• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Hypocrisie, tractation et espoir - Paradoxe au congrès du Parti Vert (...)
78%
D'accord avec l'article ?
 
22%
(9 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Hypocrisie, tractation et espoir - Paradoxe au congrès du Parti Vert Européen

Douce journée de novembre. La fine brume qui enveloppe la région parisienne semble, à l'instar de la neige, étouffer le bruissement de la ville. La bibliothèque où je me trouve est envahie par une horde de gamins babillards. Autant pour le calme que je recherchais …

Il y a 10 jours, se fermait le congrès du Parti Vert Européen auquel j'assistais et je ne me décide que maintenant à remettre en ordre les notes prise sur place.

J'étais arrivé un peu après midi. Pas un gramme de haschich ni d'herbe à fumer, et pour seule consolation, l'espoir qu'il y aurait assez de bière prévu pour soigner cette gueule de bois. Si jamais il y avait de la bière. Je n'avais rien lu pour me briefer et je me suis dit : achète le Monde, puis quasi-instantanément, obscur imbécile. Il ne serait jamais en kiosque aussi tôt dans la journée. Et je doute qu'ils aient publié quoi que ce soit au préalable de ce congrès. Il ne semble pas intéressé grand monde.

[En effet, j'ai pu constater plus tard qu'il n'y avait rien dans Le Monde, et plus encore, que l'article pondu après la tenu du congrès par Anne-Sophie Mercier faisait passer le congrès du PVE pour une kermesse villageoise. Le journal n'en avait strictement rien à foutre.]

Il n'y avait aucune bière sur place ; j'avais bourlingué une bonne vingtaine de minute avant de mettre la main sur du café relativement buvable, bio évidemment, comme les pommes et les sablés. Les caisses de vin aperçu au détour d'un couloir m'avaient au moins rassuré sur la suite des événements.

Après avoir rencontré Marjorie Delmont du service de presse d'Europe Écologie – Les Verts, qui est au demeurant une charmante personne, et quelques encartés de la délégation française, j'appris qu'il ne se passerait rien d'intéressant avant 13h et le début des Parallel Sessions. Un coup d’œil sur le programme me fit décider d'assister au groupe de réflexion intitulé Des réponses efficaces aux populismes : un guide pratique. En ces temps où la majorité gouvernementale voit son idéologie en grande partie dictée par le collectif de député Droite Populaire, j'étais curieux de voir ce qu'en pensaient les écolos.

Il restait une grosse demi-heure avant le début. De quoi avaler autre chose qu'une pomme et deux sablés et contenter cet estomac vivant sur un reste de vodka.

Trouver un bistrot ouvert, aux tarifs corrects, un 11 novembre aux invalides est une chose que je ne souhaite à personne …

Enfin attelé au bar, je fis descendre un copieux sandwich avec beaucoup de Heineken, et je me demandais : Dans tout ce bazar de séminaire et de conférence, aurait-on aujourd'hui un éclaircissement sur les positions de ces dames ? Duflot et Joly étaient-elles d'accord sur la marche à suivre ?
C'était un moment d'extrême naïveté ; peut-être le bonheur d'être enfin sustenter m'avait-il ramolli.

J'avais croisé Mme Duflot pour la première fois en arrivant à la maison de la chimie, tandis qu'elle discutait avec quelques militants étrangers. Je m'étais dit qu'il n'y avait aucun intérêt que je tente de discuter avec. Pour lui dire quoi ? Que je détestais ses méthodes qui risquaient de faire d'Europe Écologie – Les Verts un parti lambda, sournois et conspirateur ? C'était sans intérêt de se mettre à dos la secrétaire dès les premières minutes sur place ... Mais j'appris peu après que je n'avais pas tort. Je digresse. Ce que je voulais dire c'est qu'on ne peut être d'accord avec Duflot, tout simplement car elle n'a pas d'avis tranché. Du moins tant qu'elle n'a pas avec certitude saisi le sens du vent.

J'ai peu de souvenir de l'atelier sur les populismes, et les notes pourtant fournies que j'éparpille sur les tables de la médiathèque municipale ne m'aident guère. Je n'y avais pas réfléchi avant mais il n'était pas ressorti grand chose de ces deux heures de concertation entre les différents partis verts. Ils s'imaginaient que leurs convictions, aussi fortes soient-elles, suffiraient à combattre la montée des discours populistes en Europe. Allez dire ça au écolos hollandais. « Say what you believe » répétaient-ils. Avoir foi, pour démonter à l'aide de rhétorique les arguments des nationalistes d'aujourd'hui, que sont la sauvegarde d'une identité et d'une culture nationale qui pourrait être mise à mal par un excès d'immigration. Seront survolé les possibles raisons économique : le sempiternel refrain « Ils nous volent nos emplois »si cher à Jean-Marie Le Pen ne semble plus si bien fonctionner. La démarche des verts européens serait donc de rallier les voix des extrêmes. Tactique loin d'être conne. En France, vider la gauche de Mélenchon rendrait les verts absolument indispensable au Parti Socialiste – s'ils ne le sont pas déjà, bien que s'étant mis stupidement en position de mendiant...

Seulement on n'en est pas là et la jolie volonté des militants écologistes est louable mais ne se fait pas encore sentir concrètement.

Je suis parti un peu avant la fin de l'atelier. De 15h à 15h30, c'était sérieusement mort … On discutait dans les coins, les membres des différentes délégations débattaient entre eux du projet commun du PVE. En quête de la délégation française, j'ai rejoint la salle qui leur était attribué. J'aurais aimé savoir ce qu'il risquait d'être abordé lors de la conférence de presse de 16h. Aurait-on quelques mots sur les tractations entres les deux partis ? Rien, pas un mot nul part. Personne ne semblait savoir et tous me renvoyait vers le service de presse du parti qui évidemment n'allait pas l'ouvrir à 30 minutes du début de la conférence.

Les verts français étaient surtout préoccupés par le parti allemand, qui à l'image de Merkel, refusait une perte de l'indépendance de la BCE. Un financement de la dette des états par la banque centrale européenne effraieraient le peuple allemand, terrorisé par une hypothétique inflation. Proposé une telle réforme serait une forme de suicide pour le Grünen qui est aujourd'hui présent dans la totalité des parlements des lands d'Allemagne.

Je suis ressorti de cette réunion avec l'impression que peut-être un jour, le Parti Vert Européen aurait une véritable unité politique sans que les idéologies des différents groupes européens ne viennent la foutre en l'air. Le rapport à l'écologie n'est pas le même dans toute l'Union et le PVE devra le comprendre pour pouvoir avancer.

En terme politique, la conférence fut d'un prodigieuse ennui, hormis que les propos de Duflot concernant le nucléaire sont, à la lumière de l'accord passé plus tard, sacrément hypocrite. Profondément antinucléaire, Duflot ne voulait « pas faire de concession », et répétera plus tard, lors de la préparation de la conférence plénière du vendredi qu'ils étaient prêt « à n'avoir aucun député. »

Aux alentours de 18h30, j'étais sorti avec la vague impression que le parti vert tenait quelque chose, une sorte de détermination optimiste, la sensation que tout ce qu'ils étaient en train de réaliser finirait par payer et qu'ils n'avaient plus besoin de demander la charité, car bientôt les français solliciterait un parti plus propre, plus intègre et couper d'un monde politique aux vitres opaques derrières lesquelles se négociait leur avenir, aux détriments de leurs véritables besoins.

******

On sentait pas mal d'espoir en ces murs de la maison de la chimie. Les militants du PVE semble prendre conscience, à travers l'Europe qu'ils pourraient peser dans la direction de l'union. Qu'à travers les petites victoires de chaque parti vert, se dessine peut-être la route vers une écologie influençant les décisions des gouvernements, et, à termes, un parti vert à la tête d'un pays européen. Une force tranquille, sûr de ses choix et de son orientation, et qui, à l'image d'une inattendu Cécile Duflot, ne se reniera pas pour une poignée de siège de député. Politiquement parlant, c'est sûrement stupide, mais cela donne une image différente de ce que rejette habituellement le paysage politique français.

En ces temps de mise en évidence de la décadence du système, ça pourrait finir par plaire au français.

Voilà ce que j'ai écris au terme de la conférence de presse du vendredi. « Une inattendu Cécile Duflot ». Sombre con que je suis. Il n'y a rien d'inattendu chez Cécile Duflot., sinon sa place sur l’échiquier politique – Quand la 7ème circonscription parisienne est plus importante à vos yeux que vos convictions sur une question aussi cruciale que le nucléaire, que faites-vous chez les verts ?

La presse nous a bassiné toute la semaine avec le silence de Joly, son hypothétique retrait, sa non-campagne. Que Dieu lui vienne en aide, car ce n'est pas avec une bande de vautour pareil qu'elle s'en sortira. Et si elle abandonnait, qui aurait l'audacieuse connerie de lui en vouloir ?

Nicolas Sarkozy avait compris, en 2007, que l'appareil de l'UMP lui serait indispensable pour remporter la présidentielle. Le PS l'a saisi, et a fait en sorte que tout les pontes du parti soit derrière Hollande une fois celui élu candidat.

Et Europe Écologie – Les verts ?

Personne n'a l'air de vraiment piger le truc, et c'est Cécile Duflot qui incarne le mieux ce manque de compréhension, de jugeote ou de volonté. J'avais pointé son arrivisme et sa cupidité, mais jusque cette interview chez Bourdin le 25 novembre, j'étais passé à côté de son hypocrisie.

A t-elle osé affirmé qu'il fallait tous être derrière la candidate élue, qu'il vente, neige ou grêle ?

C'est elle et ses basses tractations de politicarde qui ont coulé la barque de Joly. A demandé l'aumône ainsi, à un parti qui n'a encore que des sondages à offrir, elle a sacrifié la candidature de son parti sur l'autel de sa précieuse circonscription.

La détermination et l’intransigeance qui était l'âme de Joly, ont été torpillé !

J'étais venu à ce congrès pour saisir ce qui n'allait pas chez Europe Écologie, mais il fallu attendre les jours qui suivirent pour bien le comprendre : penser qu'un parti pouvait aujourd'hui se démarquer des autres par une intégrité à tout épreuve était utopique et se devait être ce que pressentaient nombre de français. La gourmandise de certain haut placé aura eu raison de la volonté et de l'optimisme naïf des militants qui voyait en EE-LV le moyen de faire de la politique autrement.

Quelle différence finalement, entre socialiste et écologiste ? Chacun se trouve être la catin de quelqu'un.

par samy (son site) lundi 28 novembre 2011 - 4 réactions
78%
D'accord avec l'article ?
 
22%
(9 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox