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Accueil du site > Actualités > Politique > Jean Moulin... 17 juin 1940

Jean Moulin... 17 juin 1940

A quelques jours de l'anniversaire de l'appel du 18 juin 1940 lancé par Charles de Gaulle depuis Londres, il est peut-être intéressant d'évoquer la résistance que Jean Moulin a opposée à des officiers de l'armée allemande, le 17 juin, la veille même de l'appel.

Le premier acte de la tragédie, qui s’est déroulé à Chartres, le 17 juin 1940, paraît avoir été effacé par le second acte qui s’est passé à Caluire, dans les hauteurs de Lyon, et qui est, lui-même, d’ailleurs, toujours narré d’une manière qui masque bien des éléments, alors que les deux actes concernent un même être, authentique dans sa haute fonction administrative comme dans sa trajectoire de résistant.

Quel est donc ce premier acte de résistant du préfet d’Eure-et-Loir, Jean Moulin ?

Ce 17 juin 1940, deux officiers allemands font irruption dans la préfecture, à Chartres. L’un d’eux lui dit :
« Des femmes et des enfants, des Français, ont été massacrés après avoir été violés. Ce sont vos troupes noires qui ont commis ces crimes dont la France portera la honte. »

À partir d’un « protocole », rédigé par l’armée allemande, qui devait être signé par le général allemand au nom de cette armée, et par Jean Moulin au nom du gouvernement de Vichy, les événements vont s’enchaîner.

À la Kommandantur où il a dû se rendre pour signer ce papier, le préfet Jean Moulin se trouve face à trois officiers allemands. Tandis que d’autres auraient signé pour être quittes avec cette “simple formalité”, Jean Moulin, lui, refuse, déontologiquement et humainement, d’apposer sa signature au bas d’un papier relatant des actes, non prouvés, et délibérément attribués à des troupes noires.

Plus tard, le préfet notera le comportement des officiers allemands face à son refus de signer, et notamment de l’un d’entre eux…
« Alors, avec une force peu commune chez un petit bonhomme de cette espèce, il me projette violemment contre la table. Je titube un peu pour rétablir mon équilibre, ce qui déchaîne les rires des trois nazis. Comme je ne me résous pas à me pencher pour prendre la plume, je reçois entre les omoplates un coup qui me fait chanceler. C’est l’officier qui se trouve derrière moi qui m’a frappé violemment avec la crosse de son arme, etc. »

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Toute interprétation, soigneusement confrontée à la réalité des faits et à des documents fiables, est bonne à dire ou à écrire, même si elle n’est pas bonne à entendre ou à lire. Car l’histoire n’est pas l’idéologie et c’est l’idéologie faite de blancs dans les textes et de mensonges dans les propos, qui met la France, actuellement, à genoux.

Pour de plus amples développements, cf. la vidéo ci-dessous.

Françoise Petitdemange

 


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2 réactions à cet article    


  • Françoise PETITDEMANGE 11 juin 2013 09:17

    À Démosthène,

    Si vous pouvez produire ou m’indiquer des documents d’époque, n’hésitez pas...

    Merci d’avance.

    Très cordialement,

    Françoise Petitdemange


  • Françoise PETITDEMANGE 11 juin 2013 10:03

    À SelenaOndiriginee,

    Merci pour votre commentaire.

    Le docteur Dugoujon, son frère et... l’épouse du docteur ont été, tour à tour, suspecté(e)s. Mais, sans document à l’appui...

    L’homme à l’origine de « l’arrestation de Caluire », et donc de Jean Moulin, se trouvait, non pas dans la maison Dugoujon, mais dans la ville de Lyon. Cet homme était très bien accueilli à Vichy. La voiture qui le conduisait, ici et là, portait le macaron délivré par le gouvernement de Philippe Pétain et destiné à faciliter, auprès des Allemands, les passages vers la Suisse, notamment.

    L’homme de Vichy est entré dans la Résistance, en novembre 1942, quand le vent mauvais commençait à souffler sur les Allemands. Cela ne l’a pas empêché d’écrire dans le journal antisémite « L’Alerte » ; son dernier article ayant été publié en mars 1943...
    Par la suite, il n’a cessé de manoeuvrer contre certains hommes et certaines femmes de la Résistance qui n’avaient d’autre tort que d’être, à ses yeux, trop à gauche.
    Aussitôt que cet homme a eu donné l’ordre qui allait provoquer l’arrestation des membres de l’Armée Secrète, à Caluire, et, élément essentiel, l’arrestation du chef de la Résistance (Jean Moulin), il est parti se marier, de façon très improvisée, à... Toulouse !
    Ses manigances se trouvent relatées dans un livre qu’il a écrit, publié en 1946, la guerre à peine terminée. Lors de la réédition de ce livre dans les années 1980, certains passages de son texte avaient été... supprimés.

    Mission accomplie, de Toulouse, il se rendra à Alger, pour y rencontrer le général de Gaulle...

    Il y a des lectures et des confrontations de textes, d’une édition à l’autre, qui sont parfois surprenantes...

    Très cordialement,

    Françoise Petitdemange

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