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Accueil du site > Actualités > Politique > Jean-Marie Le Pen et son verbe

Jean-Marie Le Pen et son verbe

La meilleure façon de servir la République est de redonner force et tenue au langage. Francis Ponge

Troisième descente dans les eaux troubles de la sémiologie politique. Fils d’analphabètes, Le Pen est le candidat qui maîtrise sans aucun doute le plus spectaculairement la langue française. Toute sa réussite politique est liée à cette assurance dont le spectre émotionnel semble sans bornes, pouvant alterner des tons passant du drolatique au grivois, du menaçant au lyrique, du défensif au cynique, voire du compassionnel au transgressif. Verbe musée, clairement conservateur quant au vocabulaire (un goût prononcé pour les mots rares et désuets), charriant avec jubilation les langues mortes (étant passé par les jésuites avec lesquels il apprit la poésie du XIXe siècle, le latin-grec dont il use encore régulièrement dans ses discours, sortant déjà vainqueur des concours d’éloquence), affleurent en lui la terre, le sang, les glorieux morts, les remembrances historiques vivaces : « Oui, c’est vrai, je pense toujours avec émotion à l’insurrection vendéenne, à Charette, la Rochejaquelein ou Lescure, et aux Colonnes infernales de Turreau ». dimanche 22 octobre 2006. « ...Si j’ai choisi Valmy, c’est qu’à travers ses diverses épopées, je crois à la continuité de la grandeur de notre peuple. De Gergovie à la Résistance en passant par la monarchie capétienne et l’épopée napoléonienne, je prends tout ! Oui tout ! ». mercredi 20 septembre 2006. Son verbe est crâne parce que s’offrant à la haine des élites technocratiques policées qui sentent bien l’extraction populacière et canaille de son locuteur, son déferlement d’adjectifs lestes ne pouvant qu’effaroucher les oreilles bourgeoises et bobos. Cette langue n’est pas polie ni « respectable », elle renverse la table et montre trop de chair, de sexe, sentant la sueur et les fins de soirées arrosées : " En vérité, je vous le dis, Monsieur Chirac, Juppé est un acculé ", 29 septembre 1996, « confier à Chirac des responsabilités en matière écologique reviendrait à confier la protection de l’enfance à Dutroux », lundi 12 février 2007. Elle condamne, défie, toujours rebelle car ne pouvant se soumettre durablement aux règles courtoises pour soudain jaillir en fulgurances malveillantes : « Monsieur Bédier, éphémère secrétaire d’Etat à l’administration pénitentiaire, a lancé en 2002 et 2003 un programme de construction de prisons. Le problème, c’est qu’il risque d’être le premier pensionnaire des prisons qu’il construisait.... », dimanche 21 janvier 2007.

Son expression ressasse sans cesse son enracinement organique, sa présence est indissociable du passé d’où elle se jette, n’ayant pas fait table rase des siècles passés à coup d’anglicismes, de néologismes et de barbarismes technico-économiques. Biologisante et de ce point de vue plus proche du corps qu’il n’est permis dans les milieux autorisés. Son déploiement ultrasexué remue les pulsions, travaille les sens et l’inconscient, elle s’assume dans sa ferveur païenne, férocement païenne et en rupture nette avec la parole des Lumières et du judéo-christianisme, toute à sa joie lubrique d’effaroucher en diatribes et transgressions incontrôlables les auditoires, elle multiplie les escarmouches pour faire naître un trauma collectif, basé sur un mélange de projections fantasmatiques et de faits réels souvent reniflés avant ses adversaires politiques. Cette langue est parfois cruelle et humiliante, à la frontière d’un sadisme symbolique, se voulant castratrice (« C’est un impuissant de la politique » à propos de Chirac le 18/02/2007) pour mieux se réassurer et se réaffirmer. Cette langue ne se masque pas, comme une vieille fille indigne, elle se rit du Surmoi et des tabous, s’excite à les balayer, créant vertige et fascination outrée, abolissant les limites, sans bornes morales, sinon celles qu’elle fixe par affinités subjectives. Le recyclage du vocabulaire de Le Pen par Sarkozy lui a de fait conféré une légitimité, même Royal parlant de « centres fermés » pour délinquants avec « encadrement militaire » n’est pas si éloignée de sa « contamination » sémantique, (qui aurait pensé il y a cinq ou dix ans que le PS en viendrait à de tels propos ?). L’ethnicisation du discours politique général s’est installée, la notion de « racisme antifrançais » (jusque là concept exclusivement lepeniste) à fait son entrée dans le paysage politiquement correct à l’occasion des manifestations lycéennes de 2006. La notion de « bandes ethniques » a été reprise par de nombreux élus de la droite dite républicaine... Son discours sur l’affectif nationaliste a pris, des formules comme « ceux qui n’aiment pas la France n’ont qu’à la quitter » proliférant de manière régulière dans le champ politique « classique ». Sa langue est guerrière et apprécie les fulminations : « Je suis peut-être un boulet, mais un boulet de canon. » Septembre 2003.

« Je prends l’engagement, devant le peuple français, que, quand le FN sera au pouvoir, tous ces malfrats, tous ces bandits, devront non seulement rendre des comptes mais rendre gorge !"

Comme le dit l’adage romain : « Si vis pacem, para bellum », « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». dimanche 22 octobre 2006.

Elle sacrifie l’honorabilité sociale pour le déluge émotionnel, faisant de son dévoilement une charge cathartique. Barbare et classique, outrancière et subtile (se reporter aux cours de sémantique donnés par Le Pen sur le sens du mot détail, incident et autres adjectifs neutres en soi qui, placés dans certains contextes sensibles, prennent subitement une tournure conflictuelle), elle surfe sur la crête des non-dits, impossible et pourtant bien là. Le timbre de sa voix est quasiment toujours fort, il s’emballe, l’intonation navigue entre indignation et dénégation. Tout se passe comme si la scène principale, celle où le langage de Le Pen se déploie sans ambages, sans détours, décidait de violer les codes de politesses, d’éducation, de respectabilité, visant l’effet de choc et de surprise. Elle a pour singularité de ne pas chercher à rassurer, d’évoquer régulièrement la mort et la vie en tant que principes fondateurs et de se soumettre à une certaine fatalité du Logos.

Les charges provocatrices et insolentes prolifèrent et ce depuis la prime jeunesse. Un ancien camarade d’enfance breton raconte : « Au printemps 1938 ou 1939, je travaillais sur un bateau près du pont de Kerisper, un ouvrier grattait l’édifice à vingt mètres du sol quand Jean (Le Pen) est passé avec la plate de son grand-père. Il a hurlé : ‘‘Les employés des Ponts et chaussées, c’est tous des feignants ! ’’. Frondeur, gouailleur, potache, le verbe de Le Pen est passionnel plus que rationnel avant tout, il vient assurément d’une certaine France que l’on dit profonde.


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147 réactions à cet article    


  • Neutre (---.---.19.194) 27 février 2007 13:18

    Plus qu’en toute autre tribune, le langage en politique est une arme merveilleuse. Une gouaille haute en couleur et érudite ne dessert-elle finalement le candidat Le Pen davantage qu’elle ne fascine ? Ou plutôt cette fascination langagière que ses détracteurs ressentent parfois malgré eux n’atteint pas à l’essentiel : l’efficacité.

    La maîtrise pongienne abandonne nombre de lecteurs dans les forêts sombres de l’expression. Tant mieux en littérature, mais en politique... je pose la question.


    • Pinson (---.---.13.90) 27 février 2007 13:30

      Si vous ne trouvez pas le verbe de Le Pen efficace, je me demande ce qu’il vous faut.

      Comment se fait-il alors que si peu nombreux sont les adversaires désireux de débattre avec lui ? A commencer par la déballonade de Chirac en 2002.

      Mitterrand voyait en Le Pen le dernier grand orateur (avec lui).


    • Alexandre (---.---.49.60) 28 février 2007 11:25

      Ce que vous ne savez sans doute pas : Les parents de JM Le Pen était peut-être analphabètes mais surtout leur langue maternelle était le breton dans sa variante vannetaise. Lui même le comprend très bien et l’a sans doute parlé dans sa prime enfance même s’il a pu l’oublié un peu mais pas trop, car il savait encore chanter des cantiques a capella en cette langue à 70 ans passés.

      Si le Pen maitrise si bien l’imparfait du subjonctif il le doit aux jésuites qui l’on instruit. Quant à sa fille Marine qui a pourtant gardé son nom de jeune fille à consonnance celtique à la Télé, elle n’aime pas trop la langue de ses ancêtres paternels : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=6152

      Rigolo de penser que le grand tribun de l’extrême droite française est le français pour langue seconde. Non ?


    • Pinson (---.---.13.90) 27 février 2007 13:34

      Désolé, Actias, j’ai dit la même chose que vous alors que votre message n’était pas affiché...Je n’ai pas copié, c’est juré !


    • toto1701 (---.---.148.92) 27 février 2007 13:31

      l’homme a l’image n’est plus ,avec tout le respect du a son age !! faut pas tricher !!!


      • stravos (---.---.132.162) 27 février 2007 13:37

        C’est sans doute le seul hommage mérité de JLP : son style. Mais quel lien avec les idées qu’il prône ? Sans doute une phrase de Cioran à propos des écrivains réctionnaires peut nous éclairer : ces mêmes écrivains magnifieraient le Verbe, car c’est la seule chose qu’il leur reste...


        • Jojo2 (---.---.158.64) 27 février 2007 14:38

          Excellent. Les dictateurs ont toujours été des tribuns. Hitler, Mussolini, Staline, Castro, et bientôt Chàvez...


        • Pinson, (---.---.13.90) 27 février 2007 14:56

          @Jojo2

          Si je comprends bien tribun= dictateur donc Le Pen= dictateur.

          C’est un peu facile, ou en tout cas très prématuré pour ce qui concerne Le Pen.

          Jaurès était-il un dictateur ? Et De Gaulle ? et Léon Blum ?

          Et Franco était un très mauvais orateur avec le charisme d’une moule marinière. Et je n’ai jamais -mais je peux me tromper -entendu parler des dons oratoires de Mao.


        • Jojo2 (---.---.158.64) 27 février 2007 15:28

          Révélateur. J’ai dit « les dictateurs ont toujours (j’ai un peu exagéré...) été des tribuns », vous en faites une bijection...


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 février 2007 15:38

          @ Pinson :

          « Si je comprends bien tribun = dictateur »

          Vous comprenez mal.

          De ce que les A soit des B, il ne suit pas que tous les B soient des A. (logique élémentaire depuis Platon).

          En d’autres termes, il n’y a pas ici d’équivalence logique (si et seulement si, ssi).


        • Blablabla (---.---.69.187) 28 février 2007 06:09

          Complètement idiot : comme si l’intellignece était coupable !


        • pinson, (---.---.13.90) 1er mars 2007 12:03

          J’ai parfaitement compris, au contraire, si Jojo ne voulait pas insinuer que Le Pen=dictateur, quel serait le sens de sa remarque sur le fait que les dictateurs sont des tribuns ?


        • sonja (---.---.162.55) 9 mars 2007 00:16

          @Jojo2 « Revelateur » Revelateur de quoi ? c’est plutôt votre reaction qui semblerait révélatrice d’une certaine mauvaise foi ou alors c’est votre subconscient qui s’ exprime Vous applaudissez stravos pour son jugement réducteur vis à vis de JLP mais vous prenez de haut Pinson parce qu ’il est censé avoir compris de travers ..Mais Pinson a raison : le terme de dictateurs que vous avez utilisé,est une ellipse et prend clairement la place du sujet : JLP, dont il etait question dans le message de stravos


        • century (---.---.207.26) 27 février 2007 13:40

          joli texte, c’est bien écrit et tous ceux qui pratiquent encore la langue française ne peuvent qu’être d’accord : JMLP manie notre langue comme un vrai tribun et aucun académicien n’aurait de reproches à lui adresser.

          Je trouve d’ailleurs que c’est le seul des candidats à la présidentielle qui s’exprime aussi bien.

          En effet, après les jeux de mots douteux de S. Royale , les begaiements de Bayrou et le français approximatif de Sarko , que nous reste t’il ? smiley


          • Bill Bill 27 février 2007 13:41

            C’est amusant car hier je me demandais si vous feriez après Royal et Sarkozy, le sujet sur Le Pen, qui est sans conteste le politicien au verbe le plus précis. Ses attaques dont vous parlez font partie de la politique, ses adversaires s’en servent aussi, même s’il est vrai que Le Pen se place aussi sur le terrain moral. Quand il fait un discours, on a envie de l’écouter, contrairement à nombre de ses adversaires, qui endorment plutôt l’auditoire...

            Votre article est intéressant et m’a appris des choses.

            Bill


            • Neutre (---.---.19.194) 27 février 2007 13:46

              Bien sûr qu’il est un grand orateur et efficace de surcroît. S’il y avait eu ce fameux débat en 2002, Chirac n’aurait pas fait le même score...

              J’illustrais juste ma pensée selon laquelle cette « efficacité » ne le sert pas toujours.


              • Bill Bill 27 février 2007 14:11

                Il faut savoir que Le Pen lit en moyenne un à deux livres par semaine... c’est en tous cas ce qu’il déclare... Je me demande bien ce que lisent les autres politiciens, je crois savoir que l’auteur préféré de Sarkozy est Céline, ce qui est tout de même, il faut le reconnaitre, une preuve de bon goût en littérature, mais que lit Ségolène ?

                Bill

                Une petite citation de Celine : Il n’y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n’a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire.

                Car pas trouvé ce discours dans l’hopital, disant que Louis XVI s’en barbouillait le pourtour anal du peuple...


                • Fred (---.---.20.123) 27 février 2007 14:28

                  La vraie différence entre JMLP et les autres, c’est que lui est convaincu d’avoir raison.

                  Il ne fait pas seulement de la comm’ (car il en fait aussi), il dit avant tout ce qu’il pense.

                  Sa force c’est la franchise. De la à dire qu’il aurait le courage de faire ce qu’il dit ... je n’en suis pas à ce stade.


                  • Fred (---.---.20.123) 27 février 2007 14:37

                    @Bill tu penses vraiment que Sarko a le temps de lire ? tu penses vraiment que Sarko a le temps d’écrire un livre ?

                    Moi je pense qu’il a des fiches de lectures de ces camarades atlantistes.


                  • Jojo2 (---.---.158.64) 27 février 2007 14:40

                    Sarko est intellectuellemnt nul. Il a redoublé sa sixième, a eu un bac B sans mention et à mis 8 ans pour décrocher un diplome d’avocat... :))


                  • Bill Bill 27 février 2007 14:45

                    @ Fred,

                    Je ne sais pas trop, mais le faît qu’il mette en avant un auteur, me parait tout de même bien. Mitterand n’était pas ma tasse de thé, mais j’appréciait son coté littéraire, et puis j’ai vu un écrivain parler de sarkozy à ce sujet.

                    Mais tu poses une bonne question !!!

                    Bill


                  • Pinson, (---.---.13.90) 27 février 2007 15:09

                    Bill, Moi, ce que je trouve suspect, c’est que quand on demande à un Sarkozy ce qu’il lit, il ne trouve à citer qu’un seul auteur. Surtout que Céline, c’est un peu bateau. D’avant-garde juste ce qu’il faut, mais quand même déjà classique. Ce qui ne retire rien aux qualités réelles de Céline.

                    Quant à Ségolène, je ne sais plus où j’ai vu qu’elle ne lisait rien et n’avait lu dans sa vie que les manuels de l’ENA. C’est peut-être vrai, c’est peut-être faux. Pour ma part quand je l’entends, je n’ai pas la sensation qu’il y a une culture derrière la façade. Mais c’est vrai que je ne suis pas objectif là-dessus.

                    Chez Bayrou, on sent l’agrégé cultivé et il n’y a guère que ça pour donner un peu de goût à ce robinet d’eau tiède.

                    De toute façon, le sabotage des « humanités » étant effectif depuis plus de trente ans, on ne verra plus sauf miracle d’orateurs de la classe d’un Le Pen.


                  • Neutre (---.---.19.194) 27 février 2007 16:31

                    Il y a aussi des gens sans diplôme aucun qui sont intelligents.


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 février 2007 16:33

                    S’ils sont intelligents, pouquoi n’ont-ils pas de diplômes ?

                    Seraient-ils paresseux ?


                  • Neutre (---.---.19.194) 27 février 2007 16:43

                    Car tu penses que l’intelligence ne se mesure qu’en terme de médailles...


                  • Bill Bill 27 février 2007 17:00

                    Sacha Guitry avait été un vrai cancre, mais il s’est bien rattrappé par la suite, un vrai bourreau de travail ! On dit qu’il n’y a pas plus travailleur qu’un fainéant qui se met au travail !

                    Bill


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 février 2007 17:20

                    Sacha Guitry n’a jamais été un « cancre » au sens actuel du terme :

                    « Alexandre (dit Sacha) Guitry est né le 21 février 1885 à Saint-Pétersbourg. Son enfance se passe sous le signe du divorce de ses parents, des voyages ; son père, le comédien Lucien Guitry, l’emmène à la cour du tsar de Russie ; il bénéficie de la fréquentation régulière d’humoristes célèbres (Jules Renard, Alfred Jarry, Tristan Bernard et Alphonse Allais). Très mauvais élève, doté d’un sens peu commun de l’indiscipline, l’adolescent veut suivre les traces de son père et débute au théâtre sous le nom de Jacques Lorcey. Mais ce sont ses propres pièces qui le rendent célèbre à vingt ans. » (Encyclopaedia Universalis)

                    Simplement, il a appris ailleurs qu’à l’école où il était probablement tombé sur des profs moins intelligents que lui.

                    C’est ce qui était également arrivé au mathématicien Evariste Galois (tomber sur des profs moins intelligents que lui). Là, ça a mal tourné.

                    Aucun rapport donc avec la situation actuelle, où les diplômes sont bradés et l’éducation gratuite, accompagnée de bourses.


                  • Bill Bill 27 février 2007 17:33

                    Ah, je suis bien d’accord cher Courouve, dans ma bouche ce n’était pas péjoratif non plus, moi qui suis un de ses admirateurs. Mais je crois me rappeler dans sa biographie qu’au début, ne sachant que faire de sa vie, car il fut un mauvais acteur, jusqu’au moment ou il joua ses pièces, il resta un bon moment dans le doute, à ne rien faire.

                    Et puis Brassens aussi n’aimait pas trop l’école : "Georges grandit au sein d’une famille nombreuse composée de sa demi-soeur, ses parents, ses grands-parents et leurs chats... A l’école, il n’est pas très en verve, se réveillant à la récréation, et préférant ses cours de musique.

                    Le poète tranquille Dès 14 ans, il commence à écrire quelques « fadaises », et c’est au collège que la lecture des poètes l’éveille réellement à l’écriture. Avec ses amis, il découvre la musique et la liberté de l’école buissonnière." ce qui ne l’a pas empéché de réunir une formidable bibliothèque et d’être très cultivé.

                    Mais pardon, ce n’est pas pour vous contredire, c’est que moi-même je ne suis pas resté bien longtemps à l’école avant d’y revenir par correspondance...

                    Bien cordialement

                    Bill


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 février 2007 17:42

                    Merci, Bill, de cette réponse attentive.

                    Sur cette question du rapport entre instruction et démocratie, voyez ma page en lien sur les cafés-philos.


                  • Rocla (---.---.65.52) 27 février 2007 18:03

                    Par exemple moi , je n’ ai pas de diplôme et en même temps suis pas intelligent . Au secours .

                    Rocla


                  • Rocla (---.---.65.52) 27 février 2007 18:05

                    Au fait c’ est quoi donc , un mec intelligent ?

                    Rocla


                  • (---.---.231.154) 28 février 2007 07:51

                    Encore faudrait-il définir ce qu’est l’intelligence, C’est, pour le moins, une question de circonstances, d’adaptabilité

                    Elle n’est en rien réductible à l’intellectualisme, à voir tout ces intellectuels qui se trompent, surtout en matière politique, de façon quasi systématique. Céline en est un bon exemple ! L’intelligence n’est en rien corrélée avec une collection de diplômes.

                    Les ânes bâtés affichant de somptueux palmarès sont légion.

                    Un polytechnicien, doublé d’un énarque, placé dans la jungle africaine n’a que 12 à 24 heures de survie, milieu dans lequel un pygmée passe toute sa vie ! Alors, qui est intelligent dans ce cas ? Pour être juste, il faut dire que le même pygmée, parachuté dans les rues parisiennes, n’a sans doute guère plus de chance de survie, alors que notre énarque y prospère.


                  • geronimo (---.---.49.168) 2 mars 2007 12:10

                    je me permet de rappeler que le même si « aux âme bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années » le contraire n’est pas vérifié : JMLP a mis six ans avant d’obtenir sa licence de droit...


                  • rdu (---.---.173.53) 13 mars 2007 14:57

                    c est l argumrnt des adeptes des diplomes, sauf que les diplomes on les passe a 20 ans, pourquoi donc devraient ils etre un talisman a vie ? Ceci dit sarko ne m’a jamais épaté ar ses capacités litteraires et philosophique. Quand a Sego, le francais est en perpetuelle invention avec elle. Ce que j aime avec Bayrou, c est que quand il parle, il ne semble pas pendre son uditoire pour des cons ou des gens a qui « il faut parler simple »


                  • rdu (---.---.173.53) 13 mars 2007 15:00

                    Je suis étudiant, si tu veux un diplome, faut payer ses études et si les cours sont gratuits il faut te loger etc etc. Et puis, beaucoup de diplomes n ont pas autant de valeurs qu on leur prete, étant dans une « prestigieuse » et ancienne école d’ingenieur j en sais quelque chose. Je ne dis pas qu ils en ont aucune mais on se berce un peu d illusions quand même


                  • Thomas Roussot Thomas Roussot 27 février 2007 15:05

                    Pardon pour toutes les mouches kafkaïennes qui valent bien mieux que ce dérangé du bulbe qui confond verbiage filandreux et pensée. smiley


                    • Thomas Roussot Thomas Roussot 27 février 2007 15:49

                      La candidate socialiste dit aimer Bach mais aussi Diam’s, a lu Victor Hugo, mais aussi Fred Vargas, vu un spectacle de hip hop, mais aussi de l’opéra. Et elle aime « tout le cinéma français ».Bref un égalitarisme relativiste qui consite à dire que tout vaut tout, ode à la régression culturelle.


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 février 2007 15:57

                        C’est exactement ce que Finkielkraut a dit à Ripostes dimanche dernier.

                        Les grands esprits se rencontrent ???


                      • Bill Bill 27 février 2007 16:03

                        Ah oui, mais quelle horreur que tout cela ! Je rejoins entièrement le commentaire de pinson plus haut, Pinson dont le verbe est aussi parfaitement juste. Et il est vrai qu’il est de bon ton de dire du bien de Céline (pour lequel on se limite souvent à « Voyage au bout de la nuit » ! Pas de citation de « Mort à crédit » par exemple...) mais aussi de Victor Hugo.

                        Le niveau culturel des prétendants baisse ! Giscard a une passion pour Maupassant, qu’en est il de Chirac ?

                        Et dire qu’autrefois nous nous prenions pour le peuple le plus intelligent de la terre, aujourd’hui nous ferions mieux de nous taire, et de nous faire discrets... !

                        Bill


                      • Hume Hume 27 février 2007 17:52

                        Qu’est-ce que cette sectarisation de la culture ??

                        Je vais a l’opera ou voir un film au cine avec le meme plaisir. Si l’opera est bon je frissone, idem pour le film.

                        Je peux lire Sartre en ecoutant du rap puis apres me plonger dans un bouquin d’heroic fantasy mal ecrit mais neanmoins palpitant en ecoutant Mozart ou Delibes.

                        Et alors ? Tous me nourrissent. Je n’aime pas Diam’s mais qui d’elle ou Victor Hugo sera juge le plus « talentueux » dans un siecle ?

                        Autre remarque, si vous etes tous tres tres fort en litterature, des baroudeurs de la lecture. Vous auriez du noter qu’a son style parle plutot alambique, Segolene Royal lit !

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