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Accueil du site > Actualités > Politique > Grand oral sans éclat ?

Grand oral sans éclat ?

François Hollande, jeudi, a-t-il vraiment été à la hauteur ? Président bricoleur ou président des mineurs ? Sa boite à outils est-elle à la mesure de la crise ? A droite, on flingue à vue, et même dans son camp, on attendait davantage de souffle.

Il aurait peut-être, finalement, dû suivre son instinct. François Hollande ne voulait pas, paraît-il, prendre la parole, jeudi soir. Son entourage l’aurait, toutefois, convaincu. Au vue des annonces qu’il a faites et des réactions, n’aurait-il pas mieux fait de s’abstenir ?

« C’est parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » disait grossièrement Michel Audiard en son temps, inspirant le titre d’une comédie légère de Jacques Besnard sorti en 1975, avec Bernard Blier. François Hollande le savait. Evidemment, donc, aurait-il dû s’écouter. Problème : si M. Hollande parle effectivement sans arrêt, que ce soit lors d’un voyage présidentiel en Inde ou d’une simple sortie à Dijon pour renforcer sa « proximité » avec la France « d’en bas », on ne l’entend pas. Or, lorsqu’un président parle, il se doit, non seulement d’être entendu, mais aussi compris. Il n’en reste pas moins que les critiques, à gauche comme à droite, sont très sévères. D’aucuns auront compris qu’un président bricoleur ne peut faire du de Gaulle. La raison est simple : François Hollande n’a pas de mains. Il n’y peut rien : il n’est plus (ou n’a jamais été) président. C’est Bruxelles qui préside à sa place. Alors que M. Sarkozy faisait semblant d’être président en jouant au « super premier ministre », M. Hollande, lui, refuse de jouer la comédie. Alors, évidemment, l’image envoyée aux Français est abondamment plus critiquable : c’est celle d’un président inactif. En somme, si M. Sarkozy compensait sa restriction gouvernementale par une hyperactivité médiatique, M. Hollande renforce cette privation de pouvoir par une mollesse nettement affichée qui gêne plus d’un Français.

« Quand je me suis présenté à l’élection présidentielle, je connaissais la situation du pays : je savais la crise qui frappait l’Europe ; je savais que depuis cinq ans il y avait une augmentation du chômage avec un million de chômeurs en plus ; je savais qu’il y avait des déficits. En revanche, ce que nous n’avions pas anticipé, c’est que cette crise allait encore durer, plus longtemps que prévu » a déclaré, autre autres, le chef de l’Etat lors de son intervention télévisée sur France 2, surprenant nombre de Français. A-t-il été naïf ? Disons plus simplement que pour un président impuissant, il n’a pas si mal constaté son manque de puissance. Réactions, le soir-même, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche : « François Hollande avait le petit costume d’un gouverneur de la zone euro » déclara Florian Philippot, vice-président du Front Nationale, pendant que Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP lâcha : « pour la première fois, à cause des impôts, le pouvoir d’achat, depuis trente ans, recule. Et le président de la République donne l’impression d’avoir un pédalo qui tourne en rond ». André Vallini, député PS de l’Isère, préféra, lui, affirmer : « François Hollande a montré qu’il était le vrai patron de la majorité, et qu’il assume totalement sa responsabilité » tandis que Philippe Poutou, porte-parole du NPA, parla d’un président « démoralisateur ».

Fait plutôt amusant, de toutes ces réactions, chacune est juste, sinon raisonnable, même celle venant directement du PS. M. Hollande est, en effet, le vrai patron du gouvernement : il le dirige… sans rien y faire. Du reste, comment contredire M. Wauquiez ? Oui, les impôts ont augmenté, et oui, aussi, par une relation de cause à effet, le pouvoir d’achat a baissé. Reste que si M. Sarkozy avait été élu, soyons clair, les impôts auraient aussi augmenté et le pouvoir d’achat aurait aussi baissé à cause de la TVA sociale. Inéluctablement, le gouvernement, qu’il soit de gauche ou de droite, dès lors qu’il se veut dans et en faveur d’une Europe libérale, se retrouve dans une nasse. Bruxelles donne les consignes, Berlin définit les lignes directrices, tel pourrait être le schéma qui conduit à la politique française. C’est ainsi que le gouvernement ne peut pas gouverné comme il le souhaite. Reste qu’il ne le veut pas, non plus. Pour des raisons plus ou moins nobles, mais tout à fait compréhensibles, il ne cherche pas à remettre en cause le système. Il est, en effet, défendable de pas vouloir remettre en cause l’euro ou l’Europe. Moins défendable, en revanche, est que le gouvernement, et François Hollande à sa tête, ne le dit pas. Là est le reproche. En vérité, le chef de l’Etat a objectifs stratégiques et idéologiques précis : défendre l’euro, défendre l’Europe, sauvegarder cet ensemble-là à tout prix. Sa faute est, par conséquent, d’affirmer haut et fort devant les Français qu’il combat le chômage. Car pour combattre le chômage, il est bien d’autres solutions plus simples, comme l’ont fait les Allemands, c’est-à-dire, par exemple, créer des millions d’emplois à 400 euros par mois. En définitive, on peut comprendre qu’il n’applique pas cette politique, mais pas qu’il ne le dise pas clairement.


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1 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 2 avril 2013 15:04

    on aurait dit un gamin à l’oral du bac ,bafouillant , absolument pas sur de lui ...
    Il doit se pisser dessus devant la Merkel ..  smiley  smiley smiley
    comment voir en lui un chef ???????

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