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Accueil du site > Actualités > Politique > Gauche, droite : même combat... ?

Gauche, droite : même combat... ?

A moins d’un an du scrutin présidentiel, deux retours politiques secouent l’UMP et le PS. Comment seront-ils gérés ?

Attention, faites place, le messie arrive à Bordeaux et va reconquérir son poste de maire, en claquant des doigts. Retour en arrière sur le feuilleton Juppé/Bordeaux, l’amour je-t’aime-toi-aussi...

Alain Juppé et Bordeaux, c’est une love story. Un amour des citoyens pour un maire qu’ils estiment plus que tout. Il est des places où le phénomène est identique, Nantes avec Jean-Marc Ayrault dans l’Ouest, par exemple. "Alain Juppé est un homme qui a tant fait pour Bordeaux, pour sa grandeur, il est légitime qu’il revienne à son poste", confie une habitante de la cité girondine.

Après avoir pris la succession de Jacques Chaban-Delmas, Juppé a mené son navire bordelais, tout en exerçant les fonctions de premier ministre. Mais sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs du RPR à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité l’a conduit au Québec. Aujourd’hui, c’est le come back. Hugues Martin, son successeur à la Mairie, a déjà confirmé le retour de l’exilé québéquois, et une démission collective est envisagée, afin de procéder à des élections anticipées.

Alain Juppé va-t-il retrouver son jouet ? C’est la question du moment. C’est, en une semaine, le deuxième retour politique amorcé, avec celui de Lionel Jospin. Le cas Jospin conduit lui aussi à une réflexion, mais il ne concerne pas un condamné par la Justice. Mais mettons de côté cette condamnation. Alain Juppé est décrit dans les médias comme le futur maire de Bordeaux, l’élection, car il y aura élection, semble oubliée par les journalistes. Une grande gifle pour la démocratie, la voix du peuple semble balayée. Les décisions se prennent au dessus de la masse, si Alain Juppé veut, Alain Juppé aura...

Les opposants sont nombreux à Bordeaux comme ailleurs, les soutiens (politiques) mais aussi les pressions commencent en coulisse. Mais en faisant un tour sur le blog d’Alain Juppé, en recherchant le mot clef "Bordeaux", on s’aperçoit que la dernière entrée date de septembre 2004. Une ellipse de deux ans, pas une fois le terme Bordeaux n’a été employé, ce qui ajoute au côté brutal de ce retour.

Aux Bordelais de décider du sort de l’ancien Premier ministre, le "meilleur d’entre nous"...

Pour Lionel Jospin, le cas est différent, mais tout aussi complexe. Voir revenir un revenant, voilà le terme. Partir et puis mourir, telle aurait dû être la devise de l’ancien meneur du PS au sortir de la défaire de 2002. Son retour sur le devant de la scène politique remue le couteau dans la plaie ouverte du PS. Comment un parti peut-il tourner la page d’une si lourde défaite en ne se reconstruisant pas, et pire, en laissant l’homme du passé réapparaître ?

Les récentes adhésions en masse au PS, facilitées par le prix réduit (20 €) ont certes renforcé le premier parti de gauche (qui veut rivaliser avec les 200 000 membres affichés de l’UMP), mais elles ont aussi fragilisé le débat interne. Rajeuni et féminisé, le PS doit composer avec des membres qui ne connaissent pas tous l’histoire du parti, qui en sont souvent aussi à leur première adhésion à un parti.

Favoriser Royal ? Longtemps, cette campagne d’adhésion a été associée à un racolage pour pousser Ségolène Royal à la présidence. En tout cas, dans les rangs, le nom de Lionel Jospin n’est pas le plus cité par les nouveaux arrivants, qui veulent un changement.

A droite comme à gauche, les deux principaux partis politiques français devront faire face, dans les semaines qui viennent, à un retour dans leurs rangs de figures du passé. Seront-elles acceptées (à Bordeaux par les électeurs, au PS par les militants) ? A bien y regarder, l’issue de l’élection présidentielle en dépend peut-être déjà.


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8 réactions à cet article    


  • simplet simplet 31 août 2006 12:24

    sur le principe j’ai eu la même analyse que vous à propos du retour de l’enfant quebecquois prodigue... on se fout totalement de l’opposition à bordeaux et j’espère que les gens vont faire barrage à son retour non pas par rapport à ses performances de maire ( qui seraient bonnes apparement.. ) mais pour dire non au retour facile en politique pour quelqu’un qui a été reconnu coupable aux yeux de la justice française...qui s’est expatrié le temps que le vent tombe et qui ramène sa bobine limite antipatique dans l’hexagone..

    après, au vue de ce que nous propose l’UMP pour le moment ( sarko ou galouzeau ) juppé me parraît plus... aboutit comme bonhomme magré tout... en même temps j m’en secoue de l’UMP donc le pb ne se pose pas pour moi...

    pour ce qui est de Jospin, je le respectai pour sa décision de se barrer et de la tenir ( la décision... ) et la tout doucement il repointe sa fraise...bon après tout why not, il n’est pas pire que Hollande ou DSK... et comme je l’ai écrit hier dans un autre post, je préfererai me trouver avec un juppé/jospin au deuxième tour qu’un Royal/Sarko qui me fait plus penser à une chronique voici..


    • FREDERIC (---.---.80.61) 31 août 2006 13:26

      Les français commencent à retirer leurs lunettes en bois pour s’apercevoir que « Droite ou gauche caviar » c’est le même combat : le principe est toujours globalement le même qui est de faire payer les classes moyennes pour subvenir les plus défavorisés. L’impôt sur les grandes fortunes n’est qu’une taxe démago qui coûte très cher au pays par la fuite des capitaux à l’étranger qu’elle entraîne. La gauche caviar est simplement favorable à la continuation de l’immigration incontrôlée dans un but purement électorale.


      • Daniel Milan (---.---.2.58) 31 août 2006 13:40

        De toute façon, les politiques de « droite » comme de « gauche », roulent tous pour le CRIF !


        • Rage Rage 31 août 2006 15:06

          Tout pareil que les 3 commentaires.

          Juste un seul espoir : Que les Bordelais montrent qu’ils ne sont pas tous « cons » au point de filer un marche pied de retour à un repris de justice qui aurait dû aller en taule et avoir 10 ans d’inéligibilité.

          Le meilleur d’entre eux qu’ils disaient... c’est que ça ne doit pas voler haut que de dire cela sur un gars condamné par la justice française... (dont on sait tous qu’elle roule pour le gouvernement en place).

          Pour le retour de Jospin : Quand on dit une chose, on s’y tient. Alors retour ou pas, sans programme de fond, ce qu’attende les citoyens ce sont des choix, des actes, des directions. Au moins lui n’est pas allé en taule en conserve un semblant de respectabilité... vis à vis des « enclumes-éléphants » du PS.


          • Geoffroy Barre Geoffroy Barre 31 août 2006 15:23

            D’accord avec vous quatre. En écrivant cet article ce que je voulais faire passer (je ne suis pas seul à le ressentir) c’est l’attitude autaine d’un Juppé (encore plus qu’un Jospin) qui croit acquis une municipalité comme un gateau d’anniversaire.

            ne jamais rien tenir pour acquis ! Concernant le cas jospin, les sondages parus aujourd’hui, qui indiquent que la cote des têtes du PS baisse, sauf celle de Jospin m’inquiète. La plus grande erreur du PS serait de permettre le retour de l’homme du passé ...


          • caramico (---.---.227.236) 31 août 2006 17:03

            petit distingo entre un qui n’est pas parti de son plein gré et qui reviens sans demander l’avis de personne et un qui a dit : je m’en vais, et qui maintemant demande l’autorisation de revenir.

            Qui à votre avis a le plus de chance de revenir sur la scène politique ?


            • Philippe Kosman (---.---.160.199) 1er septembre 2006 04:30

              vous êtes de tout petits du commentaire ploitique et votre ignorance crasse de l’histoire vous amène à être encore plus petiots ! Puisque qu’il semble que votre superbe défaillance de mémoire vous amène à aimer fouiller dans les poubelles vous devriez demander à des « collegues » plus professionnels ce que leur dit le nom de Xavier EMANUELLI Cet élu du PS, à son retour de peine pour « tripatouillages financiers au PS en qualité de trésorier du parti ( SEOO ) » a fait je crois démissionner pas mal de ses copains pour retrouver toutes ses places d’Elu de la Nation perdues par justice et sa condamanation bien plus lourde que celle de Juppe !

              Votre « Une grande gifle pour la démocratie, la voix du peuple semble balayée. Les décisions se prennent au dessus de la masse, si Alain Juppé veut, Alain Juppé aura... » est un tout petit un minable écrit par des minables qui ne semblent avoir que la haine pour exister . Vous êtes des dignes enfants de la stupidité qui ne peuvent exister que grace à la tolérance du plus grand nombre à l’égard de la sottise !


              • Geoffroy Barre Geoffroy Barre 1er septembre 2006 10:10

                Quelle réaction !! Je tape sur Juppé mais je peux aussi taper sur Emanuelli. La question ici n’est pas la gauche c’est bien et la droite c’est mal. L’idée de cet article est de faire un parallèle entr deux hommes politiques qui dans chaque camps, appraissent pour certains comme le messie, le fils prodigue de retour au bercaille.

                Ce que je dénonce, c’est le retour déjà programmé, calculé, alors qu’il s’agit d’une élection. Je persiste en disant que c’est une négation des principes de la démocratie. Relayer au second range le vote, tenir pour acqui un trone... mais ce constat aurait été le même pour un élu PS. Ce n’est pas le clivage gauche droite ici en question, ce sont les principes même qu’il faut « défendre »

                Quant à « Vous êtes des dignes enfants de la stupidité qui ne peuvent exister que grace à la tolérance du plus grand nombre à l’égard de la sottise ! », no comment !

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