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Grèce : Lancement de la stratégie de la terreur en perspective de la campagne électorale

Si mes lecteurs veulent avoir une idée de ce qui va probablement se passer en Grèce au cours du mois qui nous sépare des nouvelles élections prévues le 17 juin prochain, je leur suggère de (re)visionner ma conférence « Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? » enregistrée voici un peu plus d’un an, en avril 2011.


Dans cette conférence, j’avais expliqué comment les européistes avaient tout mis en œuvre pour terroriser les Suédois, tout au long de l’année 2003, afin de les contraindre psychologiquement à voter Oui au référendum sur l’entrée de la Suède organisé le 14 septembre 2003 par le gouvernement de Stockholm.

 

Huit procédés d’intimidation avaient été mis en œuvre :

1°) une débauche de moyens étatiques, politiques, médiatiques et financiers en faveur du Oui ;

2°) la menace de l’Apocalypse promise par les plus hautes autorités publiques en cas de victoire du Non ;

3°) une orchestration de l’épouvante menée conjointement par le patronat et les dirigeants syndicaux ;

4°) le chantage public à l’emploi, de très grandes entreprises ayant menacé les Suédois de cesser leurs activités en Suède en cas de rejet de l’euro (à commencer par la plus grande société du pays, Ericsson) ;

5°) les appels du pied et les clins d’œil aux extrémistes de droite et de gauche ;

6°) la « psychiatrisation » des opposants (médias et commentateurs insinuant que les opposants à l’euro étaient des malades mentaux) ;

7°) l’exploitation indécente du mystérieux assassinat de la principale porte-parole du camp du Oui ;

8°) un sondage truqué, publié in extremis, pour faire croire que le Oui allait triompher (le Non l’a emporté à 57% des suffrages exprimés hors votes blancs).

Il va nous falloir examiner de près comment la campagne électorale qui s’ouvre en Grèce va se dérouler mais les premiers événements donnent à penser que tout ou partie de ces procédés vont être utilisés pour placer le peuple grecque sous terreur.

Au cours des dernières heures, les événements suivants sont déjà intervenus :

EN ANNONÇANT SA DÉCISION DE NE PLUS FOURNIR DE LIQUIDITÉS À CERTAINES BANQUES GRECQUES, LA BCE A SCIEMMENT PROVOQUÉ UN DÉBUT DE PANIQUE

Comme le très sérieux journal Les Échos vient de l’écrire sur son site, « la panique n’a pas encore totalement gagné la Grèce mais cela y ressemble ».

La Banque centrale européenne (BCE) a en effet confirmé avoir cessé de fournir des liquidités à certaines banques grecques sous-capitalisées. Du coup, des Grecs, de plus en plus nombreux, multiplient les retraits aux guichets des banques.

Bien entendu, le journal économique français y voit la preuve que les Grecs « sont de plus en plus nombreux à redouter une sortie de l’euro et un retour à la drachme ». Et il précise que « les Grecs souhaitent majoritairement rester dans la zone euro, même si 47,4% d’entre eux commencent à croire à l’éventualité d’une sortie, selon un sondage. »

DE FAÇON EXTRÊMEMENT INHABITUELLE, LE FMI A FAIT PUBLIQUEMENT SAVOIR QU’IL « SUSPEND SES CONTACTS
AVEC LA GRÈCE »

Le motif invoqué est que le FMI ne souhaite pas travailler avec le nouveau gouvernement nommé de manière transitoire pour expédier les affaires courantes.

Il n’en demeure pas moins que cette annonce inhabituelle ne peut faire l’objet que de surinterprétations et de supputations. Si l’institution de Washington avait voulu préserver la sérénité de la campagne électorale, il se serait tout bonnement limité à ne rien dire. On imagine assez volontiers les fantasmes d’isolement et d’apocalypse avec lesquels cette « suspension des contacts » peut être commentée par les grands médias du système en Grèce et en Europe.

LE PREMIER MINISTRE GREC SORTANT, M. PAPADEMOS,
VIENT DE PUBLIER UNE LETTRE POUR PROMETTRE LE « DÉSASTRE » EN CAS DE SORTIE DE L’EURO

Rappelons que M. Papademos, Premier ministre grec, n’a été élu par personne mais choisi par la Commission européenne et Goldman Sachs pour être le « dictateur » de la Grèce.

Dans une lettre rendue publique aujourd’hui, il prophétise la même Apocalypse que celle que ses congénères avaient promise à la Suède il y a 9 ans. Il affirme que « le rejet unilatéral des obligations contractuelles serait désastreux pour la Grèce et conduirait inévitablement le pays hors de la zone euro et probablement hors de l’Union européenne (UE) ».

Je ne suis évidemment pas d’accord avec le « désastre » promis mais je note avec intérêt que le Premier ministre grec souligne lui-même la corrélation entre « sortie de l’euro » et « sortie de l’UE’.

CONCLUSION : IL NE FAUT JAMAIS CÉDER À L’INTIMIDATION

Si j’avais un conseil à donner à nos amis grecs, ce serait d’examiner très précisément ce qui s’est passé en Suède à partir du 15 septembre 2003, lendemain du jour où le fier peuple suédois, digne de son histoire, a refusé l’euro et a préféré conserver la couronne suédoise. Depuis lors, la Suède a connu un taux de croissance économique 60% supérieur à celui de la France et près de 80% supérieur à celui de la zone euro (cf. ma conférence en ligne).

Il y a quelque 2 500 ans, la Grèce fut le premier pays d’Europe à inventer la démocratie.

Il faut espérer qu’au XXIe siècle, la Grèce sera fidèle à son histoire et qu’elle sera en conséquence le premier pays d’Europe à quitter le pillage programmé de l’euro et à se libérer de cette prison des peuples qu’est la prétendue « Union européenne ».

 

François ASSELINEAU
Président de l'UPR
www.u-p-r.fr
http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau




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  • Par Louis Matisse (---.---.---.73) 18 mai 2012 16:18
    Louis Matisse

    @ Le taulier
    La BCE ne peut qu’acheter des bons du trésor revendus par des banques commerciales, elle ne peut pas prêter directement aux Etats européens. Elle rachète donc aux banques privées de la dette grecque. En réalité, ce sont les Etats européens via les FESF et MES (c’est-à-dire l’argent des contribuables européens) qui prêtent à l’Etat grec qui ne remboursera pas sa dette puisqu’on ne peut pas continuer ad vitam eternam à financer un Etat qui est de fait en faillite. 


    La contrepartie de cette manoeuvre c’est que l’Etat grec vende tous ses actifs à des multinationales, que les entreprises privées grecques en manquent de liquidités et de croissance nationale soldent leurs actifs, que les droits sociaux des citoyens grecs soient abolis (c’est le fameux mémorandum).  C’est bien le pillage délibéré de la Grèce qui est organisé en échange de temps gagné avant la faillite (avances et prêts pour payer le fonctionnement de l’Etat).

    Or, ce n’est pas en privant l’Etat grec de ses richesses réelles (grandes entreprises, concessions autoroutières/portuaires/aéroportuaires, richesses minières, terrains agricoles, biens immobiliers) que la Grèce pourra redémarrer. La catastrophe est en train de se jouer maintenant puisque leur monnaie drachme ne pourra plus être gagé sur des richesses (réserves de la Banque Centrale grecque) ni sur la croissance puisque nous sommes en train de leur piller leurs actifs. 

    Après, ils pourront dire, regarder la drachme s’est effondrée, il faut rester dans l’euro à tout prix sinon ce sera la catastrophe. En attendant, ils sont en train de couler tous les autres Etats qui prêtent à ceux en faillite, alors que leurs finances sont au plus mal. Face à la catastrophe grecque, ils pourront nous vendre la fin des acquis sociaux comme en Grèce, et déjà au Portugal, Espagne, Italie, et nous dire que le retour aux monnaies nationales, à la monétarisation d’une partie de la dette publique, c’est impossible alors que c’est la solution au désastre organisé.
  • Par Le citoyen engagé (---.---.---.120) 18 mai 2012 15:13
    Le citoyen engagé

    Nous allons tout droit vers la dictature européenne puisque les peuples n’auront plus leur mot à dire en cas de vote qui ne plairait pas à Bruxelles.

  • Par Louis Matisse (---.---.---.73) 18 mai 2012 15:51
    Louis Matisse

    Pas de démonstration, pas d’explications, pas de discours, c’est la méthode de tous ces régimes financiers européens et de leurs médias à la botte qui lancent systématiquement leurs incantations dites de vérité, mais de terreur. 


    Ils réduisent au maximum les droits politiques des citoyens pour éviter tout risque de refus de leur stratégie d’appauvrissement et de pillage, de fédéralisation pour centraliser les pouvoirs du continent, loin des citoyens, mais sont malgré tout obligés de maintenir un certain niveau de plébiscite puisque c’est des votes des citoyens qu’ils tirent leur légitimité d’autorité. 

    C’est alors que lorsqu’il nous faut voter, on nous dit qu’on a le choix entre 2 modèles (tout est blanc ou noir), mais qu’en réalité on nous dit qu’il n’y a pas le choix parce-que si nous refusons ce qu’ils préconisent tout sera perdu, nos emplois, nos ressources, nos niveaux de vie et que ce sera la grande plongée dans l’inconnu, sous-entendu de la guerre et de la mort. 

    Et les années passent, et tout s’aggrave, les inégalités se creusent, le chômage monte, les scandales se développent et sont relativisés, et une minorité s’enrichit de manière exponentielle au détriment d’une majorité qui perd ses droits économiques. Et nos droits politiques sont transférés de plus en plus aux eurocrates de telle sorte que les marges de manoeuvre de nos dits élus disparaissent.

    Il est grand que les citoyens disent non et balayent tous ces discours de fatalité qu’on nous ressasse depuis 20 ans. Il n’y a de fatalité que dans un système despotique ! où les moyens d’action sont verrouillés et dans les mains d’une minorité. C’est une situation de fatalité contre laquelle est né le droit inaliénable d’insurrection comme définit dans la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, car en vérité, contre la fatalité, l’Histoire nous a enseigné que « du législateur tout s’accomplira », c’est-à-dire tout peut s’accomplir, rien n’est impossible.
     
  • Par François Asselineau (---.---.---.10) 19 mai 2012 00:24
    François Asselineau


    Je conseille aux lecteurs de ne pas répondre, et même de ne pas perdre leur temps, à lire les textes de « Pie 3,14 » [sic], qui est le type, ô combien ordinaire, du « corbeau » qui passe son temps à cracher son venin en s’abritant courageusement derrière un pseudo.

    Ses remarques ne sont pas seulement narquoises et méprisantes, comme à l’accoutumée. Elles témoignent aussi d’une pauvreté technique, d’un mimétisme intellectuel, et d’une profonde incompétence. Bref, elles n’ont aucun intérêt.

    -------------------------------

    Je conseille en revanche aux lecteurs de lire ce que les plus grands économistes, décédés ou actuels, disaient ou disent de l’euro.


    1°) L’avis de Milton Friedman (aujourd’hui décédé), Prix Nobel d’économie

    Voici dix ans et demi, Milton Friedman, Prix Nobel d’économie et père de la théorie monétariste, expliquait déjà dans le journal allemand Die Welt du 7 janvier 2002 : « Mon analyse économique montre qu’il est très douteux que l’euro soit un grand succès. La Banque centrale européenne est responsable de douze États et il est presque impossible de les satisfaire tous. »

    2°) L’avis de Paul Krugman, Prix Nobel d’économie

    L’an dernier, c’est Paul Krugman, également Prix Nobel d’Économie, qui diagnostiquait, le 1er juin 2011, « l’heure de la débâcle pour la zone euro ».

    3°) L’avis de Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie

    Le 31 mars dernier, c’est Joseph Stiglitz, troisième Prix Nobel d’Économie, qui avertissait que « ce sont les États qui sortiront les premiers de l’euro qui s’en sortiront le mieux  ».

    4°) L’avis de Nouriel Roubini, Professeur d’économie à l’université de New York

    Enfin, voici deux jours, le 17 mai 2012, c’est Nouriel Roubini, l’un des économistes américains les plus connus qui a publié un article retentissant intitulé « LA GRÈCE DOIT QUITTER L’EURO ».

    Nouriel Roubini est un docteur en économie, professeur d’économie à l’Université de New York, et son avis est très respecté dans le monde des marchés financiers, surtout depuis qu’il avait diagnostiqué à juste titre l’arrivée de la crise financière en 2008.

    Dans cet article qu’il vient tout juste de publier sur « Projet Syndicate », il explique notamment :
    - pour quelles raisons irréfutables la Grèce doit quitter l’euro ;
    - et les bienfaits qu’elle en retirera assez rapidement, certes après une période de crise, mais une crise qui sera nettement moins longue et douloureuse que ce qui l’attend sinon.

    ------------------------------------------------

    Voici l’intégralité de son article traduit en français :

    «  LA GRÈCE DOIT QUITTER L’EURO

    La tragédie grecque de l’euro en est au dernier acte : il semble évident que le risque est élevé que la Grèce cesse d’honorer sa dette cette année ou l’an prochain en même temps qu’elle quitte la zone euro.

    Le fait de remettre la sortie de zone après l’élection de juin d’un nouveau gouvernement en faveur d’une variante des mêmes politiques inopérantes (l’austérité amplificatrice de récession et les réformes structurelles) ne fera pas revenir la croissance et la compétitivité. La Grèce est prisonnière d’un cercle vicieux d’insolvabilité, de perte de compétitivité, de déficits externes et d’une dépression qui prend de plus en plus d’ampleur. La seule façon de sortir de cette crise consiste d’instaurer un processus ordonné de sortie de zone et de défaut de paiement, coordonné et financé par la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (la « Troïka »), et qui réduira au minimum les dégâts collatéraux pour la Grèce et le reste de la zone euro.

    Le dernier montage financier pour la Grèce, assuré par la Troïka, a donné un allègement de dette beaucoup moins élevé que ce dont le pays a besoin. Quand bien même la dette publique bénéficierait d’un allègement beaucoup plus conséquent, le retour de la croissance la Grèce serait impossible sans un rétablissement rapide de sa compétitivité. Or, sans le retour de cette même croissance, son endettement demeurera à un niveau insoutenable. En revanche, toutes les options qui rétabliraient la compétitivité passent par une dévaluation de la valeur réelle de sa monnaie.

    La première option, un affaiblissement prononcé de l’euro, est hors de question, étant donné la robustesse de l’économie allemande et la politique d’assouplissement plus que modeste des conditions monétaires de la BCE. Il est cependant tout aussi improbable qu’une réduction rapide des coûts unitaires de main-d’œuvre, découlant des réformes structurelles, pousse la croissance de la productivité au-delà des augmentations salariales. L’Allemagne a pris dix ans pour redevenir concurrentielle ; un luxe que la Grèce ne peut se payer, ne pouvant rester en dépression pendant une décennie. De même, une baisse subite des prix et des salaires, qu’on appelle aussi une « dévaluation interne », mènerait tout droit à cinq années de dépression qui ne cesse de s’empirer.

    Puisque aucune de ces trois options n’est viable, la sortie de la zone euro est la seule voie qui reste. La compétitivité et la croissance seraient rapidement rétablies par un retour à la monnaie nationale, accompagné d’une forte dévaluation.

    Évidemment, le processus ne se fera pas sans heurts – et pas uniquement pour la Grèce. Les pertes en capital des institutions financières du cœur de la zone euro demeurent le problème le plus important. Du jour au lendemain, la dette étrangère en euro du gouvernement de la Grèce, des banques et des sociétés augmenterait en flèche. Pourtant ces problèmes ne sont pas insurmontables. L’Argentine s’en est sortie en 2001, quand elle a converti en pesos ses dettes exprimées en dollar. Les États-Unis ont fait quelque chose du genre en 1933, par une dépréciation du dollar de 69 % et l’abandon de l’étalon-or. Une « drachmatisation » du même ordre des dettes euro pourrait bien être nécessaire et inévitable.

    Les pertes que les banques de la zone euro devront essuyer seraient maîtrisables, si les banques bénéficiaient d’un renflouement adéquat et substantiel. Pour éviter une implosion après coup du système bancaire grec, il faudra sans doute instaurer des mesures temporaires, comme des gels des dépôts et des contrôles des capitaux, pour éviter une vague chaotique de retraits. Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité (FESF/MES) devront diriger la recapitalisation nécessaire des banques grecques par des apports directs en capital. Ce qui revient à une prise en charge effective du système bancaire grec par les contribuables européens, qui ne serait cependant qu’une contrepartie partielle des pertes imposées sur les créanciers par la conversion en drachme des créances grecques.

    La Grèce devra aussi restructurer et resserrer d’un cran sa dette publique. La valeur nominale des créances de la Grèce auprès de la Troïka ne doit pas forcément être réduite, mais l’échéance de la dette doit être reportée d’une autre décennie et son intérêt réduit. Les créances détenues par le secteur privé doivent subir de nouvelles coupes, en commençant par un gel des paiements d’intérêts.

    Certains avancent que le fléchissement du PIB réel de la Grèce serait encore plus raide dans un scénario de sortie qu’en galère déflationniste. Mais cette logique ne tient pas, car même en déflation, le pouvoir d’achat baisse et la valeur réelle de la dette s’agrandit (comme le laisse entendre la théorie de la déflation de la dette), à mesure que la dévaluation réelle s’installe. Mais surtout, la trajectoire de sortie rétablirait sur le champ la croissance, par le biais d’une dévaluation des valeurs nominales, mais aussi réelles, évitant une dépression échelonnée sur dix ans. Et les pertes des échanges commerciaux de la zone euro causées par la dévaluation de la monnaie grecque seront modérées, étant donné que la Grèce ne compte que pour 2 % du PIB de la zone euro.

    La réintroduction de la monnaie risque de faire dévaluer la drachme en dessous du taux de change requis pour restaurer la compétitivité, ce qui exercerait des tensions inflationnistes et imposerait de plus grandes pertes sur la dette extérieure convertie en drachme. Pour minimiser ce risque, les réserves de la Troïka actuellement consacrées au renflouement de la Grèce devraient servir à contenir l’emballement de la dévaluation ; en conjonction aux contrôles des capitaux.

    Ceux qui prétendent que la sortie de la Grèce contaminera les autres pays sont aussi en déni. Les autres pays périphériques sont déjà confrontés à des problèmes à la grecque de viabilité et d’érosion de compétitivité. Le Portugal, par exemple, devra éventuellement restructurer sa dette et abandonner l’euro. Les économies en manque de liquidités, mais éventuellement solvables, comme l’Italie et l’Espagne, auront besoin de l’appui de l’Europe peu importe si la Grèce quitte ou non ; en fait, sans cet apport en liquidité, il est fort probable qu’une chute de la valeur de la dette publique italienne et espagnole se déclenche par elle-même.

    En plus des apports en liquidité de la BCE, les nouveaux fonds officiels considérables du FMI, de la BCE et du MSE mis à disposition de ces pays permettront d’endiguer le mal et de protéger les banques des autres pays périphériques vulnérables de la zone euro. Quoi que la Grèce fasse, il est urgent de recapitaliser les banques de la zone euro, qui ont besoin d’un nouveau programme d’apports directs de capitaux dans toute l’Union européenne.

    Comme en témoigne ces 20 dernières années l’expérience de l’Islande et d’un bon nombre de marchés émergents : une dévaluation nominale et une restructuration ordonnée accompagnée d’une réduction de la dette extérieure peuvent ramener la dette à un niveau plus supportable et rétablir la compétitivité comme la croissance. Les dommages indirects pour la Grèce d’une sortie de la zone euro seront non négligeables, mais, comme dans ces cas, peuvent être contenus.

    Dans un mariage en détresse, il est préférable de se fier à des règles fixées d’avance pour l’inévitable divorce, ce qui en réduit le coût pour les deux parties. Ne nous méprenons pas : une sortie disciplinée par la Grèce de la zone euro sera forcément douloureuse sur le plan économique. Mais le spectacle d’une lente implosion erratique de l’économie et de la société grecque pourrait être encore plus pénible à observer.

    Traduit par Pierre Castegnier »

    Source : http://www.project-syndicate.org/co...

    ------------------------------------

    CONCLUSION

    On notera que l’économiste américain se place dans le cadre d’une Union européenne continuant de survivre et qu’il invoque le rôle du FESF et du MES. C’est à mon avis très hypothétique puisque la sortie de la Grèce de l’euro pourrait entraîner des conséquences en cascade dans toute l’UE, non seulement dans les domaines monétaire et financier mais aussi politique et juridique.

    Mais 4 points de son analyse sont spécialement intéressants à relever :

    1°)- il explique que les mesures correctrices envisagées actuellement ne peuvent en aucun cas sauver la Grèce : la rigueur entraîne la récession et ne permet pas d’améliorer la compétitivité, ce qui rend insurmontable le remboursement de la dette.

    2°)- il cite nommément l’Argentine et l’Islande comme modèles dont on peut s’inspirer, et il évoque aussi « bon nombre de marchés émergents »

    3°)- il souligne que, certes, « la dette étrangère en euro du gouvernement de la Grèce, des banques et des sociétés augmenterait en flèche. » Mais il réfute cet argument des européistes dans des termes exactement comparables à ceux que j’ai déjà développés moi-même plusieurs fois lorsque j’ai été interrogé dessus

    À savoir que « ces problèmes ne sont pas insurmontables. L’Argentine s’en est sortie en 2001, quand elle a converti en pesos ses dettes exprimées en dollar. Les États-Unis ont fait quelque chose du genre en 1933, par une dépréciation du dollar de 69 % et l’abandon de l’étalon-or. Une « drachmatisation » du même ordre des dettes euro pourrait bien être nécessaire et inévitable. »

    En d’autres termes, cette fameuse objection de la dette croissante convertie en euros n’a de sens que si l’État souverain l’accepte. Si l’État souverain décide au contraire d’imposer souverainement aux créanciers un changement de la monnaie de remboursement, ce problème disparaît. C’est tout simplement l’affaire d’un rapport de force et les exemples historiques invoqués par l’un des plus grands économistes de la planète sont là pour illustrer que tout est toujours possible pour un peuple qui a décidé de prendre en main ses destinées.

    4°)- enfin, Nouriel Roubini avoue que « les pertes en capital des institutions financières du cœur de la zone euro demeurent le problème le plus important. »

    C’est bien l’aveu que la sortie de l’euro pose bien plus de problèmes aux banques qu’aux peuples....

    On s’en doutait, n’est-ce pas ?

    François ASSELINEAU

    https://www.facebook.com/upr.franco...

    =============================

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