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Interview de Benoît Hamon : Sur le Modem, Hortefeux, Valls...

« je m’en fous de Manuel Valls ; il a déconné »

« Je suis pour les primaires à gauche. »

Acturevue : Êtes-vous satisfait de cette université de rentrée de votre courant et d’autres responsables de la gauche ?

Benoît Hamon : Oui très. Je le suis par la réaction qu’ont eu tous les camarades socialistes qui y étaient présents. Cela a permis, sur un débat comme celui de la redistribution, de montrer que les postures politiques que l’on a beaucoup entendues à la fête de l’Huma, de la part de Mélenchon et de quelques autres, selon lesquelles il y aurait deux gauches totalement irréconciliables sur le plan programmatique, sont fausses.

En effet, ici, sur un sujet aussi important que celui de la redistribution (comment créer de la richesse, comment la redistribuer, et comment par la redistribution lutter contre les inégalités), nous constatons que le porte-parole du NPA, un responsable du PC, le porte-parole de la gauche unitaire, un responsable des Verts et un responsable du MRC parlent tous d’un pôle financier public, d’un pôle public de l’énergie, d’augmentation des salaires, d’une même politique fiscale, d’une remise en cause de la propriété privée dans le capital... On voit donc une grande proximité entre les uns et les autres et cela permet de tordre le cou à l’idée selon laquelle il y aurait deux gauches et qu’elles seraient irréconciliables. Cela montre la voie qui paraît être la plus naturelle aujourd’hui : celle du rassemblement.

Acturevue : Comment comptez-vous réussir à imposer cette idée selon laquelle la victoire en 2012 ne s’obtiendra qu’en rassemblant la gauche et non pas en s’alliant avec le MoDem ?

B.Hamon : Il faut se battre. Si notre courant UMA n’avait pas dit depuis quelques semaines qu’il ne faut pas d’alliance avec le MoDem, je pense qu’il y en aurait eu dès le premier tour des régionales.

Cela aurait été dû à la dépolitisation du Parti Socialiste ou à la course à la solution la plus simple pour être réélu. On a donc repolitisé le débat sur les alliances en disant que ce n’est pas une affaire d’arithmétique mais une affaire politique (le fait d’être allié avec quelqu’un fait que le projet politique est coloré par cette alliance).

 Or la repolitisation du débat sur les alliance a permis de dire qu’il n’y aura pas d’alliance au premier tour avec le MoDem.

Nous continuerons d’être des militants inlassables du rassemblement de la gauche car cela est plus efficace électoralement et non pas uniquement parce que cela est plus vertueux, moral ou pur ; bien que cela le soit.

Acturevue : Quelle est votre position personnelle sur les primaires ?

B.Hamon : Je suis pour les primaires à gauche. Le risque est la personnalisation du débat politique ; mais en même temps, ne nous racontons pas d’histoires, elle existe déjà. Moi je suis pour les primaires à gauche car dès lors que plusieurs partis acceptent d’avoir un candidat commun, cela suppose qu’ils se mettent autour de la table pour discuter du programme commun. Et avoir un candidat commun et un programme commun est la meilleure solution pour battre Sarkozy en 2012.

Acturevue : Comment gérez-vous le fait d’être porte-parole d’un parti dont vous n’êtes pas toujours en accord avec ce qu’il dit ?

B.Hamon : Il faut le gérer. Quand je ne suis pas d’accord, je ferme ma gueule. Sinon, j’essaye d’avoir une expression que je crois représentative des socialistes. L’électorat socialiste réclame une ligne claire, une ligne à gauche. J’avais par exemple dit à propos de la lutte contre les licenciements boursiers au début 2009 qu’il fallait un contrôle public des licenciements. J’avais d’ailleurs été traité « d’hérétique ».

Aujourd’hui, le PS est sur cette ligne. Il ne faut pas hésiter à le devancer même si je suis un peu seul au début comme porte-parole, mais à la fin on arrive à rassembler. Lorsque Martine Aubry parle de la mise sous tutelle des entreprises qui licencient alors qu’elles gagnent de l’argent, c’est une vraie victoire politique.

Acturevue : Que pensez-vous du G20 de Pittsburgh ?

B.Hamon : Blablabla... Si le G20 avait vraiment voulu modifier ce qu’est le fonctionnement des marchés financiers, il aurait pu le faire.

Aujourd’hui le problème c’est que les banques commerciales (celles qui ont notre argent sur un compte) peuvent être des banques d’investissement (prendre l’argent et jouer avec). Fondamentalement, la mesure la plus importante est de séparer la banque commerciale de la banque d’investissement. Elles n’auront donc plus la possibilité de vider totalement les dépôts des gens en cas de crise. Tant que cette distinction ne sera pas faite, le risque systémique demeure.

La preuve est que le sujet du G20 n’a été que d’exiger que lorsque les banques font des placements, elles aient des fonds propres suffisants, des garanties suffisantes.

Ils gardent donc le système tel qu’il est et ne veulent donc que mieux amortir les risques qui pèsent sur les banques dès lors qu’elles font des placements totalement débiles.

Acturevue : En réaction à la vidéo de Brice Hortefeux, le PS et vous, avez demandé et continué de demander sa démission. Mais Georges Frêche et Manuel Valls ne méritaient-ils pas plus de sanctions ?

B.Hamon : Il faut rétablir la vérité : c’est ce courant, UMA, qui a été à l’initiative d’une pétition exigeant l’exclusion de Georges Frêche du PS et qui a été obtenue au Bureau National. Après, ce n’est pas parce qu’il y a deux personnes chez nous qui racontent n’importe quoi qu’il faut que l’on oublie ce qu’il vient de se passer : un ministre de la république vient de dire que « Quand il y a un arabe ça va, mais quand il y en a plusieurs, ça pose des problèmes ».

Le Président de la République va tenir un grand discours sur l’emploi des jeunes mais aujourd’hui le problème est qu’il y a plein de jeunes qui n’ont pas accès à un emploi en raison des discriminations. Que devient la crédibilité de ces gens là dès lors qu’un ministre de la République a des propos racistes ?

Le problème n’est pas de nous ramener à nos affaires, je m’en fous de Manuel Valls ; il a déconné et je lui ai dit en prenant position publiquement. Le problème là, c’est Hortefeux.

Doit-il démissionner ou pas ? Oui. Valls, c’est un autre problème.

Acturevue : Votre courant UMA propose un protectionnisme européen. Pouvez-vous nous en parler un peu ?

B.Hamon : C’est simple, on ne continuera pas à avoir une industrie et des ouvriers dans ce pays s’il n’y a pas un minimum de régulation des échanges. En effet, nos entreprises sont mises en concurrence avec d’autres entreprises où les employés sont payés 10 à 15 fois moins chers.

Or les marchandises produites par ces entreprises viennent sur nos marchés. Si l’on ne parle pas de relocalisation, de tarif extérieur commun (taxe aux frontières de l’Europe dont leur produit contribuera aussi aux investissements nécessaires dans les pays en voie de développement), et bien demain nous n’aurons plus de modèle social, plus de sécurité sociale, plus d’agriculteurs, plus d’éleveurs et plus d’ouvriers.

Je suis pour la maîtrise des échanges. L’opposition me traite de « nationaliste » parce que je demande de la protection. Mais protéger les travailleurs, c’est aussi protéger les travailleurs du monde entier et c’est une bonne chose.

Propos recueillis par C.Merlaud et JBR le 26/09/09

 INTERVIEW COMPLÈTE ET AUTRES ARTICLES SUR http://www.acturevue.com


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4 réactions à cet article    


  • hjsic 30 septembre 2009 13:42

    Ce type est un faux-cul de première.

    Il mérite d’être lynché par la foule qu’il veut tromper.

    Mr Hamon et ses copains européens ont un autre agenda que ce qu’il prône aux gens de gauche.

    http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+REPORT2009-0114+0+DOC+XML+V0//FR

    Soumission de l’Europe à l’Otan. Axe euro-atlantique fort et dominant. Ils réclament e.a. pour leur plus grand profit "l’accès sans discrimination aux matières premières sur le marché mondial, l’application des droits de propriété intellectuelle (DPI) et l’harmonisation mondiale des brevets"

    Ces faucons ultralibéraux se déguisent mal en colombes.
    Malheureusement il n’y a personne pour contester ces va-t-en-guerre.

    La gauche est-elle vraiment morte ?


    • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2009 15:19

      Un ambitieux parmi tant d’autres , bof !


      • LOKERINO LOKERINO 1er octobre 2009 07:03

        Hamon , comme un certain facteur , est un faux jeune’s mais un vrai ringard

        Il est censé représenter une certaine relève mais ses idées sont des plus archaïques et depuis 20 ans sont l’une des causes de l’immobilisme et ringardisme du Ps.

        Véritable apparatchik, ce type, à quarante ans , n’a jamais même travaillé ( dans le monde du travail , privé ou publique ) passant directement de l’université aux instances du ps

        C’est vous dire si il connaît les difficultés quotidiennes des français....

        Rajoutant a cela une suffisance détestable, mélange de mépris de certitude et d’intolérance.

        Tant que des gens comme cela seront censé représenter le ps , je ne risque pas de leur accorder ma confiance, c’est à dire mon vote !!


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 22 octobre 2009 05:55

           http://www.lepost.fr/article/2009/10/20/1750740_benoit-hamon-le-jean-sarkozy-de-l-universite-paris-8.html

          Sacré Hamon donneur de lecons ! Qu il applique à lui meme la rigueur qu’il demande aux autres !

          Et que les etudiants de Paris VIII protestent !

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