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Accueil du site > Actualités > Politique > Il faut se méfier des banques...

Il faut se méfier des banques...

Le numéro de mars du ’Monde Diplomatique’ lance une diatribe contre le néolibéralisme. Derrière la rhétorique pompeuse des auteurs, se glisse surtout une attaque convenue contre les puissances de l’argent. Celle-ci n’est ni originale, ni infondée. La question relève cependant plus du politique que de l’économique.

 Le Monde Diplomatique de mars 2010 assume à longueur de pages cette exclamation : l’argent corrompt ! Il la répète sur tous les tons. Cela ne m’empêche pas de recommander chaudement sa lecture. Chacun appréciera le format, la longueur des articles qui permettent à l’auteur de développer sa pensée, l’enquête de Jérémy Droy sur la rétention de sûreté pour les prédateurs sexuels aux Etats-Unis, ou encore les cartes lumineuses de Philippe Rekacewitz. Il faut rendre à César les honneurs qui lui sont dus. Thomas Deltombe enquête fort opportunément sur ces Français prêts à toutes les compromissions avec le régime de Paul Biya. Journalistes très en vue, ou bonimenteurs tarifés se pressent en effet à Yaoundé. Ils caressent dans le sens du poil le dictateur camerounais désireux à soixante-dix-sept ans de se maintenir au pouvoir après 2011. Celui-ci dépense sans compter pour soigner son image de marque. L’argent aiguise les appétits.

A Dubaï, Ibrahim Warde fait également le point [Dubaï a cédé]. Le récit des événements est synthétique. Il se clôt sur une interrogation. L’émirat d’Abu Dhabi a émis un emprunt pour secourir son voisin ruiné, en particulier le complexe de Dubai World. Mais nul ne sait si le (presque) sauvé devra rembourser la somme. Le prêt (don ?) a permis fin 2009 de payer 3,5 milliards de dollars d’obligations islamiques (sukuk), tout en couvrant les dépenses courantes jusqu’au printemps prochain. Mais le 4 avril, une fois inaugurée, la tour de huit cent vingt-huit mètres continuera à coûter cher. Les bureaux et logements se négocieront-ils au prix envisagé au début des années 2000, condition probable pour un équilibre financier du projet ? Depuis l’été 2008, le prix du baril a fléchi et plusieurs projets immobiliers ont été simplement abandonnés (Palm Islands). L’argent déçoit.

Serge Halimi sonne le clairon. Les banquiers sont des bandits de grand chemin. Encore épargnera-t-il ceux qui gèrent les comptes de particuliers. Pour acheter des logements défiscalisés, des voitures subventionnées ou des biens de consommation fabriqués en Asie, il tolère les prêteurs. Pour les professionnels des fonds spéculatifs, en revanche, Serge Halimi ne trouve pas de mots assez sévères. Mais l’éditorialiste ne précise guère les solutions de remplacement. Peut-on se passer des banques ? L’argent le révulse, et il prend pour le dire les mots de Barack Obama. « Comme la plupart des Américains, je ne médis pas du succès et de la fortune. Cela fait partie de l’économie de marché.  » La condamnation de l’argent date d’avant le Monde Diplomatique, mais Serge Halimi se garde de dénoncer un matérialisme triomphant. Il ne condamne pas par exemple les publicitaires pousse-au-crime, c’est-à-dire à la consommation. Est-ce parce qu’ils financent la presse, y compris la plus hostile au néolibéralisme ?

De son côté, Frédéric Lordon réinterprète une thèse déjà recyclée, celle de la Stratégie du choc que seuls les Béotiens n’ont pas comprise. Naomi Klein dans son livre fait le procès du néolibéralisme, sans annoncer la fin du capitalisme [La fin du capitalisme attendra un peu]. Frédéric Lordon commence par instruire à charge : le contribuable a sorti de l’ornière les banquiers. Ceux-ci ont depuis versé leur écot, mais font mine de répéter les erreurs passées, tout en demandant avec toupet l’apurement des comptes publics. Frédéric Lordon omet de rappeler qu’il n’existait aucune alternative au sauvetage des banques, quoi qu’on pût en penser à l’époque. Passons. L’heure est aux coupes budgétaires. Sur ce point, il ne tourne pas autour du pot, et applique de froids calculs. Faute d’argent, l’Etat et les collectivités devront restreindre leurs dépenses. Au lieu de poser simplement la question des choix de politiques publiques, Frédéric Lordon botte en touche. On dénonce la tyrannie de l’économique, sans oser prononcer le mot politique.

Le coeur du problème se situe à ce niveau. « Les salariés du secteur public irlandais, à qui l’on a proposé des baisses nominales de salaire de l’ordre de 10 %, savent déjà à quoi s’en tenir ; pour le même motif, leurs homologues grecs sont promis à la même punition (avec en prime le chaleureux soutien de la Commission européenne) ; quant aux Français, ils mettront bientôt bout à bout la réforme des retraites, les projets de licenciement des fonctionnaires et l’idée (insensée) d’une constitutionnalisationde l’équilibre budgétaire pour avoir une vue plus claire de la destruction de l’Etat social qui les attend ; avec peut-être pour effet que, dans tous ces pays, rompant avec le prudent gradualisme des décennies antérieures, la violence concentrée inhérente au choc même ne laissera pas cette fois les corps sociaux sans réaction.  »

Tout se mélange ici. L’exemple donné de l’Irlande – à confirmer – constituerait une base de discussion. Il illustrerait la propension de la haute administration à se préserver des effets de la crise en se défaussant sur la base : on ne peut en effet mettre au même niveau 10 % d’un gros salaire et 10 % d’un bas salaire. Dans un cas, la perte touche le budget chaussure de golf, dans l’autre le budget chaussure de ville. Faire payer à tous la facture, cela revient à refuser de hiérarchiser, c’est mettre au même niveau les dépenses de communication et les dépenses d’enseignement. Malheureusement, Frédéric Lordon opte pour un contre-choc mou : dire du mal de l’hebdomadaire The Economist parce que ce dernier plaide pour la diminution des déficits, s’émouvoir à l’évocation de la taxe Tobin, justifier la chasse aux traders au nom d’une sorte de droit au châtiment pour l’exemple. Et puis, le jour où le système craquera, le peuple se redressera pour châtier les vilains.

Un autre économiste a reçu pour charge d’incarner concrêtement le développement précédent. Laurent Cordonnier s’interroge. Un pays peut-il faire faillite ? Il s’agit bien entendu de la Grèce [El Zapatero]. Non, un pays ne peut faire faillite. Oui, Athènes pourrait s’en sortir en faisant payer les riches. Manque de chance, ceux-ci ne s’empressent pas à payer leurs impôts. L’argent fuit l’argent. L’Etat grec peut-il moins dépenser ? Laurent Cordonnier réplique que la France a d’ores et déjà précédé la Grèce dans cette voie. Cela étant, la baisse de la TVA pour la restauration ou le paquet fiscal ont fait perdre à l’Etat bien plus qu’il n’en a gagné à l’occasion de la diminution de la masse salariale. C’est une bonne illustration mais l’économiste se contente de l’image du cadeau aux riches. L’argent va à l’argent.

Pour sauver la Grèce, le lecteur découvrira ses deux recettes hétérodoxes. La première consiste à taxer les banques européennes pour renflouer les caisses publiques vides. Il faut prendre l’argent là où il est. « Mais une telle mesure (qu’il faut raisonnablement situer à l’extrême centre droit de l’échiquier politique) aurait en définitive peu de chances d’aboutir, pour une foule de raisons assez éloignées de la logique économique : procédé jugé inflationniste et donc incompatible ave l’orthodoxie monétaire ambiante ; réticence des rentiers face à la perspective de leur propre euthanasie ; divergences d’intérêts entre les pays du nord et du sud de l’Europe, etc.  » Ainsi, les rentiers envoyés à l’abattoir ne s’enthousiasmeraient pas de cette mesure de salubrité publique ? Laurent Cordonnier propose une autre recette qui consiste à annuler purement et simplement la dette. Que n’y avait-on pas pensé plus tôt ? Il y aurait certes un avantage pour un Etat grec soudain soulagé de sa dette. Pressé cependant d’éviter un blocage en quelques jours du pays, le gouvernement emprunterait à 10 % ou à 15 % d’intérêt, là où auparavant il empruntait à 4 ou 5 % (simple ordre de grandeur donné ici au hasard). Les banquiers soudain diligents se chargeraient d’avancer les sommes. Evidemment, l’argent ne fait pas le bonheur, même s’il y contribue.

Je n’ai pour ma part aucune munition pour fusiller l’ultralibéralisme. Ma question porte seulement sur l’inconséquence de l’homme politique. Le maire d’une banlieue de Thionville attire justement à lui les feux de la rampe. Il demande de l’argent aux banques qui ont prêté de l’argent à sa commune : l’argent, toujours l’argent. En 2001, l’année de l’élection, 2,8 millions (de francs ?) sur 3 millions partent dans le remboursement de la dette. Mais dans la dernière décennie, la gestion semble ne guère s’améliorer à Terville. La chambre régionale des comptes pointe en 2006 des irrégularités dans la gestion. Ailleurs, le maire aurait demander des comptes à son prédécesseur. Ici, il se retourne contre la banque en réclamant des dommages et intérêts. Et la presse lui sert la soupe. En 2008, les habitants le réélisent triomphalement à 80 % [Le Monde]. La commune voit grand. Il y a des dépenses incompressibles, avec deux maternelles et deux écoles primaires [En pays briochin, les merveilles n’existent pas], les espaces verts et les associations. Mais Terville a aussi financé une grosse salle de concert (le 112), un quotidien municipal gratuit en papier glacé, une équipe de volley professionnelle (Terville-Florange), et enfin une équipe de footballeurs américains : les Gueules Jaunes [photo], à ne pas confondre avec les pièces jaunes, celles qui font tant défaut à la commune.

Décidément, il faut se méfier des banques…

 


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28 réactions à cet article    


  • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 15 mars 2010 11:40

    Le titre original de ce ’papier’ - je le précise pour éclairer le choix de la photo - n’est pas celui choisi pour Agoravox ! « Ne pas confondre Gueules Jaunes et pièces jaunes » fait allusion au nom de l’équipe de football américain de Terville, commune de Moselle se trouvant en situation de faillite pour cause de dépenses non maîtrisées. Son maire fait néanmoins la une des journaux parce qu’il a porté plainte contre les banques prêteuses...


    • Antoine Diederick 15 mars 2010 13:58

      il y a toujours un « jaune » quelque part smiley

      intéressant article....


      • plancherDesVaches 15 mars 2010 15:00

        La mairie de Grenoble a porté plainte contre une banque il y a 6 à 9 mois.

        Si quelqu’un a des nouvelles...


        • Papybom Papybom 15 mars 2010 15:37

          Bonjour.

          Il faut également se méfier des« Branques ! »

          Cordialement.


          • vinvin 16 mars 2010 00:18

            Tout a fait PAPYBOM !


            Je sais par expérience, ( j’ ai été marié 2 fois,) qu’il faut se méfier des également des « BRANQUES » !



            Bien cordialement.



            VINVIN.

          • ffi ffi 15 mars 2010 17:20

            La monnaie scripturale est de l’argent (unités des compte électronique)
            Les banques en créant la monnaie scripturale à volonté ont le pouvoir de créer de l’argent et d’en demander des intérêts.
            C’est-à-dire que les entités politiques (nations) ont délégué aux banques privées une partie de leur droit de seigneuriage (en ce qui concerne la monnaie scripturale).
            Une banque est un détaillant de l’argent. Son travail consisterait normalement à emprunter des grosses sommes à long terme pour prêter au détail à court ou moyen terme.
            Elles devraient fonctionner comme un détaillant de bois qui achète de grosses quantités de bois et les revend au détail.
            Or, par cette remise aux banques du pouvoir de créer de l’argent pour faire de l’argent, c’est comme si l’état fournissait gratuitement de grosses quantités de bois aux détaillants de bois, afin qu’ils puissent se faire une marge supérieure par leur vente au détail.

            C’est une subvention déguisée que l’état fait aux banques. Et cette subvention cachée coûte au bas mot 50 milliards d’euros tous les ans.

            De plus, l’argent étant ce qui permet de faire (c’est un peu une mesure de la quantité de droit : SDF n’en ayant aucun, le milliardaire ayant quasiment tous les droits), cette capacité donnée aux banques de créer des unités de compte monétaire, leur permet in fine d’avoir une puissance de gouvernement économique supérieure aux Etats.

            La création monétaire doit être remise intégralement aux institutions. Tout l’argent émis dans le système doit être mis uniquement au compte de l’état et celui-ci doit l’orienter vers des politiques publiques, dans des investissements dont le but est de garantir les droits de la population tels que définis par la constitution de la République.

            La défausse politique de tous les instruments financiers disponibles depuis les années 1970 est l’élément essentiel de la faillite contemporaine :

            - Les banques gouvernent, leurs investissement sont sans cohérence avec une perspective d’amélioration des niveaux de vie, du fait d’une conception féodale de l’économie
            - Les états ne gouvernent plus et limitent par eux-même leur intervention à une bureaucratie tatillonne.

            Y a-t-il un seul parti politique qui évoque cette subvention déguisée aux banques ? Aucun !

            Heureusement, la solution qui fait unanimité à droite comme à gauche :
            - L’illusion écologiste visant à faire croire qu’en introduisant des technologies du moyen-âge (moulins à vent) le sort de la population pourrait s’améliorer !

            Une tendance au Malthusiano-Tatchéro-Stalinisme en quelque sorte.

            Un enfer bureaucratique sans droits sociaux ni capacité de production.

            Et comme, de toute façon, sans capacité de production, il ne peut y avoir de droits sociaux, et que le meilleur moyen de faire accepter l’absence de droits sociaux, c’est de soumettre chaque citoyens individuellement à une bureaucratie tatillonne et culpabilisante afin d’atomiser toute résistance...


            • vagamo 16 mars 2010 08:07

              Salut !Trés bien vu:le« politique »doit reprendre la main sur « l économique »-nationalisations,redistribution,resserement des écarts de salaires,parité de salaire hommes-femmes, une bonne partie du programme(« lignes d horizon »)du Parti de Gauche !Hasta la victoria !


            • Le péripate Le péripate 15 mars 2010 18:02

              Bonne recension du très idéologique Diplodocus.

              Et quoi qu’on en pense, on ne peut que s’interroger sur l’inconséquence des politiques, hommes et méthodes.

              C’est un point d’accord entre les gauchistes et les libéraux. Ils ne sont pas si nombreux. Et en particulier dénoncer le système en appelant à plus de système est une incohérence si grande qu’il est vraiment surprenant d’être capable de vivre en permanence avec ce « double bind ». Ce qui explique sans doute l’inconsistance des solutions proposées par nos révolutionnaires officiels.


              • rastapopulo rastapopulo 15 mars 2010 19:41


                Ce n’est pas + ou - de système la question, c’est une guerre pour la disponibilité de l’argent pour soutenir le public ou le privé.

                A combien le taux pour les banques qui ont prit des risque insensés ?

                A combien le taux pour les états qui ont laissé toute les responsabilités aux privés ? 

                Le seul argument en faveur des banques centrales pseudo-indépendante est la lutte contre l’inflation et donc décourager le recours au crédit pour couvrir des dépenses publiques de fonctionnement.

                Seulement c’est lent (des années après le taux remonte et il est trop tard) et contre productif (les intérêts sont encore plus de dépenses de fonctionnement) !!!

                Le pire c’est qu’il n’y a même pas de distinction entre crédit inflationniste à décourager (couvrir dépense de fonctionnement) et crédit productif à encourager (dépense d’investissement).

                L’intérêt sur le crédit publique est contreproductif et n’empêche pas l’inflation.
                .


              • ASINUS 15 mars 2010 20:31

                m en fou Le Peripate suis pour qu’on « branche » banquier et politique
                je fournis la corde et les bras !


              • Le péripate Le péripate 15 mars 2010 21:42

                Comme tu y vas Asinus ! Ce n’est pas que je craigne quelque chose, n’étant ni politique ni banquier, mais voilà je ne suis pas sûr qu’une fois commencé le « branchage » comme tu dis, d’autres suivront.

                Rastopopulo, je connais un peu la mouvance idéologique dans laquelle vous semblez évoluer, j’ai d’ailleurs l’impression de vous avoir lu sous un autre avatar. Mais l’important n’est pas là. L’important est dans la distinction entre « argent » et monnaie de monopole, que le monopole soit détenu directement par le pouvoir politique ou pour plus de crédibilité confié à des « experts » privés.

                Certaines critiques gauchistes du fonctionnement monétaire ne sont pas dénuées de fondement. Mais c’est pour récupérer la chimérique Poule aux Oeufs d’Or. Un vol pour compenser un autre vol.
                Pas d’accord.


              • ffi ffi 15 mars 2010 22:23

                Mais le pouvoir de créer de l’argent et de l’utiliser pour acheter le fruit du travail d’autrui, n’est-il pas une façon voler ?

                Quand par exemple, un fond d’investissement bénéficie d’un prêt lui permettant d’acheter une grande entreprise, pour les 3/4 de la somme nécessaire, puis organise toute cette entreprise pour payer la dette qu’il doit au prêteur, c’est-à-dire, hausse les cadences, licencie le personnel, met en retraite anticipée,... n’est-ce pas un peu du vol ?

                voir cet extrait éloquent

                Je veux bien être traité de gauchiste, mais ma raison m’indique que ce n’est pas très normal.


              • rastapopulo rastapopulo 16 mars 2010 16:10

                En quoi ce que je dit est de gauche ou de droite ?

                Je parle de principe éternelle mais bon apparemment osez relever que les banques se fournissent moins cher en argent que les états est une offense à votre chapelle et c’est pourtant le cas.

                Enfin notez que ma « mouvance » relève que le crédit productif ne doit pas être décourager ce qui est en accord avec toute les théories sur l’inflation. Cela permettrait de sauver les nations et les peuples mais bien sûr si d’un coté c’est de l’étatisme et de l’autre donné raison au capitalisme, il y a plus moyen de proposer quoi que ce soit sans votre petit prisme médiocre. 


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 15 mars 2010 18:19

                Bonjour, face à un problème semblable, voici ce qui s’est passé il y a exactement mille ans...

                Peut-être devrions nous engager un nouveau concile...

                • Et hop ! Et hop ! 15 mars 2010 20:58

                  Une décision du IIIe concile de Latran excomunie les usuriers (prêteurs à intérêt), les privant de sacrements et de sépulture religieuse ; les dons qu’ils peuvent faire aux églises ne sont pas reçus.

                  Auparavant, les conciles de Nicée, de Carthages, de Vienne,

                  Encore plus avant, Aristote condame la chresmatique, Platon l’usure.
                  À Athènes, la Constitution de Solon rétablit la paix publique en annulant toutes les dettes financières (intérêt et capital), banit les usuriers de la Cité, et interdit le peêt à intérêt. En effet, tous les citoyens étaient accablés de dettes, et à cette époque, le débiteur insolvable qui ne pouvait pas rembourser pouvait être vendu comme esclave.

                  Encore avant, la Bible dans le deuteronome XXIII versets 19 et 20, Ezechiel, et ausi Saint Luc VI verset 34, interdisent le prêt à intérêt.

                  Plusieurs capitulaires de Charlemagne, les ordonnances de Saint Louis en 1244, de Philippe IV en janvier 1311, de Louis XII en juin 1510, de François Ier en 1535, de Charles IX en 1567, de l’Ordonnance de Blois article 202. Ce sont les prêts à intérêt correspondant aux prêts à la consommation, qui étaient interdits, pas les intérêts pour les sommes investies dans le capital d’une affaire commerciale, industrielle ou dans la construction.

                  Philippe le Bel bannit les juifs parce qu’ils pratiquaient l’usure, ainsi que les Templiers qui étaient devenus une puissance financière menaçante et qui sont tous arrêtés le matin du Vendredi 13 octobre 1307 (il pratiquaient le prêt dit mortgage et l’escompte de traites).

                  Une autre série d’ordonnances royales interdit d’acheter aux agriculteur leur récolte sur pied, et en dehors des marchés où toutes les récoltes doivent être portées en même temps et proposées publiquement à la vente (pour empêcher les accaparements, la spéculation et pour qu’il puisse se former un cours public).

                  De nombreux ministres des finances ont été condamnés à la confisaction, à la pendaison, ou à la prison à vie, pour avoir surendetté l’État auprès de compères qui percevaient les intérêts.

                  La libération du prêt à intérêt est une des premières mesures prises par l’Assemblée nationale en 1789.

                  Les différentes règles qui encadraient l’activité bancaire (interdiction d’être assureur et banquier, d’être banque de détail et banque d’affaire, règles sur le dépôt de bilan et la faillite,..), obligation pour les assureurs de placer la moitié de leurs reserves dans l’immobilier (physique), interdiction de pratiquer une activité banquaire en France depuis l’étranger, etc.., ont commencé à partir de M. Balladur, ministre des finances dans le gouvernement de cohabitation, ce qui était terminé en 1998. La crise financière et du crédit n’est qu’une conséquence prévisible de cette dérèglementation. Elle est donc très facile à résoudre : il suffit de remettre toutes ces règles en vigueur.


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 16 mars 2010 00:11

                  et hop !

                  merci irternet !


                • vagamo 16 mars 2010 08:13

                  Trés bien vu !On s y met ?Le Parti de Gauche est partant !Amlitiés Républicaines !ps:Souvenons-nous simplement de notre NON de 2005 non respecté !)


                • JL JL 16 mars 2010 09:00

                  Est-ce qu’un moyen terme entre la soltion idéale que vous évoquez et l’utopie que nous vivons - utopie parce qu’elle nous mène dans le mur - ne serait pas une fiscalité réellement équitable ?

                  J’entends par fiscalité équitable, une fiscalité exponentiellement croissante. Le bouclier fiscal est une aberration économique, un crime contre la société !


                • Romain Desbois 17 mars 2010 08:38

                  Le chanoine de Latran ne veut pas la mort du prêteur smiley


                • vinvin 16 mars 2010 00:14

                  Savez-vous la différence qu’ il y a entre un Banquier Suisse et un oiseau ?


                  Et bien l’ oiseau est de temps en temps obligé de s’ arrêter de voler !




                  VINVIN. 

                  • Gui Hottine Gui Hottine 16 mars 2010 04:23

                    sympa :)

                    j’en ai une autre, en anglais (ca sonne mieux pour celle ci)

                    « what’s the best to rob a bank ? »

                    ____________
                    ANSWER : « be a banker »


                  • Gui Hottine Gui Hottine 16 mars 2010 04:29

                    mince.. on peut pas éditer ni effacer son commentaire ici.. « what’s the best WAY to rob a bank ? »
                     ____________
                    ANSWER : « be a banker »


                  • tout eclairs tout eclairs 16 mars 2010 01:08


                    Encore plus fort Sion 2 Et Hop !
                    Posté il y a plus de deux mille ans,
                    Le jubilé.

                    Etymologie par Wikipédia :

                    Le mot jubilé vient du latin jubilæus (de jubilare, « se réjouir »), traduction par saint Jérôme de l’hébreu yôbel qui désigne un cor en corne de chèvre. Dans la Bible, ce cor est utilisé pour annoncer le début d’une année spéciale qui a lieu tous les cinquante ans. Cette année-là, les terres devaient être redistribuées de façon équitable et les esclaves libérés.
                     Le Lévitique (25:8–11) déclare ainsi :

                     « Tu compteras sept semaines d’années, sept fois sept ans, c’est-à-dire quarante-neuf ans. Le septième mois, le dixième jour du mois tu feras retentir l’appel de la trompe ;
                    le jour des Expiations vous sonnerez de la trompe dans tout le pays.
                    Vous déclarerez sainte cette cinquantième année et proclamerez l’affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubilé : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. »

                    Quelqu’un à un cor en corne de chèvre ?
                    Depuis le temps ! ca fait bien sept semaine d’année de sept jour X 38h + H supp
                    qu’on a pas entendu un bon klezmer de corne de chévre !
                    Je suis sur qu’on pourrait même rentrer deux fois chez soi tiens !


                    • Gui Hottine Gui Hottine 16 mars 2010 04:20

                      re ffi@15 mars 22:23 : ca dépend si ledit fond a été soutenu grâce à de l’argent public. Auquel cas, ca reste néanmoins légal, mais d’autant plus déplorable.


                      • Blé 16 mars 2010 05:55

                        Juste pour info : à Terville, il y a un petit musée qui ne paye pas de mine sur la Calligraphie : « L’If aux signes ».

                        L’équipe qui s’en occupe propose des oeuvres d’artistes de tous les continents (latine, arabe et chinois), une histoire de « l’invention de l’écriture », des ateliers de calligraphie, des interventions dans les écoles.

                        La Moselle comme d’autres département est touché par le chômage, l’enrichissement des banques actuellement ne vient pas de rien mais de l’augmentation constante de la pauvreté puis de la misère.

                        Le choix politique de l’état est simple : il s’est mis en situation de faire des emprunts et d’engraisser les rentiers grâce aux « intérêts » que le pays devra payé.
                        L’état se préoccupe des soucis des riches, les pauvres de toute façon paieront, ne sont-ils pas sur terre pour cela ?


                        • frédéric lyon 16 mars 2010 10:04

                          Les banques qui ont prêté à cette municipalité doivent s’en mordre les doigts. S’ils avaient refusé de prêter, la Mairie de Terville aurait été en cessation de paiement !


                          Et bien il faut la mettre en état de cessation de paiement aujourd’hui et si le Maire a encore des besoins d’argent il faut qu’il le demande à ses électeurs. Les impôts ne sont pas fait pour les chiens.

                          Nous sommes dirigé par une caste qui met le pays en coupe réglée et prélève sous forme d’impôts et de taxes plus de la moitié de la richesse produite dans le pays, mais qui, malgré l’énormité de ce prélèvement, ne parvient jamais à joindre les deux bouts et couvre la France de dettes. 

                          En allant emprunter à des banques l’argent qu’ils n’osent plus réclamer à leurs contribuables qui n’en peuvent plus !

                          Et qui, pour couronner le tout, nos nouveaux aristocrates désignent les banquiers qui leur ont fait l’ aumone comme des boucs émissaires lorsqu’ils ne peuvent plus rembourser les dettes qu’ils ont collé sur le dos de tout le monde !

                          C’est le sauve-qui-peut, et personne ne voudra être le dernier couillon qui héritera du mistigri et qui devra payer la note.

                          La seule véritable bulle financière est la dette publique, c’est une dette improductive qui augmente sans cesse et qui creuse des trous pour en reboucher d’autres.

                          La 5 ème République finira comme tous les régimes en France depuis la fin de l’Ancien Régime en 1789, dans une banqueroute générale de l’Etat. 

                          • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 16 mars 2010 11:59

                            Juste une chose, quand même... La thèse de la banqueroute de l’Etat en 1789 a été largement balayée par les historiens de l’économie. Ils y voient un mauvais procès des monétaristes. A la veille de la Révolution, l’Etat ne peut guère emprunter... Parce que les Français paient très peu d’impôts : y compris la majorité du Tiers-Etat.
                             smiley


                          • Romain Desbois 17 mars 2010 08:43

                            www.lanef.com

                            On peut déjà commencer par limiter les dégâts, non ?

                            Ou allons-nous passer notre temps à pleurer sur notre misère ?

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