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Accueil du site > Actualités > Politique > Guy Môquet : la vérité escamotée

Guy Môquet : la vérité escamotée

« Victime de la barbarie nazie » ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.

Au lendemain d’une deuxième lecture obligatoire de la lettre de Guy Môquet dans les écoles, petit rappel à l’intention de ceux qui ont loupé cet épisode de Plume de presse saison 2 :

Henri Guaino, conseiller du président, explique à propos du jeune fusillé, dans Libération : "Il tombe victime de la barbarie nazie". La part de vérité de cette affirmation est si partielle qu’elle en devient presque mensongère. Ce sont certes les nazis - en l’espèce le général Stülpnagel - qui ordonnent qu’en représailles à la mort du lieutenant-colonel Holtz, abattu à Nantes par la résistance, on fusille 50 otages. Mais lesquels ? Les Allemands pucheun’interviennent pas dans le choix des victimes. L’homme qui désigne les suppliciés s’appelle Pierre Pucheu, le ministre de l’Intérieur de Pétain. C’est donc lui qui condamne à mort les 27 fusillés de Châteaubriant, groupe auquel appartient le jeune Guy Môquet. Tous sont communistes et le hasard n’a rien à y voir : Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d’ "éviter de laisser fusiller 50 bons Français". A ses yeux, un communiste n’est pas un bon Français. Or celui qui était alors le candidat Sarkozy a déclaré : "Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie". Absurde, puisqu’on a vu que Môquet est mort justement parce qu’il est communiste ! Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C’est tout simplement qu’il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : "plutôt Hitler que le Front populaire". Au moment d’entrer en politique, Pucheu n’est pas n’importe qui. "Administrateur des fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier, énumère l’ancien sénateur communiste Maurice Ulrich dans L’Humanité, il est l’un des plus éminents représentants de ce qu’on appelait alors le Comité des forges et de cette bourgeoisie qui, après le triomphe de Hitler, entend prendre sa revanche sur le Front populaire. Pucheu, donc, choisit. Politiquement. Charles Michels, secrétaire général des cuirs et peaux CGT ; Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT ; Jean Poulmarch, dirigeant du syndicat des produits chimiques CGT ; Jules Vercruysses, dirigeant du textile CGT ; Désiré Granet, dirigeant du papier-carton CGT ; Jean Grandel, secrétaire de la fédération postale CGT..." En somme, se débarrassant des syndicalistes, il joint l’utile (pour le patronat) à l’agréable (trucider la vermine rouge).

aodetteVoilà donc la vérité historique qu’il faut rappeler, à l’occasion de ce que le pouvoir a baptisé "commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés". En faisant d’abord observer que l’utilisation du mot "compagnons" est inappropriée et que le vocabulaire a un sens : les résistants gaullistes se donnaient du "compagnon" quand les communistes s’appelaient "camarade". Et Môquet lui-même parle de ses co-suppliciés ainsi : "mes 26 camarades". Mais évidemment, le mot "camarade" lui-même, fortement connoté, évoque le communisme comme si on le prononçait en langue soviétique, "tovaritch". On a donc remplacé le mot honni de la droite par un "compagnon" moins "ringard", dixit Guaino. Cette précision utilement apportée aux élèves, il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec l’Etat pétainiste, a profité de l’exigence allemande d’exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter. Et enfin leur lire la lettre de ce jeune homme de 17 ans, qui va mourir simplement parce qu’il est le fils de Prosper Môquet, député communiste élu en 1936, et que cette seule filiation suffit aux yeux du gouvernement français de Vichy à lui faire mériter la peine capitale. "Victime de la barbarie nazie" ? Plutôt martyr politique aux bourreaux bien Français.

Extrait de Guy Môquet, assassiné par le grand patronat français, 22 octobre 2007.


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106 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 23 octobre 2009 11:17

    à l’auteur

    « Pucheu explique clairement son choix comme dicté par la volonté d’ »éviter de laisser fusiller 50 bons Français« . A ses yeux, un communiste n’est pas un bon Français ». [...] "Et pourquoi Pucheu choisit-il les otages dans leur rangs ? C’est tout simplement qu’il est un digne représentant de cette droite collaborationniste viscéralement anti-rouges, au point de faire sienne la devise : « plutôt Hitler que le Front populaire ».

    Édouard DALADIER :
    Le 3 septembre 1939, il déclare néanmoins la guerre à l’Allemagne en raison de l’invasion de la Pologne par les troupes allemandes, et engage une politique anticommuniste suite au pacte de non agression signé par Molotov et Ribbentrop (mise hors la loi du Parti communiste français et interdiction de parution de L’Humanité, élus communistes déchus de leurs mandats).

    Guy MÔCQUET est arrêté le 13 octobre 1940 (il a 16 ans) au métro Gare de l’Est par trois policiers français dans le cadre d’un décret-loi d’Edouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste.
    Il est fusillé en 1941 dans le cadre de représailles sans rapport avec son arrestion de 1940.


    • alberto alberto 23 octobre 2009 11:17

      Bonjour, Olivier :

      Très bonne piqure de rappel à l’attention ceux qui font le tri dans les histoires de l’Histoire pour ne garder que celles qui peuvent servir leur idéologie !

      Quant à Pucheu, la collaboration ne lui a pas aussi bien réussi qu’à d’autres (je vous laisse le soin de trouver des noms...) car lui aussi a eu droit à la fusillation pour finir !

      Bien à vous.


      • wesson wesson 23 octobre 2009 11:58

        Bonjour l’auteur,
        et merci de cette petite plongée dans la France de nos élites, celle qui a accueilli le nazisme à bras ouvert et a massivement collaboré avec.

        sans cet aréopage de décideurs foncièrement anticommunistes et antisémites, l’Allemagne des nazis aurait nettement moins pillé la France au profit de leur effort de guerre.

        Et voir maintenant les gugusses sorti des mêmes moules en train de récupérer ce témoignage à des fins politiques, c’est effectivement proprement insupportable !


        • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 23 octobre 2009 13:08

          Votre phrase est replacée Wesson,une parti de « l’élite » à refusé le nazisme,la collaboration,dans toutes l’Europe.Peut-être que le sens du mot élite n’est pas le même pour vous,moi je préfère y incorporé d’autre que la droite argentée.


        • wesson wesson 23 octobre 2009 16:10

          Bonjour M. K,

          « ,une parti de »l’élite« à refusé le nazisme,la collaboration,dans toutes l’Europe »

          c’est bien pourquoi j’ai utilisé l’expression « dans la France de nos élites » qui à mon sens ne traite pas de ce qu’on fait les élites européenne, mais celles de la France.

          On pourrait aussi faire cet inventaire de l’élite européenne de ces temps là, mais c’est une autre question.

          « moi je préfère y incorporé d’autre que la droite argentée »

          D’une part, on n’a nullement besoin d’être argenté pour être de droite : il suffit de penser que l’on va le devenir, ou de penser que si on ne l’est pas encore, c’est de la faute des racailles/immigrés/jeunes/islamistes/etc etc rayez la mention inutile ....

          et d’autre part, je n’oublie absolument pas que par exemple Pierre Laval a commencé à la SFIO. C’est en montant son empire médiatique (radio / journaux) qu’il s’est franchement droitisé, un peu à la manière d’un certain ministre de l’intérieur, d’ailleurs.

          Donc je vous l’accorde parfaitement : Il n’y a pas eu que des gens de droite pour collaborer même si globalement, il y en a eu une majorité. De la même manière, il n’y a pas eu que des gens de gauche pour résister.

          Ce qui d’ailleurs a le plus contribué à grossir les rangs de la résistance, c’est la promulgation du STO. ça a été en ce sens plus efficace que n’importe quel discours politisé.


        • alberto alberto 23 octobre 2009 17:01

          Oui, Wesson, Laval, mais aussi Doriot, Deat, ont commencé « à gauche » pour finir dans les bras de Pétain et des nazis !

          D’ailleurs, en observant certains d’aujourd’hui , je me demande si en de telles circonstances...

          Bien à vous.


        • pierrix 23 octobre 2009 22:06

          Il n’y a pas eu que des gens de droite pour collaborer même si globalement, il y en a eu une majorité. De la même manière, il n’y a pas eu que des gens de gauche pour résister.

          Voilà un bel exemple de réécriture de l’Histoire à la sauce NPA, affirmée avec une belle assurance et complètement déconnectée des faits.


        • colza 25 octobre 2009 14:41

          Ne vous demandez pas, il suffit de voir comment certains acceptent, afin de garder leurs privilèges, de se laisser piétiner, insulter, dévaloriser par leur Président (c’est pas le mien), pour se rendre compte que si ce même Président virait Dictateur, ils deviendraient de parfaits serviteurs de l’Ordre Nouveau, prêts à toutes les infamies...


        • Milkka Milkka 23 octobre 2009 13:19

          Je viens juste de lire un document intéressant :
          Pouvoir politique :

          http://www.scribd.com/doc/2628906/Pouvoir-Politique-Au-Sujet-De-La-Base-Emotionnel-Du

          Il est grand temps que sa change !


          • fouadraiden fouadraiden 23 octobre 2009 13:26

            Excellent papier et très bonne « tentative » d’interprétation historique.


            • lolet lolet 23 octobre 2009 13:49

              « L’Elite française » de l’époque a profité de la collaboration mais a aussi aidé la venue du nazisme.
              Selon Pierre Hillard, les archives de l’époque le montrent clairement.
              On y arrive , patience ... l’incendie du reischtag, (11-9-2001) ; la vison de l’ennemi juif (musulman), la double parole, etc ...
              Demain, si la faim fait sortir le peuple du bois, il sera déjà trop tard : tout est prêt...


              • appoline appoline 23 octobre 2009 19:24

                @ Lolet,

                Vous avez raison, quand le peuple a faim, il n’est pas regardant, l’histoire est là pour le prouver donc inutile d’avoir fait l’ENA pour comprendre ce qui risque de se passer en cas de rififi, mais ça va être quelque chose. Notre élite soit disant prévoyante devrait quend même se méfier car les réactions peuvent être juste un peu différentes que celles escomptées.


              • Gazi BORAT 23 octobre 2009 13:55

                On peut adjoindre à la lecture de la lettre les derniers mots prononcés par les camarades de Guy Môquet fusillés avec lui.

                Notamment la phrase de Jean Pierre Timbaud, qui lança au dernier moment au peloton d’exécution un très européen :

                « Vive le Parti Communiste ALLEMAND ! »

                gAZi bORAt


                • brieli67 23 octobre 2009 15:13

                  cad dans l’esprit SPD « berlinois » d’avant « Tours » avant que Moscou ne récupère

                   et que le PCF ne se soumette au diktat ?

                  Les psy qq chose français ont longtemps lu et interprété du jargon de « Taty Bonaparte » au lieu de la v.o. La Gauche française que savait elle des « différents » allemands/berlinois ?

                • brieli67 23 octobre 2009 15:35

                  une petite note sur les lorrains DE WENDEL : maîtres des Forges


                  Cette dynastie avait des mines, des haut-fournaux .... et des politiques/députés dans les deux camps...
                  MAIS la « minette lorraine » un gisement énorme non tari (sic) a trouvé exclusivement sa transformation dans la Ruhr par tout un réseau de canaux payés bien sûr par le contribuable.

                  Alors on s’étonne du sort actuel réservé à la Région Lorraine....


                • Gazi BORAT 23 octobre 2009 16:34

                  Ach !

                  La famille De Wendel.. Une bonne partie de ma famille a travaillé dans leurs aciéries..

                  Famille bien placée politiquement : on y trouve même une Françoise de Panafieu..


                  http://www.republique-des-lettres.fr/10274-francoise-de-panafieu.php

                  gAZi bORAt

                • brieli67 23 octobre 2009 17:49

                  Gazi t’aurais aussi pu citer la saga des barons italiens.


                  en lieu est place de la progéniture du sportif « Suivez le boeuf » 

                  Les « Seillière » en fait Sellier de la Haute_vallée de la Bruche comme les LeGrand 

                  EAS/Ernekind se shootait à la chlorophylle du castel familial de Fouday loin de son Neuilly natal.

                • Loan 23 octobre 2009 13:58

                  Connaissant la vaste culture littéraire et historique du président, qui lui a soufflé le nom de Guy Môquet ? 


                  • sisyphe sisyphe 23 octobre 2009 15:00

                    Excellent rappel, Olivier.

                    Pour ceux qui n’ont pas vu récemment l’excellent « L’armée des ombres » de Guedigian, et d’autres, on rappellera aussi que la rafle du Vel’ d’Hiv’ a été entièrement organisée par la police française, commandée par René Bousquet, le secrétaire général de la police nationale, accompagné de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives,

                    Et, en écho au « Vive le Parti communiste Allemand » de Jean Pierre Timbaud, on se souviendra de la dernière lettre de Manouchian (l’affiche rouge), partisan communiste aussi, lui aussi assassiné, aves ses 23 camarades résistants par les allemands, après avoir été raflé par la police française (La Brigade spéciale n° 2 des Renseignements généraux), qui déclare :

                    "Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain.(...) Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand (...) Bonheur à tous.."


                    • Céphale Céphale 23 octobre 2009 15:17

                      Une autre lettre, sortie des archives de la préfecture de la Gironde :

                      Bordeaux, le 29 novembre 1940

                      Monsieur le Préfet de la Gironde,

                      Vous avez arrêté 148 communistes : c’est très bien. Mais beaucoup encore desservent notre pays, c’est pourquoi je tiens à vous dénoncer un certain Jeaubertie, André, 19, rue Porte Basse, qui mène une activité très cachée mais certaine et qui peut nous porter encore plus de préjudices. Il fréquente le Banque, rue de Berry, centre communiste notoire. En plus allié à certains Juifs de la rue Sainte Catherine. Son activité n’en paraît que plus dangereuse. Il serait bon, nous croyons, de mettre un terme à ces agissements. La Kommandantur est prévenue. Il faut débarrasser la France de tous ces criminels.

                      Merci d’avance. Vive la France.

                      Ces lignes sont écrites sans haine mais dans l’esprit d’aider à sauver notre Pays.

                      Respectueux sentiments.

                      Un groupe de Français


                      • Annie 23 octobre 2009 15:43

                        Est-ce que ce n’est pas encore plus effrayant lorsqu’il n’y a pas de haïne ?


                      • Annie 25 octobre 2009 19:39

                        @Chantecler,
                        C’est vrai qu’il est plus facile d’excuser certains gestes accomplis sous le coup de la colère, qu’une vraie saloperie comme cette dénonciation par des gens raisonnables.


                      • Serge Serge 23 octobre 2009 15:20

                        Très bien Olivier...et encore une fois merci de faire la démonstration que l’ Histoire n’ a d’intérêt pour Sarkozy et sa clique que dans la mesure où ils peuvent la falsifier et l’instrumentaliser au profit de leurs sordides intérêts.

                        Comme l’écrit le journal de Madrid « El Pais » en analysant le pourquoi du scandale du « fils de... »

                        « Les puissants... n’ont que faire de l’Histoire et de la mémoire future.Tout ce qu’ils veulent,c’est PROFITER DU POUVOIR...ILS SE MOQUENT DE CE QU’ILS LAISSERONT DERRIERE EUX. »


                        • Serge Serge 23 octobre 2009 15:36

                          Après relecture de ton article je pense que, encore plus que « l’oubli de mentionner Pucheu » , l’escamotage du « joli mot » ...Camarade ( réf. à la chanson de Ferrat sur la tragédie de Prague ) est le signe évident de l’instrumentalisation de la lecture de cette lettre aux lycéens...car les mots chargés d’Histoire sont une « force de frappe » qui doit,pour Sarkozy et sa clique,être détruite !


                          • Fergus Fergus 23 octobre 2009 15:57

                            Bravo, Olivier, pour cette mise au point historique sur un sujet qui me hérisse le poil depuis que Sarkozy et Guaino se sont emparés du sujet à leur profit, en se gardant bien de préciser le contexte de l’exécution de Chateaubriant. En omettant également de porter un regard sur leurs propres troupes au sein desquelles prospèrent des Pierre Pucheu en puissance.

                            N’oublions que Sarkozy, devenu par opportunisme politique si respectueux des héros morts, est aussi ce pitoyable gugusse dont le comportement a été si scandaleux auprès des anciens combattants des Glières.


                            • pierrix 23 octobre 2009 15:58

                              "Il faudra ensuite leur conter comment la frange la plus puissante du patronat français, en cheville avec l’Etat pétainiste, a profité de l’exigence allemande d’exécuter des otages pour éliminer ses opposants politiques en même temps que les animateurs du mouvement social, pour mieux le décapiter« .

                              Mouvement social ? La bonne blague. Le PCF n’est entrés en résistance que sur ordre, après la rupture du pacte germano-soviétique lors de l’invasion de l’URSS par les troupes de l’Axe le 22 mai 1941. Les »animateurs du mouvement social« ont laissé le soin à d’autres (le premier était Jacques Bonsergent, le 23/12/1940) d’inaugurer les pelotons d’exécution allemands tandis qu’eux-mêmes partaient rejoindre Staline »continuer la lutte contre le fascisme" (Maurice Thorez, Jeannette Veermesch et quelques autres). Une belle bande de faux-culs.


                              • alberto alberto 23 octobre 2009 17:16

                                Pierrix : « et quelques autres », mais franchement, ça n’a pas été la ruée !

                                Tandis qu’à droite y compris « la frange la plus puissante du patronat » c’est à la quasi unanimité qu’ils se sont jetés dans les bras des allemands !

                                Quelques exceptions, tardives, tel De La Roque, qui résistera, sera pris et fusillé...

                                Mais ça ne serait pas un peu pareil, aujourd’hui cette propension à se jeter dans les bras des étatsuniens ?

                                Je me demande...


                              • chips 23 octobre 2009 19:04

                                Non, ça c’est l’histoire officiel, la vrai celle qui est raconté par les résistants de tout bord lorsqu’ils étaient encore en vie est bien différente ... Ce sont ces témoignages qu’il faut lire ou écouter pas celle des récupérateurs , ou des faux résistants il y en eut beaucoup


                              • franc 23 octobre 2009 16:24

                                Mr Bonnet ,je ne comprend pas pourquoi vous mettez en cause la phrase « il tombe victime de la barbarie nazie » en sous entendant que les nazis ne peuvent être que des Allemands .

                                Non ,il ya des nazis dans tous les pays ,les races ou les religions .

                                Ce Pucheu comme tous les collabos français sont des nazis ,des nazis français ,parfois pires que les nazis allemands .


                                • pierrix 23 octobre 2009 16:32

                                  Non, nazi est un acronyme pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei en allemand et désigne le parti national-socialiste allemand.
                                  Pierre Pucheu n’était pas un nazi, mais un responsable politique français, membre d’un parti d’extrême-droite pro-allemand (le PPF). C’était un collaborateur, et d’ailleurs il a été fusillé pour ce motif.
                                  Seuls de rares français ont adhéré au NSDAP et méritent à proprement parler le qualificatif de nazis...


                                • Fergus Fergus 23 octobre 2009 16:44

                                  Je confirme le commentaire de Pierrix. Cela dit, Pucheu, s’il n’était pas Nazi au sens strict, était bel et bien fasciste.


                                • pierrix 23 octobre 2009 16:51

                                  Pas vraiment : un collaborateur. Il ne faut pas mélanger tous les termes, sinon on ne comprend rien à l’Histoire.


                                • Shaytan666 Shaytan666 23 octobre 2009 17:51

                                  Non Peureu n’était pas un fasciste, à l’époque uniquement les Italiens l’étaient.
                                  Ce mot est mis à toutes les sauces et galvauder pour indiquer que quelqu’un, à des opinions d’extrême-droite.


                                • Shaytan666 Shaytan666 23 octobre 2009 17:52

                                  Fallait lire Pucheu bien entendu. I-)


                                • pierrix 23 octobre 2009 18:02

                                  « Ce mot est mis à toutes les sauces et galvaudé pour indiquer que quelqu’un, à des opinions d’extrême-droite »

                                  Ou même de droite tout court (le terme fasciste est particulièrement goûté par l’extrême-gauche pour qualifier tout ce qui ne pense pas comme il faut).

                                  Pour rebondir sur le terme de fascisme : historiquement, on admet que l’Allemagne de Hitler et l’Italie de Mussollini sont des états fascistes. La Hongrie, à partir du coup d’état du parti des Croix Fléchées en 1944, peut aussi être qualifiée d’état fasciste pendant une brève période. La France de Vichy n’est pas, à proprement parler, un Etat fasciste. La composante véritablement fasciste, pro-nazie du régime de Vichy (la Milice) ne commence à prendre véritablement le pouvoir que lorsque ce régime est moribond, dans le premier semestre de 1944.


                                • pierrix 23 octobre 2009 17:30

                                  @alberto : votre vision de l’Histoire de cette période est datée et, excusez-moi de vous le dire, quelque peu orientée à l’extrême-gauche tendance stalinienne.

                                  Une large partie des cadres de la France Libre, à commencer par de Gaulle lui-même (de Hauteclocque dit Leclerc, Thierry d’Argenlieu, de Larminat, d’Estienne d’Orves, plus tard de Lattre...) ne sont pas vraiment des personnages marqués à gauche. Ce sont des militaires, patriotes, conservateurs de droite.

                                  De l’autre coté, une partie non négligeable des chefs des factions collaborationnistes sont issus de la gauche (à commencer par Jacques Doriot lui-même, ex-député communiste de Saint-Denis).

                                  Ce n’est pas si simple, si binaire. Voir l’exemple de François Mitterrand.


                                  • Shaytan666 Shaytan666 23 octobre 2009 17:55

                                    En France comme en Belgique, la gauche était très favorable à Hitler, ce n’est qu’en juin 1940 que les opinions ont commencé à changer chez certains, d’autres sont carrément passé à l’ennemi.
                                    Les communistes ont collaboré jusqu’à l’opération barbarosa.


                                  • pierrix 23 octobre 2009 18:17

                                    Les communistes ont collaboré jusqu’à l’opération Barbarossa.

                                    Pas tout à fait. Les communistes français s’en sont tenus à un attentisme officiel plus ou moins prudent, ont (tout de même) demandé l’autorisation de leur parti aux Allemands en juin 1940, et (tout de même) régulièrement condamné les gaullistes comme des représentants du capital dans leurs publications internes. Tandis qu’une minorité d’entre eux entrait, malgré les ordres du Parti, dans la résistance armée (en particulier dans le Limousin). Mais on ne peut pas dire qu’ils aient collaboré.
                                    Ceux qui ont collaboré activement avec les Allemands, ce sont les Soviétiques. L’URSS a participé au dépècement de la Pologne en 1940 et à l’extermination d’une partie de ses élites (Katyn). L’URSS a livré des matières premières stratégiques au Reich jusqu’à la veille de Barbarossa. Cette dernière opération a pris Staline complètement par surprise (malgré les informations qui lui parvenaient de Tokyo de la part de l’espion Richard Sorge).


                                  • chips 23 octobre 2009 19:15

                                    Lisez et écoutez ce qu’en dise les résistants de tout bord, les vrais je veux dire.

                                    Dire que les communistes français ont collaboré avec les allemands est honteux.

                                    A la fin de la guerre les citoyens français avaient eux compris parce qu’ils avaient vu.

                                    Que la descendance de cette droite réinvente l’histoire dont elle a été absente a part en collaborant est honteux.
                                    Qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain ? qui a collaboré activement ou passivement avec les nazis ? La droite n’a pas changé et elle ne veux pas assumer cette part sombre de son histoire, tout comme nombres de citoyens.
                                    Humainement et surtout politiquement cela est compréhensible.

                                    L’histoire restera , même si la vérité ne sera réellement reconnu comme telle que dans quelques décennies


                                  • Shaytan666 Shaytan666 23 octobre 2009 19:54

                                    Je reconnais que le « terme » collaboré était peut-être un peu fort, disons qu’ils étaient « passifs », ils suivaient en cela les ordres de Moscou.

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