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Accueil du site > Actualités > Politique > Interview d’Alain Boyer, professeur de philosophie politique à la (...)

Interview d’Alain Boyer, professeur de philosophie politique à la Sorbonne

Première partie de l’interview d’Alain Boyer, professeur de philosophie politique à la Sorbonne, spécialiste de Popper. Il y est question de son parcours politique, de Mai-68, de mouvements d’extrême gauche, jusqu’à son évolution vers le PSU de Michel Rocard.

Expression libre : Peux-tu nous raconter un peu ton parcours politique, et expliquer comment un intellectuel universitaire en vient à s’exprimer dans les grands médias nationaux ?

Alain Boyer : ce parcours politique commence assez tôt parce que j’appartenais à une famille de militants politiques, associatifs et syndicalistes. Mon père était un militant de la CFTC, puis il fut l’un des fondateurs de la CFDT,et c’est pour ça que nous sommes « montés » à Paris en 1964, j’appartenais à une famille typique de « chrétiens de gauche » (comme Edmond Maire ou Michel Rocard, que j’ai croisé dans les années 60, avec mon père, quand il avait encore un pseudo).

J’étais donc dans une famille de gauche, très politisée, très humaniste, progressiste et anti-totalitaire déjà (on n’en connaissait pas le mot, mais c’était ça), avec déjà cette idée un peu naïve qu’il fallait combiner ce qu’il y avait de bien dans le système occidental - c’est-à-dire la liberté - et ce qu’il y avait de bien - ce qu’on croyait qu’il y avait de bien - dans le système communiste - c’est-à-dire l’égalité - . « Nous, on a la liberté, mais pas l’égalité, eux ils ont l’égalité, mais ils n’ont pas la liberté. Il faut trouver une troisième voie, un socialisme à visage humain (slogan du “Printemps de Prague en 68″) ».

Un certain nombre d’événements ont eu lieu pendant mon enfance, dont j’ai un souvenir très clair, en particulier la guerre d’Algérie, où j’ai cru comprendre le sens du mot « anti-colonialisme », et puis Mai-68 où j’étais adolescent (mon frère aîné était dans les manifs, et mon père était dans les négociations type « Grenelle », pour les Postes et Télécommunications). J’ai fait ma “crise d’adolescence”, je trouvais que mes parents n’allaient pas assez loin, qu’ils n’étaient pas assez radicaux, je suis passé du côté de la « révolution ».

La première fois que j’ai mis les pieds à la Sorbonne, c’était le 20 mai 1968, sans imaginer que, 30 ans plus tard, j’y serais professeur ! Quand je suis arrivé à la Sorbonne, il faut dire que c’était extraordinaire pour un gamin politisé et « romantique » ! Toutes les fenêtres étaient couvertes de portraits de Marx, Engels, Lénine, Mao, ou de l’autre côté Trotsky, Che Guevara, mais aussi Bakounine avec drapeaux noirs et des drapeaux rouges partout. Il y avait des «  communiqués » sur l’état des luttes, un type qui jouait du piano (j’ai appris après que c’était Higelin), des inscriptions de type « situationniste », qui m’ont beaucoup plu à l’époque : “Soyez réalistes, demandez l’impossible”, des choses comme ça...

Une ambiance enthousiaste ?

Oui, oui. Pour moi c’était des « grands », qui remettaient tout en question. Pour dire sur 68 quelque chose, puisque ça a été un enjeu dans la campagne électorale (quand Sarkozy a fait un discours anti-68), je pense que le bilan doit être, comme pour beaucoup d’événements révolutionnaires, nuancé.

Il y a les aspects négatifs (une remise en cause beaucoup trop radicale de toute autorité, donc de toute institution), c’est tout à fait vrai. Je me souviens qu’il y avait cette idée d’avant-gardisme, c’est-à-dire d’être toujours un peu plus à gauche, remettre tout en cause, la famille, l’Eglise (j’ai perdu la foi en Mai), mettre en cause l’université, le professeur, l’idée qu’il faudrait que les cours soient des sortes d’échanges, l’idée que les étudiants avaient eux-mêmes un savoir à apporter à leurs professeurs, tout ça était enthousiasmant, mais, à dire vrai, excessif (il n’y a pas d’éducation sans transmission de savoir). Même si ça doit être fait avec l’autorité du professeur, mais sans autoritarisme : c’est un aspect positif de Mai-68. C’est ça qu’on confond souvent. Avant 68, il était impensable qu’un étudiant osât s’adresser à un professeur ! Ça a provoqué un adoucissement des rapports, une amélioration du dialogue entre professeurs et étudiants. Ça c’est stabilisé, maintenant, de sorte que les étudiants prennent des notes, parce qu’ils savent qu’ils auront à apprendre, il y a une asymétrie. C’était ça, c’était l’asymétrie - entre le “savant” et l’”étudiant” - qui était remise en cause en 68. Or, si on met en cause cette asymétrie, il n’y a plus de transmission. En revanche, cette asymétrie n’est plus une hiérarchie rigide avec une différence abyssale. On peut parler. Je dis à mes étudiants, ne m’écrivez pas en disant “salut mon pote”, bien sûr, mais je n’ai pas besoin non plus de “monsieur le grand professeur”. En général, ils me disent “bonjour”.

Une juste distance ?

Oui, je préférerais qu’ils me disent “bonjour, monsieur”, mais bon c’est “bonjour”. Je leur donne mon mail. La rigidité des rapports sociaux, avant 68, par exemple à la télévision, sous de Gaulle, c’était assez invraisemblable ! Je me rappelle qu’une « speakerine » avait été renvoyée à la demande de Mme de Gaulle, parce qu’elle avait montré son genou. C’est dire...

Donc : un contexte, pour Mai-68, d’anti-autoritarisme anarchique certes excessif, qui a pu faire du mal à l’école, mais qui était porteur d’une idée forte de liberté et d’émancipation. Deuxièmement, des mouvements d’extrême gauche, au contraire eux, pas du tout anarchistes, mais de tradition léniniste, voire stalinienne. Un jour, en 71, j’ai failli me faire casser la figure par leur service d’ordre, les maoïstes chantaient (à la Mutualité), “Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao”, je rajoutais “Beria !“, le chef de la police politique de Staline, et quand ils m’ont vu, pfiout ! , on était deux, on a dû se sauver !

Alors, comment je me situais ? J’ai tout de suite pensé que l’anarchisme était une impasse. Ca me paraissait d’une grande naïveté de dire (comme l’anarchisme radical - drapeau noir - tel qu’on le voyait à l’époque dans des associations anarchistes comme la Fédération anarchiste ou l’ORA) : l’idée c’était on détruit tout - l’Etat - immédiatement, et puis rien, plus d’autorité du tout, plus de règles, etc. C’est le sens exact d’anarchia en grec, littéralement “absence de pouvoir”.

La table rase...

La table rase. J’acceptais le slogan de Blanqui “ni Dieu ni maître”, mais en revanche l’idée de tout renverser, comme ça d’un seul coup, me paraissait complètement naïve. En revanche, les groupes marxiste-léninistes me paraissaient, certainement parce que j’avais eu cette éducation anti-totalitaire, accorder à Lénine et Trosky ou Castro et Ho-Chi-Min - voire à Staline et à Mao - des qualités qu’ils n’avaient pas. J’avais très peur politiquement du stalinisme. Alors, les gens qui renchérissaient sur le parti communiste, traité de « révisionniste », en disant “il faut revenir à Staline” me paraissaient complètement délirants. (Il y avait aussi des « maos » plus libertaires, qui se faisaient des illusions sur la pseudo « Révolution Culturelle », mais qui étaient « anti-autoritaires », « spontanéistes », les « mao-spontex  » ! avec qui je m’entendais mieux - par exemple le groupe VLR : Vive la Révolution).

C’est de là qu’est partie la rupture avec ces mouvements ?

Non, pas tous, parce que j’ai trouvé dans mon adolescence une stabilisation dans un courant que je ne renie pas totalement parce qu’il me paraît au fond le moins dangereux pour les libertés, et je vois que les nouveaux « révolutionnaires » (Clémentine Autain par exemple) s’y réfèrent ; il s’agit des luxembourgistes, « spartakistes » ou « conseillistes ». L’héroïne en était Rosa Luxemburg, assassinée en 1919 à Berlin, pendant la semaine sanglante, la révolution communiste ratée (spartakiste : le terme me plaisait beaucoup ! Spartacus était l’un de mes héros quand j’étais gosse...). Elle fut tuée avec son amant Karl Liebknecht. C’était assez romantique, en plus. Et c’était un marxisme non-léniniste. Rosa Luxembourg était marxiste « pure et dure », fondatrice du PC allemand (novembre 1918), donc une vraie révolutionnaire, d’extrême gauche, mais elle avait dit “Camarade Lénine, la liberté, c’est celle de celui qui pense autrement”. Cette phrase voltairienne m’avait énormément plu. Tandis que Lénine a très vite imposé par la violence la seule voix du parti bolchevik.

On ne sait pas ce qu’aurait donné Rosa Luxemburg si elle n’avait pas été assassinée, bien sûr. Ce courant se réclamait aussi de la révolte des marins de Kronstadt en 1921, qui avaient été l’instrument militaire qui avait permis aux bolcheviks de prendre le pouvoir pendant leur putsch d’octobre 1917. Mais en mars 1921, les marins de Kronstadt, les ouvriers de la révolution, si j’ose dire, ceux qui avaient pris la “Bastille” (le palais d’hiver de Saint-Petersbourg), se sont révoltés parce que Lénine avait promis tout le pouvoir aux soviets (soviets, ça veut dire « conseil ouvrier », donc autogestion), mais qu’en fait c’était le Parti qui avait tout le pouvoir. Lénine et Trotsky ont décidé le massacre des marins (dont le slogan était “tout le pouvoir aux soviets, et non pas au parti”). Donc, ni les maoïstes (se réclamer de Mao ou pis encore de Staline, c’était pour moi l’abomination des abominations), ni Lénine et Trotsky (qui avaient fait massacrer les marins) et qui avaient fondé le Goulag (acronyme voulant dire “direction centrale des camps de prisonniers”), et qui ont mis tout de suite en un an dans les camps plus de prisonniers que les tsars pendant tout le XIXe siècle ! Et fondé la sinistre Tchéka, ancêtre du KGB.

Je me trouvais bien dans ce courant, dont les deux phares qui étaient les plus connus, et qui recommencent à être connus, étaient “Socialisme ou barbarie” (S ou B) fondé par 3 philosophes (dont un seul est toujours vivant), Castoriadis, Claude Lefort (théoricien de la démocratie à l’heure actuelle) et puis Jean-françois Lyotard, fondateur plus tard de l’idée de « post-modernité » en philosophie. Il y avait aussi Edgar Morin dans cette mouvance. J’allais à la “Vieille Taupe“, qui était la librairie luxembourgiste, et qui est malheureusement tombée dans le révisionnisme le plus abject à la fin des années 70. Négationnisme des chambres à gaz, une horreur. De Rosa Luxemburg à Faurisson ! Je pourrais expliquer, mais c’est trop long, la dérive paranoïaque qui consistait à penser que si on dit qu’à Auschwitz, c’était l’Enfer, les capitalistes vont dire “vous voyez ! les usines, c’est bien mieux”, donc il faut montrer qu’à Auschwitz c’est moins mal que ce qu’on dit. Pour montrer que le capitalisme libéral, c’est pas mieux que le fascisme. D’où l’idée “il n’y a pas eu de chambres à gaz”  !!! Là-dessus s’est greffé le problème qui existe malheureusement toujours aujourd’hui, le problème palestinien. Beaucoup de gens ont identifié Israël, le sionisme, et l’idée qu’Israël c’est du colonialisme, fondé sur l’idée de la Shoah, donc c’est un mensonge. Toute cette dérive, j’ai détesté. Mais dans les années 60-72, il y avait donc “S ou B”, et un petit groupe qui s’appelait “Noir et Rouge“, auquel appartenaient les deux frères Cohn-Bendit, et puis ce qui me fascinait le plus, c’était les numéros de l’Internationale situationniste. Les “situs”. Les vrais grands slogans, et la vraie idéologie libertaire de 68, elle est situationniste, fondamentalement. C’était des gens assez dogmatiques eux-mêmes, et qui se sont déchirés, mais qui avaient un certain style (Raoul Vaneigem, Guy Debord). Des sortes de surréalistes ayant décidé que le seul art possible, c’était de changer la vie, sa vie, et de détruire la « société du spectacle » et de la « marchandise ».

Si je peux me permettre de rebondir là-dessus, dans ce que tu dis, dans ce que tu écris, le dogmatisme est quelque chose que tu fuis.

Toujours. Enfin, j’essaye...

Dans ces mouvances-là, où il y a justement toujours une part de dogmatisme, de déformation de la réalité, comment toi, tu as évolué là-dedans ?

D’abord le courant le moins dogmatique de tous, c’était celui auquel je me référais. Parce qu’il n’y avait pas vraiment d’organisation. Au contraire des Mao, par exemple, qui avaient une organisation militaire. La Ligue, c’est-à-dire l’actuelle LCR, (on disait “La ligue a tort, c’est caïman sûr !”), dirigée par Alain Krivine (toujours en coulisse), c’était des mouvements quasiment militarisés. Léninistes ! Le révolutionnaire professionnel doit être discipliné comme un militaire. Même si n’est pas d’accord, c’est l’organisation, c’est le parti qui décide. Dans les mouvances “conseillistes”, c’était l’auto-organisation généralisée. Ça m’a permis en 74 de comprendre que la révolution c’était un mythe (”le grand soir”), ça m’a permis d’abandonner ça, mais tout en gardant l’idée d’autogestion. Je me suis donc retrouvé à être séduit par le PSU, puis par l’entrée de Rocard et des « rocardiens » au PS (en 1974).

La suite, c’est la semaine prochaine ! N’hésitez pas à réagir en commentaire.


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25 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 5 décembre 2007 10:47

    Voila l’exemple type de ces cathos de gauche qui auront détruit l’hétitage des idées socialistes en France en substituant les idées progressistes en compassions sociales et de nivellement de la société vers le bas.

    Ils ont tous le même parcours,au début des curés de la CFTC qui rejoignent les curés de gauche dans un nouveau syndicat la CFDT et dans le même temps membre du PSU aux idées complétements déphasées avec la société de l’époque pour finir avec ROCARD au PS.

    Ils auront substitué la protection sociale par le RMI !!

    La logique Aubry des 35h est identique (partage du travail et donc nivellement des salaires par le bas )

    C’est gens se sont toujours trompé de combats (à l’image de Rocard ou d’un Delors) ,ils représentent l’echec car ils n’ont pas de perspectives dans leurs idées

    A quoi bon lire et écouter ses loosers de la compassion sociale reconvertis dans le BOBO-ATTITUDE habitant les beaux quartiers à Paris ?????

    A RIEN


    • LOmiG LOmiG 5 décembre 2007 10:57

      salut, avant de t’emballer, lis les morceaux suivants de l’interview. Alain Boyer est tout sauf un « curé ». C’est quelqu’un qui manipule la raison, bien plus que les convictions. La suite de l’interview. Je rappelle qu’Alain Boyer a appelé, entre les deux tours de l’élection, à voter pour Sarkozy. Le titre de cet article, paru dans le Figaro, et sur lequel nous reviendrons dans l’interview : « Si vous êtes vraiment de gauche, votez sarkozy ! » à bientôt, Le prochain morceau parlera de libéralisme et des problèmes idéologiques de la gauche française.


    • JL JL 5 décembre 2007 11:55

      Puisqu’il est question de Popper et de politique ici, je crois utile de dire ceci :

      "Il y a la même différence entre une démocratie et une dictature qu’entre une théorie et une idéologie : les deux premières sont pacifiquement révocables, les secondes ne le sont pas".


      • fouadraiden fouadraiden 5 décembre 2007 12:22

         

         

         opposer théorie à idéologie pour distinguer la démocratie de la dictature est un peu court comme éclairage historique sur la logique de la science ou sur les régimes politiques.on a déjà vu d’étranges alliances se nouer entre elles.

         

         et que serait l’histoire de la pensée scientifique sans un environnement idéologique ?


      • arturh 5 décembre 2007 12:53

        La pensée scientifique progresse en général sur le mode de la rupture épistémologique par rapport à l’environnement idologique qui s’oppose généralement au progrès scientifique. Seule la Démocratie, qui n’est pas une idéologie mais une constuction théorique sur le mode pragmatique, ne s’oppose pas aux progrès scientifique, parce que la Démocratie n’est pas une idéologie. CQFD.


      • fouadraiden fouadraiden 5 décembre 2007 13:00

         

         !!!

         la système féodal est -il une idéologie ou une théorie pragmatique ?

         

         et avant que la démocratie ne surgissent de la caverne pour ns enseigner la Vérité ,les hommes et leurs sociétés , que faisaient-ils ? des théories ou de l’idéologie ?

         

         c’est n’importe quoi ton idéologie....


      • JL JL 5 décembre 2007 13:50

        Une petite précision s’impose, ma formule est maladroite : ce n’est pas la démocratie qui est révocable pacifiquement, c’est la politique menée par une démocratie qui est révocable, par les élections. Le pouvoir démocratique offre à ceux qui l’ont installé le pouvoir de le destituer. De même la théorie offre à ceux à qui elle se présente la possibilité de l’invalider, sur son terrain. Ce qui n’est le cas ni des pouvoirs totalitaires ni des idéologies. Cordialement.


      • arturh 6 décembre 2007 07:21

        Le système féodal était une idéologie, puisqu’à son apogé, la Monarchie, il reposait entièrement sur le religieux.

        Ce que je dis n’est donc pas n’importe quoi. Par contre votre réaction violente semble indiquer que vous n’êtes pas un partisan de la Démocratie. Pas la peine de s’énerver pour autant.


      • thirqual 6 décembre 2007 09:15

        Mais n’importe quoi arturh (pour changer). Nombre de pays soumis à des rois se passaient très bien de justifications religieuse. De plus c’est la république qui est une construction idéale, pas la démocratie.Il serait bon de lire Kant, Platon, et puis aussi Hegel, un peu de raison dans l’histoire ça vous fera du bien.


      • arturh 6 décembre 2007 16:23
        "Mais n’importe quoi arturh (pour changer). Nombre de pays soumis à des rois se passaient très bien de justifications religieuse. " Ah oui ? vous allez me chercher quoi pour le prouver, une Monarchie au TuamatU ? Le Roi de France, le Roi d’ESpagne, D’angleterre, du Portugal, le Tsar de Russie ? N’importe quoi comme d’habitude ? Vraiment la discussion sur Agoravox des fois....
        "De plus c’est la république qui est une construction idéale, pas la démocratie.Il serait bon de lire Kant, Platon, et puis aussi Hegel, un peu de raison dans l’histoire ça vous fera du bien." De plus c’est la République qui est une construction idéale ? Qu’est ce que ça vient faire là, quand je dis juste que la Démocratie est une construction paragmatique ? Vraiment la discussion sur Agoravox des fois.... avec en plus des béotiens pompeux qui viennent citer des noms de philosophe ou le titre d’une oeuvre comme s’ils avaient la moindre idée de quoi ça parle....
        Imbécile.

      • alberto alberto 5 décembre 2007 14:29

        A l’auteur : quel age a-t-il le monsieur ? Car encore 10 ou 15 ans et il fera un UMP bon teint !

        Bien à vous.


        • Céphale Céphale 5 décembre 2007 14:44

          Il est paradoxal qu’un intellectuel marqué à ce point par mai 68 ait appelé à voter pour Sarkozy, alors que ce dernier disait que mai 68 est parmi ce qui est arrivé de pire à la France.

          Je pense comme fouadraiden que la différence entre théorie et idéologie est mince. Théorie, idéologie, paradigme, ce sont des mots dont le sens varie suivant celui qui les prononce. Tout homme a forcément une idéologie, même quand il s’en défend. Au contraire, il y a une énorme différence entre idéologie et dogmatisme. En politique, beaucoup de gens ne veulent pas reconnaître qu’ils sont dogmatiques. Le libéralisme est un dogme au même titre que le communisme.


          • LOmiG LOmiG 5 décembre 2007 15:23

            salut céphale,

            et bien, il suffira de lire la suite de l’interview pour savoir comment il a appelé à voter Sarkozy...S’il y a un qualificatif qui ne colle pas, mais alors pas du tout, à Alain Boyer, c’est bien celle d’idéologue ! Il est pragmatique, ouvert. Ses convictions vous les découvrez dans l’interview (et dans les morceaux à venir) : anti-totalitaire, pour le dialogue et l’enrichissement mutuel, pour le respect des différences.

            Je précise qu’il est né en 1954, il a donc 53 ans.

            à bientôt !


          • ZEN ZEN 5 décembre 2007 16:53

            " pragmatique", c’est ainsi que se définit Nicolas . Quand on veut masquer ses engagements néolibéraux, on se dit pragmatique, c’est Blair qui a inventé cela...


            • Thomas11 Thomas Bourguignon 5 décembre 2007 17:21

              Bonjour,

               Pour ma part, je trouve cet article fort intéressant. Je me pose tout de même une question, qui est peut-être naïve : Est-ce une réelle interview ?
               En de-hors de cela, les commentaires me font poser une question ? Pourquoi ne pouvons-nous pas discuter librement, tout au moins sur Agoravox, de l’esprit de mai 68 ? Je trouve les conclusions de cet article fort intéressantes par rapport à cette question....


              • LOmiG LOmiG 5 décembre 2007 18:38

                @thomas bourguignon :

                oui, cette interview est réelle. Vous pouvez vérifier que 1) alain boyer existe et 2) je suis allé l’interviewer chez lui pendant 3 heures un vendredi matin. Vous verrez par ailleurs qu’il est intervenu en commentaire d’un article de mon blog, et que c’est comme ça que je l’ai rencontré...

                Pourquoi ce doute sur la réalité de l’interview ? 


              • Céphale Céphale 5 décembre 2007 19:20

                Je ne critique pas du tout Alain Boyer, que je n’ai jamais lu ou entendu. C’est LOmiG qui vient de m’apprendre qu’il a appelé à voter pour Sarkozy au deuxième tour. Mais les propos qu’il tient ici ne m’ont pas permis de comprendre les raisons de cet engagement.

                Je suis bien d’accord avec ZEN sur l’usage du mot "pragmatique" par les néolibéraux. Ce n’est évidemment pas dans le sens que lui donne C.S. Peirce. Chez eux, ça fait moderne, d’où leur engouement pour Sarkozy. Des mots, des mots, des mots... (Hamlet). Ils font aussi usage du mot "idéologue" pour stigmatiser leurs adversaires. Je n’ai pas qualifié Alain Boyer d’idéologue, puisque je ne le connais pas. Le récit de son parcours est intéressant. Je crois qu’il ne sait pas très bien où il en est actuellement, ce qui est plutôt sympathique pour un philosophe. 


                • LOmiG LOmiG 5 décembre 2007 19:24

                  re-salut Céphale,

                  c’est marrant, tout de même, cette manie de vouloir à tout prix ranger les gens dans des petites boites ! Vous verrez bien dans les épisodes suivants (à paraitre chaque vendredi sur mon blog) quel est la suite de son parcours intellectuel, et vous verrez qu’il sait relativement bien où il en est !

                  à bientôt !  smiley


                • arturh 6 décembre 2007 07:32

                  Ranger les gens dans une case bien précise est le principe même de l’idéologie, religieuse ou séculaire. (Si tu dis ça c’est donc que tu as une carte de l’UMP, où que tu vas l’avoir...)

                  C’est en ce sens que le marxisme est une idéologie qui réduit l’homme à sa position sociale et économique, et fait comme s’il y était condamné, à moins d’en être "sauvé".

                  C’est en ce sens que la démocratie n’est pas une idéologie mais une théorie pragmatique (la séparation stricte des trois Pouvoirs Souverains, Législatif, Exécutif, Judiciaire.) qui ne considère que les individus.

                  Il est d’ailleurs révélateurs que les idéologues parlent exclusivement du "peuple", une "chose" indifférenciée, alors que le vocabulaire strict de la Démocratie ne peut parler que d’individus où de citoyens.

                  C’est aussi pour celà que la Démocratie a fini par gagner, à la Fin de l’Histoire.

                   

                   


                • thirqual 6 décembre 2007 09:17

                  La démocratie n’est pas équivalente à la séparation des pouvoirs.


                • arturh 6 décembre 2007 16:25

                  La Démocratie, c’est la séparation stricte des pouvoirs suprêmes, élus chacun au suffrage universel.


                • Internaute Internaute 6 décembre 2007 09:06

                  Et c’est çà qui est prof à Science-Po ?

                  On comprend mieux pourquoi nos homme politiques ont des idées aussi sinistres pour notre pays.

                  Il ne s’agit pas de fermer Science-Po et l’Ena mais il faut une véritable rupture dans l’enseignement en virant tous ces profs aux idées nauséabondes qui pourrisent l’esprit de nos futures élites.

                   


                  • jeanclaude 9 décembre 2007 11:35

                    Les propos déplacés, voire hostiles, de Ierma et d’Internaute, se retournent contre leurs auteurs. Je préfère et le philosophe et le politique, qui garde une distance par rapport à son engagement. Le descendre parce qu’il est chrétien - je le suis aussi - c’est une forme de militantisme/sectarisme archaïque. Qu’on m’explique pourquoi son engagement de citoyen serait de moindre valeur.

                    Cette même distance fait pour moi toute la valeur d’un professeur, notamment en philosophie politique, où il n’y a pas de vérité absolue.

                    Quant à prendre position par rapport à un glissement politique à droite, il n’est ni le premier, ni le dernier. Y a-t-il une fatalité, que ce mouvement aille (presque) toujours de gauche à droite ? N’y aurait-il pas un germe de répulsion dans le pôle de départ ?

                    J’ai connu les situationnistes, en mai 1968 à Strasbourg, aux AG de l’université. C’était un mouvement utopique, mais fondamentalement joyeux et non violent. Il s’est dégradé avec les manoeuvres en coulisse des trotskystes, qui manoeuvraient bien sûr en fonction de leurs convictions et de la ligne arrêté par leur organisation. Mais ce qu’ils étaient tristes et haineux. Et un avant-goût de ce qu’aurait été la dictature du prolétariat, s’ils avaient pris le pouvoir.


                    • jeanclaude 9 décembre 2007 13:46

                      Le mépris d’Internaute est d’autant plus facile qu’il n’explique pas pourqoi. Si c’est de l’anti-cléricalisme comme Ierma, c’est archaïque et convenu. Si c’est la gauche socialiste, elle ferait mieux de s’inspirer de ce type de réflexion, qui essaie de faire évoluer la doctrine avec le siècle ( référence à des penseurs actuels). Si c’est la droite-droite, je m’étonne qu’il ne soit pas pour le pluralisme dans notre enseignement supérieur, surtout avec des esprits ouverts comme AB.

                      Les futures élites, si elles ne se frottent pas à des idées contraires à leurs futures convictions, je ne vois pas en quoi elles seront des élites valables, dans un monde changeant et aux idéologies diverses.


                      • logic 22 décembre 2007 14:53

                        pour porter un jugement sur les idées de ce prof de la Sorbonne il faudrait qu’il connaisse l’histoire et surtout l’histoire de ces prédecesseurs : La Sorbonne fut créée en 1250 par Sorbon confesseur de St Louis Cet établissement était destiné à l’origine à une vingtaine d’étudiants méritants mais nécessiteux ! Ils avaient à dispo tous les éléments pour travailler l’astronomie la médecine la science ... sans aucune censure Seulement quelques décennies plus tard l’Eglise aprés avoir laissé cramer les Templiers (qui eux avaient fait les 3 voeux pendant que les papes entrenaient maitresses et trésors)a voulu tout régenter de peur de se faire détroner a apposé sa censure ne voulant plus perdre le pouvoir moral et financier sur lesquels ils s’étaient laissé doublés pendant plus de 2 siécles Ils ont ainsi détourné les bases mêmes du christianisme fondé avant tout sur le respect d’autrui et la responsabilisation de chacun dans l’avancement de l’humanité

                        L’Eglise ayant failli à sa mission sont apparu toutes sortes d’idées contestataires souvent justifiées ou tout au moins raisonnées

                        Mais le triste constat c’est que toutes ces idéologies developpées depuis nous ont amenées que des miséres et des heures sombres à commencer par la guerre de 100ans et toutes les heures sombres que nous vivons depuis Pourtant la Sorbonne semble être passée au travers mais reconnaiisez que son originalité a été sacrément dévoyée et je ne crois pas qu’elle soit restée ouverte aux intelligents nécessiteux depuis plusieurs siècles maintenant

                        Donc pour moi être payé pour enseigner à la Sorbonne et faire impasse sur l’enseignement du Christ (tout au moins danses convictions)nous amène à des situations aussi hypocrites que d’élever Sarko au rang de Chanoine

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