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Accueil du site > Actualités > Politique > Hollande en bonnet phrygien

Hollande en bonnet phrygien

Si les prédictions d’Emmanuel Todd se réalisent, François Hollande finira par se coiffer d’un bonnet phrygien.

Je reviens sur les objections qui ont été faites à Emmanuel Todd au sujet de son « hollandisme révolutionnaire » ; et en particulier sur celles qui m’ont été faites lors de la publication de ma petite contribution : Emmanuel Todd, prophète en son pays ?

Le principal reproche qui est fait à la notion d’« hollandisme révolutionnaire » est un reproche de naïveté. Comment François Hollande, ce fils spirituel de Jacques Delors, pourrait-il se métamorphoser en révolutionnaire ?

Démocrate et syndicaliste chrétien tenté par le PSU avant de promouvoir la « nouvelle société » de Chaban-Delmas, Jacques Delors est surtout connu pour avoir été :

  1. le premier ministre des finances de Mitterrand,
  2. le président le plus fameux de la Commission Européenne,
  3. le père de l’euro,
  4. le premier candidat potentiel à la présidence de la République Française qui viendra sur un plateau de télévision pour expliquer que finalement bref in fine il ne sent pas le truc et n’est «  pas prêt pour le job ».

Sur un point au moins, François Hollande diffère notablement de son père spirituel. Loin de venir sur un plateau de télévision pour expliquer que finalement bref in fine il ne sent pas le truc, il y déclamé quinze fois : « Moi président de la République »[1].

Sur deux autres points, il s’est contenté de ne pas suivre Delors : il n’a jamais été ministre ni président de la Commission Européenne. Il s’est contenté d’être pendant dix ans premier secrétaire du Parti Socialiste. [2]

Reste le 3ème point : Jacques Delors est un des géniteurs de l’euro.

J’y reviendrai pour finir. Mais, pour commencer, un petit paragraphe sur la naïveté d’Emmanuel Todd, puis un retour deux événements récents.

 

1) « L’hollandisme révolutionnaire »

 

On connaît le pari de Todd : Hollande commencera dans la modération et « devra opérer le tournant radical rendu inévitable par l'approfondissement de la crise ».

Dans Après la démocratie, il avait écrit :

« Dans l’histoire des démocraties survient toujours, à un moment décisif, la prise en charge par une partie de l’aristocratie des aspirations de l’ensemble de la population : une sorte de saut de la foi qu’accomplissent conjointement privilégiés et dominés »

On peut déplorer de ne pas voir les élites en passe pratiquer cette « une sorte de saut de la foi ». Mais voit-on pour autant les dominés être en passe de le faire ?

Certes, l’an passé, des mouvements de rue, des mouvements de foule, ont eu lieu. Certains ont « réussi » à chasser des « dictateurs ». On les a réunis sous le nom de « printemps arabe ». Dans les pays « démocratiques », les mouvements se sont réduits à des mouvements d’indignation. Ils ont pu faire semblant d’occuper Wall Street, mais la révolution n’a pas eu lieu outre-Atlantique. En Grèce, en Espagne, le nombre des Indignés a grossi avec l’aggravation de la crise. Mais ces deux pays ont fini par élire des gouvernements de droite qui n’étaient pas pour rien dans l’avènement de la crise.

Des mouvements de rue parviennent parfois à chasser un dictateur visible, incarné dans une mine patibulaire, soutenu par une clique ou un clan. Ils parviennent difficilement à s’en prendre à une oligarchie mondialisée, à une dictature invisible : « la dictature des marchés ».[3]

L’exception française aura été jusqu’à présent :

  1. d’élire un président normal issu de la gauche socialiste et européiste.
  2. de conserver dans son paysage politique une gauche non socialiste et critique envers le projet européen.

Ce président normal aura été élu plus étroitement qu’on aurait pu l’imaginer, mais le score des partis à sa gauche, on l’a vu, culmine à 15,12 % des votes exprimés.[4]

Pendant sa campagne, il aura un peu menacé la phynance, mais aura été avare de promesses. Sa pente « naturelle » serait de gouverner au centre gauche avec l’appui, dans un premier temps, des démocrates chrétiens et des écologistes anti-léninistes représentés par Daniel Cohn-Bendit.

On l’imagine difficilement sans rire coiffé d’un bonnet phrygien. Jean Luc Mélenchon vient de le comparer à Louis XVI, roi de France qui a perdu la tête. Pour l’instant, François II ne risque de perdre que sa majorité.

Jean Luc Mélenchon, lui, quoique professeur de philosophie, prend volontiers l’apparence d’un sans-culotte. Il vient de proposer ses services. Mais imagine-t-on François II le prendre à son service ? Les ouvriers sont-ils prêts pour une sorte de saut de la foi ? Ou cherchent-ils simplement à conserver leurs emplois ?

 

  1. Des gros mots, des grands maux et des biens bien acquis

 

Le 30 novembre, dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault , chef du premier gouvernement de François II, se félicite d’être parvenu à un accord avec le groupe ArcelorMittal et, donc, de renoncer au projet de nationalisation qui avait été envisagé depuis quelques jours. L’ancien maire de Nantes n’a pas peur des mots et déclare sans rire :

 « Le gouvernement a obtenu ces avancées grâce à la pression des salariés et à la mobilisation de l'ensemble des ministres concernés par le dossier »

La nationalisation reste pour beaucoup un gros mot depuis 1981. A l’époque, il s’agissait d’une mesure phare du « programme commun » de PC et du PS. Même si les deux partis s’étaient présentés séparément à la présidentielle (Marchais y avait gagné le surnom de Monsieur 15 %), François 1er avait tenu à conserver cette mesure qui était un « marqueur idéologique ». Après le tournant de la rigueur, les chose furent différentes. François 1er fut réélu avec le mot d’ordre du « ni-ni ». Puis vint le temps de la poursuite des privatisations entamées sous la première cohabitation.

Mais si la proposition nationaliser Mittal avait encore un caractère idéologique, elle avait un surtout un contenu pragmatique. Elle a d’ailleurs été présentée après sa mise entre parenthèses comme « une arme de dissuasion ».

L’idéologie était surtout du côté de celles et ceux pour qui nationalisation ne peut être qu’un gros mot. Le chœur des vierges effarouchées a été ouvert par Laurence Parisot : 

« "Je trouve dramatique de dire qu'a priori, on ne fait pas confiance, a priori, on doute, a priori, on accable notamment les familles entrepreneuriales ».

Puis elle ajouta en sussurant que le joli Montebourg avait déjà « critiqué la famille Peugeot en juillet, ce qui (avait) été cruellement ressenti par chaque entrepreneur français ».

Jacque Attali et Elie Cohen, ces deux chanoines, ont entonné de leurs voix graves des cantiques à l’Entreprise Monde.

Le premier, solennel : « La stratégie Montebourg est un échec ».

Mais Elie Cohen, toujours suave, avait déjà prophétisé avant l’annonce de Jean Marc Ayrault : « D’un point de vue juridique, économique, financier, et technologique, cette hypothèse de nationalisation est une absurdité. »

Ces deux clercs du capital ont toujours raison de leur point de vue, puisqu’ils ont tracé un « cercle de la raison économique » autour d’eux ; qu’ils n’en sortent pas et traitent de ratés ou absurdités ceux qui s’avisent d’en sortir.

Quant à sœur Laurence, on ne la savait pas si attachée aux valeurs familiales, mais on aura remarqué qu’elle est en voie de développer à sa façon l’analyse d’Emmanuel Todd sur les systèmes familiaux en créant cette nouvelle catégorie : « la famille entrepreneuriale ».

On serait tenté de dire : « Une idée qui ne plait ni à Elie Cohen, ni à Jacques Attali ne peut être complètement mauvaise ». Mais ils ne disent pas que des conneries. Ainsi, quand on demande à Elie Cohen pourquoi cette idée de nationalisation a été mise en avant, il répond sans sourciller :

« Pour des raisons politiques mais aussi symboliques. Depuis trente ans, les gouvernements successifs ont fait des promesses aux personnels de la sidérurgie et de l’industrie en général. Par leur échec, ils ont illustré cruellement l’impuissance du politique. L’idée est de restaurer le volontarisme politique, de montrer que l’Etat peut encore intervenir... Mais le coût serait trop élevé à payer. Dans le contexte actuel où le gouvernement est perçu à l’étranger comme hostile aux patrons, aux entreprises, à la mondialisation, une telle initiative serait désastreuse pour l’image de la France alors même que nous engageons un pacte de compétitivité pour restaurer notre crédibilité économique. »

L’ idée de nationalisation a été mise en avant pour répondre aux inquiétudes et aux angoisses des ouvriers de Florange. En ce sens, les raisons sont en effet « politiques mais aussi symboliques », comme elles sont aussi idélogiques et pragamatiques. Il s’agissait de rassurer à travers les ouvriers de Florange tous les ouvriers de France. Elie Cohen et Jacques Attali, eux, s’emploient à rassurer les marchés et « familles entrepreneuriales ».

Depuis des années, ils livrent sur les plateaux de télévision des analyses sur l’économie, l’Europe, la mondialisation. Par leur échec, ils ont illustré cruellement l’impuissance de l’expertise autoproclamée.

 

  1. heavy mittal ou mittal hurlant

 

« Le heavy metal est un genre de rock[1] apparu au Royaume-Uni et aux États-Unis à la fin des années 1960. Cependant, le terme de « heavy metal » est sujet à confusion car il peut prendre plusieurs sens différents selon le contexte dans lequel il est employé »

Wikipedia

 

Mais la semaine suivante sera cruelle pour Jean Marc Ayrault.

Le matin du mercredi 5 décembre, Le Canard Enchaîné publia des extraits de l’accord signé sous le titre : « L’accord secret Ayrault –Mittal est un peu miteux ».

Puis un portrait au vitriol du chef indien : « Rien à fer de Florange ».

Le soir même, le premier ministre recevait des syndicalistes déçus. Le lendemain, le journal Les Echos rapportait la réunion en ces termes : « Défendant le « compromis », désormais scellé avec le sidérurgiste, Jean-Marc Ayrault a insisté sur l'absence de plan social sur le site : « Beaucoup d'autres salariés en France, soumis aujourd'hui à des plans sociaux, voudraient bien en bénéficier ». » [5]

Et ce jeudi, à 11h, la Commission européenne annonçait que Mittal retirait le projet Ulcos pour le captage et le stockage du CO2 à Florange "à cause de difficultés techniques".

Puis, le vendredi, Europe 1 donnait en exclusivité la version du chef indien.[6]

« Nous ne contrevenons absolument pas aux accords passés. En 2006 Mittal Steel a présenté un plan industriel au gouvernement français. Il précisait quel le dernier haut fourneau de Florange fermerait en 2010. (…) Le gouvernement a été confronté à des pressions considérables de la part des syndicats qui demandaient que les hauts fourneaux demeurent en activité et le gouvernement a commencé à évoquer d’autres options, notamment la vente de l’intégralité du site, et même une nationalisation forcée. (…) ce langage anti-commercial a attiré l’attention non seulement de la presse française, mais aussi de la presse internationale, qui ont commencé à s’interroger sur le message que cela envoyait aux entreprises internationales envisageant d’investir en France (…) Il est évident qu’il n’est pas plaisant de se trouver dans une situation où de telles déclarations sont rendues publiques. Ce genre de déclaration doit également être déconcertant pour nos salariés, qui se demandent si cela pourrait réellement arriver. »

On voit par là que ce chef indien partage tout à fait les opinions de Laurence Parisot, Jacques Attali et Elie Cohen.

Europe 1 conclut ainsi ses révélations : « Le petit mot pour les salariés. "Je comprends ce qu’ils ressentent, cette situation a été déconcertante pour tout le monde. Je vous suis extrêmement reconnaissant de votre engagement et votre travail tout au long de cette période", remercie le dirigeant. »

Ce « petit mot pour les salariés » de Florange valait vient celui du Premier Ministre pour tous les salariés de France : « Beaucoup d'autres salariés en France, soumis aujourd'hui à des plans sociaux, voudraient bénéficier (d’un accord si bien négocié). »

Cependant, on peut supposer que l’ancien maire de Nantes a été « un peu vert » en apprenant que le chef indien se retirait du projet initulé : « The Incredible Ulcos. »

L’affaire ArcelorMittal fera peut-être l’objet d’une adaptation cinématographique dès l’année prochaine. Mais son animateur principal a déjà été le « sujet » d’un roman en 2009 : L'homme qui valait 35 milliards[7]. Ce que raconte ce roman, « c'est l'enlèvement de Lakshmi Mittal par un artiste plasticien révolté par les décisions du grand patron indien et de leurs conséquences sociales dans la sidérurgie liégeoise. »[8]

Un autre sujet de roman serait une recherche des motivations réelles du chef indien :

  • veut-il donner des raisons objectives au roman qui met en scène son enlèvement ?
  • veut-il donner à François II l’occasion de faire rapidement son tournant social (sans attendre deux ans comme dans l’imagination d’Emmanuel Todd ?
  • veut-il simplement continuer à « s’en mettre plein les fouilles » (comme disaient Les Deschiens) ?
  • ou veut-il, plus simplement, encore avoit les honneurs d’un morceau de rock social comme pouvaient en produire le groupe MC5 en Amérique au siècle dernier (ou le groupeTrust en France quelques années plus tard) ?

 

Kick Out The Jams

http://www.lacoccinelle.net/268348.html

http://www.youtube.com/watch?v=iM6nasmkg7A

 

Motorcity is burning

http://www.youtube.com/watch?v=NpDmIv93Qvs

 

Ramblin' Rose 1972

http://www.youtube.com/watch?v=IZbjseBPjhw

 

Anti social

http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=8KfolsHSPEs

 

 

Conclusion provisoire

On a appris depuis qu’un conseiller régional du Pas-de Calais a quitté le Parti Socialiste[9].

Il y a moins de trois mois, la revue Alternatives Economiques publiait un numéro hors-série consacré aux inégalités en France[10]. Thierry Pech y publiait un article intitulé L’essor des riches où il écrivait que « l’élection de François Hollande devrait marquer une rupture dans la politique fiscale à l’égard des plus fortunés ».

La même revue organisait le samedi 17 novembre un débat intitulé « Comment changer l’Europe »[11] Ce débat, animé par Thierry Pech, opposait Emmanuel Todd à Anton Brender (professeur associé honoraire à l’université Paris-Dauphine et chef économiste de Dexia Asset Management) d’une part ; et à quelques contradicteurs, d’autre part, dont Guillaume Duval (membre tout à la fois du Parti Socialiste et de la revue Alternatives Economiques). J’y reviendrai une autre fois si le temps le permet. Je note seulement ici la naïveté supposée d’Emmanuel Todd qui l’a conduit, au cours de ce débat, à se montrer « pas sympa » avec les sectateurs de l’euro. On l’entend même moquer un peu le président dont il a souhaité l’élection. Il va jusqu’à mettre en garde les socialistes au pouvoir en France qui attendent une embellie du changement de majorité en Allemagne. Il prophétise (comme à son habitude) que les dirigeants luthériens du SPD seront encore plus « nationaux » que les dirigeants de la CDU.

Après les Chroniques du règne de Nicolas 1er, on peut proposer quelques titres à Patrick Rambaud : « Hollande en bonnet phrygien », ou « en bonnet de nuit », ou « en bonnet d’âne »  ; et bien sûr : « Un vaurien qui valait 35 milliards. »

 



[1] A cette occasion, des Français par milliers ont appris avant de l’oublier aussitôt ce qu’est une anaphore. Wikidep le rappelle pour les étourdis : « « Moi président de la République » est le syntagme répété dans l'anaphore prononcée le 2 mai 2012 par François Hollande, au cours du débat télévisé de l'entre deux-tours l'opposant à Nicolas Sarkozy, lors de l'élection présidentielle française de 2012. Par synecdoque, il désigne surtout l'anaphore en question. »

[2] Beaucoup ont déjà rétorqué que, justement, pour s’être contenté de n’avoir été que premier secrétaire du Parti Socialiste et président du Conseil Général de Corrèze, et pour n’avoir jamais été ministre, il n’était pas «  pas prêt pour le job ». Et depuis longtemps tous ils répètent : « Je vous l’avais bien dit. ». Depuis, on a vu comment et combien l’ancien maire de Neuilly était « prêt le job ». Il a passé cinq ans à changer et à dire qu’il le faisait. Mais que faisait-il d’autre ?

[3] Si le dictateur visible est contraint à une répression violente, l’opinion mondiale sera contrainte à s’identifier à la foule réprimée et intervention militaire pourra même être envisagée au nom d’une exigence humanitaire. En revanche, la foule indignée qui manifeste contre la dictature invisible (les banques ou les bourses) sera vue avec sympathie dans un premier temps ; puis lors des premières violences, le projecteur sera mis sur les minorités extrémistes qui mettent en péril la démocratie. Et la démocratie est indissociable de la société de marché. Toutes deux sont très fragiles. C’est pourquoi il convient de les protéger par tous les moyens.

[4] Front de Gauche, extrêmes gauches d’obédience léniniste et/ou écologiste

[7] Nicolas Ancion

[10] Hors-série poche n° 56, septembre 2012

 


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3 réactions à cet article    


  • Ruut Ruut 10 décembre 2012 17:32

    Beaucoup de bruit pour un vent...
    C’est hélas fréquent en politique ces temps ci.


    • Nuccia Nuccia 10 décembre 2012 18:46

            Dernières nouvelles : L. MIttal n’est pas retenu prisonnier mais bien membre du conseil d’administration de Goldman Sachs depuis 2008 ,....


      Ce golden vicious détient lui-même en otage de par le monde des centaines de milliers d’ouvriers et la question qui se pose est bien celle du rôle de l’état , des représentants du peuple , de l’intelligence et de la place du politique face à cette situation 
      .
      A propos de nationalisation il y a une partie importante du PS , mais aussi des gaullistes et autres nationalistes ( M. Le Pen ) qui semblent partager ou caresser l’idée . Ce n’est pas étonnant ni gênant : il s’agit maintenant d’avoir des engagement clairs dans la lutte contre les délocalisations et contre l’abandon de la souveraineté populaire au profit du néo libéralisme .
      François II , encore un effort pour devenir républicain ?!

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