa politique d’austérité actuelle.
      [...] Finalement le retour du nationalisme indique à l’UE qu’elle doit rouler pour les peuples »

      Au contraire, et c’est ce que je viens d’expliquer. l’Europe peut compter sur les nationalistes pour écraser toute volonté de justice sociale, ce qui justifie le « plutot hitler que le front populaire ». Les nationalistes ne veulent en général pas envoyer les créanciers d’un état aller se faire foutre. Là encore, les exemples historiques sont parfaitement clair. Hitler en arrivant au pouvoir s’est immédiatement attaché à attirer l’investissement dans son pays en y adaptant la législation sur le travail exactement aux réquisit des industriels. Plus de syndicats, plus de droit de grève, une population entière disponible quasi gratuitement. Associé à cela un anticommunisme viscéral, ce fut la clé d’un succès immédiat. Les investissements ont afflué en masse dans l’Allemagne nazie. Les installations de Ford à Dresde y étaient les plus importants du monde. D’ailleurs et sauf erreur de ma part, ils n’ont pas été bombardé par l’aviation alliée durant toute la guerre.

      Mais je m’éloigne. Laisser rentrer le nationalisme quelque part, c’est toujours une solution qui semble régler les problèmes à court terme, mais dont les effets sur le long terme sont eux par contre délétères. L’histoire bégaierai donc à ce point ?


    • Tall 25 avril 2012 12:25

      wesson

      désolé, ça n’a aucun sens
      les nationalistes grecs ne peuvent être élus que grâce au rejet de l’UE
      et puis, s’ils sont élus, ils vont dire >

      Hé bonnes gens, c’était une blague hein ! Ha ha ha !
      On va tout payer et vive l’UE !


    • ZEN ZEN 25 avril 2012 12:33

      Tout à fait Wesson
      Le capitalisme financier, amoral par définition, peut s’accomoder des pires droites, si les circonstances et ses intérêts l’exigent
      Relire : Une étrange défaite et relire N.Klein


    • Guillaume D. 25 avril 2012 12:42

      Ne poussons pas trop, quand même. Hollande ne changera pas plus l’Europe que Sarkozy. S’il en avait eu ne serais ce que l’intention, ses partisans ne se seraient pas abstenu sur le MES. Ne rêvons donc pas et ne comptons pas trop sur Hollande pour changer les choses.


    • wesson wesson 25 avril 2012 13:36

      « Hé bonnes gens, c’était une blague hein ! Ha ha ha !
      On va tout payer et vive l’UE !
       »

      Bien évidemment, ce n’est pas ce que l’extrême droite arrivé au pouvoir dit, mais c’est ce qu’elle fait. La dualité de son discours et de ses intentions réelle est une des caractéristique de ce mouvement.

      Hitler et son NSDAP a réglé la contradiction avec la nuit des long couteaux, ou toute la frange « gauchiste » a été purement et simplement zigouillée et la population juive réduite du jour au lendemain en esclavage (ce qui, du point de vue des non juifs paraissait être une très bonne idée, au moins initialement).

       Mais aujourd’hui autre époque ou l’extrême droite tente plus de s’imposer en faisant rentrer ses idées dans la droite classique, mais à l’exception de la Hongrie, est n’est réellement au pouvoir nulle part. Et d’ailleurs en Hongrie, la réduction de la population ROM à l’esclavage a bien été entamée, sauf que - paradoxe assez croquignol - il n’y en a pas assez pour remonter l’économie du pays qui est de toute manière par terre, et surtout sur laquelle personne ne veut réellement miser.

    • wesson wesson 25 avril 2012 13:47

      bonjour Guillame,


      « Ne rêvons donc pas et ne comptons pas trop sur Hollande pour changer les choses.  »

      parfaitement d’accord. Ni Hollande, Ni Sarkozy (bien évidemment), ni même MLP (qui ne ferait qu’empirer les choses), et je vais peut-être vous étonner, ni Mélenchon non plus.

      C’est le peuple, et seulement le peuple qui fera changer les choses.

      Le rôle du président alors ? De soutenir ce mouvement, plutôt de d’essayer de le contrecarrer, voire d’envoyer la troupe pour l’écraser.

    • Tall 25 avril 2012 14:12

      oui, oui, wesson

      J’ai déjà pu voir que votre haine de l’extrême-droite et corollaires pouvait vous amener loin, très loin.... jusqu’à hologrammer la Grèce si nécessaire ... smiley
      Je n’insisterai donc pas.

    • Tall 25 avril 2012 14:28

      wesson

      en + de votre argument de ne pas voir Sarkozy allié au FN pendant 5 ans, il y a aussi que le moumou, on pourra le bouger vers sa gauche : législatives, syndicats, manifs ...


    • wesson wesson 25 avril 2012 14:37

      " jusqu’à hologrammer la Grèce si nécessaire "


      ah ce coup çi, c’est pas moi qui ai déterré la hache de guerre. smiley

      Tall, au delà de nos divergences onzeseptembristes, faites-moi juste la grâce de considérer que je puisse être aussi anti-islamiste que vous ne l’êtes. Ne n’apprécie pas plus que vous tous ces illuminés qui s’échinent à justifier cette stupide théorie qu’est le choc des civilisation. Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ce sont des personnes à combattre avec la plus extrême sévérité, mais je persiste à penser qu’il ne représentent pas en importance le danger que on leur prête, ni même que cette question de l’islamisme radical ne puisse être traité efficacement par la police, si on ne passait pas son temps à diviser par deux le nombre de fonctionnaires.





    • Tall 25 avril 2012 15:02

      wesson

      Et je vous crois, car l’islamisme djihadiste, ce n’est finalement rien d’autre que de l’extrême-droite musulmane.
      Réciproquement, je peux vous assurer que je n’ai jamais pu piffer la clique à Bush non plus.
      J’espère qu’Obama sera réélu. Il a de très bonnes chances.


    • wesson wesson 25 avril 2012 18:15

      «  l’islamisme djihadiste, ce n’est finalement rien d’autre que de l’extrême-droite musulmane. »


      entièrement, totalement d’accord avec ça, à 1000%


      « J’espère qu’Obama sera réélu. Il a de très bonnes chances. »

      C’est leur François Hollande à eux ... D’un autre coté, le fait qu’il ai « soldé » Ben Laden - quelque soit les réserves que l’on puisse faire sur la forme - est à inscrire du coté positif de son bilan.

    • Tall 25 avril 2012 20:09
      wesson

      Et il n’a pas seulement soldé Ben Laden. Il a fait beaucoup mieux encore, et qui devrait vous faire plaisir sur le fond des choses >

      il a rompu net avec la stratégie du choc des civilisations de la clique à Bush !

      Car il n’amalgame pas la communauté musulmane dans son vaste ensemble à ces tueurs fanatiques. Et pendant ce temps les services secrets font leur job sur les vrais terroristes, avec discrétion et efficacité.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 avril 2012 22:11

      @ Tall


       Oui, la dernière montée de la Gauche a été instrumentée oar ce que j’appelle « Le Système ». Le mouvement pour pousser vers le FN il y a quelques années aussi et de façon encore plus évidente.


      Pour faire élre Sarko ? Peut-être ? Mais ça peut être plus subtil et ça n’a de toute façon aucune importance, Quiconque sera élu fera ce que les banquiers lui diront. La seule chose qui fatigue - un peu - le pouvoir, c’est une abstention massive : un virus qui pourrai se déveloopper et justifier un tas de choses, 

      C’est pour éviter ça demain qu’ aujourd’hui on mobilise tout pour faire voter. On feint d’appeler les anti-sarkosystes... alors qu’il est pourtant évident que l’abstention favorise Hollande, puisque le plus gros bloc d"abstentionnistes potentiels est le report des voix du FN qui ira certainement vers Sarkozy.... ! 

      Il faut bien comprendre que si le Systeme gagne si facilement, c’est qu’il est plus futé que ceux qui s’y opposent...

      Whatt fools these mortals be.... 

      PJCA

    • Tall 25 avril 2012 23:50

      Allard

      On a déjà vu « le système » se planter, et en beauté ... ainsi la vie garde tout son charme.

    • taktak 26 avril 2012 00:32

      @ tall et wesson

      votre discussion est symptomatique de ce que je dis depuis longtemps sur agoravox :

      L’UE (et l’euro) est incompatible avec toute politique progressiste car elle est l’outil de l’hégémonie des capitalistes sur la classe ouvirère par la suppression de la souveraineté du peuple.

      C’est là que ce situe la faiblesse de la gauche actuelle. Faiblesse entièrement récupérée par le FN pour se présenter comme anti système alors que le FdG ne serait que le flan « populaire » d’un UMPS mondialiste. C’est bien vu de sa part. Mais Wesson a raison, il ne s’agit que de discours. Pour preuve, quand Le Pen dit qu’elle veut sortir de l’euro, il s’agit en fait de négocier avec les capitalistes allemand un nouveau SME avec un franc indexé sur une monaie commune étalonnée sur un mark fort. Vive l’austérité renforcée façon FN.

      Bref, plutot que d’être aveuglé par un idéalisme moralement compréhensible, il faut faire preuve de réalisme politique, ce qui est le premier devoir d’une politique de gauche.
      Oui le discours de Mélenchon à Marseille (dans une moindre mesure à la bastille) est un très beau discours sur le plan philosophique. Sur le plan politique il est très mauvais.
      1) la problématique actuelle, ce n’est clairement pas les problèmes sociétaux qui ne sont que des symptômes des agressions du système capitaliste. Alors, oui il faut être anti racistes, oui il faut proner la tolérance etc...mais non l’affrontement du FN et de la droite ne doit pas se faire sur les thèmes de l’immigration clandestine, de l’euthanasie ou du mariage homosexuel. Car c’est tomber justement dans le piège de se positionner sur des clivages qui dépassent ceux de l’exploitation de la classe ouvrière par les capitalistes. Il faudra traiter ces questions mais une fois le rapport de force idéologique plus favorable, et en tenant compte de l’évolution culturelle : on avance en marchant. Avec seulement 1/3 du corps électoral s’exprimant clairement pour la gauche (plus ou moins nette d’ailleurs) on est trop faible pour conduire le débat sereinement en dehors des invectives façons Le Pen la semi démente qui ne convaincront pas une partie des classes populaires de nous suivre sur le fond par un simple rejet culturel.
      2) la problématique majeure, en partie identifiée par le FdG c’est bien celle de rendre sa pleine souveraineté au peuple (« Place au peuple ») et ce afin qu’il applique ce qu’il conduise un projet politique au service de tous (« l’humain d’abord »). Mais l’objectif politique est ici totalement discrédité par le fait que tout cela est conditionné par un objectif primant le reste : redresser l’UE en une europe sociale. Cela n’apparait pas réaliste et reste au rang du discours si on ne pose pas clairement l’alternative suivante : ce sera notre europe, rendant pleinement la totalité de la souveraineté à chaque peuple (et en l’occurence à la nation française en france, grecque en grèce etc...) ou ce sera sans nous (sortie unilatérale de l’europe et de l’euro). Là, clairement, on marque le clivage de classe. Et on montre dans quel camps chacun se trouve, et que du FN et du FdG ce n’est pas le premier qui est contre le système mais bien le second qui veut le changer.
      Car le FN et les Le Pen ne sont qu’une autre face de la droite capitaliste réactionnaire dont le but principal est d’exploiter la classe ouvrière et donc de maintenir l’ordre établi.

      Un dernier point, et je m’excuse pour ce long commentaire, je veux revenir sur la question de souveraineté nationale. D’abord à travers un exemple pratique. Dupont Aignan pour qui ce thème représente le fondement de sa pensée politique, sur cette seule thématique en arrive sur le plan économique à proposer la renationnalisation de tout ceux qui relève du service public (énergie, transports...). Paradoxal pour quelqu’un qui est très réactionnaire sur bien des questions de société. En choisisant la souveraineté nationale sur de grande question essentielle, il est logiquement amené à choisir l’intéret du peuple contre l’intéret de la classe dominante.
      C’est tout simplement qu’à notre stade de l’histoire, le peuple français est aujourd’hui confondu avec la Nation (de façon similaire à 1793 quand les monarchies européenne coalisées agressé la jeune république), que la nation c’est la classe ouvrière puisque les capitalistes ont fait le choix d’organiser l’exploitation au niveau de structures supra nationales, alors que la classe ouvrière, à travers ses syndicats, ses victoires sociales, est structurée dans chaque cadre national. Avec ce que cela suppose pour chaque peuple de spécificités culturelles qui empèchent (et l’expérience le prouve) toute jonction réelle et efficace des luttes à un plan international ou d’avancer sur tout les sujets ensemble. Défendre la souveraineté populaire, base de toute République, c’est donc avant tout défendre la Nation, qui est le bien du peuple. Et ce qui va avec sur le plan culturel : la langue, la laicité, l’unité nationale contre les régionalismes féodaux ou les communautarismes ethnique ou religieux, l’exception culturelle contrela culture unique main stream...

      On remarquera d’ailleurs, que lorsque Mélenchon a axé son discours avant tout sur la défense des valeurs de la république (de la Patrie si on reprend un terme de la révolution française, galvaudé par la droite et l’extrème droite) en montrant que ce sont celles de la Gauche, c’est là qu’il avait la meilleure dynamique dans l’opinion, et c’est la que le FN se trouvait en difficulté.
      C’est lorsqu’il s’est replié sur un anti racisme niais et sans fond politique, sur les arguments véléitères de « je vais taper du point sur la table et on va négocier l’europe sociale) qu’il s’est coupé d ’une partie des classes populaires qui n’ont alors plus identifié le clivage de classe, plus perçu le fond du projet politique de changement du système. Et se sont perdu sur un discours pseudo anti système du FN qui a le bénéfice de l’ancienneté, du simplisme et des incohérence jamais relevé par des médias friant de l’odeur du souffre, de référence dans le discours clairement marqués classe ouvrière contre la classe dominante. Sauf que quand le pen parle de »lhyper classe mondialisée" elle ne parle pas des patrons, de banquiers ou des actionnaires, mais de ceux à droite qui occupe les fauteuils qu’elle convoite... Et c’est là toute la différence substile qu’il nous faut démasquer.


    • Tall 26 avril 2012 07:18

      taktak

      Oui, tout-à-fait d’accord avec cette analyse ... d’où le concept de « socialisme nationaliste démocratique » évoqué hier dans un autre forum, et qui semble pratiqué dans certains pays d’Amérique du sud, je crois.

      Il y a effectivement un énorme bras de fer entre les forces capitalistes et les peuples européens qui tentent de conserver leurs acquits sociaux malgré l’énorme concurrence des pays émergents.

      De +, l’UE organise un dumping social interne, avec une libre circulation des biens entre des pays où les normes salariales et sociales sont trop différentes.

      Sans oublier la non-maîtrise des banques qui reçoivent du fric à 1% de la BCE et le reprêtent à des taux de 3 à 15% aux Etats !!?
      On marche sur la tête là.

      Bref, l’UE actuelle est à vomir. Il faut la gauchiser. Et la France a le poids pour ça.
      La Grèce va virer radicale aux prochaines élections ( très bientôt ), l’Espagne gronde aussi, et maintenant la Hollande.

      Et il faudra que la Merkel vole dehors ( 2013 ? ). Cette conasse est nulle en économie. Ou alors elle le sait mais c’est : Deutchland über alles. On est pas loin du 4e reich là.

    • Connolly 26 avril 2012 09:41

      Commentaire très intéressant Taktak. Je pense que vous devriez le soumettre à JLM ou au FdG, via leur blog respectif.


      Un bémol toutefois : qu’entendez-vous par « régionalisme féodaux » ? Si cela vise ceux qui aspirent à maintenir voir développer les particularités régionales (comme les langues par ex) et / ou à une décentralisation politique, administrative accrue (un système fédéral à l’échelle national en d’autre termes), alors sachez qu’avec ce type de qualificatif vous risquez fort de vous aliéner nombre d’électeurs bien ancrés à gauche (ne vous en déplaise), sympathisants voire membres indirects (je pense à la FASE) du FdG. Souhaiteriez-vous une nation uniforme d’un point de vue ethnico-culturel ? Si tel est le cas alors votre conception de la nation serait quasi similaire à celle du FN puisque vous lui conféreriez une dimension ethnique. Ce serait aussi, d’une certaine manière, cautionner à l’échelle nationale ce qui est rejeté à l’échelle internationale. Alors que originellement le concept de nation née à « gauche » dans le cadre du siècle des Lumières se voulait essentiellement socio-politique et faisait référence à une communauté de citoyens libres et égaux en droits, toutes origines confondues, et aspirant à la souveraineté dans un territoire particulier.
      Cette conception centralisatrice et « uniformatrice » de la Nation peut en outre paraître paradoxale quand on sait que le FdG comprend dans son programme le projet d’une décentralisation accrue, notamment dans le domaine économique. 
      Bref, tout cela pour dire que la France n’a pas à avoir peur de ses particularités « endogènes », puisque ce sont elles qui l’enrichissent culturellement. Les nier voire les étouffer aboutiraient inéluctablement à un appauvrissement de ce point de vue là. Enfin, il convient aussi de se réapproprier la notion originelle de nation évoqué ci-dessus, pour bien mettre en avant que le politique et le social (via la laïcité) doivent avoir la primauté sur l’ethnique et le culturel, sous peine du FN de « gauche », si vous me permettez cet oxymore.

      Dernier point : que vient faire le terme « féodal » dans ce contexte ?

    • Fergus Fergus 26 avril 2012 10:12

      Bonjour, Taktak.

      Excellent commentaire dont la conclusion met le doigt sur ce qui a été à la fois la force et la faiblesse de Mélenchon

      Un Mélenchon qui a par ailleurs découvert (ou plutôt a nié dans son for intérieur) que la belle philosophie humaniste ne fait pas très bon ménage avec le pragmatisme politique. Oublié également que les médias ne rendent pas justice à un discours en le réduisant à quelques mots sortis du contexte. Nul doute qu’il en tirera la leçon.


    • taktak 26 avril 2012 14:36

      Cette analyse a été présentée à Mélenchon (par exemple par le M PEP ou par le PRCF ici , sans réponse du FdG pour le PRCF)
      Elle est d’ailleurs en partie partagée à la base du FdG. Ce qui est logique puisque c’est une analyse de classe qui se situe dans la droite logique de ce que disait le PCF jusqu’au début des années 1990. Le problème se situe probablement plutot du coté d’une parti de l’appareil du PC. Il faut se souvenir que P Laurent est président du PGE et que ce parti comme tout parti européen s’engage à promouvoir la construction européenne...


    • taktak 26 avril 2012 15:24

      @ Connely

      « Un bémol toutefois : qu’entendez-vous par »régionalisme féodaux" ? Si cela vise ceux qui aspirent à maintenir voir développer les particularités régionales (comme les langues par ex) et / ou à une décentralisation politique, administrative accrue (un système fédéral à l’échelle national en d’autre termes), alors sachez qu’avec ce type de qualificatif vous risquez fort de vous aliéner nombre d’électeurs bien ancrés à gauche (ne vous en déplaise), sympathisants voire membres indirects (je pense à la FASE) du FdG.

       Souhaiteriez-vous une nation uniforme d’un point de vue ethnico-culturel ? Si tel est le cas alors votre conception de la nation serait quasi similaire à celle du FN puisque vous lui conféreriez une dimension ethnique. Ce serait aussi, d’une certaine manière, cautionner à l’échelle nationale ce qui est rejeté à l’échelle internationale. Alors que originellement le concept de nation née à « gauche » dans le cadre du siècle des Lumières se voulait essentiellement socio-politique et faisait référence à une communauté de citoyens libres et égaux en droits, toutes origines confondues, et aspirant à la souveraineté dans un territoire particulier.

      Cette conception centralisatrice et « uniformatrice » de la Nation peut en outre paraître paradoxale quand on sait que le FdG comprend dans son programme le projet d’une décentralisation accrue, notamment dans le domaine économique. 
      Bref, tout cela pour dire que la France n’a pas à avoir peur de ses particularités « endogènes », puisque ce sont elles qui l’enrichissent culturellement. Les nier voire les étouffer aboutiraient inéluctablement à un appauvrissement de ce point de vue là. Enfin, il convient aussi de se réapproprier la notion originelle de nation évoqué ci-dessus, pour bien mettre en avant que le politique et le social (via la laïcité) doivent avoir la primauté sur l’ethnique et le culturel, sous peine du FN de « gauche », si vous me permettez cet oxymore."

      D’abord pour lever toute ambiguïté j’accepte parfaitement votre définition de la Nation. Il n’est absolument pas question de vouloir une uniformisation culturelle. Ce n’est pas compatible avec l’idée de Nation au sens de la république. Je suis donc d’accord avec vous sur ce point

      Ensuite, pour préciser le terme de régionalisme féodaux.
      Je vise effectivement ici les derniers mouvements de décentralisation, et ceux à venir, voulu aussi bien par la droite que par la gauche (surtout quand ils tiennent les executifs régionaux).
      D’une part formellement, il faut reconnaitre que sous cette décentralisation se cache en fait une recentralisation qui éloigne le pouvoir de l’échelon de proximité (Commune / communauté d’agglomération, Département / région, Etat / Europe). D’autant que dans le même temps les services déconcentrés de l’état (DDE, DDA, DASS...) sont recentralisées (DREAL, agence régionale de santé...).

      Quel est le bénéfice pour le citoyen de voir l’ex réseau routier national remis au département ? ou que le personnel des lycées soit confiés à la région ? Si ce n’est de perdre justement le bénéfice et la force de la solidarité nationale.

      D’autre part, il ne s’agit nullement ici de reconnaitre et de défendre des cultures menacées (comme les langues régionales) ce qui est parfaitement possible de faire dans le cadre de la solidarité nationale, mais bien de renforcer les prérogatives de certains élus locaux. Vous parlez à ce sujet de système fédéral de région. C’est effectivement le projet de certains. Mais si celui peut être progressiste lorsqu’il s’agit de reconnaitre le droit des peuples à disposer d’eux même, on ne comprend pas la logique quand on parle aujourd’hui d’un état nation déjà ancien, centralisé depuis 4 siècle. Il ne s’agit alors effectivement que d’une division féodale : féodale car il s’agit pour chaque potentat local d’arracher le maximum de pouvoir, de richesse y compris face à ses voisins, féodal car la question n’est pas d’apporter un supplément de souveraineté populaire - ce qui pourrait être souhaitable mais on l’a vu la région c’est accroitre la taille de l’échelon local (avant de le dissousdre dans l’euro région ?), féodal enfin car ce régionalisme se construit contre la nation qui est une expression de la souveraineté qui va du peuple vers ses dirigeants, alors qu’il s’agit ici d’une construction descendante.

      Bref, il faut avoir sur la question un raisonnement fin et dialectique : celui que vous tenez au fond. C’est à dire être nationaliste de gauche, c’est à dire défenseur d’une nation qui est le résultat d’une volonté populaire d’exprimer ensemble - par de a des particularismes culturels qu’il convient de partager pour les faire vivres - la souveraineté du peuple qui se reconnaît en tant que peuple. Cette nation là est à la fois porteuse d’unité et de diversité, de valeurs sociales (au sens d’organisation de la société) commune et de particularisme locaux.


    • Connolly 26 avril 2012 18:49

      Merci Taktak

      J’abonde globalement dans votre sens. 

      Toutefois ce que vous appelez « féodalisme » n’est qu’une dérive potentiel du fédéralisme national. Au même titre qu’un système centralisé peut avoir pour dérive une bureaucratisation à la soviétique, par essence « démocraticide » . Et puis le centralisme est-il vraiment aussi égalitaire que cela ? Il est permis d’en douter tant il tend justement à privilégier (à tout point de vue) le « centre » aux dépens de la périphérie. Si les dérives fédéralistes peuvent s’apparenter à du féodalisme, celles du centralisme peuvent être assimilées à une forme d’impérialisme.

      Bref, nul système n’est parfait ! Faudrait-il pour autant suivre la voie d’un néo-bonapartisme et remplacer tous les élus locaux (du maire au conseiller régionale) par des préfets désignés par l’Etat central via le président de la République, de par sa qualité de seul et unique élu du peuple ? Je n’ai pas l’impression que ce soit ce à quoi vous aspirez.

      Maintenant afin d’éviter les dérives fédéralistes évoquées plus haut plusieurs pistes existent : d’abord il ne s’agira nullement d’annihiler « l’Etat central » (toujours présent dans les fédérations américaine, espagnole, britannique et allemande pour ne citer que quelques exemples ; il ne faut pas confondre fédération et confédération), lequel aura pour tâche, entre autres, de garantir une certaine égalité ou équité entre régions (c’est ce qu’on appelle le principe de péréquation) ; ensuite il est toujours possible de réduire les mandats (deux maximum voire un seul comme le proposent les objecteurs de croissance) pour éviter le carriérisme et la professionnalisation de la politique (la politique devant être à mon sens plus un sacerdoce qu’autre chose) ; et pour empêcher tout enrichissement les citoyens ne pourront occuper qu’un seul poste (maire, conseiller général, conseiller régional ou député) avec en outre des émoluments qui correspondront avec ceux qu’ils touchaient avant d’être élus. Voilà au moins trois pistes ...

      "Mais si celui peut être progressiste lorsqu’il s’agit de reconnaitre le droit des peuples à disposer d’eux même, on ne comprend pas la logique quand on parle aujourd’hui d’un état nation déjà ancien, centralisé depuis 4 siècle". 

      D’une part, le processus de centralisation ne s’est vraiment accéléré qu’à partir de la Révolution française.

      D’autre part, si ce processus pouvait se justifier historiquement, l’objectif étant aujourd’hui atteint (l’unité nationale) je ne vois pas en vertu de quoi il ne serait plus possible de poursuivre la décentralisation entamée au début des années 80. D’autant que la décentralisation envisagée n’est ni une fin en soi ni imprégnée d’un quelconque romantisme. Elle a, au contraire, pour objet principal de favoriser la démocratisation de l’Etat en le débureaucratisant.

      Dernier point enfin : comme pour toute organisation politique il existe une vision de droite et une vision de gauche de l’Europe des régions. La vision de gauche pourra s’appliquer le jour où l’UE prend la forme d’une fédération de nations socialistes.


    • interlibre 27 avril 2012 14:28

      Les libéraux psychopates qui tirent les ficelles préfereraient prendre le risque qu’un nouvel Hitler puisse voir le jour plutot qu’un pays bascule rééllement à gauche et qu’un effet boule de neige se créé qui transormerait (je parle en terme de politique publique) l’Europe en une nouvel Amerique Latine et ca les Anglais et les Américains ne le laisseront JAMAIS arriver.


    • Fergus Fergus 27 avril 2012 16:36

      Bonjour, Interlibre.

      Vous avez raison, et cela rend la possibilité d’accéder au pouvoir pour la gauche de progrès très difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne partage pas l’avis très optimiste de ceux qui pensent prendre la pouvoir avec l’appui de la rue.

      Nul doute que les forces réactionnaires se mettraient, y compris par la force, en travers de la route et pourraient sasir l’occasion de mettre en place un pouvoir autoritaire, potentiellement dictatorial. Le pire n’est jamisi sûr, mais le meilleur non plus, malheureusement !


    • emile wolf 25 avril 2012 08:53

      bonjour Fergus

      Analyse lucide, prudente et bien exposée.

      Compliments et merci


      • Fergus Fergus 25 avril 2012 09:33

        Bonjour, Emile.

        Merci pour ce commentaire.

        Je me permets d’y ajouter un point que je ne n’ai pas voulu développer dans l’article pour ne pas l’alourdir :

        Mélenchon a, dans sa tentative de reconquête des votes populaires allés vers le FN, commis une double erreur :

        1) En ne prenant pas en compte l’exaspération d’une part croissante de nos concitoyens confrontés à un problème d’identité culturelle du fait de la forte proportion de personnes issues de l’immigration ayant adopté un mode de vie ostentatoire. Le paradoxal étant que ce n’est pas dans les cités que cette exaspération augmente mais dans des lieux où les immigrés sont relativement peu nombreux, voire quasiment absents. Mélenchon, avec 17 % des voix, domine d’ailleurs Le Pen, 13 % des voix, en Seine-Saint-Denis.

        2) En agressant Le Pen au lieu de l’ignorer pour s’adresser directement aux Français tentés par le vote FN. Ce faisant, nombre d’entre eux se sont sentis également agressés. Mais je en doute pas que Mélenchon saura tirer les enseignements de cette campagne et, en homme intelligent, adapter désormais sa communication au pragmatisme politique, infiniment plus payant électoralement que les grandes et belles envolées lyriques.


      • nicolas_d nicolas_d 25 avril 2012 10:26

        Bonjour,

        Je suis d’accord que le mépris (du FN par Mélenchon) n’est pas la bonne solution. Ca ne doit pas être une arme politique. D’autant que le FDG ne manque pas d’armes.

        En revanche, je trouve que les envolées lyriques de Mélenchon sont... pragmatiques justement. (surtout en début de campagne). Mais comme c’est un pragmatisme « de gauche », il faudra peut être aussi mieux expliquer en quoi il est pragmatique. Car il est chiendegardé comme utopiste.


      • Cocasse Cocasse 25 avril 2012 10:49

        Passer son temps à frapper sur le FN, son pendant anti-mondialiste de droite, au lieu de s’attaquer aux vrais ennemis (UMPS en tête).
        Pensez vous qu’un homme aussi expérimenté et intelligent que mélenchon aurait pu faire une telle erreur ?


      • ZEN ZEN 25 avril 2012 12:38

        Bonjour Fergus

        J’apprécie ton analyse
        Mélanchon a fait preuve parfoisde trop d’arrogance (comme on le dit autour de moi), de triomphalisme et ses références à Robespierre et St Just auraient pu être évitées, pour éviter les amalgames et les peurs irrationnelles des ignorants de la Révolution Française


      • Guillaume D. 25 avril 2012 12:50

        Je suis assez d’accord avec Cocasse. Ce n’est pas une erreur mais une stratégie. C’est malheureux à dire, mais il n’y a que ce genre de choses qui interesse les médias. A méditer.


      • bigglop bigglop 25 avril 2012 13:09

        Bonjour à tous,
        Merci @Fergus pour cette excellente analyse des stratégies et des forces en action.

        Mais le problème réside dans le fait que depuis, au moins 2007, l’extrême-droitisation du discours de Sarkozy jouant sur les peurs, réelles ou illusoires (Grenoble, affaire Mehra,….) a été combattue par une indignation mollassonne des cadres du Parti Socialiste, qui se réjouissaient de l’affaiblissement de l’UMP et de ses divisions.

        Résultat : ils ont permis au Front National d’acquérir la stature d’un parti ordinaire républicain et jetant dans ses bras un vote populaire d’ouvriers, d’employés, de petits agriculteurs, artisans, commerçants, retraités et de jeunes.

        Le Front de Gauche (que je soutiens) a fait l’erreur de stigmatiser outrancièrement le FN, MLP et surtout ses électeurs dont la plupart ne connaissent pas les vraies idées, valeurs d’extrême-droite, mais y ont trouvé un refuge pour leurs peurs, leurs angoisses.

        Il eût été préférable et souhaitable de démonter le mécanisme du FN en faisant appel à la raison, sinon l’intelligence des citoyens au lieu de provoquer un effet papillon ou boomerang

        Je me suis donné un mal de chien pour convaincre mes amis, mon entourage de voter pour le FDG avec un argumentaire bétonné.

        Certains m’ont appelé, déçus, et d’autres ont commencé à me parler de risques de révolution car ils ont visionné cette vidéo
        http://www.voie-militante.com/politique/elections/plan-bataille-financiers-apres-elections/

        Sarkozy et Hollande ne sont que les mains droite et gauche de l’oligarchie financière qui termine de mettre en place une dictature européenne

        Tous les articles sur ce thème occultent le problème qui va se présenter à l’issue des législatives, celui du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la gouvernance économique et monétaire européenne accompagnée des Six-Pack et Two-Pack qui vont permettre d’établir définitivement une dictature européenne financière.

        Depuis le début de la campagne, le silence est de règle alors que les enjeux ne sont rien moins que la démocratie, la liberté des nations et les droits de l’homme et du citoyen.
        http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/silence-sur-le-pacte-budgetaire-115480

        Il serait temps de se réveiller pour une bonne fois et nous avons moins de quinze jours pour cela


      • Tall 25 avril 2012 13:12
        Cocasse

        Pensez vous qu’un homme aussi expérimenté et intelligent que mélenchon aurait pu faire une telle erreur ?

        Oui .... l’histoire et l’actualité sont remplies de gens intelligents et expérimentés qui ont fait des bourdes. Il suffit d’un peu trop d’amour / haine, et on devient vulnérable. 

        Mélenchon a passé les 11 premières années de sa vie au Maroc, avant de revenir en métropole suite au divorce de ses parents.
        A partir de ça, on peut comprendre pourquoi il est ce qu’il est.


      • Fergus Fergus 25 avril 2012 13:49

        Bonjouyr, Zen.

        Merci pour ton commentaire. Je suppose que Mélenchon va tenir compte des quelques fautes qu’il a commises pour corriger dans l’avenir son comportement et sa communication. Si tel est le cas, et en se référant aux résultats du FdG lors de ce 1er tour, cela donne de sérieux espoirs d’une progression significative dans l’avenir.


      • Fergus Fergus 25 avril 2012 13:56

        Bonjour, Bigglop.

        Rien à ajouter à cet excellent commentaire qui pointe le doigt sur le principal problème rencontré par Mélenchon : son rapport au FN et à sa dirigeante qui a malheureusement été perçu par de nombreux électeurs du FN comme une agression à leur égard, et cela a été fort logiquement mal vécu. J’imagine que tout cela sera redressé pour l’avenir, avec l’aide des certains caciques du PC, peut-être moins romantiques mais certainement plus pragmatiques.

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