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Accueil du site > Actualités > Politique > Histoire du mouvement souverainiste québécois

Histoire du mouvement souverainiste québécois

Plusieurs peuples ont acquis leur indépendance durant le XXe siècle. Depuis le début des années 1960, plusieurs Québécois sont devenus souverainistes. Dans ce texte, nous allons tenter de comprendre le phénomène, en explorant ce mouvement qui a chambardé le Québec contemporain. Nous allons aborder les débuts du RIN jusqu’à la création du Parti québécois, le référendum de 1980 et finalement le référendum de 1995.

Des débuts du RIN jusqu’à la création du Parti québécois

Le Rassemblement pour l’indépendance nationale a été créé en 1960 par d’André d’Allemagne, Pierre Bourgault et Andrée Ferretti. Ce mouvement fut créé en 1960 dans les années suivant la décolonisation de plusieurs pays d’Afrique. En ces années, le mouvement souverainiste se disait : pourquoi pas nous ? Ils se heurtèrent à l’opinion publique, qui affirmait à cette époque que la souveraineté du Québec était une affaire de jeunes cinglés. Cependant, lors de la campagne électorale de 1966, plusieurs personnes se sont intéressées au RIN, et celui-ci, avec le slogan : « On est capable Québec », remporta 5,6% du suffrage, une première victoire pour les souverainistes. C’était la première fois qu’un parti souverainiste faisait partie d’une élection. Ce parti ne se représentera plus à aucune élection, car il s’est dissous en 1969, lors de la création du Parti québécois par René Lévesque.

Le référendum de 1980

En 1980, à la suite de l’élection du Parti québécois en 1976, les souverainistes ont le vent dans les voiles. Le chef du Parti québécois, René Lévesque, propose donc à l’Assemblée nationale du Québec, le 1er novembre 1979, le livre blanc sur le projet de souveraineté-association. La souveraineté-association donne au nouvel Etat du Québec « le droit au Québec de faire ses lois, de prélever ses impôts, d’établir ses relations extérieures tout en conservant une association avec le reste du Canada » (extrait du discours de René Lévesque lors de la campagne référendaire de 1980)2. Lors de ce référendum, l’association souhaitée avec le Canada était une union monétaire et douanière, ainsi que des institutions communes servant à administrer les relations entre les deux pays. Ce concept était inspiré de l’Union européenne alors naissante. La campagne référendaire de 1980 a été une campagne remplie de rebondissements. La campagne prit son envol le 15 avril 1980, avec René Lévesque comme chef du oui, et Claude Ryan chef du non. Le 16 avril 1980, lors d’une conférence à Vancouver, le Premier ministre Lévesque propose le droit de retrait des programmes fédéraux moyennant compensation financière. Il laisse donc tomber le droit de veto historique du Québec. Lors d’une allocution, les premiers ministres de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de la Colombie Britannique refusent le projet de René Lévesque, et refusent le concept de souveraineté-association. Le 14 mai 1980, le Premier ministre canadien Pierre Eliot Trudeau a fait changer la campagne de bord lorsqu’il a dit la désormais célèbre allocution : « ..Nous voulons des changements. Nous mettrons nos sièges en jeu pour avoir ces changements ! »1. À partir de ce jour, le non devint plus populaire et avait le vent dans les voiles. Le 20 mai 1980, le résultat de l’élection tomba : le non remporta avec 59,56% du vote, contre 40,44% pour le oui. C’est ce soir-là que René Lévesque prononça sa célèbre allocution : « Si je vous comprends bien, ce que vous êtes en train de me dire, c’est : à la prochaine fois ! ».3

Le référendum de 1995

Après le rapatriement unilatéral de la constitution du Canada en 1984 et l’échec de l’accord du lac Meetch, les Québécois étaient de plus mécontents du gouvernement fédéral. C’est dans ce contexte que le Parti québécois alors au pouvoir décida en 1995 d’organiser un autre référendum sur la souveraineté. Les chefs du clan du oui étaient : Jacques Parizeau, Premier ministre du Québec, Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec et Lucien Bouchard, chef du Bloc québécois. Le clan du non, quant à lui, fut dirigé par Daniel Johnson, qui sera par la suite mis de côté par Jean Chrétien, alors Premier ministre du Canada. Au début de la campagne, alors que les sondages montraient une victoire du oui, le camp connaît une forte montée qui sera attribuée par plusieurs commentateurs des médias à la place de plus en plus importante que prend Lucien Bouchard, le chef du Bloc québécois de l’époque. Les sondages de 1995 montrent que plusieurs Québécois le trouvaient plus charismatique. Cependant, lors de la venue du Premier ministre canadien de l’époque Jean Chrétien, les vents ont changé de bord. La journée du « love in » et la promesse de Jean Chrétien de reconnaître le Québec comme société distincte ébranlèrent les Québécois. Le non remporta le référendum avec 50,8% du scrutin, contre 49,42% pour le oui.

Depuis le RIN jusqu’au dernier référendum, le mouvement souverainiste fait parti du paysage politique québécois. Personne ne connaît l’avenir, mais une chose est sûre : que ce soit avec ou sans le Canada, le Québec restera toujours une enclave française dans une Amérique du nord anglo-saxonne. Vive le Québec libre !!!

1 : citation provenant du livre La politique, écrits polémiques, de Pierre Bourgeault, PCL petite collection lanctôt, Outremont QC, 1996, 365p.

2 :citation prise dans le livre René Lévesque, portrait d’un homme seul, de Claude Fournier, les éditions de l’homme, Montréal, 1993, 336p.

3 :citation prise dans le livre René Lévesque, portrait d’un homme seul, de Claude Fournier, les éditions de l’homme, Montréal, 1993, 336p.


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4 réactions à cet article    


  • liberté chérie (---.---.252.50) 8 mars 2006 18:30

    Chers cousins - vous êtes bien aussi têtus que nous le sommes et recevez toute notre sympathie pour votre opiniâtreté ; votre article démontre que la résistance paie : il a été possible à « David » le québécois français d’origine, de damer le pion à « Goliath » le vorace anglo saxon... Le grand Charlie, en son temps, ne s’était pas fait beaucoup d’amis sur votre continent en clamant haut et fort son « Vive le Québec libre »... Il est vrai qu’il éprouvait - « ah, ces p...de français » - une certaine (probablement justifiée) méfiance envers la tentation (plus que jamais) hégémonique US...


    • òmedòc (---.---.19.33) 8 mars 2006 18:38

      Le Québec, c’est bien mais pour la Bretagne, l’Occitanie, la Corse ... on est déjà moins d’accord smiley

      On te la sert de suite « une et indivisible » ...


      • SaS (---.---.135.27) 9 mars 2006 07:48

        Juste une petite pointe de provocation : si un jour le OUI souverainiste quebecois devait l’emporter... permettrez vous aux anglophones du Quebec de tenir autant de referendums qu’ils le jugeront souhaitable jusqu’a la victoire de leur OUI pour un Quebec a nouveau canadien ?


        • Matthieu Bédard (---.---.214.18) 9 mars 2006 14:43

          Bonjour pour répondre à votre réaction. Les anglophones du Québec,n’auront qu’a s’assimiler à la langue française,ou à déménager. car étant en minorité ils n’auront pas le pouvoir de décider comme les autres francophones en ontario, au manitaoba et ailleurs qui se sont assimililés à l’anglais.

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