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Hymne à la joie pour Sarkozy et Marche funèbre au PS... Bayrou seul pour danser

UMP, Parti socialiste, MoDem : quatre mois après les Présidentielles, où en est-on ? Analyse par le maire centriste Luc Binsinger.

luc binsinger

Nicolas Sarkozy en “Hollywood Star”

Costume et cravate noirs, coupe de cheveux savamment masculine, teint hâlé et sourcils tirés à quatre épingles, Nicolas Sarkozy n’a visiblement pas été répertorié pour rien par le magazine Vanity Fair dans les hommes les plus élégants de la planète. L’intervention télévisée du chef de l’Etat ce jeudi 20 septembre 2007 semble directement inspirée du film Ocean’s Eleven : gestuelle identique à celle de Brad Pitt, caractérisée par la souplesse du poignet et la fermeté de la main - doigts dépliés mais en rangs serrés ; même allure de rigueur et d’aisance que celle d’Andy Garcia.

A ce plumage s’ajoutent un talentueux ramage et une force oratoire qui sont salués par la presse dans son ensemble : “Il y a du rédacteur en chef dans cet homme-là”, affirme Laurent Joffrin dans Libération en date du 21 septembre, tandis que Hervé Chabaud note dans L’Union : “Tel un acteur sur la scène, Nicolas Sarkozy vit à la télé sa passion de la France... Il sait prendre en douceur l’ascendant sur ceux qui l’interrogent”.

Ne lui ôtons pas ce mérite : son raisonnement et ses connaissances sont froidement techniques, mais le style est devenu chaleureusement affectif. C’est probablement dans cette union que réside le secret d’une séduction qui fait mouche au sein de toutes les catégories de la population. L’habilité et la capacité de Nicolas Sarkozy à osciller sans effort entre esprit technocratique et cœur ouvrier lui permet de se placer en père de tous, et de prendre chaque Français par la main pour lui dire les mots qu’il veut entendre. Le ton est juste, l’idée est forte, l’orientation précise et l’objectif ciblé. Comment dès lors ne pas avoir envie de le croire ou de le suivre ?

Pour autant, il faut toujours rester vigilant avec les « beaux parleurs », car l’art de communiquer n’est pas l’art de solutionner. Nicolas Sarkozy possède le « feu sacré » aussi parce que nous ne pouvons pas encore tirer le bilan des mesures prises. Si dans deux ans, échéance qu’il s’est lui-même fixée pour observer les premiers résultats de sa politique, la croissance reste atone, le pouvoir d’achat des Français continue à stagner, la délinquance s’aggrave en dépit de la mise en place d’une « République policière et judiciaire », et que le niveau de l’emploi et l’état de l’environnement ne s’améliore pas, alors il sera temps de lui reprocher non pas d’avoir agi, mais d’avoir agi avec précipitation... et mal agi.

Autres obstacles perceptibles : la culture du « moi ». Le « moi pour tous et tous pour moi » risque d’être mal vécu par une bonne partie de la classe politique. C’est d’autant plus probable, que le gouvernement actuel se singularise par son degré d’ouverture à gauche et que le président de la République cultive l’amertume au sein même de ses sympathisants, bien davantage que dans un régime de cohabitation.

La scène internationale n’est pas non plus son terrain le plus facile ; déjà parce que son talent oratoire s’arrête à la langue française. Ensuite parce qu’il est plus hasardeux d’imprimer une idée et un rythme « Sarkophage » à des Etats souverains et à des étrangers desquels il ne tire aucune légitimité, qu’aux Français qui ont voté majoritairement pour lui.

Enfin, parce que certaines de ses idées motrices ne sont pas à l’image de la réalité. Si l’on prend le thème de campagne de Nicolas Sarkozy, « travailler plus pour gagner plus » par exemple : le rapport du Bureau international du travail (BIT) publié en septembre 2007, montre que le travailleur français se classe au 3e rang mondial en termes de productivité horaire (35 US$ de richesse créée par heure), derrière les travailleurs norvégien et américain. Or, avec 10 euros pour les femmes et 12 euros pour les hommes (enquête Insee 2006 sur les salaires en France), le salaire moyen horaire du travailleur français se classe à la traîne des pays de l’OCDE, et notamment d’Europe de l’Ouest.

Alors, avant de songer à le faire travailler plus, ne serait-il pas normal que l’on rémunère d’abord le travailleur français, l’un des plus productifs au monde, à la hauteur de son effort et de ce qu’il mérite ?! C’est d’abord cela, la valorisation du travail...

Le Parti socialiste : dans la légende de Solutré

Avec près de 220 000 adhérents au moment de l’élection présidentielle, le Parti socialiste disposait d’un réservoir de votes inégalé par le passé qui lui permettait tous les espoirs. C’était sans compter les divisions internes et la stratégie de l’ex-couple Royal-Hollande à la tête du PS. Quatre mois après les élections, non seulement la défaite l’a emportée, mais le PS n’arrive toujours pas à se reconstruire. Il faut savoir que le Parti socialiste se structure autour de plus de 19 courants différents et autant de « petits leaders ». Les rivalités n’ont jamais manqué au sein de cette famille « recomposée », que ce soit entre Fabusiens et Hollandistes au moment du référendum sur la Constitution européenne, ou entre Royalistes et Jospinistes au moment du choix du candidat, voire Strauss-Khaniens. La phrase assassine du député Arnaud Montebourg, réélu de justesse, mais qui n’a pas manqué pour autant de pavoiser, symbolise à la fois cette rupture politique et intergénérationnelle, à la limite de l’arrogance.

Le livre de Lionel Jospin, rendu public au lendemain de la Fête de l’Huma le 16 septembre dernier, aura porté le coup de grâce en qualifiant Ségolène Royal d’incompétente ; ce à quoi elle répondit en l’accusant de racisme. Belle image de la famille socialiste. Rappelons toutefois, pour “l’ordre juste”, que Jospin n’a pas su passer le premier tour de l’élection présidentielle de 2002, face à un Jacques Chirac pourtant en fin de règne. Ici, c’est l’hôpital qui se fiche de la Charité.

La stratégie de l’ex-couple Royal-Hollande joue également un rôle dans cette déconfiture. Menant leurs troupes comme les chevaux ont été "sacrifiés" jadis à la falaise de Solutré, ils ont dit, et disent encore, mais séparément : « que ceux qui m’aiment me suivent ». Pourtant, si Ségolène Royal a reproché le manque de soutien des dirigeants du PS, elle ne s’est que peu interrogée sur la manière dont elle a géré seule, et sans concertation, la campagne présidentielle. De même, François Hollande, alors qu’il peine à remettre ses troupes en rangs unis sur le chemin de la sociale démocratie, se sent visiblement toujours le leader charismatique d’un PS qui réclame pourtant renouveau et changement.

Mais les vieux éléphants ne s’y trompent pas : Lionel Jospin, Dominique Strauss Khan, Laurent Fabius, Jack Lang... ont déjà choisi d’autres chemins que cette chevauchée mortelle.

François Bayrou : isolement ou indépendance ?

Le Forum des Démocrates s’est tenu du 13 au 16 septembre à Seignosse dans les Landes. Réunissant plus de 2 000 participants, cela a été l’occasion pour Français Bayrou de faire le point et de réaffirmer les valeurs intangibles que le Mouvement Démocrate défend. En ressortent, deux projets fondateurs, une Charte des valeurs et une Charte éthique en 12 articles chacune, véhiculant les valeurs démocratiques de liberté d’expression, d’indépendance, de pluralisme, de laïcité...

François Bayrou, dans son discours de clôture, a également souligné la nécessité pour la France d’avoir une offre politique riche et diversifiée, dans laquelle le MoDem a toute sa place. Il a rappelé le sens et le rôle d’un mouvement démocrate, en France, mais aussi dans le monde. Le MoDem compte aujourd’hui 45 000 adhérents, soit 15 000 de plus qu’en début d’année. En tant que délégué départemental de Meurthe-et-Moselle [ndla : Luc Binsinger], j’ai recensé 400 nouvelles inscriptions. Autant d’espoir, d’envie... Cet engouement est aussi enivrant qu’énigmatique sur les attentes, nombreuses, spontanées !

François Bayrou n’a pas manqué non plus d’évoquer les dissidents du Nouveau Centre, attirés par le pouvoir, et de marquer la différence de valeurs qu’il y a entre lui et Nicolas Sarkozy, avant d’aborder le rôle des institutions, mais aussi du citoyen dans notre société.

La richesse du discours de François Bayrou n’empêche pas cependant de constater que certaines questions majeures ont été éludées. Au-delà des valeurs qu’il défend, quelles directives et quels projets pour le MoDem pour les mois à venir ; le manque de consignes claires s’est fait péniblement ressentir au sein des participants qui n’ont qu’une envie : construire, agir. Pour preuve, les 700 contributions apportées par les militants pour construire le MoDem. Ce formidable bloc de sympathisants constitue une inépuisable énergie vive, d’actions et de réflexions, qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de gâcher.

La question de la place du MoDem sur la scène politique se pose également quand on voit la capacité d’ouverture de Nicolas Sarkozy. Sans attester qu’il est plus au centre que le centre, Nicolas Sarkozy a redéfini la « centralité politique » française et c’est lui qui occupe aujourd’hui, mieux que quiconque, le rôle de rassembleur et de catalyseur des énergies de gauche et de droite, auquel le centre prétendait. Le MoDem se retrouve de ce fait isolé, voire marginalisé, à l’Assemblée, comme au gouvernement.

Enfin reste la question du MoDem lui-même. Il est quand même formidable de continuer à se prévaloir de 7 millions de voix alors que moins de 2 millions de voix ont été réunies à l’élection suivante. A mon sens, on ne peut pas, politiquement et déontologiquement, rester sur cet acquis et refuser de se remettre en cause. Des points, voire des lignes et des positions sont très certainement à retravailler. Des observations sont également à prendre en considération, comme celles d’Hervé Morin, de Jean Arthuis ou de Jean-Louis Bourlanges qui, même s’ils sont considérés à tort ou à raison comme opportunistes, ont accompagné, travaillé et imaginé eux aussi le centre.

Par exemple, les conditions de la création du MoDem, décidée entre les deux tours de l’élection présidentielle, a laissé à bon nombre un goût amer. Ce n’était peut-être pas le moment le plus propice pour renouveler un parti qui a plus de trente ans d’histoire et qui méritait, à mon sens, une plus grande attention et la consultation de tous nos militants sur le sujet, éventuellement par voie référendaire. Le fait qu’à ce jour, il n’y ait toujours pas de congrès fondateur ni de bureau politique souligne un empressement qui a probablement été préjudiciable pour le parti et, je le pressens, amène son leader à douter.

Aussi me concernant, j’aime le centre et je veux un centre réuni, plus fort, mieux organisé, mieux structuré et intégré dans la vie politique française. Je veux un centre qui sait être libre sans se retrouver marginalisé, je veux un centre qui existe pleinement, vastement, et qui ne soit pas cantonné à un rôle d’équilibrage ou d’arbitre entre les autres forces politiques, je veux un centre autant capable de travailler avec l’actuel président de la République, qu’avec les plus petites minorités, je veux un centre qui écoute autant qu’il agit, je rêve d’un centre qui soit novateur dans ses actions, ses idées sans faire fi des enseignements du passé, je rêve d’un centre qui compose et partage avec tout le monde sans avoir à renoncer à ses valeurs, je veux un centre qui progresse au rythme des attentes des Français, mais toujours avec un temps d’avance, je rêve d’un centre qui brille par l’intelligence du projet de civilisation nouvelle qu’il sera capable de proposer aux Français et aux Européens pour les années futures... François Bayrou peut et doit y apporter toute sa force.


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21 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 24 septembre 2007 14:23

    « je veux, je veux, je veux ! » : bonjour Monsieur Sarkozy ! smiley


    • Bah ; je suis pourtant certain, pour deviner votre tendance politique que la fin a du vous faire plaisir smiley


    • La Taverne des Poètes 24 septembre 2007 15:36

      Oui, je suis d’accord quand vous dites « un centre qui progresse au rythme des attentes des Français, mais toujours avec un temps d’avance ».

      Sarkozy a toujours un temps d’avance pour faire croire au progrès mais ses réformes et ses idées sont régressives (parfois même dangereusement) à plus d’un titre.

      Il a débuté la campagne présidentielle aussi avec un temps d’avance, bref en trichant. L’arbitre aurait dû siffler le faux départ ! Seulement voilà, l’arbitre (Conseil constitutionnel) est un vendu et Sarkozy a pu utiliser la tribune et les moyens que lui offraient sa fonction de super ministre pour faire sa promotion personnelle. Sarkozy a pris de court les Français pour certaines réformes récentes...

      Bref : Tout cela pour dire qu’« un temps d’avance » ce n’est pas toujours dans ma conception d’une bonne démocratie.

      Il faut « savoir donner du temps au temps » et laisser courir le Sarko. Quand il chutera, on l’aidera à se relever - on n’est pas des chiens !- pour qu’il se tienne à nouveau debout mais il n’aura pas intérêt à tricher une seconde fois.


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 24 septembre 2007 14:56

      @@sparta furia,

      Joliment écrit mais néanmoins un article de propagande pour François Bayrou ... vous passez un peu rapidement aux pertes et profits le PS et ses « 19 » courants recensés.

      Sans nier que F. Bayrou trace habilement sa route avec beaucoup de courage, et c’est chose rare en politique ... il ne faut pas rêver à la disparition du PS, en conséquence de la création, voire, de sa réussite du MODEM..

      Il y a la place pour trois courants de pensées se partageant significativement les voix :

      -  un parti conservateur (l’UMP)
      -  un parti du centre (le MODEM°
      -  un parti de gauche social démocrate à la française (c’est à dire un peu plus à gauche que ses homologues européens).

      Bien à vous et mes amitiés à la Lorraine, terre de mon enfance et que je chéris.


      • @ jean Pelletier. Oui, mais avouez que la place laissée pour un supplément d’analyse, suite à votre excellent article sur le PS, début septembre, était minime... smiley Aussi je vous laisse tout soin de traiter plus en profondeur, les questions restées en suspens sur les deux autres partis, UMP et MoDem. Et revenez nous voir en Lorraine... à la saint-Nicolas par exemple smiley


        • Pelletier Jean Pelletier Jean 24 septembre 2007 16:35

          @sparte furia,

          lorsque mes enfants étaient plus petits je venais à Nancy tous les ans pour les fêtes de la Saint Nicolas et nous ne manquions jamais le défilé ... ; maintenant tout cela est bien loin... hélas.


        • BDS69 BDS69 24 septembre 2007 15:34

          Le centre dont vous parlez n’existe plus, en considérant qu’il ait vraiment existé un jour. Bayrou doit créer un mouvement politique INDEPENDANT, social-démocrate, puisque c’est la couleur politique de la majorité de ses adhérents et apte à proposer une alternative à la politique de Sarkozy. Sa seule chance de réussir est d’occuper rapidement l’espace laissé vacant par le PS moribond.


          • La Taverne des Poètes 24 septembre 2007 15:40

            BDS69 : absolument d’accord avec vous. Il faut ce regain de légitimité. C’est la bonne attitude, la « Bayrou’k’n’roll attitude » !

            A l’auteur : Vous aussi, baignez-vous tout nu dans l’océan démocratique !


          • l’avantage, c’est de cet océan, c’est qu’il n’y a pas besoin de savoir nager pour s’y épanouir


          • bernard29 candidat 007 24 septembre 2007 16:16

            Eh bien voilà, il y a au moins deux courants dans ce parti qui n’existe pas encore officiellement. Un courant dit « centre », qui n’est pas Nouveau mais presque, et un courant « ni-ni » autrement appelé « indépendant ». Il y a quelque chose qui coince « entre les deux chaises » pour pouvoir danser rondement.

            Deux réflexions quand même si vous permettez.

            a) Bayrou prônait une dose de proportionnelle de 50 % des sièges à l’Assemblée nationale . or qu’est-ce qu’on apprend. Avant même d’engager les négociations avec le PS sur l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, sujet qui sera au menu de la rencontre. "M. Bayrou préconise de réserver 10% des sièges aux partis ayant obtenu plus de 5% des voix au premier tour des législatives. Ce qui, calcule-t-il, lui aurait permis d’avoir 32 députés et non quatre. (Voir dépêche http://fr.news.yahoo.com/ap/20070924/tpl-reforme-institutions-hollande-bayrou-cfb2994_1.html )

            Quelle continuité dans ses engagements !!!

            b) A Seignosse donc ; « En ressortent, deux projets fondateurs, une Charte des valeurs et une Charte éthique en 12 articles chacune, véhiculant les valeurs démocratiques de liberté d’expression, d’indépendance, de pluralisme, de laïcité.. ». On peut quand même dire que c’est le plus facile d’établir des Chartes de grands principes ou de Valeurs, et globalement tout le monde peut en petre d’accord. C’est vrai que c’est un début, mais il y a loin des principes aux actes en général. L’organisation interne du Modem donnera d’ailleurs les premieres indications. Donc ne préjugeons de rien !!


            • tal 24 septembre 2007 18:04

              @ l’auteur

              Le danger c’est le populisme.Après les promesses tous azimuth viendra l’heure du bilan. Nous verons bien...Au-dela des effets d’annonce, il y a une réalité internationale et nationale qui risque de calmer les ardeurs du personnage.

              Gardons nous toutefois de tout procès d’intention et espérrons qu’il réussisse là où c’est nécéssaire.Ce qui semble le plus déranger la classe politique traditionnelle -et l’opposition encore groggy-, c’est de s’être vu couper l’herbe sous les pieds...


              • ernst 24 septembre 2007 19:37

                De quoi nous plaindrions nous ?... Que la mariée soit trop belle ?...

                Évidemment je n’ai pas voté Sarkozy, mais sincèrement, par des temps de faillite et de guerre - car nous n’y couperons pas après les attentats qui s’annoncent - je préfère avoir Monsieur Chic aux commandes que Ségolène la pusillanime !... Bayrou a loupé le coche, je le regrette mais son projet ne me séduisait que par l’idée de proportionnelle.Il a des habitudes d’instit’ qui ne sont plus de mise dans le monde de grands voyous où nous vivons.

                Et son projet majeur, c’est Sarko qui l’a réalisé.Kouchner aux Affaires, Dati à la Justice, jamais Bayrou n’aurait fait mieux et surtout aussi vite.

                Alors cessons de pleurer dans le potage, et tous pour un avec panache puisqu’il n’y a pas grand’chose d’autre à faire.Réglons nos dettes au mieux et au plus vite, tâchons d’imaginer que nous avons encore l’inventivité, la puissance de travail de nos pères, et le courage d’affronter un avenir qui s’annonce sans aucune sécurité, la Sociale étant en faillite, et la paix largement menacée par la guerre économique qui se poursuit en silence sous nos yeux depuis le 9 Novembre 1989.

                Encore autre chose.

                Il m’apparaît que les rédacteurs prennent davantage de plaisir à imprimer leur pensée qu’à réfléchir à celle des autres.


                • La Taverne des Poètes 24 septembre 2007 19:59

                  Le montagnard qui regarde vers le ciel sait juger de la grandeur des masses et de l’altitude des cimes. Le marin ne se reconnaît qu’un seul maître : l’océan. Il ne le défie qu’après avoir pris sa mesure.

                  La force est le mouvement démocrate en marche. C’est une vague immense qui a dépassé son point de non retour et qui ne peut désormais que grossir.

                  L’altitude c’est notre projet à nous Démocrates. Mais il nous faut croire en nous...

                  La vraie puissance, la vraie grandeur, la véritable élévation, nous les connaissons bien parce que nous nous baignons nus dans cet océan démocratique qui nous donne la vigueur et la légitimité.

                  Cette force grandit et pour grandir encore, il nous faut un adversaire à notre mesure. Il nous faut Sarkozy !


                  • Manuel Atreide Manuel Atreide 24 septembre 2007 21:12

                    @ l’auteur ...

                    Votre article décrit plutot bien un phénomène que pourtant vous ne mettez pas en évidence : les forces qui composent la vie politique française sont en décomposition avancée.

                    - Le P.S. actuel est à l’agonie. Après la défaite, les débauchages, les lachages, les fuites hors de l’arêne, le P.S. se trouve dans une position où il n’a plus ni projet politique cohérent, ni leader incontesté.

                    - Le MoDem est pour le moment evanescent. François Bayrou a mené une campagne présidentielle formidable mais il n’a pas su capitaliser les acquis et les défections des membres de son entourage immédiat ont laissé l’UDF/MoDem exangue. Pour le moment, l’affiche est belle mais la coquille est vide.

                    - Les petits partis sont moribonds, voire morts. C’est le cas des communistes, des trotskistes (malgré leur apparent succès, ces partis ne sont que des cadavres qui bougent encore), et les verts sont en très mauvaise position. Le FN ne va pas mieux, le charisme de son leader vieillissant masque mal le fait que le bateau prend l’eau de toute part. Et je ne parle pas des echecs comme le MPF ou le MRC.

                    - L’UMP n’est pas en meilleure position. On avait parlé d’un renouveau sous l’impulsion de Sarko. Ou en est ce parti ? A quoi réfléchit-il ? Quelle est sa plateforme ? Sa cohésion ? Le président a tout phagocyté, tout nivelé, tout écarté. La seule parole vient de lui, il est seul à détenir une légitimité. Le parlement, organe de parole des partis est aphone et impuissant.

                    La rupture beuglée par le président de la république n’est qu’un fard, un pauvre maquillage qui n’arrive quasiment plus à cacher le vide abyssal qu’il recouvre. Bien sur, les choses vont évoluer. Au P.S. comme au MoDem, les choses vont se clarifier, les appareils vont se réinventer pour mieux repartir de l’avant. Je suis plus sceptique sur le sort de l’UMP. le miroir aux alouettes pourrait déboucher sur une implosion lorsque les choses se feront plus dures. Sarko, seul au front, prend un risque énorme. Et son parti n’acceptera pas de couler avec lui. les vieilles divisions pourraient alors ressortir, exarcerbées.

                    L’avenir politique français est sombre. Et le ciel noircit à chaque jour qui passe.

                    Manuel Atréide.


                    • La Taverne des Poètes 24 septembre 2007 21:19

                      « Et le ciel noircit à chaque jour qui passe. » Tiens, moi j’aurais dit exactement le contraire ! Le ciel s’éclaircit de jour en jour. L’avenir s’ouvre devant nous mais il ne faut pas exiger de lui qu’il nous donne les plans...


                    • Pelletier Jean Pelletier Jean 25 septembre 2007 13:14

                      @manuel,

                      relis un peu l’histoire et tu verras que tout n’est pas si noir !!!  smiley


                    • Thierry LEITZ 24 septembre 2007 23:24

                      Bien vu les deux derniers commentaires : avant que l’orage n’éclate le ciel s’assombrit, c’est maintenant. L’orage va venir, la douche froide peut-être la tempête de grêle, et après seulement, le ciel clair... Vous avez sans doute raison tous les deux !


                      • Marianne Marianne 25 septembre 2007 11:23

                        Article très lucide, commentaires intéressants... Mais on dirait que vous vous placez tous en observateurs de ces partis politiques, comme devant un film dont on fait ensuite une critique, essayant d’anticiper son succès en salles. Alors que c’est à nous, citoyens, d’être acteurs de ce que va devenir la scène politique, le ou les courants qui l’emporteront en terme d’adhésion de la population, notamment par les adhésions de militants et les prochaines élections, et notre participation active à l’élaboration des projets. Soyez acteurs, signez les pétitions citoyennes de Vigilance Orange (une nouvelle vient d’être mise en ligne sur l’interdiction du déficit public de fonctionnement)http://vigilanceorange.hautetfort.com/

                        Et Bayrou a raison, un courant politique doit être tout d’abord défini par ses valeurs, dont découlent des priorités en terme d’actions, dans un contexte donné. L’axe référentiel droite-centre-gauche ne répond plus à la différenciation des courants aujourd’hui. Il faut passer à une géométrie politique à 2, 3 voire plus de dimensions (je prévois un article là-dessus). Si je vois encore une différence essentielle entre la gauche, la droite, ... c’est une approche philosophique différente de l’homme. Pour la lire, allez sur mes blogs : http://marie-annekraftblogpolitique.blog.20minutes.fr/ http://mariannerepublique.hautetfort.com/


                        • @ Marianne,

                          la qualité de votre commentaire corrobore la qualité de votre blog et il vrai que la valeur de l’Homme et du Citoyen est un sujet qui a été davantage abordé par le MoDem que par l’UMP ou le PS durant cette année. Cela souligne à quel point il est nécessaire que les citoyens constituent la base de la pyramide, mais également qu’on le retrouve, LE Citoyen, au sommet. Or il se trouve que dans le profil de l’UMP, c’est un seul homme qui supporte à la fois la base et la pointe. Quant au PS, il n’y plus ni base, ni sommet, tant il y a de rivalités.

                          En réponse à Ernst, vous avez raison, se pose également la question de la recomposition de l’échiquier politique français. Actuellement, il n’y a plus que deux « grands » artisans à la reconstruction. Nicolas Sarkozy qui redessine complétement les plans, mais qui demolit en même temps qu’il construit, et qui manie Politiques de Grands Chantiers et de Terres Brûlées, et François Bayrou qui essaye de valoriser l’existant, et de construire sans déconstruire.

                          Quant au PS, il s’épuise dans sa construction de tour de Babel... ce qui risque de donner une situation semblable à la crise que traverse l’extrême gauche.


                          • Je voulais dire à Manuel Atreide, et non pas à Ernst smiley


                          • Mais concernant le Modem, ce sont bien évidemment les citoyens militants qui sont appelés à être la matière première, l’architecte et le maître d’oeuvre de l’édifice

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