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Handicap

Bien sûr beaucoup diront « laissez le temps au temps » et ils auront raison. Il est bien trop tôt pour porter des jugements de fond. En vérité le véritable verdict tombera dans 5 ans et c’est le seul qui compte.

Pour autant il n'est pas interdit de s’interroger sur la baisse brutale et rapide des cotes de confiance, à la fois du Président de la République et du Premier Ministre. Le désamour est obligatoire mais souvent il faut attendre un peu plus longtemps. Nicolas Sarkozy bénéficia d’un « état de grâce » dans les enquêtes d’opinion de plus de 6 mois, à l’image de François Fillon. L’usure serait-elle de plus en plus rapide ? La crise toujours plus menaçante serait-elle responsable ?

Il conviendrait plutôt de revisiter la campagne présidentielle et les premières actions gouvernementales.

Il n’est pas raisonnable, en premier lieu, de considérer l’élection de François Hollande comme une adhésion forte à la fois à la personnalité de l’homme et à son programme. Le candidat lui-même a d’ailleurs tout misé sur le rejet de Sarkozy. C’est bien ce rejet qui a été majoritaire le 6 mai, rien d’autre. En matière programmatique le candidat Hollande était par ailleurs très prudent, ne promettant pas la lune, exprimant clairement que les avantages à distribuer ici ou là ne le seraient que si la situation financière l’autorisait. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, ils ne peuvent être surpris par « un compte qui n’y serait pas » : quelques euros seulement par mois de plus pour le SMIC par exemple. Mais le rejet était plus fort que tout et rendait plus ou moins sourds le plus grand nombre.

En revanche des réformes sociétales, tel que le mariage des homosexuels s’annoncent prestement alors qu’elles ne faisaientt certainement pas partie des préoccupations prépondérantes de l’électeur. Bof se disaient-ils, « laissons-lui ses homosexuels » s’il nous débarrasse de Sarko et nous donne des emplois stables et des sous. Ils mesurent qu’ils vont sans doute connaître les réformes sociétales, neutres financièrement, sans toucher du doigt les avantages escomptés.

Il y a plus. Une majorité de nos concitoyens sont de plus en plus conscients que le nouveau gouvernement essaye de cacher les réalités et de masquer les mesures d’austérité qui s’imposent. Le fameux audit de la Cour des comptes, tant attendu, non seulement n’accable pas la gestion immédiatement précédente, mais réitère les nécessités de la rigueur budgétaire. Le mot reste toujours tabou pour les nouveaux à l’image des anciens, mais les gens ne s'y trompent pas et là encore ils n'avaient pas voulu entendre.

Dans ce contexte difficile très particulier le pouvoir ne donne pas une « prime » mais au contraire représente un handicap.

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2 réactions à cet article    


  • al.terre.natif 3 juillet 2012 17:25

    « les mesures d’austérité qui s’imposent »

    c’est déjà un jugement, que l’on essaye de faire passer comme une réalité qu’il serait fou de nier.

    Le mal est déjà fait : les consciences se préparent déjà à la grande saignée, à plus de serrage de ceintures, plus de galères pour ceux qui galèrent déjà, et une entrée en matière pour ceux qui ne galéraient pas encore...

    Pendant que nos sous s’évaporent entre remboursement d’intérêts impensables, et autres dépenses parfaitement inutiles, type armement nucléaire ! ....

    C’est bien, continuez cette propagande en faveur de la « rigueur », la fausse, celle qui demandera rigueur au peuple pour que d’autres puissent continuer de jouir toujours plus !

    Vous vous rappellerez peut être des ignominies jetées à la figure des grecs, ces mauvais citoyens qui ont la fraude dans le sang, lorsque vous mêmes serez pris en étau entre la « nécessaire » rigueur et l’appel de la faim !


    • JP94 3 juillet 2012 23:22

      1) Au nom de quoi ou de qui les mesures d’austérité s’imposent-elles ? Mémé Merkel par ci , la cour des comptes par là , les engagements européens antérieurs encore par ailleurs ... bref , à croire que l’énergique volonté de changement du parti au pouvoir est contrariée par un impondérable et funeste battement d’aile de papillon en Amazonie . Bien sûr qu’on y croyait ! Mais on pensait y croire pour 6 mois ... alors où va-t-on aller ?

      Les gens ne sont pas stupides et comprennent que ce nouveau gouvernement élu mène à présent une politique prévue de longue date , avec un discours de renoncement programmé et nécessaire pour satisfaire l’oligarchie européenne .

      Les politiques d’austérité sont pondues pour le peuple par des experts incapables de penser autrement et pour cause , ils ne sont pas touchés par l’austérité qu’ils préconisent : au contraire . On le savait .

      Et ces politiques d’austérité n’ont jamais eu les effets promis .... si elles sont poursuivies , c’est que la crise nourrit bien une oligarchie qui entend conserver ses prérogatives ... alors les experts sont là . Il n’y aurait plus rien à dire plus rien à faire . On le savait , mais ils auraient pu faire semblant . Là ils nous montrent qu’ils nous prennent pour des demeurés . C’est vexant .

      Et notre gouvernement marche en ce sens , sans aucune gêne , mais pour qui marche-t-il ?

      Un gouvernement qui ne lutte pas , est-ce cela qu’on a élu ?

      Les mesurettes ne peuvent faire illusion ...

      2) La remarque sur les changements sociétaux est intéressante car elle évoque aussi l’après-mai 1968 .... le changement sociétal est aussi une diversion en l’absence de progrès social .

      Mais Sarkosy en avait aussi joué , avec son numéro de président nouvelle façon ... trois compagnes en deux campagnes , d’un langage vulgaire au pays des Lumières, s’exhibant en parvenu anti-intellectuel ...

      Hollande joue le rôle inverse - il y est obligé - mais l’austérité demeure et le discours pseudo raisonné aussi . Bizarrement , derrière la façade repeinte de bleu en rose , les mêmes mains tirent les mêmes ficelles , usées jusqu’à la corde .

      Et puis quid des 60 points ? le PS semonce EELV pour le suivre sans barguigner à l’AN soi-disant pour les appliquer alors que le 1er à y renoncer est le PS : Voir Valls à l’intérieur ... Trompe l’oeil politique obligé : ces 60 points n’ont été mis que sous la pression électorale à la gauche du PS ... dont le véritable programme doit avoir l’aval de la Commission Européenne et là ce ne sont plus les 60 points , mais le TCE et son successeur ...

      L’idée étant de se remettre à faire une politique de gauche à temps pour 2012 +5 = 2017 ... pas évident avec le carcan qu’il instaure lui-même ( MES , Lisbonne , etc ) et cocasse si l’on songe que cette météo des crises est encore marquée du sceau de l’imprévisible .

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