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Accueil du site > Actualités > Politique > Gauche dite antilibérale : vers un buffet royal pour tous ?

Gauche dite antilibérale : vers un buffet royal pour tous ?

Pour les présidentielles de 2007, José Bové appelle donc à « tout faire pour battre Nicolas Sarkozy », lequel serait « très libéral et dangereux », alors que Ségolène Royal se serait montrée « réellement intéressée » par les questions qui motivent la gauche dite « antilibérale ». C’est, en somme, le message qui semble ressortir des déclarations de Bové publiées par Sud-Ouest le 26 décembre. Comme Marie-George Buffet, Dominique Voynet et Jean-Pierre Chevènement avant lui, l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne semble ainsi rejoindre la logique de la « gauche unique ». Mais dans ce cas, quel bilan faut-il tirer de la gauche dite « antilibérale », que représente-t-elle, a-t-elle jamais eu un réel programme ?

"Pour un(e) ancien(ne) ministre tu voteras". Tel semble être le premier commandement des présidentielles de 2007. Et, pour le confirmer, L’Humanité du 23 décembre publiait un article intitulé : "La campagne commence pour Marie-George Buffet". Une candidature clairement orientée vers l’alliance avec Ségolène Royal au deuxième tour, et qui avait déjà suscité il y a un mois l’expression buffet royal dans un article d’Indymédia. La course au partage, en cas de bon résultat ? Dans son entretien paru le 25 décembre, José Bové jetait définitivement l’éponge et, comme "tout le monde", ralliait tacitement le cortège Royal. Certes, avec la circonspection qui sied à une célébrité de l’altermondialisme radical. Mais le geste est là.

José Bové en profite pour enfoncer le clou à Dominique Voynet et à ses copains, leur reprochant d’être restés dans "un gouvernement qui autorisait les premiers essais OGM et la création d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires..." Il oublie d’ajouter que, sous le gouvernement Jospin, il avait été lui-même condamné à de lourdes peines de prison à la suite de plaintes émanant du ministère public et d’un organisme de recherche. Un gouvernement dont, manque de chance, faisait également partie Ségolène Royal. Laquelle avait été auparavant chargée de mission de François Mitterrand au moment de l’attentat contre le Rainbow Warrior... Peut-on vraiment arriver à se répérer dans cette nébuleuse de compromis et de rapprochements politiques ? Si ce n’est pour conclure que le verrouillage de la politique française évoqué dans mon article du 28 novembre paraît, hélas, bien réel.

Mais au juste, quel était le programme de cette "gauche antilibérale" qui, à en juger par l’attitude de José Bové, semble avoir si vite décampé ? Nicolas Sarkozy serait "très libéral", mais on avait cru comprendre que la "gauche altermondialiste" parlait aussi de "social-libéralisme", assimilant à ce courant politique les gouvernements à majorité PS formés depuis 1984. Ou aurait-on mal lu, mal entendu... ? Et qu’est-ce que le "libéralisme", pour ceux qui comme José Bové déclarent refuser de vivre "sous le joug des multinationales" ? La montée en force des géants financiers et la concentration industrielle accélérée à l’échelle internationale, qui ont caractérisé la gestion de la France depuis les années 1970, ont-elles relevé du "libéralisme" ?

On aurait pu croire, naïvement, que les multinationales et la grande finance étaient génératrices de monopoles à l’échelle mondiale, d’oligopoles commerciaux... En aucun cas d’un quelconque phénomène que l’on puisse relier à la liberté d’entreprendre, à celle du marché et à l’ensemble des valeurs propres au libéralisme à l’époque où il a vraiment existé et connu sa période de gloire, à savoir le XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe.

Et le mot "impérialisme", serait-il passé dans les oubliettes ? Depuis la fin du XIXe siècle, des économistes de toutes tendances politiques ont employé ce terme pour désigner le passage de l’industrie, atteignant un degré de concentration croissant, sous le contrôle de grands holdings financiers dont la puissance dépasse celle des Etats et qui dictent la politique de ces derniers. On a également utilisé très souvent l’expression "impérialisme protectionniste" pour désigner la politique de la canonnière, verrouillant l’accès à de vastes zones de la planète et générant ainsi des tensions qui ont conduit, notamment, à la Première Guerre mondiale. La politique africaine de la France a été classée dans cette catégorie. Et le président Bush ne pratiquerait-il pas, à ce jour, un véritable impérialisme protectionniste ?

Précisément, le libéralisme s’était opposé à la montée de l’impérialisme et a été tué par lui dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Lorsque les lobbies financiers qui préparaient la "grande expansion coloniale" française des années 1880 ont dû choisir des porte-parole politiques, ils ne sont adressé ni à des libéraux, ni à des conservateurs. Les premiers, parce qu’ils étaient contre leur politique. Les conservateurs, parce qu’ils comptaient dans leurs rangs nombre de propriétaires agricoles hostiles à la politique de rupture avec l’Allemagne qu’allait inévitablement impliquer la fermeture économique des frontières coloniales. Ce fut donc une opportunité unique pour ceux que les historiens ont appelés les "républicains opportunistes" : le "centre gauche" de Léon Gambetta, Jules Ferry... Un peu de rappel historique ne ferait pas de mal à nos altermondialistes.

On peut sans doute améliorer cette analyse rapide. Mais en tout cas, quel rapport entre le discours sur le "libéralisme" et la réalité géopolitique mondiale ?

Et en quoi consiste cette "autre mondialisation" que sont censés réclamer les altermondialistes ? Malheureusement, un mois après mon article du 28 novembre, je n’ai vu passer aucune réponse aux questions de fond qu’il tentait de soulever. Etaient-elles mal formulées ? Ou ce qu’on appelle l’altermondialisme serait-il fait de plates-formes creuses destinées à ramener à terme dans le bercail de la "gauche unique" ceux qui tentent de lui échapper ?

A la lumière de l’expérience des trois dernières décennies, existe-t-il une réelle différence entre la droite et la gauche, centre compris, ou s’agit-il d’apparences légèrement différentes d’une même gestion du capitalisme ? Les résultats électotaux récents suggèrent plutôt que les Français croient de moins en moins à l’existence de réelles différences. Mais, à la fin des courses, quelle alternative apportent José Bové et les altermondialistes ? Apparemment, aucune, et on revient à la case départ.


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187 réactions à cet article    


  • CP (---.---.222.214) 28 décembre 2006 10:57

    En effet, dès le 25 décembre l’interview de Bové faisait du bruit au niveau des dépêches d’agence. Sans doute, parce qu’un soutien de José Bové à Ségolène Royal n’allait vraiment pas de soi.


    • Antoine (---.---.49.194) 28 décembre 2006 11:48

      Ce qu’on peut se demander, c’est ce que cherche exactement José Bové. Sachant, précisément, comme le rappelle l’article, qui est Ségolène Royal et quel a été son curriculum depuis plus de ving-cinq ans.


    • FredSud37 (---.---.208.247) 28 décembre 2006 12:04

      Pour savoir qui est MSR et quelles sont ses idées, je vous conseille vivement la visite du site suivant : ICI.


    • Hugo H. (---.---.218.94) 30 décembre 2006 12:47

      Bové est-il en couple avec Royal ? Parce que j’ai appris récemment à Paris que Mme Royal partage la vie de Louis Schweitzer, l’ancien PDG de Renault, maintenant président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). C’est fou ce que les médias nous cachent... Quand les journalistes feront leur métier dans ce pays ?


    • (---.---.14.131) 30 décembre 2006 21:45

      « Bové est-il en couple avec Royal ? Parce que j’ai appris récemment à Paris que Mme Royal partage la vie de Louis Schweitzer, l’ancien PDG de Renault... »

      En effet, ça fait un moment qu’on parle de la relation entre Royal et Schweitzer et ça ne semble pas avoir été démenti. Il n’a pas été démenti, non plus, que Louis Schweitzer, membre du Siècle depuis longtemps, était devenu l’un des grands appuis lobbistes de Ségolène Royal.

      Mais on fait moins attention au fait que Louis Schweitzer, fils d’un directeur du Fond Monétaire International, est aussi d’après Wikipédia : administrateur de AB Volvo, BNP Paribas, EDF, L’Oréal et Veolia Environnement ; Président du Conseil d’administration d’AstraZeneca ; membre du Conseil de Surveillance de Philips ; membre des Conseils Consultatifs d’Allianz et de la Banque de France ; membre du Conseil Exécutif du MEDEF et président de MEDEF International, etc...

      Bové n’est pas de ce monde-là, il est juste dans un petit strapontin. Il a simplement marchandé une place avec Royal, à en juger par ses déclarations. Une autre question est celle de savoir pour qui roulaient ces derniers temps les Bové, Mamère, Lemaire... C’est curieux qu’ils aient pris tous ces risques sans aucun parachute.


    • (---.---.80.130) 1er janvier 2007 22:28

      A première vue, le co-fondateur de la Confédération paysanne séduit par son engagement et ses actions. Mais en y regardant de plus pres ne serait-il pas juste une figure médiatique creuse ? Un pro de l’usage des médias comme Sarkosy ?

      Sa participation trés hésitante lors des débats des collectifs antilibéraux puis finalement son retrait sont trés suspects. On peut se demander si son but n’était pas justement de faire capoter toute union, aidé en celà par d’autres qui ne voulaient qu’une chose : la direction du mouvement ou pas de mouvement. En y rajoutant tous ses commentaires sur les autres candidats de gauche, il semblerait qu’il fait là le jeu de Royal. On aurait alors à gauche comme à droite le même cirque médiaque.

      Je voudrais bien croire à sa sincérité mais dans ce cas il s’est perdu à un moment dans la télé. Je pense que d’autres au sein de la confédération paysanne disent des choses trés intéressantes sur notre société en général et le monde paysan en particulier. A propos des médias il est d’ailleurs indispensable de lire ou écouter Pierre Bourdieu.


    • Antoine (---.---.49.194) 28 décembre 2006 11:46

      L’auteur pose entre autres une excellente question : si à la fin des courses, il s’agit d’appeler à voter Royal au second tour, voire même au premier, à quoi sert cette « gauche antilibérale », et quel est son programme ?


      • FredSud37 (---.---.208.247) 28 décembre 2006 11:58

        (.....) Les caciques du Parti avaient décidé que ce serait Marie-George Buffet et personne d’autre. Et la preuve qu’ils avaient raison, c’est qu’ils étaient les plus nombreux. Après tout, on ne peut leur reprocher qu’une chose : n’avoir pas dit plus tôt que, quoiqu’il advienne, la candidate officielle du Parti serait ... candidate. Et qu’il n’était guère question dans cette affaire que de se compter et d’enfermer dans cette logique des Collectifs condamnés à devenir en bout de course de simples comités de soutien. (.....)

        Extrait de « Il est interdit de désespérer », Denis Sieffert, Politis du jeudi 21 décembre 2006.


      • kader (---.---.140.64) 28 décembre 2006 12:16

        les caciques du parti dite vous alors qu’on a voté à deux reprises au sein du Parti et une fois au sein des collectifs pour proposer Marie Goerge Buffet. elle est élue deux fois au sein de son parti et une fois par les collectifs et vous parlez de caciques. Sincerement on ne dit pas de Segolene qu’elle fut imposée par les caciques de son Parti. deux poids deux mesures qui fait le jeu de sego Ci joint en lien un site des elus communistes de Bagnolet pour montrer que les cocos ne sont pas si mauvais que ca


      • (---.---.157.75) 28 décembre 2006 12:23

        Mais, comme l’avait souligné l’autre article du même auteur :

        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16052

        ce qui est inadmissibile, c’est cette stratégie combinée de noyautage et de mystifications pour égarer les militants de base qui croient qu’on va vers autre chose, et gruger l’électorat de la même façon. Alors que ce dont il s’agit vraiment, c’est de refaire la « gauche plurielle » de 1997-2002 dont on connaît déjà la politique.

        Sauf que cette fois-ci, ce sera beaucoup pire, car la « gauche » fait comme la « droite » la politique des multinationales et des lobbies financiers, et la dégringolade sociale ne fait que commencer. On n’a rien vu encore.


      • FredSud37 (---.---.208.247) 28 décembre 2006 12:32

        Quoi qu’en disent certains, MGB est la candidate du seul PC et non celle de la Gauche antilibérale. Ledit parti est donc bien le fossoyeur des Collectifs Unitaires ! smiley


      • daniel sommen (---.---.222.161) 31 décembre 2006 00:18

        Mme Buffet a été choisie presque exclusivement par les/des membres du pcf, à l’intérieur du parti comme dans les collectifs. Pour autant, elle n’est pas représentative de la diversité des comités car, à l’intérieur de ceux-ci, elle est très controversée. Et il ne suffirt pas de marteler qu’elle aurait recueilli 60% des suffrages pour que cela reflète la réalité.

        Il n’a jamais été question d’un vote majoritaire. Dans de nombreux collectifs la méthodes choisie a consisté a dégager la/les candatures les plus consensuelles. Ainsi, les 157 (minimum) collectifs qui ont opté pour la méthode de comptage par points (5,4,3,2,1) ont placé MMe Autain en tête (6378points) de vant Mme Buffet (6173) et M. Salesse (5781. Conclusion : la candidature de Mme Buffet se situe aux deux pôles, souvent citée, souvent rejetée !

        La « manipulation » des « votes » permet au pcf de se dire victime d’ostracisme. Et, partant, de justifier son choix de présentation de sa secrétaire nationale à l’élection présidentielle. Dans la même logique, Mme Buffet se déclare LA candidate unitaire.

        Elle trouvera certainement quelques alliés de circonstance, mais de trop vouloir s’accaparer le label de l’unité provoquera certainement des polémiques dont, malheureusement, l’unité à « reconstruire » souffrira.


      • FredSud37 (---.---.208.247) 28 décembre 2006 11:53

        Sincèrement de Gauche, je ne voterai ni pour un « Thatcher » en pantalon, ni pour une « Blair » en jupon, car la seule et unique différence entre ces deux candidats à la Présidentielle ne porte pas tant sur le fond (idées politiques) que sur la forme (méthode de gouvernance).


        • Sam (---.---.202.248) 28 décembre 2006 20:30

          Fred Sud

          J’ai la même analyse.

          Et je ne voterai pas non plus au premier tour pour Marie-Georges Buffet.

          Au passif : participation à un faux gouvernement de gauche qu’elle n’a pas mis en cause, inféodation à un appareil partisan.

          Nous voulions une candidature d’un homme de gauche de la gauche, hors parti, trans courant, qui le représentant soutenu par les partis et/ou les courants et non pas l’incarnation d’une gauche passée appuyée sur la realpolitik et les partis qui, par définition, n’ont qu’un projet politique non fédérateur des sensibilités multiples de la vraie gauche.

          C’est fini.


        • (---.---.100.215) 28 décembre 2006 12:04

          Le caviar, c’est déjà trop ringard. C’est l’heure au buffet royal dans la « gauche » de gestion du capitalisme et de l’impérialisme. Merci à l’auteur d’avoir rappelé ce dernier mot.


          • FredSud37 (---.---.208.247) 28 décembre 2006 12:08

            (.....) Avec Delors, la « Deuxième Gauche » est à l’origine du « tournant de la rigueur » de 1983, de l’Acte Unique Européen de 1986, du Traité de Maastricht négocié en même temps que la création de l’OMC. Les flexibilités, les dérégulations, les libéralisations décidées alors ont créé les inégalités, la précarité et la pauvreté d’ujourd’hui. Cette victoire de la « Deuxième Gauche » au sein du PS rend possible l’émergence d’une Ségolène Royal conseillée par un Pascal Lamy formé par Delors. Aujourd’hui, elle espère faire franchir à la société française une nouvelle mutation : celle qui effacera définitivement l’approche par la lutte des classes et mettra en place un bipartisme à l’américaine. A moins que le peuple français n’en décide autrement. Comme un certain 29 mai. (.....)

            Extraits de « Pourquoi les Partis Socialistes ont-ils failli ? » Raoul Marc Jennar, le 15 novembre 2006.


          • CP (---.---.198.3) 28 décembre 2006 12:43

            Après trente ans de caviar, il fallait bien changer un peu... Le buffet royal nouveau est arrivé !


          • (---.---.98.192) 31 décembre 2006 07:38

            Ils ne savent plus comment attirer les gens aux urnes. J’espère qu’il fera beau lors des deux tours des présidentielles.


          • CP (---.---.198.3) 28 décembre 2006 12:39

            Merci, aussi, à l’auteur pour son bref rappel historique.

            ATTAC se targue de faire de l’ « éducation populaire », mais dans la pratique ça consiste à faire la pub des « profondes pensées » de ses notables qui ne volent pas très haut et qui font bien attention à ne pas déranger les alliances électorales prévisibles.

            Précisément, le baratin creux sur le « ultra-libéralisme » et la « mondialisation » aide à cacher la notion d’impérialisme qui dérange. Et, pour la même raison, on a cessé de parler de mouvement « antimondialisation » pour passer à l’ « altermondialisme » qui ne veut strictement rien dire.


            • RK (---.---.107.110) 28 décembre 2006 16:54

              Je suis d’accord pour féliciter l’auteur de cet article. Marre des « sommités » à la noix du prétendu « conseil scientifique » d’ATTAC. Ces gens ne sont que des « mandarins alternatifs ».


            • (---.---.162.15) 28 décembre 2006 12:51

              Voter Royal c’est voter pour le PS social démocrate qui a défendu la Constitution Européenne. Voter Buffet, c’est voter pour une logique d’appareil qui a démoli l’alliance anti-libérale. Voter pour Voynet, c’est voter une ancien ministre vert molassone dans un gouvernement PS sans fibre écologique. Voter Besancenot, c’est voter pour des extrémistes qui manquent de pragmatisme. Voter Laguillier, c’est pire.

              Alors ? Il reste des priorités.

              Soit mettre en priorité un vote écologiste et choisir Corinne Lepage.

              Soit mettre en priorité un vote anti-Sarkozy, et choisir quelqu’un qui ait une certaine intégrité, donc Bayrou, voire Dupont-Aignan.

              Pour le deuxième tour, certaines positions de Sarkozette, comme sa lutte anti-OGM, lui donnent un avantage, même face à Bayrou.

              Quant à l’auteur de l’article, il n’a pas la fibre anti-libérale ni écologiste et ses divagations n’ont aucun intérêt.

              Etre obligé de voter pour quelqu’un qui a voté Oui à la Constitution montre le manque de visions et de personnalités rassembleuses. Ce n’est finalement pas étonnant, cela est encore jeune et il faut que ça se décante.

              Am.


              • CP (---.---.198.3) 28 décembre 2006 13:03

                « Quant à l’auteur de l’article, il n’a pas la fibre anti-libérale ni écologiste et ses divagations n’ont aucun intérêt.... »

                C’est plutôt votre baratin, qui en arrive à nous proposer de voter pour des réacs avérés, anciens ministres de surcroît, qui n’a aucun intérêt. Tous ces gens, on les a déjà vus à l’oeuvre.

                Quant à la « fibre » de l’auteur, vous vous ridiculisez. Ce qu’il vous explique, et qui paraît du gros bon sens, c’est que dans une société dominée depuis belle lurette par la grande finance et les multinationales au niveau mondial, il n’y a plus de place pour un quelconque « libéralisme ». N’en déplaise à ceux qui se disent « libéraux », comme à ceux qui se disent « antilibéraux ». Ces deux notions n’ont plus de sens dans le capitalisme du XXI siècle, c’est évident.

                On emploie le mot « ultralibéralisme » pour faire croire qu’il existerait un « bon capitalisme » : celui où les « socialistes » gouvernent. Mais on a bien vu que ça relève de la mystification.


              • (---.---.162.15) 28 décembre 2006 14:25

                Tiens, CP, vous aussi, vous ne semblez pas avoir la fibre écologiste et anti-libérale... Ce n’est pas si ridicule que vous le croyez... Je reproche à l’auteur de parler d’un point de vue extérieur sans apporter un angle de vue pertinent. Vu d’intérieur, ça aurait encore passé, mais de l’extérieur, c’est sans intérêt...

                Quant à voter pour d’autres que d’anciens ministres (tous réacs...), c’est tout de même très restrictif... sauf à aller vers les grands extrêmes ou des groupuscules.

                Am.


              • (---.---.191.36) 28 décembre 2006 15:10

                « ... fibre écologiste et anti-libérale... »

                C’est quoi, la « fibre écologiste » ? Celle des ex-ministres Verts qu’on a déjà vus à l’oeuvre, et qui veulent faire de l’ « écologie » sans changer le système économique ? Au moins, Bové qui s’est malgré tout montré décevant, n’en est pas à ce degré d’opportunisme et de démagogie.

                L’auteur de l’article a raison de rappeler que des Verts, de même que Royal, ont été membres des gouvernements Jospin qui ont encouragé les poursuites pénales dont Bové a fait l’objet de la part du ministère public et du CIRAD, et qui ont fini par l’envoyer en prison.

                Non, ce n’est pas la « droite » qui a fait condamner Bové en 2001 à des peines de prison, et Bové a la mémoire bien courte quand il parle de l’hélico de Sarkozy.

                Quant à la question du libéralisme, je ne vois personne fournir une réfutation de l’argument, pourtant très simple, de l’auteur de l’article. Non, Raffarin, Madelin, Bush... ne sont pas des libéraux mais des commis de l’oligarchie financière qui n’est en rien « libérale ». Ce que dit l’article à ce sujet paraît évident.


              • (---.---.81.18) 28 décembre 2006 16:27

                les fibres ecologiques, c’est le coton et autres derivés de cellulose.


              • nisco (---.---.249.166) 28 décembre 2006 12:52

                La vérité, José il m’a déçu !

                Je le pensais plus fort que cela : juste bon à dire « tout sauf Sarko », c’est à dire même Ségo...

                C’est sur qu’un « alter »mondialisme comme cela n’est pas pas très « alternatif »...

                Merci FredSud37 pour ces comparaisons britaniques très à propos.

                Si j’ai bien compris, la politique aujourd’hui c’est de voir quel candidat sera le plus joli, présentable, beau parleur, etc. pour mener une politique libérale dictée par l’UE et l’OMC. Merci de nous donner un tel choix, c’est déjà énorme !

                Faut-il aller en amérique du sud pour avoir de réelles alternatives ? Et dire que l’Europe a été longtemps le guide en terme de nouvelles idées et de pensées humanistes. La roue a définitivement tournée...


                • CP (---.---.198.3) 28 décembre 2006 13:06

                  Mais ce qui est presque aussi grave, c’est la manière dont il emploie le mot « libéral ». De quelqu’un avec son expérience politique, on aurait pu s’attendre à un degré de réflexion plus poussé. L’article souligne ce point à juste titre.


                • maxim maxim 28 décembre 2006 13:18

                  en supposant que madame Royal accede à la fonction supreme,et qu’elle se serve des voix des antilibéraux,elle deviendra leur otage,et sera obligée de leur confier des portefeuilles pour la constitution de son gouvernement...

                  on reverra les memes dans les ministères où ils ont déja brillés par leur incompétence......

                  et puis vous voyez un Bové,un Besançenot où on ne sait quel autre au gouvernement ??

                  ça promet d’etre la cour du roi Pétaud.....

                  mais nous en France on est habitués...

                  ça fera les beaux jours des Guignols et de nos chansonniers.


                  • (---.---.155.224) 28 décembre 2006 13:23

                    On a déjà vu ça avec Jospin : tout le monde a voté « contre Chirac ». Ensuite, ce sont toujours les mêmes qui ont pris les véritables décisions politiques.

                    A « gauche », ils ne sont ni plus, ni moins guignols que la « droite » : ils font pareil et appliquent la même politique à quelques apparences près.

                    C’est l’ensemble qu’il faut virer, et le « centre » avec...


                  • maxim maxim 28 décembre 2006 13:58

                    absolument...

                    y compris la droite....

                    je n’oublie personne......

                    comment pourrait on oublier tous ceux qui nous promettent que ça ira mieux après ,et qu’ils ont la solution à tous nos problèmes.....

                    notre question,pourquoi ne l’avez vous pas appliquée avant ????

                    eh oui pour la droite et la gauche,le centre,tout le monde.....


                  • Helios (---.---.134.126) 28 décembre 2006 18:01

                    Dans ce cas il faut être cohérent avec soi-même, un minimum.

                    Il faut donc voter pour quelqu’un qui n’a jamis eu l’occasion d’appliquer ce qu’il preconise, quelqu’un qui a toujours été ecarté, mais dont les « bonnes questions » n’ont jamais pu être mise en oeuvre grace a ses « mauvaises réponses »

                    .... et si c’était justement les « bonnes réponses » ?

                    vous savez, en suivant ce raisonnement, pour qui il faut voter en avril/mai prochain.


                  • maxim maxim 28 décembre 2006 18:12

                    je crois deviner à qui vous faites allusion....

                    en géneral,je mets un bulletin nul, mais parfois, je réagis....

                    j’ai choisi mon option.......


                  • Xavier DUMOULIN (---.---.222.244) 28 décembre 2006 13:30

                    On peut toujours prendre en défaut d’incohérence ou d’imprécision José Bové. Mais on doit lui donner acte de la clarté de son message sur la nécessité de faire front pour empécher l’élection de monsieur Sarkozy. Les anti-libéraux n’ont pas su conduire avec sérénité le débat sur l’alternative politique en évitant des postures simplistes sur les questions qui fâchent. Il en est ainsi de l’énergie nucléaire, qui, n’en déplaise au courant écologique, reste la plus pertinente contre l’effet de serre. En matière de sûreté peut-on faire l’économie d’une réflexion d’ensemble sur la conjugaison des efforts de prévention avec une répression adaptée au type de délinquance. Et que dire de la politique carcérale ? Sur l’Europe, peut-on se contenter de dénoncer la vision libérale d’une concurrence libre et non faussée sans réfléchir aux conditions d’une relance des coopérations entre Etats ? La liste serait longue des questions utiles à tout projet alternatif. Pour ce qui concerne le « Buffet Royal » il serait temps de se mettre en bouche pour ne pas désespérer tous ceux qui attendent des réponses crédibles en conservant cette posture radicale qui rimait jadis avec une vision républicaine et socialiste.


                    • CP (---.---.191.36) 28 décembre 2006 15:22

                      « On peut toujours prendre en défaut d’incohérence ou d’imprécision José Bové. Mais on doit lui donner acte de la clarté de son message sur la nécessité de faire front pour empécher l’élection de monsieur Sarkozy... »

                      Justement, cette partie du « message » de José Bové relève de la pire démagogie, et c’est vraiment triste.

                      Car il va jusqu’à se taire sur les auteurs réels des poursuites qui l’ont fait condamner, lui-même, à des peines de prison ferme en 2001 : le parquet et un organisme de recherche public, le tout sous un gouvernement de « gauche plurielle » dont faisait partie Ségolène Royal et où participaient « communistes » (dont Buffet) et « verts » (dont Voynet).

                      Le buffet royal était donc aux premières loges quand des militants, dont Bové, ont subi ces poursuites pénales.

                      En quoi Royal, qui était chargée de mission de Mitterrand au moment de l’attentat contre le Rainbow Warrior et qui, après ce « petit incident », est restée collée à Mitterrand dont on connaît à présent le rôle dans l’attentat, serait-elle « moins pire » que Sarko ?

                      Et qui a amené à l’Elysée l’ancien de Vichy, défenseur de Pétain et ministre pendant la guerre d’Algérie qu’avait été François Mitterrand ? C’est bien le Parti Socialiste. Alors, en quoi ce parti serait-il « moins pire » ?


                    • (---.---.81.18) 28 décembre 2006 16:36

                      Vous dites que Jose Bove a ete condamne par la justice en 2001, alors qu’a l’epoque la gauche plurielle etait au pouvoir.

                      Je ne vois pas le rapport. La justice n’est donc pas independante dans notre pays ??? Le gouvernement peut decider de qui sera condamne et qui sera acquité ????

                      Cet argument est idiot et biaisé.

                      Quand aux autres :
                      - Segolene Royal etait chargee de mission lors de l’affaire du Rainbow Warrior. Mais encore ? A t elle une once de responsabilite dans cette histoire ? Annoncer implicitement que Mitterand l’a consulte dans cette histoire, et que l’ensemble du gouvernement est responsable du sabotage, c’est un peu gros.

                      - Mitterand etait une ordure ? Cela reste a demontrer, autrement que par des raccourcis simplistes remontant a Vichy. Le bilan de Mitterand est loin d’etre catastrophique. Et ca n’a aucun rapport avec Jose Bove et S. Royal.


                    • RK (---.---.107.110) 28 décembre 2006 17:00

                      « Segolene Royal etait chargee de mission lors de l’affaire du Rainbow Warrior. Mais encore ? A t elle une once de responsabilite dans cette histoire ? Annoncer implicitement que Mitterand l’a consulte dans cette histoire, et que l’ensemble du gouvernement est responsable du sabotage, c’est un peu gros. »

                      Ségolène Royal est restée avec Mitterrand, et bien collée à lui, après l’affaire du Rainbow Warrior. C’est indéniable et admis de tous.

                      Ils avaient d’ailleurs des réunions périodiques, même Julien Dray en a parlé à la télé. Si Royal n’avait pas été d’accord avec Mimi sur une question aussi grave, elle n’aurait pas pu rester à l’Elysée.

                      Le reste, c’est du baratin. Encore cette année, elle a revendiqué haut et fort la « lignée mitterrandienne ».


                    • RK (---.---.107.110) 28 décembre 2006 17:06

                      « Mitterand etait une ordure ? Cela reste a demontrer, autrement que par des raccourcis simplistes remontant a Vichy. »

                      Adjectifs à part, lisez : « La main droite de Dieu », Seuil 1994, publié en vie de Mitterrand et jamais attaqué en diffamation.

                      A la Libération, Mitterrand a même été embauché par l’ex-éminence grise et financeur de la Cagoule Eugène Schueller, qui lui a même accordé un budget pour ses activités politiques.

                      Ensuite, il a été le seul homme politique français à défendre pûbliquement le Maréchal en plein procès, etc...

                      Voir, par exemple, un autre article du même auteur :

                      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12532

                      Quant au bilan de Mitterrand, c’est un bilan de casse sociale. Désolé.


                    • Bug (---.---.97.19) 29 décembre 2006 08:38

                      « La justice n’est donc pas independante dans notre pays ? ? ? »

                      En l’occurrence, il s’agit de poursuites déclenchées :

                      a) Par le parquet, qui n’a jamais été indépendant, quoi qu’on en dise. Lire à ce sujet un autre article du même auteur : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13393 , à propos notamment des nominations au sommet de la justice.

                      b) Par un organisme de recherche public, le CIRAD, voir sur son site : http://www.cirad.fr/fr/dossier/ogm/documents/jugemt2.pdf .


                    • Anonyme (---.---.41.172) 28 décembre 2006 14:18

                      Je suis surpris de la surprise de certains.

                      Bové et le PC ont toujours dit que leur priorité était de « battre la droite », ce qui supposait implicitement l’alliance avec le PS (cf. par exemple l’émission de Ockrent avec Bové). Leur boulot est de ramener les brebis égarées (abstentionnistes de gauche, votants du non au référendum, votants d’extrême gauche) au bercail socialist en en espérant bien être payés en retour. Parions que tout ce monde-là se retrouvera ministres de Royal.

                      Buffet, ancienne ministre de Jospin. Autain, membre du PC et adjointe de Delanoe. Franchement, qu’attendre de ces gens là ? Ils sont du bon côté du manche. Regardez Melenchon !

                      À la soupe !!!!!


                      • (---.---.152.141) 28 décembre 2006 15:40

                        « Bové et le PC ont toujours dit que leur priorité était de »battre la droite« ... »

                        Chez Bové, il s’agissait à l’époque de sa propre candidature ou de celle d’un autre « antilibéral ». Lorsqu’il commence à ménager ouvertement Royal par rapport à Sarko, ça change.

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