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 Accueil du site > Actualités > Politique > Grève générale en Nouvelle-Calédonie : éléments de débat

Grève générale en Nouvelle-Calédonie : éléments de débat

Cet article a été rédigé par Didier Baron il y a quelques jours, avant donc que la situation ne revienne à la normale.

Des évènements extrêmement préoccupants se déroulent actuellement sur le territoire.

1 / d’abord un peu d’histoire
.

Créé fin des années 1970 le Syndicat des Travailleurs Kanaks Exploités (STKE) s’est rapidement transformé en Union Des Travailleurs Kanaks et Exploités sous la houlette de Louis Kotra Uregueï.
Cette structure fut constituée sur une base tout à fait noble et fondée. Le principe républicain d’égalité des chances, appliqué aveuglément, ignorait totalement les difficultés rencontrées par les océaniens, voire les Calédoniens eux-mêmes. Parallèlement s’est créé le Groupement Des Parents d’Elèves (GDPE) pour l’Enseignement. USTKE et GDPE contiennent tous deux l’accès à l’indépendance dans leurs statuts.

En somme la République une et indivisible masque mal le fait colonial au moins jusqu’aux accords de Matignon.
Il faut garder cela à l’esprit pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

2 / les évènements.


Un conflit est né dans la compagnie aérienne domestique Aircal à propos d’une employée licenciée.

Les acteurs sont : le président de l’USTKE (en soutien de ses délégués de la société), le directeur général d’Aircal (Kanak de Lifou), le président du conseil d’administration d’Aircal (grand chef Kanak de Maré). En dehors des règlements en matière de sécurité de l’aviation civile, l’Etat n’est absolument pas concerné par ce problème. Sa seule mission est le maintien de l’ordre.

L’affaire prend une mauvaise tournure compte tenu de la pression exercée par l’USTKE qui estime que la sanction (licenciement pour faute grave=violation de l’obligation de réserve) est disproportionnée. Ceci donne lieu à une grève et à un blocage des installations commerciales et techniques avec occupation de la piste de Magenta. A la demande d’Aircal le Haut-commissaire envoie les forces de l’ordre pour faire dégager les lieux. Les piquets de grève résistent, chargent les gendarmes mobiles, et les leaders se réfugient dans un avion.

Ceci explique la présentation des personnes arrêtées avec un chef d’accusation concernant l’atteinte à la sécurité d’un aéroport et l’entrave au mouvements des avions (point toujours d’actualité avec les plans vigi-pirates) et la sanction (un an de prison ferme pour l’actuel président de l’USTKE et d’un autre militant qui avaient tous deux des peines de prison avec sursis).

L’USTKE signe un protocole d’accord proposé par le Directeur du Travail (compétence de la Nouvelle-Calédonie) mais le président d’Aircal refuse de le signer car il induit le paiement des journées de grève. Il n’a pas changé d’avis aujourd’hui estimant que même si une solution fut trouvée pour l’employée, la société n’a pas commis d’erreur en la licenciant. D’où l’appel à la grève générale, les blocages stratégiques et la recherche d’affrontements avec les forces de l’ordre

3 / Ce qu’il faut savoir.

L’USTKE est à la source d’un mouvement politique indépendantiste (le parti travailliste) qui a fait un excellent score aux dernières provinciales.

Cette centrale syndicale est fortement structurée, bien organisée et travaille, à la fois sur le front de la lutte des classes et l’indépendance Kanak. Les inégalités sociales sont toujours criantes et même aggravées par l’afflux d’argent qui s’il donne du travail génère aussi une aggravation de la cherté de vie. En outre les calédoniens ne sont pas bénéficiaires de l’accroissement du potentiel d’encadrement privé ou public. L’USTKE et le Parti Travailliste reprochent au FLNKS sa mollesse face à l’Etat dans sa démarche indépendantiste.

4 / Une logique de combat depuis sa création
.

L’USTKE est dans sa logique de combat contre les inégalités sociales et de déstabilisation de l’économie (c’est la voie dès lors que l’on inscrit dans ses statuts l’indépendance). Beaucoup de patrons et l’Etat jusqu’à présent n’ont pas montré beaucoup de détermination face à la centrale. Il est étonnant que la justice ait sanctionné si fort des responsables syndicaux (une certaine tolérance nationale, pas seulement locale, est généralement admise par les tribunaux à l’égard des actions des grévistes même s’il y a un contenu pénal dans l’action ainsi que par l’Etat qui n’exécute qu’avec lenteur les arrêts de cour).

L’ère Sarkosy met sans doute un terme à cette reconnaissance des énormes avancées sociales obtenues par les syndicats et le Front Populaire dans les années 30. Sans doute un peu plus fort ici qu’ailleurs en France, le contenu politique de la persistance de l’action étant désormais évident. La dangerosité vient des risques de réactions (de peur ou de colère ??) des « victimes » de ces confrontations (un coup de feu a été tiré de nuit en direction du barrage USTKE à Boulouparis, village à 80 Kms de Nouméa) ou des jeunes et des anciens membres des comités de lutte indépendantistes ralliant cette forme de combat (des coups de feu ont été tirés à Saint-Louis contre les gendarmes. Les blessés recensés sur tous les blocages sont tous des gendarmes).

5 / Que dire des discours de José Bové et de la L.C.R ?

José est un admirateur inconditionnel et ami de Louis Kotra Uregueï et de Gérard Jodar qui sont intelligents et extrêmement efficaces. Ils inspirent d’ailleurs le respect bien au delà de la gauche (beaucoup de responsables nationaux, voire, internationaux rêveraient de pouvoir générer une structure aussi performante et efficace que l’USTKE). Bové tient un discours outrancier à l’égard de l’Etat (on peut noter un changement d’attitude mais certainement pas un comportement néo-colonialiste)

6/ Le véritable enjeu


Il semble être, en réalité, de faire voler en éclat le fragile Front de Libération Kanak et Socialiste dont les composantes (Union Calédonienne, Palika, UMP) n’en finissent pas de chercher un terrain d’entente, au profit du parti travailliste présidé par Louis Kotra Uregueï également président d’honneur de l’USTKE.

Le meilleur moyen est alors d’affronter l’Etat dans ses actions de maintien de l’ordre en générant une forte déstabilisation de l’économie (les pénuries se font sentir fortement). L’Etat réagit avec force parce que c’est sa fonction dans l’Accord de Nouméa et parce qu’il redoute par dessus tout de perdre tout ou partie de ses interlocuteurs habituels chez les indépendantistes. Il reste à voir si le Gouvernement local trouvera une issue de sortie. Il y travaille mais ce n’est pas évident.

Didier BARON



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Les réactions les plus appréciées

Réactions à cet article

  • Par Le péripate (---.---.---.157) 8 août 2009 12:49
    Le péripate

    Le colonialisme a bon dos, et ce licenciement semble être la non reconduction d’un CDD pour faute grave (divulgation du nom d’un passager).

    Des sites locaux pour ne pas se faire avoir par la désinformation :François Nonhemacher, Eric, Noumea-Paris.

  • Par jaja (---.---.---.132) 8 août 2009 12:57
    jaja

    Et un autre site pour ne pas gober la propagande coloniale....

    http://solidaritekanaky.org/

  • Par jaja (---.---.---.132) 8 août 2009 13:12
    jaja

    Et de toutes façons les capitalistes nous virent comme des merdes, CDD ou CDI ils s’en contrefoutent. En France les Molex donnent l’exemple, l’USTKE en Kanaky...

    Pas toujours aux mêmes de trinquer....

    Ils veulent faire de nous des miséreux à leur botte, bottons leur le cul !

    Et ceux qui râlent au nom du pseudo « libre marché » laissons les gueuler tout leur saoûl !

  • Par franck2010 (---.---.---.99) 8 août 2009 14:20

    La façon dont les responsables de L’Etat en Nouvelle-Calédonie ont répondu sur les antennes du services publiques ( FR2, FR3 ) était pour le moins choquante. On n’imagine pas des responsables être aussi arrogants en métropole. Celà conduit à s’interroger sur le statut que réserve la république à nos con-citoyens d’outre-mer.

    Nous attendons toujours que soient jugés les actes de torture infligés par les commandos parachutistes français dans le cadre de l’affaire des grottes d’Ouvéa. Tortures à caractères racistes : Par exemple des adolescents attachés et frappés devant leur famille sur la place d’un village .

    La situation peut-être qualifiée de colonialiste n’en déplaise à certains que les injustices raciales n’effraient pas. La France comme les US ou Israël...

    *

  • Par TSS (---.---.---.50) 8 août 2009 15:28


    sans oublier l’usine de nickel installée en territoire canaque sans aucune concertation avec

    rejet des effluents dans le lagon où ils pechent !!

  • Par Victor (---.---.---.87) 27 août 2009 02:19

    Bonjour à tous,

    Habitant de Nouvelle Calédonie, au même titre que Mr Baron, je souhaite vous apporter quelques précisions sur beaucoup d’approximations présentes sur le sujet.

    Sur le licenciement d’aircal :

    Peut être n’est il pas superflu que de refaire l’historique de ces dernières semaines. D’ou vient le conflit USTKE / AIRCAL qui a entrainé l’emprisonnement du secrétaire général de l’USTKE G.Jodar ainsi que d’autres militants ?

    A l’origine, nous sommes en pleine campagne électorale pour les élections provinciales et territoriales (la Calédonie est subdivisée en 3 provinces : Nord, Sud et Iles, Ces dernières sont des collectivités territoriales qui disposent d’une compétence de droit commun, c’est-à-dire qu’elles sont compétentes dans toutes les matières qui ne sont pas réservées par la loi à l’État, au territoire et aux communes. Elles s’administrent librement par des assemblées élues pour cinq ans au suffrage universel direct. Les trois assemblées de province désignent le Congrès qui est compétent pour gérer les affaires communes à l’ensemble du territoire calédonien. Ses compétences sont énumérées limitativement par la loi organique. Il s’agit notamment de la fiscalité, de la répression des fraudes, de la réglementation des prix, des principes directeurs du droit à l’urbanisme, de la procédure civile, de l’organisation des services territoriaux, des règles en matière de santé, d’hygiène publique et de protection sociale. L’exécutif de la Nouvelle-Calédonie est assuré par un gouvernement collégial. Ce gouvernement de 5 à 11 membres est élu par le congrès à la proportionnelle au scrutin de liste et responsable devant celui-ci.)

    En ce contexte électoral, une grève est déclenchée au sein d’AIRCAL pour le non renouvellement d’un CDD d’une jeune femme originaire des iles loyautés pour faute professionnelle grave (cette dernière avait informé par téléphone sa mère que son père avait pris l’avion avec sa maitresse … la scène de ménage passée, le père a porté plainte contre AIRCAL …). Fort de cela, la direction d’AIRCAL prit la décision de ne pas reconduire le CDD en CDI. La jeune femme étant syndiquée à l’USTKE, une grève a été déclenchée pour réclamer la réintégration de l’employée en CDI. Après négociations, la jeune femme n’est pas reintégrée, mais elle bénéficie d’un CDI au sein de la direction du travail de la Nouvelle Calédonie.

    S’ensuit derrière une nouvelle grève de L’USTKE réclamant le paiement des jours de grèves des salariés d’AIRCAL adhérents à l’USTKE.

    Il n’est pas inutile de savoir que l’USTKE a récemment fondé un parti politique : le Parti Travailliste, dont le chef de file n’est autre que Louis Kotra Uregei ex secrétaire général de l’USTKE.

    Il n’est pas inutile non plus de savoir que le président d’AIRCAL est Nidoish Hnaisseline président et fondateur du LKS (Libération Kanak Socialiste), grand chef de l’ile de Maré et fondateur d’un groupe radical d’étudiants kanaks indépendantistes, les « Foulards Rouges » (extrême gauche) qui est à l’origine des premières actions séparatistes en Nouvelle-Calédonie.

    Le directeur d’AIRCAL n’est autre que William IHAGE Kanak originaire des iles loyautés.

    C’est donc sur fond de campagne électorale que se déroule ce conflit social avec une cible électorale commune les iles loyautés ou se présente le parti travailliste et le LKS sous le nom de « Dynamique autochtone ou La terre en partage ».

    Nidoish Naisseline, président du CA d’Aircal, est élu LKS à la province des Îles, tout comme Louis Kotra Uregei, mais sous la bannière Parti travailliste. S’ils font partie de la même famille indépendantiste, on ne peut pas vraiment dire que les deux hommes s’apprécient.

    Devant le refus pur et simple de Nidoish Hnaisseline et de William IHAGE d’accéder à la demande de l’USTKE pour le paiement des jours de grève, l’USTKE par l’intermédiaire de son secrétaire général G.Jodar durcit le ton, elle promet des évènements dignes de 1984 …

    Le 28 mai 2009, l’USTKE prend place autour de l’aérodrome de Magenta (Nouméa) qui dessert la grande terre et les iles loyautés et déclare qu’aucun avion ne décollera. A 4h00 du matin, les militants de l’USTKE investissent les abords de l’aérodrome. 200 militants investissent la piste de décollage de l’aérodrome en découpant les grillages de protection et Gérard JODAR accompagné de militants investissent les avions d’AIRCAL et s’y enferment. L’intérieur des avions est partiellement saccagé, un engin explosif de confection artisanale, a été employé contre les forces de l’ordre.

    A l’issue de cette journée de conflit, une trentaine de militants USTKE sont interpellés dont G.Jodar. Nidoish HNAISSELINE met comme préalable à toute négociations l’emprisonnement de G.Jodar.

    G.Jodar est à ce moment là déjà sous le coup d’une condamnation de prison qui est en cassation à Paris.

    Le fait que G.Jodar soit syndicaliste ne doit pas le dédouaner de ses responsabilité. En Nouvelle Calédonie, comme en France métropolitaine d’ailleurs, on emprisonne des personnes qui, par exemple, cultivent et vendent du canabis. A leur décharge, la plupart le font pour gagner leur vie. Je n’ai à ce jour, pas encore vu de collectif formé pour sortir de prison des gens, qui pour gagner leur vie, ont violé la loi.

    Pourquoi devrions nous donner raison à G.Jodar, qui en toute impunité, viole également la loi de manière répétitive ?

    Pourquoi devrions nous donner raison à un collectif qui réuni 600 personnes alors qu’à l’inverse de ses revendications, 20 000 personnes se sont réunies pour dénoncer les agissements menés par G.Jodar ?

    Pourquoi G.Jodar aurait il le droit s’appeler à la violence et de bloquer la population ?

    Il faut savoir que lorsque G.Jodar bloque le GIE des transports en commun, il empêche la population la plus démunie de se rendre au travail et de gagner sa vie.

    Il faut savoir que lorsque G.Jodar bloque la compagnie Aircal, il empêche la population des iles (kanak à 99%) de rentrer chez elle, d’accéder aux soins médicaux que seul le centre hospitalier territorial situé sur Nouméa peut leur offrir, ou encore d’accueillir les touristes qui constituent leur ressource financière majeure.

    Il faut savoir que lorsque G.Jodar bloque la desserte maritime des iles, il bloque ainsi tout l’acheminement des denrées alimentaires primaire, du gaz, du l’essence et des cigarettes.

    Il faut savoir que lorsque G.Jodar bloque l’aéroport international de Tontouta, il bloque le seul accés extérieur au territoire.

    Il faut enfin savoir, que chaque grève USTKE, malmène la vie quotidienne des tous les Calédoniens (cadenassage des entreprise, blocage des minoteries, blocage des dépôts d’essence, blocage des dépôts de gaz, blocage de la régie des tabacs, blocage des moyens de transports et même blocage de l’unique télévision locale RFO).

    Jusqu’à présent, les actions de l’Ustke ont été tolérées par les précédents représentant des gouvernements Français. Ainsi en 2006, la télévision locale RFO a été bloquée pendant … 8 mois … plus d’informations, plus d’émissions locale … qui en souffre : ce qui n’ont pas les moyens de s’offrir de chaines de télévisions payantes ou qui ne disposent pas de vidéo club a portée de voiture. Lorsque les minoteries sont bloquées : plus de pain pour qui que ce soit. Lorsque les commerces sont bloqués, plus de denrées alimentaires de bases (dont le riz qui est ici très consommé).

    Ceci était notre lot quotidien jusqu’à l’arrivée de Yves Dassonville, haut commissaire de la république Française.

    Aujourd’hui, si ce dernier autorise les manisfestations dans le cadre légal qui doit les encadrer, il refuse tout blocage. Ainsi, malgré les grèves générales lançées dernièrement par l’Ustke, la population Calédonienne a pu se déplacer et a pu continuer à vivre quasiment normalement. L’Ustke a pu, pour sa part, exprimer ses revendications. Chaque blocage organisé a été interrompu par l’intervention des forces de l’ordre.

    Jusqu’à présent et lorsque des débordement intervenaient, seuls les “militants de base” de l’Ustke, aux ordres de G.Jodar, étaient interpellés voir écroués. Tant que ceci était ainsi, G.Jodar n’a pas organisé de collectif pour la libération de ses camarades. Aujourd’hui que le principal organisateur récolte enfin ce qu’il a semé (que jusqu’à présent d’autres récoltaient à sa place), alors nous avons droit à une levée de bouclier à grand coup de renfort médiatique.

    Tout ceci n’est que fumisterie. G.Jodar a violé la loi à de multiples reprises, il a été jugé pour cela, il a été fort bien défendu puisque chacune des décisions prises à son encontre font l’objet d’appel et vont jusqu’en cassation, il doit maintenant purger sa peine sans aucun passe droit.

    G.Jodar est citoyen Français, né en France métropolitaine, sa seule qualité de syndicaliste ne doit pas l’affranchir de ses actes.

    Quand à l’argumentation dénonçant, dans l’affaire Aircal un licenciement abusif effectué par des chefs d’entreprises colonialistes et peu scrupuleux, vous vous apercevrez qu’il ne s’agissait pas d’un licenciement, mais du non renouvellement d’un CDD qui de surcroit a été renouvelé au sein de la direction du travail, que les méchants colons chefs d’entreprises, s’avèrent être des Kanaks indépendantistes de gauche, et quand à l’application de la justice “coloniale” tant dénoncée, elle a été approuvée dans la rue par plus de 20 000 personnes de toutes ethnies et couleurs confondues.

    ....

    Sur la représentativité de l’Ustke et du parti travailliste :

    Il semble utile de rappeler qu’aux dernières élections territoriales qui se sont déroulées en Nouvelle calédonie (corps électoral restreint aux seuls habitants résidents en Nouvelle Calédonie depuis 1998), le parti travailliste recueillait un total de 7 692 voix sur 98 520 votants soit … 7.8% de ces mêmes votants.

    Au sein même du mouvement indépendantiste, le parti travailliste est loin de représenter la majorité des voix puisqu’il recueille 20.8% des suffrages indépendantistes exprimés.

    De ce fait et en toute logique, si vous ne devez que vous baser sur les idées de l’USTKE quand à la la réalité des choses ou encore quand à l’avenir de la Nouvelle Calédonie, vous devriez également, par simple honnêteté intellectuelle, prendre en compte les idées du Front National de J.M Lepen quand à l’avenir de la France et vous limiter doublement à ses analyses puisque ce dernier réalise 10,44% des suffrages aux dernières élections présidentielles de 2007 (16.86% en 2002, 15% en 1995 et 14.38% en 1988) …

    Je pense que vous conviendrez fort aisément avec moi, que les idées extrémistes, de quelques bords qu’elles soient, ne peuvent et ne doivent certainement pas refléter la réalité des choses ni encore décider du futur d’une quelconque communauté. En effet, si tel était le cas, la France serait à ce jour, nationaliste d’extrême droite.

    ....

    Sur « l’usine de nickel installée en territoire canaque sans aucune concertation avec rejet des effluents dans le lagon où ils pechent !! »

    A la date ou TTS écrivait son message, il ne pouvait décemment ignorer que le 27 septembre 2008, le comité Rheebu Nuu, le Conseil Coutumier de l’Aire Drubéa Kaponé*, les chefferies de l’Aire Djubéa Kaponé*, les Sénateurs Coutumiers de l’Aire Djubéa Kaponé* et l’industriel Goro Nickel filiale du groupe VALE-INCO, signaient un protocole d’accord nommé « pacte pour un développement durable du Grand Sud ».

    Ce “pacte pour un développement durable du Grand Sud” ( http://www.valeinco.nc/pages/…/2185_Goro%20Nickel%20Pacte.pdf ) prévoit notamment le lancement de trois chantiers :

    - Création d’une fondation d’entreprise : Il s’agit d’une société destinée à « intervenir » dans des domaines variés (développement durable, social, économique). Concrètement, la fondation donnera de l’argent à des projets « contribuant au développement participatif et durable des communautés du Grand Sud ». Elle sera financée par Goro Nickel, avec une enveloppe de 5.4 millions d’€ pour les cinq premières années, puis 1.34 millions d’€ par an, pendant vingt-cinq ans. Son conseil d’administration sera composé de 3 représentants de la société et de 8 représentants coutumiers et de Rheebu Nuu.

    - Création d’un « comité consultatif coutumier environnemental ». Tout est dit dans le nom de l’organe. Il sera coutumier, avec 15 membres issus des chefferies, conseils d’aires et Sénat. Il sera consultatif, aussi, puisque ses « conclusions seront transmises au directeur de Goro Nickel » et aux élus locaux, sans autre poids que celui d’un « avis ». Mais il sera aussi environnemental : le comité pourra demander des expertises, dans les limites budgétaires accordées par Goro Nickel (200 000 € par an). Pour surveiller les
    impacts écologiques, huit techniciens « originaires des tribus » seront formés et rémunérés par l’industriel (250 000 € consacrés par an).

    - Création d’une pépinière, gérée par une association. Avec un budget de 20.112
    millions d’€, elle mettra en oeuvre un plan de reboisement, grâce aux 250 000 à 500 000 plants qu’elle produira chaque année.

    Comme l’ont annoncé les parties en présence, l’accord entrera en vigueur lorsque « la première tonne de minerai sera extraite et traitée sur site, ou exportée ».

    D’autre part, je ne comprend pas comment vous pouvez ne pas réagir à la démonstration faite par la marche citoyenne et pacifiste du 12 août dernier dénonçant les violences de l’Ustke et plébiscitant la construction d’un destin commun.

    10% de la population Calédonienne, de toutes éthnies et de toute couleurs confondues (voir photos svp), s’est rassemblée autour des ces deux thèmes fédérateurs. Cela représente la même chose que si, en France métropolitaine, une marche rassemblait plus de six millions de personnes …

    Vous rendez vous compte de la réelle représentativité de cela ???

    ....

    Sur « La situation peut-être qualifiée de colonialiste n’en déplaise à certains que les injustices raciales n’effraient pas. »

    Marie Pierre Goyetche vise présidente de l’Ustke, en décharge syndicale, payée par l’éducation nationale, touche un salaire (indexé) représentant plus de quatre fois le smig.

    G.Jodar patron de l’Ustke bénéficie de divers traitements et salaires toujours sous le couvert de décharge syndicale, qui ferai palir de nombreux chefs d’entreprises ...

    Louis Kotra Uregei, fondateur et président d’honneur de l’USTKE, fondateur et actuel président du parti travailliste, roule au volant d’une BMW 735 grise métalisée flambante neuve, ce qui change considérablement de la BMW X5 noire qu’il conduisait jusqu’à présent…

    La seule chose que l’on puisse dire sur le sujet, c’est qu’il est fidèle à son concessionnaire !

    En effet, il déclarait lui même à la presse locale qui l’interrogeait sur sa confortable habitation et ses divers véhicules “Je n’ai pas fait voeux de pauvreté” …

    Parfois, certaines revendications ont du sens et d’autres ont bon dos !

    Lexique :

    *Le Comité Rheebu Nuu : association kanak, initialement créée par le conseil municipal de la commune de Yaté, ayant pour objet la protection de l’environnement et des droits autochtones.

    *Les chefferies de l’Aire Djubéa Kaponé : elles sont constituées des autorités coutumières des tribus de l’aire Djubéa Kaponé et représentent les populations autochtones directement concernées par le projet.

    *Les Sénateurs Coutumiers de l’Aire Djubéa Kapone : le Sénat Coutumier est une instance de consultation kanak créée par l’Accord de Nouméa. C’est une institution consultative qui se prononce sur saisine concernant les sujets liés à l’identité Kanak.

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