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Accueil du site > Actualités > Politique > Ingrid Betancourt condamnée ?

Ingrid Betancourt condamnée ?

Qui peut bien avoir intérêt à faire disparaître Ingrid Betancourt ? Ou à ne pas la retrouver vivante ? Car il va sans dire que l’annonce hier soir de la mort du second des Farc sonne aujourd’hui étrangement comme un quasi-arrêt de mort pour la détenue franco-colombienne. Désolé pour sa famille qui a bien compris le message semble-t-il déjà, en intervenant en haut lieu dès l’annonce de la terrible nouvelle.

Personne ne peut le nier : Paul Reyes, qu’Ingrid avait défié ouvertement dans un débat en lui demandant à plusieurs reprises "plus d’enlèvements, vous comprenez, plus d’enlèvements" était l’un des seuls à détenir les clés de sa libération. Une fois mort, les chances d’Ingrid d’être relâchée deviennent très minces, à moins d’une opération militaire d’envergure qui s’annonce excessivement risquée, les Farc ayant déjà démontré que la vie des otages leur importait uniquement en cas de monnaie d’échange. Comment donc le gouvernement Uribe a-t-il pu localiser l’endroit exact où se trouvait Reyes ? C’est bien la clé de voûte de ce nouveau mystère. Il s’avère que l’armée colombienne, pour y arriver, a dû nécessairement et obligatoirement s’appuyer sur des moyens lourds de détection qu’elle ne possède pas. Et qu’un pays a dû lui prêter. Les Etats-Unis, et la CIA ont encore une fois agi dans l’ombre, comme nous allons vous le prouver maintenant.

L’histoire démarre en 2003. Une dépêche d’agence assez anodine annonce un crash d’un petit monomoteur Cessna 208 en Colombie, et immatriculé aux USA. Ce n’est pas le premier, mais le troisième appareil de ce type à le faire, et trois pilotes sont déjà morts. Deux pilotes qui se sont sortis vivants de crashs précédents d’appareils similaires demandent aux autorités américaines (?) de changer de type d’appareil, un monomoteur étant trop susceptible de se crasher en cas d’avarie, face à un bimoteur que les pilotes réclament à grands cris. Ils proposent l’usage de Beech King Air 300, un bimoteur que connaît bien la CIA, qui en oublie parfois un peu partout... lors de transferts de drogue dans la région, une pratique que tout le monde reconnaît aujourd’hui. Les vols de ce type d’avions arrangent aussi pas mal les choses. Bizarreté de l’intervention, la demande est faite par des pilotes civils qui visiblement travaillent pour l’armée américaine ! On y apprend en effet que les pilotes travaillaient pour California Microwave, une société civile bien particulière. Elle travaille pour le Pentagone, car elle n’est autre qu’une subdivision de Northrop Grumman...

Une page web fort bien documentée nous démontre par l’exemple que tous ces types d’appareils, plus un Casa CN235, stationnent parfois sans raison au beau milieu du désert du Nevada, aux USA. Sous des numéros de registre qui renvoient à des sociétés civiles... bidons. La plus connue est Pig Farm Co, dont on retrouve le symbole parfois jusque dans certains cockpits, les pilotes facétieux montrant parfois une mascotte en peluche de cochon pour jouer avec les spotters qui les traquent. La "Ferme aux Cochons" n’existe pas bien sûr, c’est une simple boîte aux lettres aux USA. Sur la page concernée, on distingue clairement un véhicule à plaque minéralogique gouvernementale en train de stationner à côté de ces avions, autour desquels s’affairent des contractants tous habillés en civil.

Le Casa de la CIA est un avion qui circule beaucoup, il a été vu aussi bien à Bagram en Irak qu’à Stavanger ou au Portugal ou à Prague. "The planes, regularly supplemented by private charters, are operated by real companies controlled by or tied to the agency, including Aero Contractors and two Florida companies, Pegasus Technologies and Tepper Aviation" dit le New York Times. On le soupçonne fort d’avoir servi à transporter des prisonniers de Guantanamo. Sa base normale est Pope AFB en Caroline du Nord. Sur cette base, justement, réside "The 1st Special Forces Detachment-Delta and Hostage Rescue Team", un groupe spécialisé dans les prises d’otages et le contre-terrorisme.

On ne peut être plus clair : l’avion qui s’est écrasé n’a rien d’un appareil lié à la lutte contre la drogue. C’est bien un appareil des forces spéciales US, déguisé en avion civil. La présence sous les Cessna 208-B d’un énorme compartiment à bagages laisse envisager l’usage de caméras haute résolution à bord. L’avion crashé en 2003 portait le numéro N1116G, était loué par One Leasing Inc au nom de AAS, ou Atlanta Air Salvage, qui réside au Griffin-Spalding County Airport. Une société spécialisée dans le recouvrement d’avions... crashés !!! Là, ça ne s’invente pas comme couverture pour opérations spéciales ! Chez CNN, un simple communiqué fait le lien direct avec la CIA : "The Cessna was contracted by the U.S. Defense Department, officials of the U.S. Southern Command told CNN." Chez la BBC, même son de cloche : "US embassy sources said they were part of the Office of Regional Administration, which they indicated was a CIA front."

A l’annonce du crash, d’autres réagissent : ce sont les Farc, qui annoncent détenir trois ressortissants américains, après avoir abattu l’avion concerné, selon eux. Près de l’épave, une fois celle-ci détectée, les forces colombiennes arrivées à peine une demi-heure après retrouvent deux autres cadavres, un Américain et un Colombien, tués d’une balle dans la tête. Abattus sans nul doute sur place par les Farc. L’avion est alors décrit par le régime d’Uribe comme étant en train d’effectuer une "mission antidrogue de routine". De l’antidrogue avec à bord des techniciens de la firme California Microwave ???

California Microwave, comme son nom l’indique, est je cite : "a leading U.S. supplier of satellite earth station and microwave radio infrastructure products and information and collection systems". En résumé, la société US leader en gestion de liaisons satellitaires, sur ondes courtes et ultra-courtes, et se targue également d’être "a provider of Tactical Data Link (TADIL), Ground Information Management Systems (GIS), Mission Planning and Systems Integration/Software Development Services". En résumé encore, une société qui sait relier des militaires restés au sol à un avion via un lien numérique radio d’information (datalink). Rien à voir avec la détection de champs de coca !

Les forces armées et aériennes de Colombie, à ce jour, ne possèdent pas un tel équipement. Leur dernière acquisition onéreuse est celle d’hélicoptères BlackHawk non munis de ces matériels de transmission. Leur parc consiste en des appareils anciens, tels des KFir C7, des Broncos OV-10A ou des T-37 Cessna, ou des Mescalero T-41 (des Cessna 172 archi-répandus dans tous les aéroclubs !). Beaucoup d’appareils sont de l’âge de la guerre du Viêtnam : des A-37B Dragonfly, un DC-3 ( ?) et quelques Tucanos, moins anciens ceux-là (comme avions d’entraînement). Un seul appareil est plus récent, c’est un Schweizer SA2-37B Condor de surveillance capable de voler 12h d’affilée de façon silencieuse. Ce dernier a été offert par les USA à la Colombie au titre de la lutte contre la drogue. Il ne possède pas de liaison avec l’Awacs ou un satellite.

Aucun appareil récent ou presque. En revanche, on trouve des traces du passage d’Airscan dans le pays. Une société civile déguisée qui n’est autre que l’autre nom des US Air Commandos, la version de l’Air Force des Special Forces de l’armée de terre US. Airscan a déjà été cité comme ayant dévoilé le lieu où se cachaient les Farc juste avant que le village détecté ne soit bombardé par l’armée colombienne, le 13 décembre 1998, tuant 18 personnes à Santa Domingo, dont des enfants. L’opération d’hier ressemble étrangement à celle-ci. Dans son édition du 17 mars 2002, le Los Angeles Times révélait toute l’affaire de 1998 : "Airscan... helped plan and provided surveillance for the attack around Santa Domingo using a high tech monitoring plane." Airscan avait répondu à un procureur colombien chargé de l’enquête, qu’il surveillait alors un pipeline et non autre chose, en travaillant pour ECOPETROL (National Oil Company of Colombia), la firme nationale colombienne. L’enquête s’entendait signifier une fin de non recevoir gouvernemental. Airscan, sous prétexte de lutter contre la drogue ou de surveiller des pipelines, renseigne en fait l’armée colombienne au sol sur les mouvements des rebelles et lui transmet les positions détectées. En liaison avec de bien plus gros appareils tels les Sentry Awacs, installés tout près de la frontière, mais en Equateur, sur la base de Manta. Un congressiste, Henry Llanes, a bien fait remarquer que ce déploiement d’Awacs était gênant pour les USA, qui pourraient à partir de là être accusés de compromission directe avec le régime d’Uribe : "We are compromising our neutrality in the Colombian conflict with the Manta base, dragging ourselves into a war between the Americans and their enemies in Colombia." Pour lui, l’Equateur est un nouveau Panama, pays où les Américains ont longtemps fait ce qu’ils voulaient sans rendre de compte à personne. Manta est à 150 miles à peine à l’ouest de Quito, la capitale ! Et sur les 27 Awacs que possède l’US Air Force, 3 sont constamment en Equateur : or l’avion n’a pas d’usage antidrogue, vole trop haut et ne peut prendre de clichés photos. Les Farc, qui avaient compris semble-t-il pas mal de choses, se réfugiaient régulièrement en Equateur, comme cette fois où Reyes y a été surpris.

Les forces armées colombiennes disposent donc d’une aide précieuse avec l’usage d’avions de la CIA ou d’Airscan et des forces spéciales, qui relaient les infos entre un satellite et le sol, ou entre le sol et un Awacs. Ces écoutes sont capables de traquer et surtout de localiser pas mal de types d’émissions, y compris celles en provenance de téléphones portables ou satellitaires. Or qu’apprend-on aujourd’hui lors de l’annonce du décès de Reyes ? Ceci :

"Selon plusieurs sources militaires, des avions espions auraient localisé le commandant en interceptant une communication satellite. Un bombardement aurait alors été ordonné, au cours duquel Reyes et une dizaine d’hommes auraient été tués."

Vérifiez, tout y est : l’armée colombienne était incapable seule de localiser le camp de Reyes. On apprendra plus tard que Reyes est mort des suites d’un combat au sol, ayant reçu deux balles, une dans le ventre et une dans l’œil. Sans l’aide des Américains et leurs moyens sophistiqués, c’eût été impossible de le découvrir. Reyes, engagé dans des pourparlers avec des négociateurs, était contraint d’avoir à communiquer vers l’extérieur, ce qui expliquerait son interception : sa fin brutale entraîne logiquement la fin de tout espoir de négociation, rendant le statut d’otage d’Ingrid Betancourt extrêmement fragile.

La décision de tuer Reyes a été prise par des gens qui n’ont aucun intérêt à revoir Betancourt vivante, donc, ou qui n’ont pas pris suffisamment en compte son cas désespéré. Maintenant, il nous reste à nous interroger, vous et moi : d’où vient la décision, à qui a-t-on demandé l’accord pour en arriver là ? Obligatoirement Alvaro Uribe a dû solliciter l’accord des détenteurs véritables du matériel qu’il a utlilisé pour localiser Reyes. Ou W. Bush, en lui accordant ce droit, lui a laissé le feu vert pour ce qui conduit aujourd’hui à une autre inéluctable condamnation : celle d’Ingrid Betancourt, vue vivante pour la dernière fois le 4 février dernier. A moins que le pour et le contre aient été suffisamment pesés, et que l’opération d’hier soit suivie dans les heures qui viennent par un assaut général contre ce qui reste des Farc, aujourd’hui décapités. Pour l’instant, ça n’en prend pas du tout le chemin. Les quatre otages libérés mercredi 27 février risquent fort d’être les derniers. Et la peau des trois otages américains Thomas Howe, Marc Gonsalves et Keith Stannsen, ne doit pas peser très lourd depuis la mort de Reyes. Ce sont eux les premiers concernés par des représailles. Ils n’ont plus aucune chance, comme l’avait déjà pressenti l’excellente émission 60 Minutes qui s’était intéressée à ces "otages oubliés" de tous, y compris des Américains eux-mêmes ! La proposition de négociation faite en 2005 par les Farc aux USA est bien loin : ils viennent en fait de condamner tous les otages en choisissant de soutenir la voie de l’intervention armée et en lui donnant un sacré coup de main technologique. L’espoir de nouveaux échanges vient d’être sciemment torpillé par une action qui risque d’avoir des conséquences catastrophiques pour la vie des otages. Dont celle d’Ingrid Betancourt. La mort de Reyes risque tout simplement d’en entraîner beaucoup d’autres. Les Farc ne sont pas à défendre, entendons-nous bien, leur système repose autant sur le trafic de drogue que celui de leurs adversaires. Mais la décision qui vient d’être prise de le supprimer semble ne pas avoir pris en compte tous les tenants et les aboutissants d’une situation explosive où à tout moment des otages risquent de perdre la vie. L’histoire jugera pour savoir s’il fallait prendre ou non cette décision. Dans l’état actuel des choses, elle est purement catastrophique pour les otages. Ingrid Betancourt a peut-être été sacrifiée au nom de la lutte antiterroriste d’un George W. Bush obnubilé qui fait peu de cas des personnes, et qui en profite au passage pour étendre son emprise militaire sur les Etats d’Amérique du Sud qui lui sont restés fidèles.

Documents joints à cet article

Ingrid Betancourt condamnée ? Ingrid Betancourt condamnée ?

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459 réactions à cet article    


  • snoopy86 3 mars 2008 10:01

    Avec ou sans l’aide des USA, Reyes liquidé ça fait un salopard de moins.


    • Djanel 3 mars 2008 12:01

      Vous êtes quoi snoopy ?


    • snoopy86 3 mars 2008 14:44

      Comme mon post vient de disparaître j’en rajoute une couche

      Aprés Imad Moughnieh, Raoul Reyes...

      2 salopards de moins


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 10:05

      Les US font avec les Farcs ce que nous faisons avec les rebelles tchadiens et notre armée qui ne se fait pas prier pour intervenir, la différence, il n’y a pas d’otages américains aux mains des rebelles


      • Argo Argo 3 mars 2008 11:35

        Si Bernard,

        Je crois qu’il y en a trois, appartenant à l’entreprise Northrop Grumman, une des nombreuses entreprises privées américaines assistant le gouvernement colombien.


      • Argo Argo 3 mars 2008 12:16

        Les USA n’en font pas mystère, l’aide militaire à la Colombie est la troisième en importance après Israel et l’Egypte.

        Théoriquement limitée à l’éradication de la drogue, il est évident qu’elle s’étend à celle des FARC, ce qui n’est pas totalement illogique puisque les FARC tirent la part la plus importante de leurs revenus (estimés à environ 400 millions de dollars annuels) de la drogue, et notamment du "gramaje" (grammage), l’impôt calculé sur la production de poudre blanche qu’ils prélèvent auprès des narcotrafiquants implantés dans les territoires qu’ils contrôlent.

        Quant à Ingrid Bettancourt, compte tenu de son combat politique contre les FARC et des récents démêlés et autres ratages, c’est probablement le dernier otage que les FARC auraient libéré, selon l’opinion des spécialistes. Avant l’assassinat de Reyes, ça lui laissait peu de chances, après cet assassinat, l’avenir devient très noir pour tous les otages... Et a fortiori pour le dernier des "libérables".


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 12:53

        Je parlais d’éventuels d’otages américains aux mains de rebelles tchadiens,

        Northop, décidément, ils sont partout, en Colombie et avec EADS


      • wesson wesson 3 mars 2008 14:43

        "les FARC tirent la part la plus importante de leurs revenus (estimés à environ 400 millions de dollars annuels) de la drogue"

        400 millions de dollars pour des guerilleros en guenille qui vivent dans la forêt en se cachant depuis 50 ans, bigre !

        C’est à se demander comment ils récupèrent tous ces dollars, et ce qu’il en font avec.

        Surement ils allument le feu de camp avec les billets de 1000$

         

        Cette estimation prête - un peu - à sourire.

         


      • Castor 3 mars 2008 14:52

        @Wesson

        Et passez le bonjour à Smith

         


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 3 mars 2008 15:23

        Permettez-moi de formuler un seul voeu : qu’aucune famille des otages ne soit venue lire les commentaires que je viens de parcourir pour chercher un quelconque réconfort ! Devons-nous, oui ou non, souhaiter la libération d’Ingrid Betancourt et, si oui, quel prix la République française doit-elle consentir pour y parvenir ? Et qui sera le nouvel interlocuteur qui pourrait mener à la libération d’Ingrid Betancourt ? À moins qu’il ne soit plus approprié, pour un gouvernement, de négocier avec des terroristes et qu’il vaut mieux observer, pour se donner bonne conscience, à la longue agonie d’Ingrid Betancourt ? Une fois l’obstacle levé, tout sera permis pour exterminer - une fois pour toutes - ces terroristes sixties qui troublent dans leur sommeil les âmes bien pensantes. Qu’arrivera-t-il des autres otages ? Peu importe.

        Pierre R. Chantelois

         


      • snoopy86 3 mars 2008 15:36

        @ Pierre

        Vous posez parfaitement le problème : peut-on négocier avec les terroristes ? peut-on sous prétexte de négociations en cours accepter les gesticulations médiatiques d’un dictateur voisin ? Faut-il, pour sauver une concitoyenne kidnappée protéger les assassins preneurs d’otages contre l’action militaire du gouvernement légitime du pays ?

        Nous compatissons avec les otages et leurs familles, mais n’avons aucune pitié pour ceux qui les enlèvent.


      • haddock 3 mars 2008 15:41

        Bonjour Pierre ,

         

        Puissent les otages du monde entier être libérés .

         

        Les gens malheureux être heureux .

         

        Que les salauds en tout genre deviennent des moutons .

         

        Malheureusement ce ne sont que des paroles , les vôtres , les miennes , les autres .

         

        Espérons quand-même .

         

         


      • TALL 3 mars 2008 15:52

        Pierre

        L’article de Morice n’a pour seul but que de récupérer la détresse bien réelle de Bettencourt pour se livrer à son hobby quotidien : casser du ricain.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 mars 2008 16:55

         Condamnée ? Je dirais plutôt que les enchères viennent de monter vertigineusement. Imaginez Ingrid Bétancourt libérée par un commando - en fait une forme expéditionnaire vénézolaine - , déclarant à Caracas qu’elle est retenue depuis des années par la complicité du gouvernement colombien et de certains éléments des Farcs partenaires dans le trafic de drogues... et contre la volonté des "vrais" Farcs à motivation politique...

        Vous voyez l’effet en pleine campagne électorale aux USA ? Avec Boeing qui a des choses sur le coeur.. On soupçonne Boein d’avoir fourni l’information du scandale Lockheed au Japon, il y a quelques années, qui avait malicieusement mêlé mafias et têtes couronnées...

        Simple fiction, bien sûr, mais toute cette histoire Bétancourt ressemble à un polar scénarisé pour un James Bond. 

         

         Pierre JC Allard 

         


      • Philou017 Philou017 3 mars 2008 23:32

        Un éditorial intéréssant d’un journal Colombien :

        COLOMBIE •  Sommes-nous l’Israël de la région ?

         L’élimination du numéro deux des Farc, Raúl Reyes, par l’armée colombienne a provoqué une grave escalade de la tension entre la Colombie et ses voisins, le Venezuela et l’Equateur. Une éditorialiste du journal El Tiempo s’interroge sur les méthodes du président Uribe et sur l’avenir du pays.

        Soyons clairs : jusqu’à vendredi dernier, affirmer que la guérilla des FARC était exsangue relevait davantage de la propagande officielle que de la réalité. Une guérilla dont la tête n’était pas encore tombée ne pouvait être agonisante. Pourtant, avec la mort de Raúl Reyes, la donne a changé : on peut aujourd’hui affirmer que les FARC sont sérieusement éprouvées et peut-être très proches de leur fin.

        Il ne doit pas être facile pour les membres du Secrétariat de voir à quel point la mort de leur numéro deux a été accueilli avec soulagement et ravissement par la plupart des Colombiens. "Un de moins", voilà ce que j’ai pu entendre un peu partout. Non seulement personne ne regrette Raúl Reyes, mais l’atmosphère dans les rues de Colombie n’est pas sans rappeler la mort de Pablo Escobar.

        Tant d’années d’exactions, de mines fabriquées maison et d’enlèvements ont fini par transformer les FARC en une guérilla honnie par l’ensemble du pays, toutes classes confondues : propriétaires terriens et déplacés ; riches et pauvres. Pour de nombreuses raisons, Uribe jouit d’un soutien inconditionnel de la population dans sa guerre contre les FARC. Personne ne peut le nier, pas même ses opposants.

        C’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que cette opinion colombienne, aussi manipulable que dégradée en raison du conflit, ne se préoccupe pas de savoir si cette guerre a recours à des procédés douteux. Ainsi, vendredi dernier, l’opération commando contre Reyes a été lancée tout en sachant sciemment que ce dernier se trouvait en territoire équatorien. La réaction du gouvernement voisin ne s’est pas fait attendre. L’opération a été considérée comme une agression par le président Correa, qui a rappelé son ambassadeur et a traité son homologue Uribe de menteur pour lui avoir présenté une version maquillée des faits. Et, comme si cela ne suffisait pas, le président Chávez en a profité pour jeter de l’huile sur le feu en fermant son ambassade en Colombie et en se mettant sur le pied de guerre à la frontière. La majorité des Colombiens n’en ont cure et sont persuadés que, dans la guerre contre les FARC, la fin justifie les moyens.

        Pourtant, nous sommes quelques-uns uns à penser différemment. Frapper les FARC est une chose, mais devenir l’Israël de la région en est une autre, d’autant plus que la problématique est loin d’être la même. Une telle audace pourrait nous coûter très cher. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le gouvernement du président Uribe réalise ce type d’opération inspiré des raids israéliens.

        L’autre danger qui menace la démocratie colombienne est plus difficile à contourner. Il est intimement lié à cette thèse de plus en plus partagée dans le pays qui veut que la chute des FARC passe forcément par la réélection du président Uribe, seul capable d’accomplir un pareil exploit. Le jour de la mort de Raúl Reyes, dans les rues, les centres commerciaux et les associations, les partisans de la réélection d’Uribe sont sortis récolter des voix dans l’intention de capitaliser cet élan. Vous allez me dire que je suis un rabat-joie, qu’ils se contentaient de fêter l’événement. Mais, si nous lions la lutte contre les FARC à la permanence au pouvoir du président Uribe, non seulement nous continuerons à amoindrir les institutions de ce pays, déjà suffisamment chancelantes, mais la reconduction d’Uribe à la tête du pays serait un blanc-seing pour de nouvelles violences. Les FARC vont probablement disparaître, mais notre Etat de droit les suivra dans la tombe.

        Editorial de María Jimena Duzán

        www.courrierinternational.com/article.asp


      • Philou017 Philou017 3 mars 2008 23:37

        Ceci dit, je suis loin de partager son avis sur le fond de l’affaire. Les veritables criminels sont les associés de Mr Uribe, auteurs de nombreuses exactions, soutien de paramilitaires qui ont des milliers de crimes sur les mains, impliqués dans le traffic de drogue. Le bilan des FARC à coté est gentillet. Ca fait longtemps que Uribe et ses sbires ont trainé la Colombie hors de l’etat de droit.


      • Philou017 Philou017 3 mars 2008 23:58

        Dom22 : Uribe élu sans magouilles.


      • claude claude 4 mars 2008 00:15

        ingrid bétancourt représente un danger pour le président uribe lui même.

        si elle est libérée, elle risque de cristalliser autour d’elle les mouvements d’opposition démocratiques.

        en effet, les rapports d’uribe avec le monde des traficants de drogue et celui-des organisations paramilitaires, sont assez troublants :

        ##" (...) Selon une biographie non autorisée (El señor de las sombras de Joseph Contreras, 2002) il aurait à l’instar de son père rendu de bons et loyaux services au Cartel de Medellin pendant cette période, notamment en octroyant des licences de vol à des pilotes qui transportaient de la drogue hors du territoire colombien, comme le confirme par ailleurs un document officiel de la Defense Intelligence Agency américaine daté de 1991.
        Membre du Parti Libéral, Alvaro Uribe est successivement élu Maire de Medellin — à l’époque où l’un de ses amis, le célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar Gaviria, régnait sur cette capitale mondiale de la cocaïne — puis Sénateur de 1988 à 1994 et enfin Gouverneur de la région d’Antioquia. Au début des années 2000, il quitte le Parti Libéral pour se présenter en candidat indépendant à l’élection présidentielle de mai 2002
        .(...)

        L’écologiste franco-colombienne Ingrid Betancourt est également candidate à cette élection mais elle est enlevée avec sa directrice de campagne Clara Rojas par les FARC en février 2002.
        Élu au 1er tour de scrutin avec 53% des suffrages, mais avec seulement 45% de votants, Alvaro Uribe est officiellement investi président de la République de Colombie en août 2002.(...)

        Il double le budget de la sécurité et favorise indirectement le développement de véritables escadrons paramalitaires, dont notamment les milices des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC, fondées avec son aide dans sa région d’Antioquia en 1997), qui mènent en toute illégalité de terribles exactions — kidnapping, assassinat, torture, extorsion de fonds, etc... — parmi les populations indigènes des régions contrôlées par les rebelles. Côté positif, cette politique tout sécuritaire parvient à faire libérer quelque 500 otages et fait diminuer significativement le nombre d’enlèvements et d’homicides dans le pays. Côté négatif, elle terrorise et bafoue les droits élémentaires d’une partie des colombiens, notamment des paysans et des autres citoyens des classes les plus pauvres pris entre les feux croisés du gouvernement et des diverses milices d’extrême-gauche et d’extrême-droite. (...)

        Quant à la culture illégale de coca en Colombie, elle a augmenté de 26% en 2006 selon le bureau américain de contrôle de la drogue (ONDCP).
        En mai 2006, Alvaro Uribe, soutenu par la classe politique néolibérale et néoconservatrice pro-américaine — grands propriétaires fonciers, banquiers, politiciens et militaires d’extrême-droite — est réélu président de la Colombie avec 62% des voix (56% d’abstention). Les scandales de sa politique paramilitaire, notoirement financée par les Etats-Unis et le trafic de drogue, l’éclaboussent cependant sérieusement depuis le début de l’année 2007. Sa ministre des Affaires étrangères, Maria Consuelo Araujo, a été contrainte de démissioner après la révélation de ses liens avec les narcotrafiquants et plusieurs de ses fidèles, dont le directeur de la police politique et même ses propres frères et cousins, sont accusés par la presse et l’opposition d’être en cheville avec des groupes paramilitaires d’extrême-droite coupables de centaines d’assassinats. L’Armée et les Services de renseignements secrets d’Alvaro Uribe sont eux aussi mis en cause pour leur collaboration présumée avec les désormais tristement célèbres "escadrons de la mort" colombiens"##

        (..)La parapolitique [modifier]

         

        Lors des élections présidentielles de 2002, Alvaro Uribe aurait bénéficié de l’aide des paramilitaires qui ont intimidé la population afin de le faire élire. Depuis le début de l’année 2007, le scandale de la "parapolitique" éclabousse le président, le gouvernement, et une grande partie de la classe politique libérale et conservatrice. La ministre des Affaires étrangères, Mme Maria Consuelo Araújo, a été contrainte de démissioner en février, suite aux révélations accusant son père et son frère d’être en lien avec les paramilitaires. Le directeur de la police politique (DAS), Jorge Noguera, un fidèle d’Alvaro Uribe,a été arrêté pour les mêmes raisons. Plus de cinquante élus nationaux sont sous le coup d’enquêtes à cause de liens présumés avec les paramilitaires. En outre, des enquêtes ont permis de découvrir que les services de renseignement et l’armée dressaient des listes de personnalités politiques de gauche ou des milieux syndicaux et de défense des droits de l’homme, qui étaient transmises aux paramilitaires afin qu’ils les éliminent ou au moins fassent pression sur eux.

        Allié des États-Unis [modifier]

        Dès son arrivée au pouvoir, il s’est associé avec les

        États-Unis

        dans leur

        guerre contre le terrorisme

        , et il a poursuivi le

        plan Colombie

        . Ce plan prévoit notamment l’aspersion par voie aérienne d’

        herbicide

        de type

        Roundup

        , pour détruire les champs de

        coca

        . Mais, dans les faits, il est également répandu sur des zones pétrolières, sur des forêts tropicales et sur des indigènes (...)

        ##"Uribe Vélez, un passé parmi les narcotrafiquants

         

        Un chroniqueur de El Espectador, Fernando Garavito Pardo, a dû s’exiler en mars 2002 suite à des menaces de mort après avoir publié une série d’enquêtes sur les liens présumés avec le narcotrafic et le paramilitarisme du candidat à la présidence de l’époque Álvaro Uribe Vélez. [6]

         

        Ces dénonciations ont coïncidé avec celles de Ignacio Gómez Gómez, qui, lui aussi, a dû quitter le pays pour la même raison. Quand, en 2002, le Comité Mondial pour la Protection des Journalistes (CPJ) lui a remis le Prix international de la liberté de la presse, il a expliqué qu’il recevait cette récompense « pour le travail sur les antécédents qui lient Álvaro Uribe Vélez au Cartel de Medellín. C’est une enquête qui s’est faite en cinq parties. L’une d’elle traitait de la coïncidence entre l’appartenance de Pablo Escobar au Congrès et son activité politique et prosélytique intense dans les quartiers pauvres de Medellín, et qu’à l’époque Álvaro Uribe était le maire de Medellín et développait des programmes très parallèles à ceux de Pablo Escobar. Après, Álvaro Uribe fut directeur de l’Aéronautique civile. Avant lui, entre 1954 et 1981, l’Etat avait accordé 2 339 licences. Au cours des 28 mois où Álvaro Uribe occupa ce poste de directeur, il octroya 2 242 licences, c’est-à-dire juste un peu moins qu’au cours des 35 années antérieures, avec la circonstance aggravante que de nombreuses licences, à peu près 200, bénéficièrent au Cartel de Medellín (...) Quand l’hélicoptère [du père] faisait l’objet de l’héritage, il a été retrouvé dans un laboratoire très célèbre de Pablo Escobar appelé ‘Tranquilandia’. L’hélicoptère appartenait à [Álvaro] Uribe et à son frère. En outre, il existait une étroite relation entre le père d’Uribe et le clan des Ochoa, une famille très importante au sein du Cartel de Medellín. La dernière partie [de la série] portait sur l’évasion de prison de Pablo Escobar et sur sa tentative de conclure un nouvel accord avec le gouvernement. La personne chargée d’arriver à cet accord était Álvaro Uribe Vélez. (...) Des cinq histoires, nous n’avons réussi à en publier qu’une seule, celle qui a trait à l’hélicoptère. Le jour de sa publication, le président s’est fâché et m’a insulté à la radio...  ». (...) ##


      • TALL 4 mars 2008 00:38

        claude

        Ils trafiquent tous de la came là-bas, les farcs aussi. Le fric est le nerf de la guerre, et ils sont en guerre.


      • Basebou Basebou 8 mars 2008 09:27

         

        Et toi ton commentaire n’a pour seul but que de dénigrer Morice


      • haddock 8 mars 2008 09:39

        Incroyable , Momo serait noir et nous on veut le dénigrer


      • tvargentine.com lerma 3 mars 2008 10:10

        Voila donc,après notre ami DUGUE ,notre ami MORICE qui nous écrit aussi un véritable article qui représente la honte d’AGORAVOX.

        Comment peut laisser ce type d’article diffusé sur une théorie anti-américaine haineuse sur Ingrid Bétancourt

        La haine anti-américaine mais aussi la folie de ce "morice" en vient maintenant à instrumentaliser ici sur le malheur d’ Ingrid Bétancourt et de sa famille

        C’EST UNE HONTE POUR AGORAVOX ET EN TANT QUE REDACTEUR JE DEMANDE QUE CET ARTICLE SOIT RETIRE DE LA DIFFUSION

         


        • Nobody knows me Nobody knows me 3 mars 2008 13:44

          lerma,

          EN TANT QUE LECTEUR, JE DEMANDE QUE VOUS SOYEZ RETIRE D’AGORAVOX (REDACTEUR ET COMMENTATEUR).


        • haddock 3 mars 2008 13:54

          Moi non .


        • snoopy86 3 mars 2008 14:24

          Les zozos soutiennent le combat de Lerma dans son combat la défense de son inaliénable droit acquis de dire des conneries...


        • snoopy86 3 mars 2008 14:25

          tapé trop vite....


        • C.C. C.C. 4 mars 2008 00:31

          Je suis également favorable à la liberté d’expression ....


        • Castor 3 mars 2008 10:17

          Wahou !!!

          L’a modifié son CV !!!

          Y chasse les trolls maintenant !!!


          • Yifu66 3 mars 2008 11:00

            @Castor

            Question : Peut-on s’auto-chasser ?


          • Castor 3 mars 2008 11:12

            Bien sûr, de la même manière que l’on peut s’aimer soi-même !!!

            Comme Momo semble être un adepte de l’auto-satisfaction, l’auto-branlage et même de l’auto-journal (!), je ne vois pas pourquoi il se priverait de l’auto-chasse.


          • Yifu66 3 mars 2008 13:52

            @Castor

            ...Pourvu qu’il s’auto-mate !


          • snoopy86 3 mars 2008 10:24

            Salut Castor et tous les zozos !!!

            Cette modification ce CV nout fait honneur à tous. C’est notre président Calmos qui va être content.

            Ca fait tellement plaisir qu’aujourd’hui je plusse son articles et les commentaires de Lerma...


            • Castor 3 mars 2008 10:33

              Salut les Zozos !

              C’est bien qu’il chasse les trolls, c’est vrai que ça commençait à pulluler sur ses articles...

              Enfin, en même temps, faut s’interroger, c’est comme les blattes, si y’en a c’est que c’est pas très net...

              Enfin, nous on s’en fout, on est des Zozos, pas des trolls.


              • haddock 3 mars 2008 10:34

                Bonjour les Zozos ,

                 

                Avec cette modif j’ ai bien peur que dans pas longtemps on aura la CIA à nos trousses , le FBI ( Faites vos Bagages Immédiatement ) ensuite , après ce sera le tour de Scherlok Holmes et du dotor Watson , même il est à craindre qu ’Arsène Lupin ressurgisse par le chas de l’ aiguille .

                 

                On est cerné .

                 

                Nestor , le cyanure .


                • Castor 3 mars 2008 10:41

                  Moi, je prends ça comme la reconnaissance de notre travail.

                  Nous étions isolés, chacun dans son coin, en nous traitant de zozos, Morice nous a donné vie en tant que résistants à sa prose nauséabonde, prétendue-journalistique, redondante, enfonceuse de portes ouvertes, simili-informative...

                  Je dis oui au journalisme participatif, au média citoyen, je dis NON au parasitage par la pensée unique (ta mère).


                • Yifu66 3 mars 2008 11:05

                  Eh, Haddock, dommage que vous n’ayez pas pensé aux Dupondt... 


                • haddock 3 mars 2008 11:22

                  Yifu ,

                   

                  Les Dupondt sont sur le terrain , infiltrés par la marque Mélita , boivent le café avec les divers bélligérants pour moudre leur méfiance . Distillant de douces paroles au goutte-à-goutte .

                  Ils ont un plan robusta , tissé des liens étroits avec les arabicas , mais ne le dévoileront qu’ à la Saint Marc . ( de café )


                • SANDRO FERRETTI SANDRO 3 mars 2008 12:12

                  Had....


                • Leekid 3 mars 2008 10:42

                  Lerma, moi je demande à ce que vous commentaires ineptes, hors propos et récurrents soient retirés de la diffusion. La honte d’Agoravox c’est vous.

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