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Accueil du site > Actualités > Politique > « Gens ordinaires de gauche et de droite, unissez-vous » : le « populisme » (...)

« Gens ordinaires de gauche et de droite, unissez-vous » : le « populisme » de J.-C. Michéa

Ce que Jean-Claude Michéa n'aime pas, avec le clivage « gauche »/« droite » d'aujourd'hui, c'est qu'au lieu d'unir la plupart des victimes du système dans un même camp, qui voudrait que le système devienne plus juste, et serait opposé à ceux qui en profitent exagérément, ce clivage oppose les victimes les unes aux autres, dans deux camps.

 Le camp de « la gauche » serait à la fois, prétendument celui qui défend les intérêts des victimes du système et voudrait qu'il devienne plus juste, tout en réunissant ceux qui adhèrent à une certaine idéologie « progressiste ». Et le camp de « la droite » serait à la fois celui qui défend les intérêts de ceux qui profitent exagérément du système et veulent qu'il reste aussi injuste, tout en réunissant ceux qui adhèrent à une certaine idéologie « conservatrice », voire « réactionnaire ». C'est à une critique de ce clivage tel qu'il existe aujourd'hui, que Michéa a consacré son dernier essai, Le complexe d'Orphée – La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès, qu'il a présenté dans une récente interview.

 Le problème avec ce clivage, ce serait d'une part, qu'il est tout à fait possible de faire partie des victimes du système, et d'aspirer à ce qu'il devienne plus juste, tout en étant profondément heurté dans sa sensibilité par l'idéologie « progressiste », et sans pour autant avoir une opinion stupide ou immorale. Michéa apprend à son lecteur que c'est déjà ce que constatait George Orwell, qui écrivait en 1937, dans Le quai de Wigan : « Ce qui me frappe, c'est que le socialisme perd du terrain là précisément où il devrait en gagner. Avec tous les atouts dont elle dispose – car tout ventre vide est un argument en sa faveur – l'idée du socialisme est moins largement acceptée qu'il y a une dizaine d'années. L'individu normalement doué de raison ne se contente plus de ne pas être socialiste, il est aujourd'hui activement opposé à cette doctrine. Et cela tient sans doute, avant tout, à des méthodes de propagande aberrantes. Cela signifie que le socialisme, tel qu'on nous le présente aujourd'hui, comporte en lui quelque chose d'intrinsèquement déplaisant, quelque chose qui détourne de lui ceux qui devraient s'unir pour assurer son avènement. »

 D'autre part, il est tout à fait possible d'adhérer à une idéologie basée sur une certaine apologie du « progrès », tout en souhaitant que perdure tout ce qui fait aujourd'hui objectivement que le système est injuste et oppressant : Libération et Le Monde, Le nouvel observateur et L'express, les courants dominants du PS, Europe-Écologie et le Modem, les thinck tanks Terra Nova et FondaPol, l'OMC, le FMI et l'Union Européenne, et le MEDEF depuis qu'il est représenté par Laurence Parisot, en seraient les illustrations (aux yeux seulement des « populistes » ?).

 Le camp de « la gauche » attirerait à lui beaucoup de victimes du système, mais selon Michéa, il serait dominé par des gens qui veulent que perdure tout ce qui fait que le système est aujourd'hui injuste et oppressant. Le camp de « la droite » serait quant à lui dominé par des gens qui adhèrent souvent aussi à une certaine idéologie du « progrès », ou bien à une idéologie d'extrême droite, et qui veulent aussi que perdurent les fondements structurels de l'injustice et de l'oppression, mais qui auraient l'habileté d'attirer à eux beaucoup d'autres victimes du système, attachées à des valeurs « traditionnelles » ou « conservatrices », et donc repoussées par l'idéologie « progressiste » de « la gauche ». Ainsi la vie politique opposant les leaders de « la gauche » et de « la droite » serait une sinistre comédie par laquelle les victimes du système seraient dépossédées de la parole, opposées les unes aux autres et dépossédées de la possibilité de se réconcilier à leur manière, et dépossédées du pouvoir de rendre le système plus juste.

 Pour débloquer la situation, Michéa avance le concept « d'anarchist tory ». En plaisantant, mais avec un certain fond de vérité selon Michéa, Orwell avait qualifié sa propre sensibilité politique par cette expression, qu'on pourrait traduire dans notre époque et notre langue par « socialiste conservateur ». Il faudrait donc selon Michéa, que les socialistes admettent qu'on peut très bien vouloir que le système devienne plus juste, et n'être ni un imbécile ni un être irrespectueux des autres, tout en ayant une certaine sensibilité « conservatrice », un certain attachement à des « valeurs traditionnelles », une certaine hostilité à ce qui est souvent présenté comme un « progrès » « inéluctable ». Le débouché concret d'une telle « évolution des mentalités » socialistes, serait surement, même si Michéa ne le dit pas, que « la gauche » décide de se définir exclusivement comme le camp qui veut rendre le système plus juste, mais qui tolère en son sein à la fois des sensibilités « progressistes » et « conservatrices », en ayant finalement une position synthétique de ces deux sensibilités, les faisant se compléter plutôt que s'opposer.

 Pour convaincre les socialistes d'être moins « rigidement » intolérants vis à vis des sensibilités « conservatrices », Michéa mobilise dans son essai beaucoup d'érudition et d'intéressantes réflexions, ainsi donc que quelques concepts originaux. Il revient sur le passé, pour expliquer comment le « mouvement ouvrier », « socialiste », et la bourgeoisie « progressiste » ont longtemps été deux forces séparées, et comment elles ont fusionné au moment de l'affaire Dreyfus, autour de 1900. A travers de nombreuses citations, il montre que de nombreux penseurs « socialistes » n'étaient pas dépourvus d'un certain « conservatisme », à commencer par le jeune Marx, ou bien avaient une attitude tolérante vis à vis d'une telle sensibilité, car elle a toujours été répandue chez les « gens ordinaires » dont ils se voulaient les représentants. Il interroge les liens entre « capitalisme », « progrès », « changement », « conservation », « socialisme », « gauche », « droite », « valeurs traditionnelles », « sentiment d'injustice », etc... Il avance aussi le concept de « common decency », à nouveau issu des écrits d'Orwell : le sens moral des « gens ordinaires », qui pourrait à la fois être la source d'un sentiment « d'injustice » et donc d'une adhésion au « socialisme », tout en pouvant aussi être la source d'une adhésion à des « valeurs traditionnelles ». Pour Michéa, la « common decency » d'Orwell serait assimilable à « l'esprit du don » dont parlent l'anthropologue Marcel Mauss et les sociologues « anti-utilitaristes » : la « triple obligation de donner, recevoir et rendre » qui serait au fondement de la moralité humaine à travers les cultures et les époques. Il cite aussi de nombreux livres pour prolonger la réflexion dans un sens ou dans l'autre.

 L'essai de Michéa apporte donc une première structuration, pour une réflexion sur l'évolution souhaitable des clivages politiques dans notre pays. Il est quand même très loin d'épuiser son sujet.

 D'abord, le schéma de pensée qu'il propose gagnerait à être généralisé. Le problème de « la gauche » d'aujourd'hui n'est peut être pas simplement d'adhérer de manière « rigide » à une certaine idéologie « progressiste ». Plus généralement, on pourrait peut-être dire que sa manière de penser est trop souvent de se demander comment il serait bon que soient les choses, en se fondant uniquement sur des principes hors-sol, et en oubliant de se demander comment les choses sont possibles concrètement « ici bas ». Si bien qu'elle en viendrait souvent à vouloir au nom de tel ou tel principe hors sol, interdire aux choses d'être de la seule manière dont elles peuvent être concrètement. Ce qui revient finalement à leur interdire d'être. Autrement dit, dans sa conception des idéaux, « la gauche » d'aujourd'hui oublierait trop souvent de tenir compte du monde réel et des gens qui le peuplent, ce qui la conduirait dans une attitude autiste, morbide, culpabilisatrice et intolérante.

 Non pas seulement refuser que les gens puissent avoir un certain « conservatisme », ou qu'il arrive parfois que les choses aient vraiment « été mieux avant », mais refuser aussi de tenir compte de la complexité morale et de la cruauté de la situation dans laquelle les hommes ont été placés initialement, et dont ils ne se sont pas encore totalement dégagés. Refuser aux hommes le droit de vouloir préserver leur vie et leur bien être, même quand il leur faut pour cela choisir de mettre des limites à leur altruisme. Refuser que « le Bien » soit une chose qui se construit mais qui n'est pas donnée initialement, refuser donc que les hommes puissent, même quand ils aspirent « au Bien », avoir besoin « qu'on ne les bouscule pas trop », qu'on leur « laisse le temps » d'établir des liens de confiance avec ceux qui les entourent, de dépasser leurs préjugés et leurs peurs, et qu'on leur laisse donc le droit d'avoir au départ, de la méfiance, des préjugés ou des peurs. Refuser aussi parfois, comme un enfant capricieux, que les hommes n'aient pas envie de jouer à l'un ou l'autre de ses jeux de démiurge (comme le personnage du grand dictateur jouant avec un globe terrestre, dans le film de Chaplin), parce qu'ils ne voient pas quel bonheur cela pourrait leur apporter. Refuser peut-être encore certaines lois auxquelles obéit l'affectivité humaine, et transformer par ignorance le monde en un désert affectif, comme un enfant encore qui casse le jouet avec lequel il joue de manière trop imprudente...

 Le « tempérament de l'homme ordinaire » ne consisterait donc pas seulement en la « common decency », prenant des formes particulières et arbitraires dans une culture particulière. Ce « tempérament ordinaire » consisterait aussi en une aspiration à préserver sa vie et son bien être, en une conscience des limites de son altruisme dans certaines situations réelles cruelles dans lesquelles on peut être placé, en une certaine tolérance envers sa propre imperfection et faiblesse, et en une certaine conscience de cette imperfection et faiblesse. Et peut-être arrive-t-il aussi parfois à « l'homme ordinaire » d'avoir seulement une aspiration à un bonheur simple, plutôt que des aspirations à la puissance, à la gloire, ou à d'autres choses romantiques.

 Un autre prolongement possible à l'essai de Michéa, serait de se demander de quelle manière précise il peut nous conduire à discuter des problèmes concrets sur lesquels s'opposent « la gauche » d'aujourd'hui et les « gens ordinaires » qui votent « à droite » : immigration, héritage culturel de la France, culture nationale, sécurité, autorité, patriotisme, mondialisation économique, etc... Quelles positions concrètes sur ces sujets peuvent faire la synthèse des sensibilités « progressistes » et « conservatrices », sans pour autant tourner le dos à des valeurs importantes, comme le demande un peu finalement, le président de Terra Nova Olivier Ferrand ? Quelles seraient les justifications précises de ces positions ? Ecrire en quelque sorte, une sorte de « bréviaire » du socialiste un tantinet soit peu conservateur, qui puisse lui servir d'arme pour défendre sa volonté face à celle des autres dans les débats démocratiques. En discutant les questions sans forcément leur donner une unique réponse, de manière à ne pas transformer les nouveaux « révérends » de ce socialisme teinté de conservatisme, en une armée de perroquets, chose qui déplairait sûrement à Monsieur Michéa, le prof de philo en lycée.

 Au fait, quelle note mérite-t-il pour cet essai ? Allez, 13/20, de bonnes intuitions mais auraient mérité d'être plus approfondies.

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Jean-Claude Michéa sur France Culture le 6 octobre 2011


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27 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 11 octobre 2011 14:06

    je ne connais pas Michéa..
    Mais j’ai une certitude : les « dirigeants » de nos grands partis qui s’opposent sont les mêmes : familles bourgeoises aisées, études d’abord dans le privé puis sciences po et ENA ;

    POURQUOI certains sont ils gauche (ou a droite) ?
    Pas par conviction !
    Peut être par tirage au sort ???




    • c est deja FAIT AVEC L UMPS...

      LE FN REJOINDRA LA DROITE POPULISTE.......EN 2012...


    • Aldous Aldous 11 octobre 2011 15:51

      Bonne question que je me pose aussi souvent.

      Je verrais bien un système par classement à la fin de l’ENA : les premier tiers de la promo a le droit d’aller à l’UMP, le second va au PS, les derniers vont dans l’administration...

      Parce que du point de vue des convictions... hein... bon.

      Y’a peut être aussi une épreuve « Appréciez-vous les gens du peuple ? » organisé dans un hôtel avec une bonne de couleur...


    • EricB 16 octobre 2011 12:38

      Non, c’est la Droite Populiste qui rejoindra le FN en 2012.


    • Robert GIL ROBERT GIL 11 octobre 2011 14:11

      La stratégie des théories néolibérales consiste à créer des crises et endetter les pays, en distribuant l’argent publique aux banques, aux grandes fortunes et aux entreprises. Ensuite, il suffit de déclarer « que les caisses sont vides » pour les hôpitaux, l’éducation ou les retraites, et que le seul moyen c’est de privatiser « pour une bouchée de pain » ce qui ne l’est pas encore. De nouveaux milliards pour le capital et les marchés financiers, la misère pour les salariés, leurs familles et leurs enfants !!! Voir :

      http://2ccr.unblog.fr/2011/10/07/un-travail-decent-pour-tous-partout/


      • Aldous Aldous 11 octobre 2011 15:53

        Entièrement d’accord avec vous Gil, les gens commencent à comprendre que c’est une stratégie délibérée.

        Cependant il ne faut pas imaginer que le but final soit d’instaurer le libéralisme.

        Mussolini menait aussi une politque libérale avant d’instaurer un régime autocratique.


      • BHL=MST 11 octobre 2011 14:36

        13/20. ... ? Rappelez-nous qui vous êtes ? Ah oui, personne. Tocard. 


        • samuel_ 11 octobre 2011 17:01


           Je ne fais qu’assouvir un vieux fantasme...


        • Marsial 11 octobre 2011 15:12

          Pas grand chose de neuf dans tout ça.
          Marx avait bien vu la dimension révolutionnaire du capitalisme marchand initié et soutenu par la bourgeoisie. En s’ y opposant, il était de facto un contre-révolutionnaire, ou un « socialiste conservateur ».
          La bourgeoisie est quant à elle progressiste, dans le sens où les transformations qu’ elle imprime sur la société et sur l’ individu lui permettent d’ étendre son pouvoir ( ce qu’ elle considère comme un progrès ).
          C’ est pourquoi j’ ai tendance à penser que la bourgeoisie de gauche actuelle, qui est une bourgeoisie qui s’ assume pleinement ( décomplexée ?), est beaucoup plus sincère que la bourgeoisie de droite, qui est encore plus ou moins contrainte d’ afficher un masque de conservatisme qui va à l’ encontre de son projet intrinsèquement révolutionnaire.

          Un mot sur l’ anglicisme « common decency » : pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom, et parler directement de « charité » ?
          Ca risquerait peut-être de faire trop conservateur et pas assez socialiste...


          • samuel_ 11 octobre 2011 16:56


            Selon Michea,

             « common decency » = « decence commune » = « sens commun de la decence » = « sens moral commun »


          • Marsial 11 octobre 2011 20:17

            Ce terme est une reprise d’ Orwell, non ?

            On peut le traduire très littéralement en « décence commune » ou « décence populaire » , mais je pense qu’ il entre en résonance avec le terme « common law », droit coutumier, jurisprudentiel, ce qui introduit une notion de temporalité qui renvoie au conservatisme qu’ évoque Michéa par ailleurs, et par là à la notion de charité qui prévalait dans la population avant l’ émergence du capitalisme marchand, dont la seule loi est l’ abolition de toutes les lois antérieures, et dont le code moral se résume par la formule « greed is good » du néo-libéralisme reaganien.

            Au fond, je crois que tous les anti-capitalistes, Marx y compris, sont des chrétiens réactionnaires et contre-révolutionnaires qui s’ ignorent. J’ ai toujours considéré Marx comme un Saint François d’ Assise embourgeoisé et bien moins radical ( les « damnés de la terre » ne sont-ils pas les « plus petits d entre nous » ? ), qui rêvait à une Cité de Dieu sans Dieu - avec tous les problèmes théoriques et pratiques que cela implique.

            Quant à Michéa, je le vois bien épouser une trajectoire à la Huysmans : après avoir assisté avec dégoût aux messes noires du socialisme dévoyé, je l’ imagine, dans un accès de lucidité sur lui-même, se retirer dans quelque monastère bénédictin.


          • samuel_ 11 octobre 2011 20:30


             En tout cas ce n’est pas ce que raconte Michéa...
             
             Je n’ai pas la culture pour juger de la vérité de ce que vous dites, mais il me semble que si « common decency » avait voulu dire « charité » (chretienne) avant « sens moral des gens ordinaires », Michea l’aurait signalé...


          • monsieur hamstérinou 12 octobre 2011 10:39

            @Marshial : Pour aller plus loin sur votre commentaire, je pense que l’équivalent français le plus proche de la « common decency » d’Orwell, c’est le « bon sens » de Bernanos, qui lui pour le coup est imprégné de charité chrétienne.

            Il ne s’agit évidemment pas tout à fait des mêmes concepts, mais les peuples étant différents, il est normal que les fonds éthiques, moraux, etc diffèrent également.


          • info-bourse.net 11 octobre 2011 18:17

            MES, le nouveau dictateur européen

            http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=rFTbIGahzhU#t=22s

            C’EST GRAVE FAITES CIRCULER


                • lloreen 11 octobre 2011 19:40

                  infor-bourse.net
                  Oui, c’est exactement pour cette raison et l’arnaque du système de l’argent-dette que nous devons imposer la fin de cette escroquerie « légalisée » par la loi de 1973 (Pompidou-Giscard).
                  Et tous les autres, de quelque courant que ce soit, qui ne la remettent pas en cause, car elle sert leurs instincts vils et cupides de pouvoir sur les autres.

                  Ne donnez votre pouvoir à personne d’autre !!Gardez-le pour vous.
                  Chacun doit être souverain , disposer se son libre-arbitre.Nous sommes des êtres humains, et c’est notre droit le plus strict.
                  Que ceux qui ne l’ont pas bien compris s’apprêtent à recevoir quelques leçons concernant la liberté.
                  Pas la leur de nous asservir, mais la nôtre d’être libres et égaux.


                  • vasionensis 11 octobre 2011 19:43
                    « Gens ordinaires de gauche et de droite, unissez-vous »
                     Riche idée ! Mais cela ne fait évidemment pas l’affaire de ceux qui tiennent les rênes.Pour cela :

                    - terroriser l’électorat de droite. Il y a longtemps qu’il n’a plus peur des épigones de feu Staline. Plus rien à faire de ce côté-là.

                    - pétrifier l’électorat de gauche. Cela marche encore un peu :

                     1° le coup de la « bête immonde ». Permet aux acéphales destinataires de réciter« les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire », avec la voix caverneuse assortie. Même et surtout en sachant que Vichy a recruté autant, sinon plus, à gauche qu’à droite.
                     Il va de soi que le coup de la « bête immonde » marche aussi parfaitement avec la droite molle, qui préfèrerait subir in corpore les derniers outrages plutôt que de manquer une occasion de se démarquer des nationalistes.

                     2° le coup de la vie de château des Le Pen : Mélenchon l’a encore sorti lors de sa confrontation avec Marine Le Pen, en faisant remarquer que lui était venu en métro.
                     A l’issue de l’émission, il a interdit aux journalistes de le suivre (il a la coquetterie de la seconde classe, sans doute).

                    3° le plus bête, mais sans doute le plus efficace : le rassemblement autour de l’étiquette. C’est Camille Chautemps croisant ses maçonniques phalanges au-dessus de sa tête en pleine séance de la Chambre. C’eût été, n’en doutez pas, Strauss-Kahn l’ultra-libéral ratissant largement sous l’étiquette « de gauche », en face d’un FN ramené un peu tardivement, il est vrai, à une cohérence nationaliste - y compris sous l’aspect populaire - que JMLP avait malmenée au son des sirènes libérales.

                     Mais nos vaticinations ne changeront rien à ce que le peuple va vraiment faire dans les consultations à venir, et que nous ignorons d’autant plus que d’ici là la situation sociale risque de connaître des bouleversement inédits, sinon imprévus.


                    • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 11 octobre 2011 21:45

                      Bonsoir,

                      J’ai visionné sur le web l’entretien de Michea à France Culture. A faire circuler. J’ai acheté et lu le tiers de son bouquin. C’est lourd, besogneux, mais efficace : j’ai le sentiment qu’il peut contribuer à renverser la table.

                       


                      • Frabri 11 octobre 2011 22:03

                        Pour débloquer la situation il faut une vraie démocratie selon Étienne Chouard

                        http://www.youtube.com/watch?v=WeZh2Pl3wXw


                        • Piero 12 octobre 2011 00:28

                          Bonsoir,

                          En regardant un peu sur le net, j’ai découvert Mr Asselineau et son parti, qui se présente sans clivage droite/gauche malgré le fait que cet homme soit un ancien énarque, mais ses analyses sur l’Europe, la souveraineté de la France, ainsi que l’abrogation de la loi du 3 janvier 1973, sont vraiment intéressante à voir via ses conférences, c’est quand même courageux de sacrifier sa carrière politique pour faire ouvrir les yeux aux citoyens..... Enfin ill a un message qui me plaît pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais su se situer dans le paysage politique français.
                          Disons qu’il propose quelque chose de concret pour essayer de nous sortir de notre situation actuelle immédiate.


                          • Nanar M Nanar M 12 octobre 2011 08:26

                            Mort de rire : je flânais sur le net, j’ai vu de la lumière et j’ai découvert asselineau.
                            Et Piero, tu nous prend pour des cons ?


                          • Piero 12 octobre 2011 12:38

                            Nanar, si tu peux éclairer ma lanterne, je voudrais bien que tu précises ???
                            Ou et la connerie, j’ai jamais su qui voté à un 1er tour, et là je vois quelqu’un qui démontre l’abbération d’un système qui eux nous prennent réellement pour des cons........Et merci de me repondre après avoir pris des renseignements voir si c’est pas trop te demander regarder ses conférences........tu montreras peut être de l’objectivité, car oui en effet on ne vis pas dans le monde de Mickey.....


                            • lloreen 12 octobre 2011 13:51

                              Un moyen d’action pour le 20 novembre 2011

                              http://unricpouruneac.unblog.fr/

                              Il suffit de s’engager , d’ informer autour de soi et au moyen des réseaux sociaux, de se rassembler et de s’unir.
                              Pour imposer la fin du système inique de l’argent-dette, la fin des partis et des « représentants ».
                              Nous devons acquérir notre souveraineté citoyenne.
                              Sinon nous continuerons à être le « garde-manger » des partis et de leurs intérêts partisans.

                              Pour que l’oligarchie puisse garder le statu quo, ils ont besoin des partis et des élections, telles qu’elles sont conçues.
                              Le réel changement viendra des citoyens et il n’y a que le referendum d’initiative populaire qui puisse permettre l’expression des citoyens.
                              A condition que l’article 49-3 de la constitution soit abrogé, car c’est cet article qui a permis à Sarkozy (mais cela aurait été la même chose avec n’importe quel autre !) de s’asseoir sur le vote des français en 2005.53% des français se sont exprimés par le referendum contre l’adoption du traité de Lisbonne.
                              Comme ce résultat était contraire aux intérêts de l’oligarchie, qui tient les fils des marionnettes qui nous servent de « représentants » , Sarkozy a utilisé cet article 49-3 pour faire voter le parlement en dernier recours.
                              Résultat : nos « représentants » ont voté oui, contre la volonté de 53% de français...

                              Et chacun peut contribuer à changer les choses.C’est maintenant que cela se passe grâce à la mobilisation des citoyens dans le monde entier.

                              Aux Etats-Unis, en Allemagne, en France, tous continuent à se mobiliser et le mouvement s’amplifie de jour en jour.

                              Comme l’avait très exactement un trader trop bavard, c’ est Goldman Sachs qui dirige le monde.Ce sont ces gens, ceux qui les dirigent et les supportent, qui doivent dégager de là où ils sont.
                              C’est Goldman Sachs qui est à l’origine des problèmes de la Grèce, car ils ont maquillé les comptes pour permettre qu’elle remplisse les critères pour entrer dans l’union eurpéenne.
                              C’était la « tête chercheuse » du missile appelé « crise financière », envoyé par les banksters et l’oligarchie.

                               


                              • mahatma mahatma 17 octobre 2011 07:08

                                Qu’une réelle union s’établisse et tout le « système » se dissout,
                                et les montagnes de problèmes, de disfonctionnements et d’injustices qui vont avec ...

                                un article intéressant sur l’art de cultiver 2 opposés, qui parle de courants politiques américains mais ce qui est expliqué ici, est facilement transposable pour les partis principaux français.

                                « La politique, et cela n’engage que moi, n’existe et ne »s’épanouit« qu’au travers de la culture de la division et de la discorde. »
                                http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-art-de-la-division-et-de-la-102365




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