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Accueil du site > Actualités > Politique > Jacques Julliard va-t-il réveiller la gauche ?

Jacques Julliard va-t-il réveiller la gauche ?

Jacques Julliard, un des bobos de la deuxième gauche, vient d’opérer un surprenant réveil. Dans un article de Libération du 18 Janvier, il fait une analyse étonnamment lucide de la situation politique et économique. La langue de bois social-démocrate vole en éclat. Les bobos du PS consentiront-ils à ouvrir les yeux sur leur œuvre ? Explication de texte.

Après des années de langue de bois et de propagande doucereuse et suiviste sur la mondialisation et l’Europe, l’article de Julliard bouge les lignes. Son analyse des politiques menées et de l’emprise de la finance sur le monde est lucide et sans concession. Revue de détails :

L’emprise de la Finance :
" Les détenteurs du capital, longtemps silencieux, ont mis au pas les gestionnaires, qui s’appuyaient sur leur expertise technique"
"Sans égard pour les situations sociales souvent dramatiques qu’il suscitait, il (le nouveau capitalisme) a fait sauter le vernis de civilisation qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, recouvrait le capitalisme évolué."
"Jamais la domination du secteur financier sur le secteur industriel, et du secteur économique sur le secteur politique et diplomatique, ne s’était affirmée avec une telle arrogance, malgré le discrédit des acteurs."


Les causes de la catastrophe :
 "C’est à la faveur de la mondialisation de l’économie qu’un grand coup de force intellectuel et social a pu être exécuté sans coup férir. Le capitalisme financier a su tirer parti de l’ouverture des marchés émergents, mettre en concurrence les travailleurs à l’échelle internationale pour faire pression sur les salaires. Il s’est imposé comme la seule hyperpuissance à l’échelle planétaire, au détriment des Etats."
"Dans les grands pays industriels, la financiarisation de l’économie s’est accompagnée d’une désindustrialisation délibérée et de la destruction d’emplois par millions. Désormais, le plein-emploi n’est plus recherché comme un objet de l’activité économique ; le chômage est devenu structurel ; le néocapitalisme s’est reconstitué une armée industrielle de réserve."
"Le continuum des rémunérations a fait place à une société de corps séparés et de privilèges, telle qu’elle existait en France à la fin de l’Ancien Régime."
" La destruction de toute forme de planification indicative et de toute politique industrielle, en un mot de toute espèce de régulation, est l’une des causes principales des dérives que nous connaissons aujourd’hui. La nécessité de rétablir une régulation économique respectueuse du marché est aujourd’hui comprise de tous. Seuls manquent pour le moment la volonté politique et les moyens de l’exercer. Il appartient à un rassemblement démocratique de les faire apparaître."

L’Europe :
" L’Europe, qui, à cause des positions de ses deux nations de tête, l’Allemagne et la France, aurait dû jouer un rôle de contrepoids aux tendances hyperlibérales du capitalisme anglo-saxon, a failli complètement, au chapitre économique comme au chapitre politique. Conduite par des politiciens médiocres et sans vision, elle s’est faite l’instrument docile des tendances les plus dérégulatrices du capitalisme international. Cette véritable forfaiture explique le discrédit qui la frappe dans les classes populaires de tous les pays membres."

L’échec du PS :
" A l’échelon politique national, la deuxième gauche, qui s’était donné pour mission la modernisation économique et culturelle de la France, grâce à la participation de la société civile à la décision politique, représente une voie désormais dépassée. Elle reposait sur la notion de compromis social, c’est-à-dire la négociation entre les principaux partenaires économiques. Cette voie contractuelle a été délibérément bafouée par le néocapitalisme qui, assuré de la victoire, a préféré l’affrontement. C’est la fin de l’idéal d’une société policée, soucieuse d’affermir le lien social. Quelques-uns des membres les plus éminents de la deuxième gauche se sont fait les auxiliaires du pouvoir sarkozien : c’est dire l’étendue de leur renoncement et de leur faillite."
"A la différence de celle de 1929, où la faillite du libéralisme conduisait la droite à envisager des solutions fascistes et la gauche des solutions communistes, le monde politique est aujourd’hui muet. Il en va de même des intellectuels chez qui les droits de l’homme et l’écologie constituent des religions substitutives de salut. L’absence de solution politique favorise le développement de dérives psychologiques : l’envie, la haine de l’autre, le culte du chef, la recherche du bouc émissaire, le culte de l’opinion publique à l’état brut représentent autant de succédanés au vide politique béant de la période."
"« L’horreur économique, nous n’avons rien fait pour la conjurer."

Un réquisitoire lucide qui change des litanies politiciennes. Ce langage a-t-il des chances d’être entendu ? Outre le fait qu’il recueille l’adhésion d’un certain nombre de militants, d’autres cadres avouent leur fourvoiement. Citons le blog de La Mouette :

En réponse à Jacques Julliard, Aquilino Morelle , toujours dans les colonnes de Libération fait son autocritique comme ancien conseiller de Lionel Jospin lorsqu’il estime que “trop souvent, la gauche s’est engluée dans une fascination gestionnaire qui a fini par l’immobiliser dans le conformisme et stériliser son action“. Pour ce professeur de science politique, le seul moyen pour la gauche de dessiner la solution alternative est d’articuler utopie et réalisme.

Un équilibre subtil est à trouver entre le devoir de grisaille revendiqué par Michel Rocard et l’utopie qui, pour reprendre la formule de Théodore Monod, ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. Si Jacques Julliard s’en prend à une Europe, “conduite par des politiciens médiocres et sans vision“, qui “s’est faite l’instrument docile des tendances les plus dérégulatrices du capitalisme international” Aquilino Morelle va plus loin. “Face aux difficultés de l’action, une large part de la gauche a abandonné le socialisme pour lui substituer un credo européiste. Or, si le socialisme du XXIe siècle ne peut se définir et agir qu’au niveau de l’Europe, l’Europe telle qu’elle a été pensée et conçue dès 1957 et telle qu’elle existe désormais est de nature libérale : son code génétique est inscrit dans le traité de Rome et il est libéral. L’Europe sociale n’est qu’un slogan de campagne et restera une illusion tant que les fondements politiques et juridiques actuels de l’Europe n’auront pas été changés. Quant à l’indispensable régulation du capitalisme et à la maîtrise de la mondialisation, comment même les imaginer sans une Europe différente ?

Après l’échec du programme commun en 1982, le PS s’était reconstruit en catastrophe un programme politique centré sur la construction Européenne, et pour ce faire avait commencé les concessions aux exigences libérales demandées par certains pays Européen de l’époque. C’est cette même Europe aujourd’hui qui sert de levier inflexible au libéralisme et à ses destructions.

Le philosophe Marcel Gauchet fait justement de la question européenne la problématique centrale. A quoi servirait selon lui de réussir le grand rassemblement populaire rêvé par Jacques Julliard s’il bute dans sa mise en œuvre sur l’os européen ? Marcel Gauchet propose de faire de l’Europe “le fer de lance d’une autre vision de la mondialisation” pas par choix personnel mais, bien par réalisme : “L’Europe a failli, c’est clair, et il n’y a rien à en attendre dans sa forme actuelle - que le pire. Il n’empêche qu’elle est notre espace de référence obligé et que la politique à définir doit avoir pour objectif d’entraîner les gauches européennes sur la voie du renouveau, et, au-delà, de dire quelque chose au monde”.

J’ai toujours pensé qu’une position volontariste et inflexible de la France sur l’orientation Européenne pourrait changer les choses. L’obsession "socialiste" aveugle de l’Europe cédera-t-telle la place à une vision réaliste de l’impasse dans laquelle nous sommes ? C’est dans ce sans que conclut la Mouette :
"La révolution est bien là : changer l’orientation européenne et lui donner enfin du sens en passant d’un simple espace de déréglementation, de laisser-faire et de libre échange vers un espace de régulation et un avenir choisi."

Curieusement, il semblerait que le texte de Julliard ait fait bouger les éléphants :
"D’autres réactions lui confirment qu’il a provoqué quelque chose : la plupart des hiérarques du PS l’appellent pour le féliciter ou demander à le rencontrer. A commencer par Martine Aubry : * Ce texte m’a beaucoup intéressée, il faut que l’on se voie vite.  » Jacques Julliard n’en revient pas : * En les écoutant, j’ai été stupéfait de découvrir à quel point j’avais une image droitière, tout d’un coup dissipée par ce texte, je n’imaginais pas à quel point il y avait chez eux une telle impossibilité de débattre. Beaucoup m’ont dit que je fournissais un premier cadre  d’analyse et de discussion que leur guerre interne les empêchait de produire. Tous les courants sont disponibles pour du nou­veau, n faut tout reconstruire, car, si la deuxième gauche est morte, la première aussi !  »"


Mais Julliard reste méfiant, car il connait le PS et ses bobos :
"Là, Julliard n’hésite pas à franchir la ligne jaune : il ne veut pas de Dominique Strauss-Kahn comme candidat à la présidentielle, car la gauche ne saurait être représentée par un représentant de l’establishment financier  ». « Il symbolise trop cette social-démocratie de connivence et de compromission avec l’adver­saire pour incarner le renou­veau  », explique aujourd’hui Julliard, qui a alors proposé son brûlot, inopportun dans I’Obs, à Libération qui le publie fin janvier sur deux pages. "je me suis simplement dit que la gauche ne pouvait pas continuer à être aussi absente  : que propose-t-elle de plus que Sarkozy contre le capitalisme financier ? Qu’est-ce qu’un homme de gauche doit faire de plus ? D’abord, commencer à ne plus réfléchir comme un banquier. "

Notons la réaction du chien de garde de l’Establishment, le sinistre Peyrelevade, à qui je renverrais bien son populisme dans la G.... :

C’est justement un « banquier de gauche », Jean Peyrelevade, qui lui répond en dénonçant le « populisme caché de ]ulliard  » qui " excite les foules  ». Cette accusation de « populisme » fait de Julliard un arroseur arrosé - il a lui-même parfois cédé à cette facilité -, mais semble l’avoir définitivement baptisé : « Alors là, ça m’a fait bien rigoler ’J’ai compris que, dès que l’on pense aux catégories populaires, ils ont peur, ils ne veu­lent vraiment plus en entendre parler ! L’invoca­tion du populisme, ça leur évite de répondre. Pey­relevade prend l’exemple des nationalisations : Il pourrait argumenter, dire que c’est inefficace ou financièrement impossible. Non : populiste.’ Ça leur suffit !  » Eh oui. Bienvenue au club !

"

Alors, le PS est-il capable de prendre le virage du socialisme ? Aujourd’hui dans une impasse idéologique, malgré son score aux Régionales, il ne peut plus ne pas entendre les critiques qui montent, y compris en son sein. Le PS est devenu un rassemblement de bobos arrivistes, qui ont pour la plupart perdu de vue leur idéal. Mais l’esprit socialiste y reste présent et des voix de vérité et de lucidité se font entendre. Cela suffira-t-il ?

Au-delà du débat, une autre question se pose. L’analyse de Julliard, je l’ai faite il y a des années, comme certains autres citoyens. Pourquoi faut-il tellement de temps pour que des constatations évidentes viennent à l’esprit de gens soi-disant bien informés et sachant réfléchir. La réponse ne doit pas se trouver loin du lavage de cerveau que font subir à la population, mais aussi au débat politique, des médias aux mains des puissances financières. Mais cela tient aussi à la corruption, morale et autre, présente à bien des échelons de notre société, y compris politiques.
 
 

Documents joints à cet article

Jacques Julliard va-t-il réveiller la gauche ?

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54 réactions à cet article    


  • Philou017 Philou017 25 mars 2010 11:02

    Bonjour,

    je l’appelle bobo, car c’est quelqu’un qui ne manque de rien et qui a souvent eu un discours assez typé de la gauche bobo.

    Il a effectivement soutenu le TCE et a reconnu d’ailleurs son erreur sur un article que j’ai lu hier soir. (de mémoire, il disait, on se rendait pas compte qu’on votait pour aussi pour une constitution libérale).
    Ces gens ne se rendaient pas compte de grand chose.

    Mais je tiens à lui rendre grâce qu’il a reconnu ses erreurs, ne rejette pas les responsabilités et est capable de tenir maintenant un langage vrai, et de s’y tenir.
    C’est la première personnalité du PS (ou apparenté) dans ce cas, et la seule à ma connaissance. (hormis Mélenchon, qui a quitté le PS).
    Espérons que ca va bouger les choses....


  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 11:05

    ce genre de discours passe de mieux en mieux chez certains des sympatisants de gauche, mais ont ils bien compris toutes les implications de ce type de propos, notamment, quand cette politique sera mise en oeuvre, en 2012 par exemple, une necessaire baisse du pouvoir d’achat des ouvriers pour cause de protectionnisme ?


  • Philou017 Philou017 25 mars 2010 12:07

    La baisse du pouvoir d’achat, ca fait des années que les gens la connaissent, par l’augmentation des prix, notamment de l’alimentation, et par la régression des conditions salariales.
    Le protectionnisme ne coute pas cher, au contraire, mais il est évidemment problématique dans un contexte devenu ultra-libéral.
    Au delà-du protectionnisme, c’est sur l’orientation et la régulation de l’économie que les politiques doivent remettre la main.


  • morice morice 25 mars 2010 15:27

    Désolé, mais pour moi cela ne veut rien dire...Jacques Julliard a été un représentant farouche du social libéralisme...Il a soutenu jusqu’à la démence le TCE...


    EXACTEMENT !

  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 17:52

    philou17, je comprends qu en tant qu’informaticien, vous ne connaissiez du cout du protectionnisme que ce que les medias , les on dit ou le bon sens populaire veut bien en dire.

    mais je peux vous affirmer que le protectionnisme coute plus cher que l’ouverture des frontieres, en euros.

    par contre, l’impact du protectionisme sur les emplois peut etre positif. En fait, dans le cas extreme, si on (un gouvernement centralisé ) decidait de donner un travail à TOUS les chomeurs , effectivement ca ne pourrait se faite optimalement qu en regime protectionniste. Mais ce partage aurait un impact négatif sur le pouvoir d’achat.

    Si vous voulez faire des recherches c’est la theorie des avantages comparatifs


  • Philou017 Philou017 25 mars 2010 18:09

    En fait, on peut pas parler de protectionnisme dans un contexte libéral. C’est antinomique.
    La philosophie d’une économie où on protège certains secteurs tout en acceptant des échanges dans d’autres est à des années-lumiere du fonctionnement d’un système ultra-libéral, qui est une foire d’empoigne dérégulée presque uniquement orientée suivant les appétits financiers des prédateurs de la finance. Tout est différent.

    D’ailleurs je ne crois pas au protectionnisme dans un premier temps. Il serait difficile à mettre en place. L’important est de reprendre la main sur les leviers de l’économie, de limiter les dérives du système et de redévelopper l’emploi.
    La restauration de monopoles de services publics et la préférence Francaise pour équiper les administrations serait déjà un premier niveau de mesure.
    Le contrôle et l’encadrement des activités de crédit des banques en serait un autre.


  • Eusèbe 25 mars 2010 22:48

    @eleusis, en 25 ans, 10 point de PIB ont été transférés du salariat vers le capital : vous croyez vraiment que les salariés attendent quelquechose de positif de votre modèle ?

    Plus personne n’est dupe, regardez les choses enface...
    Les néo-libéraux ont eu leur chance pendant 30 ans, place aux autres après l’échec néo-libéral.


  • Eusèbe 25 mars 2010 23:32

    @eleusis, si vous pouviez m’expliquer en quoi les avantages comparatifs fonctionnent mieux en international qu’en intra...

    Vous tapez sur le protectionisme, sources des plaies d’Égypte, mais il faudrait redescendre sur terre et se rendre compte que les échanges actuels sont bourrés de biais à la sacro sainte « libre » concurrence néolibérale : les absences de protections sociales, de retraite dans certains pays, l’exploitation des ouvriers ou la négation des coûts environnementaux en chine, le dumping fiscal des pays anglo-saxons ou de l’est, la dévaluation du dollars ou de la livre (pour des pays soit disant libéraux)...

    Les néo libéraux tapent sur les « bobos gauchos », mais ils sont au moins aussi bisounours qu’eux avec leur « monde parfait » qui n’existe que dans leurs manuels pour néolibéraux...


  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 26 mars 2010 05:23

    Bonjour Eusebe, merci de vos remarques, reprenons les une a une.

    @eleusis, si vous pouviez m’expliquer en quoi les avantages comparatifs fonctionnent mieux en international qu’en intra...

    ==> pas compris la question. Qu’est ce qu’intra ? Par contre, si vous voulez dire que les avantages comparatifs n excluent pas les inegalités, oui, je suis d’accord avec vous. Il faut une flexibilité monetaire totale pour compenser des inefficacités economiques absolue, or elle n existe pas a 100%, notamment en UE pusque l’Euro s’impose à tous les membres de la zone euro.

    Vous tapez sur le protectionisme, sources des plaies d’Égypte, mais il faudrait redescendre sur terre et se rendre compte que les échanges actuels sont bourrés de biais à la sacro sainte « libre » concurrence néolibérale :

    ==> neoliberale je ne sais pas ce que c’est, moi je vous parle du liberalisme tout court ...

    les absences de protections sociales,

    ==> désolé mais cet argument est quand meme un peu fort. Quand l’Europe s’est developpée au XVIIIeme siecle et au XIXeme siecle, avait elle une protection sociale en dehors du paternalisme des certaines entreprises ? Non. Alors laissons au moins leur chance aux autres. Il est evident que quand ils auront passé le cap de la survie, ils demanderont une amélioration de leurs conditions de vie.

    de retraite dans certains pays,

    ==> bah justement les chinois, par exemple, economisent 40% de leur revenu contre 16% en France. Dans les pays musulmans, il y a des systemes de tontine. En Afrique subsaharienne, il n y a rien, officiellement, pourtant on ne laisse pas mourir les vieux, ils sont pris en charge par la solidarité familiale elargie. Je vous pose une question : est ce que notre systeme est si bon ?

    l’exploitation des ouvriers

    ==> heu... oui... parce qu’en Europe les ouvriers sont des capitalistes ?

    ou la négation des coûts environnementaux en chine,

    ==> je vous prie de m’excuser mais laissez moi rire. Deja, faudrait arreter l ’hypocrisie. Je suppose que vous connaissez le concept d’empreinte ecologique. DOnc vous savez que vu tout ce que nous consommons en Europe, notre mode de vie n’est pas viable s’il etait étendu à la terre entiere (il faudrait 3 planetes si tous les Terriens vivaient comme des Francais, et 6 si c ’etait comme les Etats Uniens)

    D’autre part, les meubles en bois vendus chez Conforama, Ikea etc, les forets on les détruit au Bresil ou au Congo mais on ferme les yeux ICI.

    De plus, la France couvre t elle ses couts ecologiqiques ? Meme le nucleaire, energie « propre », ne sait pas quoi faire de ses dechets a part les envoyer clandestinement en Sibérie ou par le fond de la mer Mediterrannée.

    le dumping fiscal des pays anglo-saxons ou de l’est,

    ==> 1. les pays de l’est ont vevu 50 ans de communisme. N’ont ils pas le droit d’essayer autre chose ? Ou bien c’est au peuple francais de decider de la législation des AUTRES pays ?

    2. La France est aussi un paradis fiscal sur certains points par rapport à ses voisins, tout est relatif. Exemple : un salarié belge a intéret à travailler à Lille plutot qu’à Bruxelles. Ou alors le SMIC Francais est largement inferieur à celui en vigueur au Luxembourg. Si vous etes contre le dumping fiscal alors il faut encourager vos voisins du Benelux à porter plainte contre nous.

    3. Il n ’y a pas de modele unique taux d’imposition / niveau de service public. C’est au consommateur et au citoyen de dire s il prefere vivre et faire vivre la Suede ou bien Andorre.

    la dévaluation du dollars ou de la livre (pour des pays soit disant libéraux)...

    ==> vous confondez depréciation et dévaluation.

    Les néo libéraux tapent sur les « bobos gauchos », mais ils sont au moins aussi bisounours qu’eux avec leur « monde parfait » qui n’existe que dans leurs manuels pour néolibéraux.
    ==> encore une fois, neoliberal personne ne sait ce que c’est


  • Eusèbe 27 mars 2010 21:42


    >==> pas compris la question. Qu’est ce qu’intra ?

    En quoi les avantages comparatifs s’opposent ils au protectionisme national,
    sachant que chaque région, chaque usine française peut présenter un avantage
    comparatif. Ricardo a écrit sa théorie à une époque où le monde était si
    petit...

    > neoliberale je ne sais pas ce que c’est, moi je vous parle du liberalisme
    >tout court ...

    ça n’existe pas, le libéralisme tout court...

    > désolé mais cet argument est quand meme un peu fort. Quand l’Europe s’est
    >developpée au XVIIIeme siecle et au XIXeme siecle, avait elle une protection
    >sociale en dehors du paternalisme des certaines entreprises ? Non. Alors
    >laissons au moins leur chance aux autres. Il est evident que quand ils auront
    >passé le cap de la survie, ils demanderont une amélioration de leurs conditions
    >de vie.

    Je ne dis pas que c’est juste ou injuste. Je dis que le monde est comme ça. Et
    que par essence le monde parfait des (néo)libéraux qui justifierait leurs
    théories, n’existe pas.
    Faire croire que l’amélioration des conditions de travail en CHine passe par
    l’exploitation des ouvriers est justement...« un peu fort ».

    >retraite
    > est ce que notre systeme est si bon ?

    Quel système proposez vous ?
    La capitalisation a montré toute ses limites avec la crise...Que penser de tous
    ces sous-traitant de GM dont les retraites ont coulé avec l’entreprise ? 

    >l’exploitation des ouvriers
    > heu... oui... parce qu’en Europe les ouvriers sont des capitalistes ?

    C’est un peu ce qu’on veut nous faire croire avec la « démocratie
    actionnariale », mais cela mène à des situations schizophrènes (ex : le salarié
    actionnaire doit il se licencier pour améliorer la compétitivité ?)
    Votre remarque sur F. Lordon va d’ailleurs dans ce sens.

    Cela dit, la situation d’esclaves des ouvriers français n’en est pas encore à
    celle des ouvriers chinois, qui « travaillent 48h, dorment à l’usine et font des
    bons produits pas chers » comme nous l’explique M. Dassault (qui pour rappel est
    sénateur).

    >ou la négation des coûts environnementaux en chine,
    > je vous prie de m’excuser mais laissez moi rire. Deja, faudrait arreter l
    >’hypocrisie. Je suppose que vous connaissez le concept d’empreinte ecologique.

    Il ya une différence entre le mode de vie et le mode de production.
    Je vous parlais du mode de production.
    Que l’empreinte d’un américain soit trop élevée est un autre débat.

    >D’autre part, les meubles en bois vendus chez Conforama, Ikea etc, les forets
    >on les détruit au Bresil ou au Congo mais on ferme les yeux ICI.

    C’est un aspect du problème. Il existe bien des labels « verts » en Europe pour
    les acheteurs mais comment imposer une réglementation au Brésil (ou ailleurs)
    autrement que par un protectionisme (ahah) empêchant l’importation de bois
    écologiquement incorrect ?
    Le système capitaliste laisse donc en apparence le choix aux européens...Créant
    un désastre au Mato Grosso...Bref, si je vous suis, jetons le système actuel ?
    Nous allons finir par tomber d’accord !

    >De plus, la France couvre t elle ses couts ecologiqiques ? Meme le nucleaire,
    >energie « propre », ne sait pas quoi faire de ses dechets a part les envoyer
    >clandestinement en Sibérie ou par le fond de la mer Mediterrannée.

    Je n’ai jamais dit que la France était parfaite. Tout pousse même à ce que ce
    soit de pire en pire de part le système actuel.

    >1. les pays de l’est ont vevu 50 ans de communisme. N’ont ils pas le droit
    >d’essayer autre chose ? Ou bien c’est au peuple francais de decider de la
    >législation des AUTRES pays ?

    Je ne sais pas si dans le fond le (vrai, pas stalinien) communisme est pire que
    la lente dérive que nous vivons actuellement (non, je ne vote pas communiste
    si cela peut vos rassurer).
    Par contre, est ce la bonne solution de tout tirer par le bas pour remonter la
    pente ?
     
    > La France est aussi un paradis fiscal sur certains points par rapport à ses
    >voisins,

    Oui, nous avons quelques dizaines de zones franches, à Dunkerque, Mulhouse ou
    Marseille. Mais comparer ça au paradis fiscaux *institutionnalisés* (suisse, îles anglo-normandes,
    ïles caïman...), c’est quand même un peu fallacieux.

    > tout est relatif. Exemple : un salarié belge a intéret à travailler à
    >Lille plutot qu’à Bruxelles. Ou alors le SMIC Francais est largement inferieur
    >à celui en vigueur au Luxembourg. Si vous etes contre le dumping fiscal alors
    >il faut encourager vos voisins du Benelux à porter plainte contre nous.

    Il faudrait déjà que dans vos exemples, vous ne preniez pas des pays qui
    pratiquent justement un dumping fiscal ou le secret bancaire...
    Mon argument est simplement que l’économie doit être au service de l’humain, et
    non l’inverse. On peut bien sûr discuter de la possibilité d’y arriver. Mais comment croire que l’Europe va se construire harmonieusement par
    la mise en « concurrence libre et non faussée » des citoyens, en tant que postulat de base ?

    À mon humble avis, ceci ne peut se faire en comptant sur la vertu des acteurs internes au système.
    Un système ne peut jamais se réguler en comptant sur la vertu de ses propres acteurs.

    L’Etat, avec tous ses défauts, doit donc forcément intervenir.

    > vous confondez depréciation et dévaluation.

    Ah. La baisse du dollars ou de la livre ne sont évidemment que des pures
    dépréciations logiques liées aux marchés...

    > encore une fois, neoliberal personne ne sait ce que c’est

    C’est le mode du libéralisme mis en place actuellement. Je vous accorde qu’il
    n’a pas grand chose à voir avec le (vrai) libéralisme.


  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 10:57

    je trouve ca fou la capacité des Francais a extrapoler a partir de LEUR situation.

    "
    Dans les grands pays industriels, la financiarisation de l’économie s’est accompagnée d’une désindustrialisation délibérée et de la destruction d’emplois par millions.

    ==> Faux pour l’Allemagne ou la Suisse, qui ne sont pourtant pas des places financieres mineures. Elles conservent des industries et des usines.


    • Philou017 Philou017 25 mars 2010 12:17

      ==> Faux pour l’Allemagne ou la Suisse, qui ne sont pourtant pas des places financieres mineures. Elles conservent des industries et des usines.

      J’ai lu dans une intervention de Peyrelevade que la France avait perdu beaucoup plus d’industrie que ses voisins Européens. Quelqu’un aurait-il des chiffres là-dessus  ?

      Sinon, la dés-industrialisation sauvage fait partie du modèle libéral, puisque celui-ci recherche toujours le moindre cout de production pour lui. Si une délocalisation controlée et gérée en direction de pays en développement pouvait apparaitre nécessaire pour ces pays, la dés-industrialisation sauvage selon les seuls critères financiers (et pour le profit de cette seule finance) est un crime contre l’équilibre économique, et plus loin une des nombreuses agressions sociales du libéralisme, qui n’a rencontré que peu de résistance du milieu politique.
      Comment ne pas imaginer que certains niveaux politiques ne soient pas complices de cette incroyable faiblesse, à commencer par la commission Européenne.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 17:57

      L’Allemagne fait partie de l’Union Européeenne, et le salaires ouvriers horaires en vigneur chez Volkswagen sont legerement superieurs a ceux constatés à Flins ou a Sochaux.

      Pourtant la VW Golf est toujours produite et assemblee a Wolfsburg ; Pourquoi ?
      1. parce que la VW Golf est plus chere qu une Laguna, donc chacun peut mieux se payer y compris les employés
      2. parce que VW a delocalisé en Republique Tcheque une partie de sa production.

      Donc l’Allemagne, elle aussi ultra libérale, dependante de Bruxelles et de l’Euro fort, arrive à garder une industrie. Arretons d accuser les autres, Bruxelles, les mechants marchés ou les martiens, et penchons nous sur les faiblesses de l’economie francaise dans les industries manufacturieres.


    • Philou017 Philou017 25 mars 2010 18:18

      L’Allemagne était sans doute mieux organisée et solide que nous dans certains secteurs, et son industrie a sans doute bénéficié d’un meilleur encadrement politique.

      Mais ca ne m’intéresse pas de parler d’être plus compétitif que les autres à tout prix et n’importe quel prix. Dans le système libéral, il y a toujours quelques gagnants et beaucoup de perdants.
      Si notre industrie se redresse, ca se fera certainement au détriment de l’Allemagne et inversement. Il est temps de sortir de cette compétition folle à la productivité, qui cause la précarisation des peuples et ne fait qu’enrichir quelques castes d’actionnaires.
      il est temps de remettre en place des politiques où tout le monde aura sa place, et pourra prospérer.

      La compétition à mort est une vis sans fin qui finit par écraser les peuples.


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 20:39

      1. les allemands sont 80 millions et nous 65, donc si on analyse la situation comme gagnant perdant , il y a ds ce cas précis plus de gagnants

      2. quand VW vend une Golf, Valeo peut vendre des demarreurs, Michelin des pneus, Total de l’essence, Faurecia des filtres a air, Publicis de la pub etc
      le modele cooperatif comme c est souvent le cas dans l industrie et des serices existe

      3. sachant qu’un Européen consomme 3 fois plus que l habitant moyen de la Planete, combien etes vous pret a abandonner, vous qui etes contre la competition, pour etre aligné avec les autres ?


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 26 mars 2010 17:23

      je relis vos propos « L’Allemagne était sans doute mieux organisée et solide que nous dans certains secteurs, et son industrie a sans doute bénéficié d’un meilleur encadrement politique » et je sursaute.

      MEILLEUR ENCADREMENT POLITIQUE ?

      Quel est le ministre qui a decidé de mettre un moteur a injection dans une voiture compacte en pleine crise petroliere (Golf GTi opus 1 , en 1975), un V6 dans une berline de moins de 4, 20 m (Golf VR6) ? De positionner Audi sur le haut de gamme ? de lancer un 4x4 anti ecolo quand la vague verte arrivait (Porsche Cayenne) personne ! ce sont des decisions industrielles ! tout comme le leadership de Tesa sur les colles industrielles (pas glamour !), celui de Bosch sur l’ABS, de Schaeffler sur les roulements a bille, etc etc.

      il faut arreter de croire que les hommes politiques dirigistes creent la richesse d’un pays. Ce sont les entrepreneurs qui la font, une fois que les politiques ont cree un climat favorable aux boites, comme en Baviere (siege de BMW et Audi) ou en Bade Wurttemberg (Porsche, Mercedes).


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 11:02

      Question aux bobos gauchos. Envoient ils leurs enfants faire des CAP industriels, travailler en PME et progresser au mérite ou bien preferent ils des etudes generalistes et litteraires permettant aux titulaires de ces diplomes de devenir directement PDG apres un court passage en cabinet ministériel ?

      L’industrie n’est pas attractive, disent les élites, ca tombe bien le peuple aussi n’en veut pas, des emplois industriels. Les gens ont suffisamment repeté que l’usine = Zola pour qu ils puissent etre contents quand les usines ferment, non ?


      • Philou017 Philou017 25 mars 2010 12:23

        Avec le libéralisme, les-dits petits métiers sont re-devenus des petits emplois où sevit l’exploitation, les conditions difficiles et les bas salaires, quand ils ne sont pas misérables.

        Alors qu’il aurait été nécessaire de les réévaluer pour les garder attractifs. Mais le libéralisme et une immigration assez importante encouragée par les accords de Schengen (beaucoup d’immigrés sont prêts à travailler dans des conditions difficiles et mal payés), ne l’ont pas permis, bien au contraire.
        Le libéralisme ne permet aucun équilibre, ni aucune régulation allant dans le sens de l’intérêt général. Une horreur économique comme disait Mme Viviane Forrester.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 18:01

        Une fois de plus vous accusez le liberalisme et l’immigration alors qu’en Suisse, qui n’est ni communiste ni fermée, conserve une industrie manufacturiere et 18 % de ses actifs dans l’industrie.

        la France a des faiblesses SPECIFIQUES dans l’industrie, notamment liée à la formation d’elites trop generalistes et d’employés moins formés aux techniques que les allemands. Normal, ici on prefere etudier STAPS ou philo que micro technique ou chimie.


      • Philou017 Philou017 25 mars 2010 11:05

        Erratum sur le 1er lien, celui de l’article de Libé. Le bon est celui-là :
        http://www.liberation.fr/politiques/0101614214-vingt-theses-pour-repartir-du-pied-gauche

        Mes excuses.


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 11:24

          Comme on lit souvent cette phrase, Les actionnaires, au contraire, se désintéressent de l’objet même de leur investissement ; ils réclament des profits immédiats et énormes, jusqu’à 15% du capital investi., revenons dessus.

          Imaginons un épicier. Il achete 1 million d’euros avec son argent une épicerie qui fait 1 million de chiffre d’affaires et 100 00 euros de benefices (marge nette = 100 000 / 1 000 000 = 10%)
          Le rendement du capital investi (profit / capital investi) est de 100 000 / 1 000 000 = 10% aussi. Si l’epicier investi non pas 1 million mais 500 000 de son argent et emprunte le reste, 500 000, alors son rendement passe à 100/500 = 20%

          Conclusion : c’est difficile de parler en meme temps de dictature des actionnaires capitalistes et de financiarisation de l’economie. Dans le cadre 1, l’actionnaire (l’epicier) possede tout, il a 100% du pouvoir, alors que dans le cas 2, l’actionnaire partage le pouvoir avec le banquier.
          or, le modele de capitalisme rhénan, implique l’intervention des banques dans le capital et la gestion des entreprises.


        • Eusèbe 25 mars 2010 22:45

          Vous vivez dans un monde de bisounours...Vous croyez que les 500 000€ sont gratuits ?
          On va amélioer le ROE en empruntant, l’illusion que le capital va créer de la richesse...Exactement ce que l’article démontre.

          Plutôt que de tout réexpliquer, je vous invite à lire les articles de F. Lordon sur l’illusion de la démocratie actionnariale...


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 26 mars 2010 05:28

          je vous explique juste pourquoi dire que le RoE met la pression sur les entreprises est inexact, en vous expliquant comment ca marche. Le capital du type, pas plus que le crédit de la banque, ne sont gratuits, mais un probleme à la fois svp, merci.

          Lordon, j ’aime bien, mais que vous me le citiez sur la democratie actionnariale reviendrait à ce que vous donniez l’avis de Soeur Emmanuelle sur les avantages comparés du F16 ou du Rafale. Qu est ce qu il y connait ? A t il deja assisté à une AG d’une entreprise du CAC 40 ? Non, car sinon il saurait que les actionnaires sont pris en otage par les managements des sociétés, qui ne sont pas transparents.


        • jef88 jef88 25 mars 2010 11:23

          « Les détenteurs du capital, longtemps silencieux, ont mis au pas les gestionnaires, qui s’appuyaient sur leur expertise technique »
          Le phénomène a commencé avec la crise du pétrole de 1973 :
          - Auparavant les chefs d’entreprise étaient des techniciens
          - Il y a eu un passage par les commerciaux qui lorgnaient les « bonnes » places depuis longtemps. Cela n’a pas duré car la fabrication de moutons à 5 pattes et leur vente, dans le mépris des prix de revient, sous couvert du prix de marché a plombé quelques entreprises.
          - Puis ce fut Thomson qui prouva que le jeu sur les actions pouvait être plus profitable que la production, et les directeurs finnanciers devinrent PDG.
          N’oublions pas que de trés nombreuses entreprises (trop petites ?) ont du fermer et que leurs marchés ont été repris par les financiers.

          « Dans les grands pays industriels, la financiarisation de l’économie s’est accompagnée d’une désindustrialisation délibérée et de la destruction d’emplois par millions. »
          Qoui de plus étranger à un financier qu’un bureau d’études ou , pire, une usine ? Pouahhhhh !
          Certains ont dons inventé la socièté post industrielle, la société des services. Oui mais des services à qui ?

          « Le continuum des rémunérations a fait place à une société de corps séparés et de privilèges, telle qu’elle existait en France à la fin de l’Ancien Régime. »
          Il n’y a pas que dans l’économie que cette société s’installe. Avez vous noté que tous les politiques ont maintenant leur fief ? 


          • Philou017 Philou017 25 mars 2010 12:34

            "- Puis ce fut Thomson qui prouva que le jeu sur les actions pouvait être plus profitable que la production, et les directeurs financiers devinrent PDG."

            C’est exactement cela. les PDG, surtout dans les entreprises d’une certaine taille, ne sont plus des chefs d’entreprise classiques, mais surtout des gestionnaires spécialisés dans la réductions des couts et la production de bénéfices. C’est symbolique de la main-mise du système financier sur le systeme économique.
            Avant (années 60-70), la logique industrielle s’équilibrait avec la logique financière, d’autant que le syndicalisme et les normes de protection sociale étaient forts. En perdant cet équilibre, les entreprises ont perdent leur âme.


          • jef88 jef88 25 mars 2010 12:37

            Oui mais contrairement aux véritables industriels, ils ne voient que le court terme !


          • ddacoudre ddacoudre 25 mars 2010 14:26

            bonjour jet88

            je rejoint ton commentaire, j’ai vécu cela, j’ai même eu l’occasion d’inviter le patronat à créer leurs banques d’affaires pour échapper aux marchés financiers ils n’en ont pas voulu.
             la transition c’est réalisé avec la création du MEDEF en 1998.

            http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72236
            http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72281

            cordialement


          • ZEN ZEN 25 mars 2010 12:07

            J’avais lu ce matin
            Julliard sortirait-il enfin de son cfdtisme mou ?
            Peu de chances que la fifille à Delors en retienne quoi que ce soit...
            Beaucoup de gens passent aujourd’hui au confessionnal, comme Stilgitz...
            Vraie prise de conscience ou conversion de circonstance... ?
            On attend la suite...


            • brieli67 25 mars 2010 13:39

              @ Zen

              B. Dollez et M. Hastings (dir.), Le Parachutage politique, Paris, L’Harmattan, 2003, p. 145.

              ah ! ces méchants Vosgiens qui ne voulaient pas du bon docteur Morelle

              http://www.liberation.fr/politiques/0102578710-reaction-sur-debats-valls-morelle-pour-en-finir-ou-pas-avec-le-parti-socialiste


            • Philou017 Philou017 25 mars 2010 18:26

              Zen : « Julliard sortirait-il enfin de son cfdtisme mou ? »
              Je pense qu’il l’a fait. C’est la seule personnalité du PS (ou apparenté) à l’avoir fait. Ca doit être la première fois depuis 20 ans que j’entends un membre du PS tenir un langage qui ressemble à un langage de socialiste. Reconnaissons-lui cela.

              "Peu de chances que la fifille à Delors en retienne quoi que ce soit..."
              Je suis très prudent là-dessus. Maintenant, voyons comment cela va évoluer. Pas mal de militants ont applaudi ce discours des deux mains.
              Je suis plus inquiet sur les divisions du PS. En parcourant les blogs hier, je me suis aperçu à quel point les attitudes partisanes de clans étaient présentes au PS. Cette division est le principal problème du PS, à mon avis en ce moment.

              Il faut dire que quand on a plus de programme politique, il est difficile de se regrouper autour de quelque chose. Il feraient bien d’adopter celui de Julliard en vitesse.


            • dapeacemaker911 25 mars 2010 13:18

              Quand les rats quittent le navire, c est qu il est pas loin de sombrer.


              • foufouille foufouille 25 mars 2010 13:56

                les services commencent aussi a etre delocalise
                bientot les seul boulot : flic, gardien de camp de travail, bobo liberal


                • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 25 mars 2010 18:06

                  et surtout contribuable au service forcé de gens qui se permettent de critiquer ceux qui les nourrissent !


                • ddacoudre ddacoudre 25 mars 2010 14:20

                  bonjour philou017

                  bon article, c’est un réveil tardif de ce monsieur, mais ils ne réponds à aucune question.

                  http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72281

                  cordialement.


                  • Philou017 Philou017 25 mars 2010 18:28

                    Il a l’avantage de poser correctement le problème. C’est déjà ca.


                  • Pyrathome pyralene 25 mars 2010 14:55

                    Article pertinent , Philou , mais un mea-culpa devrait s’accompagner d’une vraie remise en cause du systéme des escrocs aux dents longues , lorsque j’entendrai Julliard et ses amis du PS déclarer que l’impératif est de nationaliser toutes les banques et d’y faire le grand ménage , mon oreille sera tendue.... smiley


                    • frédéric lyon 25 mars 2010 16:54

                      Jacques Julliard ne va rien sauver du tout, et surtout pas le « socialisme ».


                      le « socialisme » ça n’existe pas plus que le « capitalisme », d’ailleurs. Ce sont juste des mots, juste de la politique et c’est elle, la politique, qui est en train de crever parce que les gens ont compris que c’était du baratin. 

                      50 % d’abstention aux dernières élections régionales. 

                      Dans la tranche des 18-30 ans, l’abstention atteint 75 % !!

                      • FYI FYI 1er avril 2010 02:42

                        Je pense que votre message fait peur, mais d’une bonne déduction.
                        Nous sommes à la fin d’un régime ...


                      • @distance @distance 25 mars 2010 17:01

                        Pourquoi faut-il tellement de temps pour que des constatations évidentes viennent à l’esprit de gens soi-disant bien informés et sachant réfléchir ?

                        :caillasse, flouze, thune, zeyo, artiche, biffeton, bifton, blé, maille, pépette, pèze...

                        humour 1 :
                        Deux journalistes se rencontrent :
                        - Dis, mon ami, tu peux me prêter 100 Euros ?
                        - C’est que je n’en ai que 60...
                        - Donne toujours, Tu m’en devras 40.

                        humour 2 : la meilleure smiley
                        Codes de déontologie du journalisme
                        http://mecaniqueuniverselle.net/medias/deontologie.php


                        • ffi ffi 25 mars 2010 17:05

                          La destruction de toute forme de planification indicative et de toute politique industrielle

                          100% d’accord

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