Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Il serait pour qui, l’or de « la règle d’or » ?

Il serait pour qui, l’or de « la règle d’or » ?

Qui ne souhaiterait adhérer à une "règle d'or" ? Pourtant, sous ce terme rassurant et séducteur se dissimule une stratégie noire, une attaque contre la souveraineté du peuple, défendue justement par notre Constitution. La ficelle est cependant un peu grosse. Les peuples d’Europe s’appauvrissent, les systèmes sociaux sont attaqués de toute part sous le prétexte d’empêcher la faillite des États, alors que c’est justement la destruction de nos systèmes de redistribution qui, en réduisant la consommation et les recettes fiscales, va précipiter cette faillite. Les preuves de cet échec, c’est l’état de la Grèce, utilisée probablement comme test pour voir ce qu’il advenait d’un pays attaqué par la finance via les agences de notation. Et l'on voudrait inscrire dans le marbre une politique qui a prouvé son inefficacité ?

JPEG - 225.3 ko

Cet échec était prévisible. En effet, quand un particulier ou une entreprise est en difficulté pour rembourser ses dettes, on étale ses remboursements, ou on lui fait un cadeau gracieux, ou on admet une pause dans le remboursement destinée à lui permettre de “se refaire”. Prétendre qu’une bonne solution c’est d’augmenter son taux de remboursement (en guise de punition ?) ou de gérer son budget à sa place en l’obligeant à opérer des coupes drastiques dans ce qui est à la base de son fonctionnement c’est une manœuvre d’une grossièreté patente. Le fait que le FMI ait pratiqué ce hold-up sur les pays pauvres depuis des décennies ne donne pas pour autant à ces mesures une efficacité économique réelle.

A part que… la véritable question est : une efficacité pour qui ? Des pays obligés de se lancer dans la monoculture pour bénéficier de l’aide du FMI ont été conduits, par là-même, à devenir plus dépendants du commerce international. Si le résultat évident est un bénéfice assuré aux grandes entreprises et à la haute finance, celui-ci s’accompagne d’une fragilisation accrue des populations et même des États. C’est cela, l’efficacité économique ?

Est-ce cela que l’on veut pour l’Europe ? Des pays dont les lois seraient commandées par la finance et au bénéfice de celle-ci ?

De qui se moque-t-on ?

D’ailleurs, de quel point de vue parle-t-on quand on justifie ses choix au nom du pragmatisme économique ?

Certes, les politiques pudiquement nommées “d’ajustement” savent depuis longtemps avancer à petits pas pour faire accepter aux peuples des mesures qui leur sont défavorables. Certes, ces peuples, l’œil rivé sur la télévision, l’oreillette dans le conduit auditif et les doigts sur la console, branchés, donc, sur la modernité, n’y ont vu que du feu.

Oui, mais la pauvreté, cela se vit, au quotidien. Cela se mange en produits discount ou en resto du coeur, cela s’habite en cohabitation forcée, voire en foyer d’urgence, cela se travaille en chômage des jeunes et des seniors.

On nous a déjà vendu les délocalisations “Il faut être mobile”, “On ne peut pas échapper à la mondialisation”, réduisant notre tissu industriel à peau de chagrin et menant beaucoup de personnes au chômage et à la pauvreté ; on nous a vendu la suppression des fonctionnaires, ceux-ci étant présentés, non comme les garants d’un accès de tous aux services indispensables à une vie correcte, mais comme des ogres qui s’engraissaient, sur nos deniers, à ne rien faire (les “investisseurs” étant présentés, eux, comme de généreux donateurs nous permettant de bénéficier du progrès, et qu’il fallait dorloter au cas où ils iraient proposer leurs merveilleux prêts ailleurs). Ces économies, à qui ont-elles profité ?

On ne change pas une équipe qui gagne : nous avalons tout, pourquoi ne pas nous faire signer notre propre arrêt de mort ? Nos représentants ont bien donné en 1973 aux banques privées le monopole de la création monétaire sans que nous nous en inquiétions beaucoup… Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ! 

Qu’est-ce que cette prétendue “efficacité économique” qui appauvrit les pauvres, enrichit les riches, casse notre système social, diminue la souveraineté du peuple, et nous conduit à la faillite ?

Si la néo-libéralisation du monde était efficace économiquement, globalement, cela se saurait : le chômage diminuerait, les entreprises se développeraient, l’ascenseur social marcherait bien, etc. Or, plus nos pays se serrent la ceinture (en tout cas, les pauvres et les classes moyennes) plus les finances de l’ État vont mal et plus le système économique s’enfonce dans la récession. C’est bizarre, non ? Les pays qui ont gardé un projet social sont, en Europe, ceux qui se défendent le mieux. Alors ?

Alors, ce prétendu “pragmatisme économique”, cette soi-disant nécessité de se serrer la ceinture en cassant nos services publics, c’est simplement le faux-nez de l’avancée du pouvoir absolu de la finance sur le peuple.

L’or, dont il est question dans la “règle d’or” c’est l’or de l’usure, celui des financiers qui veulent avoir la haute main sur le peuple et détruire la démocratie.
Nombreux sont ceux qui ont accepté, et même voulu l’Europe, parce qu’ils pensaient que c’était une façon d’empêcher à jamais le retour des guerres qui ont ensanglanté l’histoire de nos peuples. Ils n’ont pas vu que c’étaient les banquiers qui la voulaient, cette Europe, pour l’utiliser à leur profit, et empêcher les principes démocratiques de défendre les droits des travailleurs, ni que l’euro allait nous limiter dans notre capacité à gérer nos relations économiques. Ils n’ont pas vu la guerre économique en cours( en tout cas certains, car nombreux sont ceux qui ont voté “non” au TCE à cause de la notion qui devait être inscrite dans la constitution, là aussi, de la “concurrence libre et non faussée”) et que mettre en place une Europe gouvernée par un “Conseil” non élu cela ouvrait la porte à ceux qui ont déjà la pouvoir.

Vous imaginez, si les pays émergents exigeaient les trente-cinq heures ou les indemnisations pour accident du travail ? Si des démocraties réellement socialistes, c’est-à-dire sans totalitarisme, se multipliaient ?

Le problème c’est que la mondialisation économique s’accompagne du déplacement touristique des populations et de la multiplication des échanges entre les peuples : on ne peut pas délocaliser et fermer ses frontières, faire du commerce en ligne, et contrôler Internet. Le modèle social européen est un modèle qui pourrait facilement s’exporter. Il a d’ailleurs plutôt bonne réputation sur les autres continents...

Il convient donc de prouver qu’il ne marche pas, et donc, de le casser, par tous les moyens. Y compris en utilisant une règle d’or, qui, sous son joli nom, sonne comme une déclaration par les gouvernements eux-mêmes qu’ils ne seraient pas capables de gérer les comptes publics…

S’ils n’en sont pas capables, eux, ce n’est pas très compliqué : qu’on les remplace.

Ramener un budget à l’équilibre ? Beau programme : commençons donc par prendre l’argent où il est, empêcher les fuites de capitaux, faire payer les entreprises qui ne paient pas leurs charges, réfléchir à nos investissements d’État (qui a décidé d’un grand emprunt, à propos ?), favoriser l’emploi et les échanges locaux, redonner le pouvoir de prêt aux banques d’État, séparer banques de dépôts et d’investissements, taxer à égalité les revenus du travail et de la finance, etc.

Et, pour cela, faisons entendre notre voix, par tous les moyens pacifiques à notre portée, dont, en premier lieu, notre bulletin de vote.

Article publié aussi sur Mediapart.fr


Les réactions les plus appréciées

  • lagabe (---.---.---.174) 9 septembre 2011 18:28

     quand on lit le dernier rapport , il y aurait 150 milliards de niches fiscales , soit 7, 5 % du PIB
    - est il normal que les grosses sociétés du cac paie 9 % d’impôts alors qu’une PME en paiera 30
     - les exonérations de charges pour la sécurité sociale non compensées
    - un système de santé inégalitaire , qui par rapport à d’autres pays coutent 3 % du pib de +

    si tu fais la somme de tous ses lignes, on devrait être plutôt en excédent

  • Jason (---.---.---.150) 9 septembre 2011 12:24
    Jason

    Je suis entièrement d’accord avec vous.

    Cependant un petit hic concernant le : Que faire. ? Jetez un coup d’oeil en bas de votre article. Vous y verrez une belle petite pub : « Comment devenir trader ». Amusant, non ?

    Avox va sans doute faire disparaître mon post. C’est trop gênant pour les affaires !

  • isabellelurette (---.---.---.9) 9 septembre 2011 15:22

    J’ai le plaisir d’utiliser le navigateur Firefox, auquel j’ai ajouté l’extension Adblock ... et j’échappe aux publicités.
    Faites de même !

  • le journal de personne (---.---.---.188) 9 septembre 2011 12:50
    le journal de personne

    J’ai fin...

    Non... ne me dites pas que votre argent travaille, ce sont les hommes qui travaillent, qui suent et qui saignent pour que la planche à billets fonctionne.
    Ne me dites pas que ce sont les hommes qui font travailler l’argent...
    dites-moi que ce sont des hommes qui font travailler d’autres hommes et leur volent le fruit de leur travail...
    On nous vole notre force de travail... la seule chose qui vaille !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/09/jai-fin/


Réagissez à l'article

37 réactions à cet article

  • JL (---.---.---.93) 9 septembre 2011 11:37
    JL

    OK pour la règle d’or,

    à une condition : on augmente ad libitum, la progressivité des impôts sur les revenus les plus élevés jusqu’à arriver à l’équilibre.

    • lagabe (---.---.---.174) 9 septembre 2011 18:28

       quand on lit le dernier rapport , il y aurait 150 milliards de niches fiscales , soit 7, 5 % du PIB
      - est il normal que les grosses sociétés du cac paie 9 % d’impôts alors qu’une PME en paiera 30
       - les exonérations de charges pour la sécurité sociale non compensées
      - un système de santé inégalitaire , qui par rapport à d’autres pays coutent 3 % du pib de +

      si tu fais la somme de tous ses lignes, on devrait être plutôt en excédent

    • OuVaton (---.---.---.248) 9 septembre 2011 19:10
      OuVaton

      Excellent titre et bonne question... L’or pour les riches, ça suffit !

  • Ariane Walter (---.---.---.169) 9 septembre 2011 12:20
    Ariane Walter

    Superbe article, Liliane.
    Merci et bravo.

    vous avez bien posé la question fondamentale.

  • Jason (---.---.---.150) 9 septembre 2011 12:24
    Jason

    Je suis entièrement d’accord avec vous.

    Cependant un petit hic concernant le : Que faire. ? Jetez un coup d’oeil en bas de votre article. Vous y verrez une belle petite pub : « Comment devenir trader ». Amusant, non ?

    Avox va sans doute faire disparaître mon post. C’est trop gênant pour les affaires !

  • le journal de personne (---.---.---.188) 9 septembre 2011 12:50
    le journal de personne

    J’ai fin...

    Non... ne me dites pas que votre argent travaille, ce sont les hommes qui travaillent, qui suent et qui saignent pour que la planche à billets fonctionne.
    Ne me dites pas que ce sont les hommes qui font travailler l’argent...
    dites-moi que ce sont des hommes qui font travailler d’autres hommes et leur volent le fruit de leur travail...
    On nous vole notre force de travail... la seule chose qui vaille !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/09/jai-fin/

  • sparte (---.---.---.237) 9 septembre 2011 13:07
    sparte

    Oui cette règle d’or n’a pas de sens ... en fait il faudrait que le budget national et celui des URSSaf deviennent plutôt excédentaires afin de pouvoir rembourser la dette dite publique.

    Oui les maîtres du monde envisagent de doter les pays européens d’une supervision de Bruxelles , par leurs hommes choisis par leurs institutions privées ( BILDERBERG, CFR ... ) et ceci avant que l’Europe se soit doté d’une structure politique et démocratique. Actuellement le parlement n’a aucun pouvoir et il ne se réunit que 3 jours par mois ... la plupart du temps les bancs sont vides.

    De cette situation NOS hommes politiques sont responsables depuis DE GAULLE. Ce n’était pas le projet de JEAN MONNET et ROBERT SCHUMANN puisqu’ils envisageaient une Europe confédérale ou bien fédérale , et avec une armée ...

    On est loin du compte, alors que nos chefaillons nationalistes rêvent du retour du franc, pourquoi pas de l’AOF ( afrique occidentale française ) 

    M D R !

    Quant aux délocalisations c’est un autre problême : 
    les Allemands n’ont pas délocalisé autant ou alors à proximité : Tchéquie, Slovaquie, Hongrie ... pour nombre d’industriels français ce fut la condition de la survie : délocaliser ou bien être mis en dépôt de bilan par les URSSaf ...

    Les URSSaf auront été le serial killer des emplois en France ... et pourtant beaucoup - du moins ici - en redemandent ! Certains considèrent même que notre « système social  » serait un trésor !

    Là c’est à en pleurer

    • LilianeBaie (---.---.---.128) 9 septembre 2011 13:40

      Merci pour votre commentaire.
      Par rapport à la responsabilité de l’URSSAF, ne pensez-vous pas que celle-ci est l’instrument d’une politique, plutôt que la responsable du chômage et des délocalisations ? Alors, bien sûr que la façon dont on applique les directives est variable, mais cela me semble important de ne pas ignorer les plans d’ensemble à chercher sous les déclarations lénifiantes et mensongères. Autant ne pas prendre les soldats pour les responsables de la guerre...

    • sparte (---.---.---.237) 9 septembre 2011 14:36
      sparte

      Par LilianeBaie (xxx.xxx.xxx.128)  septembre 13:40
      Merci pour votre commentaire.Par rapport à la responsabilité de l’URSSAF, ne pensez-vous pas que celle-ci est l’instrument d’une politique, plutôt que la responsable du chômage et des délocalisations ?
      ______________
      La question est complexe et elle remonte à 1945 :

      A la « libération » les communistes ont avec Thorez de retour de Moscou , obtenu du gouvernement la NATIONALISATION du système de santé et des retraites ( en partie )
      Ce fut un hold up et je vous invite à lire ladite loi : il s’agit bien d’un système soviétoïde avec ses contrôleurs politiques :

      par exemple les conseils d’administrations sont à majorité issus du collège des employés alors qu’on croit que la gestion est paritaire ; Par ailleurs Thorez ayant obtenu que seuls quelques syndicats puissent avoir le droit d’exister en France : on appelle cela les « syndicats historiques » =) tous les organismes sociaux sans exceptions ( il y a des milliers de caisses , sous caisses et autres organismes affiliés ) sont présidés par des chefs syndicalistes : la CGT , la CFTC , etc lesquels embauchent leurs kopins !

      Ce fut le casse du siècle et cela le reste

      Et la route ouverte à la gabeji façon URSS tant dans la gestion et l’iniquité des cotisations que dans la gestion des hôpitaux ; pour cela que j’écris : URSSaf. C’est grâce à cela que les gouvernements achètent la « paix sociale »

      Evidemment il y aura un collapsus à la fin ; déjà le trou est camouflé par 130 MDS EUR de CSG RDS et taxes affectées aux URSSAF. Le trou est au bas mot de 150 à 170 milliards pour 2011 ! ! ! Donc supérieur au déficit du gouvernement ( 95 MDS ) Cela dépasse l’entendement

      pour en savoir plus : allez sur les blogs de GEORGES LANE, LAURE ALLIBERT, etc.
      où aussi écouter : http://lumiere101.com/tag/s%C3%A9curit%C3%A9-sociale/&nbsp ;&nbsp ;

      bonne écoute ...

    • lagabe (---.---.---.174) 9 septembre 2011 18:48

      c’est des exonérations de charges accorder pour caresser certains électeurs par exemple agriculteur , pêcheur , par le politique et non compenser qui creusent le déficit

  • Claude Simon (---.---.---.60) 9 septembre 2011 16:59
    Gandalf

    « c’est simplement le faux-nez de l’avancée du pouvoir absolu de la finance sur le peuple »

    Voilà pourquoi le peuple doit investir non plus la Bastille, mais la BCE, Wall Street ou la BRI.
  • Claude Simon (---.---.---.60) 9 septembre 2011 17:11
    Gandalf

    L’état immortel assume les projets économiques non rentables, là où la pérennité du projet privé dépend justement de sa rentabilité. Si son endettement lui fait peur, douterait-il de son immortalité, sous l’idéologie anarcho-capitaliste par exemple ?


    Une règle en or déjà bien connue de nos banquiers centraux est de créer plus de dettes que de monnaie. Pourquoi en constitutionnaliser une qui en serait le collatéral paradoxal, hormis pressurer encore plus un citoyen malheureux de voir ses dirigeants le faire souffrir pour leurs bien-êtres seuls ?


  • JM (---.---.---.45) 9 septembre 2011 18:55

    La règle d’or. Nouveauté sortie du cerveau prolifique de Monsieur Sarkozy ?


    Pourquoi s’embêter avec une nouvelle loi, alors...qu’elle existe déjà. Cela s’appelle le « Pacte de stabilité et de croissance » que nos chers dirigeants avaient eux-mêmes voté et adopté en 1997.
    Mais notre cher Sarkozy avait tout mis en oeuvre pour s’en affranchir...afin de pouvoir faire de la dette. Et maintenant, c’est lui encore qui nous ressort une loi, qu’il a lui meme fustigé, le tout à la sauce nouvelle "Règle d’Or’. Mais de qui se moque-t-on. Un incompétent notoire qui n’était pas capable de maintenir son budget à 3% de déficit maximum par an, et une dette à 60% du PIB. ???
    • efarista (---.---.---.183) 9 septembre 2011 20:26
      efarista

      Ben oui !!! on pourrait quasiment croire qu’il ne nous veut pas du bien ! smiley heu... non j’ai mal écrit.... on peut être sûre qu’il ne nous veut pas de bien du tout , on n’est vraiment pas ces potes...autant faire une croix sur le restau avec lui quand il se sera fait dégagé.

  • BA (---.---.---.142) 9 septembre 2011 23:30
    La BCE se déchire sur la stratégie pour sauver l’euro.

    Le feu gagne la caserne de pompiers. La Banque centrale européenne (BCE), qui lutte depuis dix-huit mois pour éteindre l’incendie ravageant les pays endettés de la zone euro, se déchire maintenant au grand jour. Le chef économiste de l’institution, Jürgen Stark, a démissionné vendredi avec fracas de son poste… trois ans avant la fin de son mandat ! 

    Officiellement pour des raisons personnelles, cette démission marque le spectaculaire désaccord de l’économiste avec la stratégie de la BCE, dont il est un membre influent du directoire. Après le départ retentissant d’Axel Weber en mai dernier, Jürgen Stark est le deuxième Allemand de poids à claquer la porte de la banque basée à Francfort. La réaction des marchés a été à la mesure du choc : l’euro a chuté, atteignant un plus bas depuis février à 1,3650 dollar et les obligations d’État italiennes se sont envolées à 5,37 %.

    Cette dernière réaction n’est pas anodine : c’est probablement la décision de voler au secours de l’Italie et l’Espagne, prise le 8 août dernier en pleine tempête financière, qui a achevé de diviser le conseil de la BCE. Jürgen Stark était notoirement opposé à cette action, rejoint en cela par le patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, ou encore le Néerlandais Klaas Knot.

    « Depuis mai 2010, les Allemands sont contre le rachat de dette souveraine par la BCE », rappelle Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities. Cette décision de politique non conventionnelle consiste pour la banque centrale à acheter sur le marché des obligations d’État, afin de soutenir leur cours et permettre aux pays attaqués de continuer à emprunter. Mais ce faisant, la BCE rompt avec deux dogmes intangibles aux yeux de l’orthodoxie allemande : elle donne l’impression de cautionner les dérives budgétaires des États et surtout, en monétisant la dette, elle rajoute des liquidités sur le marché, prenant le risque de générer des tensions inflationnistes, alors même que son unique mandat consiste à lutter contre l’inflation.

    Conscient des reproches qui lui sont faits, le président de la BCE s’était vivement emporté jeudi : « Nous avons assuré la stabilité des prix de manière impeccable - impeccable ! - et j’aimerais bien entendre des félicitations pour une institution qui a apporté pendant treize ans la stabilité des prix à l’Allemagne », a martelé Jean-Claude Trichet. Un éclat de voix inhabituel qui a peut-être précipité le départ de Jürgen Stark.

    Au-delà des querelles internes à la BCE, cette démission est un signe supplémentaire du désarroi des Européens face à la crise de la dette. « L’histoire s’accélère, mais l’Europe n’a toujours pas résolu la question principale : comment couper la contamination qui vient de Grèce et qui gangrène tous les autres pays ? », résume Bruno Cavalier.

    Au plan politique, les tensions s’accroissent. Lundi, le président de la Commission, José Manuel Barroso, se rendra à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Il s’agit officiellement d’un « échange de points de vue privés ». Mais, selon un sondage de la chaîne de télévision ZDF, trois Allemands sur quatre sont aujourd’hui opposés à un élargissement du plan de sauvetage pour les pays surendettés de la zone euro.

    Or ils ne sont pas les seuls. Après les Pays-Bas, qui évoquaient ouvertement jeudi la sortie de la Grèce de l’euro, les Finlandais dénonçaient vendredi le manque de discipline budgétaire dans l’Union. Le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, estime que ses concitoyens sont « troublés par l’injustice provenant du fait que tout le monde dans l’union monétaire n’applique pas les règles du jeu acceptées ». Et le parti des Vrais Finlandais, qui talonne désormais la Coalition nationale pro-européenne, veut aussi qu’Athènes sorte de la zone euro, estimant que ce sont les autres membres de l’Union, aux finances plus saines, qui vont payer les pots cassés. Helsinki a « crevé de faim pour sortir de la crise sans aide », d’où son ressentiment résume un politologue. Mais la Grèce est aussi un obstacle pour l’Irlande, qui s’inquiète par ricochet de ne plus pouvoir revenir sur les marchés à cause d’Athènes.

  • zany (---.---.---.98) 10 septembre 2011 01:14

    La règle d’or je suis fondamentalement contre, car cela vas raboter dans tous les sens, les recettes vont toutes partir chez les banques.

    Vous êtes à la tête d’un état, ils est endetté à mort et vous couper l’intraveineuse ?
    Comment avec des caisses vide relance-on une économie, car l’emploi réelle est la clef, là sa vas pressuré jusqu’à plus soif, des taxes aux frontière pour protéger le marché intérieur, les grande entreprise ne pouvant plus vendre en France serons OBLIGER de délocaliser dans notre pays rétablissant le cercle vertueux, emplois= recettes pour l’état.

    Sauver l’euro ? C’est fini, la BCE en est a racler les fond de tirroir et faire tourné la planche à billet, la chute du prix de l’euro indique que la masse monétaire à augmenté, inflation, en temps normale les salaires augmente, là non ils diminue, le terme est stagflation, en gros c’est le peuple qui paye dans des proportions jamais atteinte dans une crise, allez rassurer-vous c’est que le début.

    La solution, faire l’état unifié d’Europe qui est prévu pour 2015, un état tous neuf sans dette sur les décombres de pays d’Europe, contrait et forcé, l’empire de la dette.

    Je vous laisse imaginé ce qu’il pourrais se passé dans ce cas de figure...

    Les us augmente leurs présence militaire en Europe, des forces spécial ont un QG permanent, les loi sécuritaire, eurogengfor, les annexes du traité de Lisbonne.

    Céti pas ça aurais un sens tous ça ?
    Bienvenue en enfer, la démocrature se transforme en vrai dictature, car elle en as tous les attributs désormais.

    Et prenez garde en cas de révolution les ricain sont passé maître pour les récupérer à leurs propre avantage (voir 68)

    "La désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques, garantie exercée par les gouvernés eux-mêmes. Elle n’est pas explicitement reconnue juridiquement dans la hiérarchie des normes françaises. Toutefois l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose que :

    « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. »

    La constitution « montagnarde » de 1793 ira même jusqu’à mettre en place dans ses article 33, 34 et 35 un véritable droit à l’insurrection : Article 35

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »"

    C’est pour bientôt la fête ^^ haut les cœurs !

  • le Candide des alpages (---.---.---.135) 10 septembre 2011 08:19
    le Candide des alpages

    Très bon article
    Mais la conclusion me pause un problème

    " Et, pour cela, faisons entendre notre voix, par tous les moyens pacifiques à notre portée, dont, en premier lieu, notre bulletin de vote . "

    Je pense que c’est justement le système de démocratie représentative qui n’est plus viable
    Les relations entre les politiques et la finance sont devenues trop étroites

    Quand aux moyens pacifiques à notre portée .....quels sont ils face à la violence de ces gouvernements qui bombardent sans vergogne au nom des droits de l’homme

    • HELIOS (---.---.---.152) 10 septembre 2011 09:35
      HELIOS

      Bonjour à tous et a vous Candide des alpages... votre pseudo me rappelle un temps où il y avait des brebis dans les alpages... notament dans le journal Pilote, vous voyez, je signe au fer rouge mon age.

      J’hesitais à intervenir dans ce fil car pour etre peremptoire et sûr de son point de vue fait plutôt preuve de la presomption.

      je tiens pourtant a vous dire ce que je ressens et qu’il me semblerai positif d’appliquer, surtout dans des commentaires sur des sites d’opinion.

      Dans notre contexte actuel, où, quelle que soit la bonne raison, nos citoyens sont confrontés a une perte de pouvoir sur leur avenir, je pense qu’il n’est pas bon de melanger les genres et surtout s’eparpiller en considerations peripheriques. Je sais, la peripherie est quelquefois si proche qu’elle en est interieure. Toutefois, quand il y a le feu, on sauve les meubles avant de penser a autre chose. Pour moi donc « sauver les meubles, c’est d’abord sauver notre souveraineté en tant que français et notre état de droit.

      Ce qui me mermet de vous dire que je pense sincerement, hors question humanitaire, que avant de se preoccuper des guerre en Lybie ou de quelques palestiniens que ce soit, bien qu’on ne les oublie pas, il est urgent de remettre de l’ordre chez nous et de reprendre en main notre destin et notre pouvoir.

      Regagnons notre dignité qui nous est confisquée au fil des accrocs sur nos libertés, concentrons nous a chasser de nos esprits tous les mesnsonges et les constructions intellectuelles que nous avalons au quotidien et profitons en, l’echeance approche, pour chasser egalement toutes ces cliques MAFIEUSES qui nous gouvernent... ensuite nous nous preoocuperons, si cela est encore necassaire, des guerres et pressions exterieures que nous menons contre les autres peuples, en notre nom et sans notre accord.

      Bon samedi de courses a tous.
       
      (voir la definition dans le dictionnaire de »mafieux")

    • LilianeBaie (---.---.---.128) 10 septembre 2011 11:00

      @Candide des alpages et Helios
      A propos de l’importance du vote, je persiste et signe.
      Il est de bon ton, parfois, de fustiger la démocratie, et de dénigrer le vote, selon l’idée que les candidats qui nous conviendraient ne pourraient pas être élus, ou que tous les candidats sont pareils.
      Cela aboutit au fait qu’une importante proportion d’électeurs, et en particulier des opposants au pouvoir en place, ne votent pas.
      Ce n’est pas la moindre des réussites de la propagande du pouvoir, que de parvenir à cette abstention du côté de l’opposition. Le plus piquant, ou amer, de l’affaire, étant que ce sont le plus souvent les opposants eux-mêmes qui se convainquent les uns les autres de l’inanité de leur vote.
      C’est pourquoi je me permets d’intervenir ici sur cette question, même si c’est hors-sujet.
      Pourquoi le gouvernement a-t-il pu ratifier le traité de Lisbonne alors que le peuple avait dit « non » au TCE ? Parce que nos représentants ne nous ont pas défendus, et n’ont pas défendu du coup la démocratie. Il est donc essentiel de bien choisir nos représentants.
      Or, la propagande médiatique sait fort bien mettre en avant certains candidats, ou certaines élections, plutôt que d’autres. Les élections sénatoriales ont lieu bientôt, et il est question d’un basculement possible à gauche de cette vénérable assemblée, dans un grand silence médiatique. Quand aux législatives qui suivent la présidentielle, motus et bouche cousue...
      Parmi les éléments influençant le vote, une mention spéciale pour la notion de « vote utile » : on est arrivé à convaincre les électeurs qu’il vaut mieux voter pour un candidat qu’il ne souhaite pas, au détriment de son choix réel, parce que ce serait le seul capable d’en éliminer un autre dont il ne veut absolument pas. Et cela d’après des sondages dont on sait depuis longtemps qu’ils ne sont pas fiables (cf le destin de Nicolas Hulot) voire, partiaux. Mais qui, pourtant, déterminent les choix des électeurs. N’est-ce pas un énorme paradoxe que, même aux primaires des partis politiques, on parvienne à ce beau résultat ?
      Alors, bien sûr, le vote n’est pas tout, et nous sommes bien placés, en France, pour savoir ce que peut faire un peuple bafoué et à bout...
      Mais commençons par le commencement et utilisons tous les ressorts démocratiques pour nous faire entendre.
      Par exemple, cet « Appel européen contre la dictature financière » que l’on trouve facilement, et qui a été initié par des lecteurs de Mediapart (disponible dans la partie en accés libre du journal).
       

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

LilianeBaie


Voir ses articles

ECRIVEZ UN ARTICLE !






Palmarès