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Accueil du site > Actualités > Politique > Il faut baisser le Coût du Capital

Il faut baisser le Coût du Capital

Politique, Economie, Campagne

En ces temps de période électorale et après 30/40 ans d’une vision unique, je propose une nouvelle approche, qui pourrait aussi devenir un vrai slogan de campagne.

IL FAUT BAISSER LE COUT DU CAPITAL !!!!!

Reprenons les différents paramètres du coût des produits :

- Le coût du Travail

- Le coût des Matières Premières

- Le coût Fiscal

- Le coût du Capital

Les 2 premières catégories de coûts font depuis des années l’objet d’une attention permanente de la part des entreprises, et génère la forme moderne de l’esclavagisme : faire travailler des gens pour une misère et faire en sorte qu’ils vous disent merci.

La 3ème catégorie, nos gouvernements successifs s’y sont attelé : baisse des impôts société, pas de lutte contre les paradis fiscaux dans lesquels les grandes entreprises localisent leurs profits (grâce au gentil mécanisme des prix de transfert dont personne ne parle jamais).

Il est maintenant temps de s’attaquer au dernier paramètre, et de Réduire le Coût du Capital.

En effet, le taux de rendement actuellement exigé par les investisseurs au capital des entreprises (15% à 18 %), est à peu près celui qu’ils exigeaient au début des années 1980, époque où l’inflation était de l’ordre de 13% et les taux d’intérêts autour de 15 à 18% soit donc un rendement « réel » de l’ordre de 3% à 8% selon le risque.

Depuis l’inflation rampe autour de 2-3 % et les taux d’intérêts autour de 4 à 6 %. Par contre les taux de rendement demandés n’ont pas baissé. N’y a-t-il pas là un handicap important au développement de l’activité économique, et une prédation excessive des financiers ?

Comment un petit entrepreneur peut-il espérer trouver des fonds propres pour créer son activité s’il ne s’appuie pas sur un nouveau brevet, ou un nouveau concept d’entreprise, qui sont les seuls actuellement à pouvoir faire rêver un investisseur ?

Un peintre, un mécanicien auto, un commerçant vont avoir de grandes difficultés à trouver les fonds propres permettant de créer leur activité et les emplois associés, car ces activités traditionnelles et essentielles au bien vivre en société ne produisent pas ces rentabilités de 20%. C’est comme ça que se détruisent nos centre-ville, nos commerces, nos artisans. A cause de la difficulté à lever des fonds propres à des prix raisonnables.

Il est enfin temps que la baisse de l’inflation se traduise en baisse du Coût du Capital, de ramener à son niveau historique de 2% à 3% au dessus des taux d’intérêts le coût du Capital soit donc autour de 7% à 9%.

Il est temps de mettre en place les politiques favorisant la baisse du coût du capital, il est enfin temps de faire apparaître cette question dans le débat politique et économique !!


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16 réactions à cet article    


  • sleeping-zombie 9 mars 2012 15:01

    Décidément, les économistes bourgeois sortent du bois en meute aujourd’hui...

    Petit rappel, le prix d’un produit c’est uniquement :
    -les salaires des ouvriers
    -la marge bénéficiaire des bourgeois.
    (pour adopter une rhétorique marxiste)

    - Les matières premières n’ont pas de cout. Si l’or est plus cher que le fer, c’est pas parce que « l’or est plus cher que le fer, parce que l’or gagne plus », non, c’est parce que c’est plus rare, et qu’a quantité égale, il faut payer plus de monde plus de monde pour en trouver. « Les matières premières », ce n’est jamais que de l’extraction, du raffinage et du transport. Et ces coûts ne sont que les salaires des gens qui font ces tâches.

    - « Le cout fiscal », est complètement artificiel. On pourrait basculer toute la fiscalité en impôts direct et supprimer la TVA. Mais on ne le fait pas. C’est un choix de société (auquel je n’adhère pas d’ailleurs), mais je ne suis pas sûr qu’on puisse dire qu’il s’agisse d’un « cout » économique.

    - le « cout du capital »... Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? tu peux définir ? Juste un autre mot pour décrire la marge bénéficiaire des bourgeois/rentiers/patrons/actionnaires ?


    • calimero 9 mars 2012 21:23

      - le « cout du capital »... Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? tu peux définir ?

      J’ai justement tenté une petite définition extensive dans ce papier.


    • epicure 9 mars 2012 22:01

      Je ne suis pas un expert en économie, ni en comptabilité, mais ce que tu dis est très simpliste.
      La marge d’un entreprise c’est le chiffre d’affaire moins tous les coûts.
      Et il n’y a pas que les salaires comme coûts de fonctionnement de l’entreprise, tu as les impôts, le matières premières, les frais de fonctionnement (dont l’électricité etc...) , enfin bref tout ce que tu dois payer pour faire fonctionner l’entreprise.
      Après il y a les bénéfices qui peuvent être réparties en deux destinations :
      l’investissent, et l’intérêt financier.
      Donc si l’on demande une hausse de l’intérêt financier de 15% alors que la société ne peut offrir que 3-4% de croissance, cela va se faire sur ce qui est compressible : les investissement, donc le futur de l’entreprise, et les salaires par compression des emplois.

      Ce n’est pas un système viable à long terme sans « prothèses » pour maintenir le système à flot, ceci passe par l’endettement des ménages et de l’état, pour maintenir le flux d’argent, sauf que la prise d’intérêt diminue les marges des ménages et de l’état.
      Et au final : subprime pour vendre des maisons, et hyper-endettement des états, d’où la crise actuelle.

      Donc oui l’intérêt financier est un coût quand il sacrifie le reste au nom d’une course folle aux rendements à court terme.


    • JPhilippe 10 mars 2012 00:09

      Voir ma réponse ci-dessous.

      Le problème viens de ce qu’un coût de capitaux propres trop élevé aboutit à l’abandon de nombreux projets que l’on pourrait trouver viables.

      On explique généralement, c’est qu’un coût élevé pour les fond propres est là pour rémunérer le risque pris par l’investisseur. Des taux de 15% a 20% sont sans doute adéquats pour une « start-p », mais pour une entreprise industrielle ayant pignon sur rue, la prime de risque devrait rester autour de 2 à 3 %.


    • Kalki Kalki 10 mars 2012 10:50

      robot travaillez plus

      le travail c’est la santé,

      ne rien faire c’est la garder


    • sleeping-zombie 10 mars 2012 10:56

      @JPhilippe (et epicure)
      Au vu de tes différents commentaires, voilà ce que je comprends sur « le cout du capital ».

      Un entrepreneur veut monter une boite, il a besoin de locaux, de payer les 1ers salaires, éponger les 1eres pertes (faut être naïf pour croire qu’on fait du bénèf dès la 1ere année). Et n’a pas l’argent en poche. Il sollicite donc un investisseur (banquier, homme d’affaire, usurier), qui lui fait un prêt à x%. Chaque année, il doit donc rembourser une partie de son prêt, plus les intérêts. Apparemment, c’est ce que tu appelles le « cout du capital ». Évidemment, plus le prêteur est avide, plus ce coût est élevé et moins l’entreprise sera viable.

      Après, on peut examiner les budgets à la loupe, et au lieu d’avoir une rubrique « alimentation », faire une rubrique « salade », une autre « pâtes », une autre « viande » etc... et ainsi complexifier là où ce n’est absolument pas nécessaire. Epicure me fait remarquer que j’ai une approche simpliste, c’est tout à fait vrai, et totalement volontaire. L’article portant sur le contexte économique « en général », je ne vois pas l’intérêt de sombrer dans les détails.
      Mon approche simpliste se résume à peu prêt à ça : l’argent n’est pas de la richesse, et ça ne sert qu’a déclencher un travail. Les matières premières, c’est le travail de ceux qui les cherchent, l’électricité c’est le travail des électriciens, les impôts c’est le travail des profs, des policiers et des médecins (essentiellement).
       Dans la petite histoire que j’ai raconté au premier paragraphe, quel travail est rémunéré par le « cout du capital » ? Qu’a apporté le banquier dans cette histoire ? Rien d’autre que son avis, son autorisation. « cette entreprise marchera, par ce prêt, j’autorise sa création ». Une entreprise mal montée ou inutile sera retoquée. Une entreprise bien fichue et utile sera validée. A une autre époque, ca correspondrait à un édit royal, avec don de quelques esclaves/serf.
      Ou est-ce que le bât blesse dans cette histoire ? idéalement ça marche très bien...
      -1er défaut : ce dogme économique, propre au capitalisme, repose sur l’équation « utile=rentable ». Ce n’est vrai que lorsque tout le monde à de l’argent. Pour peu que l’argent se concentre en masse dans trop peu de mains, et ça cesse.
      -2eme défaut : le banquier ne raisonnera pas en terme d’utilité, mais de rendement. Et dans cette histoire, plus il a de doutes sur la solidité de l’entreprise, et plus il prend de risque sur son retour sur investissement. Plus il prend de risque, et plus il doit compenser par un taux d’intérêt élevé, et plus il met un taux d’intérêt élevé, moins l’entreprise sera solide. Cercle vicieux.

      Je reviens à une vision plus simple : le cout d’un truc, c’est jamais que la somme du salaire d’un ouvrier et du bénéfice d’un bourgeois. Les taux d’intérêt des prêts, même s’il correspondent à une petite part de travail (l’évaluation du projet d’entreprise), tombe essentiellement dans la catégorie « bénéfice du bourgeois ». De ce point de vue, je suis d’accord, c’est beaucoup trop élevé.

      (et au passage, m’excuse pour l’expression "économiste bourgeois, c’était injustifié, et j’étais encore sous l’influence néfaste d’un autre article qui disait exactement le contraire de celui-ci. Du coup j’ai mal lu celui-ci)


    • Robert GIL ROBERT GIL 9 mars 2012 15:26

      On nous dit « vous devez travailler plus », comme si l’on ne travaillait pas assez. Mais l’on supprime les emplois pour les remplacer par des machines. Et plus la technique avancera, moins il y aura besoin de personnel, alors il ne faut pas travailler plus, mais travailler moins et travailler tous .............
      http://2ccr.unblog.fr/2010/11/04/creer-de-lemploi-ou-des-richesses/


      • alain_àààé 9 mars 2012 16:19

        JE SUIS D ACCORD AVEC TOI GIL C EST UN FAIT QUE L ON NERETROUVERA PLUS D EMPLOI DANS L AVENIR CAR LES ROBOTS REMPLASSENT LES GENS ET JE PRENDRAIS L EXEMPLE DE CE MATIN A LA TELE OU ON A VU UN ROBOT QUI NETTOYAIS LES VITRES D UN IMMEUBLE


        • JL JL1 9 mars 2012 16:49

          JPhilippe,

          je crois que vous devriez vous informer : vous semblez confondre capital et dettes.

          On peut dire que le capital est une dette à durée indéterminée qui, contrairement aux emprunts, n’a pas vocation à être remboursée aussi longtemps que vivra l’entreprise.

          Vous avez raison, d’une certaine façon, la rémunération du capital est un coût, mais je ne suis pas sûr que la symétrie que vous faites est pertinente.

          En système capitaliste normal, c’est la rémunération du capital qui est la variable d’ajustement : les dividendes sont la répartition du bénéfice, quand ’il y en a.

          Dans le capitalisme débridé, fou, celui que nous vivons, la variable d’ajustement c’est l’emploi. Les travailleurs sont devenus de la chair à profit. Et c’est ça qu’il faut changer.


          • JPhilippe 10 mars 2012 00:04

            Cher JL1

            Malheureusement, il se trouve que je suis un de ces « financiers sans morale ».

            Je me souviens de plusieurs études que j’ai réalisée sur le cout du capital.
            Le principe, c’est de prendre le coût de la dette, de le réduire de l’impact du taux d’imposition, puis de l’augmenter du cout des capitaux propres (pondéré par la part de capitaux propres).

            Pour la pertinence, vous trouverez tout dans le « Brealey & Myers » bible de tous les MBA depuis plusieurs dizaine d’années.

            Mon but en écrivant cet article est surtout de faire réfléchir et de trouver un autre coupable à la déconfiture de l’industrie occidentale.

            Ce Cout du capital, sert ensuite à déterminer l’intérêt des investissements.
            Si la rentabilité attendue d’un projet est :
            - supérieure au coût du capital calculé, le projet est acceptable.
            - inférieure (c’est à dire si la valeur actuelle des cash flow est négative) alors le projet est abandonné.

            Donc le coût du capital a une véritable importance, puisqu’une valeur trop élévée amène à abandonner des projets qui pourtant pourraient créer de l’emploi, permettre un développement sociétal, et réaliser des entreprises qui verraient leurs résultats rester positif.

            Le coût des Capitaux Propres, est une mesure de l’avidité prédatrice d’une société


          • JL JL1 10 mars 2012 08:35

            JPhilippe,

            désolé, mais vous êtes entrain de m’expliquer les règles d’un jeu très compliqué auquel je n’ai pas du tout envie de jouer. Pire, un jeu que je considère comme attentatoire à la bonne marche de la vie sur terre.

            Vous dites : « Le coût des Capitaux Propres, est une mesure de l’avidité prédatrice d’une société »

            Je vous mets au défi d’expliquer clairement ici ce qu’est « l’avidité prédatrice d’une société ».

            Attention, il y a un piège : cette expression contient deux concepts.


          • JL JL1 10 mars 2012 19:00

            JPhillippe,

            dois-je conclure de votre non réponse que les financier sans morale que vous êtes est aussi sans fairplay ?


          • JPhilippe 10 mars 2012 19:48

            Il se trouve simplement que la vie réelle occupe une grande partie de mon temps.
            Par vie réelle, je pense course, cuisine, famille, et que je ne passe pas ma journée derrière un ordinateur !
            Pas question de fair play la dedans, mais plutôt disponibilité.

            Quand au fond de l’article, mon seul but est de faire réfléchir, et de mettre en avant un concept alternatif au « Le Travail coûte trop cher ». !!

            En effet, ce « Coût du Capital », qui parait compliqué, mais n’utilise que les opérations simples de l’arithmétique, à malheureusement un impact très fort dans la vie économique.

            De nombreux projets, qui pourraient avoir un impact social intéressant, en particulier en fournissant du travail à des gens qui en cherchent ne sont pas développés car leur « rendement » n’atteint pas le seuil fixé par l’investisseur.

            Donc remettre en cause le seuil à partir duquel se prennent les décisions d’investissement me parait légitime.

            Dire qu’un investissement doit avoir un rendement de 20% pour être intéressant, simplement parce que depuis 20 ans on utilise ce taux-là me parait très court et très déconnecté du monde dans lequel on vit.


          • JL JL1 10 mars 2012 20:14

            @ JPhilippe,

            Je vous ai mis au défi d’expliquer clairement ici ce qu’est cette expression que vous avez inventé : « l’avidité prédatrice d’une société ». Je maintiens mon défi.

            Quant au travail qui coûte trop cher : si un employeur pense cela, hé bien, qu’il change de métier ! C’est facile, non ?


          • JL JL1 11 mars 2012 09:29

            JPhilippe,

            vous n’avez pas deux minutes pour nous expliquer clairement ici le sens que vous donnez à cette expression que vous avez inventé : « l’avidité prédatrice d’une société » ?


          • JPhilippe 13 mars 2012 18:52

            Bonjour,

            Je peux rentrer dans le jeu qui consiste à expliquer et réexpliquer un terme sorti de son contexte, en jouant le jeu des questions à l’infini.

            Un dernier essai :
            Après avoir parlé d’avidité, qui est un mot français que tout le monde comprend, je lui adjoins le qualificatif de prédatrice car je crois que les conséquences de cette avidité sont de cette nature vis à vis des populations et de la société.

            Pour aller plus loin, je vous retourne la question : Que comprenez-vous !!

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