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Interview de Sabine Herold

Après celle d’Aurélien Véron, voici l’interview de Sabine Herold, candidate à la présidence du parti Alternative libérale. Retour sur son parcours, sur ses idées des réformes libérales, et sur les enjeux de ce changement de direction d’AL.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton parcours (personnel, professionnel, politique) ?

Je suis née à Reims. Mes parents sont professeurs au collège et en IUT. Je suis montée à Paris, après le Lycée, pour poursuivre mes études à Sciences Po, puis à HEC. Je travaille aujourd’hui dans le financement de petites entreprises en forte croissance : je les aide à convaincre des fonds d’investissement de leur apporter les capitaux nécessaires à leur développement. J’ai le sentiment, ainsi, de me rendre utile : accompagner des porteurs de projet, souvent géniaux, est une expérience formidable. Et, je crois, utile pour tous : toutes les grandes idées doivent, à un moment donné, rencontrer l’argent de la confiance. C’est un métier qui me réjouit profondément.

En parallèle à ce parcours universitaire puis professionnel, j’ai très tôt commencé à militer, éclairée par quelques lectures fondamentales : Hayek était la première d’entre elle, pour une société de liberté. D’abord dans l’association Liberté chérie, puis dans Alternative libérale. Mon premier rôle dans Liberté chérie a été de développer notre réseau international. J’ai participé, lors d’un passage à Hong Kong, à plusieurs manifestations contre la tentative de mainmise de Pékin sur la loi fondamentale, la constitution plutôt libérale de la ville de Hong Kong. Ça m’a valu une photo dans la presse locale et, heureusement, pas plus de complications que cela ! En rentrant à Paris, j’ai contribué au développement de nos réseaux outre-Atlantique, avec les think tanks : les alliés que j’ai trouvés pour soutenir notre cause en France à l’époque sont toujours nos partenaires. C’est grâce à eux que j’ai pu connaître, il y a quelques mois, Muhamad Yunus, le génial promoteur du microcrédit, patron de la Grameen Bank. Un modèle inspirant...

Liberté chérie a connu un tournant militant en 2003, que j’ai retracé dans l’ouvrage “Liberté, Liberté chérie” paru en 2003 aux éditions Les Belles Lettres. Nous sommes devenus une association d’agit prop, après deux premières années d’existence, et une de nos premières actions, la grande manifestation de 2003 pour les réformes, contre les blocages, en pleine grève contre la réforme des retraites, a rassemblé 80 000 personnes place de la Concorde. Je suis devenue, à cette occasion, une porte-parole de notre mouvement.

Nous avons poursuivi l’action les années qui suivirent, et qui débouchèrent assez naturellement sur la création d’un parti politique libéral : Alternative libérale. Avec une volonté, sortir des clichés et restaurer la parole libérale dans toutes ses dimensions : lutte contre l’arbitraire, pour la réforme des institutions, pour la libre circulation et la liberté d’expression, au moins autant que pour la libéralisation de notre économie, la fin des statuts, la baisse des charges.

Dans AL, je suis connue pour mon rôle de porte-parole, mais j’ai contribué à l’organisation de ce parti : lors de sa constitution, j’ai rencontré des centaines de militants libéraux, à Paris, groupe par groupe, pour les convaincre de rejoindre le nouveau parti. J’ai contribué à la rédaction de notre livre programme, dont je suis co-auteur (Le Manifeste des alter-libéraux, Michalon, 2007). Puis j’ai été candidate dans le 16e, où j’ai réalisé le meilleur score parisien d’AL. Un score qui n’est, j’en suis certaine, qu’un modeste début !

Après toutes ces années de débat, d’organisation, d’action, je pense pouvoir assurer la direction de ce jeune parti et lui donner toute la force et la visibilité dont il a besoin pour faire entrer ses premiers députés au Parlement européen, puis à l’Assemblée nationale, respectivement en 2009 et 2012.

Pascal Salin définit dans son livre Libéralisme, un libéralisme humaniste et un libéralisme pragmatique (ou utilitariste, qui met une dose de libéralisme quand ça l’arrange, et maintient la contrainte étatique quand ça l’arrange), pour montrer que seul le libéralisme humaniste est cohérent, dans un souci de ne plus utiliser la contrainte comme moyen d’échange. Quelle est ta position sur ce point ?

On aurait tort d’opposer libéralisme et humanisme. Toute notre philosophie politique repose sur la conviction que la personne est par défaut responsable, consciente de ses actes, capable d’assumer ses choix. En conséquence de quoi nous pensons que plus la société tend à collectiviser les décisions, à retirer aux individus leur responsabilité naturelle, plus elle se déshumanise : les comportements de chacun deviennent irrationnels, insensés, et finalement contre-productifs pour l’épanouissement de l’individu.

Les conservateurs de droite disent, au fond, la même chose que les conservateurs de gauche. Ils disent : les pauvres, les exclus, les plus démunis, doivent être « pris en charge » par la société. Ils confondent le coup de main naturel d’une société à ceux qui n’ont pas de chance, n’ont pas trouvé leur voie, avec une société qui serait a priori prévue pour nier à des catégories entières le sens des responsabilités, au nom de la bonne « morale » et de l’entraide. Immanquablement, ils proposent de « jeter » de l’argent sur les problèmes sociaux, économiques, comme si cela pouvait les résoudre. Ils refusent de voir que la solution se trouve en chacun et qu’il convient d’aider en cas de crise, mais pas de nier la responsabilité qui fait qu’un homme reste un homme.

Là où le système devient vicié, c’est quand il légitime son autorité, donc la contrainte, sur la morale et la nécessité d’aider. C’est le sens du « modèle social » qui en réalité est devenu une machine à détruire de l’emploi et des richesses de notre pays. On maintient des pans entiers de la population en deçà du seuil de pauvreté en refusant de réviser le fondement économique de ce modèle, sous prétexte de solidarité.

Cette fausse solidarité fait le lit de l’Etat collectiviste tout puissant, renforce le pouvoir de ceux qui décident et imposent leur loi. En réalité, on travaille avec ce modèle social à la perpétuation du système de pouvoir Français, cette nomenklatura de la Ve République, dont Mitterrand, Chirac, Sarkozy sont tous des héritiers : leur seule différence de fond est leur rivalité personnelle dans la lutte pour le pouvoir, pas leur programme politique.

Oui, Pascal Salin a raison de rappeler qu’on n’est pas libéral parce que le libéralisme est « efficace », mais d’abord parce qu’il est fondé sur un idéal de justice, d’égalité des droits et des devoirs. Et que la justice, à moyen et long terme, est aussi la meilleure garante de l’efficacité.

En revanche, je me garderai de résumer le libéralisme à un économisme. Le libéralisme est un ensemble de valeurs culturelles, sociales, qui trouvent une partie de leur transcription dans la réflexion sur le fonctionnement du marché. En revanche, résumer le libéralisme au fonctionnement économique du marché serait une grave erreur : le combat juridique et institutionnel est largement prioritaire - l’économie libérale en découle, mais ne le présuppose pas.

N’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir être élu quand on est libéral ? Puisque le libéralisme dénonce dans une large mesure la contrainte étatique, et l’intrusion des pouvoirs publics dans les affaires privées...

Au contraire, les libéraux devraient être les premiers à jouer le jeu de la démocratie ! Ils ont largement contribué à l’inventer. Nous sommes les véritables héritiers des valeurs des lumières : contre l’arbitraire, pour les droits de la minorité, pour l’habeas corpus, pour la liberté d’expression, qui sont des combats d’une modernité étonnante, malheureusement, quand on considère la façon dont notre président traite les institutions de contrôle de ce pays (le Conseil constitutionnel notamment), la lutte absurde menée contre les immigrés en France, les limites toujours plus nombreuses posées à la liberté d’expression par quelques fous de Dieu, parfois relayées par des politiques communautaristes au mauvais sens du terme.

Dès lors, il faut défendre nos valeurs : comme Frédéric Bastiat, grand libéral du XIXe siècle, utilisons les élections comme autant de tribunes pour partager nos analyses avec l’opinion et recueillir un soutien toujours plus large.

Beaucoup de grandes démocraties ont des partis libéraux forts et installés de longue date, défiant autant les conservateurs de droite que de gauche. Donnons à la France un parti libéral !

Le contexte français, avec un Etat très fort et très présent, semble très défavorable aux libéraux : si on cumule le nombre de fonctionnaires, au nombre de ceux qui récupèrent de l’argent de la redistribution étatique, cela fait tout de même beaucoup de potentiels opposants à des réformes vraiment libérales. Comment comptez-vous convaincre les Français de voter pour vous ?

Bien évidemment, le problème de la France est la complexité du changement. Comment expliquer à votre épouse, à votre mari, quand vous êtes un fonctionnaire chargé de famille, que vous avez décidé de « quitter » la fonction publique et sa sacro-sainte sécurité de l’emploi, même si l’Etat, votre employeur, vous traite mal, vous paye mal, ne vous offre aucune perspective de carrière, ne vous encourage jamais (ce qui est le cas, l’Etat est un employeur épouvantable) ?

En outre, les fonctionnaires ont le sentiment d’être des cibles. Ils n’ont pas l’intention de se laisser traîner dans la boue. Comment ne pas comprendre ces mécanismes humains, moi qui suis issue d’une famille où presque tous sont fonctionnaires ?

Notre stratégie est de proposer la négociation : racheter les avantages acquis aux fonctionnaires en place est la seule solution raisonnable, sur la base du volontariat, pour sortir du statut de la fonction publique. Ce statut, ces grilles de salaires rigides, ces règles d’un autre âge, ne correspond plus à rien. Le Portugal et l’Italie, qui disposaient d’un système analogue, ont voté sa suppression. Plus de statuts pour les nouveaux entrants dans la fonction publique, bien entendu : nous proposons sa suppression. Une telle réforme prendra peut-être dix années, mais elle est fondamentale.

Mais il ne faut pas oublier que la fonction publique, ce n’est pas seulement la fonction publique d’Etat : les collectivités locales agissent aujourd’hui de façon irresponsable en recrutant à tour de bras, dans des emplois souvent peu intéressants, mal payés et peu formateurs, voire précaires ! 500 000 fonctionnaires en plus en dix années : le service public s’est-il, de façon générale, drastiquement amélioré pour autant ? 1 actif sur 4 fonctionnaires, ça ne peut plus durer.

De façon générale, nous appliquons à notre méthode de réforme des modèles sociaux français la même logique que celle que nous désirons pour nos semblables : le libre choix et l’opt out/opt in. Toutes les réformes doivent être progressives, négociées : France Telecom est pour nous un cas d’école. Le monopole est tombé et les Français ont eu le choix. Ils ont préféré pour beaucoup quitter France Telecom. En revanche, cela n’a pas été le cas pour l’électricité, parce que l’offre privée n’était pas satisfaisante (pour l’heure) et les Français l’ont perçu.

Nous sommes responsables : rendons les Français responsables face aux évolutions de notre société ! Ne le leur imposons pas, mais rendons-les partenaires des réformes.

Peut-être allez vous trouver mon attachement à l’esprit des Lumières un peu naïf, mais j’ai confiance que des réformes nécessaires, installées par une méthode raisonnable et progressive, auront gain de cause largement dans l’opinion publique.

Je suis d’accord avec les fondements philosophiques du libéralisme. Une seule question me turlupine : le libéralisme défend un droit strict à la propriété privée (propriété de soi, propriété du fruit de son travail, etc.). Un enfant battu et détruit par sa famille doit-il être considéré comme nécessitant une protection particulière, à ce titre ? Qui est responsable d’un enfant de 6 ans ? Qui organisera son “sauvetage”, le cas échéant ?

Le responsable d’un enfant de 6 ans, ce sont ses parents. Et je considère que la famille, entendue au sens large : personne ou groupe de personne ayant la charge d’un enfant, est le cocon de toutes les libertés. Je n’ai pas une vision forcément arrêtée de ce qu’est une famille (une mère célibataire peut être une famille) : en revanche, je sais que la famille, c’est ce qu’il faut souhaiter à tout individu au début de sa vie. C’est pendant cette période de la vie où les enfants sont sous la tutelle des adultes et acquièrent les repères nécessaires à leur évolution, à leur compréhension du monde. C’est là qu’ils reçoivent les valeurs qui leur permettront, plus tard, d’agir en adultes responsables.

Je suis complètement opposée aux utopies totalitaires où la famille est présentée comme le creuset bourgeois de la haine de classe. La famille, au contraire, émancipe l’individu, à condition bien entendu qu’elle respecte elle aussi en son sein, et vis-à-vis des enfants à sa charge, des règles imprescriptibles : assistance médicale, respect de l’intégrité de l’enfant, etc.

Mais être responsable d’autrui, quand on est parent, ne signifie évidemment pas avoir tous les droits sur autrui : cela tombe sous le sens. Un enfant a évidemment des droits comme le respect de son intégrité physique et morale. La justice et les services sociaux ont évidemment un rôle essentiel à jouer pour les faire respecter.

Une société libérale autorise toute forme d’association libre entre personnes. Une société libérale permet donc la mise en place d’Ecole Coranique. Penses-tu que ce soit une faiblesse du libéralisme, que de permettre l’établissement de ceux qui - éventuellement - prônent l’inverse ?

Il y a deux niveaux dans votre question : la liberté de conscience (les écoles), et la question du « doit-on laisser parler et s’établir tout le monde ».

A la seconde question, je répondrai que les bonnes et les mauvaises idées doivent circuler librement. Ne faisons pas l’erreur de laisser vivre les démons en les oubliant dans les caves de la société : combattons-les au grand air avec des arguments solides, électeur après électeur. Et nous gagnerons, soyez-en sûr. Pourquoi : parce que les bonnes idées finissent par l’emporter sur les mauvaises dans le cadre d’un combat « à la loyale ». Les monstres ont toujours triomphé dans les périodes sombres de l’Histoire, où le débat était manipulé, biaisé, incomplet. 

A la première question, je répondrai que chaque culte a le droit le plus naturel de construire des bâtiments pour rassembler ses fidèles et pratiquer. Je suis une grande supportrice de la liberté de conscience. Il en va de même pour les écoles confessionnelles. Mais comme dans le cas cité à la précédente question, l’Etat doit avoir un rôle de contrôle, en particulier en ce qui concerne les programmes scolaires (il n’est pas acceptable que des jeunes filles soient exclues des cours de sport ou de biologie par exemple).

Quelles sont, pour toi, les champs d’action légitimes de l’Etat ?

L’Etat a quelques champs d’action où son rôle est absolument essentiel, fondateur pour notre société.

Par ordre de priorité, je dirai que la justice est probablement l’activité régalienne la plus stratégique. Elle garantit la confiance, l’Etat de droit, la protection de nos libertés. Le traitement de la justice en France, mal payée, négligée, est un scandale permanent en France.

En second, la sécurité : l’Etat a le devoir de garantir notre sécurité, sous la houlette de la justice. Une société sans sécurité n’existe pas : c’est un Etat de barbarie. Là encore, l’Etat échoue plutôt à assumer cette mission fondatrice.

En troisième lieu, l’Etat a pour moi la mission d’être le filet de sécurité de toutes et de tous. Cela ne saurait être confondu avec cette fausse solidarité organisée par lui via le truchement de soi-disant “organismes sociaux”, en réalité une autre façon de prélever charges et impôts. Je pense plutôt à ce dernier filet qui fait que, quand la charité privée a échoué à prendre en charge une personne, un malade, une situation, la collectivité est toujours là pour la remettre debout. Il me semble qu’une société qui ne donnerait pas cette mission-là à son Etat serait inhumaine. La dignité de la personne doit être garantie.

Enfin, et de manière plus générale, l’Etat doit avoir davantage un rôle de garant des règles, de contrôleur, et moins d’acteur. L’Etat doit avoir pour rôle de contrôler (ou faire contrôler) que les avions qui volent sur notre territoire sont dans un état de sécurité nécessaire, pas de faire lui-même voler des avions : tout le monde trouve cela aujourd’hui normal. Cela doit être la même chose dans de très nombreux autres domaines comme la santé, les transports ou encore l’éducation (il faut simplifier l’ouverture d’établissements scolaires privés, autonomes dans leur fonctionnement et leurs méthodes, mais contrôler leurs résultats).

Peux-tu nous éclairer sur les remous internes au sein d’Alternative libérale en ce moment ? Quels sont les enjeux ?

Alternative libérale existe depuis un peu plus d’une année. Nous y travaillons depuis deux années presque désormais. Le Parti s’est largement fait connaît et dispose désormais d’une certaine notoriété. Dans le contexte politique actuel, nous marquons des points et recevons des soutiens chaque jour plus nombreux, en raison de l’abandon des réformes par le gouvernement sortant.

Cette croissance et cette belle marque suscitent un vrai débat, de fond, sur nos orientations. En octobre dernier, une liste « consensuelle » a été choisie pour diriger le mouvement. Cela n’a pas duré, évidemment. Deux projets sont en lice : celui d’Aurélien Veron consiste à positionner AL à droite, “au centre droit”, dit-il pudiquement, ce qui revient au même. Il pense que nous devons revenir dans le giron de feue Démocratie libérale, en « soutien critique » du gouvernement, à la recherche d’alliances avec tous les partis de la droite. Evidemment, il fait preuve de prudence en s’exprimant et agit avec pudeur, pour convaincre. Mais ses quelques mois de direction ne laissent que peu de doutes sur ses intentions : discussions systématiques avec le Nouveau Centre, parti inféodée à Sarkozy, et alliance surprise sans prévenir le bureau sortant, refonte de notre programme (plusieurs questions “sociales” le dérangent), refonte de notre site pour une com’ plus « bleu horizon ». Il a d’ailleurs réussi l’exploit de s’aliéner tous les anciens dirigeants du bureau, qu’il avait pourtant choisis au début de son mandat.

Mon projet est tout à fait différent. Je souhaite qu’AL reste un parti libre, contre tous les conservateurs, de droite et de gauche. Nous sommes une troisième voie de la vie politique française.

Il s’agit de marteler cette indépendance et de refuser d’aller à la course aux alliances précoces qui tueraient dans l’œuf ce que nous avons fait de ce mouvement : un mouvement libéral ouvert à tous, prêt à discuter sur la base de son programme, mais pas un parti croupion satellite de l’UMP.

Tu te présentes aux élections municipales dans le 16e arrondissement de Paris. Ton programme est accessible sur ton blog, je ne reviens pas dessus. Si tu n’arrives pas au second tour, penses-tu soutenir le candidat le plus “libéral” dans ceux restant, ou bien te retirer purement et simplement des débats du second tour ?

Je ne serai pas candidate aux élections municipales à Paris, car j’estime qu’une telle candidature n’aurait eu de sens que dans le cadre d’un « pack » de listes AL sur Paris, au moins 3 ou 4, avec un programme fédérateur pour notre ville. Programme qui aurait été, en l’occurrence, la défense d’un Paris déréglementé, ouvert 24 h/24, où on circule, consomme, agit librement. Et non plus ce Paris forteresse, ville musée, qui ne ressemble pas à Madrid, Berlin, Londres ou New York, dans le sens où les deux choses qu’on y fait le mieux sont visiter et dormir. Il faut laisser vivre cette grande ville !

Plus prosaïquement, si je suis élue présidente d’AL, mais aussi bien comme candidate, je crois que je serai extrêmement prudente avec toutes les déclarations de soutien à d’autres partis : l’expérience passée a montré combien ce type de déclarations pouvait être périlleux. Et je crois que, à ce stade de notre développement, ce qui prime n’est pas d’être élus, mais de nous rassembler et de renforcer notre identité. Nous discuterons soutiens et alliances le jour où nous serons assez forts pour que les autres intègrent notre programme, plutôt que de simplement “placer des gens”. Avant, il ne sert à rien de s’exciter sur ces questions, il faut plutôt préférer “labourer” et nous faire connaître de nos électeurs.

Un grand merci à Sabine Herold d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

par LOmiG (son site) mercredi 5 mars 2008 - 86 réactions
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  • Par Zalka (xxx.xxx.xxx.7) 5 mars 2008 10:25
    Zalka

    Bel exemple de tolérance : parler de mouton pour tout ceux qui ne partagent pas le "libéralisme" de l’auteur, à savoir en réalité l’ultralibéralisme (ou Libertarianisme minarchiste, si je me base sur les réponses de l’interview).

    Vous vous imaginez probablement très ouvert, Lomig, mais en réalité, vous êtes comme les communistes des années 60 : intégriste d’une forme d’utopie, vous pratiquez le terrorrisme intellectuel envers quiconque ne partage pas vos théories : "mouton" ou bien "manque de culture économique" (rabaissons l’interlocuteur) etc...

  • Par JoëlP (xxx.xxx.xxx.10) 5 mars 2008 10:15
    JoëlP

    Interview intéressante.

    >>>"En revanche, je me garderai de résumer le libéralisme à un économisme. Le libéralisme est un ensemble de valeurs culturelles, sociales, qui trouvent une partie de leur transcription dans la réflexion sur le fonctionnement du marché."

    On comprend bien l’idée qui est de faire du libéralisme à l’anglo-saxone mais en France le libéralisme n’a pas cette connotation. Le libéralisme ici, c’est la liberté du loup dans la bergerie : Le plus de moutons que tu peux manger, tu manges ! Le plus de stock options, le plus de parachutes dorés, le plus de marge, le plus de réductions fiscales...

    L’humanisme c’est de rendre la vie des hommes plus agréable, ce n’est pas de faire toujours plus de fric. Un exemple, les télécoms : Une offre de plus en plus complexe pour le consommateur, un support technique cher et peu efficace, et le tout de plus en plus couteux, surtout pour les pauvres.

  • Par ronchonaire (xxx.xxx.xxx.225) 5 mars 2008 14:44

    Le Furtif,

    Si on vous suit, il faudrait aussi empêcher la publication des nombreux articles récents à la gloire de Fidel qui, en matière de propagande, vont bien au delà de cet article. Personnellement, je ne suis pas favorable à ce genre d’interdictions, pour deux raisons :

     - ils ont le droit de s’exprimer, comme vous et moi ;

     - c’est de ce genre d’articles que naissent les débats. Ne publier que des articles consensuels ne présente pas le moindre intérêt, ni pour le site, ni pour les lecteurs.

    J’arrêterai de venir sur AgoraVox le jour où il deviendra politiquement correct et où le style sera complètement aseptisé. Au contraire, je continuerai à venir tant qu’il laissera passer des articles nous présentant Fidel comme un demi-Dieu ou AL comme l’avenir de l’humanité, quitte à passer des heures à batailler avec les auteurs. Et je crois que nombre des lecteurs de ce site pensent de même.

  • Par Frederic Stephan (xxx.xxx.xxx.12) 5 mars 2008 15:06

    Personnellement, je suis pour une société qui autorise la libre concurrence entre les sociétés, la liberté de prix chez les commerçants et les artisans.

    Cependant je suis contre des salaires illimités. Voir des PDG, des acteurs, des producteurs, des sportifs de haut niveau, des actionnaires, des rentiers... gagner en moins d’un an, plus que ce qu’un salarié au SMIC gagne pendant toute sa vie, ne me convient pas.

    De même, voir des gens recevoir un revenu minimum sans rien faire, ne me convient pas. Je préférerais qu’ils recoivent un revenu décent de l’Etat et qu’ils soient employés à la réalisation de travaux d’intérêts généraux.

    Suis-je le seul à ressentir qu’aucun mouvement politique ne répond à mes aspirations ?

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